Bonjour tous le monde, comment allez-vous?

Un grand merci aux quelques fidèles qui ont pris le temps de me laisser une reviews (j'espère n'avoir oublié personne au moment des réponses) et merci aux lecteurs silencieux mais présents qui me suivent dans l'ombre.

Petite précision sur cette histoire : Je l'écris en alternant entre le POV de Regina et celui d'Emma, trouvant que cela donne une meilleure dynamique à l'avancée de l'histoire, et j'espère donc que cela vous plaira !

Je vous laisse donc découvrir ce nouveau chapitre en vous en souhaitant une bonne lecture :-)

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Chapitre 2 :

Avril 2017

Allongée dans son lit, Emma fixait sans vraiment le voir le plafond de sa chambre. Cela faisait des heures qu'elle était rentrée chez elle de l'école, et qu'elle s'était allongée sur son lit, toutes ses pensées tournées vers Regina. Regina qui n'était plus là, Regina qui avait disparue sans laisser de traces depuis des semaines, ainsi que son horrible mère. Et depuis, Emma n'avait plus le goût à rien. Sa meilleure amie lui manquait beaucoup trop. Elles avaient toujours été ensemble pour tout affronter, et ce depuis bien avant le jardin d'enfant, leurs pères étant très amis. En fait, sa mère avait presqu'élevée Regina, Cora étant ravie de la laisser chez eux pour pouvoir faire ce qu'elle voulait de ses journées.

Alors Regina avait passé presque plus de temps au ranch des parents d'Emma que dans sa propre maison, et Emma et elle avaient grandies ensemble, devenant les meilleures amies du monde. Mais Regina n'était plus là à présent, et Emma avait l'impression qu'on lui avait arraché le cœur de la poitrine pour le broyer inexorablement. Quand Cora était venue chercher Regina en plein milieu d'un cours de maths, Emma avait trouvé cela étrange, mais ne s'en était pas vraiment inquiétée. Mais quand Henry avait frappé chez eux quelques heures plus tard, rongé par l'inquiétude parce que Regina n'était toujours pas rentrée chez eux, elle avait su que quelque chose de terrible était arrivé à sa meilleure amie. Elle le sentait. Mais que pouvait-elle faire ?

« Où es-tu Regina ? Penses-tu à moi comme je pense à toi ? » murmura faiblement Emma en laissant une larme s'égarer sur sa joue.

Alors depuis que la police avait confirmé que Regina avait disparue, probablement enlevée par Cora, Emma ne cessait de penser à ce funeste après-midi au cours duquel Cora était venue chercher sa fille, loin de se douter que c'était la dernière fois qu'elles se voyaient. Emma se rappela du regard que lui avait adressé Regina en sortant rejoindre sa mère qui l'attendait dans le couloir. Un regard blasé et agacé. Emma lui avait souri, de ce sourire spécial qu'elle lui réservait exclusivement, et le même sourire avait fleuri sur les lèvres de sa meilleure amie. Emma savait ce que Cora faisait endurer à sa fille, derrière le dois d'Henry, et Emma la détestait pour cela. Personne n'avait le droit de faire souffrir Regina, et elle s'arrangeait pour inviter aussi souvent que possible son amie chez elle afin de la tenir éloignée de son horrible mère.

Elle avait promis à Regina de n'en parler à personne, mais cela ne l'empêchait pas d'intervenir dans la limite de ses possibilités. Combien de fois était-elle venu chez Regina, la découvrant en pleurs sous leur pommier, essayant de cacher les bleus que sa mère lui avait fait ? Dans ces moments-là, Emma avait senti une haine intense l'envahir, et si Regina ne l'en avait pas empêchée, elle serait allée trouver Cora pour lui faire passer l'envie de lever la main sur sa fille. Au lieu de cela, elle se contentait de s'asseoir près de Regina et de la prendre dans ses bras en lui caressant les cheveux jusqu'à ce que ses larmes se tarissent et que le sourire revienne sur ses lèvres. Puis Emma lui disait de prendre des affaires pour quelques jours et de venir chez elle, veillant à ce que sa propre mère ne découvre pas l'état de sa meilleure amie.

Emma avait toujours été là pour protéger au mieux Regina et empêcher Cora de dépasser la limite, et elle avait l'impression d'avoir échoué dans son rôle de protectrice. Et elle n'arrivait pas à se le pardonner, se demandant si Regina lui en voulait, si elle se sentait trahie et abandonnée. Pire, si Regina cessait de l'aimer ? Si elle pensait que le fait que Cora l'ait emmenée loin de chez elle sans que personne ne fasse rien était la preuve que ceux qui prétendaient l'aimer mentait et qu'elle ne voulait plus jamais les voir ? En frissonnant violemment à cette idée qu'elle chassa vivement, Emma se raisonna. Jamais Regina ne pourrait penser cela. Elles étaient liées par un serment inviolable après tout. Et Emma ferait tout pour que Regina revienne un jour chez elle, qu'elle lui revienne.

« Si la police ne te retrouve pas, c'est moi qui partirai à ta recherche… » grogna-t-elle en tournant la tête vers sa table de chevet.

Dans un joli cadre en argent que Regina lui avait offert pour son dernier anniversaire se trouvait une photo d'elles d'eux prise ce jour-là. Sa mère avait tenue à organiser une grande fête pour célébrer la naissance de sa fille chérie, et Emma s'était inclinée pour faire plaisir à sa mère, même si elle aurait préféré passer cette journée dans la nature avec Regina pour seule compagnie. Emma avait toujours été une jument sauvage, et seule Regina avait réussi à l'apprivoiser et à gagner sa confiance et son affection. Tout ce qui comptait pour Emma, c'était que Regina soit présente à ses côtés. Le reste lui était égal. Ça avait toujours été elles deux contre le reste du monde, et tant qu'elles étaient ensemble, Emma était heureuse. Mais Regina n'était plus là, et Emma errait comme une âme en peine au grand damne de sa famille qui ne savait plus quoi faire pour la sortir de son chagrin.

« Tu me manques tellement Eina… » souffla Emma en tendant le bras pour caresser tendrement le visage figé dans un lumineux sourire de sa meilleure amie.

Eina. Le surnom fit doucement glousser la jolie blonde, se rappelant du regard noir que lui lançait Regina chaque fois qu'elle l'appelait ainsi. Ce diminutif remontait à leur plus tendre enfance, lorsqu'Emma avait encore un peu de mal à parler et qu'elle n'arrivait pas à prononcer correctement le prénom de son amie. Alors elle l'appelait Eina, et même si Regina grognait chaque fois qu'elle le faisait, Emma savait au fond que Regina aimait ce surnom, parce qu'il lui venait d'Emma et qu'elle était la seule à l'utiliser. Emma le savait parce que souvent après avoir râlé par principe, Regina lui souriait avec tendresse et lui lançait ce regard secret qui la faisait se sentir spéciale et unique aux yeux de sa meilleure amie. En soupirant, Emma continua de caresser du bout des doigts le visage parfait de Regina, retenant difficilement de nouvelles larmes de couler.

Des coups sur la porte de sa chambre la firent se redresser, et elle s'assit au moment où son visiteur pénétrait dans sa chambre.

« Daniel ! » s'exclama-t-elle en souriant doucement, heureuse de revoir son grand frère.

Mais alors qu'il refermait la porte, le jeune homme remarqua immédiatement que ce sourire n'atteignait pas son regard qui resta vide et terne, confirmant ce que leur mère lui avait dit et qui l'inquiétait énormément. D'ailleurs, Mary n'était pas la seule à être inquiète. Ils l'étaient tous.

« Coucou petite sœur » sourit-il en venant s'asseoir sur son lit, l'attirant à lui pour un tendre câlin « Comment vas-tu ? »

« A ton avis ? » marmonna-t-elle, la voix enrouée par la détresse.

« Je sais sunshine, mais Regina n'aimerait pas te voir dans cet état à cause d'elle… » souligna Daniel en soupirant légèrement.

« Elle me manque tellement… » chuchota Emma en enfouissant son visage dans le torse de son frère.

Daniel soupira, ne sachant pas quoi dire ou faire pour remonter le moral de sa petite sœur. Regina et elle avaient toujours été inséparables, d'aussi loin qu'il puisse s'en rappeler. Elles étaient aussi différentes que le jour et la nuit, et pourtant une amitié indéfectible les liait. A l'impétuosité, à la limite de l'inconscience, de sa sœur, répondait le calme et la maturité de Regina. Daniel avait si souvent vu Regina dans cette maison qu'il avait un peu l'impression d'avoir une deuxième sœur. D'ailleurs il lui arrivait souvent, lorsqu'on lui demandait s'il avait des frères et sœurs, de répondre avec naturel qu'il avait deux sœurs de 13 ans et un petit frère de 3 ans. Et il savait que ses parents considéraient également la jolie petite brune comme un membre de leur famille, une autre fille qu'ils aimaient tendrement et qui leur manquait tout autant qu'à Emma.

Sa disparition les avait tous affectés, mais ce n'était rien comparé au chagrin que ressentait Emma qui restait inconsolable, et il ne doutait pas qu'où qu'elle soit, Regina devait être tout aussi désespérée d'être séparée de sa meilleure amie. Elles ne l'avaient jamais été, pas même durant les vacances d'été que Regina passait toujours avec eux, Cora étant bien trop heureuse d'en être débarrassée durant deux longs mois. Quant à Emma, elle refusait de venir avec eux rendre visite à leur famille à New York si Regina ne faisait pas partie de l'expédition. D'ailleurs, même leur grand-mère Eva ne cessait d'appeler pour savoir s'ils avaient retrouvé sa petite-fille de cœur, comme elle appelait avec tendresse Regina.

Quant à leur grand-père Léopold, en apprenant que la police piétinait, il avait fait appel à ses contacts au FBI afin de faire avancer les choses, trouvant inadmissible que la disparition d'une adolescente de 13 ans ne soit pas considérée comme une affaire prioritaire. Léopold était un riche industriel dont la compagnie travaillait en étroite collaboration avec le gouvernement, et il avait promis à Emma de tout mettre en œuvre pour que Regina soit rapidement retrouvée. Mais pour le moment, Regina restait introuvable, tout comme Cora, et Emma s'emmurait chaque jour un peu plus dans son chagrin et dans sa soif de vengeance.

« La police la retrouvera et la ramènera à la maison Emma, tu dois avoir confiance » la consola-t-il en la berçant dans ses bras.

« Huit mois Daniel ! » s'écria Emma en se redressant, des larmes de colère coulant sur ses joues « Huit mois qu'elle a disparue, et ils n'ont pas l'ombre d'une piste ! Ce sont des incapables ! » cracha-t-elle avec mépris.

« Cora a brouillé les pistes, mais ils finiront par trouver… » tenta-t-il une fois encore, mais il savait que sa sœur n'en démordrait pas, et il craignait qu'elle ne finisse par faire une bêtise.

Emma allait répliquer lorsqu'elle entendit des voitures se garer devant leur maison. Intriguée, elle gagna sa fenêtre et écarquilla les yeux en reconnaissant la voiture d'Henry Mills suivie par des voitures de police. Le cœur débordant d'espoir, elle se rua dans le couloir et dévala les escaliers aussi vite qu'elle le put, Daniel sur ses talons.

« Vous l'avez retrouvée ? » voulut-elle savoir en s'immobilisant dans un dérapage devant le père de son amie.

« Non Emma, si nous sommes venus, c'est parce que ces agents de police aimeraient te poser quelques questions, si tu es d'accord… » souffla Henry Mills avec lassitude.

Instinctivement, Emma avança vers lui et lui fit un câlin. Elle avait toujours adoré le père de Regina. Il était gentil et aimait sa fille plus que tout au monde. Il n'y avait que lorsqu'il était chez lui que Regina ne risquait rien. Emma se rappelait de sa colère lorsque Regina lui avait appris que Cora l'avait battue. Henry Mills était un homme doux et pacifiste, mais ce jour-là, Emma l'avait vu se mettre dans une colère noire et hurler sur Cora comme jamais, les poings serrés de rage comme s'il se faisait violence pour ne pas la frapper à son tour. Seulement, au lieu de calmer Cora et de la dissuader de recommencer, cela n'avait fait qu'empirer les choses pour Regina qui n'avait plus osé se plaindre, craignant les représailles de sa mère qui l'avait menacée des pires sévices si jamais elle s'avisait de se plaindre encore auprès d'Henry.

Emma avait bien tenté de la convaincre de désobéir à sa mère, mais Regina lui avait dit qu'elle avait moins peur pour elle-même que pour son père que Cora avait menacé. Et connaissant Cora, Emma avait compris que Regina craignait que sa mère ne décide de tuer son père, ce qu'elle ne se serait jamais pardonnée. Regina aimait son père de tout son cœur et à sa façon, avait essayé de le protéger de cette femme cruelle et sans cœur, même si elle devait accepter d'être maltraitée pour y parvenir. En soupirant, Emma resserra son étreinte autour du père de sa meilleure amie, tentant de le réconforter de son mieux. Et elle savait que sa meilleure amie serait horrifiée et chagrinée de voir son père aussi abattu. Il avait l'air d'avoir pris dix ans depuis la disparition de sa fille, et il était la seule personne qui comprenait parfaitement ce qu'elle ressentait.

« Je suis d'accord. Si ça peut aider à retrouver Regina, je leur répondrai » acquiesça-t-elle en se tournant résolument vers les policiers qui attendaient un peu plus loin.

Une femme policière qu'elle n'avait encore jamais vue lui sourit et lui fit signe de venir la rejoindre. Méfiante, Emma la jaugea du regard, se demandant si elle serait plus douée que ses collègues. Elle était jeune, et paraissait dynamique. C'était une très belle femme, et son regard pétillait d'intelligence. Sur ses gardes Emma avança vers elle et elles s'assirent sur le canapé pendant que ses parents prenaient place autour de la table.

« Bonjour Emma » lui sourit la femme « Je suis l'agent Lucas du FBI, et c'est moi qui suis à présent en charge de cette affaire » se présenta-t-elle gentiment.

Le FBI. Son grand-père avait donc tenu parole, et Emma en fut soulagée. Même si elle trouvait aberrant qu'ils aient mis autant de temps avant d'accepter de reprendre l'enquête, laissant tout le temps du monde à Cora pour se débarrasser des preuves incriminantes et se cacher. Elle savait que ses grands-parents adoraient Regina et que son grand-père ferait tout ce qu'il pouvait pour que celle-ci soit retrouvée rapidement, et le connaissant, il avait dû user de toute son influence pour réussir à faire intervenir enfin le FBI pour faire avancer les choses. Après tout, le FBI avait la réputation d'être les meilleurs, alors ils devraient pouvoir retrouver Regina et la ramener saine et sauve chez elle, auprès de son père et auprès d'elle.

« Enchantée de faire votre connaissance madame » répondit poliment Emma en jaugeant cette femme du regard.

« Je sais que tu as déjà répondu à de nombreuses reprises aux policiers locaux, mais parfois, le moindre détail peut faire la différence, et j'aimerais que tu me parles du jour où ton amie a disparue… » lui expliqua l'agent Lucas en la fixant intensément.

Emma maugréa, agacée de devoir répéter ce qu'elle avait déjà dit des dizaines de fois, et jamais au même policier qui semblaient s'être refilé le dossier de Regina comme des enfants l'auraient fait d'un ballon. Mais peut-être que l'agent Lucas voulait entendre par elle-même le récit d'Emma afin de se faire sa propre idée, et puis qui sait, peut-être qu'Emma avait oublié de dire quelque chose d'important, comme par exemple la façon dont Cora traitait Regina. Dieu seul savait ce que cette horrible sorcière faisait subir à sa fille depuis leur disparition. Et à l'idée que Cora ait pu faire du mal à Regina, Emma bondit sur ses pieds, bouillonnant de peur et de colère.

« Vous devez la retrouver, elle n'est pas en sécurité avec sa mère ! » s'écria Emma en frissonnant violemment.

« Qu'est-ce qui te fait dire ça ? » demanda Ruby en arquant un sourcil, surprise par la véhémence de la jeune fille.

Jusqu'à présent, rien ne prouvait que Cora maltraitait sa fille en dehors de cet incident dont leur avait parlé Henry, mais à la connaissance du père de Regina, c'était la seule fois où Cora avait levé la main sur leur fille. Mais de toute évidence il n'en était rien, et Emma en savait visiblement bien plus que le père de sa meilleure amie sur la question. La première fois qu'elle avait eu ce dossier entre les mains, Ruby avait tout de suite compris qu'il s'agissait d'un enlèvement, et elle avait été agacée par la légèreté dont avait fait preuve la police durant leurs investigations. Et à présent que huit mois s'étaient écoulés, Ruby avait bien conscience que ses chances de retrouver cette adolescente en vie étaient très minces, mais elle ferait de son mieux et apporterait des réponses à sa famille.

Et pour commencer, Ruby était furieuse que la police n'ait pas plus interrogé Emma alors qu'elle était la meilleure amie de Regina et donc la personne qui la connaissait le mieux. Ruby ne doutait pas que l'adolescente savait des choses sur la disparue que son père lui-même ignorait, et elle espérait vraiment qu'Emme ne se braquerait pas et accepterait de coopérer afin de l'aider à avancer dans son enquête.

« Regina m'avait fait promettre de ne pas en parler parce que sa mère la terrifiait, mais je suppose qu'elle ne m'en voudra pas de rompre ma promesse à présent que sa vie est en danger… » soupira Emma en passant une main dans ses boucles rebelles.

« Au contraire, elle te sera reconnaissante d'avoir tout fait pour nous aider à la retrouver » la rassura la jeune femme avec douceur.

Elle pouvait comprendre la loyauté qui existait entre les deux jeunes filles, mais elle devait réussir à gagner la confiance d'Emma afin que celle-ci se confit à elle et lui donne de quoi pousser son enquête plus loin et puisse enfin retrouver la trace de Cora Mills et de sa fille Regina. Les flics locaux semblaient persuadés que Cora avait simplement quitté le domicile conjugal en emmenant sa fille avec elle pour se venger du maire Mills, mais que Regina n'était pas en danger. Mais en lisant le dossier, bien trop maigre à son goût, de l'affaire Regina Mills, Ruby avait eu un mauvais pressentiment, et elle ne serait rassurée que lorsque Regina aurait été rendue à son père. Et pour cela, elle allait avoir besoin de la coopération d'Emma qui paraissait déjà bien braquée contre la police, ce que l'agent regrettait, car cela avait probablement dissuadée Emma de révéler tout ce qu'elle savait.

« Cora frappait Regina » avoua Emma en grimaçant en percevant les halètements incrédules et rageurs en provenance de ses parents et d'Henry.

« Tu veux dire qu'elle la battait régulièrement ? » s'assura le lieutenant Lucas en se raidissant légèrement.

« Pas vraiment, Cora est plus intelligente que ça. C'était plus subtil… » railla Emma avec mépris « Mais elle s'arrangeait pour que Regina ait peur d'elle, pour qu'elle n'aille pas se plaindre à son père. Et pour ça, soit elle la maltraitait psychologiquement en lui disant qu'elle ne valait rien ou ce genre de chose, ou bien elle la frappait. » expliqua Emma en serrant les poings de colère.

« Tu peux me donner des exemples précis des blessures que Cora a infligé à sa fille ? » l'interrogea l'agent, s'assurant qu'un officier prenait des notes, même si elle serait capable de retranscrire à la virgule près cette conversation.

« Le premier qui me vient à l'esprit, c'est lorsque Cora lui a cassé le bras » répondit Emma en plissant dangereusement les yeux « Regina m'a expliqué qu'elle avait cassé son bol en voulant le laver et que sa mère s'était mise très en colère et l'avait frappée avec une cuillère en bois. Quand Mr Mills est rentré de la mairie le soir-même, Regina lui a raconté ce qu'il s'était passé après que son père ait vu les bleus qu'elle avait sur les bras et la pommette… » commença Emma avant de s'interrompre, frémissant de colère rétrospective.

Du coin de l'œil, elle vit l'expression d'Henry se faire orageuse et menaçante, mais aussi attristée, et elle s'en voulut de lui faire ainsi de la peine. Cora était la seule à blâmer, mais elle savait déjà qu'Henry se reprocherait le reste de sa vie de ne pas avoir mieux su protéger sa fille et de ne pas avoir chassé plus tôt Cora de sa maison avant que le pire ne se produise.

« Tout va bien Emma, prends ton temps » la rassura l'agent Lucas, consciente que se rappeler de tout ceci devait être douloureux pour Emma.

De toute évidence les deux fillettes avaient été proches au point qu'Emma devait ressentir la souffrance et la peine de son amie, la partageant avec elle, et revivre ces douloureux souvenirs devait lui être particulièrement pénible. Mais c'était le seul moyen de connaître le fin mot de toute cette histoire et de pouvoir enfin faire avancer les choses dans la bonne direction.

« Quand Mr Mills a compris que Cora avait frappé Regina, il s'est mis en colère contre Cora, la menaçant de divorcer si elle levait à nouveau la main sur sa petite reine… » raconta Emma en souriant tendrement à Henry qui lui rendit son sourire malgré la gravité de la conversation.

« Et que s'est-il passé ? » l'encouragea patiemment Ruby, ne voulant pas la brusquer.

« Cora a compris qu'elle allait devoir ruser. Le lendemain, quand Mr Mills est parti à la mairie, Cora a fait irruption dans la chambre de Regina et l'a tirée de son lit par le bras. Elle l'a frappée à nouveau et l'a poussée contre sa commode. Regina est tombée si violemment qu'elle s'est cassé le bras. Sa mère lui a dit que si elle se plaignait encore à son imbécile de père, elle la battrait si fort qu'elle lui en arracherait la peau du dos, et elle en était capable… » gronda Emma, tremblant de fureur en repensant à ce que son amie avait subi.

« Et Regina n'a pas tenté de prévenir son père malgré tout ? » voulut savoir le lieutenant en observant discrètement les réactions du père de la victime.

« Non, parce que Cora… » commença Emma avant de se taire brutalement.

Elle savait que de toutes les révélations qu'elle faisait, celle-ci était probablement celle qui ferait le plus souffrir Henry, et elle hésitait à poursuivre.

« Qu'a fait Cora ? » demanda doucement la policière.

« Elle a fait comprendre à Regina que son père risquait des représailles lui aussi… elle lui a dit que… qu'un accident était vitre arrivé… » souffla Emma en adressant un regard désolé à Mr Mills qui avait dangereusement pâli en comprenant que sa fille avait souffert en silence pour le protéger.

« Mais à toi, elle a tout raconté… » souligna l'agent Lucas pour calmer la fillette qu'elle sentait à fleur de peau.

« Evidemment ! Regina est ma meilleure amie, je sais toujours quand elle ne va pas bien ! » affirma-t-elle en redressant la tête avec défi.

« Et qu'as-tu fait quand elle t'a expliqué ce que lui faisait sa mère ? » demanda la belle brune sans se départir de son gentil sourire.

« Je voulais aller trouver Cora et lui dire de laisser Regina tranquille, mais elle m'en a empêchée de peur que sa mère ne me fasse du mal à moi aussi… » grogna Emma avec une moue dépitée « Alors quand Mr Mills n'était pas chez lui pour protéger Regina, je l'invitais à la maison. Comme ça, Cora ne pouvait pas lui faire de mal. » répondit Emma en redressant fièrement la tête.

« Tu es une excellente amie Emma » acquiesça Ruby, touchée par la dévotion de cette angélique fillette qui semblait prête à tout pour son amie.

« C'est facile d'être une bonne amie avec Regina, elle est merveilleuse » affirma sereinement Emma, son regard se brouillant de larmes en pensant à celle qui n'était plus là.

« Et ce jour-là, peux-tu me dire ce qu'il s'est passé ? » lui redemanda la jeune policière, revenant au but premier de sa visite, même si elle en avait déjà énormément appris sur les deux disparues.

« Nous étions à l'école. Regina et moi sommes dans la même classe depuis le jardin d'enfants. Et puis la directrice est arrivée pour demander à Regina de prendre ses affaires parce que sa mère était venue la chercher… » se remémora Emma en se tendant.

« Est-ce que c'était déjà arrivé ? » voulut savoir Ruby en fronçant les sourcils.

« Jamais. C'était toujours son papa qui venait, et quand il ne pouvait pas, Regina rentrait avec maman et moi. Et jamais Mr Mills n'aurait interrompu la classe pour venir chercher Regina » affirma Emma en tournant la tête vers le père de son amie qui acquiesça pour valider ses propos.

« Et ensuite ? » insista Ruby, ravie d'avoir suivi son intuition et d'être venue parler avec la petite Emma Swan.

« Regina était surprise et légèrement inquiète. Elle ne voulait pas être seule avec sa mère. J'ai essayé de la rassurer, mais j'ai bien senti que ça ne marchait pas. J'ai demandé si je pouvais l'accompagner, mais notre professeur n'a pas voulu. Il aurait dû dire oui. Si j'avais été avec elle, Cora n'aurait pas pu l'emmener ! » s'écria Emma, des larmes de culpabilité coulant sur ses joues.

« Chut ma chérie, tu n'as rien fait de mal… » la consola Mary en venant prendre sa fille dans ses bras, dévastée par son chagrin.

« Mais je n'ai pas réussi à la protéger maman, et maintenant elle n'est plus là… » gémit Emma en se cramponnant à sa mère, le corps secoué de sanglots déchirants.

« Ta mère a raison Emma, et si ton professeur t'avait laissée y aller, peut-être que Cora t'aurait enlevée toi aussi… » lui fit remarquer Ruby, espérant la calmer.

« Au moins Regina ne serait pas toute seule avec cette folle » rétorqua Emma avec colère.

Une fois encore, l'agent fédéral nota la dévotion et l'amour sans faille que semblait se porter les deux fillettes, et elle n'eut aucun mal à imaginer que Regina aurait probablement agis de la même façon si les rôles avaient été inversés. Et elle ne comprenait pas que ses collègues aient à peine interrogé Emma jusqu'ici alors que de toute évidence, cette fillette était la mieux placée pour répondre à leurs questions et les aider à comprendre ce qu'il s'était passé. Emma était celle qui connaissait le mieux Regina, Henry Mills le lui avait affirmé, et de toute évidence, elle en savait bien plus que n'importe qui sur les relations entre Regina et sa mère mais également entre Cora et son mari.

« As-tu remarqué quelque chose d'inhabituel ce jour-là, ou dans les jours qui ont précédés ? » l'interrogea le lieutenant après quelques minutes d'un silence pesant.

« A part le voyage éclair de Cora, non rien… » finit par répondre Emma après quelques secondes de réflexion.

« Un voyage ? » s'étonna la femme flic, entendant ce détail pour la première fois.

« Quel voyage Emma ? » s'étonna Henry en arquant un sourcil surpris signe qu'il l'apprenait également.

« C'était environ un mois avant qu'elle n'enlève Regina… » lui apprit Emma en se replongeant dans ses pensées « Vous prépariez la fête pour Halloween, et vous étiez très occupé, alors vous n'avez pas dû remarquer son absence… » expliqua Emma en haussant les épaules.

« Mais Regina et toi l'avez remarquée » en conclut la policière, sentant qu'elle tenait enfin une piste.

« Oui. Regina m'a dit qu'elle avait vu sa mère partir avec une valise avant l'aube, ce qui l'avait mise d'excellente humeur, parce qu'elle allait pouvoir être tranquille jusqu'à son retour… » sourit Emma, se rappelant avec amusement de la joie de sa meilleure amie « Elle m'a même invitée à dormir chez elle pour fêter ça… »

« Je m'en souviens » acquiesça Mary en approuvant vivement « C'était la première fois que Regina t'invitait chez elle et non l'inverse… »

« Et pour cause ! » railla Emma « Cora s'est absentée deux jours, et quand elle est revenue, elle paraissait… heureuse… mais un bonheur qui faisait froid dans le dos… je ne sais pas comment expliquer ce que j'ai ressenti en la voyant revenir… » marmonna Emma en fronçant les sourcils.

« As-tu remarqué autre chose ? » insista l'agent Lucas avec espoir.

« Je… » commença Emma avant de prendre une profonde inspiration et de fermer les yeux pour mieux se rappeler de ce moment.

Regina et elle se trouvaient dans la bibliothèque, riant et plaisantant lorsqu'elles avaient entendu la voiture de Cora, faisant paniquer Regina, et sans réfléchir, Emma l'avait prise par la main, et elles s'étaient cachées pour que Cora ne les voit pas. Lorsque cette femme était entrée, elle avait déposé sa valise aux pieds des escaliers, et avait pénétré dans la bibliothèque pour aller se servir un verre de whisky. De sa cachette derrière l'imposante porte en bois, Emma avait vu la valise et l'étiquette que l'on attachait aux valises dans les aéroports pour éviter de les perdre. Soudain, elle se redressa en sursautant, le regard pétillant d'excitation.

« Elle est allée dans le Nevada ! » s'écria-t-elle en se levant d'un bond, un large sourire triomphal étirant ses lèvres.

« C'est très bien Emma » sourit le lieutenant Lucas, ravie d'avoir tant insisté pour venir interroger l'adolescente « Sais-tu où exactement dans le Nevada ? » voulut-elle savoir, espérant que l'adolescente aurait pu voir l'information.

« Non, je suis désolée, c'est tout ce que j'ai vu sur l'étiquette de sa valise… » se désola Emma en se mordillant la lèvre de frustration.

« C'est déjà très bien Emma, cette information va beaucoup nous aider » la rassura Ruby, ne voulant pas qu'Emma recommence à se sentir coupable.

« Vous allez la retrouver n'est-ce pas ? » demanda Emma en plantant son regard dans celui de cette femme.

« Je n'aurais de cesse tant que Regina ne sera pas à nouveau en sécurité auprès des siens » approuva gravement la jeune agent.

Emma trouvait que la police n'avait pas fait son maximum pour retrouver Regina plus rapidement, mais elle crut en cette femme flic qui paraissait réellement déterminée à faire avancer les choses.

« Merci » sourit Emma avant de se blottir à nouveau contre sa mère.

« Voici ma carte Emma. Si autre chose te revient, n'hésites pas à m'appeler, même si c'est juste pour discuter » déclara-t-elle en lui tendant le petit carton.

Emma s'en empara avec un sourire reconnaissant, et les policiers quittèrent le salon, les laissant en famille.

« Merci Emma. Ma fille a tellement de chance de t'avoir comme amie » souffla finalement Henry avec gratitude.

« C'est moi qui ait de la chance de l'avoir, et je ferais tout pour qu'elle revienne un jour » affirma Emma, le regard étincelant de conviction.

Et si pour que Regina rentre à la maison, elle devait aller elle-même la chercher dans le Nevada, où peu importe où elle se trouvait, elle le ferait. Jamais elle n'abandonnerait. Mais elle allait laisser une chance à cette femme flic de faire son travail et de tenir la promesse qu'elle venait de lui faire. Cependant si les choses trainaient trop en longueur, Emma interviendrait. Après tout, elle n'était pas reconnue pour sa patience, et il n'était pas question qu'elle laisse les années s'écouler sans rien faire.

« Maman, je suis fatiguée, je vais dans ma chambre, d'accord ? » soupira-t-elle en s'écartant doucement de sa mère avec un sourire qui tenait plus de la grimace qu'autre chose.

« D'accord, je te monterais ton repas dans quelques minutes… » soupira Mary, sachant qu'il ne servirait à rien d'obliger Emma à rester avec eux.

« Je n'ai pas faim maman… » refusa Emma avant de s'éloigner vers les escaliers.

« Je déteste la voir dans cet état… » entendit-elle gronder son père dans son dos, la faisant culpabiliser d'inquiéter ainsi sa famille.

« Et August m'a dit qu'au collège aussi elle était renfermée et qu'elle s'isolait… » leur apprit sombrement Daniel.

« Regina lui manque… » soupira tristement Mary « Elle s'inquiète énormément pour elle, ce qui peux se comprendre… » grimaça-t-elle en venant prendre les mains glacées d'Henry entre ses mains.

« Quand je pense à ce que ma petite fille est peut-être en train de subir… j'aurais dû tuer Cora en découvrant qu'elle me trompait avec Gold ! » cracha-t-il, faisant se figer Emma dans les escaliers.

Gold. Emma ne l'aimait pas. Et s'il avait été l'amant de Cora, alors peut-être savait-il quelque chose ? Elle serait surprise que Cora soit partie sans rien lui dire. Si elle passait à l'action, son magasin serait le premier endroit où elle ferait des recherches, et si elle découvrait qu'il avait caché à la police des informations, elle veillerait à ce qu'il s'en repentisse à vie.

« Tu dois tenir bon Regina pour moi… Tu dois me revenir… » sanglota Emma en serrant dans ses bras la petite licorne que Regina lui avait gagné à la fête foraine.

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Et voilà, j'espère que vous avez apprécié ce chapitre, et surtout n'hésitez pas à me faire part de vos impressions et critiques éventuelles :-)

Je vous dis donc à dimanche prochain!

Bonne soirée à tous et bonne semaine :-)

Bises