Ses sourcils se froncèrent et ses yeux me sondaient. Je ne pus supporter ce regard que je connaissais que trop bien, celui qui me rejette. Car oui pour eux je suis un monstre.

Après quelques questions de plus, Ethan me raccompagna dans « l'antre ». Vous imaginez surement une immense grotte sombre, remplie de mystères et de trésors… En fait, c'était juste une simple chambre avec deux lits, un lavabo, et un miroir. Les murs étaient gris et neutres, et la seule fenêtre minuscule était entravée de barreaux en métal épais de 5 centimètres.

Je me retournais vers Ethan avant qu'il ne ferme la porte, mais son visage fermé ne laissait rien transparaitre. Il s'effaça lentement, me laissant seule et vidée de toute énergie. Je m'affalais sur un lit tel un éléphant de mer apocalyptique psychotique. Pour me réveiller dix minutes plus tard, complètement désorientée, lorsque Noah rentra dans l'antre. Elle posa son auguste séant avec la grâce d'une patate verte transgénique, et me fixa avec des yeux de poisson commotionné. En somme elle était aussi fatiguée que moi. Nous décidâmes de nous coucher et de nous faire un résumé détaillé de nos entretiens respectifs lorsque nous serions capables d'articuler correctement.

Malheureusement nous n'en eûmes pas le temps. En effet, ce qui me semblait un battement de cil plus tard, des agents inconnu vinrent nous réveiller…

POV Noah

Avec leur amabilité coutumière, nos charmants agents nous « escortèrent » à travers un dédale de couloirs, nous séparant au passage, jusqu'à une grande salle aseptisée aux relents écœurants d'hôpital. Je crois que j'ai oublié de leur préciser une chose durant l'entretient. J'ai une peur panique de tout ce qui ressemble de près ou de loin à un hôpital (pour certaines raisons personnelles). Du coup, si tôt la porte franchie, je tentais un repli stratégique (comprenez par la, une fuite héroïque vers un endroit moins exposé aux blouses blanches appelées communément médecins, ou tortionnaires, c'est selon), repli malheureusement rendu impossible par mes deux pit-bull personnels. J'allais tenter une tactique plus efficace, le langage universel (un coup de pied aux endroits sensibles), quand une voix s'éleva dans mon dos :

-Bon, la gamine, t'arrête de piquer ta crise et tu viens poser ton cul sur cette chaise fissa !

Coupée dans mon élan, je me retournais pour voir qui osait me parler ainsi et mentionner mon noble postérieur (j'ai un très beau postérieur) sur un ton si condescendant.

J'eu du mal à croire que la personne susmentionnée et l'être qui se trouvait devant moi soit une seule et même personne. Si je l'avais croisé dans la rue, je n'aurais jamais cru qu'il faisait partit d'une agence gouvernementale ultra secrète. Totalement décalé par rapport à tous les autres agents en costars et blouses blanches, il était à moitié avachi sur une chaise en métal, un air d'ennui profond gravé sur le visage. Les jambes étendues devant lui (en même temps si c'était derrière, ça serait inquiétant pour lui), il tenait un dossier en carton dans ses mains (heureusement que c'est pas avec autre chose… bon OK j'arrête). Ses yeux bleus me toisaient sans grand intérêt. Il avait l'air plutôt grand, musclé, bronzé. Une étoile tatouée dépassait de l'encolure de son T-shirt, et il avait les oreilles percées. En somme, pas le portait robot de l'agent type.

Voyant que je restais clouée sur place, il me lança sur un ton sarcastique :

-He la môme ! T'as besoin qu'on te prenne la main ou tu sais encore te servir de tes jambes ?

-Si tu continues, c'est la mienne que tu vas prendre dans la tronche, et avec de l'élan !

Je n'aime pas qu'on se fiche de moi. Mais alors pas du tout. Drapée dans le peu de dignité qu'il me restait, je m'assis en face de lui, avec un air princier, comme si le fait que je partage mon espace vital avec lui était un insigne honneur.

-Ah mais elle parle ! Magnifique ! Ton QI n'est peut-être pas aussi proche du néant absolu que ce que je pensais.

Je l'aime déjà ce gars. Ça va saigner, c'est moi qui vous le dis.

-En fait j'ai un QI de 187. Tu veux qu'on discute ? Répliquai-je d'un ton pince sans rire.

Il haussa un sourcil et me dit

-Et bah c'est ce qu'on va voir !

Sur ce il sortit une énorme pile de feuille, avec un sourire carnassier. Mon dieu les tests de QI, mes mortels ennemis !

Après une heure ou deux de tortures, entrecoupées parfois de rire sarcastique de mon charmant interlocuteur, je lui tendis la pile de feuille, soulagé d'avoir enfin terminé.

-Bon ben on va passer au test physique maintenant !

L'enthousiasme qu'il laissait largement transparaitre, était extrêmement suspect. Soit c'était un fan de sport soit il savait que j'allais douiller ma race et ça lui faisait très plaisir…

POV Charlie

Après avoir finis mes tests de QI, Ethan (qui n'avait pas prononcé un mot) m'emmena dans une salle remplie d'instruments de sport. J'y retrouvais ma frangine accompagnée d'un beau gosse à l'air blasé. Quand elle me vit arriver elle me lança un regard emplit de désespoir. Je la rejoignis à grands pas.

-Pitié sauve moi ! M'implora-t-elle

-Tu veux qu'on échange ? Le frigidaire n'a pas ouvert la bouche de tout le test !

-Oui bah moi j'aimerais bien qu'il la ferme, au contraire !

Sans nous laisser continuer notre échange de lamentations. Le blasé nous ordonna de monter sur une machine de course et de courir jusqu'à épuisement. Nous ricanâmes de concert et commençâmes notre course.

Quelques heures plus tard

Nous courions toujours en bavardant, comme si courir depuis 3 heures ne nous posait AUCUN problème. De temps en temps Ethan et Mr. Blasitude-incarné échangeaient des paroles insignifiantes, en nous fixant inlassablement. Soudain la porte s'ouvrit laissant entrer un homme, musclé et bronzé (ils les fabriques à la chaîne ou quoi ?!) grignotant des myrtilles. Et accessoirement avec un pacemaker. Lumineux, bleu et qui lui sortait de la poitrine. Da fuck… Ah oui, Iron man…

-Jme suis perdu en cherchant les toilettes… On peut savoir pourquoi vous faites courir des clones sur des tapis de courses ?

-C'est les filles du trafic d'humain. Déclara Ethan, à qui on n'avait visiblement pas coupé la langue, finalement.

Tony Stark s'assit à côté des garçons, et commença à nous observer en détail.

-Et vous courez depuis longtemps comme ça ?

-Environs trois heures, répondis le blasé

-Trois heures et 23 minutes ! Nous nous exclamâmes à l'unisson.

-Et vous ne transpirez même pas ?

-Pire que ça, renchérit Ethan, leurs rythmes cardiaque n'ont même pas variés…

-En fait on est capable de courir comme ça pendant une petite dizaine d'heures, donc si on pouvait s'arrêter maintenant… dit Noah

-Ouais mais ça te ferais trop plaisir, alors vous allez continuer à courir jusqu'à ce que j'en décide autrement, répliqua Mr. Blasé avec un demi sourire vaguement carnassier.

-Gabriel ne les distraits pas s'il-te-plaît… Soupira Ethan en fuyant délibérément mon regard.

Aah il s'appelait donc Gabriel. Ironique de porter le nom d'un ange quand on le dirait tout droit sorti de mon enfer personnel…

Je n'eus pas le temps de continuer ma réflexion puisque une énorme explosion retentit dans tout le bâtiment.

Ils nous avaient retrouvées….

Voilà encore un nouveau chapitre ! Encore une fois n'hésitez pas à poster des reviews ça me fait extrêmement plaisir, surtout si vous avez une idée sur l'identité du « ils » sur ce je vais manger des sushis ! Ciao !