Chapitre 3
Point de vu de Bella.
« Savoir, c'est se souvenir. » Aristode.
All things Twilight related belong to Stephenie Meyer.
Je m'agitai sur mon fauteuil, soupirant en repassant une fois encore de mes mains dans mes cheveux. Mon ordinateur flambant neuf et ayant coûté une fortune posé sur mes genoux, j'essayai de me concentrer sur ce que j'avais à faire, sans vraiment y parvenir. Mon programme était pourtant simple, rentrer chez moi, me détendre et faire des recherches sur Jasper.
Pourtant, mon plan avait était contrecarré par Alice dès l'instant où j'avais mis un pied dans l'appartement. Ma colocataire avait profité de mon absence durant la journée pour totalement changer notre déco et j'avais cru me tromper de logement l'espace d'un instant. Les lieux ne semblaient plus décrépis du tout. Les meubles étaient luxueux, et confortables. De jolies décorations ornaient les murs, et même les éclairages avaient eu un coup de neuf. Curieusement, je me sentais bien. La seule chose qui manquait, c'était surement des rideaux.
Je n'avais pas vraiment était surprise en entrant dans la chambre et en voyant que tous mes vêtements avaient disparus et avaient était remplacés par d'autres. Vu sous un certain angle, ça m'arrangeait. Ça allait m'empêcher de devoir dépenser une fortune pour refaire ma garde-robe.
Nous avions toute fois évitée la crise, puisque j'avais craint l'espace d'un instant qu'elle ne touche aussi à mes livres. Heureusement, elle avait su qu'elle était la limite à ne pas franchir avec moi.
Alice était fière d'elle, et je devais reconnaitre qu'elle avait eu bon gout. Après avoir sautillé dans tout l'appartement pour me montrer avec fierté tous nos nouveaux objets, elle ronflait maintenant sur son fauteuil placé face à une immense tv à écran plat, et je clapais mon ordinateur avant de me relever en m'étirant comme un chat, mon t-shirt se relevant pour laisser découvrir mon ventre plat orné d'un piercing.
J'avais besoin d'encore un peu de temps pour m'habituer à l'idée de ne plus devoir cacher les modifications que j'avais apporté à mon corps. Fréquenter Jessica et Laureen ma durant ma première année de lycée m'avait amenée à faire beaucoup de bêtises. Charlie n'en avait jamais rien su. Il ne suspectait pas que moi, la prude petite Isabella Swan, ai pu se faire faire quelque chose d'aussi vulgaire qu'un piercing. Ou un tatouage. Mon Dieu, le jour où il l'apprendrait, même si j'aurais quarante ans à ce moment-là, je suis sure qu'il me tuera quand même.
Je trébuchai sur le tapis et manqua de me prendre un mur en me dirigeant vers la salle de bain. J'avais trop froid pour pouvoir me concentrer sur mes recherches de pirate, et je me devais d'être bien concentrée pour pouvoir faire ça. Je ne pouvais pas faire d'erreur, parce que même si je ne faisais rien de mal en soit, je risquais quand même des soucis avec la justice si je me faisais prendre.
L'eau mit dix minutes à se réchauffer, comme je m'y attendais, attendant en grelotant devant mon bac de douche, enroulée dans une couette prise dans le placard. J'avais envie de dormir, et mon corps était tout courbaturé d'avoir dû rester debout toute la journée sur ces fichus talons haut.
En me glissant sous le jet d'eau brulant, je songeais une fois encore à ce que j'avais surpris ce matin. Mon instinct me disait qu'il ne ce tirerait rien de bon de toutes cette histoire, mais j'essayais de chasser ça de ma tête.
Quand j'avais appelé Charlie plus tôt toute à l'heure, en rentrant ici, j'avais failli parler mais j'avais dû me mordre la langue durement pour m'empêcher de le faire. Quelque chose me disait que si lui s'en mêlait, il risquait encore plus d'ennuis que moi.
Si j'avais eu plus de courage, j'aurais était affronter le problème en allant voir la police de Chicago, mais je n'étais qu'une petite souris craintive. Je préférais de loin me cacher dans mon trou, et j'étais douée pour ça.
Mes cheveux démêlés et presque secs, j'allais à ma chambre enfiler un jean et un sweat-shirt pour me tenir chaud dans le salon. Je me fis un chocolat chaud, et revint devant l'ordinateur, fin prête à fouiner.
« Bellaaaa, cesse d'être aussi sérieuse. Tu m'avais promis que nous allions sortir ce soir. » gémit Alice en s'étirant à son tour alors qu'elle s'éveillait, mais avec beaucoup plus de grâce que moi.
Je me tournai vers elle en pinçant les lèvres. « Alice, il est presque 22 heures, c'est trop tard. » Je retenais mon souffle, espérant que cela la dissuade. « Et il pleut en plus. » J'en rajoutais une couche, faisant de mon mieux pour paraitre déçue.
« Parfait. C'est l'heure où les clubs ouvrent. Préparons-nous et appelons un taxi. »
Elle claqua des mains et fila dans la chambre, me laissant la vague impression de m'être une fois de plus faite avoir.
Je n'osai même plus faire un pas de peur d'écraser quelqu'un, et me contenta de longer le mur avant de m'assoir dans un coin sombre en faisant attention de ne pas tomber. Alice nous avait emmenés dans un club bruyant, bruyant et aussi…bruyant. Je ne m'entendais même pas parler, et ne pouvais donc pas espérer réussir à ce qu'Alice m'entende l'appeler avec détresse. C'était un cauchemar.
J'avais enfilé une courte robe noire en dentelle quand Alice me l'avait tendue, et mis des bottines assez plate pour éviter une fois de plus l'humiliation de m'étaler de tout mon long dans un lieu public. Je me sentais assez jolie pour une fois, mais je ne me sentais pas à l'aise pour autant. Il y avait trop de gens. Beaucoup trop de gens. Bon sang, ma colocataire avait-elle oubliée à quel point je suis timide et réservée ?
Je pense que j'étais restée assise un long moment, suffisamment pour que Alice se souvienne qu'elle avait oublié quelque chose. Quand elle revint vers moi, elle était accompagnée d'une blonde sculpturale qui me fit me sentir plus laide que jamais.
Alice m'attrapa juste par la main, et me propulsa dehors avec elle, toujours suivie par la mannequin. Mon amie avait l'air…énervée.
« C'est nul ici. Allons prendre un verre dans un bar. D'ailleurs Bella, je te présente Rose. Elle a était une de mes meilleures amies dans le monde de la mode quand j'étais une enfant mannequin. »
Une enfant mannequin ? Curieusement, ça ne m'étonnait pas. Avec la confiance en elle qu'elle avait, Alice pouvait tout faire.
Je saluai poliment la jolie blonde, mais sa réaction fut plutôt glaciale. Elle me détailla de bas en haut, et pinça les lèvres en croisant les bras.
Je ne savais pas ou me mettre, rendue clairement mal à l'aise par l'attitude de la blonde, et dix minutes de marches sous une fine pluie plus tard, nous nous asseyons toutes trois autour d'une petite table, sur des banquettes de cuir. Une fois encore, je faisais tapisserie. Rose et Alice parlaient entre elles de souvenirs qu'elles partageaient et je n'y comprenais rien. Je n'avais même vraiment envie de savoir de qui elles se moquaient à vrai dire. Je me désintéressais bien vite du sujet et me perdis dans la contemplation de mon verre de boisson gazeuse, essayant vivement de ne pas m'endormir.
Je ne sais pas si mes yeux se fermèrent un moment et me procurèrent un court rêve, ou si un mouvement flou près de moi avait vraiment eu lieu. Quoi qu'il en soit, je relevai vivement la tête et scruta les alentours, voyant l'arrière d'une tête blonde s'enfoncer dans des escaliers menant à l'étage inférieur. Ces cheveux me disaient quelque chose. Jasper ?
Oulla. Je délirai vraiment maintenant. Qu'est-ce que Jasper ferait ici ? Ce serait vraiment un hasard extraordinaire que je me retrouve dans le même endroit que mon employeur, le même employeur qui m'intriguait autant. Je secouai la tête et ramenai mes cheveux en arrière avant de me relever. Cet homme avait attisé ma curiosité. Aucune des deux pies ne remarqua que je m'éclipsai, et je pris une profonde inspiration avant de me diriger vers les escaliers que le blond venait d'emprunter.
Je ne me sentais pas vraiment à l'aise depuis quelques minutes. Je sentais une sorte de regard se poser lourdement sur moi. J'avais beau pivoter et scruter les alentours avec attention, je ne voyais pourtant rien de suspect. Des gens tout ce qu'il y a de normal discutaient entre de leur travail ou que sais-je encore, sans me prêter aucune attention. Mais si je continuais à me retourner ainsi toutes les dix secondes en scrutant les alentours à la Matrix, ils allaient me prendre pour une folle. Je repris mon chemin, et de nouveau la sensation recommença. Je cherchai à comprendre d'où me venait cette étrange sensation que j'avais d'être espionnée. Cette impression me suivait en fait depuis que j'étais rentrée à l'appartement, et me collai des frissons dans le bas du dos.
Les évènements de la journée m'avaient rendue pleinement paranoïaque. Je sentis mon cœur battre plus fort dans ma poitrine quand je pris les escaliers à mon tour, m'enfonçant à chaque marche un peu plus dans le noir. L'ampoule au-dessus de moi semblait avoir grillée, et je dû être très prudente pour éviter de dégringoler le reste de l'escalier sur les fesses.
J'avais la folle impression que l'homme aux cheveux couleur bronze de ce matin me traquait pour me faire disparaitre à mon tour. Tout ceci m'avait clairement marquée. Si ça continuait ainsi, j'allais finir par devoir prendre un rendez-vous chez un psychologue.
La température à Chicago devrait frôler les 14 degrés Celsius, chose inhabituelle pour un été, mais ça ne me changeait pas trop de Forks et de son climat éternellement pluvieux. A vrai dire, j'avais même appris à apprécier la pluie et son calme relaxant. Toutefois, le froid qui régnait dans le niveau inférieur me fit frissonner à l'instant ou je posais un pied sur un tapis étrangement moelleux, essayant de me retrouver dans la quasi obscurité de l'endroit.
J'aurais aimé avoir ce que l'on appelait communément des yeux de chat histoire de m'y retrouver plus facilement. Je plissai les yeux pour essayer de voir à au moins un mètre, mais ça ne servit à rien. J'avançais donc doucement, un pas après l'autre, et une main faiblement tendue devant moi au cas ou un mur tenterait de me sauter dessus pour me mettre k.o.
Je me débrouillai assez bien, et j'avais relâché toute méfiance au bout de plusieurs mètres dans ce long couloir. Je sais bien que le manque d'éclairage au dû m'alerter que logiquement, je n'étais peut-être pas censée me trouver là, mais ma curiosité bien plus forte que ma raison me poussa à encore avancer. Je voulais savoir si cet homme était bien Jasper, ou non.
En quelques heures, cet homme avait fini de m'obséder, littéralement. Je ne sais pas vraiment ce qui me perturbait autant chez lui. Peut-être son regard si profond, ou son allure réservée et calme. Bizarrement, je crois qu'un détail de son physique m'affectait plus qu'autre chose.
Ses cheveux blonds. J'avais conscience de la stupidité de mes propos, mais sa chevelure me perturbait. Pire, elle me stressait. J'avais presque peur de cette couleur et de cette coiffure qu'il me semblait avoir déjà vu auparavant, sur quelqu'un lui ressemblant étrangement. Je sais que si Charlie était là et me revoyait penser à cela, il ne serait pas content. Enfant, j'avais dû avoir des heures et des heures de thérapie pour chasser l'image de cet homme blond en costume noir qui me terrifiait au point de m'en faire pleurer chaque nuit. Le médecin et mon père avait conclu à un ami imaginaire que je m'étais créer petite alors que je souffrais de ma condition d'enfant unique, et qui avait, suite au choc de la perte de ma mère, peu à peu changé dans mon esprit jusqu'à devenir la caricature du mal personnifié. C'était un blabla que j'avais à peine compris. Je n'avais après tout que 7 ou 8 ans, mais j'étais pourtant sure d'une chose. Je n'avais pas imaginé cet homme, pas le moins du monde. J'étais sure, et c'est encore le cas aujourd'hui, d'avoir un jour croisé cet homme. Je savais que je l'avais vu à un moment de ma vie, et plus encore que sa belle apparence ou l'air angélique de ses traits, c'est le sang qu'il avait sur les mains, littéralement, qui l'avait ancré dans ma mémoire.
Malheureusement pour moi, Charlie n'avait jamais voulu croire à cette histoire, ni n'avait pris la peine de l'écouter jusqu'au bout. Peut-être parce que la mort de Renée l'avait détruit, ou qu'il n'était pas prêt à prendre la garde de son enfant après ces longues années ou j'avais vécue avec ma mère loin de lui. Quoiqu'il en soit, depuis cette histoire, il avait décidé de se borner à croire que j'avais ce qu'il appelait une imagination débordante, et me suggérait souvent que me lancer dans une carrière d'écrivain serait une bonne chose pour moi.
Si même mon propre père ne voulait pas croire en l'un de mes pires souvenirs, et qui était profondément ancré dans ma mémoire, qu'est-ce que j'étais sensé faire ? J'avais simplement décidé d'enfouir cette partie de moi dans ma tête, et je n'y avais plus repensé depuis un moment. C'était bien sur avant que je ne rencontre Jasper, et qu'il ne fasse ressurgir de mon esprit un passé qui aurait mieux fait de rester enterré.
Perdue une fois encore dans mes pensées, mon pied manqua quelque chose, une marche sournoise peut-être, ou alors je trébuchai sur mes propres pieds sans m'en rendre compte, mais il en résultat que je perdis l'équilibre en émettant un petit son de souris se faisant avoir par la tapette.
Je fermais les yeux par réflexe et n'eut pas le temps de tendre les bras pour amortir la chute que j'entrais en contact avec quelque chose de dur. De dur, et de mou à la fois. Qu'est-ce que c'était que ce bordel au juste ?
J'ouvris un œil avec méfiance et rougie comme par automatisme en voyant que mon nez était contre une chemise noire. Une chemise noire portée par nul autre qu'un torse. Un torse ! Oh mon Dieu. C'était donc un truc masculin qui m'avait empêché de me casser un os. Je suppose que j'aurais dû dire un merci ou une autre petite chose du genre pour ne pas paraitre totalement cruche mais ça me semblait impossible, sur le coup.
Jamais au grand jamais je n'avais était aussi proche physiquement de quelqu'un du sexe opposé. Je veux dire, j'avais déjà frôlé des hommes oui, mais là j'étais littéralement collé à cet homme dans un couloir plongé dans le noir dans le sous-sol glauque d'un petit café légèrement douteux.
Je restai crispée là dans les bras de cet homme qui me soutenait gentiment, et qui semblait me scruter dans le noir.
« Bella, que fais-tu ici ? » murmura une voix que je ne connaissais déjà que trop bien.
Je relevai la tête et ouvris des yeux gros comme des soucoupes en me reculant vivement, me projetant hors du cercle de ses bras. Je n'avais donc pas rêvé. Jasper Cullen se trouvait devant moi, la lumière de son téléphone portable nous éclairant un peu tous les deux. L'ébauche d'un sourire apparut sur ses lèvres tandis qu'il s'approchait de moi, me forçant à reculer à chaque fois un peu plus.
« Bella, je crois que tu nous facilites un peu trop les choses. » il sourit encore, et porta sa main jusqu'à ma joue dans un geste qui me sembla être celui d'un avertissement. Sans trop savoir pourquoi, je n'osai ni reculer, ni bouger. Une aura de danger semblait flotter dans l'air et pour une fois, je n'allais pas chercher fuir. Quelque chose me disait que ce ne serait pas une bonne idée.
« Elle a une amie en commun avec Rosalie. Ce monde est décidément trop petit. Ça n'a plus rien d'amusant. »
Une nouvelle voix, profonde et trainante, se fit entendre dans mon dos. Je pivotais rapidement, surement trop vite, afin de poser le regard sur un homme dont j'eu du mal à distinguer les traits, du moins durant les cinq premières minutes. Parce que ensuite, la lumière du téléphone de Jasper se dirigea vers lui, et la chevelure bronze de ce matin apparut de nouveau devant mes yeux. J'eu le temps de plonger dans ses yeux verts quelques secondes, et de sentir le sang se retirer de mon visage avant qu'un mouvement flou n'apparaisse à la périphérie de mon champ de vision. Et ensuite, ce fut le noir.
