BONNES VACANCES AUX PETITS (ET GRANDS) VEINARDS ! lol, j'avais oublié de le dire la fois dernière alors je me rattrape. Ah oui, et BON HALLOWEEN aussi, même si vous fêtez pas, c'est tjs l'occasion de prendre autant de bonbecs qu'on veut en toute impunité, non ? (et celle de remplir la caisse pour les dentistes MDR !)

Milady2 : J'avoue que je trouve Rogue (dans les livres de JKR) vraiment très crétin de s'en prendre à Harry par rapport à James, mais sinon, j'aime quand même le perso. Bien cynique, bien noir et très, très, très complexe à cerner ! Ben c'est possible que j'écrive mieux… j'espère en tous cas :-P paske si j'évolue pas, mais où vais-je ?! -) Et là ? ça évolue ou non, lol ? Ouaip ! c'est la base de l'histoire ! (paske si on cherche une intrigue, faut vraiment bien chercher… quoi que y'en a qd même qqs microns qui se sont glissés dans la première année, mais alors là, au plus malin qui les trouvera ! (la fille qui s'y croit trop et qui pense qu'elle est d'une finesse absolue… Mieux qu'un éléphant, la finesse, lol))

Décidément, je m'amuse bien avec l'oncle Alphar et Métys, moi :-D Bon, rassurez-vous, après ce chapitre, on retourne totalement vers les Maraudeurs, mais là, j'ai pas pu m'empêcher d'étayer les persos -P

Pour ceux qui ont lu "le miroir de Parenze" : une petite explication sur la raison d'agir d'un des persos est donnée ici. J'avoue qu'initialement, cette situation n'existait pas, mais là, j'ai eu l'idée en l'écrivant, quasiment lol.

oOo

Chapitre 3 : Alphar et Métys

Depuis dix jours que Sirius logeait chez son oncle, il avait appris à connaître les habitudes de la demeure et ses occupants.

En réalité, à part son oncle et Métys, il n'y avait pas grand monde dans l'immense manoir. Le personnel se résumait à un jardinier, un maître d'hôtel, une cuisinière et une bonne. Il n'y avait pas le moindre elfe de maison – car Sirius ne considérait pas Métys comme telle – et chaque personne résidant au manoir était traitée avec respect par leur maître. Sirius avait l'impression de se retrouver chez les Potter mais avec quelque chose en plus, car cet homme faisait partie de sa famille, cela le rapprochait beaucoup plus de ses actes et le rassurait.

Le garçon connaissait désormais la demeure comme sa poche et ne se perdait plus dans les dédales des couloirs, mais il était frustré de ne pas être parvenu à découvrir le secret des "miroirs d'illusion". Dés que son oncle lui avait dit qu'il ne pouvait accéder à ces salles, il s'était irrésistiblement senti attiré par elles, mais malgré ses multiples tentatives, il n'était jamais parvenu à rien.

Un jour où il avait cru réussir à entrer, Métys était apparue devant lui, l'air mauvais.

- Si Alphar t'a interdit de pénétrer dans ces pièces, c'est qu'il y a une raison, tu ne crois pas ?

Sirius avait eu du mal à se faire au tutoiement de la créature, tout autant qu'il avait du mal à saisir les relations d'amitié entre son oncle et elle, mais cela ne l'empêcha pas de lui adresser un regard noir en réponse.

- Je ne vois pas ce qu'il y a de mal à vouloir regarder des tableaux, dit-il d'un ton méprisant. C'est pas comme s'ils allaient m'attaquer ou m'absorber… A moins que ce soit ça le miroir d'illusion, reprit-il en lançant un regard brillant à Métys.

- Il n'est pas besoin d'être transporté dans un autre monde pour se créer une illusion, répondit la demi elfe avec un sourire typiquement gobelin.

- As-tu déjà entendu parler du miroir du Riséd, Sirius ?

L'enfant se retourna pour découvrir Alphar, nonchalamment appuyé au linteau de la cheminée.

- Ce miroir montre les plus profonds désirs des êtres qui s'y regardent. Et certains aiment tellement ce qu'ils y voient qu'ils en oublient tout le reste et se perdent dans sa contemplation.

- Alors ces tableaux seraient du même genre ? Pourquoi les avoir peint, dans ce cas ?

- Dans l'espoir que le miroir s'inverse, soupira l'oncle avec un faible sourire. Dans l'espoir que la réalité devienne illusion et l'illusion réalité.

Sirius n'avait rien compris aux paroles de l'homme mais avait préféré ne pas insister sur le sujet. Un jour ou l'autre, il finirait bien par lui présenter ces salles.

En attendant, le temps passait et le jour du départ se rapprochait. Sirius avait beau s'être attaché à son oncle, la promesse d'un voyage vers la Polynésie était certes attrayante, il n'en était pas moins que son projet de rejoindre James et les autres prévalait sur le reste et il se demandait comment il pourrait bien aborder le sujet.

Un soir, après dîner, Alphar, Métys et Sirius s'installèrent sous la véranda pour prendre le thé, Alphar sortant sa baguette pour amener un peu plus de luminosité. Il capta le regard intrigué de son neveu et lui adressa un sourire amusé.

- Je vois que ma baguette t'intéresse.

Sirius leva un regard intrigué vers lui en acquiesçant. Depuis leur "duel", Sirius n'avait plus eu l'occasion de voir cette baguette de près, mais il se rendait compte qu'elle était vraiment très étrange. Mesurant une trentaine de centimètre, elle était d'une finesse comme Sirius n'en avait jamais vue, à peine plus épaisse qu'une lame de fleuret, faite d'un bois noir aux reflets argentés et d'un manche très court en bois d'ébène.

- Je ne savais pas qu'on faisait des baguettes aussi fines, reconnut le garçon. Elle doit être fragile, non ?

Un étrange sourire apparut sur les lèvres de son oncle alors que Métys avait un petit rire moqueur et il lui passa sa baguette.

- Vas-y, essaie de la briser. N'hésite pas à y mettre toutes tes forces.

Sirius hésita un instant mais l'instance de son oncle ressemblait fort à un défi et Sirius avait pour principe de relever tous les défis qu'on lui proposait. Il attrapa la baguette par chacun des bouts et plia de toutes ses forces. Le bois marqua une légère courbe mais le garçon fut incapable de la faire se briser et la rendit à l'homme.

- Comme quoi les apparences… conclut-il simplement. Mais tu as raison, on ne fait pas de baguettes aussi fines dans le monde sorcier. Que ce soit les créations de Finlimié, Ollivander, Gregorovitch ou quelque autre fabriquant de baguette, aucun ne peut créer une baguette de ce genre.

- D'où vient-elle dans ce cas ? s'étonna Sirius.

- Tu vas lui raconter ?

Métys observait son ami de ses yeux plissés, visiblement surprise qu'il s'attarde sur le sujet.

- Pourquoi pas ? Si ça l'intéresse, je peux bien lui raconter une partie de mon histoire… sauf si tu ne veux pas Sirius, bien sûr…

- Oh si ! le coupa le garçon. Enfin, je veux dire… Je ne veux pas vous forcer à me raconter mais j'aimerai bien vous… connaître un peu mieux, avoua-t-il.

- Ah ! Tu vois ! s'exclama avec fierté l'oncle Alphar.

Métys se contenta de hausser les épaules et but une gorgée de sa tasse en attendant qu'il commence. Alphar caressa un moment la baguette, perdu dans ses pensées, puis entama son récit.

- Je n'ai jamais eu grand-chose en commun avec mon père, mais si une chose a pu nous rapprocher, ce sont les voyages. Mon père m'amenait souvent dans ses déplacements et c'est de lui que m'est venue cette passion. L'été de mes seize ans, il m'emmena au Brésil, en pleine forêt amazonienne, où il devait rencontrer un sorcier tribal pour se fournir en divers ingrédients rares et certainement illégaux.

Je ne m'intéressais guère à la transaction et je me suis éloigné du campement, marchant un peu au hasard. J'aimais beaucoup les sensations que procurait cet atmosphère de lourdeur et de mystère, cette crainte de voir surgir un quelconque danger devant soi à tout moment. Je n'avais aucune notion du temps qui passait et c'est l'obscurité grandissante qui m'avertit de la tombée de la nuit. J'utilisai le sortilège de boussole pour m'orienter et revint sur mes pas.

Au bout de quelques heures, je me rendis cependant compte que je m'étais complètement perdu et je n'en comprenais pas la raison car le sortilège d'orientation était l'un des rares que je maîtrisai à la perfection. J'errai pendant une heure encore puis, épuisé, je me décidai à dormir et à reprendre mes recherches le lendemain. Je n'eus cependant jamais l'occasion de trouver le sommeil…

Un sourire rêveur accroché aux lèvres, l'homme se perdit un instant dans ses souvenirs avant de reprendre.

- Un vacarme assourdissant me fit sursauter alors que je m'endormais, un mélange de sifflements, de hurlements et de brisures. Je n'eus même pas le temps de réfléchir qu'une masse claire surgit dans la clairière que j'avais choisie et tomba sur moi. Je suis resté un instant interdit, sans rien comprendre, puis la tête d'un énorme basilic apparut devant moi.

Ses yeux étaient crevés et il semblait furieux. Je n'avais pas le temps de réfléchir et j'ai toujours été peu doué en magie, alors, sans réfléchir, j'ai attrapé l'étrange créature qui m'était tombée dessus et j'ai pris mes jambes à mon cou. Je crois bien n'avoir jamais couru aussi vite de ma vie. Mes muscles et mes poumons me brûlaient, je sentais la fatigue et pourtant… je ne faiblissais pas. Je sentais bien que la créature que je portais n'y était pas étrangère, même si je devinais sa peur par les battements violents de son cœur contre mon torse.

Je suis finalement arrivé devant le fleuve et, grâce à la magie, je nous ai fait sauter de l'autre côté. Le basilic n'avait pas d'autres choix que de traverser à la nage et j'ai utilisé un sortilège de gel pour glacer la portion d'eau où il passait. J'ai repris ma course, mais ce n'était pas facile avec l'être dans mes bras. J'ai fini par trébucher et ma baguette s'est brisée sous le choc… quand j'y repense, c'était un accident vraiment stupide après ce qui venait de se passer.

- Alphar, cite-moi une situation dans ta vie qui n'a pas fini par tourner au ridicule, répliqua Métys d'une voix neutre.

- Mmmh ? Tu n'as pas tort, reconnut l'homme en souriant.

- Un basilic ? répéta Sirius, les yeux écarquillés.

- Je suis tombé sur pire dans mes explorations, grimaça Alphar. D'ailleurs, je me demande encore comment j'ai réchappé à certaines vu mon don indéniable pour la magie d'attaque… Enfin bref, je me suis donc retrouvé étalé de tout mon long sur le sol et la créature que je tenais s'est retrouvée plusieurs mètres devant moi.

J'ai commencé par pester en me relevant mais dés que mes yeux sont tombés sur elle… Tu n'as jamais vu de créature aussi idyllique, Sirius, je peux te le certifier. Elle était petite, à peine un mètre de haut et j'ai tout de suite pensé qu'il s'agissait d'une enfant. Sa peau avait l'apparence d'un bois rose, avec les veinures qui dessinait sur son corps de multiples courbes, elle avait un visage fin dont les yeux en amande d'un bleu métallique me fixaient et deux ailes transparentes étaient rattachées à son dos. Je ne l'ai pas remarqué tout de suite, mais ses ailes étaient déchirées, quasiment en lambeaux.

Sirius fronça les sourcils, perplexe, essayant de se faire une idée de la créature sans découvrir de quoi il pouvait s'agir.

- Jamais entendu parlé d'une telle créature, avoua-t-il.

- Je vais te détromper, tu en as entendu parler mais tu n'en as jamais vu, car cette créature, vois-tu, était une sylphide.

Son neveu écarquilla les yeux de stupeur, pour le coup clouer sur sa chaise.

- Je croyais que c'était une légende, dit-il enfin.

- Je ne pensais pas qu'on pouvait toucher une légende, se moqua Alphar. Nous n'avons eu le temps de rien dire que trois autres sylphes apparurent et je me suis évanoui. Lorsque je me suis réveillé, j'étais dans un endroit étrange, fait de bois clair et de reflets d'argent, je me trouvais dans la cité des sylphes d'Amazonie. J'avoue ne pas avoir beaucoup de souvenirs de la période que j'y ai passé car on me confinait dans une pièce où seuls me rendaient visites deux sylphes qui étaient chargés de s'occuper de moi et la petite sylphide que j'avais sauvé et à laquelle on avait réparé ses ailes blessées.

Elle m'apprit qu'elle était originaire d'Angleterre et accompagnait une délégation qui était en visite chez les sylphes d'Amazonie pour des affaires qui leur étaient propres. D'un point de vue humain, je crois pouvoir dire qu'elle avait une dizaine d'année, mais les sylphes vieillissent différemment de nous. En lui sauvant la vie, j'avais gagné la reconnaissance de son peuple, mais ils ne savaient pas s'ils pouvaient me laisser repartir avec des informations sur eux ou m'effacer la mémoire.

Je ne fus pas beaucoup tenu au courant de l'évolution des décisions et je pris certaines habitudes dans ma nouvelle demeure temporaire. A dire vrai, je n'étais pas fâché de rester éloigné de mes parents et j'adorais la compagnie de ma petite protégée. Au fil du temps, elle découvrit mon don pour la peinture et j'ai l'impression que c'est ce qui a joué sur la décision de me rendre ma liberté.

Au moment de mon départ, pour me remercier, les sylphes m'offrirent cette baguette, vingt-huit centimètres, bois de palétuvier noir et un cheveu de sylphide pour élément magique, un cheveu de la petite. Ils l'avaient traitée pour qu'elle me soit parfaitement adaptée et j'avoue que je ne regrette pas mon ancienne baguette car mes tableaux sont devenus vraiment extraordinaires après cela.

Avant de partir, la petite sylphide m'a de nouveau remercié. Elle m'a dit qu'elle ne croirait plus tous les préjugés que son peuple diffusait au sujet des sorciers et que, désormais, elle essaierait d'apprendre à mieux nous connaître et à nous aider. Elle se nommait Libéselle et je ne l'ai jamais revue, mais je n'ai jamais pu l'oublier.

- C'est… incroyable, commenta Sirius, impressionné. Et vous n'aviez que seize ans ? Mais comment ça s'est passé à votre retour ? On a bien dû vous poser des questions, non ?

- Les sylphes m'ont reconduis jusqu'à un village proche et j'ai appris que mon "absence" avait duré deux mois. Bien sûr, ils m'ont posé des questions, surtout rapport à ma baguette d'ailleurs, mais les sylphes s'étaient prémunis de cette éventualité et je n'avais pas la possibilité de leur raconter la vérité. J'ai donc inventé une chute et une amnésie puis l'hospitalité de villageois qui m'avaient fabriqué une nouvelle baguette car j'avais cassé l'autre et enfin un recouvrement de ma mémoire qui m'a permis de les contacter. La magie des sylphes a aidé pour qu'il n'y voit que du feu.

- Tes parents ne s'intéressaient pas vraiment, commenta simplement Métys.

- Ils étaient plutôt furieux, rigola l'homme.

- Furieux ? Alors qu'ils venaient de vous retrouver ?

- J'aurai cru que Procyon t'aurait parlé de ça, remarqua Alphar, lui qui ne manque pas une occasion de me rabaisser d'habitude.

- C'est plutôt votre famille en général qu'il déteste.

- C'est ce que tu crois. Vois-tu, à ma disparition, on m'avait fiancé à Gomeisa Black (1), la sœur de Procyon et Achernar, car mes parents souhaitaient une alliance avec une des plus puissantes familles anglaises. Lorsque j'ai disparu, il était hors de question que cela change quelque chose et ma sœur fut donc fiancée à Procyon, pour ne pas perdre l'accord. Avec mon retour, les Doissan et les Black se retrouvaient liés par deux unions, ce qui empêchait l'alliance avec d'autres familles. Il y eut de nombreuses disputes mais les fiançailles avaient été proclamées des deux côtés et mes parents aussi bien que les Black étaient trop fiers pour rompre un pacte de ce genre.

- Ces histoires de famille, grommela Sirius. Moi, je m'en fiche s'ils me trouvent quelqu'un, c'est pas à eux de me dicter ma conduite.

Alphar hocha tristement la tête et Métys plissa légèrement les yeux, fixant le garçon.

- Mais ce n'est quand même pas pour ça que mon père vous déteste ? Ce n'est pas votre faute après tout.

- Procyon m'en veut de la mort de Gomeisa. J'ai entraîné ma femme dans mes voyages dès notre sortie de Poudlard et je l'ai ainsi beaucoup éloignée de sa famille. Elle a succombé à une maladie tropicale deux ans après notre mariage et Procyon ne me l'a jamais pardonné.

Sirius se souvenait du portrait d'une belle femme, dans le bureau de son père, et songea qu'il devait certainement s'agir d'elle. Procyon n'avait jamais vraiment parlé de sa sœur et, à part qu'elle avait été mariée au frère de Nocera et était morte, il n'avait jamais rien su de plus sur elle.

- Enfin, soupira Alphar, tout cela appartient au passé désormais, je n'ai pas à me plaindre et l'avis de cet idiot de Procyon m'importe peu. Il porte bien son nom, tiens, un premier qui ne brillera jamais autant que le second (2).

Il avait dit ça en adressant un clin d'œil à Sirius qui lui sourit. Il aimait bien la franchise de son oncle et le fait qu'il parle sans pudeur de sa famille. Ça changeait de l'hypocrisie qu'il connaissait.

- Et puis j'ai Métys avec moi. Pas vrai ma vieille Rajkumari ?

Métys poussa un soupir d'exaspération en levant les yeux au ciel.

- Laisse mon nom en dehors de ça, grommela-t-elle.

- Vous avez un nom ? ne put s'empêcher de s'exclamer Sirius avant de se rendre compte de sa grossièreté. Enfin je veux dire… Ce n'est pas… bafouilla-t-il.

- Habituel ? ricana Métys. Avec tout ce que tu as pu découvrir depuis ton arrivée ici, comment se peut-il que tu sois encore surpris de certaines choses ?

- Ne soit pas si cynique, soupira Alphar. Mais pourquoi a-t-il fallu que ton sang gobelin soit aussi expressif ?

- Nous serions-nous seulement adressé la parole sans cela ? lui fit remarquer Métys.

Un petit rire accueillit cette remarque.

- On ne peut pas dire que notre premier échange ait été très concluant. Mais tu pourrais peut-être raconter à Sirius, ajouta-t-il en voyant le regard insistant de son neveu.

- La nostalgie, c'est bon pour les humains, grommela-t-elle.

- Métys peut être assez ronchon quand elle s'y met, murmura Alphar à Sirius assez fort pour que son amie l'entende. Je me dis parfois qu'elle doit aussi avoir du sang de nain pour…

- Tu vas arrêter tes bêtises, grogna la semi elfe en lui lançant un regard noir.

- Allez Rajkumari, ne te fais pas prier, l'encouragea Alphar. Les soirs d'été sont faits pour discuter de soi et tu en parles beaucoup mieux que moi.

Un long silence perdura sans qu'elle prenne la parole, Alphar buvant son thé avec un sourire triomphant que ne comprenait pas Sirius.

- Notre rencontre a eu lieu il y a onze ans, quatre mois et douze jours, commença enfin Métys d'un ton bourru. Je travaillais dans une petite taverne de Madras, en Inde, pour un salaire de misère car personne ne voulait engager une créature née d'une elfe marginale et d'un gobelin. La journée tirait sur sa fin quand un groupe de sahibs est entré. On reconnaissait facilement les aventuriers anglais à l'époque, et ça n'a pas dû beaucoup changer d'ailleurs. Ils se sont installés et ont commandé des boissons en discutant de leur précédente expédition. Il y avait parmi eux des scientifiques, dont un spécialisé dans les créatures magiques atypiques qui eut tôt fait de me repérer.

Il devait penser que je faisais un sujet d'étude intéressant et que je n'avais pas mon mot à dire, ce qui, évidemment, n'était pas le cas. Lorsque je suis passée près de lui, il m'a attrapée par un bras et a commencé à m'examiner sans tenir compte de mes protestations, alors je l'ai mordu au sang… radical pour se faire libérer d'une emprise. Ses compagnons n'ont pas vraiment apprécié mon initiative et ont voulu s'occuper de moi, mais c'est là que Alphar est intervenu… ou plutôt a essayé, grimaça-t-elle.

- Je me souviens, compléta Alphar en se frottant la mâchoire par réflexe.

- Il a commencé par leur dire que cela ne les mènerait à rien et qu'ils feraient mieux de laisser tomber. A-t-on jamais vu des mots calmer des brutes ? dit-elle avec dédain. Ils n'ont même pas fait attention à lui, alors il s'est servi de la magie. Jamais compris quel sort tu avais utilisé, grogna-t-elle.

- Désarmement je crois, mais je n'en suis pas sûr… Je n'étais pas exactement en état d'y réfléchir, souligna-t-il.

- Pas en état ? Vous aviez un souci ? interrogea Sirius.

- Une bouteille de vêna Grisafon est-elle un souci ?

- Quand on la descend cul sec, oui, le réprimanda Métys.

- Vous étiez soûl ? demanda Sirius, complètement abasourdi par l'idée que ce fut seulement possible.

- Cet incident se passait une dizaine de jours après la mort de Gomeisa, expliqua Alphar, sinon, je n'aurai même eu aucune raison de me retrouver dans cette taverne.

- En tout cas, poursuivit Métys, l'attention des sorciers s'est reportée sur lui et ils lui ont fait comprendre assez clairement qu'il n'avait pas à se mêler de leurs affaires.

- Excellent crochet du droit, commenta l'homme, j'aurai dû rester en contact pour qu'il m'apprenne…

- On n'a pas exactement eu le temps pour ça, soupira Métys. Alphar a de nouveau voulu utiliser un sort et la salle s'est retrouvée plongée dans un brouillard bleu opaque. Nous avons profité du manque de visibilité pour sortir en vitesse de la taverne et ne nous sommes arrêtés de courir que quelques rues plus loin. Logiquement, l'incident aurait dû en rester là, car je doute que, sans l'état d'ébriété de ce cher Alphar, je l'aurai suivi de cette manière.

L'étranger reprenait son souffle, assis sur le sol boueux de la rue. Il empestait le vêna mais Métys ne s'en souciait guère, grognant contre sa mère qui, parmi tous les pouvoirs des elfes, ne lui avait pas transmis celui du transplanage. Un rire gloussant la tira de ses fulminations et elle regarda avec mépris le sorcier débraillé qui se trouvait à côté d'elle. Un filet de sang coulait du coin de ses lèvres, preuve que l'autre homme n'y avait pas été de main morte, et pourtant il riait comme un bossu – ou plutôt comme un ivrogne. Malgré tout, ce sorcier venait de lui sauver la vie.

- Je vous remercie de votre aide, sahib, déclara-t-elle comme si ces mots lui brûlaient la langue. Si vous avez besoin de quelque chose… comme vous ramener chez vous, suggéra-t-elle.

L'homme arrêta de rire et leva des yeux rougis et brillants vers elle, un sourire niais sur le visage.

- Chez moi ? il gloussa encore. Guy ne sera pas content s'il me voit comme ça.

Il s'approcha de Métys en lui faisant un signe du doigt pour qu'elle penche la tête.

- Tu sais, je crois bien que je suis soûl, lui chuchota-t-il avant de recommencer à rire.

Métys poussa un profond soupir. Elle allait devoir se coltiner cet ivrogne et n'avait pas le temps. Elle venait de perdre son emploi, c'était certain, elle avait autre chose à faire que s'occuper d'un feringhi9 aussi sobre que des nains le lendemain d'une fête.

- Je vais vous amener dans un endroit où vous pourrez vous reposer et nous serons quittes, décida-t-elle. Comme ça je… Que vous arrive-t-il encore ?

L'homme l'observait avec une étrange mine, les yeux plissés, la bouche tordue... Soit il réfléchissait, soit il essayait de rester conscient. Finalement, un grand sourire benêt s'étala sur ses lèvres et, à la grande horreur de la demi elfe, il se laissa tomber sur elle.

- T'es toute mignonne, toi, dit-il d'une voix pâteuse. Dis, tu veux pas rester avec moi ?

- Hein ?

- Ze suis un grand eploxateur… extoplateur… epla… expli…

- Explorateur, peut-être, suggéra Métys en voyant qu'il n'allait pas s'en sortir.

- C'est ça ! s'exclama l'homme en envoyant sa main en l'air en signe de joie. Je suis très connu et très respecté… Oui mâdame ! Je suis l'incroyable Alphan Doissar ! euh… Alphar Doissan, je veux dire.

Cette fois, plus de doute, elle avait affaire à un fou.

- Alphar Doissan ? répéta-t-elle, dubitative. Le propriétaire des mines Doissan ?

- Tu me connais ? demanda-t-il avec une expression de joie extatique. Quel honneur !

L'alcool ne lui permettait pas exactement d'être cynique, aussi Métys commença-t-elle à se poser des questions. Évidemment qu'elle connaissait Alphar Doissan, de nom tout du moins. Les sahibs qui passaient à la taverne parlaient souvent de lui. Un homme froid, terrifiant et sans pitié.

Ce qui faisait surtout parler de lui, c'était son jeune âge, car Alphar Doissan n'avait que vingt-trois ans, mais la mort précoce de son père l'avait conduit à la tête de l'empire qu'il dirigeait selon la plupart d'une poigne de fer. En quelques années, Alphar Doissan avait su se faire connaître dans le monde de la magie comme le digne successeur de son père.

- Et que faisait le grand Alphar Doissan dans une taverne miteuse ? Que fait-il en train de parler à une semi elfe ? demanda Métys avec ennui.

Son interlocuteur eut un petit ricanement.

- C'est mon petit secret, dit-il en plaquant son index de manière ridicule sur ses lèvres. A toi, je vais le dire, pasque ze t'aime bien, mais chhhht !

Il s'appuya contre le mur derrière lui et tenta de se mettre debout, mais ses jambes flageolantes le ramenèrent brutalement à terre.

- Oups ! Tremblement de terre, grommela-t-il.

Il leva les yeux vers Métys et sembla chercher quelque chose.

- Ah oui ! s'exclama-t-il soudain. Mon secret… Euh… C'est quoi déjà ? Oui, ça y est, c'est ça…

Il gloussa de nouveau de manière convulsive, le visage rouge.

- Pff ! S'ils savaient… Je déteste les sorciers de sang pur, dit-il alors très sérieusement avant d'éclater d'un rire encore plus débile que les précédents.

Métys le regarda avec incrédulité, mais il devait sans doute s'agir d'élucubration d'ivrogne.

- Allez ! lança tout à coup Alphar en se levant si vite que Métys sursauta, se demandant comment il parvenait à tenir debout maintenant. On va aller voir Guy quand même… Sera pas content, grimaça-t-il. Tu t'appelles comment ?

L'elfe hésita un instant.

- Métys, répondit-elle enfin.

- Métys comment ? demanda l'homme en faisant jouer sa mâchoire, les yeux roulant dans ses orbites pour faire le point.

- De quoi parlez-vous ? s'étonna-t-elle.

- Bah ton nom, quoi, pouffa Alphar. Alphar Doissan, dit-il en pointant un doigt incertain sur sa poitrine, Métys…

- Je suis une elfe, je n'ai pas de nom, remarqua-t-elle.

- Demi elfe ! Que t'as dit, remarqua l'homme en haussant les épaules. Bon, alors tu seras… euh… Rajkumari ! Pasque c'est en Inde que commence notre graaaande amitié et pis aussi que t'as l'air fière, gloussa-t-il. Enchanté de te rencontrer, Métys Rajkumari, ajouta-t-il en lui tendant la main.(3)

- Avec l'état d'ébriété dans lequel cet imbécile se trouvait, il a fallu deux heures avant qu'on ne trouve enfin où il demeurait. En voyant l'hôtel, j'étais sceptique mais Guy – le maître d'hôtel, Guy Dogg – est soudain venu à notre rencontre pour aider Alphar. Je serai bien partie à ce moment mais ton oncle ne me lâchait pas le bras, j'ai donc passé la nuit là-bas.

J'étais persuadée qu'à son réveil, Alphar allait me renvoyer, horrifié de ce qu'il avait fait, mais finalement, à part une bonne gueule de bois et quelques cris de stupeur, il m'a convaincue de rester et je suis encore là.

- Et je n'ai plus touché une goutte d'alcool, compléta Alphar en souriant.

- C'est une rencontre plutôt…originale, constata Sirius. Mais – ne vous vexez pas Métys – pourquoi lui avoir demandé de rester ?

- Je vais t'expliquer l'immense pouvoir que je possède, dit son oncle avec amusement. Dans ma vie, j'ai pris quatre cuites, et si j'utilise ce terme, c'est parce que c'en étaient de belles. La première quand j'avais dix-sept ans, suite à un pari, la deuxième à la mort de mon père, la troisième en me laissant entraîner par un marin d'Amsterdam sacré baratineur et celle-ci. A chaque fois, sans que je sache comment, je me suis retrouvé dans les bras de quelqu'un, et à chaque fois, ce quelqu'un se révéla être une personne de confiance. Guy, mon maître d'hôtel, a été l'heureux élu de la seconde, sourit-il, sans ça, il n'aurait jamais su à quel point j'étais différent de ma famille.

Donc, lorsque je me suis réveillé et que j'ai découvert que j'avais encore entraîné quelqu'un, j'ai décidé de suivre mon instinct et d'au moins lui proposer de faire un bout de chemin avec moi. Et tu vois, Sirius, je n'ai jamais été aussi heureux que depuis ce jour où notre amitié a commencé. Et c'en est de même pour Métys, même si elle ne veut pas l'avouer, ajouta-t-il avec fierté.

- C'est ça Alphar, rêve encore. L'arrogance des sorciers... souffla-t-elle.

Sirius sourit à cet échange. Son oncle et Métys formaient un couple atypique qui se complétait étrangement bien. En fait, maintenant, le garçon ne pouvait penser à l'un sans que l'autre lui vienne à l'esprit peu après.

- L'amour, que ce soit l'amitié ou l'Amour avec un grand A, est ce qui existe de plus précieux sur cette Terre, déclara Alphar. La famille, tu ne la choisis pas et, même si tu les aimes, tu devras te détacher d'eux à un moment donné, mais les amis, ceux que tu reconnais comme tels ou non, ceux qui sont si durs à trouver, ceux là t'apporteront la vie à laquelle tu aspires. L'amour, Sirius, prime sur tout.

Sirius observait le soleil qui se faisait de plus en plus bas sur l'horizon puis tourna un regard déterminé vers son oncle.

o

- Et c'était un superbe plaquage !

- Raaah ! J'étouffe !

- J'accorde le point à Sirius, il l'a mérité.

Le dit Sirius, qui se trouvait une seconde plus tôt assis sur le dos de James, se retrouva affalé au sol alors que son ami se relevait prestement.

- Faux frères ! Vous allez voir !

- Oh ! oh !

Sirius et Peter coururent se mettre à l'abri tandis que James les poursuivait, la baguette brandie, lançant des sorts qui atterrissaient sur les arbres ou les fontaines derrière lesquels se réfugiaient les deux autres – le jardinier aurait risqué une crise cardiaque à son retour s'il n'était habitué aux affres subis par son jardin.

Alphar n'avait posé aucun souci à accepter la demande de Sirius. Il lui avait assuré qu'il mettrait tout en œuvre pour que ses parents croient qu'il était parti en voyage avec lui puis l'avait amené jusque chez les Potter sans s'y attarder – après tout, ils n'étaient pas sensés savoir qui était réellement l'homme qui avait accompagné Sirius.

Le garçon n'en avait parlé qu'à ses amis et, à en croire James qui aimait plaisanter avec ça, il avait passé les trois quart de son temps depuis son arrivée à leur vanter les mérites du grand, du merveilleux, de l'inégalable Alphar Doissan et de sa fascinante amie, Métys Rajkumari.

A une semaine de la rentrée, James, Sirius et Peter ne regrettaient absolument pas ces vacances qu'ils avaient passées ensemble, sachant les remplir grâce à leur imagination débordante. La seule ombre au tableau était l'absence de Remus. Il avait renvoyé en réponse à l'invitation de James une lettre d'excuse expliquant qu'il serait en visite chez une tante durant la fin des vacances et qu'il ne pouvait donc pas venir.

Malgré leurs diverses occupations, les trois amis ressentaient fortement son absence. Ils s'étaient habitués à se retrouver tous les quatre et, avec un membre manquant, le groupe gardait une saveur amère dans la gorge.

Allongés dans l'herbe du jardin, James ayant abandonné ses idées de vengeance, ils reprenaient leur souffle en fixant le ciel dans un silence tranquille.

- La seconde année, c'est deux fois plus de possibilités ! s'exclama soudain James, qui ne supportait pas le calme.

- Ça, on va avoir de quoi s'occuper, remarqua Sirius avec un grand sourire. Nos stocks de farces et attrapes sont pleins, notre imagination n'attend qu'un signal pour se dévoiler et je sens que pour toi, il y a du Quidditch dans l'air. Que demander de plus ?

- Remus, souffla Peter.

Les deux autres le regardèrent avec étonnement.

- Qu'est-ce qu'il a Remus ?

Peter rougit sous leur regard puis haussa les épaules, incertain.

- Je sais qu'on avait dit qu'on attendrait de voir mais… En fait, depuis Noël, une question me tourmente.

- Noël ? Je te savais pas si patient, intervint Sirius avec un sourire moqueur.

- Et c'est quoi cette question ?

- Remus n'arrête pas de nous parler de la maladie de sa mère, que c'est grave et tout le reste.

- Oui, et c'est plutôt bizarre, mais ça on le savait déjà.

- En fait, je dirais plutôt que c'est impossible. Vous vous souvenez de comment nous a accueillis Mme Lupin à la descente du train ? Elle n'avait pas l'air si fatiguée que ça.

Sirius et James échangèrent un regard. Maintenant que Peter en parlait, ils se rappelaient la vigueur avec laquelle Théia Lupin les avait pris dans ses bras. C'était certain, cette femme était en parfaite santé à ce moment là.

- Patient et observateur, dit enfin Sirius en lançant un vague regard impressionné à Peter. Tu n'as pas tort, on avait notre réponse dés ce moment. La mère de Remus n'est absolument pas malade.

- En fait, c'est vrai qu'il était plutôt surpris de la voir là et… gêné aussi, ajouta James. Il devait avoir peur qu'on s'en rende compte.

Il marqua une pause puis soupira de frustration.

- On en arrive au même point, grommela-t-il. Qu'est-ce qu'il nous cache ? C'est vrai quoi, on est ses amis, il devrait savoir qu'il peut nous faire confiance !

- Alors ça veut dire que c'est vraiment un truc grave, remarqua Peter.

- Bon, ben ça nous fera une autre activité pour cette année : découvrir le secret de Remus.

En disant cela, Sirius se laissa retomber de manière nonchalante sur l'herbe et James lui lança un regard amusé.

- Aussi simple que ça ? demanda-t-il d'un ton taquin. Quand je pense au temps qu'il a fallu pour que tu acceptes de le "faire céder", je me dis que ton oncle a réellement eu une bonne influence sur toi… Tu deviens sentimental.

Cette fois, il était moqueur, et Sirius se redressa un instant pour lui donner un coup dans l'épaule sous les rires de ses deux amis.

- James, tu n'es vraiment…

- JAMES POTTER ! QU'EST-CE QUE TU AS ENCORE FAIT AU JARDIN ?

(à suivre…)

(1) :Procyon et Gomeisa sont les étoiles de plus faible magnitude du Petit Chien. (soit les plus brillantes)

(2) : Procyon (qui signifie "avant le chien") se lève avant Sirius mais est nettement moins brillante. (Sirius a une magnitude apparente de -1,46 (la plus brillante du ciel) et Procyon de +0,35… si y'en a que ça intéresse lol)

(3) :feringhi signifie "étranger" en indien (j'utilise ce mot pour éviter les répétitions) et rajkumari signifie "princesse"

Promiiis ! c'est 100% (enfin presque) Maraudeurs la suite, je vous ennuie pas plus avec l'oncle et Métys ! Juste un truc, pour ceux que ça intéresse, on saura ce qui se trouve dans les pièces des miroirs d'illusion aux prochaines vacances d'été, voilà !

A plus et portez vous bien ! -)