Chapitre 4 :

Lorsque Elena arriva, elle trouva Liara assise à son bureau en train de travailler. Elle se retourna et vit Elena l'observer.

- Tu ne t'arrête jamais, pas vrai ? Lui demanda Elena.

- Bien sûr que si, répliqua Liara avec un sourire, lorsque je vais dormir.

Elena rigola, elle ne changera jamais.

- En tout cas, ça fait plaisir de te voir mais j'imagine que ce n'est pas une visite de courtoisie.

- Non, en effet. Je vais me répéter mais j'aimerais que tu viennes avec moi sur le Normandy. On a besoin de toi.

- Je vais peut-être te surprendre mais j'espérais que tu me le redemandes encore une fois. Bien que j'aime la solitude et mon travail, j'apprécie la compagnie surtout avec des personnes que j'aime. Et puis je serai plus utile avec vous qu'ici. De toute façon il y a toujours Féron pour veiller au grain.

- Wahoo ! Je ne pensais que ce serait aussi facile, plaisanta Elena.

- Eh bien profites-en ce ne sera pas toujours comme ça.

Elles éclatèrent de rire ensemble.

- Ça fait tellement plaisir de te retrouver, ça sera comme autrefois. Je te rejoins sur le Normandy, il faut que je prépare mes affaires et que je donne des consignes à Féron.

- D'accord, dis-lui bonjour de ma part.

Liara hocha la tête puis partie en direction de ses quartiers tandis qu'Elena remontait sur le vaisseau.

La semaine passa vite, elle avait été consacrée à la recherche d'information sur Cerberus. Si Elena avait décidé qu'ils viendraient à eux, elle n'omit pas le fait qu'il fallait connaître son ennemi. Miranda avait été d'une grande aide, ancienne employée hautement placée, elle avait en sa possession des informations non négligeables. Liara, tant qu'à elle, avait obtenu, grâce à son réseau, plus de renseignements sur Cerberus qu'Elena n'avait espéré.

Liara lui avait donné un contact qui selon elle avait des informations importantes à propos de l'Homme Trouble. Ils avaient convenu d'un rendez-vous dans une heure dans les bas fonds d'Oméga. Liara avait prévenu Elena, le contact était un humain pas très honnête mais qu'avec un peu d'intimidation, il parlerait.

Pour cette entrevu, Elena avait choisi Kaidan et Miranda. Le premier parce qu'il avait insisté et la seconde parce que ça concernait l'Homme Trouble.

- Bon, vous savez ce que nous avons à faire. Kaidan, puisque tu as voulu venir, tu vas t'occuper de lui, si ça prend trop de temps, j'interviendrait. Miranda et moi on reste en retrait.

Kaidan et Miranda hochèrent la tête puis l'équipe partie vers les bas fonds d'Oméga.

Le contact était là, debout, leur tournant le dos, en train de lire un datapad. L'équipe s'approcha. L'homme se retourna.

- Bien le bonjour à vous, Jim Peterson, se présenta t-il. Que puis-je pour vous ?

Elena laissa Kaidan, comme prévu, prendre les devants. Il l'attrapa puis lui passa un bras sous la gorge.

- Eh ! Mais qu'est-ce qui vous prends ? S'exclama Peterson.

- Tu sais très bien ce qui nous amène, lui expliqua Kaidan, alors ne fait pas le malin.

- Je ne vois pas de quoi vous voulez parler.

Des gouttes de sueur commençaient à perler sur ses tempes. Il regarda autour de lui puis aperçu Elena et Miranda, elles avaient l'air beaucoup plus sympa que le gars qui venait de l'empoigner.

- Je préférerais que ce soit ces dames qui s'occupe de moi, si vous n'en voyez pas d'inconvénients bien sûr, se précipita t-il de rajouter.

- Si je serais toi, je ne prendrais pas cette option, l'avertit Kaidan, vois-tu, ces dames comme tu dis, t'auraient déjà jeté par terre et tu serais en train de cracher tes boyaux, lui expliqua Kaidan en jetant un bref coup d'œil à Elena.

Elle était à un mètre d'eux avec, à ses côtés, Miranda. Ses bras étaient croisés, une façon de montrer son impatience. Ses yeux étaient sombres, ça prenait trop de temps. Elle fit mine d'avancer vers Peterson. En la voyant faire, il se débattu, il n'avait plus envie que ces dames s'occupe de lui. Malheureusement pour lui, Kaidan le tenait.

- Maintenant dis-moi ce que je veux savoir ou sinon c'est à la dame que tu auras à faire, le menaça t-il.

- Très bien. Ok. Mais ne pourrait-on pas discuter dans des conditions plus agréables ? J'ai la gorge obstruée.

- Tel que tu es là, est la condition la plus agréable qui soit, alors arrête d'essayer de gagner du temps et dis-nous ce qu'on veut savoir, le prévint Kaidan.

Elena s'impatientait, elle n'aimait pas ce type et en plus il essayait de gagner du temps. Il avait sûrement un plan pour s'échapper. Elle interpella Kaidan.

Il tourna la tête vers elle, elle s'approchait.

- Laisse-moi faire, tu veux bien ?

Kaidan hocha la tête et laissa sa place à Elena. Peterson essaya de s'échapper mais elle le retint et le plaqua au sol. Elle mit un bras sous sa gorge tandis que l'autre, arme à la main, était pointé au niveau de son entrejambe.

- Magne-toi ou je te coupe tes bijoux de famille et je les revends à un Krogan pour qu'il en fasse un collier. Je te préviens, je ne suis pas de bonne humeur, le menaça Elena avec un sourire railleur.

- Ok, ok, mais enlevez ce flingue de là.

Elle resserra sa prise.

- Bon, d'accord. Votre colis se trouve au niveau inférieur mais vous devez y aller seule, sinon…

- Ça ne devait pas se passer comme ça, fit Elena les dents serrées.

- Eh bien ça a changé, et inutile de me le faire payer, je n'y suis pour rien, fit-il apeurer.

- On verra bien. Kaidan, Miranda restez avec lui, je vais chercher le colis. Si ça se passe mal, tuer-le et venait me rejoindre. Je vous recontacte.

Miranda prit la place d'Elena. Et celle-ci partit en direction du niveau inférieur. Kaidan la retint.

- Attends, c'est trop dangereux, n'y vas pas seule.

- Si je prends l'un de vous avec moi, la mission est foutue. Tu restes avec Miranda.

Même si ils s'aimaient, elle était le commandant, ça voulait dire pas de discussion.

- Très bien mais fait attention à toi.

Elle hocha la tête avec un sourire, celui qu'il adorait tant. Il eu une envie irrépressible de l'embrasser mais se retint. Ils étaient en mission.

Lorsque Elena arriva au niveau inférieur, elle vit qu'il était désert. Arme en main, Elena s'approcha doucement vers le centre de la pièce. Elle entendit un bruit sur sa droite et grâce à son expérience, elle comprit que c'était en réalité un piège. Elle se mit aussitôt à couvert. Ils sortirent de leur cachette, ils étaient environ une dizaine si elle comptait les deux qui ne s'étaient pas dévoilé. Mais elle ne devait pas négliger le fait que des renforts pouvaient arriver. Elle en tua trois avant de contacter Kaidan et Miranda.

- Ici Shepard, j'aurais besoin d'aide, je suis sous le feu ennemi. Laissez notre ami en vie mais blessez-le de façon à ce qu'il ne puisse pas s'échapper.

- Très bien, on arrive, tenez le coup, lui répondit Miranda.

Kaidan fit son entrée avec une puissante frappe biotique qui tua son adversaire sur le champ. Suivi de Miranda, il arriva près d'Elena.

- Tout va bien ?

- Pas vraiment, la mission est un fiasco et en plus je crois que des renforts arrivent.

Un homme baraqué entra dans la pièce, il avait dans les mains un datapad. Elena devina que c'était son colis. Elle le prit pour cible. Il était bien protégé et son armure était renforcée, en plus de ça ses pouvoirs biotiques n'arrangeaient pas les choses.

- Je la veux vivante ! Cria t-il à ses soldats. Tuez les deux autres, le bosse n'en veut pas.

Elena croisa le regard de Kaidan, elle y lut une profonde inquiétude. L'Homme Trouble voulait la capturer mais elle ne se laisserait pas faire. Elle prit son sniper et visa la tête du chef. Il fallait tuer le dirigeant de l'opération pour que les autres abdiquent. La balle percuta de plein fouet l'homme, tout ce qu'il restait de la balle était un trou fumant entre ses deux yeux.

Comme l'avait prévu Elena, les soldats se replièrent. Elle alla chercher le datapad qui était tombé des mains du géant. En le lisant, elle apprit que l'Homme Trouble ne l'avait pas encore lu, le chef aurait dû le lui remettre en main propre mais malheureusement pour lui il était mort. Elena comprit qu'elle avait donc une longueur d'avance sur l'Homme Trouble. Elle sourit à cette idée, il ne payerait rien pour attendre. Elle rejoignit Kaidan et Miranda qui étaient en train de vérifier que les hommes à terre étaient bien tous mort.

- Aller, venez. Allons rejoindre notre ami, il doit nous attendre.

Et, en effet, Peterson était par terre en train de tenir sa jambe en sang. Elena regarda Miranda avec interrogation. Celle-ci haussa les épaules.

- Je lui ai juste tiré une balle dans la jambe et prit son Omnitech. Il n'a rien de grave.

- Vous avait bien fait, dit Elena en hochant la tête.

Elle s'approcha de lui et s'accroupit.

- Tu m'as menti, lui dit simplement Elena. Et je n'aime pas du tout quand on me ment.

- Vous…Vous n'avez pas le droit de me tuer, ce…Ce serait un crime, se défendit-il effrayer.

- Peut-être, admit-elle. Mais qui se plaindrait de ta mort ? Pas moi en tous cas. A cause de toi, j'ai failli mourir et ma mission est un fiasco, même si j'ai réussi à récupérer l'information. Je n'ai peut-être pas était assez convaincante en te parlant de tes bijoux de famille. Mais bon, le passé est le passé.

- Alors ne me tuer pas, tenta t-il.

- Pourquoi ne le ferais-je pas ?

- Eh bien parce que,…Parce que ma femme et mon fils m'attendent chez moi.

- Arrête ton char, je sais qui tu es, tu ne m'auras pas comme ça.

Elena se leva, dégaina son arme et la braqua sur lui. Une main se posa sur son bras. Kaidan la fixait. Elle pointa ses yeux dans les siens.

- Ne fait pas ça, il ne mérite pas qu'on le tue.

- Ne te mêle pas de ça Kaidan.

Ils se défièrent du regard. Au bout de quelques secondes qui parurent des heures à Kaidan, Elena céda. Elle baissa son arme et tourna les talons, furieuse.

- Merci, fit Peterson à Kaidan.

- Ne me remerciez pas, je ne l'ai pas fait pour vous.

Miranda lui rendit son Omnitech et s'en alla rejoindre Elena en compagnie de Kaidan.

- Elle est en colère n'est-ce pas ?

- Oh oui, lui répondit Miranda. Mais c'est la première fois que je la vois détourné les yeux. Je ne sais pas ce qu'il y a entre vous mais en tous cas je suis sûre que ce n'est pas qu'une amitié.

- On va dire que c'est assez compliqué. Elle ne sait pas où elle en est, elle est un peu perdu. Mais j'ai réussi à percer le mur qu'elle s'était fabriquée. Je ne dis pas que je n'aurais pas de mal à la calmer, mais j'y arriverais, dit-il en souriant, enfin, je crois.

- C'est une femme d'exception, vous avez de la chance.

- Merci, mais vous aussi vous avez de la chance, non ? J'ai cru comprendre que vous et le lieutenant Taylor…

Miranda sursauta.

- Comment le savez-vous ? Je n'en ai parlé à personne.

- C'est Elena qui me la dit, rien n'échappe au commandant, rigola t-il. Non, en fait elle vous a vus à la fête main dans la main à l'Etoile Noire.

- Ah,…

- Ne vous en faites pas, je ne dévoile pas les secrets des autres, fit-il avec un sourire rassurant.

- Merci, c'est gentil. Aller, venez, dépêchons-nous sinon elle va nous semer.

Lorsqu'ils arrivèrent auprès d'Elena, pas un mot ne fut prononcé et ils continuaient d'avancer à grand pas dans un silence pesant.

Elena et Kaidan étaient dans leur cabine. Pas un mot n'avait été dit de la soirée. Elena était enfermée dans son silence tandis que Kaidan n'osait pas aborder le sujet. Mais il le fallait bien si il voulait désamorcer le conflit.

Elle lisait un datapad à son bureau, Kaidan s'approcha d'elle et se mit debout derrière elle. Elle ne se retourna pas. Ça allait être compliqué…

- Elena ?

Pas de réponse ? Très bien ce sera donc un monologue.

- Je ne vois pas pourquoi tu ne veux pas me parler, je ne comprends pas. Cet homme était blessé, tu n'avais aucune raison de le tuer.

Toujours pas de réaction.

- Tu pourrais au moins me regarder quand je te parle, fit-il agacé. J'ai agi pour ton bien, je ne comprends pas ce que j'ai fait de mal.

Ce fut la goutte d'eau de trop pour Elena, elle éclata.

- Tu n'as rien fait de mal ? Tu as empêché ton commandant de tuer quelqu'un dont il avait jugeait qu'il méritait la mort, tu as désobéis ! Lorsque l'on est en mission, tu ne peux pas te permettre de faire tout ce que tu veux.

- Je l'ai fait pour toi !

- Eh bien, à l'avenir abstiens toi.

- Tu me traite comme un membre de ton équipage sans importance, l'accusa t-il.

- C'est pourtant ce que tu es, un membre de l'équipage.

- C'est tout ce que je représente à tes yeux ?

Elena ne répondit pas.

- Très bien, à l'avenir ne compte sur moi que pour les missions. Une dernière chose, j'ai agi uniquement pour ton bien, quoi que tu penses.

- Non, attend,…

- C'est fini, Elena. Si tu me cherche, je serais au mess, la coupa t-il d'un ton dur.

Puis il partit brusquement.

Kaidan ne savait plus quoi pensait. Avec un peu de chance, ce qu'il lui avait dit la ferait réagir. Les paroles d'Elena résonnaient dans sa tête. Pensait-elle vraiment ce qu'elle lui avait dit ? D'accord, il avait désobéis mais n'était-ce pas nécessaire ? Si elle l'avait tué, elle l'aurait regretté. Elle n'était pas une meurtrière. Ses paroles n'étaient en réalité que des paroles en l'air, jamais il ne la quitterait pour ça car au fond de lui, Kaidan savait pertinemment qu'elle ne pensait pas ce qu'elle avait dit. Sa tentative de le retenir en était la preuve.

Après le départ de Kaidan, Elena n'avait pas su comment réagir, s'énerver ou pleurer ? Elle l'avait déçu, elle le savait mais de là à la quitter. Elle n'en revenait pas, elle était dans un état de choc. Elle était restée immobile pendant presque une heure, la tête vide. Elena n'avait pas cru que Kaidan pouvait réagir d'une telle façon surtout après ce qu'ils avaient vécu ensemble. Elle n'aurait pas du réagir comme ça mais ça avait été plus fort qu'elle, son orgueil avait pris le dessus. Elle se mit à l'attendre, elle voulait s'excuser, rectifier le tir. Il était obligé de revenir, il ne pouvait pas dormir autre part.

Cela faisait plus de deux heures qu'elle l'attendait, elle se mit à douter, peut-être passerait-il une nuit blanche au mess. Elle s'en fichait, elle passerait la nuit à l'attendre s'il le fallait, quitte à ne pas dormir. De toute façon, elle ne pourrait pas s'endormir dans ces conditions.

Une autre heure passa lorsque la porte s'ouvrit sur Kaidan les traits tirés. La nuit battait son plein.

- Tu ne dors pas encore ? Lui demanda t-il tendu.

- Non, je t'attendais.

- Ah bon ? Ce n'était pas la peine. Ce soir je suis trop fatigué mais demain je m'en irai prendre une autre cabine.

- Kaidan, tu veux vraiment que ça se passe comme ça entre nous ?

- Je ne sais pas à toi de voir, c'est toi qui m'y a obligé, répondit-il laconique.

- Kaidan, je regrette ce que je t'ai dit. Je ne sais pas ce qui m'a prise. Tu avait raison, le tuer n'était pas une solution et tu as bien fait d'agir comme tu l'as fait. Je l'aurais regretté. Je t'en pris, cette situation…Je la déteste. Kaidan, encore une fois, je suis désolé, je n'aurais pas dû réagir comme ça.

Durant cette litanie, Kaidan l'avait regardé intensément, de façon à ce qu'il voit si elle pensait vraiment tout ce qu'elle disait.

- Kaidan, je…Je t'…Je suis désolé.

Elena n'avait pas pu continuait sa phrase. Au plus profond d'elle-même, elle savait qu'elle l'aimait mais les mots étaient restés coincés dans sa gorge. Désormais, elle pleurait.

Kaidan s'était aperçu qu'elle avait failli le dire, il savait que c'était compliqué pour elle mais il était tout de même heureux qu'elle essaye de le faire. Il ne supportait pas le fait de la voir pleurer. Comment une femme aussi forte à l'extérieur pouvait être aussi sensible à l'intérieur ? Il l'a prit dans ses bras en la serrant fort et Elena enfouit son visage dans le cou de Kaidan.

- Jamais je n'aurais du remettre tes sentiments en question, lui dit-elle en le regardant toujours avec ses yeux mouillés.

- Elena, écoute-moi, lui répondit-il en la regardant à son tour, je resterais ici tant que tu voudras de moi. Si je venais à le faire, ça ne sera pas parce que je l'aurais décidé mais parce que tu me l'auras demandé ou par des faits extérieurs mais jamais de mon propre fait.

- Alors tu ne t'en vas pas ?

- Non, répondit-il avec un sourire.

- Tant mieux, je ne veux pas te perdre une seconde fois.

Elle mit sa main derrière la nuque de Kaidan puis l'attira vers elle. Leurs lèvres se rencontrèrent avec douceur. Ce fut un baiser humide au goût de sel. Elena se reblottit contre Kaidan, en l'espace d'une journée, ce contact lui avait manqué. Kaidan lui embrassa les cheveux, son odeur lui envahit les narines. A lui aussi son contact lui avait manqué.

- Viens, lui dit-il en essuyant les larmes d'Elena qui n'avaient pas encore séchées. Il est tard, allons nous coucher.

Elle acquiesça d'un hochement de tête, elle n'allait pas tarder à s'endormir.

Blottit l'un contre l'autre, Kaidan lui embrassa les cheveux de nouveau.

- Je t'aime, lui murmura t-il.

Mais Elena s'était déjà endormie.