Prise de décisions.

1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 reviews pour ce chapitre! 9 reviews pour moi toute seule pour un seul chapitre, et plein de nouveaux lecteurs ! J'étais vraiment très contente quand j'ai vu ça, surtout la vitesse à laquelle elles sont arrivées, et ça m'a donné encore plus envie de continuer ma fic… Merci donc à tous pour vos encouragements qui sont ma plus belle récompense et mon seul salaire. Me voici donc de retour avec un nouveau chapitre, avec 4 jours de retard mais je sais pas pourquoi bugue quand je veux le publier… Enfin, le voilà, c'est déjà ça : les choses se précisent un petit peu, mais vu le nombre d'idées que j'ai pour la suite, la situation ne sera que provisoire. Vous allez voir, il y a un peu plus d'action mais un peu moins de romance, ce qui change des chapitres précédents. Alors, surtout, n'hésitez pas à me laisser vos impressions, vos hypothèses, bref, tout ce qui vous passe par la tête : j'adore ! Gros bisous à tous (enfin, surtout à toutes lol !)

Disclaimer : Comme on peut s'y attendre de la part d'une fanfic et le contraire serait assez étonnant, aucun des personnages ou lieux ne m'appartiennent (sauf Dory et Orion qui sont les exceptions qui confirment la règle). J.K. Rowling possède tout, sauf l'histoire que vous allez lire et qu'elle n'a même pas réussi à inventer…Lol !

Réponses aux reviews :

Gaby B : Salut ! Je suis contente que ma fic te plaise, ça me fait vraiment chaud au cœur que tu me dises ça. J'espère te revoir très bientôt, alors n'hésite pas à me dire ce que tu penses de ce chapitre-ci ! Gros bisous !

Angel of Shadow : Oui, tu sens bien car il y a déjà un petit peu plus d'action dans ce chapitre ! Ca te plaît ? En tout cas, c'était bien mon but de vous perdre un petit peu dans ces 3 premiers chapitres, et s'il y a effectivement un peu de suspens quand au choix de notre Hermione, alors là j'en suis ravie… Peut-être que ça vous donnera envie de continuer à la lire histoire d'en savoir un peu plus ? Toujours est-il que, pour ma part, j'ai bien l'intention de la continuer encore un moment, un long moment même ! Alors gros bisous, et à la prochaine j'espère !

Vix : Lol ! J'ai eu peur en lisant les premiers mots de ta review, et la suite m'a fait encore plus plaisir !!! Tant mieux que ça te plaise si je prends un peu mon temps, personnellement je trouve ça un peu plus logique qu'ils ne se jettent pas immédiatement les uns sur les autres dès la première ligne… Et puis je me suis tellement amusée à décrire les appartements des préfets que j'aurai trouvé ça un peu dommage de passer à côté. Mais bon, je suis sans doute la seule à aimer mes interminables descriptions… Enfin bon bref, ça me fait très plaisir que ma fic te plaise, alors j'espère te retrouver pour d'autres reviews dans le même genre ! Gros bisous !

Pascale1980 : Alors ça, c'est vraiment un très grand moment parce que j'adore vraiment ta fic, et quand tu m'écris en plus une aussi jolie review, j'en suis toute retournée… Donc merci, merci, et merci encore pour avoir jeté un tit coup d'œil à mon début de fic qui, je l'espère, arrivera un jour à la cheville de la tienne. Pour ce qui est de avec QUI Mione va sortir, j'ai un petit problème : tout le monde me demande des persos différents donc, je crois que le mieux, c'est que tu vois… Ce qui ne devrait plus tarder bien longtemps d'ailleurs, lol ! La pauvre… Continue ta fic comme tu l'as commencé, et passe me dire un petit coucou de temps en temps et rien ne saurait me faire plus plaisir. Gros bisous !

Sakumi-Black : Coucou la miss ! Ce que j'adore dans tes reviews, c'est qu'elles sont toujours tellement pleines d'enthousiasme et d'encouragements, que ça me donne envie de me jeter sur mon clavier pour continuer tout de suite, rien que pour en recevoir d'autres… Alors continue comme ça et ma fic avancera bien vite ! Gros bisous donc, et à la prochaine (je ne rigole pas dans ma review : il faut vraiment que tu nous rajoute un beau petit chapitre rapidement !)

Jane Scrout : Ah ! Ma fidèle revieweuse… C'était court, mais efficace ! Voici donc « la suite, la suite ! » qui te comblera un peu peut-être… J'espère qu'elle te plaira autant que les trois précédents chapitres, et j'attends une nouvelle review de ta part avec impatience ! Gros bisous !

Stellmaria : Merci beaucoup, c'est vraiment extrêmement gentil de ta part. J'espère que ce chapitre de plaira autant que le début de ma fic… Alors, tes impressions ? Gros bisous et à bientôt !

Lolotte : Encore une nouvelle revieweuse ! Pour ce qui est de Harry et Mione… Et bien tu vas bien voir, lol ! Ce n'est pas intéressant si je dis tout à l'avance ! Il y a plein de monde qui me demande des couples contradictoires, donc je fais comme je le sens. Ou plutôt mes persos n'en font qu'à leur tête… Enfin, j'espère que ça te plaira. Bisous !

Plume : Coucou ! Je suis désolée pour les fautes, c'est vrai que je m'étais un peu pressée pour publier le dernier chapitre mais je te promet de faire plus attention la prochaine fois… Sinon je suis contente de voir qu'il t'ait plu quand même, et j'attends ta prochaine review avec impatience pour ce chapitre-ci : qu'en dis-tu ? Hermione continue de prendre les choses en main et elle n'a pas fini ! Gros bisous et à la prochaine !

Et voilà ! Presque deux pages rien que pour répondre à vos supers reviews, mais je vais pas me plaindre : j'en veux plus, toujours plus, les anciens, les nouveaux, tout le monde ! Oui, j'avoue, je suis devenue accro… Enfin, sur ce je vous laisse à votre lecture ! Bisous à tous, et message spécial à ceux qui passent sans rien dire comme des ombres : je ne mors pas, donc n'hésitez pas si vous trouvez que mon travail vaut la peine qu'on continue à le lire !

Ce fut un joli, un ravissant, un adorable petit rayon de soleil qui vint réveiller Hermione en lui caressant gentiment le bout du nez. Un petit rayon de soleil qui semblait s'être perdu entre les lourds nuages d'un gris menaçant qui obscurcissaient le ciel de cette fin d'été. La jeune sorcière s'étira comme un chat en souriant d'un air léger en se rappelant les évènements de la veille… La vie semblait bizarrement beaucoup plus belle et plus lumineuse que jamais et même Harry semblait avoir oublié pendant cet été l'humeur sombre qui avait été la sienne durant les longs mois qui avaient suivi la mort de Sirius.

-« Bonjour Miss ! La Miss a-t-elle bien dormi ?

Hermione adressa un gentil sourire à l'elfe qui avait ouvert les rideaux avec tant d'a propos.

-Très bien, merci, Dory. Quelle heure est-il ?

-Suffisamment tôt pour que vous ayez le temps de vous faire belle… Le professeur Dumbledore a demandé à ce que vous soyez dans la Grande Salle à 8 heures pour distribuer les emplois du temps avec le préfet-en-chef…

-D'accord. Où est la salle de bain ? Tout est si grand, ici…

-C'est la petite porte bleue dans la salle commune. Elle se ferme toute seule. Et que la Miss mette ça, ou elle va attraper froid dès le premier jour ! répondit Dory en lui tendant un fin peignoir de soie couleur de lune...

Hermione ne pu s'empêcher de retrouver dans le ton de sa nouvelle compagne quelque chose qui rappelait davantage Molly Weasley que Dobby… Avec un regard amusé, elle se saisit du léger vêtement et l'enfila par-dessus sa nuisette de coton gris chiné toute simple, puis se dirigea vers la pièce. En traversant la salle commune, elle fut de nouveau frappée par le luxe qui la caractérisait. A la lueur du jour, elle se rendit compte que de nombreuses petite portes, plus ou moins dissimulées derrière des tentures de velours, étaient dispersées un peu partout. En elle-même, elle se promit d'explorer ses nouveaux appartements un peu plus en détail dans les journées qui suivraient, mais pour le moment, elle avait plus urgent à faire, pensa t'elle en poussant le porte d'un bleu très doux et apaisant qu'elle trouva sans difficultés. Son visage s'éclaira encore plus lorsqu'elle vit ce que Poudlard considérait comme digne d'être une salle de bain pour ses préfets-en-chef… La baignoire de marbre rose avait la taille d'une petite piscine, mais elle fût remplie en quelques secondes d'une eau chaude et parfumée au néroli lorsque la jeune fille tourna l'un des innombrables robinets dorés qui l'entouraient… Elle laissa glisser ses vêtements de nuit à même le sol et plongea avec un plaisir sans mesure… Une toute petite fenêtre percée dans le haut de la salle de bain éclairait la pièce majestueuse, décorée de frises qui n'étaient pas sans rappeler les mosaïques qu'on pouvait admirer dans les termes antiques, dans des tons chauds, entre l'orangé, l'or et le pourpre.

Hermione fit paresseusement quelques longueurs, avant de laver ses longs cheveux bruns à l'aide du contenu de l'un des flacons de cristal ciselé qui traînaient un peu partout sur le bord et dont l'odeur fruitée lui plaisait. Au bout d'un moment, elle se résolu à sortir de la pièce, mais un coup d'œil à l'horloge qui trônait avec tant de majesté dans la salle commune lui arracha un regard stupéfait…

« Une heure ? J'ai passé une heure là-dedans ?

C'est alors qu'elle se rendit compte, mais un peu tard, qu'elle avait parlé à haute voix… Elle eut tout loisir de s'en prendre à elle lorsqu'elle entendit une voix traînante susurrer derrière elle :

-Et oui, Granger… Que du temps perdu quand on voit le résultat…

Les yeux de la jeune fille s'agrandirent sous le coup. Malefoy… Elle l'avait oublié celui-là… Elle se retourna pour faire face à son agresseur et placer elle aussi une petite réflexion vengeresse. Mais son attitude belliqueuse en prit un sacré coup lorsqu'elle le vit assis avec une nonchalance étudiée dans l'un des fauteuils, une robe de chambre de soie noire semblable à celle qu'elle portait ouverte sur son torse pâle et sculptural... Le Serpentard regarda le sourire radieux s'effacer lentement du visage de celle qui lui faisait face, la vit tourner les talons avec rage et désespoir, et apprécia pleinement sa petite phrase lapidaire… C'était parfaitement faux, parfaitement inutile, parfaitement injustifié, et parfaitement jouissif… Il l'observa tandis qu'elle s'éloignait : les boucles brunes qui s'échappaient en mèches folles du chignon flou surmontant sa nuque dénudée s'agitaient comme animées d'une colère contenue tandis que leur propriétaire serrait les poings spasmodiquement… Oh oui, ma petite Sang-de-Bourbe…Tellement en colère mais jamais un geste de travers ! Tu prends ton rôle beaucoup trop au sérieux, ma belle… Pourquoi avait-il fait ça ? C'était une bonne question… Peut-être simplement pour se venger du fait qu'elle était bien trop belle et bien trop désirable sous cette soie qui la déshabillait bien plus qu'elle ne l'habillait pour qu'il puisse résister longtemps. Ou alors parce qu'il appréciait ce pouvoir qu'il avait de lui gâcher sa matinée en quelques mots à peine. Ou parce qu'il était jaloux de cette joie et de cette innocence qui l'avaient submergé dès qu'elle était entrée dans la pièce, tellement candide avec ces grands yeux dorés… Le jeune homme passa un main dans ses cheveux blonds d'un air pensif : l'année n'allait pas être facile… Mais il sourit largement en entendant la porte de préfète-en-chef claquer bruyamment.

Hermione poussa la porte de sa chambre avec toute la colère, toute la haine qui s'accumulait en elle contre ce stupide gamin et ses phrases trop bien placées… Elle n'était pas belle, elle le savait, alors pourquoi le lui rappeler sans cesse ? Et dire qu'elle était si contente il y a quelques minutes à peine… Elle frappa du poing contre le mur innocent et se laissa glisser sur le sol, tentant de contenir les cris qui montaient en elle. Une petite main en forme de griffe vint la secouer légèrement. Avec un soupir las, la jeune femme releva la tête :

-« Oui, Dory, qu'y a-t-il ?

-La Miss devrait s'habiller, maintenant… Il va bientôt être huit heures…

Hermione se releva, tandis que l'elfe de maison allait chercher son uniforme frais repassé : la jupe anthracite, le pull sans manche d'un gris plus clair brodé d'un galon d'un rouge sombre, la chemisette blanche et la cravate rouge et or qu'elle portait depuis six ans maintenant.

-Dory s'est permit de les reprendre un peu, ils étaient beaucoup trop grands pour la Miss ! » continua l'elfe de maison tandis que sa nouvelle maîtresse enfilait sa jupe…

Celle-ci baissa les yeux sur le vêtement et poussa un gémissement de désespoir : effectivement, on voyait nettement ses genoux à présent… Elle était beaucoup trop courte ! Enfin, cela correspondait à la longueur que les autres filles portaient couramment, mais jamais elle, Hermione Jane Granger, n'aurait osé sortir habillée comme ça ! Elle leva un regard plein d'espoir vers une petite bergère de biscuit accoudée sur une pendulette dorée posée sur le manteau de la cheminée : il ne restait plus qu'une dizaine de minutes, pas assez pour réparer les « reprises » de Dory… En désespoir de cause, la jeune fille se résolu à porter le chemisier à présent étroitement cintré à la taille et cette jupe indécente, pour aujourd'hui, aujourd'hui seulement. D'une main rendue habile par l'habitude, elle roula ses épaisses mèches indomptables en un lourd chignon aussi strict que celui du professeur McGonagall. Elle enfila ensuite sa longue robe de sorcière noire qui recouvrait le tout : elle était prête, et il était plus que temps… Hermione salua son elfe de maison de la main en courant vers la Grande Salle où les professeurs devaient à présent l'attendre. En dépit de l'interdiction faite aux élèves de courir dans les couloirs, c'est hors d'haleine qu'elle poussa la lourde porte qui fermait la pièce au plafond magique… Après tout, il était également interdit aux élèves d'arriver en retard, n'est-ce pas ? Les rares élèves attablés la saluèrent d'un sourire tandis qu'elle rejoignait la table des professeurs où Dumbledore l'attendait, le visage disparaissant derrière un grand bol de café.

-« Bonjour, Hermione… Vos nouveaux appartements vous plaisent-ils ?

-Beaucoup, monsieur le directeur. Dory m'a dit que vous vouliez me voir à propos des emplois du temps ?

-Oui, les voici, pourriez vous les remettre à qui de droit, puisque votre collègue n'a visiblement pas daigné nous accorder l'honneur de sa présence ?

La préfète-en-chef regarda autours d'elle : en effet, nulle trace de Malefoy dans les alentours, ce qui n'était pas pour lui déplaire, par ailleurs !

-Bien sûr, vous pouvez compter sur moi… »

Elle prit possession des feuillets et commença à les distribuer aux élèves, ou du moins aux préfets lorsque les destinataires étaient absents. Elle se retourna avec un sourire en voyant Orion entrer, accueilli par un ensemble de gloussements et de murmures de la part des filles, qui, brusquement, semblaient s'être réveillées… D'autant plus qu'il était suivi du blond préfet-en-chef, absolument pas gêné par son retard. La jeune fille se dirigea vers les nouveaux arrivants, les bras toujours chargés. Le français la prit dans ses bras, enlaçant en même temps les emplois du temps qui en gardèrent un souvenir marquant, et l'embrassa sur les deux joues sans se préoccuper des regards suspicieux de l'ensemble de la salle.

-« Bonjour, jolie demoiselle… Comment s'est passée cette première soirée ?

-Très bien, merci, et toi ?

-Pas mal du tout… Les Serdaigles sont très sympas, je dois dire. Tu manges avec moi ? On n'a pas tellement eu le loisir de discuter, hier soir… Tu es partie si vite !

-Oh ! Je suis désolée, on doit rester entre maisons pour manger, mais si tu veux, on peux se voir ce soir, comme ça je pourrais te faire visiter.

-Avec plaisir… On fait comme ça alors !

Le grand brun l'embrassa de nouveau sur le front tandis que la jeune fille sentait ses joues rosir alors qu'il s'éloignait vers la table réservée aux Serdaigles. Levant le menton, elle se dirigea alors vers Malefoy qui avait observé toute la scène d'un air goguenard…

- Alors, Sang-de-Bourbe, on s'est trouvé un nouveau petit ami ? Il accepte de te partager avec Weasley et Potter ? Ou vous faites ça tous ensembles ?

Hermione lui jeta un regard impavide et lui planta dans les bras le reste des emplois du temps avant de rejoindre ses deux meilleurs amis, qui, à leur tour, avaient enfin fait leur apparition.

- 'Jour Mione… Bien dormi ?

-Pas mal, Malefoy a été assez raisonnable… et toi, Ron ?

-Ca va. Par contre Harry a fait des cauchemars toute la nuit… Pire que les ronflements de Neville !

-C'est vrai ça ? A quoi as-tu rêvé, Harry ?

L'interpellé se contenta de bougonner quelque chose d'incompréhensible en haussant les épaules.

-Harry ? Réponds moi, s'il te plaît ! C'était à propos de Tu-Sais-Qui ?

- Oui, en quelque sorte… Mais je n'étais pas dans sa tête, c'était assez… bizarre.

-Tu devrais en parler à Dumbledore, tu sais, glissa un Ron légèrement inquiet.

- Je vais y penser, vieux.

Les trois jeunes gens se dirigèrent vers leur place habituelle à la table des rouges et or, tandis que Ron en profitait pour subtiliser à la nouvelle préfète-en-chef leurs nouveaux emplois du temps.

- On commence avec deux heures de métamorphoses, avec les Poufsouffles… Et après, deux heures de… « Magie élémentaire » ? C'est quoi ce truc ?

-Aucune idée. Peut-être une matière réservée aux septièmes années ? Je n'ai encore rien lu là-dessus, j'irai faire des recherches tout à l'heure. Qui s'en occupe ?

-McGonagall… Tu vas être contente, Mione, on a McGonagall quatre heures d'affilé…

-Ne prends pas cet air désespéré, Ron ! Il n'y a vraiment aucune raison ! Tu préfèrerais une matinée Rogue, peut-être ?

-J'ai jamais dis ça ! Oh, et puis laisse tomber… Toutes les maisons prennent ce cours en même temps, tu vas pouvoir retrouver ton Orion…

Hermione releva la tête de son thé à la bergamote en entendant le ton qu'avait prit le rouquin.

- Ce n'est pas « mon » Orion, Ron… Je ne vois vraiment pas pourquoi tu dis ça, se résolu à expliquer la jeune fille avec calme. Avec son chignon bien tiré et son ton un peu condescendant, tout à fait celui qu'aurait prit une mère pour raisonner un enfant récalcitrant, voire légèrement attardé, la préfète avait plus que jamais l'air d'un professeur un peu vieux jeu…

-Disons que vous sembliez très… proches… Et j'ai pensé que…

- Tu penses trop, Ronald Weasley ! »

La jeune fille se leva de table, son toast beurré encore à la main. Elle s'éloigna sans faire mine d'entendre les murmures qui s'élevaient dans la salle sur cette sortie impromptue.

La classe était encore vide lorsqu'elle y pénétra. Elle choisit le bureau le plus proche de celui de son professeur préféré et sortit Les sorts de métamorphose les plus courants, niveau avancé qu'elle posa près de sa baguette. Elle était fin prête, mais le reste des élèves ne risquait pas d'arriver avant un bon moment. En poussant un long soupir, Hermione se laissa aller contre le dossier de sa chaise. Les dernières paroles de Ron lui revinrent en mémoire : ainsi donc, après une soirée à peine, on s'attendait à ce qu'elle sorte avec le nouvel arrivant… Et bien, cette perspective n'était pas pour lui déplaire ! Dire qu'elle était amoureuse était certes abusif, mais elle l'aimait bien. Elle l'aimait beaucoup, même. Et elle était en âge d'avoir un petit copain, elle aussi : pourquoi n'aurait-elle pas droit aux câlins, aux mots doux, aux soirées romantiques, ce que toutes ses amies lui racontaient en détail, ce petit monde merveilleux dont elle ne faisait qu'apercevoir un petit bout au détour d'un couloir, dans un regard un peu appuyé, une main que l'on garde ? Elle sentait bien que le jeune Serdaigle n'était pas indifférent, et elle aussi l'appréciait. Alors, pourquoi pas ?

Un sourire se dessina sur les lèvres roses de la Griffondor : elle sortirait avec Orion ! Le problème, c'était de savoir comment parvenir à ses fins… Et bien, l'opération « rétrécissement » commencée par Dory constituait à coup sûr un bon début. Et Parvati, Lavande et Ginny seraient sans nul doute ravie de l'arranger un peu, si elle le leur demandait suffisamment gentiment : cela faisait des années qu'elles insistaient pour l'aider. Voilà donc un point de réglé. Elle se détendit alors que ses collègues prenaient place à leur tour derrière les autres pupitres. Elle s'était rarement sentie aussi sûre d'elle : elle avait prit la bonne décision, la moins compliquée en tout cas. Pas de changement à prévoir dans ses relations avec ses deux meilleurs amis, et l'élu n'avait pas d'a priori contre son côté « intellectuel »… Oui, c'était le plus sage. C'est sur ces réflexions que Ron et Harry débarquèrent enfin, juste avant que McGonagall n'arrive, les joues rouges d'avoir couru depuis la Grande Salle jusqu'à la classe de Métamorphose. Soulagée, Hermione se poussa légèrement afin qu'ils puissent s'asseoir à ses côtés.

-« Désolé pour tout à l'heure, Mione. Ce n'était pas nos affaires…

Ron s'excusait, aussi malhabile et gêné qu'attendrissant. De son côté, Harry lui lança un long regard songeur qui accentuait le côté perpétuellement rêveur de ses yeux émeraude…

- Euh… Tu as fait quoi à ta jupe ? J'ai remarqué ça, quand tu es sortie. C'est… bien…

-Oh ! Mais je n'ai rien fait du tout, Harry. Mais merci quand même. »

Ce n'était pas vraiment la vérité bien sûr, mais ce n'était pas un mensonge non plus. Elle n'avait rien fait, c'était Dory qui s'était occupée de tout. Mais elle était contente de voir qu'ils avaient remarqué ce léger, et toutefois significatif changement… C'était au moins la preuve qu'ils s'intéressaient un tant soit peu à elle. Autrement que comme une encyclopédie parlante… Elle avait conscience d'être parfaitement injuste à leur égard, mais leur nouvel aspect la faisait se sentir mal à l'aise et déplacée à leurs côtés : beaucoup, beaucoup trop de filles gloussantes se retournaient sur leur passage en lui jetant des regards rien moins qu'amènes ! C'est alors qu'elle leva la tête de son manuel qu'elle faisait mine de lire pour ne pas avoir à prendre part à un énième discussion sur le Quidditch et pouvoir réfléchir à son aise: brusquement, le silence s'était fait dans la pièce : la directrice des Griffondors venait à son tour de faire son apparition, et une nouvelle et dernière année de commencer…

-« Mais comment tu fais pour réussir tes sorts à tous les coups, Mione ? Non, mais explique-moi ! J'y comprends rien !

-Etudier, Ron, étudier… Ca fait des années que je vous le répète. Si tu avais ouvert tes livres cet été au lieu d'aller lutiner je ne sais quelle gourgandine…

Les oreilles du garçon prirent une couleur écarlate tandis qu'il se tournait vers le Survivant qui riait sous cape en observant la scène de cet air détaché qu'il arborait dès qu'il sentait poindre l'ombre d'une dispute entre ses deux compagnons.

- Harry ! Tu lui as tout raconté ! Faux frère, va ! Comme si j'en avais pas assez de ma mère sur le dos…

-Allons, vieux… Ne te laisse pas abattre… Ecoute donc la voix de la sagesse !

Les jeunes gens étaient assis sur un banc dans le parc, profitant d'un soleil timide mais bien présent qui s'était enfin décidé à apparaître. Le professeur McGonagall leur avait généreusement accordé une pose de quelques minutes entre les deux cours, en leur demandant expressément de ne pas être en retard au premier cours de magie élémentaire, qui devait se tenir dans une clairière en lisière de la forêt interdite. Ils observaient en plaisantant le flot des élèves de septième année qui se dirigeait vers la place prévue en rangs serrés. Soudain, Hermione se leva, passant nerveusement une main dans chevelure adroitement contrôlée.

-Hum ! Excusez-moi, les garçons… On se retrouve tout à l'heure, d'accord ?

Harry leva la tête, la regardant rejoindre à grands pas, presque en courant, la silhouette élégante du français qui lui tournait autours depuis la veille. Il le vit se pencher vers la fine silhouette de son amie, lui prenant galamment la pile de livre qu'elle s'obstinait à traîner en permanence avec elle. Malgré la distance, il entendit le rire clair s'élever vers les cieux tandis qu'elle glissait son bras autours de celui de l'ancien élève de Beauxbâtons qui en avait l'air parfaitement ravi… Un lourd silence semblait soudain s'être installé entre Ron et lui. Le garçon prit sa tête dans ses mains et commença d'une voix sourde :

-Tu crois qu'il va nous la prendre ?

Ron le regarda, l'air grave.

-Je ne sais pas Harry. Tout ça, tout ce qu'elle fait… Ca ne lui ressemble pas. Elle ne se ressemble pas, elle a changé pendant ces vacances. Elle a l'air… plus forte, plus mature, plus belle aussi… Ou alors c'est nous qui avons changé ?

-Aucune idée. J'ai peur de la perdre, Ron ! Je… Je crois que je l'aime. Tout cet été, je n'ai pas arrêté de penser à elle. C'est elle que j'embrassais quand j'embrassais Aurélia, c'est elle que je touchais, c'est elle que je voyais… Je n'ai rien contre Orion personnellement, mais je ne veux pas qu'elle sorte avec lui. On la connaît depuis longtemps, je suis sûr que ce type n'est pas bon pour elle, tu vois. Il ne sait pas tout ce qu'elle a traversé avec nous. Il ne peut pas comprendre tout ce qu'on a vécu ensemble. Je vais me déclarer. Je ne peux pas attendre qu'il l'emmène loin de nous, loin de moi…

-C'est… C'est une bonne idée, Harry.

En prononçant ces derniers mots, Ron sentit ses mains se crisper malgré lui. Mais sa voix ne trahissait rien des sentiments qui l'agitaient. Souviens toi, dans le train… Tu as décidé de laisser la voix libre à Harry. C'est le moment. C'est dur, mais c'est le moment…

- Allez, viens. Viens, Harry. On va être en retard… Tu lui diras ce soir. »

Le Survivant se leva à la suite de son meilleur ami, toujours plongé dans ses réflexions. Lorsqu'ils rejoignirent le groupe assis à même le sol dans la clairière, la vieille McGonagall les regarda d'un air impatient, une étrange breloque en forme de cristal reliée à une fine chaîne d'or à la main.

-« Bien, maintenant que messieurs Potter et Weasley ont enfin daigné nous rejoindre, je vais vous pouvoir vous expliquer en quoi consiste cette nouvelle matière. L'un d'entre vous a-t-il déjà entendu parler de la magie élémentaire ?

Les regards de l'ensemble des élèves se tournèrent automatiquement vers Hermione, appuyée contre un Orion apparemment ravi de cette position, mais celle-ci resta curieusement silencieuse, se contentant de lever ses grands yeux ambrés sur le visage du vieux professeur. Après quelques secondes d'attente, celle-ci poursuivit.

-Cela ne m'étonne pas. Il s'agit d'une forme de magie extrêmement ancienne, on peut même dire qu'il s'agit de la première forme de magie qui n'ait jamais existé. On l'appelle aussi bien magie élémentaire que magie élémentale, car elle est à la base de toute la force magique de notre monde et cette force est issue directement des quatre éléments que sont l'air, la terre, le feu et l'eau. Nous sommes tous liés à un élément de par notre naissance, ou plutôt à une partie d'un élément, et c'est de celle-ci que nous puisons la force qui nous permet de lancer des sorts. Plus on possède la force de l'élément dans son entièreté, plus on est puissant. En fait, être sorcier, c'est posséder cette qualité de catalyseur de la force élémentale… Vous comprenez ? Bien, poursuivons. La magie élémentaire est potentiellement extrêmement puissante, bien plus puissante que tout ce que vous pouvez imaginer. Je vous demande donc d'être très prudent. Son usage a été abandonné vers 1218 à la suite d'un grave accident ayant causé la mort de 5 sorciers parmi les plus savants de leur époque, et a par la suite été considérée comme trop difficile à maîtriser. Pour cette raison, les membres du Haut Conseil de la Magie ont décidé en 1219 l'interdiction de son apprentissage et la destruction de tous les ouvrages s'y rapportant. La magie élémentaire est devenue peu à peu une légende avant d'être oubliée de tous, d'où le fait que vous n'en ayez jamais entendu parler. Cependant, de très rares sorciers ont perpétué la mémoire de cet Art au travers des siècles, dont le professeur Dumbledore. Or, la situation étant ce qu'elle est actuellement, il a aujourd'hui décidé de la remettre d'actualité en me chargeant de vous l'enseigner. Commençons donc la théorie. Quelqu'un peut-il me dire à quoi sert une baguette ? Oui, Miss Granger ?

- Les baguettes n'ont potentiellement aucun pouvoir magique. Cependant, elles sont indispensables à la pratique de la magie car elles permettent au sorcier de concentrer toute son énergie en un seul point. Dans le cas contraire, l'énergie se disperse et devient totalement inutile.

-Bien, Miss Granger. Cinq points pour Griffondor. La particularité de la magie élémentaire est justement de pouvoir se pratiquer sans baguette, mais il existe une limite qui est inhérente : le sorcier « aspire » la force de son élément pour l'utiliser, mais ne peut pas le faire comme il veut, en lançant des sorts académiques comme vous les apprenez depuis 6 ans. Vous n'avez à votre disposition que l'élément brut. Ce cristal va me permettre de vous répartir dans les groupes correspondant à votre élément. Nous étudierons ensuite comment l'utiliser. Si vous voulez bien vous mettre en rang…

Les élèves, fascinés par cette nouvelle matière, suivirent docilement les ordres de McGonagall. Le professeur passa la chaîne délicate autours du cou de Lavande, première de la file, de manière à ce que le pendentif repose au niveau de sa poitrine. Pendant quelques secondes, rien ne se passa… Puis une faible lueur bleue apparue entre les facettes transparentes du bijou.

-Eau ! Mettez vous à côté de cet arbre, Miss Brown, je vous prie ; annonça la vieille écossaise.

Peu à peu, les élèves rejoignaient l'un des quatre groupes qui s'étaient formés. Enfin, vint le tour d'Harry. Il sentit le fin lien glacial se poser sur son cou. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine, un peu comme au moment où le même professeur avait posé le Choipeau magique sur sa tête de gamin de onze ans lors de la cérémonie de répartition, six ans auparavant. Bizarrement, le petit objet lui paraissait plus lourd que ce à quoi il s'attendait… Il avait l'étrange impression que quelque chose le fouillait, sondant son âme de manière méthodique. Alors, une lumière blanche éblouissante apparue, bien plus vive que pour tous les autres élèves déjà répartis…

-Air ! Monsieur Potter, si vous voulez bien attendre de ce côté, j'aimerai vous dire quelques mots à la fin de la séance.

-Oui, professeur… répondit le Griffondor en se reculant docilement.

Une scène identique se répéta avec Ron, qui suivait son ami de quelques pas. Cependant, le rouquin appartenait au règne de la terre ainsi qu'en témoignait la lueur verte qui s'alluma lorsqu'il passa la chaîne. Le visage du professeur de métamorphose s'était tendu, et elle jetait de temps à autre des regards intrigués aux deux garçons. Après que Malefoy, possédant le pouvoir du feu, reçu très fraîchement par les Griffondors, eut rejoint le petit groupe quelques minutes plus tard, la tension devint presque palpable… D'autant plus qu'Orion, dépositaire de la force de l'eau le suivit rapidement. Les quatre jeunes gens se toisaient froidement, mi suspicieux, mi interrogateurs.

Lorsque le professeur McGonagall s'approcha d'Hermione, celle-ci remarqua que ses mains tremblaient : jamais la préfète n'avait vu la calme, la froide directrice de Griffondor dans un tel état d'excitation… La vieille femme fit glisser la chaîne autours du cou de la jeune fille, accrochant quelques mèches de cheveux échappés de son chignon au passage. Pendant quelques secondes, rien ne se produisit. La pierre restait obstinément froide. La préfète-en-chef sentit son cœur se serrer : cela voulait-il dire qu'elle n'avait aucun pouvoir ? Pourtant, même Neville avait pu voir une petite lueur verte, faible mais néanmoins présente, apparaître lorsque son tour était venu. D'un geste lent, elle porta une main à son cou comme pour retirer le fragile bijou, mais son professeur l'en empêcha, le visage encore plus livide que la jeune fille elle-même.

-« Ce… Ce n'est pas grave, professeur… J'ai d'autres possibilités, n'est-ce pas ? », murmura t'elle d'une voix hésitante.

La directrice adjointe ne répondit pas, maintenant la breloque sur le cœur de son élève préférée. Un silence de plomb s'était abattu sur la clairière… Même les oiseaux s'étaient tus.

Hermione sentit les larmes lui monter aux yeux. Comment cela était-il possible ? Elle avait toujours été la meilleure, partout, dans toutes les matières, alors pourquoi ? Pourquoi elle?

Doucement, de manière quasiment imperceptible, un son d'une pureté insoutenable se fit entendre. Provenait-il du cristal ? De l'air ambiant ? Nul n'aurait su le dire… Mais une lumière semblait envelopper la porteuse du collier. Elle n'était ni blanche, ni bleue, ni rouge ni verte… Elle était lumière, tout simplement. Une lumière insoutenable, presque solide tellement elle était forte, et brutale. Minerva McGonagall s'éloigna de quelques pas, protégeant d'une main ses yeux aveuglés remplis de larmes. Tout semblait converger vers la jeune fille lumineuse qui drainait tout le pouvoir environnant dans un courant quasiment tangible, et chacun des étudiants eût soudain conscience d'assister à un miracle.

Lentement, la lumière diminua jusqu'à disparaître totalement. Pendant quelques minutes encore, le silence régna en maître sur le petit groupe figé par la stupeur, l'admiration et quantité d'autres sentiments moins identifiables…

- « Le cours est terminé pour aujourd'hui », réussit à articuler le vieux professeur d'une voix rauque.

Alors que les élèves hésitaient à se disperser, elle saisit Hermione toujours immobile d'une main et fit signe au groupe des quatre garçons légèrement en retrait de la suivre.

Les élèves qui rejoignaient la Grande Salle virent débarquer quelques minutes plus tard leur digne professeur de métamorphose tremblante et échevelée entraînant une préfète-en-chef livide et quatre jeunes hommes blancs comme des linges, essoufflés d'avoir dû suivre le pas plus que rapide de la vieille femme. Cette dernière, hors d'haleine, finit par s'arrêter devant la gargouille qui gardait le bureau du maître de Poudlard.

« Chocogrenouilles ! » réussit-elle à balbutier.

L'horrible statue se détourna pour la laisser entrer, dévoilant un escalier qu'Harry commençait à bien connaître mais que partie des autres voyait pour la toute première fois. Le directeur se tenait en haut des marches, semblant les attendre. Sa pâleur comparable à celle de celle qui l'aidait dans sa tâche contrastait avec le sourire triomphant qui se dessinait sur ses lèvres fines. Il s'écarta légèrement pour laisser passer ses visiteurs, désignant de la main un sofa et trois fauteuils qui semblaient attendre le quintet, avant de s'enfermer avec la sous-directrice dans son bureau. Les jeunes gens ne disaient rien… Hermione, mue par un automatisme, décomposée et tremblante, s'était assise sur le canapé éculé, entourée de part et d'autre par Ron et Harry également sous le choc. Face à eux, Orion fixait ses mains comme des objets curieux, semblant chercher de toutes ses forces à retrouver ses esprits. Seuls le jeune prince des Serpentards auréolé d'or paraissait relativement calme, faisant mine d'observer la scène de son air détaché et moqueur habituel, et y arrivait plutôt bien.

Au bout d'un moment qui leur parut être une éternité, la porte de bois assombri par le passage des siècles qui fermait le sanctuaire de Dumbledore s'ouvrit de nouveau pour laisser le passage aux deux plus éminents personnages de l'école, relativement calmés, en tout cas moins livides… Le directeur sourit aux élèves d'un air encourageant, les invitant à passer dans son bureau. De manière inconsciente, tous les cinq s'étaient rapprochés les uns des autres.

Le vieil homme les considéra d'un œil nouveau, détaillant chacun des visages tournés vers le sien : Harry, le fils de son cœur, le garçon qui avait survécu à plus d'épreuves en dix-sept ans d'existence que tous les autres sorciers pendant toute une vie. Son visage avait perdu ses rondeurs enfantines et ses yeux transparents cette lueur d'innocence qui les caractérisait avant la mort de Sirius. Oui, le jeune Potter avait souffert… Et pourtant, le pire restait à venir : le sort du monde reposait sur ses épaules qui s'élargissaient de jour en jour, mais qui gardaient encore une trace de leur fragilité adolescente. Ronald, l'éternel sacrifié, toujours fidèle et plein d'amitié pourtant. Sa haute stature et ses cheveux flamboyants ne l'empêchaient pas de vivre en permanence dans l'ombre de son ami trop célèbre, et le charisme qui entourait le fils de Lili et James éclipsait cette présence qui était celle du plus jeune des garçons Weasley. Puisses-tu un jour trouver ta voie, Ronald, tu le mérites tant…Orion Duchâteau et son aura de mystère, cette puissance, cette élégance qui dissimulaient tant de force. Ses yeux sombres impénétrables même pour le directeur de Poudlard cachaient bien des secrets, des secrets bien gardés dont le jeune homme lui-même n'avait pas toujours la clé. Accrochée à son bras, Hermione Granger avait l'ait tellement fragile, si petite et si frêle entourée de ces quatre garçons en voie de devenir des hommes ! Et pourtant, elle recelait tant de savoir derrière ce joli visage beaucoup trop sérieux pour son âge ! Le dernier de la bande avait presque l'air d'un intrus, un peu en retrait, n'appartenant pas au même monde sans doute. Sa figure angélique arborait cet air trop détaché pour être naturel de ceux qui maîtrisent parfaitement leurs sentiments… Ou du moins qui en donnent l'illusion. Effectivement, le préfet-en-chef avait été à dure école de ce point de vue.

Albus Dumbledore se plaça face à eux, son regard perçant et bleu étudiant chacune de leurs réactions derrière ses lunettes en demi-lune. Sa voix paraissait être une oasis de calme en des temps troublés :

-« Bien. Jeunes gens, je viens d'avoir une longue discussion avec le professeur McGonagall. Elle m'a raconté ce qui vient de se passer, et j'avoue en avoir été troublé. Lorsque j'ai décidé de recommencer à enseigner la magie élémentaire, je m'attendais certes à avoir des surprises, mais une telle situation ne s'est pas produite depuis plus d'un millénaire. Avant même la construction de Poudlard, à vrai dire. Messieurs, chacun d'entre vous possède la force d'un élément dans son entièreté. Alliés, vous disposez d'une puissance qui dépasse mon entendement, en dépit des longues années que j'ai passé sur cette terre. Vous comprendrez donc la nécessité de suivre des cours supplémentaires afin d'apprendre à maîtriser ces nouveaux pouvoirs, qui peuvent être, ne l'oubliez jamais, extrêmement dangereux. Quand à vous, Miss Granger, votre cas ne s'est produit que deux fois au cours de l'histoire. Cette lumière que vous avez vue signifie que vous disposer d'une capacité de catalyseur incluant tous les éléments. Ce qui veut dire que vous pouvez utiliser votre puissance y compris pour des sorts académiques… Vous êtes en quelque sorte une baguette magique vivante, si vous m'excusez l'image. Ceci explique votre facilité et votre puissance, je suppose. Vous aussi devrez apprendre à vous maîtriser. Je vais demander à votre professeur de métamorphose de s'occuper de votre cas… »

Les cinq étudiants hochèrent la tête, sans mot dire, encore sous le choc de cette révélation. Une puissance qui dépassait l'entendement de Dumbledore… C'était… Wahou ! Il n'y avait pas d'autre mot pour décrire ça !

-Bien, messieurs, miss Granger, si vous n'avez pas de question, vous feriez bien d'aller déjeuner afin de récupérer de toutes ces émotions. N'hésitez pas venir me voir, si vous voulez plus de précisions… »

Le petit groupe sortit lentement, chacun plongé dans ses pensées. Il purent remarquer que les autres élèves leur lançaient des regards curieux alors qu'ils se dirigeaient vers la Grande Salle : visiblement, les septièmes années avaient tout raconté, et toute l'école était au courant. En dix minutes. C'était un nouveau record pour le téléphone arabe de Poudlard… Soudain, Hermione s'arrêta.

-« Je n'ai pas très faim, je vais à la bibliothèque faire quelques recherches… Harry, Ron, ne m'attendez pas !

Les deux interpellés la regardèrent comme si elle était à moitié folle, mais la jeune fille ne leur accorda aucun regard alors qu'elle tournait les talons vers ce qu'elle considérait comme son sanctuaire. Alors qu'elle n'avait encore fait que quelques pas, Orion s'arrêta à son tour :

-Attends moi, Hermione ! Je viens avec toi, moi aussi toute cette affaire m'a coupé l'appétit.

Ron glissa un regard discret vers son meilleur ami. Les yeux de ce dernier s'étaient brusquement durcis, d'autant plus qu'Hermione répondait d'une voix douce et sensuelle qu'ils ne lui avaient jamais entendue:

-Oh ! Ca me fait très plaisir, Orion… Allons-y !

Harry serra les poings et ouvrit la bouche comme pour rappeler le jeune couple qui s'éloignait bras dessus bras dessous. Mais Ron fut plus rapide que lui : l'attrapant par la manche, il l'entraîna à sa suite en lui chuchotant discrètement à l'oreille :

-Arrête, vieux ! C'est dur, je sais, mais là c'est trop tard. Tu lui parleras ce soir, d'accord ? Ce soir, quand il ne sera pas là…

Le Survivant hocha la tête mécaniquement, son cœur empli de rage à la vue de la façon dont les deux silhouettes s'étaient rapprochées : le français avait carrément passé un bras autours de la taille de la préfète, et celle-ci semblait s'être nichée tout contre lui. Les deux Griffondors se retournèrent brusquement en entendant un ricanement moqueur dans leur dos : ils avaient totalement oublié la présence de leur ennemi de toujours… Le Serpentard se tenait à quelques pas devant eux, appuyé négligemment contre le mur de pierre :

-Alors, mon petit pote Potty ! Qu'est ce que ça fait de voir un étranger peloter ta petite amie Sang-de-Bourbe ?

-Ta gueule, Malefoy ! Qu'est ce que tu fous là ?

-Mais rien, la belette, rien du tout… Je ne fais que passer, tu vois… Toi aussi tu es jaloux ? Tu es prêt à la partager ? C'est vrai que pour les Weasley, une femme pour deux, ça doit paraître normal… Ca fait moins de bouches à nourrir, hein ?

-Salaud ! Je vais te détruire ta face de Mangemort, et même ta mère ne pourra plus te reconnaître…

-Si tu veux, si tu y arrives… En tout cas, c'est avec moi que votre chérie va coucher ce soir… Imagine ce qui peut se passer dans une chambre isolée du reste du monde… J'entends déjà ses gémissement quand je…

Ron poussa un rugissement, dégainant sa baguette, et une lueur de mort apparût dans ses yeux bleus. Mais Harry fut plus rapide que lui : il rattrapa le rouquin en furie et s'éloigna en le maintenant en dépit des cris de rage et des insultes de celui-ci.

-Arrête, Ron ! Arrête, je te dis ! Ne rentre pas dans son jeu, c'est tout ce qu'il attend, tu ne veux pas le conforter dans ses affirmations ridicules, n'est-ce pas ? Euh… Tu n'es pas amoureux d'Hermione, hein ?

Le jeune Weasley serra les lèvres, le cœur torturé par le mensonge qu'il s'apprêtait à faire.

-Non, bien sûr que non, Harry… C'est juste que je ne supporte pas qu'il parle d'elle comme ça. J'ai eu des images dans ma tête, c'était… Beurk !

-Ouais, je sais, il est fort… Mais ne le laisse pas prendre le dessus sur toi.

-C'est dur, Harry, c'est très dur…

-Allez, vieux, viens, c'est passé, et ce soir, tout ça sera fini.

-Oui. Tout sera fini… », répondit Ron, et il eut l'impression qu'une énorme pierre venait de lui tomber sur la tête quand il réalisé toute la mesure des paroles d'Harry. Ce soir, dans quelques heures, la femme qu'il aimait en secret depuis des années appartiendrait à son meilleur ami. Et tous ses fantasmes d'adolescent mettant en scène une brunette déchaînée prendraient la mesure de crimes… Serait-il capable de voir ses compagnons s'embrasser à pleine bouche sous ses yeux ? Rien que d'imaginer leurs lèvres collées, leurs langues se caresser dans un ballet érotique, les mains d'Harry glisser sous la stricte robe noire pour toucher le petit corps, ses formes pleines, sa peau…

Il aspira une grande bouffée d'air en sentant son corps à lui réagir d'une manière très embarrassante. Non, Harry ne devait pas savoir. Jamais. C'était déjà assez dur pour lui d'imaginer tout ce qu'Orion pouvait faire en ce moment même sans en rajouter.

Et voilà, fini pour aujourd'hui ! Ce chapitre était assez différent de ceux que j'ai écrit jusqu'à maintenant, alors j'aimerai savoir ce que vous en pensez. Ca vous a plu ? Vous avez compris quelque chose à ce que j'ai raconté sur la magie élémentaire (pure invention de ma part, soit dit en passant…) ? Surtout, si vous avez une question, n'hésitez pas à me la poser, parce que tout est très clair dans ma tête mais je ne suis pas sûre d'avoir réussi à l'expliquer à peu près correctement. La romance revient dans le chapitre suivant, ne vous inquiétez pas. Et l'intrigue continue à se mettre en place… Des hypothèses quant à ce qui va se passer : le plan de Dumbledore, les recherches de Mione et Orion à la bibliothèque, la soirée de nos amis qui risque d'être assez agitée ? Reviews, s'il vous plaît… Et je porte mon défi à 10 (ça ne fait jamais qu'une de plus que pour le dernier, c'est pas beaucoup, et en plus, 10, c'est un beau chiffre bien rond vous ne trouvez pas ?).

Gros bisous à toutes et à tous, et à mercredi !