Derek entraîna Stiles hors du salon, laissant à sa meute le soin de s'occuper des travaux. La voix de Lydia les stoppa sur le seuil.

— Vous allez où ?

L'alpha lui lança un regard blasé.

— Discuter. Et si jamais tu penses à protester, je te propose de rejoindre Jackson faire ses tours de manoir.

La jeune rousse secoua ses longs cheveux en affichant un sourire hypocrite. L'adolescente n'avait pas l'habitude de recevoir des ordres, encore moins des menaces, mais elle avait bien compris qu'elle avait plutôt intérêt à faire profil bas devant le chef de la meute, si elle voulait pouvoir y rester.

— Loin de moi l'idée de me plaindre. J'adore peindre les portes.

— Dans ce cas, on ne va pas t'empêcher de poursuivre ton passe-temps.

Le loup garou sortit de la pièce, son amoureux sur les talons. Ils tombèrent sur Peter, assis sur les marches perron, qui se retourna en les entendant arriver. Celui-ci fit une mimique attendrie en voyant leurs mains liées.

— Oh, c'est trop mignon ! Je pourrai être le témoin de votre mariage ? Ou le parrain de votre premier enfant ?

— C'est ton nouvel endroit pour faire du boudin ? répliqua Derek. A moins que tu ne décides de rester dehors jusqu'à temps que je cède pour accepter ta salle de bal au dernier étage. Auquel cas, je suis obligé de te prévenir que cette méthode ne me fera jamais céder.

Son oncle secoua la tête en désignant Jackson qui venait d'apparaître au coin de la maison.

— Non, je compte ses tours, pour être sûr qu'il ne triche pas et les fasse bien tous. Allez, Jack' ! Plus que trente et un tours !

— Méfie-toi, que je ne t'envoie pas le soutenir, grommela l'alpha en descendant le petit escalier du perron.

Les deux garçons s'éloignèrent dans la forêt, sans parler, le manoir dans le dos, les mains l'une serrée dans l'autre. Le sol n'était pas encore recouvert de feuilles mortes et leurs chaussures soulevaient des petits nuages de poussière au rythme de leurs pas.

Au bout d'un moment, Stiles craqua et rompit le silence.

— Tu voulais qu'on parle de quoi ?

Derek se retourna pour vérifier si le manoir était à une bonne distance puis haussa les épaules.

— Rien de spécial. Je voulais surtout être un peu seul avec toi.

— Oh. Et pour être seul, on est obligé de faire une randonnée en forêt ? ironisa le garçon.

L'alpha se frotta le nez.

— Je n'avais pas envie que les autres nous écoutent.

— Donc, tu as bien un truc à me dire ?

Comme son copain ne répondait pas, l'adolescent soupira :

— Ok. On n'en parlera pas. Ou une autre fois. Dis, j'ai une question.

— Je t'écoute.

— Pourquoi vous faîtes des travaux à l'intérieur alors que vous ne savez pas s'il va falloir refaire l'extérieur ?

Le jeune homme lança un regard affligé à son amoureux.

— Tu penses vraiment que je ne me suis pas renseigné avant ? On n'a pas chômé pendant que tu étais en vacances avec ton père. J'ai fait venir des experts et ils m'ont assurés que les fondations étaient bonnes et que les murs ne s'écrouleraient pas. J'ai fait faire des consolidations, pour être certains de la solidité des murs. Tu n'as pas vu que les fenêtres avaient disparu ?

— Si. Mais je pensais que c'était juste pour les changer.

— Tu pensais mal.

Ils continuèrent à marcher quelques instants puis Derek s'adossa contre un tronc et passa ses bras autour du cou de Stiles qui n'eut d'autres choix que de se coller contre son copain. Ce qui ne fut pas pour lui déplaire.

Les prunelles vertes scintillaient et l'adolescent reconnut ce regard. Il ferma les paupières et attendit que la bouche de l'alpha vienne rencontrer la sienne. Après avoir échangé un baiser, le garçon se recula et fixa le loup garou.

— J'ai encore une question.

— Tu es bavard, aujourd'hui. J'embrasse moins bien qu'avant ?

Stiles cligna des yeux et s'empressa de répondre :

— Hein ? Non, aucun rapport. Tu embrasses toujours comme un dieu, je dirais même que si tu devais en être un, tu serais celui des bisous. Je ne sais pas si ça existe, mais en tout cas, moi, je l'inventerai pour toi parce que …

— Ok, Stiles, c'est quoi ta question ? s'esclaffa le jeune homme en tentant d'endiguer le flot de paroles qui sortait de la bouche de son amoureux.

L'adolescent mit un instant à rassembler ses pensées pour se souvenir de ce qui le tracassait.

— Pourquoi tu reconstruis le manoir ? Pourquoi pas une nouvelle maison plutôt ?

Le garçon attendit anxieusement la réponse. Il savait qu'il abordait un sujet plutôt sensible et craignait que l'alpha ne se renferme et refuse de parler de ses motivations. Stiles regretta sa question en voyant le visage de Derek se rembrunir. Mais le loup garou lui répondit d'une voix basse :

— Parce que ce manoir, c'est chez moi. Je ne me vois pas vivre autre part.

L'adolescent se sentit envahir par une onde de tristesse. Même si le manoir avait brûlé, son amoureux continuait de se considérer comme chez lui entre ses murs. Il semblait au garçon qu'il aurait été plus facile pour lui de quitter Beacon Hills et de se reconstruire une vie ailleurs, pour tirer un trait sur les événements horribles qui lui était arrivé.

Mais le jeune homme était tellement attaché à son ancien chez lui qu'il n'envisageait pas d'habiter dans un autre lieu. C'était sûrement pour cette raison qu'il avait erré entre le manoir et l'ancien hangar à bus, sans jamais prendre de véritable appartement dans lequel loger.

Stiles se sentit furieux contre Kate Argent, qui avait brisé le cœur de son copain et avait saccagé sa vie d'une façon aussi violence. Si la tante d'Allison n'était pas déjà morte, il serait allé lui régler son compte. Même si, objectivement, il avait conscience qu'il n'aurait pas fait le poids face à la chasseuse.

— Pourquoi ton cœur s'affole ? s'inquiéta Derek en caressant la joue du garçon avec son pouce.

— Parce que je t'aime et que ça m'énerve qu'on t'ait fait du mal.

L'alpha sourit faiblement et posa son menton sur le haut du crâne de son amoureux.

— Ce qui est fait est fait. On ne peut pas revenir en arrière.

— Mais je trouve ça injuste. Et cruel. Ça m'énerve.

— Et bien, maintenant, je t'ai toi pour me défendre.

L'adolescent recula légèrement et planta un regard vexé dans les yeux verts du jeune homme.

— Ne te moque pas. Je peux être violent, si je veux.

— Je n'en doute pas, ma petite chose fragile.

Stiles poussa un cri outré.

— T'aurais pu trouver mieux comme surnom. Je ne suis pas petit et je ne suis pas fragile.

— Mais tu es ma chose ? releva Derek, un sourire goguenard sur le visage.

Son copain faillit protester puis rougit violemment en interprétant ses propos d'une façon beaucoup plus osée que ce à quoi penser l'alpha.

— Ca dépend si tu veux vraiment attendre mes dix-huit ans …

Le loup garou sembla réaliser que ses paroles pouvaient être interprétées de travers et grimaça.

— Un point pour toi.

Il pencha la tête sur le côté, d'une façon que l'adolescent jugea adorable, et regarda intensément son amoureux.

— Je t'aime.

Stiles se sentit frissonner de plaisir.

— Redis-le encore, s'il te plaît.

Derek rit doucement et posa son front contre celui du garçon.

— Je t'aime.

— Encore.

— Je t'aime.

— Tu m'aimes comment ?

— Ca, c'est un secret.

L'adolescent pinça les lèvres mais avant qu'il n'ait pu ajouter quoique ce soit, l'alpha frotta son nez contre le sien et murmura :

— Et toi, tu me détestes toujours ?

Stiles mit un instant à comprendre que le jeune homme faisait allusion à leur conversation d'hier.

— Bien sûr que non. Je ne t'ai jamais détesté, avoua-t-il. Je t'aime. Très fort. Et tu le sais très bien.

Le loup garou posa un rapide baiser sur les lèvres de son copain.

— Oui, je le sais. Mais j'aime bien quand tu le dis.

L'adolescent fixa Derek comme s'il venait de sortir une grosse bêtise puis poussa un gémissement désespéré :

— Arrête d'être aussi attirant. Je ne vais jamais pouvoir attendre mes dix-huit ans si tu continues comme ça !

— Parce que tu as envie même dans une forêt ? se moqua l'alpha.

— La vie est faite d'expériences, admit le garçon.

Le jeune homme secoua la tête d'un air dubitatif.

— Tu changeras rapidement d'avis. Rien ne vaut un bon lit.

# #

Derek et Stiles retournaient vers le manoir. Ils étaient restés un long moment juste tous les deux mais le temps s'était rafraichi et ils avaient décidé de rentrer rejoindre le reste de la meute.

Collés l'un contre l'autre, ils prenaient leur temps et marchaient lentement, profitant de leurs derniers instants juste tous les deux. Soudain, l'alpha arrêta de marcher et l'adolescent se tourna vers lui, intrigué. Le loup garou se racla la gorge et un air gêné se peignit sur son visage.

— A propos de ce que je voulais te dire tout à l'heure …

Stiles réussit à se taire et à attendre que le jeune homme annonce ce qu'il avait à dire. Derek hésita, se mordit la langue, leva les yeux vers le ciel, inspira profondément et se lança :

— Hé, les amoureux ! s'écria Peter en leur faisant de grands signes de main, coupant son neveu en plein élan. On vous attend pour la suite des opérations.

L'alpha fit signe à son oncle qu'ils arrivaient et alors qu'il recommençait à avancer, l'adolescent attrapa la manche de son blouson et le retint.

— Attends, tu voulais me dire quelque chose …

Le loup garou lui adressa un regard hésitant et avec un sourire désolé, il secoua la tête :

— J'ai oublié ce que je voulais dire. Ça me reviendra plus tard. Tu viens ? Les autres nous attendent.

Le jeune homme entrelaça ses doigts avec ceux de l'adolescent et l'entraîna vers le manoir. Le garçon se laissa guider, déçu. Il savait que Derek lui mentait. L'alpha n'avait pas perdu le fil de sa pensée. Il n'avait juste pas trouvé le courage d'en parler avec son amoureux. Et cela inquiétait Stiles.

Quel secret l'alpha lui cachait-il ?

# #

Le mois d'août s'écoula trop rapidement au goût des lycéens.

Ils passèrent leur temps à rénover le manoir, avançant pièce par pièce, se contentant des travaux d'intérieur tels que la pose du parquet ou du carrelage et la peinture. Derek avait prévu de faire appel à des spécialistes pour les fenêtres, l'escalier et la façade extérieure.

Scott avait eu encore moins de temps pour lui, étant donné qu'il avait dû commencer à rattraper les heures qu'il avait manquées pendant le mois de juillet. Evidemment, Deaton n'était pas un patron tortionnaire et s'il avait rajouté des heures supplémentaires à son employé, il ne le faisait pas travailler du matin au soir, conscient que l'adolescent avait besoin de temps libre pour profiter de la fin de l'été.

Les rénovations du manoir avançaient à un bon rythme grâce aux bêtas et Derek était très content du résultat. Danny, Matt, Lydia et Allison n'étant pas des loups garous, ils ne venaient pas tous les jours participer aux travaux mais chacun était venu plusieurs fois prêter main forte.

Stiles rendait visite à son amoureux tous les jours, participant lui aussi aux rénovations, et l'alpha le rejoignait tous les soirs dans sa chambre. Le shérif n'avait pas encore de soupçons ce qui arrangeait l'adolescent qui n'avait pas envie d'aborder le sujet tout de suite. Sa relation lui plaisait telle qu'elle. Et comme le jeune homme ne lui en avait pas reparlé, il faisait comme si de rien n'était et évitait d'aiguiller la conversation sur ce point.

# #

Allongé de tout son long dans son lit, Stiles somnolait. Il s'était réveillé en entendant son père partir un peu plus tôt dans la matinée et il n'avait pas réussi à se rendormir totalement. Sa fenêtre était entrebâillée et le bruit des voitures passant dans sa rue mêlé au chant des oiseaux lui parvenait, l'empêchant de retrouver le sommeil.

L'adolescent se tourna sur le côté et soupira de bien-être. Il n'avait pas envie de se lever et ne comptait pas quitter son lit avant que son estomac ne crie famine de manière particulièrement bruyante.

La fenêtre de sa chambre grinça soudain et le garçon se retourna, surpris. Une forme sombre se glissa dans sa chambre et il mit quelques instants à reconnaître Derek.

— Tu m'as fait peur ! Je ne savais pas que c'était toi, marmonna-t-il en se laissant retomber sur son oreiller.

— Parce qu'il y a d'autres personnes qui passent par la fenêtre pour entrer dans ta chambre ? se moqua l'alpha.

— Non, mais ça aurait pu être un cambrioleur.

Le jeune homme posa quelque chose sur le bureau, retira sa veste de cuir et se glissa sous les draps pour rejoindre son amoureux.

— T'as froid, protesta le garçon en sentant les mains du loup garou se faufiler sous son T-shirt pour venir se loger contre son ventre.

— Bon anniversaire, souffla le loup garou pour toute réponse.

Stiles ouvrit les yeux en réalisant qu'ils étaient le vingt-six août. Il se tortilla pour se retourner et se blottir contre son copain.

— Merci !

— Je t'ai ramené le petit-déjeuner, annonça Derek en embrassant le haut de son crâne.

— T'es le meilleur des chéris du monde !

— Chéri ? répéta l'alpha.

L'adolescent rougit mais ne flancha pas.

— Bah oui, t'es mon chéri. Pourquoi, t'aimes pas que je t'appelle comme ça ?

— J'aime tout chez toi, affirma le jeune homme.

Son amoureux leva le nez et tendit le cou pour pouvoir embrasser le loup garou.

— Encore un an à attendre et après, j'aurais dix-huit ans. Et je pourrais faire tout ce que je veux avec toi !

Derek leva un sourcil.

— Tout ce que tu veux ?

— T'as compris ce que je voulais dire, râla Stiles. Au lieu de m'embêter, dis-moi plutôt ce que tu as prévu pour le petit-déjeuner.

— Un énorme cookie qui déborde de pépites au chocolat, un morceau de brownies et un éclair au chocolat. Ça ira pour monsieur ?

— Tu les as fait toi-même ?

— Non, je les ai achetés à la boulangerie.

— Je me disais aussi … ricana l'adolescent.

L'alpha le poussa gentiment.

— Hé. Ça veut dire quoi ? Que je ne sais pas cuisiner ?

— Parce que tu sais ?

Le jeune homme lança un regard énigmatique à son amoureux puis changea de sujet en lui pinçant le ventre.

— En tout cas, j'ai peur que tout ça ne te fasse grossir. Je vais peut-être tout garder pour moi.

— Sûrement pas !

— C'est pas toi qui décide, le nargua Derek. C'est moi qui ai acheté.

— Mais c'est mon anniversaire, alors c'est moi qui commande ! riposta Stiles en se redressant à moitié.

— Je ne t'ai pas dit de quitter le lit, fit l'alpha en le plaquant sur le matelas.

— Hé ! protesta le garçon. Doucement !

— Quoi ? T'es fragile ? Ou peut-être plutôt chatouilleux ?

L'adolescent tenta de nier mais son amoureux ne lui épargna pas une séance de chatouilles en règle. Il eut beau se débattre, le jeune homme n'avait aucun mal à le maintenir en place pour le torturer. Une fois qu'il eut démontré que c'était lui le plus fort, le loup garou consentit à laisser son copain reprendre son souffle.

— Tu m'as tué, balbutia Stiles lorsqu'il réussit à respirer à peu près normalement.

— Les morts ne parlent pas. Je te l'ai déjà dit.

— Tu m'énerves.

— Non, tu m'aimes. N'oublies pas que je suis le meilleur chéri du monde.

Le garçon pensa un instant à abattre son oreiller sur la tête narquoise de son amoureux puis se rappela qu'il venait de se faire battre à plate couture en combat au corps à corps et décida de laisser passer la boutade.

— Vu que tu es le meilleur de tous les chéris, tu vas aller me chercher à boire, n'est-ce pas ?

— Ton père ne risque pas de rentrer entre temps ?

— Non, il est au travail jusqu'à ce soir.

Derek embrassa l'adolescent sur le front et sortit des draps.

— Tu veux boire quoi ?

— Du jus d'orange, s'il te plaît.

— J'arrive.

L'alpha disparut dans le couloir et Stiles s'étira dans son lit. Il se sentait profondément heureux d'être là, avec son amoureux, à prendre le petit déjeuner au lit. Pour un peu, il ne regrettait pas de ne pas avoir atteint encore sa majorité sexuelle.

Le loup garou ne tarda pas à remonter avec deux verres de jus d'orange et le garçon s'assit dans le lit pendant que le jeune homme posait les verres sur la table de chevet et retournait chercher les viennoiseries posées sur le bureau.

— Bon appétit, lança l'adolescent en piochant dans le sachet et en extrayant le brownies.

Alors qu'il mordait dans le gâteau, Derek se leva, alla fouiller dans son blouson et revint s'asseoir en face de son amoureux.

— Tiens. C'est ton cadeau, fit-il en tendant deux bouts de papier.

Stiles tendit la main et déchiffra ce qui était écrit sur les rectangles que lui avait présenté l'alpha. Deux places pour aller voir jouer les Mets lors de leur premier match de la ligue majeure de baseball, qui aurait lieu en avril de l'année suivante.

Le garçon resta silencieux, la gorge nouée, les yeux rivés sur les billets. Le loup garou se méprit sur son manque de réaction et grimaça :

— Si ça ne te plaît pas, je peux les échanger.

— Non. Non, c'est parfait, murmura l'adolescent. C'est juste que … Ton anniversaire est dans quinze jours, et là, j'ai la pression, parce qu'il faut que j'assure, niveau cadeau.

Le jeune homme se frotta pensivement le menton.

— J'ai bien une idée, si tu veux m'offrir un truc …

— Vas-y, dis.

Derek regarda le sol pendant qu'il déclarait :

— Si tu me présentais à ton père, ça me ferait vraiment plaisir.

Un ange passa et Stiles se frotta le crâne, mal à l'aise.

— On va éviter ce sujet aujourd'hui, d'accord ? C'est mon anniversaire et je ne veux pas qu'on se dispute.

L'alpha hocha la tête et ils terminèrent de petit-déjeuner en parlant du futur match qu'ils iraient voir. Le jeune homme demanda à son copain ce qu'il avait envie de faire pendant la journée et le garçon répondit qu'il avait envie de rester juste avec son amoureux.

C'est ainsi qu'une fois les dernières miettes de gâteau disparues, ils retournèrent se lover sous la couette. Ils discutèrent de la rentrée prochaine, de l'avancée des travaux du manoir et de leurs amis. Un peu avant midi, l'adolescent envoya un texto à son père pour savoir s'il rentrerait pour le déjeuner mais le shérif lui répondit qu'il avait de la paperasse à remplir et qu'il resterait donc au bureau.

Stiles fit cuire une pizza et ouvrit un paquet de chips, même si le loup garou lui fit remarquer que ce n'était pas une nourriture très saine. Ils regardèrent deux films de la saga X-Men pendant l'après-midi, que le garçon ne suivit pas trop, occupé à répondre aux messages d'anniversaire que lui envoyait ses contacts, et Derek partit quelques minutes avant que le shérif ne rentre.

— Je suppose que ton père voudra passer ta soirée d'anniversaire avec toi, expliqua-t-il tandis que l'adolescent se lamentait de le voir s'en aller. Je t'enverrai des textos, promis.

A regret, Stiles laissa partir son amoureux par la fenêtre.

En arrivant, son père lui proposa de l'emmener Chez Joe pour fêter son dix-septième anniversaire et le garçon accepta aussitôt. Pendant le repas, il discuta par messages avec son copain et le shérif se moqua gentiment de lui, pensant qu'il écrivait à Scott.

Lorsqu'ils rentrèrent, ils regardèrent un film policier à la télé devant lequel le père de l'adolescent s'endormit. Stiles l'avait réveillé au générique de fin et s'était vengé des piques qu'il lui avait lancées pendant le repas en le traitant de vieux pépère. Ils avaient rigolé et s'étaient séparés pour regagner leurs chambres respectives.

Avant de regagner son lit, un rectangle blanc sur son bureau attira son attention. La lettre que son père lui avait donnée l'autre jour attendait toujours près de son ordinateur. L'adolescent s'en saisit avant de se laisser tomber sur son lit. Il acheva de déchirer l'enveloppe et en tira une feuille de papier sur laquelle étaient collées des lettres en caractère d'imprimerie, probablement découpée dans des magazines.

« Prépare-toi »

Le garçon leva un sourcil et regarda derrière la feuille si autre chose était écrit. Ne trouvant aucune indication sur l'expéditeur du courrier, il supposa que c'était l'un de ses amis qui s'amusait à jouer au corbeau. Probablement Peter, qui était spécialiste de ce genre de farce.

Stiles froissa la feuille et l'enveloppe l'une contre l'autre et visa sa corbeille. La boule de papier rebondit contre l'un des bords intérieur et finit sa course au fond de la poubelle. Satisfait de son tir, l'adolescent se glissa sous des draps et s'endormit, ravi de la journée qu'il avait passé.