Bonjour à tous! How do you do? Voici un chapitre affreusement long, je ne sais pas ce qui m'a pris, surtout que j'ai écrit ça à des heures impossibles (je ne vous raconte pas dans quel état je suis). J'espère que vous n'allez pas décrocher ou lire en diagonale*Molly fait des gros yeux*... Merci à ceux qui ont eu la gentillesse de reviewer, vous savez combien j'apprécie vos commentaires, et j'adore répondre à vos questions.
o0o0o0o0o0o0o0o0o
CHAPITRE QUATRE
Harry travaillait une étude particulièrement ardue. Comment un compositeur sain d'esprit avait-il pu pondre des enchaînements de notes aussi compliqués, aussi difficiles à exécuter? Le résultat n'était pas vraiment agréable à l'oreille, mais le garçon était bien conscient que pour maîtriser parfaitement les plus belles oeuvres, il fallait en passer par ce genre de torture.
Entre deux accords arpégés, il entendit frapper des coups légers à sa porte.
-Entrez!, lança-t-il distraitement.
-Monsieur Potter...je viens faire la chambre... je ne vous dérange pas?
Une jeune fille blonde aux joues roses et aux yeux noisettes avança dans la pièce, souriante. Elle était armée d'un balai, d'un seau et d'une serpillère.
-Oh, c'est vous, Kitty!...J'avais oublié que vous passiez le vendredi matin.
La jeune fille s'arrêta net.
-Je peux revenir plus tard, si vous voulez...
-Non, non, restez...je vais en profiter pour souffler un peu.
Le sourire de Kitty s'accentua. Tandis que Harry se laissait tomber sur une chaise, son violon sous le bras, elle se dirigea d'un pas vif vers la fenêtre et l'ouvrit toute grande, avant de se mettre à passer le balai sous le lit.
-Désolée, il va faire un peu froid... , dit elle tout en se baissant pour ramener vers elle la poussière. Mais aujourd'hui, le temps est clément. On dirait que le printemps approche...
-Oui, vous avez raison, il commence à faire plus doux...
Harry observait la jeune fille tandis qu'elle s'activait. Elle avait un corps sain et vigoureux, de beaux bras blancs, une taille fine et des hanches rondes mises en valeur par sa jupe plissée. Quelques cheveux clairs s'échappaient de son chignon et tombaient dans sa nuque.
Soudain, elle se tourna vers lui et sourit.
-Vous me regardez travailler, monsieur Potter?, dit-elle d'un ton mutin.
Pris sur le fait, le garçon rougit.
-Oh... si ça vous gêne, je peux... faire autre chose, répondit-il en lui rendant malgré tout son sourire.
-Non, non...au contraire..., murmura-t-elle. Ca me fait plaisir...
Elle se mit à genoux pour tremper sa serpillère dans le seau, l'essorant ensuite d'un geste rapide et efficace.
-Vous devez avoir les mains irritées et gercées, à force de les tremper tout le temps dans l'eau froide.
-Bah...Je suis habituée...
Elle étala sa serpillère sur le sol, éclaboussant généreusement le carrelage.
Pendant qu'il l'observait, son violon coincé sous le bras, Harry laissait ses doigts courir machinalement sur le manche, se servant de l'instrument comme d'une mandoline.
Tout en frottant et astiquant, elle se tenait maintenant à quatre pattes face à lui, ondulant des hanches. Il pouvait voir, bien gonflés, ses seins que le corsage ne dissimulait guère, et son visage rougi par l'effort... ou par autre chose. Il se demanda si elle était innocente et naïve, ou si au contraire, elle ne se plaçait pas à dessein sous cet angle avantageux pour lui offrir un spectacle aguicheur... Se comportait-elle ainsi avec tous les musiciens de l'école? A cette pensée, il eut soudain pitié d'elle. Pourtant, elle était attirante, et il reconnut que la contempler pendant qu'elle se démenait ainsi était tout sauf désagréable...
Au bout de quelques minutes, elle fit une pause, s'asseyant sur ses talons. Repoussant ses mèches folles en arrière, elle leva vers lui un regard brillant.
-Votre famille ne vous manque pas trop?, demanda-t-elle gentiment, un peu haletante.
-Oh...en fait, je n'ai plus de famille..., dit Harry en haussant les épaules.
Elle se mordit les lèvres.
-Pardonnez-moi...
-Il n'y a pas de mal.
-Et...vous avez une petite amie, alors?, glissa-t-elle, malicieuse.
-Non...
-Vous travaillez trop, vous n'avez pas le temps de vous occuper de ça, n'est-ce-pas?
-C'est vrai..., reconnut-il en riant.
-Vous devriez, pourtant... Vous pourriez rendre une jeune fille heureuse...
-Vous croyez?
Elle se leva, essuyant ses paumes sur sa jupe, et s'approcha doucement de lui.
-Si vous voulez..., commença-t-elle en avançant une main vers les cheveux du garçon.
Elle s'arrêta dans son mouvement, se tenant immobile devant lui. Il leva vers elle un regard interrogateur.
-Si je veux...?, dit-il doucement.
-Si vous voulez, je peux... vous embrasser...
Sans attendre sa réponse, elle fit encore un pas en avant et passa la main derrière la tête du garçon, tout en inclinant le visage vers lui. Le coeur battant, il ne broncha pas. Il sentit son souffle contre son nez avant que les lèvres fraîches et pulpeuses ne viennent se poser sur les siennes.
Le baiser ne dura qu'un instant. Elle se redressa, souriante.
-Attendez..., dit-il.
Il se détourna et posa son violon et l'archet sur la table derrière lui. Puis il leva le visage vers elle, indécis.
Un instant après, elle était assise de biais sur ses genoux. Il n'osait pas la toucher, mais il la laissa volontiers s'emparer à nouveau de sa bouche, y glisser sa langue joueuse et coquine. Il sentit très vite le désir le gagner.
Sans interrompre son baiser, elle lui prit les mains et en passa une autour de sa taille tandis qu'elle guidait l'autre vers son décolleté. L'excitation du garçon augmenta. Il entreprit de la caresser, et ses pensées devinrent confuses.
Pris par cette sensation délicieuse de serrer à nouveau un jeune corps contre le sien, l'adolescent posait à présent des baisers légers sur sa gorge, son cou rond, ses clavicules, puis, s'enhardissant, jusqu'à la naissance de ses seins. Bien loin du raffinement d'une Narcissa Malefoy, la robuste jeune fille dégageait une odeur de vêtements usagés et de sueur, mais cela n'avait, tout compte fait, rien de désagréable...
Elle releva enfin son visage, et ils reprirent leur souffle. Après l'avoir longuement regardé de ses yeux noisette, elle appuya son front contre le sien.
-Est-ce que...tu fais ça...avec tous les musiciens de cette Académie...?, chuchota Harry en nouant ses mains autour de la taille de la jeune fille.
Il était passé tout naturellement au tutoiement. Elle s'écarta et lui prit le menton entre deux doigts, souriante.
-Oh non, certainement pas! Pour qui tu me prends? Il n'y a que toi qui me donnes ce genre... d'idées bizarres.
-Vraiment?
-Tu es mignon, c'est pour ça. Et puis tu es jeune, tu ne me fais pas peur. Je sais que tu ne me feras pas de mal.
-Comment peux-tu en être si sûre?
-Ca se voit tout de suite. Tu sais, c'est drôle, en te regardant, j'ai ressenti comme une envie de m'occuper de toi. Je vois bien que tu es tout seul, ici. Et puis...tu ne ressembles pas à quelqu'un qui voudrait profiter de la situation. J'en ai connu, des gens comme ça, tu sais...
L'expression de la jeune fille s'était assombrie.
-Tu veux dire...des gens qui...
Harry stoppa net, gêné. Kitty avait passé les mains autour de son cou et jouait avec le col de sa chemise.
-Oui. Des hommes qui ont cherché à abuser de moi. Là où je travaillais, avant. Et même ici...à Poudlard.
-Ca ne doit pas être facile tous les jours, alors...
-A force, j'ai appris à me défendre. Quand j'avais quinze ans, je suis entrée au service d'une famille de la noblesse. Le patron a voulu coucher avec moi. Sa femme était au courant, mais ça lui était bien égal, elle trouvait ça normal. Je n'avais aucun moyen de lui résister, il en a bien profité!
-Quelle crapule!, s'indigna Harry. Ca a duré longtemps?
-Deux ans. Un jour, ma mère m'a appris qu'il y avait de la place dans cette école, pour le ménage et la cuisine. Ce que j'ai pu être heureuse, de quitter ces gens qui me maltraitaient et me méprisaient, tu ne peux pas savoir! Ca fait deux ans maintenant que je travaille ici.
-Et ça te plaît?
-Pour sûr! En comparaison de là où j'étais avant, c'est le paradis. En plus, je suis payée correctement. Et j'adore la musique, ce qui ne gâche rien.
-Toi-même, tu en fais?
-Oh non, se récria-t-elle en riant. Je chante comme une casserole. Tu entends, j'ai la voix cassée, d'avoir crié à longueur de journée sur mes petits frères! Et avec mes mains toutes abîmées... En plus, j'ai des gros doigts, tu ne trouves pas?
Il prit les mains un peu fripées de la jeune fille dans les siennes, et les caressa gentiment du pouce.
-C'est vrai qu'il y a plus fin, mais... ce n'est pas grave!, consola-t-il. Il n'y a pas que la musique, dans la vie.
-Toi, tu as de belles mains, s'extasia-t-elle, on dirait des mains de fille!
Elle se pencha à nouveau pour l'embrasser.
-Comment tu as fait pour t'en sortir, si tu n'as plus de famille?, dit-elle un peu plus tard.
-J'avais des amis, là-bas, dans mon village..., murmura-t-il. Ils m'ont adopté. C'est avec eux que j'ai appris la musique.
-Alors, tu as eu de la chance, dans ta malchance.
-Oui, on peut le voir sous cet angle.
-Tu t'appelles Harry, c'est bien ça?
-On ne peut rien te cacher...
-Tu es un farceur, j'aime bien ça. Veux-tu que nous restions amis, toi et moi... Harry ?
Elle le regardait avec espoir.
-Bien sûr!, dit-il fermement.
-Alors, je peux venir te voir, le soir...
-Le soir? Mais... où loges-tu?
-Ici, dans l'école, juste à l'étage au-dessus. Il y a des chambres de bonnes. Tu vois, c'est très facile.
-En effet...presque trop.
-Pourquoi trop?
Il hésita.
-Parce que...je ne voudrais pas que...
-Que quoi?
-Que tu aies des ennuis, si on nous voit ensemble.
-Qui nous verrait? Tu vis seul dans cette chambre, non?
-Oui, mais... il peut y avoir des gens qui passent...
-A quatre heures du matin?
-Ca, ce n'est pas le soir..., rit-il, mais plutôt la nuit... Non, à cette heure là, il n'y a personne...
-Ne t'inquiète pas, mon chéri. Je ne te force à rien. Je veux juste... te donner du plaisir... je ne te demanderai rien en échange, tu sais. Tu es d'accord?
Comme pour lui donner un avant-goût de ce qui l'attendait s'il acceptait, Kitty glissa une main sur le ventre du garçon et le caressa doucement en cercle à travers la chemise.
-Eh bien... pourquoi pas...?, murmura-t-il. Si tu penses qu'il n'y a pas de risque...
-Puisque je te le dis!, lança-t-elle en sautant sur ses pieds. Maintenant, je dois continuer ma tournée des chambres, sinon je vais prendre trop de retard, et je vais me faire crier dessus. Je passerai te voir cette nuit. Surtout, ne ferme pas à clef!
Elle se pencha pour lui donner un dernier baiser plein de promesses, puis courut à la fenêtre, la referma, traversa à nouveau la chambre et se baissa pour ramasser ses ustensiles de ménage. Galant, il alla vers la porte et l'ouvrit devant elle. Le sourire aux lèvres, elle lui fit un clin d'oeil, puis s'inclina en une légère révérence avant de filer dans le couloir.
Il la suivit du regard tandis qu'elle frappait à la porte voisine. Quand elle eut disparu, il rentra dans sa chambre, un peu étourdi.
0o0o0o0o0o0
"Harry,
Je suis à Londres depuis quelques jours. Si vous voulez, nous pouvons nous rencontrer, afin que vous me montriez votre quatuor (que vous avez achevé, je présume). Je suis disponible tous les jours à partir de cinq heures. Il m'est possible de passer vous voir à votre école (mais dans ce cas, il faut que vous m'informiez de vos disponibilités). Si vous préférez, je peux également vous recevoir à la maison paroissiale où je réside actuellement (il y a ici un orgue de qualité que je serais heureux de vous présenter). Si aucune de ces deux solutions ne vous convient, fixez-moi un rendez-vous sur le lieu de votre choix.
Dans l'attente du plaisir de vous revoir
Révérend Severus Rogue, 7, St Andrewstreet."
Harry posa la lettre sur sa table. Rogue était donc de passage à Londres! Pour combien de temps? L'homme ne le précisait pas dans son courrier, mais il ne semblait pas y avoir urgence. Il évoquait un orgue... Sans doute l'ami qui l'hébergeait était-il lui-même un ecclésiastique qui lui donnait libre accès à l'orgue de son église...?
C'était une nouvelle inattendue, inespérée. Le garçon se sentait aussi ému que troublé à l'idée de revoir prochainement son ancien professeur...
Complètement pris par sa vie londonienne, Harry devait bien admettre qu'il n'avait guère pensé à Rogue ces derniers temps. Durant la journée, ses activités musicales l'absorbaient entièrement, et la nuit, il recevait fréquemment la visite de Kitty, la jeune servante. Après avoir fait l'amour avec elle, le garçon s'écroulait et dormait comme une masse d'un sommeil sans rêve. Elle savait comment le contenter, et connaissait toutes les façons possibles et imaginables de donner du plaisir à un homme sans risquer elle-même de tomber enceinte. Quand Harry s'en était naïvement étonné, elle lui avait expliqué avec un rire amer que son ancien maître ne tenait pas du tout à s'encombrer d'un enfant illégitime, et lui avait enseigné diverses "techniques" pouvant pallier à ce désagrément... Embarrassé et reconnaissant, le jeune homme l'avait serrée dans ses bras, et elle lui avait répété pour la énième fois qu'elle n'attendait rien d'autre de lui qu'un peu d'affection et de tendresse.
Il n'était pas amoureux de Kitty. Elle était certes agréable, gaie, généreuse et pouvait se montrer très sensuelle, mais il n'éprouvait rien de plus pour elle qu'une attirance physique doublée d'une solide amitié et aussi, d'une bonne dose de compassion. Aussi n'avait-il pas le coeur à la repousser, d'autant plus qu'elle faisait tout pour lui donner du plaisir, et y réussissait parfaitement.
Au cours de leurs étreintes, il oubliait momentanément sa vie musicale -qui l'angoissait autant qu'elle le passionnait-, et parvenait à faire refluer aux confins de sa mémoire son expérience avec le Lord. Quand il la serrait dans ses bras, il avait l'impression d'être redevenu un garçon normal, sain d'esprit et de corps... Même s'il eût préféré être vraiment amoureux de la femme avec laquelle il couchait...
Et voilà que le révérend arrivait à Londres, et lui proposait de le rencontrer! Harry avait terminé l'écriture de son quatuor, il en était d'ailleurs assez fier et l'idée de le montrer au pasteur lui paraissait soudain merveilleuse. D'autant plus qu'il l'avait déjà présenté à Dumbledore, et que le vieux musicien l'avait chaudement félicité pour son travail.
Quel était le meilleur endroit pour rencontrer Rogue? Harry brûlait d'envie d'aller lui rendre visite St Andrewstreet, nom qui n'évoquait absolument rien pour lui. Il n'avait pas souvent l'occasion de sortir de Poudlard, par manque de temps et d'argent. Parfois, pour se détendre, et parce qu'il aimait se mêler à la foule animée et colorée de la grande cité, il arpentait à pied les rues du quartier, seul ou avec un ami. Il n'avait emprunté un fiacre qu'une ou deux fois depuis son arrivée dans la capitale.
Quelques temps auparavant, il avait reçu une invitation de Drago Malefoy à l'accompagner à une réception chez le duc de Dorrington. Harry s'était trouvé obligé de décliner l'offre du vicomte, avec un vague sentiment de regret. Finalement, il n'eût pas été fâché de découvrir ce monde de l'aristocratie londonienne qui faisait tant rêver ses camarades de Poudlard. Mais il était déjà pris, Dumbledore organisant ce même soir un concert au cours duquel Harry devait assurer un solo très important.
Répondre à l'invitation de Rogue promettait d'être intéressant, et lui donnerait un prétexte pour s'aventurer dans un quartier qu'il ne connaissait pas.
Légèrement fébrile, Harry sortit de son tiroir une feuille vierge, prit sa plume et la trempa dans l'encrier.
"Mon révérend,
l'annonce de votre présence à Londres m'a fait un grand plaisir. Je suis impatient de vous revoir, et de vous soumettre mon quatuor à présent achevé. Je puis vous rejoindre là où vous résidez, dans trois jours, mardi à 5 heures. Je serai libre cet après-midi là, et je me fais une joie de découvrir cet orgue dont vous parlez dans votre lettre.
Bien à vous
Harry Potter."
0o0o0o0o0
-Quelle chance, d'avoir enfin réussi à vous retrouver et vous convaincre de venir ici, mon cher Mulciber !
-C'est un plaisir, bougonna le peintre en se laissant tomber dans un fauteuil et en croisant les jambes avec flegme.
-Vous vivez donc actuellement Grevillestreet, chez mon oncle?
-C'est ça.
-Et... avez-vous un atelier à votre disposition?
-Evidemment! Il y a quelques années, le Lord avait fait aménager les combles à cet effet.
-Les combles?
-Oui, sous les toits, confirma Mulciber, agacé. C'est un espace vaste et clair, presque aussi agréable que l'atelier de Manderley, mis à part la température en été, qui peut atteindre des records. En ce moment, c'est parfait.
-Merveilleux! J'en déduis que vous avez certainement des toiles en cours?
-Trois ou quatre, oui.
-Oh, j'aimerais tant les voir!
-Quand vous voudrez...
-Mais il me faudra peut-être attendre que mon oncle soit libéré?
-C'est préférable en effet. D'ici deux semaines, il aura quitté sa prison. Son procès a lieu dans quelques jours.
-Et on est sûr que le jugement lui sera favorable?
-Il n'y a aucun doute à ce sujet.
-C'est aussi ce que m'a dit mon père, qui est ici en ce moment pour témoigner en faveur de mon oncle, justement.
-Lord Voldemort n'en peut plus d'attendre...
-Je le comprends! Vous devez être impatient, vous aussi! Je viendrai donc vous voir chez lui, dès sa sortie. Vous ne pouvez pas imaginer combien je m'en réjouis! Il est hors de question de peindre ici, mes parents ne veulent pas en entendre parler. Même pas mon père, qui en général, ne me refuse rien.
-C'est bien ennuyeux..., constata Jack d'un ton indifférent.
-Ca ne m'a pas empêché de travailler, vous allez être content! Je me suis rattrapé sur le dessin. Voulez-vous voir mes productions?
-Allez-y, montrez-moi ça..., grommela l'artiste sans enthousiasme.
Drago se leva d'un bond et alla prendre un dossier sur une commode. Il contenait de nombreux croquis.
Silencieux, Jack les passa en revue.
-Pas mal du tout, reconnut-il en remettant le dossier entre les mains du vicomte.
-Je n'ai qu'une envie, me remettre à la peinture, dit le jeune homme d'un ton excité. Seriez-vous d'accord pour me reprendre comme apprenti, lorsque mon oncle sera libéré?
-Nous verrons, lâcha Mulciber en fronçant les sourcils. Seul le Lord peut en décider...
-Bien sûr! Mais je sens que j'ai encore tellement à apprendre de vous!
-Je ne vous le fais pas dire!
Drago se mit à rire, nullement vexé.
-Vous savez, maître, ce qui me plairait plus que tout?, reprit-il d'une voix vibrante. Achever le portrait de la petite Luna...vous savez, cette jeune fille qui...
-C'est bon, c'est bon, grommela Mulciber avec un geste de la main, je vois à qui vous faites allusion, je ne suis pas idiot... Mais ce n'est pas réalisable, désolé de vous décevoir.
-Pourquoi?
-Eh bien, elle n'est pas à Londres, que je sache.
Le regard de Drago se concentra tandis qu'il se penchait vers le peintre.
-Où se trouve-t-elle en ce moment?, souffla-t-il. Vous le savez?
D'abord étonné, l'homme le considéra un instant plus attentivement. Son expression changea, s'éclairant d'un sourire malin.
-Elle travaille à Bristol, dit-il enfin, narquois. Dans une maison bourgeoise, avec sa tante et le moricaud...
-Oh... très bien! Et pourquoi ne pourrais-je pas la faire venir ici? Mes parents accepteraient certainement de l'employer!
L'homme laissa fuser un petit rire.
-Je n'en sais rien...Vous pouvez toujours essayer! Mais il faudra embaucher également la mère Chourave! La gamine ne viendra pas toute seule!
-Je pense que mon père n'est pas à deux ou trois serviteurs près...Et je crois pouvoir lui recommander ces deux femmes, sans trahir aucunement sa confiance.
-Je ne peux que vous y encourager, appuya Jack avec plus de conviction. D'autant plus que le moricaud appartient au Lord, et qu'il aimerait bien le récupérer.
-Ah, parfait! Nos intérêts convergent, dans ce cas. Savez-vous chez qui travaille exactement cette Mrs Chourave, à Bristol?
0o0o0o0
-Regardez ce que j'ai rapporté de chez moi, les gars!
Seamus Finnigan sortit cérémonieusement une bouteille de son placard, et la promena sous le nez de ses camarades.
-Ca vous dit, un coup à boire?
Ils venaient d'achever une répétition de quatuor. Fatigués, les garçons avaient rangé leurs instruments et se détendaient quelques minutes dans la chambre de Seamus, nettement plus spacieuse que celle de Harry.
-Veinard, s'écria Dean en se laissant tomber sur le lit de son ami. Tu as de la chance, Seam'! Tout le monde n'a pas de quoi s'offrir une bonne bière!
-Espèce d'envieux! Ne te plains pas, ou tu n'y goûteras pas... Tu sais, j'aurais pu la planquer et la vider tout seul, dans mon coin, dès que tu aurais eu le dos tourné.
-Alors, ça vient, ce verre?, grogna Harry, appuyé au bureau. Dépêche-toi, je meurs de soif.
-A vos ordres, Maestro..., lança Seamus en s'inclinant, le sourire aux lèvres. Tu auras droit à être servi en premier, Harry. Tu es notre chef incontesté.
-Arrête de te payer ma tête...
-Mais pas du tout, je suis on ne peut plus sérieux, s'écria Seamus en fourrant une chope bien remplie dans la main du nouveau. C'est la vérité, mon vieux! Pas vrai, les gars ? Franchement, tu as beau être le plus jeune, quand tu diriges l'orchestre, c'est encore mieux qu'avec Dumby.
-En tout cas, je te préfère toi aux autres..., renchérit Ernie qui s'était assis par terre, le dos contre le mur. Diggory est vraiment casse-pieds, quand il s'y met.
-Ah quel boulet, celui là !, ajouta Dean. Il n'a jamais rien à dire d'intéressant. Il joue aux petits chefs en criant sur tout le monde, mais il ferait mieux de la fermer, surtout qu'il est archi-nul.
-Il n'est pas si nul que ça..., dit Harry sombrement.
-Qu'est-ce que tu veux, c'est un fils à papa, il faut qu'il se mette en avant!
-Et il fait le fier devant sa fiancée..., fit remarquer Ernie.
-La belle Jane Peterson..., dit Seamus d'un ton rêveur. Elle vient assister à toutes les répétitions, depuis quelques temps. Je me demande ce qui lui prend. Avant, elle n'était jamais là.
-Elle doit aimer voir son amoureux tenir une baguette de chef...
-Ca l'excite, tu crois?
Les garçons éclatèrent de rire. Harry semblait embarrassé, et restait silencieux, sirotant sa bière.
-Tu as rougi, Harry, glissa Seamus. Elle te plaît, la miss Peterson?
-Tu dis n'importe quoi, idiot!, protesta l'interpellé en levant les yeux au plafond.
-Moi, j'ai remarqué qu'elle te faisait de l'oeil. Pas vous, les gars?
-Si! Elle n'est pas très discrète. Il n'y a que Harry pour ne pas s'en apercevoir, gloussa Ernie.
-Qu'est-ce que ça serait drôle, si elle plaquait Diggory pour se jeter dans tes bras, Potter! Je t'assure, rien que d'y penser, je jubile ... Vous feriez un beau couple, tous les deux!
-Vous êtes sérieusement allumés, les gars..., maugréa Harry en retenant difficilement un sourire en coin.
-Allez, avoue qu'elle te plaît!
-A qui elle ne plairait pas, cette demoiselle Peterson?, ricana Dean. En plus, il paraît qu'elle joue divinement du clavecin et du piano.
-Mais c'est qu'il est déjà pris, le petit Potter!, lança Seamus d'un air entendu. N'oublions pas la charmante Kitty!
Dean se redressa brusquement et fixa Harry, stupéfait.
-Quoi? Tu es avec Kitty? Tu... couches avec elle?
-Ferme la bouche, Thomas!, lança Ernie d'un ton railleur. Ta mâchoire va tomber par terre!
-D'où est-ce que tu tiens ça, Seamus?, jeta Harry en fronçant les sourcils.
L'irlandais avala une bonne goulée de bière avant de répondre.
-Désolé, mais c'est elle-même qui me l'a raconté, dit-il posément. On se connaît bien, elle et moi, tu sais... Si tu voulais garder ça secret, c'est raté.
-D'accord...je vois..., grimaça Harry, en lui lançant un regard noir.
-T'inquiète pas, vieux, j'irai pas le crier sur les toits!
-Ouais, mais j'imagine qu'avec Kitty, c'est pas du sérieux, fit remarquer Dean. C'est pas le genre de filles qu'on épouse... Ceci dit, elle est mignonne. Et pas farouche pour un sou. Je suppose que tu prends ton pied, Harry? (1)
Ce dernier haussa les épaules et posa son verre sur la table.
-Bon, je vais y aller, j'ai du travail. Merci pour la bière, Seamus.
-On te fait fuir, c'est ça?
-Mais non... vous êtes juste un peu indiscrets. Je ne m'occupe pas de votre vie privée, moi...
-Tu peux, si tu veux, claironna Seamus. Ca ne me dérangerait pas plus que ça! Pour tout te dire, moi, j'ai les faveurs de la jolie Nancy, et je n'en fais pas mystère...
-Nancy? C'est qui, celle là?, interrogea Ernie, incrédule.
-Tu ne la connais pas? C'est une danseuse de l'opéra.
-Wow! Comment t'as fait pour la rencontrer?
-C'est une longue histoire! Figure-toi que...
-Bon, en attendant, coupa Harry en gagnant la porte d'un pas rapide, n'oubliez pas de travailler vos partitions pour mardi. Il faut qu'on avance, Dumbledore a l'intention de nous proposer un concert prochainement, chez un de nos mécènes...Un type très important, semblerait-il.
-Quoi? Tu plaisantes?
-Absolument pas. Je vous en parlerai quand j'en saurai plus. Quoiqu'il en soit, mettez-vous à fond au boulot. A bientôt, les gars!
-Salut, Harry! Et passe le bonjour à Kitty de ma part!, lança Seamus d'un ton gouailleur.
0o0o0o0o0
Le jeune Potter allait arriver d'un instant à l'autre... Severus tremblait d'impatience et de nervosité.
Il y avait une semaine environ que le pasteur s'était installé à Londres. Les premiers contacts avec sa nouvelle paroisse s'étaient avérés difficiles. Il se trouvait dans un quartier de grands bourgeois qui le considéraient avec un certain mépris, lui qui débarquait de sa lointaine campagne. De plus, au sein de cette nouvelle communauté, il ne bénéficiait pas du statut qui avait été le sien à Wardour. On l'avait en quelque sorte rétrogradé au rang "d'assistant" ou, dit plus crûment, de sous-fifre, corvéable à merci. Son ami, l'évêque Gilbert King, qui avait fait des pieds et des mains pour le faire venir dans la capitale, n'avait pas réussi à lui obtenir une position plus avantageuse, et Severus ne pouvait rester là qu'à condition de se plier aux exigences du vicaire général, le révérend Cornelius Fudge.
Severus dépendait entièrement de cet homme qui le regardait de haut et ne ratait pas une occasion de l'écraser de sa supériorité.
Aussi Severus se réfugiait-il souvent dans l'église vide pour jouer de l'orgue. Là, il se trouvait à nouveau en terrain connu, et reprenait confiance en lui, d'autant plus que son supérieur ne connaissait rien à la musique.
Toutefois, il n'avait pas oublié sa mission, la raison principale de sa venue dans la capitale. Dès que sa nouvelle vie s'était trouvée à peu près organisée, il avait envoyé un mot à Harry, lui proposant de le rencontrer. Il voulait s'assurer que le garçon allait bien, et que le Lord n'avait pas cherché à reprendre contact avec lui.
...Et surtout, sans qu'il osât se l'avouer, il brûlait de l'envie de le revoir...
Le garçon lui avait aussitôt répondu favorablement, acceptant volontiers de venir le retrouver Sr Andrewstreet, et Severus avait envoyé un jeune coursier lui remettre un ultime message de confirmation.
A présent, assis au salon, dans le grand presbytère sombre attenant à l'église, il attendait le garçon qui ne devait plus tarder. Pour se donner une contenance, il avait ouvert un livre de théologie dont il ne parvenait pas à lire une ligne.
Il tressaillit en entendant sonner la cloche de l'entrée. S'il l'avait pu, il se serait levé précipitamment pour descendre ouvrir, mais ici, il lui fallait respecter scrupuleusement les convenances. C'était un jeune employé qui se chargeait des entrées et des sorties, et Severus regrettait amèrement la vieille Mary qui avait tant gémi et pleuré lors de son départ de Wardour.
Enfin, on frappa à la porte du salon. Severus se leva. L'employé ouvrit, lui jeta un regard froid et incisif, puis s'effaça, laissant passer le jeune visiteur.
Harry Potter fit deux pas dans la pièce, puis s'arrêta, les bras ballants. Il avait laissé manteau et chapeau dans l'entrée. Il portait sa veste habituelle, rien en lui n'avait changé, en apparence du moins. Souriant timidement, il levait vers le révérend son regard magnifique.
Il est encore plus beau que dans ton souvenir. Secoue-toi, abruti, va vers lui, salue-le, au lieu de rester planté là comme si on t'avait annoncé la fin du monde.
-Bonjour, Harry!
-Bonjour, mon révérend.
-Vous avez trouvé ce lieu facilement?
-Mais oui... En fait, vous n'êtes pas très loin de Poudlard. Bêtement, j'ai pris un fiacre, alors que j'aurais très bien pu venir à pied. Je le saurai pour la prochaine fois.
-Ah! C'est donc qu'il y aura une prochaine fois?, ironisa Severus malgré lui.
Le garçon sourit.
-Eh bien...je l'espère... A moins que vous ne repartiez dès demain?
-Non, non... rassurez-vous, ce n'est pas mon intention. Vous avez un peu de temps?
-Oh...oui...j'ai toute la soirée! Mais je ne veux pas vous déranger.
En fait, il a changé. Il paraît plus mûr, plus assuré. Et dans son regard, il y a cette lueur... que tu n'arrives pas à identifier... A moins que ça ne soit...
-Vous ne me dérangez pas. Asseyez-vous. Je vais demander qu'on nous apporte du thé.
Severus sortit vivement du salon. Sur le palier, il s'immobilisa un instant, reprenant son souffle.
Tu le fuis, tellement il te trouble... Tu es dans tous tes états... Ressaisis-toi, bon sang!
-John, héla-t-il, essayant d'affermir sa voix. Pouvez-vous nous servir le thé, s'il vous plaît?
Le jeune employé sortit de la pièce voisine dans laquelle il travaillait.
-Bien, mon révérend, dit-il sèchement en jetant à Severus un coup d'oeil hostile.
C'était un jeune séminariste sans fortune qui rendait des services au presbytère pour payer ses études. Son dédain à l'égard de Severus transpirait par toutes les pores de sa peau.
Le pasteur revint dans le salon. Harry s'était assis, avait déboutonné sa veste et sorti ses manuscrits. D'une main négligente, il ébouriffait les cheveux épais et soyeux qui lui tombaient sur le front et les tempes.
-Alors? Où en est votre quatuor?, s'enquit le révérend en s'asseyant à son tour face à son visiteur.
-J'ai terminé.
-Voilà qui est bien. Faites-moi voir!
Harry lui tendit ses papiers. Lorsque le pasteur s'en saisit, leurs doigts s'effleurèrent.
-Malheureusement, nous ne pourrons pas profiter de l'orgue à cette heure-ci, murmura-t-il en considérant pensivement les portées. Je n'ai personne pour actionner la soufflerie.
-Oh... si ce n'est que ça! Je peux l'actionner moi-même, il n'y a pas de problème!, s'écria Harry avec entrain. Ce serait trop dommage que vous ne puissiez pas lire dès maintenant le quatrième mouvement et me donner votre avis!
-C'est que...Il s'agit d'un orgue imposant, et les soufflets sont aux dimensions de l'instrument. Autant vous dire que...
Harry se mit à rire.
L'effort physique ne semble guère l'effrayer. Evidemment, il est jeune et vigoureux. Et ce rire enfantin, provocant... c'est celui de James, exactement... A la fois une torture et un régal...
-On verra, reprit le garçon, si je suis capable de faire sortir un son de ce monstre. En tout cas, je suis impatient de le voir! Vous en êtes satisfait?
Severus sourit malgré lui.
-Oui, bien sûr, reconnut-il, le coeur en fête. C'est un bel instrument, vous ne serez pas déçu. Nous irons le voir... dès que nous aurons bu notre thé. Il fait froid dans l'église, autant faire le plein de chaleur.
Comme s'il l'avait entendu, John entra à cet instant, chargé d'un plateau, qu'il vint déposer sur la table, avant de resortir hâtivement sans prononcer un mot. Severus se leva pour faire le service, et Harry le rejoignit. Il prit la tasse pleine que lui tendait le pasteur.
-Combien de temps restez-vous à Londres?
-Eh bien..., commença Severus, soudain embarrassé. En fait... je me suis installé ici... définitivement.
De surprise, le garçon faillit lâcher sa tasse, qui tangua dangereusement sur sa soucoupe.
-Définitivement? Oh...mais c'est...
Il ne sait plus quoi dire...Il te dévisage avec étonnement, et un brin de suspicion... Et toi, tu rougis, imbécile... Alors que tu t'attendais à cette réaction. Comment justifier ce changement de vie? Tu ne peux lui avouer que tu ne supportais pas l'idée de vivre loin de lui, n'est-ce pas...?
-Mon ami, l'évêque Gilbert King, essayait depuis longtemps de me faire venir dans la capitale. Il a enfin obtenu gain de cause.
A qui espères-tu faire avaler cette fable ?
-C'est formidable!, s'exclama le garçon, enthousiaste. Nous allons pouvoir nous rendre visite régulièrement, alors! Je ...vous...
Il semble ému... Il en perd l'usage de la parole. Ces yeux, qu'il lève vers toi... Trop verts... envoûtants... Ange, ou démon?
Pour échapper à ce regard, Severus but une gorgée de thé trop chaud.
-Je n'aurai pas beaucoup de disponibilités, dit-il froidement. Mes charges paroissiales sont nombreuses, ici. Et mon supérieur hiérarchique n'est pas très... comment dire...
-Accomodant?...Compréhensif?
-Si vous voulez. Pour vous donner un exemple, il tolère difficilement que je consacre à l'orgue plusieurs heures par jour.
-Oh...je vois...! Ca doit être dur pour vous...
-Mais peu importe. Parlons plutôt de vous, Harry. Où en êtes-vous de votre vie musicale, à présent?
Le garçon baissa les yeux, réfléchissant un instant.
-Eh bien...Pour résumer, je ne vois pas le temps passer, dit-il en les relevant hardiment. Entre les répétitions d'orchestre et de musique de chambre, les cours que je donne et ceux que je prends, les heures passées à travailler le violon, le pianoforte, la composition... je ne sais plus où donner de la tête.
-Si je comprends bien, je suis en train de vous voler un temps précieux?
-Oh non, pas du tout..., protesta le garçon avec un sourire. J'ai besoin de me changer les idées. Et je pensais justement me reposer et me détendre, cet après-midi.
-C'est pourquoi vous allez devoir actionner les soufflet jusqu'à l'épuisement.
-Je m'arrêterai avant de m'écrouler de fatigue, ne vous inquiétez pas!
Ils rirent. Severus se sentait étrangement ému.
-Etes-vous content de vos professeurs?, dit-il en se recomposant un air strict.
-En fait, je travaille surtout avec le professeur Dumbledore. Il m'enseigne l'écriture, ainsi que la direction.
-La direction?
-Oui... il commence à prendre de l'âge, alors il cherche quelqu'un qui puisse lui succéder. Nous sommes plusieurs candidats, et il nous fait tous travailler, à tour de rôle. C'est très instructif.
-Ca vous plaït?
-La direction?... Oui, beaucoup... Mais j'ai du mal à me faire accepter. Les musiciens londoniens voient en moi un petit provincial trop jeune et sans expérience. Ils me font la vie dure, parfois.
-Je vois... Je connais ça, ici, moi aussi, bien que je sois plus âgé que vous.
Harry plongea son regard vert dans les yeux sombres du pasteur, et sourit d'un air complice tout en trempant ses lèvres dans le liquide brûlant.
-Cet homme qui m'a ouvert la porte, et qui a apporté le thé..., glissa-t-il d'un ton amusé... il a l'air de se prendre terriblement au sérieux.
-Ce n'est pas qu'un air, malheureusement...
-Je parie qu' il fait partie de ceux qui vous considèrent comme un... campagnard... un bouseux. Je me trompe?
Severus se contenta de faire une grimace éloquente, et Harry pouffa, manquant de renverser une nouvelle fois sa tasse.
Mon Dieu... ce visage... ces lèvres... ce rire... Il te rendra fou... et il le sait, le gredin.
-Regrettez-vous Wardour, Harry?
-Oh, non, quand même pas..., répondit le garçon, redevenu sérieux. Quoique... Par moments, si ! Les Weasley me manquent. Et vous?
-Si je regrette mon ancienne paroisse? Il est trop tôt pour en juger...
-Maintenant que vous êtes là... les choses vont changer...n'est-ce pas?, affirma Harry. Nous pourrons nous voir, parler du pays...
-Espérons le...
Severus posa trop brusquement sa tasse sur le plateau, et s'éloigna de quelques pas.
Tu ne sais pas te contrôler. Pourquoi faut-il qu'il te fasse autant d'effet? Et ses aveux... se rend-il compte à quel point ils sont touchants... et troublants?
-Avez-vous fini, Harry?, lança-t-il presque hargneusement. Si oui, je vous amène voir l'orgue, avant qu'il fasse complètement nuit.
Le garçon posa sa tasse à son tour.
-Je suis à vous..., dit-il en se tournant vivement vers le pasteur.
Il est à toi. Il vient de te l'annoncer... La bonne blague! Pour un peu, on pourrait penser qu'il use à dessein de ce genre de formules à double-sens, pour mieux te confondre ... Mais tu doutais encore?... Bien sûr, qu'il te manipule! Il a compris que tu le désires, et il s'en divertit... Hélas, c'est le Lord, cette crapule, qui l'a ainsi corrompu... Imagine que le gamin se comporte ainsi avec tout le monde... Certains n'auront pas autant de scrupules que toi, et ne se gêneront pas pour en profiter... Il est sur la mauvaise pente. Où finira-t-il, si tu le laisses faire? A toi de le corriger! Mais es-tu bien placé pour cela, toi qui n'as en fait qu'une seule envie, c'est d'attraper sa jolie tête et de baiser fiévreusement ses lèvres tentatrices...?
Ils avaient traversé la maison, après que Harry eût pris son manteau et son chapeau, puis gagné une petite porte qui permettait d'accéder directement à la sacristie. Vêtu de sa cape au dessus de sa soutane, Severus s'était muni d'un grand chandelier, car le jour commençait nettement à baisser.
Ils pénétrèrent enfin dans la grande église. Les voûtes disparaissaient dans l'ombre. Il y régnait une odeur d'encens, de bougie et d'humidité. Harry leva les yeux, et laissa échapper une exclamation admirative.
-Wow... C'est autre chose que l'église de Wardour... Et l'orgue...Wow!
Frémissant de joie contenue, Severus le conduisit jusqu'à l'escalier en vrille qui grimpait à la tribune. Il y avait bien plus de marches qu'à Wardour.
-Voilà. Les soufflets se trouvent ici, indiqua le pasteur quand ils eurent atteint la plate-forme. Normalement, il faut au moins deux personnes pour les actionner, en pédalant énergiquement. Je ne pense pas qu'à vous tout seul, vous parviendrez à...
-Essayons!, coupa le garçon avec détermination, en jetant son manteau par terre.
-Comme vous voudrez...
Severus s'installa sur le banc et posa la partition de Harry sur le pupitre. Il réfléchit un instant, puis tira quelques registres. Guettant son signal, le garçon s'accrochait à la barre, et il se mit à pédaler de toutes ses forces dès que le révérend fut prêt.
Le pasteur réussit à jouer toute l'exposition du quatrième mouvement. Il avait fort à faire, car l'écriture en était dense et complexe, et le tempo très rapide. Par bonheur, il était bon lecteur. Mais au bout de quelques minutes, le son se mit à faiblir, avant de mourir dans les tuyaux.
Severus retira ses mains du clavier et se tourna vers Harry. Autant qu'il pouvait le voir de là où il se trouvait, le garçon ne bougeait plus. Les bras et la tête appuyés sur la barre, il reprenait péniblement son souffle. L'organiste se leva et s'approcha de lui.
Il est épuisé... Drôle de vision...qui te donne une furieuse envie de le prendre dans tes bras, et de caresser son corps abandonné...
Relevant la tête, le garçon sauta sur le plancher de la tribune. Il était rouge et haletant, mais il souriait, les yeux brillants dans la demie pénombre qui régnait sur la tribune.
-Alors..., souffla-t-il, qu'en avez vous pensé?
-Beaucoup de bien. Ce mouvement est à la hauteur des trois autres, autant que j'aie pu en juger pour l'instant. Je n'ai pas encore lu le développement, mais si vous voulez bien me laisser la partition, je l'étudierai demain, dès que j'aurai un moment.
-Mais...vous aurez quelqu'un, demain, pour actionner la soufflerie?
-C'est prévu au programme. Demain est un jour faste. J'aurai deux personnes à ma disposition de dix à quinze heures.
-Ah...parfait! Ils ne seront pas trop de deux... Ils sont costauds, j'espère?
-De vrais athlètes!
Approuvant de la tête en riant, le garçon retira sa veste d'un mouvement rapide, se retrouvant en chemise.
-Je suis en nage..., constata-t-il en s'essuyant le front de sa manche. Je crois que je vais avoir des courbatures, ça promet!
-C'est vous qui avez insisté, Potter...
-Et je ne le regrette pas. ...Heu...Vous permettez? J'en ai plein les jambes.
Le garçon se laissa tomber assis sur le banc, dos au clavier, sa veste à la main. Après une courte hésitation, Severus s'assit à ses côtés.
-En tout cas, cet orgue sonne magnifiquement, constata Harry. Pour ça au moins, vous avez gagné au change.
-C'est vrai qu'il offre plus de possibilités que celui de Wardour...
-Il a un nombre incroyable de jeux! Vous arrivez à vous y retrouver?
-J'avoue que je m'y perds encore un peu pour l'instant.
-Ca ne m'étonne pas.
-Savez vous que vous faites un parfait "souffleur", Potter..., murmura Severus avec un léger rictus. Mais vous manquez d'entraînement...
Harry gloussa.
-Si je ne réussis pas en musique, je pourrai toujours me reconvertir. Avec un peu de chance, vous accepterez de m'embaucher pour pédaler...
Severus tourna les yeux vers lui. Dans la lumière vacillante du chandelier, le visage du garçon lui rappelait étrangement celui du Saint Sébastien.
Et si tu te penchais vers lui, et que tu l'embrassais, ici et maintenant? Comment réagirait-il?
-Je ne sais pas si vous avez le gabarit...
-En buvant beaucoup de bière, j'y ariverai peut-être...
-Oh non! Surtout pas!, se récria malgré lui Severus. Vous êtes très bien comme ça!
Vas-y, fais-lui ta déclaration dans la foulée, tant que tu y es...
-C'est pour vous convaincre que je peux faire ce métier..., rigola Harry.
-Je vous embaucherais avec plaisir..., ricana le pasteur en détournant le regard, mais je pense sincèrement que vous méritez mieux...
Tu ne rêves pas. Il est en train de s'appuyer doucement contre toi... Tu sens le rayonnement de son corps que l'effort a échauffé... son odeur, délicieuse... Oh, mon Dieu...
-Et vos souffleurs si bien musclés, ils sont disciplinés? Ou ils vous lâchent en plein milieu d'une fugue à cinq voix?
-Malheureusement, ça arrive fréquemment, quand ils sont imbibés d'alcool...Il n'y a que pendant les offices qu'ils se sentent obligés d'être sobres, et qu'ils tiennent le coup jusqu'au bout.
-Quelle guigne!
-Vous pouvez le dire...
Ils se turent un moment. Pivotant sur lui-même, Severus rassembla les partitions de Harry et les glissa dans sa veste.
-Est-ce que je peux...vous poser une question?, dit soudain le garçon d'une voix incertaine.
Severus lui jeta un regard circonspect.
-Posez là, je verrai bien si je peux y répondre...
-Vous avez connu mes parents, n'est-ce pas?
-Oui..., répondit Severus après un silence, à la fois intrigué et inquiet.
-Remus m'a dit que vous...n'aimiez pas mon père. Est-ce exact?
Charmant! Il faudra que tu songes à remercier ce cher Lupin... Mais pourquoi le garçon t'interroge-t-il maintenant à ce sujet?
-Pensez-vous vraiment que ce soit le moment et le lieu pour en parler, Harry?
-Ce ne sera jamais le lieu et le moment... J'aimerais savoir... en quelques mots...s'il vous plaît...
Le garçon marmonnait dans sa barbe, les yeux baissés. Dominant son malaise, Severus prit une inspiration.
-Je n'aimais pas votre père, en effet, mais lui non plus ne m'appréciait guère, murmura-t-il d'un ton heurté. Nous avions des caractères radicalement opposés. Il était très à l'aise, populaire, et je le trouvais arrogant. Moi, j'étais sombre, discret, effacé... Lui et ses amis aimaient se moquer de moi.
Hary releva la tête et plongea le regard dans celui de Severus.
-Je...je suis désolé..., balbutia-t-il.
Le pasteur haussa imperceptiblement les épaules.
-Vous n'avez pas à l'être. En quoi seriez-vous responsable des agissements de votre père?
Harry resta un moment silencieux, sans lâcher Severus du regard. Ses yeux verts paraissaient sombres dans le clair-obscur du chandelier.
-Et...et ma mère?, murmura-t-il enfin.
-Vous aviez dit une question, Potter...Aurais-je mal entendu?
-Ce n'est que la deuxième partie de la première...
-Vous êtes insatiable!
-S'il vous plaît...
Il y eut un silence. Le garçon triturait machinalement la manche de sa veste, suspendu aux lèvres de son ancien professeur.
-Votre mère... était une perle, lâcha enfin Severus dans un souffle.
-Vous...heu... vous l'aimiez...bien?
Severus déglutit.
-Est-ce une troisième question, Potter?
-Eh bien...elle découle forcément de la première et de la seconde...
-Vous reconnaissez donc qu'il y en a déjà eu deux!
-Oui. Mais...
-Mais encore? En quoi vous sera-t-il utile de savoir que...Severus marqua une pause, puis acheva dans un murmure: "...que oui, j'aimais votre mère?"
Tu vas trop loin... Mets immédiatement un terme à cet entretien qui ne peut que dégénérer!
A nouveau, un silence, plus long que le précédent. Les ténèbres avaient à présent envahi la grande église.
Lève-toi, éloigne toi de lui, quitte ce maudit banc, descends de la tribune! Qu'attends-tu? Mon Dieu, tu en es incapable... malgré toi, tu espères qu'il va encore te parler... et tu voudrais lui donner des leçons de morale?
-A qui trouvez-vous que je ressemble le plus?, reprit tout-à-coup le garçon à voix basse. A mon père?... Ou à ma mère?
Qu'as-tu fait pour mériter ça? Il s'est juré de t'achever, ce soir...
-Vous dépassez les bornes, Harry, dit Severus, faisant mine de se lever. Il est temps de redescendre, à présent.
Le garçon posa une main sur son avant-bras, l'incitant à rester assis.
-Répondez juste à cette question, supplia-t-il. Je vous promets que ce sera la dernière.
-Permettez-moi d'en douter..., ricana Severus.
Tu aimes sentir sa main sur toi... Rêves-tu, ou se montre-t-il réellement de plus en plus familier à ton égard...?
-Bon, d'accord, ne répondez pas, dit Harry en retirant sa main. Ce n'est pas intéressant, au fond.
-Non, ce n'est pas intéressant, comme vous dites. Et il se fait tard...
-Il n'est que six heures..., constata Harry, amer.
Il finira par t'avoir à l'usure...
-Bon, vous tenez vraiment à ce que je vous dise auquel de vos deux parents vous ressemblez?, grinça le pasteur, vaincu. A votre place, je préfèrerais ne pas savoir.
-Oh...c'est si grave que ça? A vos yeux, je suis donc... pire que mon père?
Severus laissa échapper un petit rire désabusé.
-Non, rassurez-vous. Mais comment pourrais-je vous répondre? Vous êtes un savant mélange... et en même temps, vous avez votre propre personnalité. Tout ce que vous avez vécu jusqu'à présent vous a façonné selon un modèle original.
-Je comprends, dit doucement Harry après un temps de réflexion. C'était une question idiote. Merci... Pardonnez-moi, je vous ai ennuyé...
-Oh, à peine... J'ai tout mon temps, n'est-ce pas, hum... Mais à présent...
Hypocrite! Tu resterais bien là toute la nuit, à partager cette intimité avec lui...
-Vous savez, reprit Harry dans un chuchotement, je pensais que vous me détestiez... je l'ai cru pendant des années.
Ah non! Tout, sauf ça ! Où veut-il en venir? Dans quel marécage tente-t-il de t'entraîner?
-Vraiment?, grommela Severus, la gorge contractée.
Pourquoi ne lui cloues-tu pas le bec, une bonne fois pour toutes? Tu faisais cela parfaitement, autrefois...
-Oui... Du jour au lendemain, vous avez changé de comportement à mon égard. Au moment où vous avez cessé de me donner des cours d'orgue, quand j'avais quatorze ans. Vous vous rappelez?
Tu ne peux pas feindre de ne pas avoir compris...
-Peut-être...vaguement... J'ai probablement décidé que vous étiez en âge de prendre votre envol, et qu'il fallait que je lâche un peu les rênes de votre éducation.
-A l'époque, j'ai trouvé ça... très dur...incompréhensible. J'ai mis ça sur le compte de votre...ancienne haine pour mon père.
Nous y voilà...
-Vous vous trompiez. J'aurais dû vous expliquer. Je n'ai jamais été très habile... ni très doué en matière de relations humaines...
Le garçon leva soudain vers Severus un regard effronté.
-Ca, on peut le dire, lança-t-il, le sourire aux lèvres. En fait, vous n'êtes qu'un ours, on ne vous a jamais appris les bonnes manières!
-Potter, je ne vous permets pas..., avertit Severus, faussement menaçant, en attrapant d'une main la nuque de Harry, sous les cheveux.
Que fais-tu? Il te provoque, et tu tombes dans le piège, avec délectation. N'oublie pas, sombre idiot! Ton devoir est de le remettre dans le droit chemin... Et pas d'en profiter pour le toucher... Lâche-le, imbécile! ...Tu sens la chaleur de sa peau, sous tes doigts... Mais... que se passe-t-il?...Voilà, qu'il se laisse aller en arrière, s'appuyant encore plus contre toi...
Paniqué, Severus libéra Harry en se levant brusquement, si bien que le garçon, déséquilibré, faillit dégringoler du banc.
-Allons-y, dit le pasteur, la voix rauque. Il est tard, vous devez rentrer à votre école. Saurez-vous trouver le chemin?
D'un pas lourd, le garçon alla ramasser son manteau.
-Je l'espère..., dit-il en enfilant sa veste, puis son manteau. De toute façon, si je me perds, je reviendrai vous trouver. Vous m'offrirez bien l'asile pour la nuit?
Le brigand! Il se moque de toi, une fois de plus, avec ses yeux enjôleurs...
Severus pinça les lèvres pour ne pas sourire.
-Je ne pense pas que mon supérieur apprécierait, maugréa-t-il. D'ailleurs, évitons de repasser par le presbytère, je n'ai pas envie de le croiser. Vous allez sortir directement sur la rue.
Arrivés au bas de l'escalier, ils traversèrent la grande église obscure pour gagner une petite porte latérale. Severus posa le chandelier sur le sol, sortit de sa cape son trousseau de clefs, en choisit une et la fit tourner dans la serrure. Le vent humide leur sauta au visage. Enfonçant son chapeau sur sa tête, Harry avança sur le parvis, qui était surélevé de quelques marches.
-Vous vous repérez?, demanda Severus, inquiet. Vous avez dû arriver par ce côté, en fiacre. Il faut contourner l'église, et prendre cette rue, là-bas.
-Ah...oui...je vois.
Il se tourna vers le pasteur.
-Excusez-moi encore pour tout à l'heure, dit-il doucement. Je me suis conduit comme un gamin égoïste.
-Qu'est-ce que vous racontez?
-Je vous ai pris votre temps, et nous n'avons parlé que de moi et de mes parents. Pourtant, je ne sais rien de vous...et j'aimerais...
-Ne tardez plus, Harry. Nous nous reverrons...
-Oui, mais quand ?
-Eh bien...c'est moi qui viendrai vous voir, si vous en êtes d'accord. Je vous rapporterai votre manuscrit.
-Oh oui, avec plaisir! Ce sera l'occasion de vous faire visiter Poudlard!
-Quand êtes-vous disponible?
-...heu...dimanche? Ah, non, j'imagine que c'est le jour où vous êtes le plus affairé!
-Le matin uniquement. Bien, je passerai à votre école ce dimanche, vers trois heures. Cela vous convient-il?
-A merveille!, s'écria Harry, la mine joyeuse.
Il remonta son col et descendit deux marches.
-A dimanche, mon révérend!
Severus suivit des yeux sa silhouette qui s'enfonçait dans la pénombre de la ruelle.
Pourvu qu'il retrouve son chemin et ne fasse pas de mauvaise rencontre... Le voilà parti, et déjà, sa présence te manque cruellement... Tu t'aperçois soudain que la nuit est tombée... Les jours vont être longs, jusqu'à dimanche!
Il rentra dans l'église, et referma la porte.
.......................................................
Harry marchait d'un pas élastique. Il se sentait léger, heureux... Son coeur débordait d'affection pour le révérend. Et d'autre chose encore... qui le maintenait dans ce curieux état d'excitation, si agréable... malgré son étrangeté...
Le pasteur s'était installé à Londres...définitivement... Il pourrait le revoir aussi souvent qu'il le voudrait...
Plongé dans ses pensées, il ne vit pas l'homme qui le guettait de ses yeux jaunes, caché dans l'ombre d'un porche.
Quand le garçon se fut un peu éloigné, l'inconnu lui emboîta discrètement le pas.
o0o0o0o0o0o
(1) L'expression n'est pas vraiment d'époque, je sais...^^
Et voilà...J'attends remarques, critiques et appréciations en tout genre avec impatience, comme toujours. Ne m'en voulez pas si je suis en retard pour le prochain chapitre. La période est très chargée. Bisous à tous!
PS: je viens seulement de réaliser que "rogue" est un anagramme du mot "orgue" (c'était pourtant évident!)... Je devais avoir ça en tête inconsciemment quand je lui ai attribué cet instrument!!
Jenni944: Sev arrivera-t-il avant le Lord? La réponse est dans ce chapitre. Merci à toi, bisous!
Fanny-kun: Contente de te retrouver sur cette fic! Oui, Severus ne peut pas croire qu'il puisse être attirant pour qui que ce soit... cette modestie, ce manque de confiance font une partie de son charme, je trouve (c'est aussi l'avis de Harry!). C'est tout le contraire du Lord, n'est-ce pas? -Drago? En effet, son attitude semble ambigüe. Mais tu analyses parfaitement ses motivations, tu as tout compris. Il veut se servir de Harry pour apprivoiser Luna, et aussi, garder le contrôle sur lui, étant donné que le musicien risque de devenir l'héritier du Lord.-Et oui, Voldemort sera bientôt libre... et il n'a certainement pas l'intention de renoncer à Harry. Merci pour cette review qui m'a fait bien plaisir, et à bientôt!
Zohariel: Merci pour ton avis sincère. Oui, je comprends qu'on préfère le Harry/Voldemort au Harry/Severus, mais le propos de cette fic est justement de confronter ces deux relations, dans leurs ressemblances comme dans leurs différences. Quant au côté répétitif, je le redoute moi aussi, et je vais essayer de ne pas tomber dans cette ornière, mais j'ai bien du mal^^. Biz!
Bloom-Sophie: Ah, je n'avais pas capté que Sophie et Bloom étaient une seule et même personne!-Comme je l'écrivais plus haut, je comprends qu'on ne soit pas emballé par le HP/SR (ou HP/SS), dans la mesure où on se représente souvent Severus comme quelqu'un de laid. Mais moi, je l'imagine plutôt ressemblant à Allan Rickman, l'acteur de Rogue dans les films, en plus jeune (c'est d'ailleurs un des seuls persos à qui j'aime prêter les traits de celui qui l'incarne dans la série), et je le trouve très séduisant sous cet aspect, non? (tu as le droit de ne pas être d'accord!) --Aha, tu voudrais que le Lord kidnappe Harry? Ne serais-tu pas un peu sadique ? (moi aussi, ça tombe bien). Bon, je vais voir ce que je peux faire pour toi (hu hu hu...). Merci pour cette (ces) review(s) intéressante(s) et encourageante(s). Ziboux!
Anon: Merci pour ton message rigolo. Le voici, le chapitre 4 (mais le 5 n'est pas commencé!)! Bisous!
Une potterienne: Tu m'as gâtée, avec tes deux reviews, ma chère! Je vais essayer de répondre de façon cohérente à toutes tes questions.- Le Lord connaissait-il l'existence de Harry quand il a ordonné à ses hommes d'aller tuer les Potter? Non, je ne pense pas. Il voulait surtout supprimer un gêneur et sa femme, il ne savait rien d'eux, ou pas grand chose. Ses hommes ont dû voir le bébé, mais l'ont laissé là sans le toucher, pensant qu'il brûlerait de toute façon dans l'incendie. -Pour Sirius, on en apprendra plus par la suite sur les conditions de son emprisonnement et de sa mort. -Aha, oui, Bellatrix est "amoureuse" de son oncle lord Voldemort, et affreusement jalouse de Harry (pour l'héritage aussi!), de même qu'elle est envieuse de sa soeur, plus séduisante qu'elle.-Tu vois clair aussi en ce qui concerne Cédric et Jane (alias Cho Chang, je ne pouvais pas mettre un nom asiatique à cette époque). Je ne sais pas encore très bien où je vais mener cette affaire là, les possibilités sont nombreuses, et je suis très sadique, comme chacun sait. - Où le Lord va-t-il revoir Harry? Hé hé hé, on dirait que tu lis dans mes pensées... Oui, les soirées dans le beau monde, les concerts... ce sont des "terrains de chasse" formidables, n'est-ce pas? Patience, patience... - Pour Neville, oui, le Lord prévoit qu'il pourra encore lui être utile, d'abord pour faire chanter Harry, mais aussi parce qu'il aime faire passer sur lui ses frustrations (c'est horrible, je sais), et parce qu'il considère tout simplement le jeune esclave comme étant sa propriété, et qu'il a tous les droits sur lui. -En tout cas, merci pour ces analyses passionnantes, qui m'aident beaucoup à avancer dans cette histoire. Je t'embrasse!
Loan: Aha, pourquoi Harry est-il attiré par Rogue alors qu'il ne l'était pas par le Lord? Eh bien, je dirais qu'il y a plusieurs raisons à cela. D'abord, Harry aime vraiment Rogue, il lui est reconnaissant pour tout ce qu'il a fait pour lui, et il a toujours été fasciné par sa personnalité mystérieuse et ombrageuse, depuis son enfance. La dimension physique vient après, et c'est le Lord qui en est le "responsable". Harry n'aurait jamais ressenti cette attirance pour Sev s'il n'avait pas eu auparavant une relation sexuelle avec le Lord. Ce dernier l'a réellement "initié" à ce genre de plaisirs entre hommes, et c'est ce qui fait qu'il ne voit plus Rogue de la même façon, et fantasme à son sujet. Avec le Lord, il a certes ressenti de la jouissance, mais sa défiance vis-à-vis de l'homme était trop forte pour qu'il se lâche et éprouve un vrai plaisir entre ses bras. (Je ne sais pas si je suis bien claire) Il n'y avait en tout cas pas de véritable amour, même s'il y a eu une sorte d'attachement/dépendance entre eux. -De tout cela, tu peux déduire que Harry n'est ni véritablement hétéro, ni seulement homo... il est très jeune, et son orientation sexuelle est encore mal définie, surtout qu'il a eu des expériences des deux côtés, à la fois positives et négatives.- Ah, oui, Severus commence à réaliser que Harry n'est plus très innocent, et c'est encore pire, car il se fixe comme mission de le "rééduquer"... tout un programme, qu'il aura du mal à tenir, tu t'en doutes^^. -Ca me fait très plaisir que tu dises que je rends mes personnages vivants. Car ils le sont vraiment à mes yeux! -Un immense merci à toi pour toutes ces remarques stimulantes! Bises!
Marie-la-petite: Oh, oui, les confrontations Rogue/Voldemort promettent d'être assez violentes, hé hé hé... il faudra patienter encore un peu pour les voir à l'oeuvre! Merci à toi d'être là, à bientôt!
Votre avis?
