Hello les loulous !
Toutes mes excuses pour le retard ! Ça va faire deux semaines ! Mais bon, entre les pompiers et la famille, ça a été un peu compliqué de pouvoir être dans les temps. Pour la peine, voici un petit LONG chapitre, rempli d'émotions, qui j'espère, vous fera vibrer et ressentir fortement les sentiments des personnages. En le relisant, moi même, j'ai tendance à être triste, notamment pour Sam. Mais bien que difficile, vous allez voir qu'on arrive sur une mise à niveau et en sécurité de la part de Jack vraiment agréable. On sent la progression, et j'espère que vous la sentirez aussi ! Limite je m'envoie des fleurs lol, mais voilà, c'est vraiment la psychologie qui prime dans cette histoire, donc c'est vraiment important que vous le ressentiez correctement.
Merci à vtff et zazasam pour leur review ! Gardez le cap !
vtff : Oui, clairement l'écriture est compliquée en ce moment. Dès que j'ai un moment, j'essaye de m'y pencher, mais j'écris aussi pour des pièces de théâtre qui sont jouées dans mon village chaque année, donc il y a un temps pour ça, et bien que l'on soit hors saison au niveau professionnel, je me suis aussi engagée chez les pompiers, du coup, j'ai pas mal de formations et d'interventions. Mais je publie d'ancienne histoire, premièrement parce que je trouve qu'elles ont du potentiel et que je suis plutôt fière de ces écrits là, deuxième car je veux continuer à partager, comme j'aime continuer à lire. =) Contente de te voir de retour en tant que lectrice ;)
zazasam : Ça va clairement être compliqué pour Sam ! Mais elle surmontera... Ou pas ! Je vais quand même pas tout vous dévoiler ;) Ce serait spoiler ^^ Je suis vraiment ravie que tu aimes mon style d'écriture, j'essaye de faire au mieux, je corrige encore quelques fautes après 36ème relecture lol, non j'exagère, mais du coup, c'est vrai qu'on s'améliore tout le temps, et ça me fait plaisir aussi de revenir sur d'anciennes histoires qui font parties des plus belles que j'ai pu écrire... Pour le respect des persos, et bien je suis vraiment très flatée, parce qu'il est vrai qu'on est quand même très loin de ce que Sam a pu nous montrer et qu'on a des difficultés à l'imaginer aussi faible ! Vous allez d'ailleurs le voir dans ce chapitre. Merci à toi en tous les cas, de me suivre à chaque chapitre =)
Bonne lecture à tous ! Elle le sera, vu les quelques 7500 mots ! Prenez votre temps ! Et la suite la semaine prochaine !
- Carter ! Cria Jack en tapant fortement de ses points contre la porte.
Sam dormait tellement profondément, qu'elle ne risquait pas de l'entendre. Elle avait prit plus de cachets que d'habitude, et bien que cela l'ai calmé, c'était également un danger pour sa santé.
- Carter ! Si vous n'ouvrez pas cette porte dans la minute, je défonce tout !
Les cauchemars étaient présents, ne lui laissant pas le temps de réellement se reposer, lui faisant faire des tours et des tours dans son lit, tordants les draps, serrant la couette, gémissant au passage d'images plus horribles les unes que les autres. La porte s'enfonça dans un bruit immense sans pour autant la réveiller. La vision d'horreur qui apparut aux yeux d'O'Neill ne lui permit pas d'avancer plus loin que l'entrée. Ses yeux s'arrêtaient sur chaque goutte de sang qui perlait sur le sol, sur les cadres photos, ses téléphones, les livres, tous autant étripés et explosés les uns que les autres. Les vêtements de la veille étaient éparpillés à ses pieds, certains complètement inutilisables. Il s'appuya sur un mur pour arriver à franchir le barrage d'objets cassés. Arrivé dans le salon, il fut surprit de constater que l'ampleur du désastre était le même, voir peut-être pire que celui de l'entrée et du couloir. Les meubles étaient tous retournés, des débris de verres et de porcelaines criaient qu'on vienne les balayer. Du sang, du sang, et encore du sang en direction de la cuisine, et de sa salle de bain, sur les mur, sur les morceaux restant des coussins arrachés. Les photos déchirées, de la terre sur le sol, un téléphone, encore un, explosé. Inquiet qu'on ai pu s'attaquer à son second, Jack courut en direction de sa chambre et entra dans la pièce en allumant la lumière. Même ce flash intensément lumineux ne parvint pas à la réveiller.
Sam était endormie, sur le ventre, et elle semblait avoir un sommeil très peu reposant de par les gémissements et les tremblements qui sortaient de son corps. Jack constata qu'elle avait fait sa valise, sans dessus dessous, mais elle l'avait faite. Il s'approcha d'elle et la secoua au niveau de l'épaule. Réitérant son geste lorsqu'il vit qu'elle ne réagissait pas. Puis, il la retourna et s'aperçut qu'elle avait un bandage autour de sa main. L'autre était plus qu'abîmée, mais elle n'avait pas de pansement. Inquiet, il l'appela en réitérant son geste :
- Sam ! Sam réveillez vous !
Ne répondant pas. Il se permit de la prendre par les épaules et de la secouer plus fortement.
- Carter !
- Laissez moi ! Vous n'êtes qu'un connard prétentieux et imbu de sa personne. Souffla la jeune femme dans son sommeil.
- Carter ! Ça suffit maintenant ! Réveillez vous !
Secouée de plus en plus fort, ses yeux finirent par s'ouvrir lentement, avec beaucoup de difficultés, la lumière n'aidant pas, et cherchant à savoir où elle était. Elle s'était pourtant endormie chez elle et dans son lit hier soir, pourquoi son général était-il devant elle, plus énervé et inquiet que jamais. Elle se permit de mettre une main sur son front afin de mettre ses cheveux en arrière et demanda à son supérieur :
- Qu'est-ce que vous faites là ?
- Carter ! Mais enfin ! Qu'est-ce que c'est que ce champs de guerre ?!
- Je... De quoi parlez vous ? Souffla-t-elle plus doucement.
- De votre maison bien sûr ! Qu'est-ce que c'est que ce désastre ?!
- Je... Oh ça ! Euh... Ce n'est rien !
- Je vous demande pardon ?! Comment pouvez vous vivre dans un bordel pareil ?! C'est une déchetterie ! Carter, vous êtes malade, il faut vous reprendre. Allez debout ! Les vacances sont finies maintenant !
- Tant mieux ! Je n'aime pas les vacances ! Dit-elle en se rallongeant.
- Non mais ça suffit à la fin ! Cria O'Neill pour la faire réagir. Reprenez vous nom de Dieu !
Pour toute réponse la jeune femme ferma les yeux, l'ignorant totalement. Elle n'avait pas envie de se battre une nouvelle fois contre lui. Il l'épuisait. Elle n'en avait pas la force. Jack souffla en lui même, déjà las de cette situation. Il ne pouvait pas la laisser s'enfoncer comme cela. Et même s'il fallait qu'il utilise une manière brute, et bien il le ferait. Il prit les couvertures et les rabattis au pied du lit, il se dirigea vers la fenêtre et ouvrit les volets pour laisser entrer le jour tandis qu'il prenait Sam par le bras pour l'emmener dans la salle de bain.
- Laissez moi tranquille mon général ! Répliqua-t-elle en utilisant le plus de force qu'elle pouvait.
- Vous n'êtes même pas capable de tenir debout Carter !
- Dans ce cas barrez vous ! Grogna-t-elle alors qu'il la tirait dans la pièce d'eau et la laissait là, pantelante.
Jack se dirigea vers son armoire et lui sortit un jean, un tee-shirt et un pull de couleur sable. Il retourna dans la salle de bain et constata son état. Elle était assise par terre, ne supportant même pas le poids de sa tête. Jack souffla fortement et commença à s'approcher d'elle.
- Je vous interdis de me toucher. Siffla-t-elle entre ses dents.
- Dans ce cas déshabillez vous et enfilez ça. Dit Jack très calmement. Je vais mettre votre sac dans la voiture en attendant.
Sam grogna alors qu'il partit. Elle commença à se déshabiller et réussie à enfiler son pantalon. Pour le soutien gorge, se fut plus difficile, l'effort étant trop compliqué pour ses bras en manque d'énergie. Elle enfila son tee-shirt et son pull sans fermer son sous-vêtement. Tant pis. Elle se passa un peu d'eau sur le visage après avoir fait valdinguer toutes les boites de médicaments par terre. Elle se dirigea ensuite vers sa cuisine, fouilla dans son sac et avala un comprimé. Elle prit ensuite son sac et rejoignit la voiture à contre cœur.
- Oui... Grommela-t-elle.
- Bien. Buvez ça, c'est un café, je vous ai prit un croissant avec. Je me doutais que vous n'auriez pas déjeuné.
Sam ne répondit pas et se contenta de boire son café. Elle ne toucha pas une miette du croissant. Le temps du trajet, elle regarda le paysage qui défilait à travers la vitre, ne se préoccupant pas des regards inquiets de son supérieur. Arrivés à l'aéroport, Sam sortit de la voiture et voulu prendre son sac. Cependant, Jack la devança et prit les deux valises. Il lui demanda de prendre le croissant en main et de le rejoindre. Ils enregistrèrent leurs bagages, et se dirigèrent vers la porte d'embarquement. Ils durent ensuite attendre l'ouverture de l'embarquement. Ils s'assirent donc dans la salle d'attente après être passés au détecteur de métaux et d'objets pouvant porter atteinte à la sécurité des passagers. Jack prit le croissant des mains de la jeune femme et lui ordonna de le manger.
- Je n'ai pas faim.
- Vous allez le manger, ou c'est moi qui vous le donne devant tout le monde ! Grogna Jack juste assez fort pour qu'elle seule l'entende.
Sam ne répondit pas et arracha le croissant des mains du militaire en le dévisageant du regard. Elle le détestait, il en était sûr ! Mais même si cela lui faisait du mal, ce n'était pas grave, il préférait que Sam le déteste et aille mieux plutôt que se soit le contraire. Sam ingurgita le plus possible du croissant, mais à peine arrivée à la moitié, elle le posa dans son emballage, son estomac n'étant plus habitué à la nourriture.
- Votre croissant. Dit Jack sans même la regarder.
- Je n'en veux plus. Souffla la jeune femme au bord des larmes.
- Très bien. Donnez le moi.
- Je vous en prie mon général. Je ne veux plus rien avaler. Je ne peux pas, sinon je vais être malade. Ne m'obligez pas à le faire. Commença Sam, un désespoir infini au fond des yeux et au travers de sa voix.
- Sam, calmez vous, je vous ai demandé ça pour que je le finisse. Répondit Jack, tout de même inquiet quant à sa réaction.
Sam se tut et baissa la tête. Elle se sentait mal. Elle n'était pas bien. Elle avait envie de pleurer. Mais pas là, pas comme ça, pas devant tout le monde.
- Je vais aux toilettes. Souffla-t-elle.
- Vous voulez que je vous accompagne ?
- Non merci. Je suis encore assez grande pour aller aux toilettes toute seule ! S'énerva Sam. Sa colère reprenant vivement le dessus.
Jack la regarda partir d'un œil mauvais. Pourvu qu'elle ne pense pas à s'échapper, il ne manquerait plus que ça.
Sam arriva aux toilettes et s'enferma dans un des box. Elle s'adossa à la porte et se mit à pleurer, son mal être avait besoin de sortir. Elle avait besoin de pleurer. C'était silencieux, et certains sanglots voulaient également sortir, mais la jeune femme ne le permit pas. Pas dans un lieu public où tous le monde pourrait l'entendre.
15 minutes après, lorsqu'elle se fut calmée, elle s'essuya le visage avec ses manches et sortit de la cabine pour se voir dans le miroir. Elle se passa de l'eau fraîche sur le visage, espérant ainsi effacer ces traces de larmes et ses yeux rougis. Elle était laide, elle ne se reconnaissait même plus. Elle avait dû rajouter une ceinture à son pantalon pour qu'il lui tienne. Elle ne s'était pas pesée, mais elle ne souhaitait pas vraiment le faire. Qui sait quels chiffres elle aurait aperçu sous ses yeux ? Prête à revenir vers son supérieur, elle sortit des toilettes et retourna s'asseoir à ses côtés.
- Vous en avez mit du temps ! Gronda Jack.
Elle ne répondit pas et se contenta d'encaisser ses remontrances. Comme à son habitude.
Une voix se fit subitement entendre dans le micro annonçant leur porte d'embarquement ouverte. Jack se leva et entraîna Sam avec lui jusqu'au moment où ils furent dans l'avion. Sam s'installa prêt de la vitre et Jack se mit à côté d'elle.
- Nous avons 13h à passer ensemble côte à côte. Si vous avez envie de parler, n'hésitez pas, si vous voulez dormir, profitez en, si vous souhaitez que l'on fasse quelque chose dîtes le moi. Annonça Jack.
Sam eut de nouveau les yeux brillants de larmes. 13h, assise à côté de Jack O'Neill. C'était impossible ! Comment allait-elle réussir cet exploit ?! Sur son self contrôle, c'était quasiment impossible, physiquement parlant, il fallait qu'elle prenne correctement ses cachets et tout irait très bien. Tout en l'ignorant, Sam attendit que les consignes de sécurité soient finies et que l'avion ai décollé pour contempler le paysage dans la vitre dans un premier temps, puis pour finalement s'endormir contre cette dernière. Une hôtesse de l'air passa prêt de Jack et se permit de lui donner quelques informations concernant le vol.
- Bonjour Monsieur, voici deux couvertures pour vous et votre amie. Un snack déambulera toutes les deux heures pour vendre boissons et petites restaurations, cependant, vous avez également trois repas offerts à bord. Si vous souhaitez les prendre, merci de signer ici, sur le registre.
- Très bien, merci beaucoup. Jack signa le registre pour lui et Sam, prit les deux couvertures sur ses genoux et l'hôtesse lui dit pour terminer :
- Donc les repas sont distribués toutes les 4h. Si vous avez besoin de quelque chose, surtout n'hésitez pas.
- Merci beaucoup.
- Bon vol ! Lança l'hôtesse en partant vers le siège devant eux.
Jack posa une couverture sur Sam, tandis qu'il laissa l'autre pliée en cas qu'elle ai froid. Lui n'en avait, pour le moment, pas besoin.
Jack c'était fermement ennuyé pendant les premières heures. Sam ne s'était pas réveillée une seule fois, ils n'avaient donc pas eu le temps de parler de quoi que ce soit. Il n'avait pas l'impression qu'elle ai mal dormi, elle n'avait pas tellement bougé, ou parlé, elle avait tremblé à un moment, il lui avait alors rajouté la seconde couverture. Il envisageait donc de la réveiller, car les premiers plateaux repas étaient en train d'être distribués. Il secoua son épaule comme le matin même et l'appela doucement :
- Sam, il est l'heure de se réveiller.
- Hummm ! Grogna la jeune femme.
Il sourit en la voyant faire et reprit, alors qu'elle ne souhaitait visiblement pas sortir de son sommeil.
- Carter, l'hôtesse de l'air arrive avec les plateaux repas. Il faut vous réveiller maintenant.
Tout doucement, la jeune femme ouvrit les yeux. Elle n'avait pas plus faim que ce matin et espérait qu'il y ait de la salade. C'était peut-être la seule chose qui pourrait passer. Voyant les couvertures sur elle, elle se permit d'en retirer une et de la donner à Jack, qui se chargea de la plier et de la glisser dans la poche élastique du dossier devant lui. Ils déplièrent leur plateau afin que l'hôtesse puisse poser la nourriture dessus.
- Bon appétit. Dit elle en s'éloignant.
Sam contempla son plateau : Une salade de carottes (beurk!), des pommes de terre vapeur avec une ratatouille accompagnant, un morceau de fromage, du pain et une compote avec une banane pour finir.
- Bien, bon appétit Sam. Dit Jack avant d'attaquer sa salade.
Elle ne dit rien et attaqua directement par la ratatouille. C'était des légumes, elle pourrait en manger un peu. Elle mangea deux petites patates, mais ne put pas plus.
- C'est tout ce que vous mangez Sam ?
Sam ne répondit pas, se recalant contre son fauteuil.
- Saaaaaam ! Râla Jack. Vous n'avez pas touché votre salade ! C'est quelque chose qui passe très facilement.
- Je n'aime pas les carottes. Bougonna la jeune femme.
Jack ne put empêcher un petit rire de sortir quand il vit la mine contrariée de la jeune femme.
- Vous n'avez pas fini ni la ratatouille, ni les patates, vous n'avez rien mangé du fromage ni du dessert ! Ce n'est pas raisonnable.
Sam ne répondit pas. Elle croisa les bras contre elle, souhaitant qu'il la laisse tranquille. C'était sans compter sur le caractère récalcitrant du militaire à côté d'elle.
- Très bien ! Vous voulez jouer à ça, alors c'est partit. Lança Jack sur de lui.
N'ayant toujours pas de réponses, il réitéra, un éclair de malice dans les yeux.
- Vous choisissez, le dessert ou le fromage, si vous ne choisissez pas, je choisirai pour vous, et vous ne souhaitez pas que je choisisse pour vous. Alors dépêchez vous et choisissez ! Dit Jack sur un ton qui ne laisse pas le choix.
- Je n'ai plus faim.
- Je l'ai bien compris, cela n'empêche pas que pour avoir de l'énergie, il vous faut manger Sam. Alors pendant une semaine, vous avez fait la grève de la faim, maintenant c'est fini. Et croyez moi qu'à chaque repas, vous allez manger ! Et il vaudrait mieux que ça s'améliore dans l'avion, car je serais encore plus dur lorsque nous serons chez mes parents. Répondit-il gravement.
Sam soupira, une nouvelle fois, les larmes apparaissaient à ses yeux. Elle venait de se rendre compte qu'elle n'avait pas prit son cachet. Cependant, elle savait que si Jack la voyait faire, il l'empêcherait de le prendre. Elle le regarda puis, regarda son plateau et montra la compote du doigt.
- Bien, je suis d'accord. Je vais aux toilettes le temps que vous finissiez de manger votre compote. Lorsque je reviens, je veux la voir finie. C'est clair ?
Sam hocha la tête sans le regarder, elle savait très bien qu'il verrait les larmes dans ses yeux et ne la quitterait finalement pas. Lorsqu'il fut partit, elle prit rapidement sa boite de cachets dans ses mains, en fit glisser un et remit aussi rapidement la boite dans son sac. Elle ouvrit sa compote, prit sa cuillère et mit une première bouchée en bouche, accompagnée du médicament. Elle ne finit pas totalement le dessert, mais elle en mangea les trois quarts. Ce qu'elle trouvait plutôt correct compte tenu de son absence d'aliments dans son estomac depuis quelques jours maintenant. Ne souhaitant pas parler au militaire lorsqu'il reviendrait, elle remit la couverture sur elle et se cala dans son siège, afin de continuer à dormir. De cette façon, lorsque Jack revint, Sam était collée contre la vitre, recouverte de sa couverture, faisant probablement semblant de dormir.
- Je sais que vous ne dormez pas Sam. Dit Jack en s'asseyant.
Il regarda la jeune femme, elle ne bougea pas d'un poil. Il soupira et regarda la compote dans laquelle la cuillère semblait attendre une main. Il prit le pot, et constata qu'il restait bien quatre cuillères de compote au font. Il soupira une nouvelle fois. Il ne savait pas vraiment comment il allait faire avec elle, et espérait que son comportement changerait devant ses parents. Las de tous ça, il ignora donc la jeune femme comme elle le faisait avec lui et mit un film sur l'écran en face de lui. Il se cala dans son siège et se concentra sur le film en question. Le vol serait long, très long. Le film dura 2h, il regarda donc la jeune femme lorsqu'il eut finit et se contenta de l'observer en s'arrêtant sur chaque détail ; et en particulier ses mains abîmées. La première était toujours emballée par son pansement quant à l'autre, elle était violette sur toute la partie des métacarpes, égratignée également, mais elle avait été soignée, et c'était le principal. Bien qu'il se demandait si elle n'était pas cassée... Il avait également remarqué que lorsqu'elle dormait, c'était ses mains qui tremblaient, et parfois, elle avait des mouvements brusques qui venaient la perturber, la jambe qui envoyait un coup, la tête qui tournait d'un autre côté. Elle ne se servait pas de ses mains, probablement par la douleur qui devait être lancinante... Le chariot snack passa soudain et permit à Jack de se détacher de la vue de son second.
- Monsieur, je peux vous servir quelque chose ? Demanda le steward.
- Oui, je veux bien une bière s'il vous plaît, un coca light, et un paquet de fruits secs.
- Voilà pour vous.
Jack paya et posa toutes ses affaires sur son plateau alors que le steward continuait son couloir. Il décapsula sa bière et la porta à ses lèvres, le goût amer apaisant sa colère. Comment avait-elle pu se faire aussi mal ? Il ne comprenait pas comment on pouvait en arriver à un tel point. Même avec Charlie, il ne s'était pas fait autant de mal. A vrai dire, il avait directement pensé au suicide. Et puis même, elle n'avait pas perdu un enfant, mais un parent, on s'en remettait ! C'était la vie ! Il fallait vraiment qu'il ait cette discussion avec elle. Cela ne pouvait plus attendre. Il ferma les yeux, posant sa bière sur sa cuisse, la tenant toujours d'une main et se mit à penser diverses choses.
Ce n'est que le son de la petite voix de Sam qui le tira de sa léthargie. Il ouvrit les yeux instantanément et la regarda.
- Alors je peux ? Demanda-t-elle plus impatiemment maintenant.
- De quoi ? Demanda-t-il à son tour, surprit.
- J'aimerais aller aux toilettes monsieur ! Reprit la jeune femme, un brin frustré de son manque de réaction.
- Oh oui bien sur ! Répondit le militaire en se levant pour lui laisser la possibilité de sortir.
La militaire se dégagea des sièges et se rendit aux WC alors que depuis bientôt 8h, le besoin se faisait présent et qu'elle avait été obligée de s'y rendre. Devant se confronter au général O'Neill. Probablement qu'elle ne réalisait pas qu'elle se rendait chez ses parents. Elle ne savait pas vraiment ce qu'elle pourrait leur dire. Elle n'avait rien acheté, pas de cadeaux d'arrivée qui aurait pu leurs faire plaisir... Elle n'y avait pas pensé. En même temps, elle n'avait pas tellement l'envie d'aller là bas. Il faudrait qu'elle achète quelque chose en arrivant à l'aéroport.
Elle regagna donc son siège après s'être passé une nouvelle fois de l'eau sur le visage. Les plateaux repas étaient une nouvelle fois remplis de nourriture. Le général la fit passer pour qu'elle puisse s'asseoir. Qu'était-ce cette fois ? Purée de pommes de terre, boulettes de viande, salade composée, sorte d'emmental, et une pomme. Génial ! Elle adorait passer du temps dans les avions où la nourriture la laisser pantoise. En voyant sa grimace, le général lui dit qu'il avait prit un paquet de fruits secs au cas ou. Elle le regarda, lui faisant comprendre qu'elle avait compris. Elle prit sa fourchette et mangea sa salade composée. Puis elle tritura sa purée, coupa quelques boulettes, deux en fait, sans pour autant les toucher. Jack le remarqua mais ne dit rien, attendant qu'elle se décide. Il lui déposa son coca light sur le plateau et elle lui sourit en guise de remerciement.
- Combien je vous dois ? Demanda-t-elle.
- Vous plaisantez Carter ?!
La jeune femme ne répondit pas et se contenta de le dévisager jusqu'à ce qu'il lui réponde.
- Non mais Carter, vous ne me devez rien du tout, le simple fait de manger votre purée remboursera les frais.
Carter grimaça. Elle aurait dû se douter qu'il lui ferait un plan comme ça. Mais elle n'avait plus faim. Elle secoua la tête et se ré-adossa à son siège. Jack mit la pomme de côté et approcha sa fourchette de la purée, il en prit un peu sur la fourchette et la dirigea vers Sam.
- Monsieur ! Prévint-elle.
- Sam, vous mangez. Lui répondit-il.
Sam gardait précautionneusement la bouche fermée pour l'empêcher de faire quoi que se soit et c'était sans compter sur l'obstination de son général.
- Ok, vous mangez la moitié de votre purée du temps que j'aille aux toilettes, et une boulette de viande. Si à mon retour, ce n'est pas fait, vous entendrez parler de moi.
Jack se leva aussi rapidement que son corps le lui permettait, passablement énervé par le comportement de la jeune femme. Cette dernière réitéra ses gestes, elle plongea sa main dans son sac, prenant sa boite de comprimés, en sortit un et le mit en bouche. Elle eut à peine le temps de mettre un bout de viande en bouche qu'une main ferme et forte vînt lui arracher la boite encore ouverte. Sam se retourna et gémit en voyant le regard de son supérieur sur elle. S'il avait pu la tuer en un regard, c'est probablement ce qu'il se serait produit.
- J'étais seulement venu pour prendre un mouchoir. Mais je crois que je suis tombé au bon moment.
Sam ne répondit pas. Elle se contenta d'observer la main qui tenait sa boite de médicaments.
- Carter, comment je suis censé vous faire confiance alors que vous prenez des cachetons sans même m'en parler ?! Cria Jack alors que des têtes se tournèrent vers eux.
- Mon général, moins fort s'il vous plaît. Murmura la jeune femme pour se préserver un minimum.
- Je vais aux toilettes et je reviens rapidement. Ne faites pas semblant de vous endormir car je vous réveillerais. C'est clair ?! Demanda-t-il excessivement sèchement.
Sam, encore une fois, préféra fermer la bouche plutôt que de répondre. D'une, elle n'aurait certainement pas la force de lui résister, de deux, elle lui dirait probablement des choses qui le blesseraient. Elle ne souhaitait pas en arriver là, malgré ce qu'il lui faisait subir en ce moment. Elle but une gorgée de sa boisson tout en baissant la tête sur ses mains. Elle en prit une pour caresser l'autre, contemplant ses blessures, laissant une larme rouler le long de ses joues. Tout ceci ne serait jamais arrivé si elle n'était pas entrée dans l'armée. Elle pensait pourtant que l'on pouvait toujours avoir une deuxième chance, encore fallait-il pouvoir la saisir. Elle voulait simplement suivre les pas de son père. Certes, cela avait été sous la colère, mais elle y avait rencontré des gens merveilleux, et encore mieux, elle avait pu découvrir la porte des étoiles et y être plus prêt que n'importe quel autre scientifique. Elle avait eu une chance phénoménale. Au prix certainement de perdre tous les membres de sa famille. Sam inspira très fortement en essayant de se calmer et de reprendre le maximum d'air possible. Elle regarda par le hublot et son regard se perdit dans la ouate, si blanche, angélique. Elle rêvait de s'y noyer et pourtant, elle avait l'impression de s'en éloigner chaque minute de plus qu'elle passait auprès de Jack. Il s'assit d'ailleurs à sa gauche, toujours en colère.
- Mangez ! Ordonna-t-il.
Sam secoua la tête alors qu'une boule se formait dans sa gorge. Elle n'avait pas faim, elle n'avait plus faim. Pas avec lui en colère à ses côtés. Pas avec lui, détenant toujours sa seule arme potable contre cet homme.
- Sam, je ne vais pas vous le dire 50 fois, vous mangez ! Je vous avertis ! On repasse à la méthode où c'est moi qui vous nourris ! Je suis sûr que vous ne voulez pas passer pour une enfant...
Sam laissa une larme de plus couler. Elle ne pourrait pas passer une semaine avec lui et ses parents s'il agissait comme cela avec elle à chaque repas. Elle n'avait pas faim bordel ! Il ne pouvait pas la laisser tranquille ? Elle dormait, elle ne le dérangeait pas ! Mais non, il fallait encore qu'il vienne mettre son grain de sel dans chaque étape de sa vie !
- Sam... Avertit Jack.
Sam prit sa fourchette et s'avança dans son siège. Elle s'appliqua à la tourner dans sa purée, en faisant de toute façon encore plus de la purée. Elle n'avait pas faim et la nourriture la dégoûtait. Elle ne pouvait pas. Elle ne pouvait pas ou elle vomirait tout. Et ce n'était pas ce qu'il voulait.
- Je n'ai plus faim monsieur... Murmura la jeune femme.
- Vous allez manger au moins deux boulettes de viande ! Répondit-il sévèrement.
- Je ne peux pas monsieur... Souffla-t-elle en laissant glisser une larme sur sa joue. Une de plus.
- Très bien vous l'aurez voulu !
Jack prit la fourchette, et coupa une boulette de viande en morceau. Il prit un morceau en plantant la fourchette dedans et le dirigea vers la bouche de Sam. Humiliée si ce n'est pire, la jeune femme tourna la tête vers le hublot pour ne plus avoir affaire à lui alors que les larmes dévalaient maintenant le long de son visage. Ne pouvait-il pas comprendre qu'elle ne pouvait pas ingurgiter quelque chose de plus... ?! Jack prit son visage dans une main alors qu'il le tourna de force vers lui. Elle lui résistait autant qu'elle le pouvait.
- Cessez votre cirque maintenant ! Siffla-t-il entre ses dents.
Sam ferma les yeux, de même qu'elle pinça les lèvres pour éviter d'avoir à les ouvrir. Jack savait qu'un sanglot allait éclater sous peu, il attendait simplement le bon moment. Il ne se fit pas attendre bien longtemps alors qu'elle ouvrit la bouche pour respirer en deux temps. Ayant grandement besoin d'évacuer ses sanglots et de prendre de l'air. Jack lui enfonça la fourchette dans la bouche, profitant de l'occasion tandis qu'elle s'étouffait avec. Elle s'avança au dessus de son plateau et recracha le tout en toussant toujours. Jack la regarda d'un œil noir tandis qu'elle s'essuyait la bouche et se levait vivement pour se rendre aux toilettes. Une fois enfermée dans la cabine, elle se prit la tête entre les mains, et s'assit à même le sol, genoux repliés contre la poitrine. Elle se laissa aller à pleurer, pleurer, et encore pleurer pendant au moins une bonne demi heure. Refusant de croire qu'il avait pu lui faire ça. Refusant de croire que sa vie devenait ce qu'elle avait toujours refusé. La faiblesse.
Sam était revenue une heure après. Elle n'avait pas adressé un regard, ni même une parole pour l'homme à ses côtés. Elle s'était blottie dans sa couverture et s'était installée de sorte à être de dos à lui.
- Sam, écoutez moi. Commença Jack, voyant qu'elle se murait dans un mur et qu'il serait très difficile de l'en sortir. Écoutez, je suis désolé. Je n'aurais pas dû faire ce que j'ai fait. Mais... Je m'inquiète pour vous et vous devez comprendre que vous voir dans cet état me rend malade ! Vous me parlez à peine, vous mangez si peu, vous êtes si faible... Je ne supporte pas de vous voir dans cet état et je n'ai pas comprit tout à l'heure que vous aviez mangé ce que vous avez pu. Je n'aurais pas dû vous forcer... Je me doute qu'après une semaine sans manger, c'est déjà un exploit que vous ayez mangé tout ça. En plus, je dois avouer que leur plateau repas est dégueulasse.
Il entendit un petit rire de dessous les couvertures et comprit qu'elle l'avait écouté. Il soupira réjouit. Souhaitant lui parler, il se tourna vers elle, et l'observa.
- Sam, pouvons nous parler s'il vous plaît ? Demanda Jack.
N'obtenant pas de réponses, il se douta qu'elle n'était pas prête à aborder le sujet, et pourtant, il le fallait.
- Sam, je vous en prie, il faut vraiment que l'on parle avant d'arriver en Irlande. Réitéra Jack.
Pourtant, même sous sa voix honnête, il n'y eu aucun geste suggérant au militaire qu'il pouvait commencer à parler. Il comprenait qu'elle devait être fâchée, mais... Il était également évident pour lui aussi qu'une conversation s'imposait entre eux. Un sourire lui étira les lèvres quand il vit un moyen de la faire se retourner, quitte à ce qu'elle le fusille du regard. Il repéra où se trouvait son ventre sous la couverture, et bien qu'il ne puisse pas voir son visage, commença à chatouiller l'endroit.
Sous la violente intrusion de la main du militaire, la jeune femme sursauta, puis contracta ses abdos de sorte à ce qu'il ne puisse pas la faire réagir. Peine perdue, sous les assauts de Jack, la jeune femme finit par se retourner, un regard meurtrier à la place de son visage d'ange.
- Wow ! Lança Jack en souriant. Doucement M'dame, je voudrais pas avoir à être blessé... Mes parents pourraient croire des choses qui n'ont pas lieu d'être !
- Je me contrefiche de vos parents, je me fiche encore plus de vous, et je me contrefous d'avoir votre putain de conversation ! C'est clair ?! Cracha Sam.
- Hey ! Doucement ! Pas la peine de s'énerver ! Répondit le militaire.
- Laissez moi tranquille. C'est tout ce que je vous demande.
- Sam. Commença-t-il en posant sa main sur son bras. Nous avons besoin de parler tous les deux, et nous allons le faire maintenant.
- Je n'ai pas envie de parler, y a t-il quelque chose dans cette phrase que vous ne comprenez pas ?!
- Non, je comprends très bien. Mais je vous promet de vous rendre votre boite de comprimés si nous avons cette discussion.
Peut-être après tout, que le chantage marcherait... S'il n'y avait que ça.
- Vous êtes un salop ! Siffla la jeune femme.
- Eh ! Je ne vous permet pas ! Je vous rappelle que je suis encore votre supérieur hiérarchique. Contra Jack.
Sam se tût et se retourna pour replonger dans sa couverture. Le militaire souffla alors qu'il se passa une main sur le visage, en ayant marre de cette situation. Il n'en pouvait plus, et cela finirait par se faire sentir. Il pouvait être patient, mais pas avec un mur. Il pensait que ses comprimés lui permettraient d'être un échange de valeur, mais elle devait en avoir une deuxième boite pour se refuser ainsi à la conversation. Épuisé, il ferma les yeux et se laissa aller pendant les trois heures de vol suivantes. Jusqu'à ce que l'hôtesse de l'air ne lui donne quelques coups sur l'épaule pour lui dire que les derniers plateaux repas étaient servis. Jack la remercia et réveilla Sam. Cette dernière constata que son plateau était aussi rempli que les premiers. A savoir, des crevettes en boite, du lapin en sauce moutarde accompagné de riz et d'épinards, pas de fromage, cependant, des fraises servies en sauce chocolat avec une prune au cas ou des personnes n'auraient pas aimé le dessert. Une grimace s'afficha sur son visage alors que Jack commençait à manger.
- On va avoir de nombreux kilos à perdre arrivés en Irlande... Dit Jack pour lancer une conversation.
Comme à son habitude, la jeune femme ne répondit pas.
- Ah c'est sûr que vous, dans votre petit 36 fondu, vous n'aurez pas grand chose à perdre. Continua-t-il en regardant sa réaction.
Celle ci grogna en le regardant. Laissant apparaître un sourire sur la bouche de son compagnon.
- Bon, après moi je dis ça je dis rien hein...
La jeune femme ne répondit rien et commença à piocher des crevettes dans la boite. Elle aimait bien ça, et cela avait tendance à passer tout seul.
- S'il vous plaît Sam, faites moi plaisir pour avoir de l'énergie, mangez de la viande avant tout le reste.
Sam ne répondit pas, mais elle enregistra sa demande. Il avait raison d'autant plus. A la moitié de sa boite de crevettes, la jeune femme découpa un peu de lapin et commença à en manger, accompagnant la viande de riz. Trois fourchettes après, elle se sentit bien lourde et commença à poser ses couverts.
- C'est tout ce que vous mangez Sam ? Demanda Jack.
- J'ai besoin de prendre un cachet mon général. Répondit la jeune femme.
- Ça fait plaisir de vous entendre.
- Ne jouez pas avec moi et donnez moi ma boite ou je risque de ne plus répondre de rien. Grogna la jeune femme.
Jack la regarda et constata qu'en effet, cela avait l'air d'être une drogue pour elle.
- Très bien, je vous donne un cachet, mais dorénavant, c'est moi qui aurait cette boite. Cela vous empêchera d'en prendre à tire larigot. Et ainsi d'y devenir accro.
- Mon général... Commença Sam avant d'être coupée.
- Ah ! Pas de mais, pas de mon général, c'est ça ou rien Sam.
- Et comment je fais si vous n'êtes pas là ? Je les invente ? Cria-t-elle alors que certaines personnes se retournèrent une fois de plus au son de sa voix.
- Non, je serais toujours là. Je ne vais pas vous ordonnez de venir en vacances pour vous laisser seule tout de même.
Sam poussa un soupir de mécontentement et posa sa main devant lui à plat pour qu'il lui donne enfin son médicament.
- Pourquoi pensez vous que vous en avez besoin Sam ? Demanda Jack.
- Mais parce que !
- Ce n'est pas une réponse. Je ne vous donnerai ce cachet seulement si vous me dîtes ce que c'est vraiment et si vous me dîtes à quoi ils vous servent.
Il était très fort ! Il était tellement plus fort qu'elle et son silence... Elle l'admirait parfois, et le haïssait tellement à la fois !
- Ce sont des calmants ! Expliqua-t-elle. Je les prends à chaque repas pour éviter de faire des cauchemars.
- Donc, vous en prenez le matin et le midi pour éviter de faire des cauchemars... ? A qui voulez vous faire croire ça ? Demanda Jack, gardant un sourire sur ses lèvres pour la rassurer.
La jeune femme soupira et regarda son plateau. Elle se mit donc à piocher une fraise et la mordit de sorte à ne laisser que les feuilles entre ses doigts.
- Sam, répondez moi. Qu'est-ce qui vous pousse à prendre ses cachets le matin et le midi ? Redemanda Jack.
La jeune femme fit la même chose que précédemment, ne répondant pas et mangeant une autre fraise.
- Très bien, vous ne voulez pas du cachet, autant pour vous. Je le range. Débrouillez vous.
- Non, je vous en prie Jack ! Murmura la jeune femme en lui lançant un regard si doux qu'il ne put pas résister.
Elle avait l'air si meurtrie, si blessée. Il aurait fait n'importe quoi pour ce regard et pourtant il fallait qu'il résiste s'il voulait des réponses.
- Sam, qu'est-ce qui vous retient de me dire pourquoi ? Je vois bien que vous avez besoin de ce comprimé. Je souhaiterais juste comprendre pourquoi...
Sam regarda vers la vitre, les yeux vitreux eux aussi. Elle voulait partir, elle voulait s'en aller et rentrer chez elle. Elle en avait marre de se battre. C'était trop dur. La bataille à mener contre cet homme était intensément rude et serait probablement violente aussi. Elle était sûre de ne pas y arriver. Et pourtant il la tirait à sa suite, cherchant toujours à ce qu'elle suive, sans qu'elle ne proteste, qu'elle ne conteste ou tout autre chose. Elle était sa chose. Deux doigts lui firent tourner la tête vers Jack. Elle baissa les yeux et une larme coula le long de sa joue.
- Sam... Ne pleurez pas. Ce n'est pas nécessaire... J'ai seulement besoin de savoir...
Ne comprenait-il pas qu'elle ne voulait pas lui en parler ? Que si jamais elle devait lui dévoiler ses sentiments les plus profonds, elle ne se relèverait jamais. Qu'elle repartirait vers les abysses profondes que son cœur avait enfouie.
- Je ne veux pas en parler... Souffla la jeune femme en le regardant droit dans les yeux pour qu'il comprenne enfin. Pour qu'il y lise la vérité.
- Mais pourquoi... ? Souffla-t-il à son tour.
- Parce que je suis malade ! Ça vous va comme réponse ?! Parce que si je ne prends pas ses putains de cachets, je tremble, je pleure, je fais des crises et je casse tout ! Parce que je suis malade ! Et que d'être malade signifie être mise à pied, perdre ses amis, sa famille ! Parce qu'être malade signifie aller voir un psy, être enfermée dans un asile ! Ça vous va là comme réponse ?! C'est suffisant ?! Vous êtes content ? Vous avez pu m'emmener loin de mon pays, et maintenant vous allez trouver un asile et m'y enfermer de force ?! Pleura Sam, consciente de son sort.
Jack, complètement abasourdit par ses propos se contenta de la regarder, la bouche ouverte, prenant le temps de réaliser ce qu'elle lui avait dit. Voilà de quoi elle avait peur, mais comment pouvait-elle penser un seul instant qu'il allait l'enfermer dans un asile en Irlande. Les sanglots se firent plus forts, sa respiration plus saccadée et rapide également. Le cachet ! Il plongea la main dans sa poche, ouvrit la boite et en sortit un comprimé. Il prit la tête de Sam, la regardant en s'excusant pour ce qu'il allait faire, et lui mit le cachet dans la bouche. Elle se débattit dans un premier temps, ne sachant pas et ne comprenant pas ce que c'était. Il posa une main sur sa bouche pour ne pas qu'elle recrache, et une autre derrière la tête alors qu'elle luttait pour prendre son air et pour se débattre contre ses deux mains l'étreignant de force. Ses yeux étaient écarquillés par la terreur, et la vision de Sam dans cet état fit plus de mal à Jack que ce qu'il pensait pouvoir encaisser. En effet, il avait comprit depuis quelques temps que la jeune femme sombrait dans une dépression, mais il ne pensait pas qu'elle était tombée si profondément. Comment allait-il pouvoir la sortir de là en une semaine ? En présence de ses parents ? Cela allait être dur, mais il savait que Sam était une battante et qu'avec de l'aide, elle pouvait surmonter ça. La jeune femme avala le cachet alors qu'elle avait besoin de respirer. Il retira alors ses mains et se prit une gifle magistrale alors que des griffures arboraient tous les contours de ses mains, ses doigts et ses poignets. Elle s'était défendue. Plutôt bien.
- Je pense que celle là était méritée. Dit-il en se frottant la joue.
- Vous êtes un salop ! Jura-t-elle.
- Oui, je le sais, vous l'avez déjà dit ! Répondit-il avec un sourire.
- Vous ne valez vraiment pas la peine que je vous adresse la parole, et encore moins un regard. Siffla-t-elle en continuant.
- Sam... Commença-t-il.
- Je ne veux rien savoir ! Je veux rentrer chez moi ! Mais vous vous en foutez ! Comme tout ce qui ne vous touche pas de prêt ou de loin ! Continua Sam.
- Sam ça suffit ! Je ne suis pas comme ça. Je vous ai fait prendre votre cachet car vous n'en auriez pas eu la force et que vous commenciez à faire une crise. Je suis désolé d'avoir dû recourir à cette méthode. Mais cela était nécessaire. Vous comprenez ? Expliqua le militaire.
Sous l'explication de Jack, Sam se tut et acquiesça d'un signe de tête pour lui faire comprendre qu'elle avait comprit. Il n'avait en fait pas voulu lui faire de mal.
- Sam, jamais de la vie je ne pourrai vous enfermer dans un asile. Enfin, vous n'êtes pas folle, vous l'avez dit vous même, vous êtes malade, et lorsqu'on est malade, on se soigne. On ne va pas en Irlande pour que je vous enferme loin des votre. On y va pour passer du temps ensemble, visiter, partager, rencontrer des gens. Je vous y emmène pour vous soigner, pour prendre soin de vous. D'accord ? On va guérir cela tous les deux ! Ensemble, c'est encore notre meilleur combat.
- Mais alors... Commença Sam.
- Pas de psy, pas d'asile. Je vais contrôler ces cachets, ils ont l'air d'être efficaces, on va voir pour réduire les doses au fur et à mesure, et on verra comment ça se passe. Bien que pour moi, la meilleure solution pour reprendre des forces est encore de finir vos plats, et d'avoir une vie sociale. Pas de prendre des médicaments.
Sam acquiesça d'un signe de tête alors qu'elle finissait ses fraises, toujours sans chocolat.
- Et Sam, je ne vous mettrai jamais sous mise à pied tant que ce ne sera pas une décision réfléchie, de même, vous ne perdrez jamais vos amis si vous entretenez la relation. Et c'est pareil pour la famille.
Sam laissa une larme couler le long de sa joue, réalisant une fois de plus que pour la famille, c'était définitivement terminé. Elle n'avait plus aucune chance de regagner leur contact et encore moins leur estime. En y repensant, ses neveux lui manquaient. Ses fraises finies, elle remonta la couverture sur ses épaules et se mit dos à Jack pour finir le voyage en regardant par le hublot. Jack lui, se repassa en boucle le dialogue qu'il avait réussi à avoir avec elle. Il faudrait qu'il trouve une solution pour la sortir de là. Ce ne serait pas chose facile. Mais ils pouvaient y arriver. Ensemble.
