LÉON FIELDS

Cela devait quelques minutes que j'étais déjà réveillé, les yeux rivés sur le plafond de velours vert sombre de mon lit à baldaquin, identique à celui de mes camarades qui somnolaient près de moi.

Enroulé avec ma maladresse habituelle dans les draps immaculés que les elfes de maisons avaient fraîchement posé hier soir, je profitais de la fraîcheur de ceux-ci et de la douceur que leur tissu procurait sur la peau d'albane.Seul mes pieds dépassaient du drap, laissant passer la brise si légère qui traversait mon lit.

L'obscurité totale m'enfermait, aucune lumière ne me parvenait.

Avant de dormir, lorsque je venais de finir mon livre , Le Manuel de Métamorphose Avancé , de .

Bien sûr, il n'était qu'à acheter pour l'entrée en sixième année et je ne rentrais qu'en cinquième année mais la métamorphose me fascinait terriblement.Je maîtrisais déjà parfaitement le sortilège d'Inanimatus Apparitus que j'allais découvrir en cours dans les mois prochain.Ce sortilège consistait à.

Je ne voulais pas que le cours commence, voulant garder ce sentiment de plénitude et de paix dans le silence le plus total , comme seul rythme celui effréné de ma respiration saccadée.

Me redressant brusquement, je tirais sur les rideaux de velours autour de moi afin d'inspecter mes camarades de Serpentard. Tous endormis. Severus dormait profondément , endormi sur son flanc gauche , la vitre sombre du lac projetant une lumière verte sur son visage coupé par sa mâchoire carrée.

Severus Rosier était mon meilleur ami depuis que nous avions passé les portes de Poudlard et un peu plus tard, celles de la salle commune de Serpentard.

Nous ne mélangions pas tellement avec les autres élèves de cinquième année téls que Magnus Black qui somnolait à la droite et son acolyte Magnus , deux joueurs de l'équipe de Quidditch de la Maison Serpentard .

De mon point de vue , ils étaient toujours en train de préparer un mauvais coup.

A y repenser, Severus n'était pas forcément mieux, fasciné la magie noire mais lui n'agissait jamais.

Il était similaire à moi, fourré dans ses livres et un peu fermé à notre monde et ses déboires.

Lui et sa sœur jumelle étaient les exacts opposés. Selena était extravertis et n'ouvrait jamais un livre, trop occupée à faire la fête,

La famille Rosier était très spéciale, beaucoup les soupçonnaient de pratiquer encore de la magie noire comme ils l'avaient fait les siècles auparavant mais je n'y croyais pas.

Je sortis du lit sur la pointe des pieds, afin de ne réveiller personne.

Je me postais en face du miroir et m'observait silencieusement.

Une peau plus blanche que la neige , petit de taille et cheveux noirs mal coiffé qui méritait une nouvelle coupe.

Je plongeais mon regard dans mes yeux bleu sans y trouver un réel intérêt. J'entrepris de coiffer mes cheveux bruns en arrière et m'habillais.

Un pantalon marron, une chemise blanche accroché à la cravate Serpentard.

Le froid des cachots me fit frissonner et j'enfilais par dessus un gilet vert au couleurs de ma Maison.

Tel un automate , je fis mon lit et attrapais ma baguette cachée sous mon oreiller.

Sorti du dortoir , j'atterris dans la salle commune, vide à cette heure si matinale.

Le feu brûlait toujours dans la cheminée, les braises s'éteignant peu a peu .

La salle commune de Serpentard etait une longue pièce souterraine aux murs et au plafond de pierre brute. Des lampes rondes, verdâtres y sont suspendues à des chaînes. on y trouve quelques fauteuils en cuir de couleur noire eux aussi ouvragés. La pièce etait décorée de crânes et d'autres objets semblables, qui lui donnent un aspect peu chaleureux. La salle commune de Serpentard se trouvait sous le lac de Poudlard, de ce fait elle est constamment éclairée par de la lumière verte qui provient de celui-ci.

Une fois j'avais cru apercevoir un calamar géant à travers les vitres.

Je pouvais apercevoir de là où je me tenais la fameuse liste des Règles de Serpentard, on avait du les apprendre par cœur. Je me demandais parfois pourquoi j'avais été tiré à Serpentard.

Je n'étais pas plein d'ambition ou un dirigeant dans l'âme, ni un noble provocateur et je n'avais aucun dédain pour les règles.

Mon regard croisa alors celui du portrait de Salazar Serpentard, le fondateur de notre Maison.

Il avait un regard sévère, comme si tout le monde avait été sur ses dures épaules.On disait qu'il avait été le pire des fondateurs et un homme qui prônait la pureté du sang. Je repensais à la légende de la Chambre des Secrets, une pièce secrète qu'il aurait soi disant construite à l'insu des autres fondateurs dans l'enceinte de Poudlard.

-L'as Tu vraiment crée ? , je soufflai à l'intention du portrait, sans vraiment attendre une reponse.

Je me levais alors pour sortir de la salle commune et claqua la porte derrière du cachot.

Je manquais alors le portrait qui avait cligné des yeux, une lueur sournoise dans les yeux.

Arrivé dans la Grande Salle , je m'asseyais à la table Serpentard où deux ou trois lève tôt avaient eu la foi d'aller prendre leur petit déjeuner. À la table des professeurs , ils étaient presque tous là sauf le professeur Black et le directeur .

Je jetais un coup d'œil derrière eux vers Les Sabliers. Il n'y avait presque rien pour l'instant, dans aucun des sabliers.

C'était le début des cours. Dans un mois, on pourrait voir quelle Maison était en tête.

Je mangeais des œufs brouillés et deux tartines de marmelade bien garnies. Le temps que je finisse le tout, les tables de toutes les maisons se remplissainet et le bruit augmentait alors qu'à la fenêtre, le soleil montait de plus en plus haut.

La Grande Salle baignait dans une lumière matinale et une odeur de jus d'orange et de tartines grillés.

J'entendis alors un rire que je ne connaissais que trop bien , un rire de peste et légèrement sournois mais ô combien plaisant.

Je me tournais vers la source du rire et vit Nevera Nott, la préfète en chef de Serpentard.

Ses longs cheveux blonds se secouaient au gré du vent tandis qu'elle discutait activement avec une fille de sixième année.

Une moue boudeuse sur le visage et des lèvres rouges, j'étais pétrifié à sa vue.En s'asseyant à la table a quelques places de mois, elle deserra instinctivement la cravate de son uniforme , de ses mains de fées, pour être plus a l'aise.

Elle attrapa avec désinvolture un bout de pain et le mit sans ménagement dans sa délicate bouche.

Les mouvements de ses lèvres qui remuait, ''hypnotisaient, alors que le bout de pain disparaissait entre ses dents blanches, par intermittence.

Je l'observais parler avec les autres Serpentards de septième année, jusqu'au moment où elle croisa mon regard et fronça les sourcils:

-Qu'est ce que tu regardes toi ? , me lança t-elle en ricanant .

Je baissai les yeux vers mon plat avec brusquerie, pris sur le fait.

Je ne dis pas un mot et compris qu'elle avait détourné son attention ailleurs. Je sentis mon corps se détendre d'un seul coup sans avoir réalisé qu'il avait été si tendu jusqu'à présent.

Une main se posa sur mon épaule , me faisant sursauter.

Je me tournais. Ce n'était que Severus. Il me regardait étrangement, j'étais probablement tout pale.

Il s'asseyait ensuite à côté de moi et attrapa une pêche dans la corbeille à fruits.

-Tu es parti tôt ce matin, fit il remarquer pendant qu'il découpait son fruit, je me suis réveillé en même temps que Magnus et sa bande et j'ai du faire le chemin avec eux ...

Je restais silencieux, sans rien dire, à siroter mon jus de citrouille. Severus avait dû comprendre que Ca n'allait pas car il ne rajouta plus rien.

Sur la route vers le cours, aucun de nous deux ne s'adressa la parole.

Alors que nous entrions dans les cachots, nous dirigeant vers le cours de potion, je laissai échapper un frisson.

Nevera etait époustouflante, un soleil au milieu de ces orages.

Elle était tout ce que je n'étais pas. sociable, rayonnante, ambitieuse.

Bien sûr, je ne faisais pas d'illusion sur son véritable caractère. Je ne l'avais entendue que trop souvent se moquer et ridiculiser des deuxièmes années ou des filles d'autres maisons que celle de Serpentard. Néanmoins, j'étais persuadée qu'il y avait plus derrière cela.

Je me souvenais parfaitement, alors que j'étais en troisième année la seule fois où elle m'avait parlé.

C'était un dimanche très silencieux à la bibliothèque, et je m'étais empressé d'y être à la première heure pour être sur de me procurer le Manuel de Métamorphose .

Je m'étais assis, fermé dans ma bulle comme à mon habitude, personne autour.

Soudain, quelqu'un s'était assis brusquement à côté de moi.

J'avais peur que ce soit Remus Black, un élève qui se moquait parfois du fait que je sois toujours fourré à la bibliothèque.

Je levais les yeux, c'était elle. Je l'avais seulement aperçu dans la salle commune ou à la Grande Table, passant dans les couloirs de loin.

Elle avait l'uniforme froissé , les cheveux tirés en un chignon fait à la va vite . J'observais son visage de plus près, ses yeux sombres étaient rougis et des cernes les entouraient. Elle avait pleuré toute la nuit, je devinais.

-Qu'est ce que tu fais ? , me demanda t-elle d'une voix cassée.

Elle baissa ensuite les yeux vers mon livre et s'empara de celui-ci, le retournant afin de voir le titre.

-Un livre de Métamorphose , s'exclama t-elle la tristesse se faisant sentir dans sa voix.

Je restais interdit, la fixant sans rien dire. Au bout de quelques secondes, je parlais enfin.

-Un livre sur ... sur les disparitions en Métamorphose, je précisais en bégayant légèrement, mais celui-ci traite également sur les transpositions alors ...

Ma voix se perdit alors dans le silence alors que je levais les yeux pour croiser son regard, si perçant.

Elle laissa échapper un petit rire, pas de ceux qu'elle utilisait pour se moquer où c'était un rire aigu et moqueur. Non c'était un rire doux et tendre.

-Avec ces superbes connaissances, murmura t-elle, j'espère que tu vas nous faire gagner la Coupe des Maisons .

Elle fit alors quelque chose qui me pétrifia, qui embrasa mes sens et asséchait ma gorge.

Nevera se pencha vers moi, ses robes de sorciers remuant, et déposa un baiser sur ma joue , sur ma pomette plus précisément.

J'étais électrifié et le temps que je réalise, elle était partie.

Je me demandais parfois si ce moment avait été réel.

Depuis ce jour là en troisième, j'observais de loin, avec languissement, Nevera Nott.

Le déclic de la porte menant à la classe de potion me défit du fil de mes doucereuses pensées.

Moi et les autres élèves entrèrent sans tarder dans le cachot numéro 7.

Les murs étaient faits de pierres inégales les unes aux autres, sales et humides dans la fraîcheur du sous-sol. Aux rares fenêtres, on pouvait observer l'eau du lac et sa couleur verdâtre. La Salle de classe baignait donc dans une lumière verte .

Une dizaine de larges bureaux de bois étaient alignés, vieux comme le monde. Néanmoins, Certains étaient plus abîmés que d'autres. Celui du premier rang , avait changé de couleur tirant sur le rouge et l'un des bords s'était presque désintègré.

C'était ce qui arrivait parfois en cours de Potion, lorsque des Griffondor qui rêvassait se tromper d'ingrédients, provoquant explosion ou incendie.

Au bout de la pièce lugubre se trouvait l'estrade. Dessus, trônait le bureau du professeur Dimitri Griffin, directeur de la Maison Serdaigle. Sur le bureau, on pouvait distinguer quelques copies d'élèves, une plumes et un pot d'encre ainsi qu'un épais volume de potions poussiéreux.

Derrière lui, un tableau d'ardoise et quelques chaudrons sales empilés, attendant sagement d'être récurés par les élèves malchanceux qui finissaient en retenue.

Le Cours de potion n'était pas mon préféré, certes. Néanmoins, le professeur Griffin et son regard perçant donnait presque envie de tourner la potion avec sa baguette et d'écraser les scarabées pour les faire tomber dans le chaudron.

Le Maître de Potions était plutôt compréhensif avec les élèves dans sa matière mais si il s'apercevait que l'on n'essayait pas de travailler, on risquait de s'attirer ses foudres et de finir la potion demandée après les cours avec des devoirs supplémentaires.

Je me souvenais avoir entendu dire qu'il donnait des devoirs supplémentaires aux élèves de sa Maison, les Serdaigles, mais ce n'était que rumeurs et murmures...

Nous nous asseyâmes tous en silence, c'était un Cours mixé avec les Pouffsouffle. Il n'y avait normalement pas trop de remous. C'était surtout la rivalité Griffondor et Serpentard qui etait à craindre.

Venant à l'origine de la querelle entre les fondateur, nous les Serpentard avions du mal à nous entendre avec les élèves de la Maison Griffondor.

Là où ils étaient irréfléchi, nous étions rusés et là où nous étions ambitieux ils étaient les chevaliers de la bravoure.

Personnellement, je n'avais pas grand chose contre la Maison Griffondor mais il en était autrement pour le reste de ma Maison, particulièrement ceux de sang nobles.

J'étais un sang-mele , issu d'une mère sorcière mais qui n'était qu'une modeste apothicaire et un père dentiste. Les subtilités de la pureté du sang et de familles nobles m'échappaient fort bien.

Le plus grand exemple était la famille Avery, une dynastie à elle seule.

Ils étaient quatre dans famille à être à Poudlard, tous à Serpentard. Il me semblait même que la fille aînée était dans mon année, Charlotte.

Depuis des siècles, cette famille constituait la communauté sorcière, avec les familles Nott , Malefoy, Lestrange et d'autres ...

On les reconnaissait généralement à leur air hautain et supérieur, qui valait une réputation terrible à la Maison Serpentard, et surtout à leur penchant pour les arts de la Magie Noire.

Mon meilleur ami Severus Rosier etait un noble mais ne voulait jouer à aucun de ces jeux.

Il ne participait jamais aux dîners organisés par sa famille ou ne s'achetait pas LA bague.

Les purs sangs se caractérisaient entre eux par une bague émeraude qu'ils portaient tous au doigt.

Je l'avais vu plusieurs fois sur Tate Lestrange, le pire de la Maison Serpentard.

-... Voilà , le professeur Dimitri termina de sa voix grave en affichant les instructions au tableau à l'aide de sa baguette, les ingrédients sont dans la réserve là-bas.

Je ne l'avais même pas entendu arriver, et visiblement il avait fini de parler.

Je levais les yeux vers le tableau et y lut : PHILTRE DE PAIX

Le professeur Dimitri Griffin etait un homme vieux mais qui se portait bien. Il avait des cheveux blonds grisonnants et une calvitie naissante sur le haut du crâne.

Ses petits yeux bleus étaient soulignés de rides marqués et ses sourcils épais lui donnait un air sévère. J'avais remarqué qu'il se déplaçait toujours en claudiquant légèrement, dans ses vieilles robes sombres qui traînaient sur le sol. Il s'était probablement blessé lors d'une expérimentation de Potions.

Le professeur Dimitri Griffin etait surtout connu pour les soirées qu'il organisait, où tous ses chouchous étaient conviés. Naturellement, j'en étais un car j'excellais en potion sans trop y mettre du cœur.

-Je vais prendre les ingrédients et Tu vas chercher le livre , me demanda avec Sérieux Severus .

J'acquiescai, un peu dans la lune et me levai pour aller chercher le livre.

Il était épais, poussiéreux et certaines pages avaient été arrachés .

Je le secouais afin de retirer la poussière et Je regardais la date d'édition,1957.

Pas étonnant, qu'il soit si rapiécé.

J'ouvrais la dernière page et y découvris une longue serie d'annotations. Je relevais la tête pour regarder autour de moi. Tous les étudiants étaient occupés à préparer leur potion ou partis chercher les ingrédients.Severus ne revenant pas, je me décidais à lire.

"Métamorphose 1 : Animagus

Ce que vous vous apprêtez à faire est sans retour et illégal. Si ces deux points ne vous pose aucun problèmes, suivez la suite.

PS : il faut un bon niveau en métamorphose pour devenir Animagi mais ... " le reste de la phrase etait effacé .

Le bruit du chaudron qui tombait sur la table, me fit sursauter et hérisser mes poils.

Severus m'observait les ingrédients dans les mains et le regard suspicieux.

-Qu'est ce que tu fais ? , me demanda t-il , les sourcils froncés et sa mâchoire durcie .

Je fermai le livre d'un coup, par une peur indescriptible d'être attrapé en train de faire quelque chose d'interdit.

Nous commençâmes alors à préparer la potion. Comme indiqué, Severus écrasait le chou mordeur tandis que je remuais le liquide de la potion, en pleine ébullition.

Quelques minutes plus tard, nous en étions déjà à la moitié de la fabrication du philtre de paix.

Alors que la potion prenait une couleur étrangement rose, Severus s'inquièta.

Il croisa les bras, intrigué, et baissa les yeux vers la potion.

-Ce n'est pas normal n'est ce pas , me demanda t-il en prenant la cuillère pour la remuer.

J'ouvrais le livre à la bonne page, il était truffé d'autres écriteaux que l'ancien propriétaire avait écrit d'une écriture bâclée et brouillon.

Je ne fis aucun commentaire la dessus et lut les indications de la potion .

-Non , j'haussais les sourcils, ce n'est pas normal...

Severus se leva aussitôt pour aller demander conseil au professeur.

J'en profitais pour revenir avec empressement à la page dédiée à la Métamorphose.

J'y étais et lus attentivement la première étape. Cette page expliquait comment devenir un Animagus non réglementé.

Les Animagi étaient les personnes étant capables de se transformer en animal. C'était extrêmement rare et terriblement Hardu d'y parvenir.

Considérés comme dangereux, les Animagus devaient être dans le registre du Ministère.

Le propriétaire du livre expliquait comment contourner la règle.

Je fronçais les sourcils à la première étape :

" Conservez une feuille de mandragore dans la bouche pendant un mois entier (entre deux pleines lunes). Cette feuille ne doit en aucun cas être avalée ou retirée de la bouche. Si la feuille est extraite de la bouche, le processus doit être repris à zéro."

Je relus l'instruction plusieurs fois et l'idée me paraissait de plus en plus tentante. Si je voulais être vraiment expérimenté en Métamorphose, être un Animagus m'apprendrait énormément.

Bien sûr je pouvais faire comme le professeur MacGonagall et attendre ma majorité , m'enregistrant ensuite dans le registre ministériel. Mais pour une fois dans ma vie, je ne voulais pas suivre les règles. Je voulais faire Ca et le faire immédiatement.

Je réfléchis pendant quelques secondes, c'était la pleine lune aujourd'hui. Je savais que la réserve du professeur Griffin regorgeait de tout les ingrédients possibles, dont les plantes de Mandragore.

C'était maintenant ou jamais mais il fallait que j'arrive à m'introduire dans sa réserve.

Je fermais le livre alors que Severus revenait s'asseoir. Au vu de son visage éclairé, il avait la solution au problème.

-Il manque une peau de Grisop, expliqua t-il, mais ce n'est pas marqué dans le livre. Le professeur Griffin ...

Je le coupais brusquement, saisissant ma chance.

-J'y vais, déclarai-je en me levant précipitamment.

Severus me regardait étrangement alors je me dirigeais vers la Réserve au bout de la classe.

Mes pas étaient lourds, comme ma conscience alors que je m'apprêtais à voler.

J'ouvrais la porte épaisse qui grinça et m'engouffrait dans la petite pièce.

Une odeur horrible régnait dans ce petit cagibi, faiblement éclairé par une torche qui menaçait de s'éteindre. Dans les coins des plafonds, je distinguais les toiles d'araignées et quelques une de leur créatrices.

La Réserve puait l'œuf pourri mélangé à de la terre humide.

Je m'activais de chercher la Peau de Grisop et la trouvais rapidement.

Elle était rêche et épaisse. Je là fourrais sans ménagement dans l'une des poches de la robe de sorcier.

Je me mis alors à chercher les feuilles de Mandragore, touchant frénétiquement les étiquettes qui indiquaient les ingrédients sur les étagères.

Soudain, J'entendis qu'on toquait à la porte.

-Léon ? , c'était le professeur Griffin.

Une vague de panique s'empara de moi tandis que je regardais autour de moi, le désespoir me glaçant les os.

C'est alors que je vis l'indication "Mandragore" , sur l'armoire de droite , sur l'étagère la plus haute .

J'attrapais une feuille d'un coup sec alors que la porte s'ouvrait.

En une seconde, je cachais la feuille derrière mon dos, me tournant vers le maitre des potions.

Celui-ci fronça les sourcils et tenta de regarder derrière moi:

-Qu'avez vous dans la main, Monsieur Fields , demanda t-il, le soupçon indécis dans la voix .

Avec finesse, je fis glisser la feuille de Mandragore dans ma poche et attrapais la peau de Grisop sans qu'il ne s'en aperçoive .

-Monsieur Fields , répéta t-il en voyant que je ne faisais rien.

Je dévoilais alors la peau de Grisop au professeur.Je soufflai alors, l'adrénaline faisant battre mon cœur.

-Ce que vous nous avez demandé d'aller chercher Monsieur.