Alors voilà, encore un petit exposé des évènements qui nous ont conduits au récit présent. Après promis je vais faire entrer les personnages principaux (bah, parce que je sais que c'est ce que vous attendez avant tout ^^), mais je sais pas quand =^^=
PS: Pardon, pour les fautes. Et si le récit vous parait un peu décousu, pareil n'hésitez pas à me demander des éclairecissements.
Le prisonnier du Temps
Les docteurs Willow et Moro marchaient tranquillement sur le chemin de terre du parc de la clinique, l'air était doux et l'ombre des arbres rendait la promenade agréable. De temps en temps, ils croisaient un ou une infermière conduisant un patient par le bras. Dans ces cas là, Moro s'approchait, entamait une conversation d'a priori légère avec l'accompagnateur qui lui faisait par des progrès du malade. Parfois, le Docteur se donnait même la peine de parler directement au patient ; la plus part d'entre eux ne lui répondait que par un vague hochement de tête ou un regard absent. Ivy les gratifiait d'une tape affectueuse sur l'épaule, puis poursuivait son chemin ; Willow marchant toujours discrètement à ses côtés.
Lors de sa visite de la clinique, il avait noté les réels efforts du personnel pour tenter de redonner un certain goût de la vie à leurs patients. Ce qui l'avait le plus étonné, était le Docteur Moro semblait connaître chaque cas sur le bout des doigts : ce qui représentait un véritable exploit, puisque le centre hospitalier ne comptait pas de mille cent vingt pensionnaires.
_ Et sur tout ce nombre, lui avait exposé Moro, je dirais que seule un petit pourcentage a de réels espoirs de guérison. Pour les autres…
Elle laissa échapper un soupire.
_ Nous nous efforçons d'alléger le poids de leur existence. Au moins certains parviennent à garder un contact avec la réalité. Dans les cas les plus graves, ils n'ont même plus la force, ni même la volonté de continuer à vivre : ils se laissent dépérir, jusqu'à ce que la Mort ait pitié d'eux et se décide à les emmener.
_ Et dans le cas qui nous intéresse, poursuivit Jed, quelles étaient ses chances de guérir ?
_ Inexistantes ; enfin… Disons que beaucoup d'obstacles se sont mis sur sa route…
» Pour commencer, il nous a fallut un temps fou avant de comprendre comment fonctionnait le caisson dans lequel nous l'avons retrouvé. Rien que pour parvenir à le déplacer jusqu'à la clinique cela n'a pas été une mince affaire. Il était bien sûr hors de question de l'en faire sortir avant d'avoir pu déterminer la procédure à suivre. Il s'est vite avéré que ses anciens geôliers étaient déterminés à le garder en vie tout en s'assurant que sont organisme ne pourrait pas s'autogéré.
» Les transfusions, auxquelles il était relié, étaient replies de produits dopant en tout genre _ certains étaient même interdits sur le marché à cause de la forte addiction qu'ils provoquent chez ceux qui en consomment. Nous avons dû d'abords les remplacer par des produits de substitutions, et diminuer les doses progressivement. Je ne vous cache pas que nous avons failli le perdre plus d'une fois. Cela nous a pris un peut plus d'un an.
» Enfin, quand nous avons pu le stabiliser à une dose minimale, Il est devenu envisageable d'ouvrir le caisson.
» Des experts l'ont étudié en détail. Il s'agit d'un appareil de cryogénie dervil de troisième génération. Le plus étonnant est qu'il était directement relié à une unité centrale de type Atraxex ; il y a même fort à parier que c'est grâce à elle qu'il est parvenu à nous envoyer ce message via le système d'écrans tactile.
_ Qu'avez-vous fait du matériel récupéré à la base ?
_ Il est sous scellé à la Torchwood 27 ; je vous mettrais en contact avec la nouvelle directrice si vous voulez…
_ Volontiers, mais pour le moment, revenons en à votre découverte. C'est tout de même assez étrange, qu'ils aient relié un prisonnier à une base de données…
_ J'ai ma théorie à ce sujet ; mais elle a encore besoin d'être étayée…
L'équipe médicale se tenait prête, attendant les ordres du docteur Moro. Celle-ci ne quittait pas des yeux l'écran indiquant les constantes cardiaques et cérébrales du patient. A la moindre alerte, les réanimateurs se tenaient prêts. Mais chacun savait que, dans un cas comme celui-là, la déshibernation était une opération délicate, pour ne pas dire extrêmement risquée ; à la moindre erreur, serait fatale.
D'un hochement de tête, Ivy leur fit signe que la défrigération pouvait commencer. Malgré l'absence de signe inquiétant, elle ne pouvait s'empêcher de se ronger les sangs. Elle se faisait l'effet d'une adolescente attendant l'arrivée de son amant à son premier rendez-vous.
Pour la toute première fois, elle allait voir le visage de celui ou celle pour qui toute son équipe s'était mobilisée pendant une année entière. Car aucun scan ou sonde n'était parvenu à traverser la paroi du caisson pour examiner son occupant. Un autre fait à ajouter à la liste : ses anciens geôliers ne voulaient pas qu'il soit possible de l'identifier.
Quand enfin le couvercle fut ôté, elle s'approcha avec prudence de l'habitacle. Elle aurait pu s'attendre à à-peu-près tout. Mais lorsque ses yeux tombèrent sur le visage encore pâle et glacé, elle sentit son cœur se serrer douloureusement.
_ C'est un humain, murmura l'infermière à côté d'elle.
_ C'est un homme, soupira-t-elle à son tour.
Et si jeune…
La peau de son visage était lisse et blanche. A vue d'œil il ne devait pas avoir plus d'une vingtaine d'années _ du moins ce devait être approximativement son âge lorsqu'on l'avait enfermé dans sa prison de glace.
Que pouvait bien avoir fait un être aussi jeune pour mériter un pareil traitement ?
_ Après que nous l'ayons sorti du caisson, nous avons encore dû le maintenir dans le coma, afin d'aider son organisme à reprendre des forces. Les drogues utilisées pour le maintenir en vie avaient, en quelque sorte, engourdi son système immunitaire, ainsi que ses capacités motrices et nerveuses. Même respirer nécessitait pour lui une assistance.
_ A ce stade, pourquoi avoir persévéré et vous être donné autant de mal ? Pardonnez-moi si je vous parait insensible, mais j'ai vu des cas où des gens étaient sortis de cryogénie après une période d'attente très longue, et à chaque fois le bilan était catastrophique : ces malheureux en étaient pour ainsi dire réduits à un état végétatif. Même au XXIème siècle, les spécialistes savaient qu'un séjour trop prolongé entraînait de graves séquelles. C'est pourquoi, ils prenaient l'habitude de ranimer les sujets tous les cinq ans.
_ A cause du message. J'en suis intimement persuadée, c'est lui qui nous l'a envoyé. Par l'intermédiaire du réseau de surveillance, il a dû se rendre compte que la base était attaquée, et a dû voir en nous sa planche de salut. J'ignore encore le pourquoi du comment mais son système nerveux est parvenu à résister à sa captivité grâce à l'unité de donnée à laquelle il était relié.
_ Pendant tout ce temps, il devait attendre patiemment que quelqu'un vienne le délivrer. Et pour moi, un être avec une telle détermination mérite que l'on mobilise tous les moyens existants pour le sauvez.
Willow nota une pointe d'admiration dans la voix de son interlocutrice.
_ Quand avez-vous découvert son identité ?
_ Après l'ouverture du caisson, on a pu faire un prélèvement et l'entrée dans la base de données, afin de voir s'il y avait une trace de lui dans les archives, ou dans la liste des portés disparus. Je vous laisse imaginer la surprise qui a été la nôtre, lorsque l'ordinateur nous a sorti le dossier Ianto Jones.
_ Ce que je ne comprends pas c'est qu'officiellement Ianto Jones est mort, lors de l'attaque bactériologique de la Thames House, ainsi que des centaines d'autres personnes. Son cadavre a été identifié par ses collègues et son supérieur lui-même.
_ Oui, et qu'ont en ils fait ensuite ?
_ Les corps ont été incinérés, par mesure de sécurité, au cas où le virus aurait pu se propager. On a remis une urne à la sœur de Ianto Jones.
_ Certes, une urne avec des cendres dedans… Mais qui pouvait certifier qu'il s'agissait bien de celles de son frère ? Ils auraient aussi bien pu mettre les restes d'un chien à l'intérieur, personne n'aurait fait la différence…
» Réfléchissez, docteur Willow… Au milieu de la panique générale, et des préoccupations de chacun, des centaines de victimes et de familles à prévenir : rien de plus facile que de faire disparaître un corps.
_ Mais quel intérêt les Dervils pouvaient-ils avoir à s'emparer de Jones ?
_ Oh, difficile comme question, lança ironiquement le docteur Moro. En effet, quel intérêt aurait pu avoir les Dervils à retenir un agent de Torchwood, qui occupait le poste d'administrateur, et devait donc connaître tous les secrets de l'organisation...
_ Mais pour qu'il se retrouve entre les mains de l'ennemi… il eut fallu qu'à un moment ou à un autre, le gouvernement soit complice… de ce qui ne serait ni plus, ni moins qu'un enlèvement…
_ Précisément.
Jed ne put retenir un soupir de dégoût. S'il y avait la moindre parcelle de vérité dans toutes ces conjectures, cela voulait dire que les responsables avaient volontairement livré un innocent, un serviteur de la Défense, aux mains des Dervils. Ce qui le faisait frissonner d'effroi.
_ Comment s'est passé le réveil ? demanda-t-il pour changer de sujet.
_ D'abords, le plus dur a été de savoir à quel moment le sevrer complètement, et lui retirer l'assistance respiratoire. J'en tremble encore en y pensant, mais cela a été un véritable coup de poker : nous n'avions aucun moyen de savoir quand son organisme serait prêt à reprendre les commandes. Même une demi-heure trop tôt lui aurait été fatale.
_ En somme, sa résurrection tient du miracle…
_ Je dirais plutôt d'une volonté de vivre inébranlable.
Cela faisait à présent un mois que le patient ne respirait plus avec l'aide d'une machine. Son rythme cardiaque était régulier et son activité cérébrale normale. Cependant, celui que le personnel médical appelait désormais « Mr Jones », semblait s'obstiner à demeurer dans un état léthargique. Ivy en était presque déçue.
Certes, elle ne s'était pas attendue à ce qu'il saute de sont lit en dansant la gigue, mais elle avait espéré qu'il donnerait rapidement des signes de conscience. Après tout ce temps passé enfermé dans son caisson d'hibernation, elle l'aurait cru pressé de regagner la surface.
Ce fut un matin, qu'une infirmière vint la trouvée, toute chamboulée : alors qu'elle faisait sa toilette hebdomadaire au patient, celui-ci avait poussé un léger grognement ; le temps qu'elle comprenne d'où venait la source, il s'était mis à remuer ses cils et à frissonner légèrement.
Ivy s'était alors précipitée dans la chambre. Elle avait retenu un cri de joie en voyant le patient tenté de se redresser avec difficulté sur son matelas, en jetant des regards inquiet dans toute la pièce.
_ Mr Jones, l'avait-elle appelé en se rapprochant du lit. Tout va bien Mr Jones, vous êtes en sécurité.
Il posa ses yeux sur elle, et ceux-ci ne semblèrent plus vouloir la lâcher. Ivy en fut presque gênée ; pourtant, habituellement, il en fallait beaucoup pour la déstabiliser. Ces yeux…étaient d'un bleu clair, presque gris, et semblaient poser un millier de questions à la fois.
_ Je me présente, poursuit-elle dans un anglais qu'elle espérait assez clair pour lui, je suis le Docteur Ivy Moro. Et vous êtes à la clinique de Tempera…
Il l'a dévisageait, les sourcils froncés, cherchant visiblement à comprendre ce qu'elle tentait de lui dire. Mais y parvenait-il ?
Le cardiogramme commençait à s'emballer, témoignant de la nervosité du patient.
_ Mr Jones, s'il vous plait, rassurez-vous, tenta Ivy en s'asseyant à côté de son lit, s'efforçant de rendre sa voix la plus douce et la plus apaisante possible. Personne ne vous veut de mal ici. Essayez de vous ménager, votre corps a été mis à rude épreuve.
Il ne détachait pas son regard du sien. Ce dernier paraissait plus inquiet qu'effrayé, plus méfiant qu'alerté, et plus désorienté que perdu.
Avec prudence, Ivy approcha sa main et la posa sur la poitrine du jeune homme, qui la regardait faire avec un air d'interrogation. Elle l'appuya à l'emplacement du cœur et émit alors un léger ronronnement. L'effet fut immédiat, et les battements affolés se calmèrent. Ses yeux fermés, le jeune homme se concentrait sur cette étrange sensation qui avait le don de l'apaiser. Ivy le couvait du regard, comme une mère qui rassure son enfant après un cauchemar.
_ Après son réveil, nous l'avons placé dans une cellule de repos.
_ Il ne vous a pas posé de question, n'a pas cherché à savoir comment vous l'aviez trouvé… ?
_ Non. Pendant longtemps, il n'a pas prononcé une parole. Il se contentait de fixer le plafond, et ignorait royalement les personnes qui lui apportaient son repas. Il semblait vivre dans son monde et être complètement coupé du reste de l'univers. Personne ne se plaignait de lui ; il était, limite, devenu transparent. Le personnel soignant en ait vite venu à la conclusion que l'hibernation avait altéré ses capacités mentales.
_ Et vous, qu'est-ce que vous en pensiez ?
Elle sourit.
_ Je crois qu'il se donnait le temps de comprendre ce qui l'entourait. D'ailleurs, il a fini par nous surprendre. Une nuit, il a finalement décidé de sortir de sa cellule _ sans être pris par personne _ et il est monté sur le toit. C'est à partir de ce moment qu'il s'est décidé à parler…
_ Vous avez pu obtenir des renseignements de lui ?
_ Vous aurez qu'à le questionner vous-même, demain.
_ Pourquoi pas aujourd'hui ?
_ Parce que la nuit va bientôt tomber, qu'il faut au moins deux heures pour atteindre sa maison, et qu'il est fortement déconseillé de traverser le lac de Samarx après le couché du soleil.
_ Le lac de Samarx… ? Vous voulez dire qu'il ne réside pas ici ?
_ Non. Plus depuis sa vingt-deuxième montée sur le toit. Ca devenait lassant pour le service de sécurité. Et il trouvait le microclimat trop lourd.
» Il y a une cabane de pécheur à l'opposé du lac. C'est un peu chiche comme décor, mais il trouvait que c'était confortable et suffisait. Elle est isolée des grands vents et on peut la rejoindre assez facilement.
_ Quoi ? s'exclama Jed interloqué. Il préfère être dehors, qu'ici !?!
_ Il dit que ça lui rappelle le pays, répondit Ivy en haussant les épaules. Et je crois qu'après deux milles ans, enfermé dans une boite, vous aussi vous préféreriez les grands espaces.
