Chapitre 4 : Survivants & Deadline
Ils tombaient un à un mais à chaque fois, Piers avait l'impression que deux autres prenaient la place de celui qui venait de tomber. Ses camarades continuaient de tirer à vue, essayant de gâcher le moins de munitions possibles. Ils devaient sauver ses gens à l'intérieur, même s'il n'y avait qu'une seule personne. Il fallait qu'ils sauvent quelqu'un, qu'ils n'aient pas risqué leur vie pour rien. Piers ne fatiguait pas, dopé par l'adrénaline et par cette rage qui l'habitait. S'il avait eu peur sur le chemin, cette peur s'était transformée en colère en voyant les dégâts qu'avait provoqué cet attentat. Comment les USA allaient se relever de cet incident ? Est-ce que le monde allait enfin prendre conscience du risque majeur que représentait les virus ? Piers n'était pas assez naïf pour croire que ça pouvait être le cas. Naïf, il l'avait été lorsqu'il avait décidé de s'enrôler dans le B.S.A.A ! Il savait dans quoi il s'engageait en signant pour une telle organisation mais jamais il ne s'était douté qu'il ferait face à de telles horreurs. Il avait dû mal à trouver le sommeil, ses rêves étaient remplis de ces atrocités. Il revivait sans cesse la mort de ses camarades, la culpabilité le rongeant intérieurement. Il avait beau avoir fait un beau discours pour ramener son capitaine à la raison, il n'en restait pas moins un homme avec une morale. Se concentrant sur le combat, il avait l'impression qu'ils arrivaient enfin au bout. Plus de dix minutes qu'ils tiraient comme à l'entraînement… Sauf que ce n'était pas un entraînement et ces monstres, quelques heures auparavant, étaient de simples citoyens, n'attendant que de rentrer chez soi pour retrouver leur famille. Serrant les dents, les coups de feu s'arrêtèrent le dernier zombie tombant à terre.
- C'est bon les gars, bon travail ! Anderson, Mayers, vérifiez le périmètre. Piers, Peter, on va inspecter l'intérieur et voir s'il y a des survivants.
Toute l'équipe s'exécuta et Piers prit soin de vérifier que tous les zombies étaient morts avant de rentrer dans le magasin. Au vue de l'état de la vitre, elle s'apprêtait à céder sous la pression de ces monstres. Allumant sa lampe torche, il entendit Chris demander s'il y avait quelqu'un. Vérifiant les alentours, il restait derrière aux côtés de Peter. Ce dernier semblait être tenu mais qui ne le serait pas, après une telle démonstration.
- Putain, on en a tué combien ? Cent ?
Piers n'en avait aucune idée mais ils étaient nombreux et vu le nombre d'habitants en ville, ce n'était rien par rapport à ce qui pouvait les attendre. Il n'y avait pas eu de réelles mutations, ils n'avaient pas vu de cocons, d'infectés à la tronçonneuse ou toutes autres atrocités qu'il avait rencontrées avec Chris et son ancienne équipe en Chine. Déglutissant, il resta sur ses gardes alors que son capitaine ouvrait une porte menant vers l'étage supérieur. Les gens s'étaient sûrement réfugiés en haut, en toute logique. Grimpant délicatement les marches, il hocha la tête quand Chris lui signala qu'il allait rentrer. Prêt à toute éventualité, les trois hommes entrèrent d'un seul bond et des cris s'échappèrent de la salle. Les lumières de leur torche leur montrèrent plusieurs visages, ils devaient être au moins quinze dans ce petit appartement.
- Vous… Vous n'êtes pas des zombies ?
Un homme se leva, s'avançant avec précaution vers eux. Baissant leurs armes, Chris s'avança vers l'inconnu un sourire aux lèvres.
- Non, nous sommes venus pour vous secourir. Tout le monde va bien ?
Piers remit sa mitraillette autour de son cou et s'avança vers une petite fille. Celle-ci était blottit contre sa mère et Piers sourit en la voyant se cacher dans le cou de celle-ci.
- Merci d'être venue nous aider !
Piers hocha la tête et ressentit un sentiment de fierté l'envahir. C'était pour ce genre de moment qu'il avait décidé de s'engager, qu'il avait décidé de reprendre du service malgré tout ce qu'il avait traversé et perdu. Les gens avaient besoin d'aide et il était prêt à leur offrir. Détournant les yeux, il observa son capitaine parler à un talkie walkie. Ses gens ne pouvaient pas rester là…
Laissant Chris s'occuper de la démarche, Piers observa Peter en train de tenter d'arracher un sourire à un petit garçon. Ce dernier finit par sourire faiblement et Piers secoua la tête. Il n'était pas vraiment à l'aise avec les enfants. Il n'était déjà pas à l'aise avec les femmes alors pour ce qui était des enfants. Sa vie, c'était son boulot au plus grand regret de sa mère. Sa mère, il se rappelait encore de son regard lorsqu'elle était venue lui rendre visite lors de sa convalescence. Il avait pourtant supplié Chris pour qu'il ne l'appelle pas mais il n'avait pas pu. Et il avait dû subir une remontrance digne de celles qu'il recevait lorsqu'il était enfant. Mais au-delà de ça, il avait vu la fierté briller dans les yeux de sa mère. Son père était mort, il y a quelques années de cela. Ancien marine, il avait consacré toute sa vie à sa carrière, laissant parfois Piers et sa mère de côté. C'était un des facteurs qui l'avait poussé à l'époque à vouloir s'engager dans l'armée. Et puis, il avait été approché par un homme du B.S.A.A et voilà où il en était à présent. Le B.S.A.A avait changé sa vie que ce soit pour le meilleur ou pour le pire. Se mettant à la fenêtre pour surveiller l'extérieur, il détourna la tête quand la voix de Chris s'éleva.
- Bon, écoutez moi, une équipe va venir jusqu'à vous pour vous permettre de vous échapper ! Il faut surtout que vous restiez bien calme durant le trajet pour éviter tout désagrément. On a peut-être tué pas mal de ces choses mais il y en a encore beaucoup dehors ! On reste avec vous jusqu'à ce que l'équipe n'arrive…
Des murmures s'élevèrent alors que Piers reporta son attention sur la fenêtre. Sentant Chris s'approcher, il prit les devants.
- Je vais bien, ne t'en fais pas !
Piers observa le reflet de Chris à travers la vitre et il secoua la tête. Comment pouvait-il se remettre de son traumatisme si on continuait de se comporter comme s'il était un infirme ? Il savait que ça partait d'une bonne intention mais les gens ne pouvaient pas comprendre…
- Je ne m'en fais pas, tu avais l'air à l'aise tout à l'heure. Je voulais juste te dire que l'autre équipe avait trouvé des survivants, eux aussi. Aucun blessé malgré une grosse frayeur pour Porter ! Un j'avo s'est jeté sur lui mais il l'a abattu avant qu'il ne puisse le mordre
Hochant la tête, Piers soupira de soulagement. Il n'avait vraiment pas envie de perdre des gens aujourd'hui mais avait-il le choix ? Lui, plus que personne, savait ce qu'on pouvait perdre dans ce type de mission, il ne devait pas oublier qu'ils n'étaient que des hommes.
- Tant mieux, mais ça sert à quoi tout ça Capitaine ? Je veux dire, on ne peut pas tuer 100 000 personnes ! Nous n'avons ni les armes, ni les forces pour le faire…
Plongeant son regard dans celui de son supérieur, il comprit immédiatement que ce dernier lui avait caché quelque chose, à lui et à toute son équipe.
- Je… Ils vont détruire la ville Piers, le Président ne veut prendre aucun risque.
Fermant les yeux, Piers avait envie de hurler son incompréhension mais il ne voulait pas effrayer les civils. Après tout, ce n'était pas si surprenant que ça, il le savait… Mais quel était l'intérêt de la mission alors ?
- Combien de temps ?
Son rythme cardiaque s'accéléra alors qu'il attendait la réponse. Il savait que le temps était sûrement déjà compté. Plus le temps passait, plus le risque que la contamination ne se propage était important. Il n'y avait pas besoin d'être scientifique pour le comprendre.
- Ils nous ont donné jusqu'au petit matin, c'est à dire cinq heures pour retrouver un maximum de gens ! Suite à ça, ils lanceront l'éradication de la ville avec des ogives nucléaires.
Piers secoua la tête. Pourquoi étaient-ils encore là alors ? Ils devraient déjà être à la recherche d'autres survivants. Combien pourraient-ils en sauver ?
- Ils ont placé des barricades tout autour de la ville pour empêcher les gens de s'échapper. Est-ce qu'ils laissent passer les gens qui se présentent et qui ne sont pas contaminés ?
La question pouvait paraître idiote mais il savait à quel point les politiciens pouvaient prendre des décisions aberrantes.
- Je n'en sais pas plus que vous à ce sujet, je l'espère… Mais ils ne prendront pas le risque de laisser le virus s'échapper de la ville ! Quittes à sacrifier la vie de milliers de gens ! Comme pour Raccoon City...
Secouant la tête, Piers n'arrivait pas à croire ce qu'il venait d'entendre. Et pourtant, il n'aurait pas dû être surpris. A quoi s'attendait-il ?
- Quelques milliers de sacrifier pour sauver toute l'Humanité… » pensa-t-il.
Raisonnement cruel mais qui se tenait. Malheureusement, ceux qui allaient périr n'auraient pas l'occasion de pouvoir se défendre. Prenant son fusil, il descendit et Chris l'arrêta.
- Où vas-tu ?
Se dégageant, il leva les yeux vers lui, en secouant la tête.
- On ne peut pas rester là, à ne rien faire ! On doit sauver un maximum de gens ! Ils sont à l'abri ici, s'ils ne font pas de bruit. L'équipe de secours va arriver d'une minute à l'autre, on devrait y aller Capitaine !
Il connaissait les procédures aussi bien que son interlocuteur mais dans des situations de crise, on devait s'asseoir sur ce genre de principe.
- Je sais ce que tu ressens Piers, je pense la même chose mais on n'a pas le choix et malheureusement tu sais aussi bien que moi, que c'est la seule solution ! Tu veux que le virus C se propage, tu sais de quoi cette chose est capable !
Se dégageant de nouveau, il ferma les yeux. Il détestait ce sentiment d'impuissance, d'injustice qui l'envahissait à l'idée que des milliers de personnes allaient mourir. Il était minuit et au petit matin, toute la ville serait rayée de la carte. Il n'avait plus qu'à faire son possible pour faire en sorte qu'un maximum de gens n'en sorte indemne.
- Alors, allons-y Capitaine ! On ne peut pas rester les bras croisés…
Jetant un coup d'œil aux survivants, Chris semblait hésiter. Piers était conscient que la décision n'était pas facile mais ses gens s'en sortiraient, il en était persuadé. Il ne semblait plus y avoir de j'avos à l'horizon. Ils avaient eu de la chance toute à l'heure, aucun n'était armé ou ne s'était transformé. Le virus ne s'était certainement pas encore développé complètement.
- Très bien, je vais leur… Voilà l'escouade de secours !
Ils avaient fait vite et Piers était soulagé de voir arriver toute une équipe d'hommes, dans la grande avenue. Descendant à leur rencontre, Chris donna les informations nécessaires et appela sa troupe à l'ordre.
- On peut y aller, faites attention ! On se rapproche du centre-ville, il y aura plus de j'avos et moins de survivants. Allons-y !
Les cinq agents reprirent leur route, en direction du point de rassemblement.
Chris n'avait pas menti en disant que les j'avos se faisaient plus nombreux et surtout plus coriaces. Ses coéquipiers étaient au courant des divers effets de la mutation par le virus C mais il y avait une différence entre le voir par vidéos ou par photo que de le voir en réalité. Le virus C était une horreur, certainement pire que le virus T. Se couvrant les uns et les autres, ils n'avaient pas vu le moindre signe de vie depuis qu'ils avaient quitté le magasin. La zone avait très certainement été ravagée par le virus et toutes personnes présentes avaient dû être contaminées. Le point de rendez-vous était juste en bas, à un grand carrefour. L'autre équipe avançait avec autant de difficulté qu'eux, continuant de communiquer par radio avec Chris. Piers avait l'impression qu'ils n'arriveraient jamais à sortir de cet endroit, il y avait tellement de gens, tellement de contaminés. Le camion devait avoir libéré beaucoup plus de dose de virus C que le B.S.A.A ne pensait. Épaulant Anderson pour vaincre un Gnezdo, il souffla lorsque Chris désigna une petite ruelle pour qu'ils puissent s'y réfugier. Défonçant une porte, toute l'équipe s'engouffra tandis que Mayer referma la porte.
- Tout le monde va bien ? Faites le point sur vos munitions, je crois qu'on va rapidement être à court si on continue comme ça…
Piers ne pouvait qu'approuver la remarque de son capitaine. Il avait beau faire en sorte d'user le moins de balles possibles, ces créatures étaient féroces et encore, il n'avait combattu que des j'avos ordinaires. Aucun zombie avec une endurance extraordinaire ou d'énorme monstre comme ils avaient pu en croiser en Edonie. Vérifiant sa mitraillette et son sniper, Piers soupira alors qu'il tendait l'oreille pour entendre la discussion de son capitaine avec Spencer.
- Okay, faites attention... On n'est pas loin nous aussi ! On se rejoint là bas. Redfield terminé. Bon, ils sont dans la même situation que nous mais on va s'en sortir. Vous faites du bon boulot, je sais que c'est dur mais on doit rester solide et surtout, couvrez les flancs ! Surtout toi Anderson ! Je ne veux pas devoir intervenir de nouveau pour te tirer d'affaires…
Anderson approuva de la tête bien que honteux. Pour une première fois, ils se débrouillaient très bien, mieux que Piers lors de sa première mission. Ils n'étaient plus qu'à une centaine de mètre du point de rendez-vous et Chris décida de passer par derrière pour éviter les grands axes. Ne discutant pas les ordres, Piers le suivit alors qu'ils sortirent par la porte de derrière donnant dans une ruelle sombre. Toujours sur leur garde, ils avancèrent sans encombre vers le point de rendez-vous. Arrivés au carrefour, ils étaient les premiers arrivés et chacun se posta en position pour défendre l'endroit contre toute attaque. L'équipe bêta était à l'hôpital de la ville, essayant de faire héliporter un maximum de personnes en les rassemblant là haut. Piers essayait de voir quelque chose à travers la lunette de son sniper mais il ne voyait que des flammes et la désolation de la ville. Soupirant, il posa son sniper dans son dos et commença à faire les cent pas. Ils détestaient attendre, ce n'était pas dans sa nature, pas quand il savait que des gens étaient en train de mourir ou avaient besoin de son aide. Fermant les yeux, il les rouvrit quand il entendit Peter prévenir que les autres membres de l'équipe arrivaient. Et en effet, ses cinq coéquipiers arrivaient d'un même pas, aux aguets comme eux. Piers vit le soulagement dans les yeux de son capitaine alors que Spencer s'approchait de lui. Lui offrant une tape sur l'épaule et le félicitant, chacun y allait de son commentaire. Aucune blessure n'était à déplorer, un véritable miracle. S'éclaircissant la gorge Chris attira l'attention de son équipe sur lui.
- Très bien, pour le moment, tout se passe plutôt bien ! J'espère que ça va continuer comme ça encore longtemps… On doit continuer, l'équipe bêta s'occupe de faire évacuer le quartier de l'hôpital qui n'a pas été trop touché d'après les informations. On va devoir se rendre près du Capitole ! Nous n'avons aucune nouvelle de cette partie de la ville et nous sommes l'équipe la plus proche. 3
Piers ne connaissait pas Denver mais lorsqu'un de ses camarades dévoila la carte, il secoua la tête. Ça n'allait pas être une partie de plaisir. Le camion avait explosé pas très loin du Capitole ce qui assurait un parcours compliqué. Mais ce qui interpella Piers, c'était le fait que la ville ait un zoo.
- Il y a un zoo dans la ville ?
Levant la tête vers Chris, il croisa son regard et ils se comprirent immédiatement. Ils avaient déjà vu ce que le virus C pouvait faire sur les humains, ils n'avaient pas envie de savoir comment les animaux avaient muté avec cette saloperie. Se mordant la lèvre, il n'y avait plus qu'à espérer que les animaux soient restés dans leur cage…
- Très bien, on va repartir…
Un cri vînt interrompre Chris et tout le monde releva son arme. C'était le cri d'une femme et chacun essayait de voir d'où il pouvait venir. S'il y avait une survivante, ils devaient la secourir.
- Par là, ça vient du parc !
Chris se lança en direction du parc, toute son équipe sur ses talons. Il était hors de question que cette jeune femme meurt.
- Allez, on se dépêche ! Faites attention, ils peuvent apparaître de n'importe où…
Arrivant sur les lieux, ils se retrouvèrent face à quelque chose que redoutait Piers, un Napad. Cherchant du regard une jeune femme, Piers découvrit non pas une mais deux jeunes femmes, blotties l'une contre l'autre. Observant le monstre, ce dernier continuait d'avancer vers elles et Piers ne put s'empêcher d'hurler.
- Fuyez, ne restez pas là !
Attirant l'attention des deux jeunes femmes, il attira de même celle du monstre alors que toute l'équipe se mit en position pour détruire ce monstre.
- Faîtes attention, cette chose a une carapace ultra résistance et fonce sur vous
Une fois que les deux jeunes femmes se soient mises à distance, toute l'équipe ouvra le feu, provoquant la fureur de cette atrocité.
Voilà un nouveau chapitre ! Je voulais remercier SorryforMyEnglish pour sa review, ça m'a fait plaisir. Je sais que je tente un peu le diable en choisissant de mettre un personnage aussi peu apprécié sur le devant de la scène mais comme tu l'as dit, je ne pense pas que les trois quarts des gens si ce n'est plus, auraient fait mieux xD
Et je ne pouvais pas laisser Piers mourir, c'est impossible ! Je pries d'ailleurs, pour que d'une manière ou d'une autre, il ait survécu (a)
La suite devrait arriver bientôt normalement :D
MILANKOVITCH0889
