Chapitre 4

-Kisame ! Arrête de rêvasser !

Ce dernier sursauta. Il n'avait cessé, depuis le début de la matinée, de penser à Sasori. Pourquoi ce dernier était-il entré dans une colère noire ? Pourquoi il n'avait pas voulu lui dire ? Et Kisame connaissait bien Sasori, il savait qu'il était mal. Mais il ne pouvait rien faire pour l'aider. Il le voyait souffrir sans pouvoir intervenir, le laissant seul dans sa souffrance infinie. Car, s'il le pouvait, il aurait déjà hébergé Sasori chez lui pour lui éviter d'être seul chaque fois que les cours se terminaient. Mais, parfois, en regardant Sasori, il croyait voir dans ses yeux un peu de plaisir à être seul. Alors il se disait que tout était perdu, et que si celui-ci finissait mal, ce qui risquait sûrement d'arriver, au moins il serait heureux de l'avoir connu.

-Désolé, sensei, je réfléchissait, mentit (à moitié) Kisame.

-J'éspère bien que tu réfléchissait à l'exercice, rétorqua Kakashi sensei.

Kisame se pencha sur son cahier. Il était vide. Pas un mot. Il sourit. Il n'avait jamais été un travailleur. Quelques minutes plus tard, la sonnerie retentit. Kisame pensa à Sasori. Il se rua vers la sortie, en bousculant au passage un gars aux cheveux noirs attachés en queue de cheval avec deux rides qui fendaient son visage. Il venait décidément de se faire un ennemi.

Kisame repéra une touffe rousse dans la foule d'élèves qui se dirigeaient vers la cantine. Kisame écarta d'un geste de ses gros bras les élèves qui le séparaient de Sasori. Il interpella Sasori, impatient de découvrir la raison des agissements de celui-ci.

-Sasori !

Le roux ne parut pas le remarquer, il continua sa course tranquillement. Ce n'est qu'aux portes de la cantine qu'il put l'attraper par le bras, manquant de l'écraser à terre. Le roux lui jeta un regard noir tout en dégageant son bras.

-Mais qu'est-ce-que tu me veux à la fin ?! Lui brailla Sasori.

-Désolé de t'avoir bousculé, s'excusa Kisame devant l'air mécontent de son ami, mais tu m'avais dit que tu m'expliquerais pour ce matin.

-Oui, ben finalement ça te regarde pas, rétorqua le roux avant de s'éloigner en le plantant là.

C'était un comportement digne d'un enfant de 4 ans. Sasori avait planté Kisame comme un idiot. Celui-ci aurait voulu le rattraper, le plaquer contre le mur et le cogner jusqu'à ce qu'il dégueule des excuses. Oui, Kisame avait un caractère fort, et alors ? Etait-ce une excuse pour ce que venait de faire ce roux écervelé ? Arborant un air hautain, il tourna les talons et se dirigea d'un pas décidé vers le coin où les deux amis se réunissaient d'habitude. Il n'avait pas faim. Mais, (décidément c'était sa journée) il percuta pour la seconde fois de la journée le gars aux cheveux noirs en queue de cheval et deux rides qui fendaient son visage. Celui-ci tomba à terre, mais pas Kisame. C'était rare que quelqu'un puisse le terrasser. Cette fois, il le vit. Il vit ce regard à glacer le sang. Les yeux de ce garçon le fixaient, pas avec du dégout, comme l'autre fois, avec une lueur qui voulait dire « Toi, t'es mort »

- Mais tu le fait exprès ou quoi de me bousculer dès que tu me vois ?! S'égosilla le garçon.

-Désolé, je t'avais pas vu, tenta de se rattraper Kisame.

-Et tout à l'heure en classe, tu m'avais pas vu non plus ?

Kisame eut un déclic. Sans même faire attention à la dernière phrase de son ennemi, il se rendit compte de la situation. Il était en train de s'excuser d'un truc qu'il n'avait même pas fait exprès ? Et l'autre n'avait même pas peur de lui crier dessus ? Et cette personne n'était pas... Sasori ?

-Peut-être que je l'ai fait exprès, et alors ? Lui jeta t-il à la figure méchamment.

-Et bien alors tu ne verra aucun inconvénient à ce que je fasse de ta scolarité un enfer, répondit l'autre sur un ton tout à fait tranquille au grand étonnement de Kisame.

Jamais personne n'avait osé lui parler d'un ton aussi tranquille mis à part Sasori. Il n'y avait qu'à voir sa carrure pour savoir qu'il ne fallait pas l'embêter. Mais ce garçon lui parlait d'un ton tellement naturel que ça en devenait dérangeant. Il y avait même une pointe de prétention dans sa voix. Kisame, comme à son habitude, ne prit pas ses menaces au sérieux.

-Pff, tu me fais rire. Comme si un petit bonhomme comme toi pouvait me rendre la vie dure.

En effet, le garçon avait une bonne tête de moins que lui.

-Fais attention à tes paroles je les prendrai aux mots, répondit d'un ton tout aussi décontracté le mystèrieux garçon.

-Bien, moi j'ai pas de temps à perdre avec... Kisame s'arrêta net. Il avait prévu de le planter là, mais l'inverse s'était produit. Le jeune homme s'éloignait alors qu'il n'avait même pas fini sa phrase. Ca faisait 2 fois dans la même journée, non, dans les mêmes 10 minutes, qu'il se faisait planter comme un abruti. Ravalant sa rage, il entendit la sonnerie et se dirigea vers sa salle de cours, avec tout de même une pointe d'angoisse dans l'âme en repensant aux paroles prononcées avec un calme inhabituel du garçon.