Yuki regardait inlassablement ce que Shuichi avait inscrit sur cette feuille de papier. Cette étrange chanson dont il ne comprenait le sens, pas totalement. Il était parti à présent, il s'était défenêstré. Yuki ne l'avait pas vu sauter dans le vide et, quand il avait enfin réussi à se détacher, il s'était rué sur cette fenêtre. Il avait tout de suite songer au suicide de son ami, la vitre brisée confirmait quelque peu sa thèse. Seulement, lorsqu'il avait regardé au dehors, il n'y avait plus rien.
D'accord, il se pouvait que l'on ait pu découvrir, puis emmener son corps, mais ce cas il y aurait eut plus de tapage en bas, et la police serait venu voir se qu'il passait ici.
La chose la plus étrange, c'était toutes ces plumes blanches, éparpillées dans l'appartement. Yuki avait tout de suite pensé à cette hypothèse, somme toute folle, que Shuichi était devenu un ange, puis, lorsqu'il s'était réveillé un peu mieux, il s'était remis les yeux en face des trous. C'était un fait : les anges n'existaient pas.
Et pourtant...
Comment ce faisait-il que Shuichi ...? Comment avait-il pu ?
"TOC...TOC...TOC... Y'a quelqu'un ? "
Quelqu'un frappait à la porte, peut-être la police. La voix était féminine.
"Yo l'P.D. tu t'bouges le cul ?"
Cette voix là, en revanche... C'était pas une femme. Yuki supposa aussi que, par son language si peu chatié, l'homme n'était sûrement pas de la police. Il se pressa de s'habiller convenablement, puis ouvrit la porte. Une jeune femme se présenta, elle prétendait connaître Shuichi. Yuki l'invita à rentrer, lorsque un homme étrange derrière elle fit son apparition. A la vue de cet homme, Yuki ne put retenir une expression de totale stupéfaction.
Il faut dire que la surprise était de taille : ce type ressemblait trait pour trait à Dante, le héros du jeu "Devil May Cry". Il entra dans l'appartement en trombe, bousculant Yuki au passage. Une femme entra alors, et s'excusa à la place de l'homme.
"Il n'est pas très diplômate, fit-elle d'un sourire gêné, surtout lorsqu'il est pressé."
Et pressé, il devait l'être, car il fouillait tout l'appartement comme s'il était chez lui, mettant l'endroit sens dessus-dessous . Yuki s'interposa tout de même, sous le coup de la colère, et demanda à l'homme :
"Vous cherchez quoi au juste ? Et qui vous êtes d'abord ?"
L'homme au manteau rouge regarda Yuki avec un regard où se mélaient la colère et l'amusement, mais il ne répondit pas. Il se contenta de détourner les yeux, puis il poursuivit sa petite affaire. La femme étrange vint en aide à Yuki, et tenta de dissuader l'homme de tout retourner.
"M'emmerde pas Aya ! répondit l'intéressé, Tu sais bien qu'il ne faut pas m'emmerder quand je suis en colère."
Aya ? Yuki avait déjà entendu ce nom quelque part. En vérité il se souvenait d'un jeu, qui s'appelait "Parasite Eve", et dans lequel on contrôlait une femme du nom de... Non ! Aya Bréa ! Cette femme était Aya Bréa ! Yuki la défigura longuement, et reconnut bien la chevelure blonde, et cet air déterminé qui caractérisait si bien l'héroine du jeu. Cette femme ETAIT Aya Bréa ! Quant à l'homme, il ne faisait aucun doute qu'il était Dante. Yuki commença à penser qu'il perdait la raison.
Dante allait bientôt entrer dans le salon, il allait trouver les deux pistolets mitrailleurs que Shuichi avait acheter... ou voler ? En tout cas il ne fallait que Dante tombe sur ces armes. Qui sait ce dont ce psychopathe était capable ?
Yuki partit donc dans le salon, il demanda à Dante de se reculer, et le poussa à l'extérieur de la pièce. Cependant, lorsqu'il aperçut l'énorme épée qui trônait dans le dos du guerrier, il eût un mouvement de recul.
"Tu ferais mieux de pas m'emmmerder non plus, l'P.D. !" fit Dante, en colère, je sais que Shuichi a planqué ses flingues ici!"
Yuki fût abasourdi par cette remarque. Il connaissait Shuichi ?
"Me regarde pas comme ça l'P.D., continua Dante, on dirait que tu viens de voir la bite à Dudul."
La "bite à Dudul" ? Dante commençait à rigoler de sa remarque, tandis que Yuki se demandait d'où cette expression sortait.
"Bon, reprit sérieusement Dante, trêve de conneries ! Où tu les as planqués ?"
Yuki se dit qu'il ne valait mieux pas faire mine de ne pas comprendre, car l'étrange guerrier avait l'air très instable, au point de vue psychologique. Il se pencha sur les affaires de son amant, et n'eût aucun mal à trouver les deux armes. Il demanda pourquoi il les cherchait.
"C'est pas tes oignons, donne-les !" fut sa seule réponse.
Yuki se tenait accroupi, de dos à Dante. Il avait dans chaque mains un pistolet, et, s'apprettant à tirer, il se releva. En se redressant il se retourna vers Dante, et pointa ses flingues sur lui. Malheureusement il n'eût pas le temps de tirer, que déjà son adversaire lui logeait une balle dans la main droite, provoquant une douleur atroce lorsque le sang se répandit sur le tapis du salon. Yuki lâcha ses armes de douleur, mais Dante n'y fit pas attention, de toute façon le coup était déjà parti. Une autre balle vint se ficher dans le genou de Yuki en une gerbe de sang, ce qui fit se tordre de douleur le pauvre homme. Il se recroquevilla sur son articulation, et de ce fait il ne vit pas la troisième balle se diriger sur lui. Elle le percuta au niveau de l'épaule gauche, ce qui le fit tomber par terre, allongé dans la flaque naissante de son propre sang.
"Dante ! Arrête ! s'insurgea Aya, il ne mérite pas ça !"
L'homme garda ses armes encore fumantes pointées sur Yuki, il sourit et ferma les yeux de bonheur.
"Oups !" fit-il ironiquement.
Aya s'avança pour soigner Yuki, elle l'examina, et s'aperçût de la gravité des blessures. Les points vitaux n'étaient pas touchés, heureusement, mais Yuki avait encore une balle bloquée dans l'articulation du genou, son épaule était touchée profondément, et la première balle lui avait fait perdre au moins un doigt de sa main droite, si ce n'était pas deux, vu l'état de la blessure.
"On aura aussi besoin de lui, répliqua Aya, mort il ne sera plus n'aucune utilité !
- Lui ou un autre..." lâcha Dante de dépit.
Et sur ces mots il sortit de l'appartement. Aya prit les pistolets mitrailleurs, et les tendit à Yuki (après avoir enlevé au préalable les chargeurs qui se trouvaient à l'intérieur). Elle prit Yuki dans ses bras, et, à la surprise de l'écrivain, réussit à le soulever sans trop de problèmes.
Aya porta l'homme blessé, qui ne se défendit pas, et l'emmena dehors, dans le couloir de l'immeuble. Yuki, en se faisant porter, posa sa tête dans le cou de la jeune femme, il sentait sa température corporelle augmenter anormalement.
Ils entrèrent dans l'ascenseur, et Aya le déposa à terre. Yuki, tout en regardant la femme appuyer sur les étages (elle tapotait une série de chiffres impressionante), lui demanda où est-ce qu'ils allaient.
"Vous le verrez bien", répondit Aya Bréa.
Le descente s'éternisa, Yuki sentait le sang s'écouler de son corps, mais il n'avait pas froid. En temps normal, lorsque l'on perd autant de sang, on ressent cette froideur caractéristique, qui prouve que la vie vous abandonne, mais Yuki ne ressentait pas ça. Au contraire, certaines parties de son corps bouillonnaient en lui, surtout ses blessures. Il était en train de cuire sur place.
L'ascenseur poursuivait sa course absurde, il était clair que, à présent, il avait dépassé les limites de l'immeuble. Il s'enfonçait encore plus loin dans la Terre, il s'enfonçait dans les entrailles de l'enfer...
"Ding !" annonça l'ascenseur qui venait d'arriver à destination.
Il s'ouvrit lentement, découvrant une lumière intense et blanche : celle d'un hôpital. Mais pas n'importe quel hôpital, celui dans lequel Shuichi avait séjourné !
"Attends-moi là, fit Aya, je reviens."
Elle partit dans le couloir et y disparut, mais Yuki ne resta pas seul. En effet deux infirmières se dirigeaient vers lui, il les vit avant que l'ascenseur ne ferme ses portes. Il devait se lever, demander de l'aide. Il devait ouvrir cette porte ! Mais il n'arrivait pas à se relever sans faire remonter de sa blessure une douleur plus qu'insupportable.
Finalement la porte de l'ascenseur s'ouvrit d'elle-même. Yuki eût d'un coup peur de découvrir cette femme qui semblait être Aya Bréa, ou pire... L'autre fou qui ressemblait à Dante. En y réfléchissant tous les deux paraissait fous, peut-être qu'en fait c'était LUI qui était devenu fou.
Ce fut un homme qui entra dans l'ascenseur, un médecin en plus, pour une fois Yuki avait de la chance. L'homme en blouse blanche pénétra dans l'habitacle, pencha la tête vers Yuki, à terre, puis se retourna vers les boutons. Il pressa nonchalament celui indiqua le second étage, comme s'il n'avait pas vu Yuki. En fait, il ne l'avait sûrement pas vu : personne n'aurait ce genre de réactions devant un homme baignant dans son sang.
Yuki vit soudain le docteur s'enfoncer dans le sol, puis il vit le haut de l'ascenseur s'enfoncer à son tour dans le sol. En fait ce fut comme s'ils y avaient deux ascenseurs : un qui descendait, dans lequel se trouvait le docteur, et l'autre qui restait immobile, dans lequel Yuki restait, étendu dans son sang, attendant le retour d'un couple de fous ressemblant étrangement à des personnages de jeux vidéos.
Aya finit par revenir, elle avait enfilé une blouse d'infirmière, et poussait une chaise roulante, vide.
"Désolé, c'est tout ce que j'ai pû trouvé", fit-elle en se courbant pour arranger le siège.
Au passage elle se pencha, dos à Yuki, et l'écrivain ne pût s'empêcher de regarder sous la jupe de l'infirmière (bah quoi ? Y'a des fantasmes masculins qui s'expliquent pas !). Elle se retourna vers Yuki, et le souleva délicatement, en tentant de ne pas lui faire trop mal. Elle l'installa dans le fauteuil, et commença à le faire rouler dans les couloirs.
Elle lui demanda s'il n'avait pas croisé quelqu'un dans l'ascenseur. Elle regarda le visage de l'écrivain, plongé entre douleur et consternation, et, sans attendre de réponses, elle dit :
"Personne n'a emprunté cet ascenseur au moins ? Parce que si c'est le cas, laissez-moi vous dire que l'engin où vous vous teniez était invisible aux yeux des autres gens.
- Il l'a utilisé, murmura Yuki entre deux râles d'agonies.
- Quoi ? L'ascenseur ? répondit Aya. Oui, enfin non ! S'il l'a utilisé, il a utilisé celui qui était dans sa dimension, pas le notre.
- Nous ne sommes pas dans la même dimension qu'eux ? demanda Yuki.
- Maintenant si, reprit Aya, c'est l'ascenseur qui traine entre deux dimensions. Cela nous permet de voyager plus vite."
Il était dans le monde "normal", donc, à présent tout le monde pouvait le voir. Yuki espéra croiser la route de quelqu'un (n'importe qui, par pitié) dans ces couloirs blancs et désespérément vides. Malheureusement il n'y eût personne pour lui venir en aide. Aya le fit finalement pénétrer dans une chambre, vide, bien entendu !
"J'ai pas eû le temps de trouver une salle d'opération, fit Aya, désolé !
- Vous voulez dire que vous allez m'opérez ici ! réagit Yuki.
- Désolé, répéta Aya."
Elle prit Yuki, et le coucha sur le lit. Yuki lui demanda si elle se donnerait tout de même la peine de l'endormir. Elle répondit qu'il n'y en avait pas besoin. Elle mit Yuki torse nu, puis lui enleva son pantalon jusqu'aux genoux.
Il y avait trois endroits à soigner : l'épaule, où la balle s'était enfoncé profondément, la main, à laquelle il manquait un doigt, ce qui n'était cependant pas si grave, et le genou, dont l'articulation se retrouvé bloqué par une balle mal (ou plutôt trop bien) placée. Aya regardait Yuki avec compassion, elle posa la paume de sa main sur le front de l'homme, en lui relevant les cheveux. A ce moment Yuki sentit une chaleur l'envahir. Mais pas une douce chaleur, celle que l'on ressent lorsqu'on est avec quelqu'un que l'on aime, non ! Yuki sentit vraiment comme si tout son corps se mettait à brûler. Il regarda Aya, apeuré par la douleur invisible qui l'envahissait.
"C'est normal que ça brûle un petit peu au début, le rassura Aya, elles sont en train de se réveiller.
- Qu... Qui ? demanda Yuki.
- Vos cellules.
- Comment ça, mes cellules ?
- Enfin, reprit Aya, pas tout à fait vos cellules, mais ce qu'il y a dedans. Ce sont des organites cytoplasmiques, présentes dans toutes les cellules, et appelées "mitochondries".
- Qu'est-ce que..." fit Yuki, abasourdi.
Le corps de Yuki baissa en température, il ne ressentait plus la chaleur que dans les parties touchées, qui ne saignaient presque plus. Aya continua son cours de biologie :
"Les mitochondries sont les ancêtres de vieilles cellules parasites qui vivaient en des temps reculés de la préhistoire. Elles se sont adaptées pour survivrent dans le corps humain, ainsi que celui de nombreux animaux. Elles sont présentes dans toutes nos cellules, où elles synthétisent l'adénosine tryphosphate, utilisée comme source d'énergie...
- Attendez ! l'interrompit Yuki, je sais tout ça !
- Vraiment ? s'étonna Aya.
- C'est exactement ce fait scientifique qui est reprit dans le jeu "Parasite Eve", dont vous êtes l'héroine principale. Les mitochondries se sont réveillées, et elles ne veulent plus que s'échapper.
- Oui, répondit-elle, en effet. Mais je les ai calmées à présent. Il est vrai que je ne les contrôlaient pas avant, mais maintenant c'est le cas.
- C'est ça qui est en train de me soigner ?
- Oui, j'ai réveillé vos mitochodondries, elles vont former autour de vos plaies des amas de cellules, qui vont extraire les balles, et soigner les plaies.
- Attendez, comment ce peut-il que vous existiez ?" demanda enfin Yuki.
Yuki s'attendait à ce qu'elle lui réponde tout et n'importe quoi à présent. De toute façon, il la croirait jusqu'au bout. Il s'attendait en fait à ce qu'elle lui dise qu'il venait d'être projeté dans un monde parallèle, celui des jeux vidéos. L'espace d'un instant il s'imagina être le héros d'un jeu vidéo. Cette idée ne lui déplaisait pas d'ailleurs. S'il pouvait être le héros d'un jeu avec Shuichi, un jeu qui expliquerait la vie complexe des homosexuels, mais ce que lui dit Aya le fit redescendre de son nuage :
- En vérité j'appartiens à la race des démons, tout comme Dante.
- Démons ? Vous vivez en enfer ?
- Vous n'y croyez pas ? fit Aya.
- C'est un peu dur à croire, reprit Yuki, et quel rapport avec les jeux vidéos ?
- Les artistes, comme d'ailleurs tous les philosophes, ou les écrivains (elle lui fit un clin d'oeil en mentionnant le métier d'écrivain), sont interdit de séjour au paradis.
- Pourquoi ? demanda Yuki.
- Ho ! C'est vraiment V.I.P. le paradis, elle prit un air sombre, surtout en ce moment... Enfin bref ! De toute façon, écrivain ou pas, vous auriez pas été admis là-haut.
- Vraiment ?
- Oui, reprit Aya, de par votre homosexualité."
Les homosexuels n'étaient pas admis au paradis ? Tant mieux ! Car Yuki avait eût peur, en entendant qu'il irait en enfer, d'être séparé de Shuichi en mourant. Il était presque persuadé que, avec sa joie de vivre et sa bonne humeur, Shuichi monterait sans problèmes au paradis. Enfin... à présent, Shuichi n'était plus vraiment normal.
"Pour en revenir à mon histoire, intervint Aya, les artistes sont donc envoyé aux enfers. Quand ils y sont, ils peuvent recréer les personnages qu'ils ont inventés durant leur vies. C'est comme ça que je suis née.
- Mais le jeu est récent, s'interrogea yuki, et je doute que les créateurs de Squaresoft soient morts !
- En vérité, répondit la jeune femme, le scénario de "Parasite Eve 1" est tiré d'un livre, écrit par une japonaise...
- Qui elle est morte, conclut Yuki. D'accord pour vous, mais pour Dante alors ?
- Vous ne connaissez pas Dante Alighieri ? Le père de la poésie italienne ?"
Yuki écarquilla les yeux de surprise. Dante Alighieri n'était pas sensé être un psychopathe pourtant... Comment ce Dante là pouvait être...
"Enfin, continua Aya, c'est un peu spécial pour lui. Dante Alighieri a écrit la "divine comédie", dans laquelle il s'inclut. On le retrouve dans une descente aux enfers interminables, et il accompagné du célèbre poète grec Virgile.
- Je suis d'accord, reprit Yuki, et il est clair que celui qui a fait le jeu "Devil May Cry" s'est inspiré de ça.
- Oui, répondit-elle, évidemment. Mais ce n'est pas celui que tu crois qui as inventé ce personnage.
- Comment ça ?
- Et bien, en fait. Dante et un autre homme que tu ne connais pas encore, et qui s'appelle Vergil (ou Virgile), sont tous les deux les fils de Lucifer.
- Lucifer... répéta Yuki, étonné.
- Oui, et étant le roi des enfers, il avait tous les pouvoirs. C'est lui qui, renvoyé du paradis par son père, créa les enfers.
- Qui était son père ?
- Il n'a pas de nom, tu le connais forcément.
- Dieu ? LE Dieu, créateur du ciel et de la Terre ?" demanda Yuki.
Aya resta interdite, approuva d'un signe de tête, et poursuivit son cours d'ésotérisme :
"Ce fut donc Lucifer qui créa les enfers, pour y accueillir tous ses frères anges déchus. Une fois qu'il eût Dante et Vergil, avec une humaine du nom de Lilith, il s'occupa de placer ses fils parmi les humains. Il mit d'abord Vergil chez les Grecs, qui devint le poète légendaire Virgile.
- Ensuite il mit Dante chez les italiens, mais bien plus tard.
- Oui...
- Et quel est le rapport avec moi et Shuichi ?
- C'est une sombre histoire, dit Aya, ayant un rapport avec Jésus, le fils caché de Dieu.
- Pourquoi "fils caché" ?
- Dieu n'a pas créé le monde tout seul. Il fut aidé par sa compagne, Gaïa. En fait Gaïa et lui on eût Lucifer, mais, ce dernier voulant prendre la place de son père, Dieu l'a chassé du paradis. C'est ainsi que commença la guerre entre Gaïa et Dieu, car la déesse ne voulait pas rejeter son fils. Elle décida alors de créer un culte à sa personne, parmi les humains. Elle commença par les Phéniciens, mais Dieu créa les Grecques pour les envahir. Mais les Grecques prirent la religion des Phéniciens, alors Dieu, de rage, créa les Romains pour les assujettir.
- Mais les Romains prirent la religion des grecques, fit Yuki, et donc Gaïa gagna encore une fois.
- Oui, répondit Aya, mais Dieu ne se laissa pas faire. Il créa un peuple tout chétif, pour qu'il se fasse envahir par les romains de Gaïa. Il inventa un culte à sa personne, et s'accoupla avec une humaine pour renforcer la croyance.
- Comment ça ?
- En faisant un enfant à Marie (Jésus), il créa les légendes du nouveau testament, et tous les chrétiens se réunirent autour du fils de Dieu.
- Finalement Jésus est mort en martyr, fit Yuki, et les romains adoptèrent au final la religion chrétienne.
- Oui, dit Aya, mais Jésus était une bombe à retardement. Quand il découvrit que son père l'avait utilisé, il n'eût de cesse de vouloir le tuer.
- Il y parvint ? demanda Yuki.
- Non, son père le châtia avant. Arrivé au enfer, il prit connaissance de son demi-frère, Lucifer. Il parvint finalement à le tuer...
- Jésus a tué Lucifer ? Mais pourquoi ?
- La rage l'aveuglait, il est devenu le roi des enfers. Ensuite il est monté au paradis, et a tué Dieu.
- Attendez, se demanda Yuki, les dieux peuvent mourir ?
- Oui, bien-sûr, si on les enferme dans une autre dimension. Comme je disais Jésus était devenu le seigneur des deux royaumes d'outre-tombe, c'est alors que Dante et Vergil se liguèrent pour venger leur père.
- Il y parvinrent ?
- Oui, répondit Aya, mais il se disputèrent ensuite le trône. Ils avaient conclut un pacte : Dante devait prendre les enfers, et Vergil le paradis. Seulement Vergil rompit ce pacte, en prenant les royaumes sous son joug."
Ils restèrent silencieux, dans la chambre d'hôpital. Yuki prit le temps de bien comprendre les tenants et les aboutissants de l'histoire, mais il ne comprenait toujours pas ce que lui et Shuichi venaient faire là. Il se rendit soudain compte que ses blessures avaient disparu, ses doigts avaient même repoussés ! Il s'était dit que l'histoire personnelle d'Aya Bréa, telle qu'on la voyait dans le jeu, ne pouvait pas avoir été vrai, mais son pouvoir en revanche était bien véridique. Il se dit que tous les jeux, les livres, ou les histoires que l'on racontait devaient avoir une réalité quelque part, dans un autre monde. Il finit par demander à Aya :
"Qu'est-ce nous faisons dans cette histoire, Shuichi et moi ?"
Aya commençait à ouvrir la bouche, lorsque Dante surgit tout à coup dans la chambre.
"BON !!! s'énerva-t-il, vous foutez quoi au juste ? J'ai pas que ça à faire !"
Aya se tourna vers Dante, et lui dit que tout était prêt pour le départ. Elle lui demanda d'attendre dans l'ascenseur. Elle se tourna ensuite vers Yuki, et lui demanda de se lever, qu'ils avaient besoin de lui.
"Pourquoi ? fit-il (lorsque Dante fût parti).
- Parce que... Parce que, c'est tout ! finit par dire Aya. Dante me tuerait s'il apprenait que je t'ai dit à quoi tu vas nous servir.
- Et j'ai le choix ?
- Tu peux encore te faire tuer de mille façons par Dante si tu préfères. De toute manière, tu auras une raison excellente pour venir.
- Vraiment ?
- Oui, reprit Aya, nous allons sauver Shuichi !
- Hein ?
- Disons qu'il a été légèrement... enlevé ! Par Vergil...
- C'est aberrant ! s'exclama Yuki, mais pourquoi lui ?"
Aya finit par lui expliquer les relations amoureuses qu'entretenaient Dante et Shuichi. Yuki en fut abasourdi, mais il se trouva une explication : il pensa que Shuichi, de par son caractère doux, avait dû se faire manipuler par Dante, il se dit qu'il ne pouvait réellement aimé ce fou. Il se dit qu'il devait agir.
C'est pourquoi il se leva, et partit voler à son secours...
