La nuit de Thorin fut peuplée de cauchemars horribles. Il se voyait attaché nu sur cette maudite banquette alors que monsieur Sacquet l'observait et prenait des notes. Il avait son doudou posé à côté de lui et la peluche le regardait d'un air moqueur. Puis soudain tout l'orchestre se retrouvait dans la salle de consultation et riait devant sa nudité. Ensuite son ex arrivait et riait plus que tout le monde. Il lui disait que de toute façon il était trop bizarre et que personne ne l'aimerait jamais.
Smaug arrivait et, lui d'habitude si câlin, se mettait à le griffer. Thorin ne pouvait pas se défendre contre le chat car il était toujours attaché. Son psy continuait de prendre des notes en hochant la tête. Il lui posait des questions de plus en plus gênantes. Il lui demandait qui avait conduit quand ils avaient fait l'amour, dans quelle position, si il avait jouit. Qu'avait-il dit si ça avait été le cas…
Thorin se réveilla en sursaut, il était trempé de transpiration et respirait avec peine. Il se passa une main sur le visage et remonta le drap. Il regarda son corps et soupira de soulagement en voyant qu'il portait bien son pyjama. Il alla se passer de l'eau froide sur le visage. Il détestait cette maudite thérapie, et encore plus ceux qui l'avait harcelé pour qu'il en suive une.
Il regarda l'heure, il n'était que trois heure mais il savait qu'il n'arriverait pas à se rendormir. Il se mit donc à faire du rangement dans son appartement. Il s'installa ensuite dans son fauteuil et prit son visage dans ses mains. Il essaya de comprendre pourquoi il avait fait ce rêve. Il soupira et partit courir.
Il était si bouleversé qu'il n'alla même pas acheter son thé et son pain au chocolat pour la pause. Il travailla avec l'esprit ailleurs si bien qu'il se trompa deux fois. Il soupira et se leva:
«-Je ne suis pas bien je rentre chez moi.»
Il rentra chez lui et se mit devant la télé. Il était vraiment torturé par ce rêve bizarre. Il se demandait pourquoi le psy lui avait posé toutes ces questions. Ça ne le regardait pas après tout, c'était sa vie! Et cette ridicule façon de prendre des notes presque chaque fois qu'il disait quelque chose.
Thorin passa la journée à se retourner le cerveau dans tous les sens pour comprendre, pour se dire que ce n'était pas si grave, que ce n'était qu'un cauchemar, que ce n'était pas la faute de la thérapie. Au moment d'aller se coucher il avait presque réussi à s'en convaincre. Toutefois il eut beaucoup de mal à s'endormir.
Cette nuit, il fit encore un cauchemar. Monsieur Sacquet venait dans son appartement et dérangeait tout. Il semait une pagaille pas possible puis lui contrariait son emploi du temps. Il déplaçait les horaires, lui faisait faire les choses à la mauvaise heure. Puis soudain, il devenait tout gentil et l'aidait à tout remettre en place.
Monsieur Sacquet devenait alors un ami sur lequel Thorin pouvait s'appuyer. Il lui expliquait qu'il avait dit aux gens que Thorin était fatigué et que du coup personne ne lui en voulait d'avoir fait les choses dans le désordre. Thorin se calma dans son sommeil, retrouvant une respiration calme.
Il sursauta quand son réveil se mit à sonner. Il reprit sa routine et s'excusa au café de n'être pas venu la veille. Il fit bien attention à ce que tout redevienne normal. Armÿlia arriva:
«-Tu va mieux?
-Oui.
-Tu étais malade?
-Oui, j'avais dû… mal digérer quelque chose que j'avais mangé la veille.
-Ah oui, c'est pas drôle les indigestions!
-En effet, mais je vais mieux merci.»
Elle lui offrit un magnifique sourire et déposa un baiser sur sa joue:
«-Je suis heureuse que tu aille mieux.
-C'est gentil.»
Elle repartit à sa place. Giomilde, une flûtiste arriva:
«-Ça va toi?
-Oui merci.
-Tant mieux, c'est toujours dommage quand tu es malade. J'aime beaucoup t'entendre jouer de la harpe tout les jours, tu es le rayon de soleil de l'orchestre.
-Merci c'est très gentil. Tu apportes autant de soleil avec ta flûte traversière.
-Je fais de mon mieux!»
Elle lui fit un clin d'œil et retourna à sa place. Le chef d'orchestre arriva:
«-Bonjour tout le monde, j'espère que vous allez tous bien. J'aimerai en profiter pour que nous applaudissions notre cher Thorin qui était souffrant hier mais qui se porte mieux aujourd'hui. C'est toujours dommage qu'un virtuose comme lui soit embêté par un quelconque mal.»
Tout l'orchestre applaudit Thorin. Ce dernier rougit totalement mais il était très heureux. Tout l'orchestre l'aimait, ils étaient tous ses amis. Ils se mirent ensuite au travail. Il ne fit pas de fausse note à son plus grand soulagement.
Cette bonne journée le rassura et il passa une nuit calme, sans le moindre cauchemar. À présent il appréhendait sa prochaine séance avec le psy.
