Hellooo°°° !

Il fait beau, le ciel est bleu, le soleil brille, les oiseaux chantent, les mouches pètent, mes gerbilles copulent, c'est l'été et l'afflux hormonal, quoi !

Chapitre 3 de Incubus Anomaly en attendant la version PDF finale de "n'oublie jamais" (en correction)

Pour la musique, liens sur mon profil.

Merci à Méla Cullen qui a la patience de me suivre dans mes délires ! je t'embrasse ma belle :)

Bonne fête de la musique à toutes et à tous !

Merci pour les fav' et pensez à laisser une p'tite trace de votre passage !

Sur ce bon week-end, + , bonne lecture et...

... ENJOY ! ! !


POV Edward :

Dire que je n'étais pas soulagé de voir mes frères et sœurs débarquer à l'improviste sur les terres des Denali aurait été un ignoble mensonge.

Dès que j'étais arrivé quelques heures plus tôt, Tanya ne m'avait pas lâché la grappe une seule seconde.

Quelle idée aussi de venir ici alors que je savais à l'avance ce qui allait arriver ?

La raison de ma venue était en quelque sorte des plus nobles, je voulais que ma famille profite de quelques mois, années de paix au lieu des sempiternels tourments que je leur causais, mais j'aurai mieux fait de me réfugier au fin fond de l'Antarctique que de faire l'erreur de venir en Alaska.

Tanya était particulièrement collante, pour ne pas dire gluante. Dès que je leur avais exposé les raisons de ma présence sur leurs terres, elle avait foutu les membres de son clan à la porte avec interdiction de rentrer dans les dix prochaines heures.

Kate et Irina étaient à la fois mortes de rire et compatissantes, Eléazar affligé par le comportement de leur soi-disant chef de clan et Carmen me plaignait sincèrement, connaissant le caractère buté de Tanya.

Tanya ne connaissait pas la signification du mot « non » et n'acceptait pas « non » comme réponse.

Pendant 60 ans, elle m' avait couru après, harcelé à la fois physiquement et télépathiquement pour que je lui cède, elle voulait m'initier aux plaisirs de la chair. Comme je n'avais aucun souvenir de ma vie humaine et que cette époque était assez stricte du point de vue des convenances, elle était persuadée que je n'avais jamais connu charnellement une femme. Pour être franc, je n'en savais rien. Oui. Non. Peut-être. Il n'y avait qu'un seul vestige de mon humanité, ces étranges yeux fantômes de mon passé.

Tanya s'était donc mise en tête, évidement sans me demander mon avis, de faire de moi son compagnon.

Elle est très belle, je ne peux pas dire le contraire, magnifique même, mais son caractère et sa personnalité n'ont rien d'attirant.

Pourquoi vouloir une belle enveloppe si celle-ci est vide ou pourrie de l'intérieur ?

Pendant 60 ans, je l'avais repoussée, inlassablement. Constamment.

Malheureusement, un jour, j'ai craqué…

Je venais de commettre un épouvantable carnage. J'avais décimé une famille complète… Lorsque j'avais repris le contrôle de ma personne pour découvrir le corps sans vie de ce nourrisson entre mes mains, cela m'avait détruit.

Je n'étais qu'un monstre. Je ne suis qu'un monstre…

J'étais donc arrivé à Denali en proie à une détresse insurmontable. Je me haïssais pour ce que j'étais, j'étais dégoûté de ne pas avoir un semblant d'humanité en moi, je voulais mourir… et Tanya avait profité de mon apparente faiblesse pour me séduire.

Je n'avais pas été tendre, ça non ! J'avais évacué ma frustration en me servant de son corps comme d'un réceptacle de ma haine envers moi-même. Je l'avais traitée plus bas que terre, baisée comme la chienne qu'elle était, elle en demandait, en redemandait, et j'avais abusé de son corps jusqu'à ma jouissance. J'étais ensuite parti en marmonnant un bref « merci mais n'espère pas une récidive », la laissant essoufflée, épuisée, ivre de plaisir dans sa chambre partiellement détruite.

3 jours. Il m'avait fallu 3 jours pour que j'arrive à l'orgasme. 3 jours pour réussir à me « vider les couilles ».

Sur le moment, et jusqu'à ce qu'Emmett remette ça sur le tapis il y a quelques heures, je pensais que c'était normal. Souvent, les couples de ma famille s'isolaient plusieurs jours pour batifoler. Et pourtant, selon Emmett, ils remettaient le couvert ?

Étais-je donc, de ce point de vue également, anormal ?

Toujours est-il que depuis cette terrible erreur, Tanya était persuadée que j'étais son compagnon. Et cette idiote blonde croyait que si j'étais ici, là, maintenant, c'était parce que j'avais enfin admis mes sentiments envers elle. Quelle pauvre fille…

-Eddyyyy ! Je le savais, oh je le savais ! On va tellement être heureux toi et moi ! Si tu savais comme je t'aime ! Oh oui je t'aime ! Jamais personne ne m'a fait jouir comme toi, mon amour !

-Est-ce que tu t'entends parler Tanya ? Tu confonds « jouissance » et « amour », ça n'a rien à voir ! Je ne t'aime pas, je ne veux pas de toi, c'était une erreur ! Une putain d'erreur, nom d'un chien !

Nous nous disputions encore lorsque mes frères et sœurs arrivèrent. Évidemment, Tanya n'a pas apprécié leurs présences ici. Elle croyait toujours pouvoir me faire flancher.

Lorsque Rosalie s'est excusée, j'avais été scié !

Mais ce qui m'a le plus retourné, c'est cette vision qu'Alice m'avait montrée.

Nous étions attablés tous les 5 dans un self scolaire, au milieu de plusieurs groupes d'élèves riant, chahutant, discutant. Emmett faisait le clown, comme à son habitude, et je riais. Moi ! Je riais ! La date inscrite sur le panneau d'affichage était très proche.

5 jours. 5 petits jours.

Mais ce qui m'avait le plus frappé était la couleur de mes pupilles.

Dorées. Comme les leurs…

Était-ce réellement possible ?

J'allais entrer au lycée. J'allais pouvoir me mêler sans risque aux humains. Je voulais tellement y croire !

Et par quel miracle ce fabuleux changement se produirait-il ?

J'avais beau me triturer les méninges, aucune idée ne me venait.

Les Denali au complet arrivèrent pour repartir quelques heures plus tard.

Tanya restait toujours campée sur ses positions, c'est à dire jouer les pots de glu espérant me faire changer d'avis. Comme si j'allais faire la même erreur une deuxième fois !

Une chasse familiale fut décidée et après m'être gavé au point que ça en devenait insupportable, je m'amusais avec mes frères lorsque je sentis cet étrange appel.

De la musique.

Une rave-party écœurante selon Tanya.

Le chant des sirènes de mon point de vue.

Il n'y avait pas que la musique. Quelque chose m'appelait à m'y rendre.

Quelque chose de puissant. Un besoin viscéral.

A mon plus grand étonnement, mes frères et sœurs ne m'empêchèrent pas du tout de courir jusqu'à cette sirène, au contraire, ils me soutenaient dans mon besoin de répondre à son appel. Seule Tanya trouvait quelque chose à redire mais je ne l'écoutais pas.

Je voulais qu'ils me fassent confiance alors je ralentis ma course pour qu'ils puissent me suivre sans peine.

Cette musique était fabuleuse. Je haïssais en temps normal cette cacophonie indigeste mais là, c'était une réelle perfection. Rythmes et samplers se mélangeaient harmonieusement pour créer une œuvre musicalement majestueuse.

Ce D.J. devrait être idolâtré pour son génie créatif ! Tout simplement grandiose.

Les humains qui ondulaient au rythme de la musique avaient l'esprit embrumé par les diverses drogues qu'ils avaient ingérées.

Leurs pensées n'étaient que musique, danse et sexe.

Le mix en lui –même était un appel à la luxure avec ses paroles…

Jasper nous transmettait les émotions humaines, elles étaient parfaitement adaptées à l'ambiance des lieux.

Sons… lumières… corps mouvants… piège pour les sens.

Des centaines de cœurs battant à un rythme endiablé…

Mes frères et sœurs se perdaient dans la musique, dansant, dansant incessamment, insouciants.

Je commençais à me sentir mal.

Angoissé. Affamé.

Une fringale intense s'empara de mon être, je devais me nourrir ! Maintenant.

J'allais devenir fou si je n'apaisais pas cette faim.

Mais je me sentais impuissant, je ne savais pas quoi faire.

J'avais l'impression d'être un bébé nouveau-né auquel on donnait une cuillère pour qu'il se débrouille tout seul !

Je crevais de faim mais je ne savais pas comment l'assouvir.

Et quelque part au fond de moi, je savais que ce potentiel repas me serait salvateur.

Aie confiance petit vampire, n'aie pas peur.

Une voix venait de s'insinuer dans mes pensées. Elle savait ce que j'étais ! Comment ? Pourquoi ?

Elle répéta sa demande mais j'avais des difficultés à la comprendre.

Tellement faim, tellement mal ! Si mal !

Laisses-toi aller, laisses-toi faire. Fais-moi confiance petit vampire.

Je ne voyais plus rien, ne sentais plus rien, ne percevais plus rien tant cette faim insoutenable me tenaillait, me rongeait de l'intérieur. Et une peur terrible s'empara de moi. Que m'arrivait-il ?

Laisse-les entrer… Laisse-les t'envahir… Absorbe, absorbe… Ne crains-rien petit vampire, je suis là… Aspire… Aspire… Sens… Ressens… Prends plaisir petit vampire…

Ne percevant plus rien de ce qui se passait aux alentours, je me laissais guider par cette voix hypnotique. Elle ne me voulait pas de mal, je le sentais. Non. Je le sais.

Je sentis quelque chose s'insinuer entre mes lèvres, ce n'était ni solide, ni liquide, mais ça me réchauffait. Ça m'apaisait. Ça me faisait du bien.

Et j'en voulais encore… toujours… Plus ! Ô Seigneur j'en veux plus !

Cette étrange substance coulait entre mes lèvres et j'avalais gloutonnement, c'était bon… si bon… si nourrissant… ça me faisait tant de bien… si sensuel… sexuel… Orgasmique.

J'ai tant de peine pour toi petit vampire… Tu as si faim ! Il va t'en falloir plus… beaucoup plus… prépares-toi au choc… n'aie pas peur, tu ne risques rien… je veille sur toi petit vampire.

La Voix me rassurait continuellement, toujours présente, omniprésente, et je n'avais pas peur. Tant qu'elle serait là pour me guider, je n'aurais pas peur.

Une quantité astronomique de cette substance dénuée de forme afflua dans ma gorge avec une puissance dévastatrice. Mon corps encaissa difficilement le choc et fut parcouru de spasmes de plaisir avant que je ne m'effondre brusquement, fourbu, épuisé par la déferlante d'un million d'orgasmes simultanés.

Je te retrouverai bientôt petit vampire… je dois veiller sur toi désormais…

J'eus bien des difficultés à entendre la Voix une dernière fois avant de perdre conscience, incapable de gérer la puissance destructrice et ô combien jouissive de cette expérience des plus étranges. Je nageais en plein Nirvana, j'étais au summum de la béatitude extrême, lorsque je fus brutalement ramené à la réalité par la voix acide de Rosalie et les jérémiades hystériques de Tanya.

- Vous pouvez pas vous taire cinq secondes ? Vous me filez la migraine… Gémis-je péniblement tout en me frottant le front.

J'attrapai la main de Jasper qui m'aida à me relever tandis qu'Emmett me questionnait, inquiet par ce qu'il venait de se produire.

- Ça va frangin ? T'es sûr ?

- Oui Emmett, je vais… très bien. Je ne me suis jamais aussi bien senti, même !

Et c'était vrai.

Jamais depuis le tout premier jour de ma création n'avais-je ressenti cette plénitude, cette satisfaction, cette satiété.

J'ouvris alors les yeux et souriais encore lorsque trois hoquets de stupeur s'élevèrent.

Rosalie, Emmett et Tanya m'observaient la bouche ouverte et les yeux écarquillés.

- Ben quoi ? J'ai pas le nez au milieu de la figure pour que vous me regardiez comme ça ?

- T'inquiète petit frère, ils vont s'en remettre ! Tiens, tu comprendras ! Chantonna gaiement la voix d'Alice.

Je me tournais alors vers elle pour voir qu'elle me tendait un miroir de poche.

- Euh… C'est gentil le lutin mais je n'ai pas besoin de parfaire mon maquillage !

- Mais non ! Regardes-toi je te dis !

J'attrapais l'ignoble chose rose pelucheuse et l'ouvris, puis lorsque j'aperçus ce qu'Alice voulait que je vois, je tombais sur le cul. Carrément.

Mes yeux…

Ambre…

Si clairs…

C'était si étrange de les voir ainsi lorsque pendant un siècle je les savais perpétuellement noirs !

Puis en réfléchissant bien, je m'aperçus que pour la première fois en un siècle, je n'avais pas soif…

Je ne pus approfondir la question que l'autre gourde blonde se jetait à mon cou, m'étouffant au passage. Je me libérais tant bien que mal de ses bras tentaculaires et l'écartais vivement.

- Ooooh Eddyyyyy ! J'ai eu si peur pour toi ! Tu vas bien dis, tu vas bien ?

- Je vais mieux que bien ! Mais… Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Pourquoi les humains sont tous en train de ronfler ?

Jasper m'expliqua alors l'étrange phénomène auquel ils avaient assisté et apparemment, cette étrange substance que j'avais engloutie aussi voracement provenait des humains. Mais qu'est-ce que c'est que ce bordel ?

- On devrait partir d'ici, ils ne vont pas tarder à s'éveiller. Intima Alice alors qu'elle commençait à s'enfoncer dans la forêt.

Une fois suffisamment éloignés des humains, Tanya se mit à marmonner des propos incohérents.

- Oh non ! Ne fais pas ça Tanya, ça finira mal ! S'exclama Alice.

- Mais enfin ! Cette… cette chose est dangereuse ! Tu as vu ce qu'elle a fait à ces pauvres humains ? Et à Eddyyy ? Geignit la Denali.

- De quoi tu parles, Tanya ?

- Mais… Eddyyy ! Enfin ! Il faut prévenir les Volturi ! Cette… chose t'a attaqué !

- Non. Elle ne m'a pas attaqué comme tu te plais à le croire ! Je ne sais pas ce qu'est cette créature, mais elle m'a aidée !

Je ne supportais pas l'idée que cet être puisse finir traqué comme un vulgaire animal dangereux. Je lui étais redevable. Redevable de m'avoir aidé, de m'avoir donné un semblant de normalité et plus important que tout le reste, rendu espoir.

- De quoi te souviens-tu Edward ? Me demanda Jasper.

- La Voix. Elle était dans mes pensées… elle… elle me guidait, m'encourageait. Elle avait tant de peine pour moi !

- On l'a aussi entendue, elle nous demandait de te retenir. Murmura Rosalie, pensive.

- Mais… mais… suis-je donc la seule à penser que cette chose est dangereuse ? C'est un monstre ! Cracha Tanya, colérique.

- Elle m'a aidée ! Je ne sais pas comment, ni pourquoi, mais elle l'a fait ! Est-ce que tu te rends compte que pour la première fois en un siècle je me sens bien ? Réellement bien ? Apaisé ! Je le lui dois !

- Tu ne lui dois rien Eddyyyyy ! Elle aurait pu te tuer ! On doit prévenir les Volturi que ce monstre rôde parmi nous !

- Ah oui, Tanya ? Tu vas leur dire ce qu'il s'est passé ici et Edward va finir enfermé à Volterra à subir je ne sais quelles expériences pour savoir ce qu'il s'est passé ? C'est vraiment ça que tu veux ? Mettre mon frère en danger ? Siffla Rosalie d'une voix venimeuse, le regard noir de haine.

- Non ! Bien sûr que non ! Juste qu'ils s'occupent de cette… chose !

- Ben qu'est-ce qu'il t'arrive, Tanya ? Ça t'ennuie qu'Ed prenne la défense de cette créature on dirait. T'es jalouse ? Blagua Emmett en agitant ses sourcils de façon suggestive.

- Mais… mais tu dis vraiment n'importe quoi ! S'énerva Tanya, le visage déformé par la colère.

Et pourtant, c'est bien ça le fond du problème. Maintenant que cette créature t'a mystérieusement soigné de ta soif, tu n'as plus aucune raison de rester ici et ça… l'ennuie profondément ! Tanya vit dans son monde illusoire où elle peut te séduire en claquant des doigts ! Et comme en plus tu défends cette créature, ça n'arrange rien.

J'échangeais un bref regard avec Jasper et hochais discrètement la tête pour lui montrer que j'étais du même avis. Bien que Tanya me cache une grande partie de ses pensées, sa colère envers cet être ne venait que de sa jalousie maladive.

- Moi je dis qu'il faut prévenir les Volturi ! Cette… chose doit être exterminée ! Elle est dangereuse ! Monstrueuse ! Persévéra Tanya en proie à une grande agitation.

- Et ça n'apporterait rien de bon, Tanya. Crois-moi !

La voix grave et profonde d'Eléazar nous fit sursauter, nous ne nous étions pas aperçus que nous étions si proches de leur chalet et ne l'avions pas entendu arriver. Je n'avais même pas perçu ses pensées, bien trop préoccupé à défendre cette créature qui m'avait aidé sans que je n'en connaisse la raison.

- Mais enfin Eléazar, tu n'as pas vu ce que cette… chose a fait à des centaines de pauvres humains et à ce cher Eddyyy ! Les Volturi…

- Les Volturi ne feront qu'enlever Edward pour l'étudier et extermineront nos deux clans, uniquement parce que nous aurons été témoins bien malgré nous d'évènements étranges ! La coupa Eléazar d'une voix sèche. Même si je n'étais pas là, tout comme Carmen ou encore Carlisle, ils nous tueront parce que nous vous aurions entendu parler de ce phénomène. Je suis resté suffisamment longtemps parmi eux pour connaître leurs méthodes ! Maintenant par contre, j'aimerai bien que quelqu'un m'explique ce qu'il s'est passé cette nuit.

Alors que Tanya allait se jeter dans une description virulente des évènements, Eléazar la coupa et demanda plutôt à Jasper de lui expliquer. La Denali croisa les bras sur sa poitrine, vexée qu'il ne lui accorde aucun crédit.

Mon frère commença donc son récit, de mon agitation après avoir perçu la musique à notre arrivée sur les lieux, de la luxure humaine régnant sur place, de la façon dont ils avaient été en quelque sorte piégés par la musique, en passant par tous les phénomènes surnaturels qui avaient suivis.

Je tiquais lorsqu'il parla de mes yeux qui ressemblaient à des cristaux et de ceux de cette créature qui étaient si luminescents. Jasper me jeta un rapide coup d'œil mais je lui fis comprendre qu'on en parlerait plus tard.

A la fin du récit, Eléazar était soufflé. Il se tourna alors vers moi, m'observa attentivement et son regard chaleureux me mit du baume au cœur.

- Et bien dis donc, il t'en est arrivé des choses cette nuit ! Quoiqu'il en soit, permets-moi de te dire que cette couleur te va à merveille, Edward ! S'esclaffa Eléazar en éclatant d'un rire tonitruant.

Puis il se mit à faire les cents pas tout en se caressant le menton pensivement.

- Je n'ai jamais entendu parler d'une telle créature mais une chose est sûre, les Volturi ne doivent pas en entendre parler, cela signerait notre arrêt de mort ! Je vais essayer de me renseigner de mon côté et si je trouve quelque chose, je contacterais Carlisle. Carmen, Kate et Irina ne sont pas encore rentrées de leur expédition lèche-vitrines. Pour un bien, il faudrait que vous repartiez avant leur arrivée, je préfère qu'elles ne soient pas au courant de ce qu'il s'est passé. Moins il y a de témoins, moins il y a de risques de fuites… Tanya, il va falloir que tu gardes toute cette histoire pour toi et que…

- C'est mon clan, Eléazar et…

- Tu es peut-être à la tête de notre clan mais pour une fois, tu vas faire ce que l'on te dit de faire ! Tu ne voudrais pas qu'il arrive quelque chose à Edward, non ? Menaça Eléazar d'une voix sourde.

La gourde blonde secoua frénétiquement la tête en signe de dénégation alors que nous observions tous Eléazar d'un nouvel œil, choqués de le voir rabattre le caquet de Tanya. Il se tourna alors vers nous, un sourire moqueur aux lèvres. Il ne manquait plus que le « ben quoi ? Ça vous en bouche un coin, hein ? » pour compléter son air satisfait. Puis en quelques secondes, l'expression de son visage s'assombrit.

- Vous devriez décamper au plus vite, Carmen et les filles ne devraient plus tarder, et comme je l'expliquais plus tôt à notre… chef de clan…, moins de personnes concernées, mieux c'est ! Je contacterai Carlisle dès que je trouverai quelque chose, soyez-en assurés. Je vous souhaite une bonne route et surtout, prenez-bien soin de vous.

Eléazar nous fit chacun une accolade, les filles eurent droit à un baiser sur la joue, et dans mon cas, j'eus également droit à une tape amicale sur l'épaule.

Je ne sais pas ce qui a pu t'arriver, Edward, mais je ne t'ai jamais vu aussi souriant et tranquille. J'en suis heureux pour toi, ça te va bien !

Alors que j'allais monter dans ma voiture, mes frères et sœurs déjà installés dans celle de Rosalie, Tanya se mit à courir vers moi.

- Attends-moi Eddyyy ! Je viens avec toi ! Braillait-elle comme une hystérique.

Pitié Seigneur ! Tout mais pas ça !

Eléazar dut percevoir ma détresse puisqu'il la rattrapa avant qu'elle n'atteigne mon véhicule.

- Tanya, tu ne peux pas partir comme ça, voyons ! Il faut rester discret avec tout ce qu'il s'est passé récemment. Si Carmen et tes sœurs apprennent que tu es partie avec nos cousins Cullen, elles se poseront des questions ! Par ailleurs, ils sont en plein déménagement, la politesse exige de les laisser s'installer tranquillement, n'es-tu pas d'accord avec moi ?

Je n'avais pu m'empêcher de ricaner en entendant la façon dont Eléazar avait prononcé le mot « cousin » mais apparemment, Tanya n'avait absolument rien remarqué.

- Oh. Oh ! Oui, oui ! Tu as parfaitement raison, Eléazar ! Il faut qu'ils puissent emménager comme il faut afin de me recevoir comme il se doit lorsque je viendrai m'installer chez eux, quelle idiote je fais parfois ! Gloussa la gourde en secouant la tête.

Ça pour te recevoir, on te recevra… à grands coups de pieds dans le cul pour te réexpédier comme il se doit directement chez toi !

J'étouffais un rire en percevant les pensées de Rosalie. Ma famille était très proche du clan Denali. Enfin… très proche de tout le monde sauf Tanya…

Ne t'inquiète pas Edward, d'ici deux ou trois jours elle t'aura oublié. On va s'arranger pour lui trouver un humain ou un vampire avec lequel s'amuser. Tu auras quelques temps de répit !

Je remerciais Eléazar d'un léger signe de tête avant de mettre le moteur en route puis m'engageais sur la piste, Rosalie me collant au train, en direction de Vancouver.

Attention Forks, me voilà !