Merci à Sarah d'Emeraude et à Kiara Elora pour ses reviews. C'est toujours plaisant de savoir que ce qu'on écrit n'est pas si nul que ça =)
D'ailleurs, Sarah, j'avais commencé à lire ton Crossover, mais ne connaissant rien au monde de NCIS, j'étais plus perdu qu'autre chose =P
Le silence dans lequel s'était plongé Tempérance Brennan n'avait d'égal que la douleur lancinante qui broyait sa poitrine. Pendant des années, elle avait construit une barrière entre elle et le reste du monde. Elle s'était montré froide, elle avait éloigné les gens d'elle à l'aide d'un caractère incompatible avec la majorité des gens. Elle avait tenu à distance toute relation humaine à l'aide d'une logique implacable, elle s'était noyée dans le travail pour ne trouver comme compagnon qu'ossement et mort. Puis, il y avait eu Angela. Cette artiste adorable à laquelle elle n'avait pu se fermer complètement, pas si hermétique que cela à la douceur des autres. Ange était devenu sa meilleure amie, sa petite lueur d'espoir dans son monde de douleur. Il y avait ensuite eu Hodgins, cet homme paranoïaque qui avait eu autant le don de l'agacé que de l'amusée avec ses théories cinglés. Mais elle s'était prit d'affection pour lui depuis toute ces années. Elle le respectait, elle l'aimait bien, surtout maintenant qu'il rendait son amie heureuse. Mais parmi toute cette petite bande, c'était Booth qui lui avait apprit à ouvrir son cœur, son âme aux autres. Il était la personne qu'il l'avait rendu plus humaine, moins dure. Et la mort de Zack était encore plus difficile à supporter de cette façon là. Soupirant, elle passa une main dans ses cheveux, les yeux rougis par les larmes fixés sur une photo d'elle et de Zack. Le garçon souriait de toutes ses dents, créant de petites ridules aux coins de ses yeux, creusant une fossette sur ses joues. Ses cheveux en batailles, sa chemise à carreau ouverte sur un t-shirt à carreau, l'air un peu débraillé. C'était ce qu'elle avait aimé chez lui en premier. Cet air de gamin tout juste sorti du lit. Elle avait vraiment aimé Zack, d'un amour presque maternelle, et maintenant, il n'était plus. Comme ça. Emporter par un bout de métal planté dans sa chair.
Elle n'entendit pas les coups portés à sa porte. Elle n'entendit pas Sweets entrer dans son bureau et ne le remarqua que lorsqu'il se posta devant elle. Elle ne releva même pas les yeux vers lui, et le psychologue ne s'en formalisa pas.
« Vous vous faites du mal Dr. Brennan.»
« Angela a dit la même chose.»
« Elle a raison.» Murmura-t-il doucement.
« Je ne comprends pas.»
Il ne s'était pas attendu à une autre réaction que celle-là. Il avait passé tellement de temps avec Brennan qu'il connaissait sa façon de nié tout. Elle comprenait, sans doute pas de la même façon que lui, mais d'une manière beaucoup plus logique. Un truc avec des fonctions neuronales peut-être…
« Il vous manque, il nous manque à tous. J'ai discuté avec le Docteur Saroyan. J'ai demandé à ce que, si vous ne vous en sentez pas capable, que l'on trouve quelqu'un d'autre pour travailler sur les meurtres du NYPD. Si c'est bien Broadsky qui les a tué, vaut sans doute mieux que vous ne…»
« C'est bon, Sweets, je m'en occupe. »
« Comme vous voulez.»
Il l'observa un moment, alors qu'elle retournait à la contemplation de la photo. Il hocha légèrement la tête et se dirigea vers la porte, captant le regard de l'agent du FBI de l'autre côté de la vitre.
« Si vous avez besoin de quoi que ce soit, ma porte vous est ouverte.»
Sur ses mots, il passa la porte, non sans un regard pour la jeune femme. Il échangea un léger mouvement de tête avec Booth qui entra à son tour dans la pièce. Ce dernier ne se contenta pas de rester debout devant le bureau de Brennan à essayer de la faire réagir comme l'avait fait Sweets. Il s'approcha de sa coéquipière, s'accroupissant près de du fauteuil sur roulette. Sa main abaissa la photo, l'arrachant au regard de la femme qu'il aimait. Il fit pivoter le fauteuil vers lui, l'obligeant à le regarder. Il fut frappé par la détresse qu'il lut dans ses yeux clairs. Il l'attira à lui, la serrant dans ses bras. Rapidement, il sentit sa chemise devenir mouillé au niveau de son épaule, les épaules de Brennan sursautant à chaque hoquet. Il lui caressa les cheveux, déposant des baisés sur sa nuque, lui murmurant encore et encore qu'il était là, que tout irait bien. Elle n'y croyait pas, mais il savait qu'elle avait besoin de l'entendre. Sans savoir comment, elle le rejoignit sur le sol, pleurant contre son torse. Il fallu un long moment pour qu'elle se calme, et se n'est que lorsqu'elle sombra dans un sommeil agité à bout de force que ses sanglots se tarirent. Il la souleva, l'emmenant sur le sofa pour l'y allongé, tâchant de ne pas la réveillée. Lorsqu'il voulu se retirer, les doigts de son anthropologue se refermèrent sur son poignet.
« Booth….»
«Shhhtt Bones, je suis là…. »
Il prit place sur le sofa, la laissant ses blottir contre lui, la tête sur les genoux de l'ancien sniper, ses doigts enlacés aux siens, elle sombra.
Treize jours que ce drame se jouait, encore et toujours. Brennan avait besoin de temps pour remonter la pente et la façon dont elle s'accrochait à lui à ce moment précis était désarmant. Il y avait un moment que c'était comme cela. Depuis la nuit où elle l'avait rejoint dans sa chambre en pleurs. Il a regarda dormir, songeur. Ses doigts de sa main libre jouaient dans ses cheveux, caressaient son visage, dégageaient des mèches de cheveux de son front ou de ses lèvres, caressaient ses bras, se posait parfois d'un geste protecteur sur son ventre plat. Seigneur qu'il l'aimait. Il ignorait comment il réagirait s'il la perdait. Sans doute ne se remettrait-il jamais. Il avait eu si peur de la perdre, que Broadsky se venge de sa petite copine sur elle. Il s'en voulait de l'avoir rejeté pour Hannah, quelques mois plutôt, lorsqu'elle lui avait avoué ses sentiments à mi-mots. Il lui avait eu tellement de mal à ne pas tout nié en bloc, tout abandonné, simplement pour faire disparaître les larmes qui avaient coulés sur ses joues, souillant son visage angélique.
« Agent Booth? »
Seeley leva vivement la tête, captant le regard acier de Richard Castle dans l'encadrement de la porte. Ce dernier avait prit la peine de murmurer pour ne pas réveillé l'anthropologue endormie pour le moment. Si Castle était un vrai gosse par moment, il était observateur, pas plus que Beckett, mais d'une manière différente. Il avait bien remarqué les cernes sous les yeux de Brennan et en avait déduit que les heures de sommeil étaient rare et précieuses. Valaient mieux la laisser dormir.
« Comment va-t-elle?» Demanda-t-il toujours à mi-voix
« Difficile à dire….Que puis-je pour vous? »
« Ma patronne m'a signalé que nous partions. »
« Déjà?»
L'homme haussa les épaules et fit quelques pas dans la pièce spacieuse et luxueuse. Il attrapa un crâne reposant sur le bureau de verre. Il le fit tourner entre ses paumes et le redéposa avant de s'approcher du l'homme qui caressait toujours les cheveux de Brennan d'un geste apaisant.
« Beckett me tuerait si je faisais ça…» Nota-t-il avec une moue.
« Vos mieux évitez alors.»
Après un léger hochement de tête, Castle sourit. Il allait ouvrir la bouche lorsqu'une voix qu'il pourrait reconnaître entre mille retentit derrière lui.
« Mais qu'est-ce que vous fichez, Writter Boy? »
« Man, Beckett, Writter man! »
« J'attends toujours que vous me prouviez que vous êtes un homme, Castle » Lança la brunette, malicieuse.
« Faut le dire si je dérange…»
Kate détourna son regard de son écrivain – oui, parce que c'était son écrivain – pour se concentrer sur l'agent du FBI, installé sur le sofa, les doigts enlacés à ceux de l'anthropologue endormie, son autre main dessinant des arabesques complexes sur la peau blanche de ses bras sans qu'il ne s'en rendre vraiment compte. L'homme souriait, moqueur devant les joutes verbales des deux jeunes gens devant lui. La tête posée sur les genoux de l'ancien Sniper Brennan dormait, plus ou moins paisiblement. Par moment, elle se débattait, comme si elle cherchait à s'échapper d'un quelconque agresseur imaginaire, mais chaque fois, son partenaire la rassurait d'un geste tendre. Beckett pouvait voir sans mal les traces de sel sur son visage. Un pauvre sourire naquit sur ses lèvres. Elle savait ce que c'était de perdre un être cher. Peut-être qui si elle discutait avec cette femme, elle pourrait l'apaiser. Après tout, elle était plutôt douée dans le domaine.
« Nous sommes désolés, pour votre ami et surtout de débarquer comme ça avec des cadavres tués par le même type…s'il s'agit du même type.»
« Vous ne pouviez pas savoir. » Se contenta de marmonner Booth.
« Nous nous verrons demain matin.» Lança Beckett, avec un léger sourire.
Elle fit un signe de tête à Castle et tourna les talons, son écrivain la suivant de près, lançant Booth bercer la femme de ses rêves avec douceur.
Lorsque Tempérance se réveilla le lendemain matin, elle était allongée sur Booth, qui avait dû se débrouillé pour la soulever et s'allongé sur le sofa lui aussi. Tout son poids reposait sur le corps de son partenaire qui la maintenant fermement, mais délicatement, dans ses bras, enroulés autour d'elle, protecteurs. Elle sourit légèrement, reposant sa joue dans ce petit creux qui semblait fait pour sa joue, creusé dans l'épaule de l'homme qui avait veillé sur elle toute la nuit, et se rendormie.
Prochain chapitre un peu plus focusser sur Castle/Beckett, promis!
