Rencontre de Maraudeurs , d'après une fic originale de Whiskey.

Disclaimer

Rien ne m'appartient de cette superbe histoire ! Ni les personnages qui sont à JKR ni l'histoire qui est celle de Whiskey...

Chapitre 4 : Je vous présente M. Weasley...

Remus Lupin montait les escaliers jusqu'à son dortoir, épuisé, rêvant de son grand lit douillet à baldaquin. Il fut donc plutôt contrarié de trouver Sirius assis devant la chambre, en bloquant l'entrée, jouant avec ses lacets d'un air ennuyé.

« Interdiction d'entrer » dit-il sans accorder un regard à Remus. « Occupé. »

« Oh non, ils ne sont pas en train de... Si ? » demanda Remus avec un maigre sourire.

Sirius le fixait maintenant avec intensité. « Heureux que tu trouves cela amusant » lâcha-t-il. « Pour ma part, j'aimerais bien aller dormir. »

« Est-ce que James sait que tu es là ? »

« Non » admit Sirius avec un petit sourire. « Ils ne s'aperçoivent de rien. J'ai juste entendu des bribes d'une conversation qui paraissait plutôt privée... J'ai pas voulu les interrompre, alors j'attends qu'elle s'en aille. Ils réaliseront bientôt à quel point il est tard. »

« Où est Peter ? » demanda Remus.

Sirius se renfrogna.

« Notre cher Queudver est avec Madame Pomfresh pour un cas critique de jambes tremblantes. »

Remus parut déconcerté.

« Des jambes tremblantes ? »

« Mmm, il a fait équipe avec Rogue pendant le cours de Défense Contre les Forces du Mal qu'il a du rattraper. Il devrait être opérationnel demain, je pense. »

A la mention de Rogue, le duo se tut. Des voix commençaient à filtrer du dortoir.

« Je crois pas que ce soit juste une petite amourette de Poudlard, je pense que... »

Sirius commença à fredonner bruyamment. Remus sourit, il savait que Sirius ne voulait pas en entendre plus de cette conversation privée antre Lily et James. Il savait aussi que Sirius avait décidé qu'il en avait assez d'attendre, et que son fredonnement de plus en plus bruyant était autant destiné à prévenir James de leur présence qu'à noyer le son de la voix de ses amis.

Avant que James puisse ouvrir pour les laisser entrer, la porte de la Salle Commune s'ouvrit en grand, et c'est un professeur McGonagall un peu nerveuse qui entra à grands pas dans la pièce. Ne voyant personne, elle marmonna quelque chose pour elle-même et s'apprêta à s'en aller. Sirius et Remus échangèrent un curieux regard et Remus haussa les épaules.

« Là-haut, professeur ! » appela Sirius, avant qu'elle ne ferme la porte derrière elle.

Le professeur de Métamorphose revint rapidement dans la pièce, très surprise de voir les deux garçons debout sur le pas de la porte de leur dortoir.

« Avez-vous besoin de quelque chose ? » demanda Sirius.

« Je voudrais voir M. Potter, en fait. » dit-elle. « S'il est toujours réveillé, bien sûr. »

« Désolé, il dort » mentit Sirius. « Est-ce qu'on peut vous aider en quoi que ce soit ? »

« Hé bien... Oui, en fait » dit lentement McGonagall, pensive. « Oui, si votre responsable de dortoir dort, je peux bien demander l'aide de l'un de vous deux. Est-ce que l'un de vous serait volontaire pour m'accompagner au bureau du professeur Dumbledore, s'il vous plaît. Je m'expliquerai en chemin.

Elle les observa, attendant que l'un d'eux se décide. Sirius et Remus se regardait l'un l'autre. En vérité, aucun d'entre eux ne se sentait volontaire ce soir-là. Remus se sentit subitement très en colère contre James pour avoir été "occupé".

« J'y vais. » finit-il par dire. Comme il s'avançait légèrement, il murmura à un Sirius qui le regardait avec soulagement « Met un bon coup d'oreiller par derrière les oreilles de James pour moi quand il daignera enfin ouvrir la porte, veux-tu ! » Sirius sourit de toutes ses dents au loup-garou qui suivit le professeur par le passage du portrait.

« Alors ? De quoi s'agit-il, Professeur ? » demanda Remus alors qu'il suivait McGonagall dans un escalier de pierre.

« Tout était plutôt tranquille jusqu'à maintenant, Remus, et je dois vous demander de faire en sorte que cela continue ainsi, mais plus tôt dans la journée... » Elle se tut subitement et regarda par-dessus l'escalier comme si quelqu'un était en train d'écouter. Les escaliers étaient vides. Elle observa sévèrement Remus. « Nous parlerons de cela quand nous serons dans le bureau du directeur. »

Remus acquiesça, mais sa curiosité était piquée au vif, et il accéléra légèrement le pas. Quelque chose d'étrange se passait. Rien de trop alarmant, présuma-t-il, en regardant de plus près son professeur. Elle ne semblait pas vraiment en détresse ; un peu préoccupée, certes, mais pas en détresse. Il avait déjà compris que ça n'avait rien à voir avec le Seigneur des Ténèbres ou ses mangemorts dans la mesure où sa présence avait paru être une bonne solution de rechange à James, aux yeux de McGonagall. Si elle était venue à la tour des Gryffondor pour annoncer à James que la marque des Ténèbres avait été vue au dessus de la maison de ses parents, il aurait été peu probable qu'elle demandât à Remus ou à Sirius de l'accompagner à la place de James.

Quand McGonagall était apparue la première fois dans la Salle Commune, Remus s'était inquiété un instant à l'idée qu'elle ne soit encore venue délivrer une de ces terribles nouvelles à l'un des étudiants. Mais maintenant, il était plutôt curieux de découvrir ce qui avait pris au strict professeur de vouloir tirer un responsable de dortoir de son lit à une heure aussi tardive.

Le bureau de Dumbledore était un endroit plutôt familier à Remus, entre ses nombreux entretiens durant sa première année à Poudlard quand le directeur avait été assez bon pour garder un œil sur son évolution à cause de sa lycanthropie, et les nombreuses fois où on l'y avait convoqué pour avoir enfreint le règlement de l'école avec les autres Maraudeurs. Il était original, et quelque peu réconfortant, de savoir que cette visite ne comporterait ni réprimandes, ni regards exaspérés de la part du directeur.

Il suivit McGonagall en haut des escaliers mouvants, puis jusque dans le bureau directorial. Dumbledore les regardait de derrière son bureau. Il parlait apparemment avec un garçon roux que Remus ne reconnut pas, qui était assis en face de lui et qui s'était lui aussi tourné pour leur faire face, les yeux grands ouverts à la vue de Remus.

« M. Potter dormait, M. le Directeur. M. Lupin a été assez gentil pour prendre sa place. »

Dumbledore hocha la tête.

« Merci, Professeur. Je devrais pouvoir m'en satisfaire. »

McGonagall inclina brièvement la tête et sortit de la pièce. Remus observa Dumbledore, attendant qu'il s'adresse à lui.

« Prenez un siège, Remus » dit-il gentiment en désignant une chaise qui paraissait particulièrement confortable près du rouquin.

Remus s'exécuta, souriant amicalement à l'autre garçon qui semblait maintenant au comble de l'excitation.

« Remus Lupin, je vous présente Fred Weasley » dit Dumbledore.

Remus, toujours incertain de ce qui se passait, sourit encore et tendit sa main à serrer à Fred. Assez brusquement, ce dernier afficha un grand sourire et serra fermement la main que lui tendait Remus. Dumbledore observait le duo avec un air bizarre. Remus se tourna à nouveau vers le directeur, se demandant toujours de quoi il retournait. Dumbledore fit face au jeune Gryffondor, affichant un air sérieux.

« Maintenant, Remus, Fred va se joindre à vous et à vos amis de Gryffondor pour la prochaine semaine. Il intégrera les cours de septième année avec vous et restera dans le dortoir des septième année avec vous. Je compte sur vous et vos camarades pour lui témoigner votre hospitalité et pour rendre son séjour aussi simple et sans histoire que vous pourrez. Je dois aussi vous demander de vous retenir de trop le questionner sur ses origines. »

Remus hocha lentement la tête, regardant Fred avec une nouvelle curiosité. Qui était ce garçon ?

Dumbledore surprit ce regard et soupira.

« Je vois déjà que ma dernière recommandation ne sera probablement pas suivie ; je vais vous donner quelques détails. »

Fred ouvrit la bouche dans l'intention de dire quelque chose, mais Dumbledore le coupa avant qu'il ne le fasse.

« Permettez, M. Weasley. »

Fred acquiesça rapidement et jeta un petit sourire en coin du côté de Remus ce qui surprit ce dernier. Qui qu'il fut, ce garçon était amical. Remus pensa qu'il n'aurait pas besoin d'être trop convainquant pour que les Maraudeurs l'accepte.

« Maintenant, » continua Dumbledore « je suppose que le meilleur moyen d'éviter que Fred soit questionné jusqu'à ce que mort s'ensuive est encore que j'explique qu'il a voyagé dans le temps. »

Remus loucha vers Fred, les sourcils haut levés, impressionné.

« Voyage dans le temps accidentel » précisa le rouquin qui paraissait maintenant un peu coupable.

« Oui, accidentel, » dit Dumbledore « un incident impliquant un voyage dans le temps et des pétards perdus à ce qu'on m'a dit... »

Fred continuait de sembler coupable, et ça le rendait même un peu malade, pensa Remus.

« Fred a fait un retour dans le passé de quelques années » ajouta Dumbledore. Il lança un regard entendu à Remus que celui-ci prit comme le signal, pour lui, de prendre la parole.

« Donc vous ne voulez pas que nous lui posions de questions parce que nous pourrions découvrir des choses sur nos propres futurs, ou des événements qui affecteraient notre futur à tous. Cela bouleverserait les couloirs du temps. »

Dumbledore sourit, visiblement fier de lui. « C'est exact M. Lupin. Dix points pour Gryffondor. »

Remus fronça les sourcils.

« Mais... La présence même de Fred n'altère-t-elle pas d'elle-même les couloirs du temps, professeur ? »

Dumbledore sourit encore, mais un peu tristement cette fois-ci, jugea Remus.

« C'est bien cela, M. Lupin. C'est pour cela que Fred restera parmi nous pendant une semaine entière. Le Professeur Downing est déjà en train de travailler sur une potion pour notre jeune ami. Sa préparation prendra un peu de temps, mais si tout va bien, elle devrait à la fois le ramener dans sa propre époque, et annuler tous les effets qu'il aurait pu avoir sur les couloirs du temps. Cependant, plus il aura d'influence sur le futur — et plus il facilitera des changements dans les chemins que le destin nous réserve — moins cette potion est susceptible d'être un succès. Est-ce que vous me comprenez bien, tous les deux ? »

Les garçons acquiescèrent.

« Remus, je vous demande de tenir les origines de Fred secrètes. Ne l'interrogez pas. Et découragez vos camarades de le questionner dans la mesure du possible. »

« Oui, Professeur. »

« Et vous Fred... »

L'intéressé leva les yeux : « Oui, Professeur ? »

« Aussi tentant que ce soit pour vous d'essayer de changer le passé ou de faire partager vos connaissances du futur aux étudiants d'ici, vous devez vous souvenir que vos chances de retourner à votre époque et de la retrouver dans l'état où elle était, risqueraient de diminuer sérieusement. En partageant certaines informations à première vue bénignes, vous risquez de compromettre jusqu'à votre propre naissance. »

Fred déglutit difficilement.

« Je veux croire que ceci n'arrivera pas. » ajouta le directeur.

Remus se sentit heureux de ne pas être à la place de Fred, et il se demanda même s'il ne serait pas plus sûr, et plus sage, de le confiner pendant une semaine dans une pièce où il ne pourrait faire que des dommages minimum sur les couloirs du temps. Il se demanda même si Dumbledore n'avait pas quelque raison personnelle de permettre à Fred de se mêler aux autres étudiants.

Depuis que la guerre contre le Mage Noir avait débuté, Remus avait commencé à apercevoir à quel point le vieux directeur pouvait être rusé. Alors que Dumbledore avait renvoyé les deux garçons, et confié à Remus le soin de mener Fred jusqu'à la Salle Commune, le jeune homme décida qu'il devait juste faire confiance à Dumbledore, quoi qu'il puisse en découler au bout.