xo Under The Gun ox

Inspiration : Twilight par S. Meyer & A Friendly Game Of Poker par Mrs Witter

Création de Lex Lina

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Chapitre Quatre. Big Chick (AQ)

« Un Smith & Wesson bat quatre As. ». Loi de Murphy

Chanson choisie : Rolling in the Deep - Adele

Au fin fond d'une jungle quelconque en Amérique du Sud..

Dans un baraquement situé à proximité de celui d'Edward, James et Jake ont nettoyés leurs armes, pris une douche, pansés leurs blessures, racontés des âneries plus grosses qu'eux et alors qu'ils sont en train de s'habiller, ils n'ont en tête que le fait que cette mission était juste pour sauver une dinde et ce putain de Cullen.

Mais quelque chose d'autre turlupine James. Il finit par se rappeler des propos du Delta.

« Isabella Swan... Soirée de remise des diplômes à l'Académie. Bureau du Général Denali... […] … Ou peut-être est-ce le fait que je sache où est situé son Semper Fi ? ».

N'étant pas nommé le 'Hunter' pour rien, il ressasse la même situation dans son esprit. Bien qu'il n'ait pas vraiment pris parti lors de leur vendetta contre Bella, cela le dérange que sa meilleure amie se soit rabaissée à coucher avec ce mec. Alors que Jacob enfile sa tenue, James, assit sur un banc à proximité, remarque le tatouage sur la hanche de son partenaire... sur sa hanche... non point qu'il regardait... enfin, vous voyez quoi. Il se redresse d'un coup, la lumière étant faite sur ce qui le troublait.

« Putain, mais on est trop cons ! Comment a-t-on fait pour ne pas y penser avant ? ».

Jake, la tête encore à moitié dans son t-shirt, regarde James, l'air un peu inquiet. « Hein ? Quoi ? ».

James lui indique du doigt. « Ce putain de tatouage ! Cullen a dit qu'il savait où est situé le tatouage de Bella. Mais comment est-ce possible vu que nous l'avons fait un an, jour pour jour, après avoir quitté l'académie ? ».

Jacob hoche la tête, acceptant la théorie de James. « Donc, soit il ment... ». Ils tournent un regard inquiet et dégouté vers la porte de sortie. « Soit, ce n'est pas la seule fois... ». Il prend son holster. « Cette fois, je vais le tuer et personne ne pourra m'en empêcher. ». Un bras le retient.

James soupire et dit. « Nan mec. Faut arrêter ces conneries. Bella est assez grande pour savoir ce qu'elle fait. Il faut avoir confiance en elle. Il est tard, on règlera ça demain avec elle, OK ? ».

Son partenaire et ami d'enfance hoche la tête, acceptant pour le moment de ne pas rendre la monnaie de sa pièce au Delta qui le nargue depuis tant d'années.

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Deux baraquements plus loin, Bella fulmine. Putain, ce misérable crétin a raison. C'est à cause d'elle que tout a commencé entre eux. Encore quelque chose à mettre sur les méfaits de l'alcool et de ses répercussions désastreuses. Mais, cela ne change rien. Ils devaient garder cela secret et pacte de silence ou non, leur histoire ne devait rester qu'un souvenir.

C'est ce qu'il y avait de plus logique à faire. Vu qu'il aurait gelé en enfer s'ils étaient devenus un couple... non point que Bella aurait voulu une telle chose... surtout pas à cette époque... oui oui... non non... hum non merci.

Ce mec se fait carrément des films.

La jeune femme tente, une nouvelle fois, de comprendre les yeux émeraude qui lui font face et le maudit quand, comme toujours, il affiche cet air supérieur et sûr de lui. Leur histoire, avant même d'être commencée pue le cliché. Mais, elle sait que Cullen n'est pas du tout dans le genre à fermer les yeux et souhaiter que les choses disparaissent ou se tassent toutes seules… ça c'est plus mon genre… Non ce mec fonce tête baissée dans les bagarres, les problèmes ou la première paire de nichons venus.

Non putain, il est bien trop impudent. Et, juste quand elle réussit à se convaincre qu'il n'est vraiment pas fait pour elle, ce loser se complait à revenir sur le devant de la scène et l'oblige à regarder la vérité en face. Si… et on accentue bien le Si… elle cède et que Jacob et le reste de l'équipe l'apprennent, elle va encore devoir supporter engueulades, bouderies et mauvaises fois jusqu'à ce que ça passe ou que ça pète. Alors, non ce n'est pas possible. N'est-on pas censé apprendre de ses erreurs ?

Se préparant à un nouvel affrontement, elle redresse la tête et sort son menton, plein de défiance. « Je me fous de savoir ce qu'il s'est passé ou comment cela s'est produit, Red. C'était une erreur et je refuse d'en payer le prix maintenant. ».

L'espace d'un instant, le visage d'Edward ressent l'affront, des flammes de colère remplaçant ses pupilles puis, il reprend cet air impassible et un sourire amical relaxe ses traits. « OK. Disons que nous faisons un trait sur cette première fois. Mais il y a eu les autres et je suis sûr que cela se reproduira. Et, malheureusement, personne d'autre n'aura la mémoire aussi défaillante que toi. Mes partenaires et surtout ton équipe, ne laisseront rien passer. Réfléchis un peu ma chérie. ».

La jeune femme laisse échapper un petit gémissement de dépit. « C'est justement parce que j'ai arrêté de réfléchir que je suis dans cette situation. Tout ça parce que tu ne peux t'empêcher d'ouvrir ta grande gueule ! ».

Il hausse les épaules nonchalamment. « Ce qui est fait n'est plus à faire Bella. ».

Bella serre les poings et se mord l'intérieur de la joue pour s'empêcher de le cogner. Mais putain, elle sent que cela la détendrait un maximum. « Je ne comprends pas... Qu'est-ce que tu veux de moi Cullen ? ».

Il s'approche un peu plus, frôle l'épaule blessée puis saisit délicatement une des deux longues mèches de cheveux entre ses doigts. Edward penche sa tête, comme pour la respirer et murmure, de cette manière intime et sensuelle qui en fait chavirer plus d'une. « Pourquoi est-ce que tu résistes ? Cette attraction est tellement intense... ».

Bella tente de rester concentrée, de garder sa colère et son indignation en surface mais c'est de plus en plus difficile, à mesure qu'il l'intoxique par son contact, son odeur et cette promesse de baisers sulfureux à mesure que ses lèvres, dont elle sait très bien les performances, se rapprochent. Retrouvant sa voix, légèrement plus rauque, elle parvient à sortir. « Je... Je ne résiste pas... Il n'y a rien qui mérite mon attention. ».

Cullen lève simplement un sourcil et sourit, narquois. « Écoutes Bella. Dwyer et Black sont déjà au courant et ça leur passera. Pourquoi est-ce qu'ils auraient un putain de mot à dire ? Est-ce que tu arrives à vivre ta propre vie sans que... ».

La colère revient rapidement dans l'esprit de la jeune femme. « Ils sont tout ce que j'ai. C'est ma famille. Mais, honnêtement, est ce que tu penses que j'en serais là où je suis, si chacune de mes décisions est prise avec leur approbation ? ».

Il dit, condescendant. « Pas toutes tes décisions mais surtout celles me concernant. ».

« Non mais pour qui tu te prends ? Espèce de... ».

Edward pose son autre main sur l'épaule indemne alors que la précédente se glisse autour de la taille de la jeune femme. Elle perd un instant son souffle quand il la presse brusquement contre lui. « Écoutes chérie. Pas besoin de mots d'amour supplémentaires, je suis déjà à toi. ».

Alors que son esprit rejette cette déclaration légèrement stupide, son cœur, traitre au possible, bat plus furieusement dans sa poitrine et ne parlons pas de son corps, en manque total de sexe depuis un certain temps, réagit sauvagement à son contact si intime, même avec leurs vêtements sur le dos. Plaçant ses mains sur son torse, elle tente, sans grande motivation, de le repousser. « Laisses-moi partir. ».

« Aucune chance. ». La main qui était sur son épaule, passe dans les cheveux de la jeune femme, ses doigts frottant doucement son cuir chevelu. « Je vais t'embrasser Bella. Et tu vas y répondre avec autant de passion... ».

Elle hoche la tête négativement, son esprit très clairement alarmé par le danger de ces lèvres qui amorcent leur descente vers les siennes. Tout semble au ralenti alors que son cœur bat frénétiquement dans sa poitrine. Bella est persuadée qu'il peut l'entendre. Elle tente encore de le dissuader. « Je n'hésiterais pas à te mordre si tu oses. ».

Cullen sourit et murmure, laissant son souffle faire son effet. « Je compte bien dessus. ».

Lorsqu'il pose ses lèvres et réclame son dû, les paupières de Bella papillonnent et tout son corps semble vibrer d'excitation, ignorant complètement les protestations de son esprit. Dans un geste totalement instinctif, ses mains retiennent le t-shirt d'Edward, froissant le tissu entre ses doigts et l'incitant à se rapprocher plus qu'il n'est humainement possible.

Le jeune homme bataille fermement contre les défenses qu'elle maintient autour de son cœur et de son esprit. Quand la résistance s'effondre, Edward sourit devant cette petite victoire et cela semble provoquer une nouvelle vague de colère chez Bella qui applique la menace qu'elle avait proféré. Sans ménagement, ses dents mordent la lèvre inférieure du jeune homme.

Edward grimace et suce doucement sa lèvre pour vérifier qu'il ne saigne pas, sans pour autant s'énerver. « Toujours aussi dominatrice, Swan. J'adore. ».

Elle pose ses mains sur ses hanches. « Comment fais-tu pour tout prévoir ainsi ? ».

Edward dégrafe les dernières attaches du haut de la combinaison de Bella. « Il ne faut pas croire cela... En ce qui te concerne, je fais tout au feeling…». Il détache les holsters qui tiennent les armes dans le dos de la jeune femme, les rattrapant juste avant qu'ils ne tombent au sol. Purée, comment fait-elle pour supporter des armes aussi lourdes ? « Quand je suis allé chez blondin pour cette partie de poker, je n'avais aucune intention de dévoiler quoi que ce soit... ». Le bruit mat sur le fauteuil indique, qu'il les a déposées à bon port.

La voix coléreuse de Bella demande. « Mais alors, putain, pourquoi est-ce que tu as fait ça ? ». Elle est tellement obnubilée par l'écoute de la réponse d'Edward qu'elle ne remarque même pas qu'il est en train de retirer sa chemise, bouton par bouton, dévoilant sa poitrine. Ses yeux verts s'élargissent devant les seins recouverts de la dentelle fine et rose du soutien-gorge qu'il détache prestement. C'est exactement Bella. Cette touche sensuelle de féminité sous sa carapace commune et féroce. L'idée même du kinder. On savoure le chocolat mais on ne peut s'empêcher d'aimer, plus encore, la surprise cachée à l'intérieur.

Pour en revenir à la conversation, il hausse les épaules émettant un « Pff. Ça m'est venu comme ça Swan. Je savais que James et le Clébard allaient plonger têtes baissées pour avoir confirmation. Je suis, tout de même, surpris du temps qu'il a fallu pour qu'ils aient les couilles de te poser la question. ».

Elle murmure, surtout pour elle-même. « Ils voulaient surtout que je réponde non, et que je dise que tu n'es qu'un fieffé menteur. Histoire qu'ils aient une bonne raison de te rouer de coups et qu'ils continuent à vivre dans leur petite bulle. ». Le souvenir de cet air pathétique et choqué sur leurs visages quand ils ont eu confirmation lui montre bien que ses deux meilleurs amis pensent qu'elle doit rester asexuée pour le reste de son existence. Vu ce qu'ils font à tous ses prétendants, ils y parviennent aisément.

Alors que ses doigts trainent paresseusement de son cou jusqu'à la pointe de ses mamelons, Edward déclare. « Une petite claque, de temps en temps, leur permet d'avoir conscience de la réalité. Ces deux crétins le méritent. Je te jure. ». Il tente un peu plus sa chance quand il penche sa tête et mordille la peau sensible de son cou. Elle sent encore cette odeur de savon avec une pointe de vanille. « Penses à cela comme une faveur Bella. Tu n'as plus ces cachotteries sur la conscience. ».

Bella répond, déjà envoutée par ses administrations. « Je... Je suppose. ». Il referme ses lèvres contre son sein. « Mais je... oui, mais je te déteste encore pour ça. ».

Edward soulève doucement Bella pour la garder au creux de ses bras. « Dans ce cas, je dois me faire pardonner, n'est-ce pas ? ». Alors qu'elle tente de se libérer, même son esprit réfractaire admet et aspire à ressentir ces sensations féminines qu'elle réfrène à longueur de temps. Il redresse sa tête, faisant le tour du baraquement d'un regard. « Je vais nous poser sur le lit. ».

Alors que ses mains, plus en train de se balader que de la défendre, parcourent le corps excellemment entretenu de Cullen... Faut admettre que l'entrainement ça sert... Putain de Delta... Bella dit courageusement. « Je ne coucherais pas avec toi, Cullen. ».

Ce crétin s'empresse de rectifier. « Oh ne t'inquiètes pas. Je ne t'en demande pas tant. On commence par le lit mais je vais te faire découvrir, sous un autre angle, chaque meuble que contient ce baraquement. Donc on peut dire que, littéralement, nous ne coucherons pas ensemble. ». Elle fait encore non de la tête, mais c'est vraiment pour le principe car ses doigts sont déjà pris dans les sombres boucles rouges et sa langue trace le contour de son oreille. « OK. Puis, tu sais que je peux te prendre violemment tout en restant debout. On fait ça très bien, rappelles toi. ».

Edward la pose brutalement sur le lit, lui coupant le souffle, avant de se jeter sur le reste de la combinaison qu'il retire habilement puis se colle à elle. Se posant de tout son poids sur elle, Bella est obligée de respirer son odeur à mesure qu'il se rétablit correctement pour ne plus l'écraser. La jeune femme tente de s'enfuir mais il fait passer son bras autour de sa taille. Ses doigts écrasent sa chair quand ils se referment contre sa peau tandis que son autre main est juste à hauteur de son visage.

Elle ne peut réprimer un sourire en constatant la vigueur qu'Edward met pour la retenir. Sa voix est rendue plus grave par l'excitation car la jeune femme est loin d'être une proie facile. « Putain Bella... Tu sais que rien que ton sourire m'excite ? ».

Il se repose sur elle et l'embrasse tendrement. Elle répond doucement, montrant clairement son accord pour les prochaines festivités. « Oh et combien de fois comptes tu me faire jouir ce soir ? ». Bella mord une nouvelle fois sa lèvre, le sentant sourire avant de lui laisser libre accès à l'intérieur de sa bouche.

Comme d'habitude, Edward ne perd pas de temps et y glisse sa langue. Elle passe ses bras autour de son cou, pour le sentir un peu plus contre elle. Il l'aide se reposant sur ses avant-bras. Elle finit par se déplacer, en faisant une prise à la limite du judo pour se retrouver sur lui, le chevauchant.

Comprenant qu'il s'est fait avoir, le jeune homme crie. « Ah la garce ! ».

Ils rient quand elle acquiesce, d'un air malicieux. En se baissant, ses deux longues mèches chatouillent la peau de son partenaire et Bella embrasse ses lèvres déjà gonflées par les séduisants traitements qu'elle lui fait subir. Passant doucement les mèches bronze entre ses doigts, elle finit par souffler. « Red… Tu es un idiot. ».

« Tout autant que toi chérie. ».

Elle se redresse, sa culotte n'étant qu'un faible rempart contre les sensations et les promesses du membre en érection juste sous elle. « Je… Je ferais mieux d'y aller. Non, je dois y aller. ».

Edward soulève le haut de son corps et la retient en posant ses mains contre ses hanches. « Non. Tu restes. Nous n'avons pas encore terminés. ». Avec facilité, il l'embrasse une nouvelle fois, et enchaine toute cette série d'action qu'il sait persuasive vis à vis de Bella. Il titille, mordille, suce et lèche de la bouche boudeuse jusqu'à la base des seins, doux comme de la soie, de la jeune femme. Oh mon dieu... Il l'enserre un peu plus contre lui, la peur qu'elle le rejette une nouvelle fois lui comprimant le torse. Ne rate pas ce coup-là Edward...

Bella tremble et gémit quand il fait rouler doucement son téton entre sa langue et ses dents. Elle ferme ses paupières et reste docile à son contact. Elle frissonne encore quand une main se glisse dans sa culotte, jouant avec son sexe et attisant le brasier intense dans son bas ventre. Ses mains saisissent fermement la tête d'Edward, la repoussant en arrière et le couvre de baisers. Elle demande. « Putain, Cullen... Comment fais-tu pour que je te déteste autant? ».

Edward sourit et libère son sexe en érection de son boxer. « J'aime comme ton corps trahit ta pensée. ». Il guide la main de Bella doucement, d'abord dans sa culotte avant de la placer, humide, autour de son membre. Il continue à jouer avec son clitoris et pousse un « Ahhh » de satisfaction quand la main de la jeune femme commence son va et vient. Sa tête, toujours guidée par l'autre main de sa partenaire, est attirée et collée la sienne. L'un contre l'autre, ils se regardent fixement, leurs souffles brulants se mêlent et s'intensifient, au même rythme, à mesure que leurs doigts agissent et que leur désir augmente.

Le cœur d'Edward s'arrête quand sa partenaire se redresse... Non pitié non... pour mieux s'assoir sur son membre. Bella bouge d'abord paresseuse et alanguie, appréciant la sensation d'être pleinement prise par lui. Elle réitère le contact entre eux et les yeux émeraude d'Edward restent obnubilés par la bouche de la jeune femme qui émet de petits miaulements. Il finit par rompre le contact visuel avant de saisir ses hanches. Le Cullen n'est pas connu pour être un romantique et il sait que la Swan l'est encore moins. Une complainte enjôleuse et ravie emplit le baraquement à mesure que la bestialité d'Edward prend place. Il la soulève et la force contre lui avec une telle violence que leurs peaux claquent de manière sonore et que Bella se demande s'il ne va pas lui faire un trou reliant directement ses tripes à son utérus.

À mesure que le fourmillement augmente dans son membre, Edward sait qu'il se rapproche atrocement de l'orgasme. Il ralentit ses mouvements et la pose doucement contre le matelas, dépliant les jambes ankylosées de la jeune femme et entame un rythme plus suave. Il veut qu'elle comprenne qu'il lui fait l'amour, que ses actes ne sont que pour elle. Ses gestes sont doux et passionnés, la couvrant de baisers et traçant des signes géométriques du bout de sa langue. Il la pénètre, une fois, deux fois avant de reprendre sa corruption. Elle l'enlace, le serrant contre elle, agrippe ensuite ses épaules comprenant qu'il tente de la prendre par les sentiments. Le jeu de mots serait drôle si cela n'impliquerait pas le risque que son cœur soit mis en miettes. Bella pose sa main sur son visage, comme pour cacher l'émotion qu'elle risque de faire transparaitre. « Ne fais pas ça Cullen. ».

De ses hanches, elle accompagne son mouvement. De ses pieds croisés aux chevilles, elle l'oblige à rester en elle. De ses mains, elle force ses lèvres à recevoir ses baisers. Il gronde contre sa bouche. « Bella. Allez ma princesse. Laisses toi aller. ». Comme si ces simples mots suffisaient, Bella exprime vocalement son plaisir, les muscles de son vagin enserrant Edward violemment.

« Cullen... Mon dieu. ». Il la soulève, d'un geste, pour qu'elle le ressente encore profondément avant qu'il ne cède à son tour.

Edward sourit alors qu'il s'autorise encore deux, trois va-et-vient avant que son entrejambe envoie, spasmodique, sa semence dans cet antre si chèrement gardé. Bella repose lourdement sa tête contre son épaule et le jeune homme la soutient en la serrant contre lui. Il ne peut s'empêcher d'offrir un nouveau commentaire. « Tu sais que tu peux m'appeler par mon prénom... Dieu est un peu exagéré. ».

Elle glousse un instant, puis se redresse pour s'écarter de lui. « T'es con, Red. ».

Red… Bella lui a donné ce surnom un jour quand ils étaient encore à l'académie, quand lors d'une de leurs célèbres joutes verbales, elle lui a demandé depuis quand est-ce qu'ils acceptaient les rouquins dans l'armée, puis ne sachant plus le sujet initial de leur dispute, ils ont polémiqué, encore au moins 20 bonnes minutes, sur la couleur improbable des cheveux d'Edward. Depuis, c'est aussi son pseudo lors des missions et un des nombreux tatouages imprimés sur sa peau.

A ce souvenir, il lui fait un sourire lumineux et l'embrasse rapidement sur la joue. « Je sais et pourtant je suis parfait. ». Elle éclate de rire.

Bella tente de remettre en ordre sa chevelure. Après un long silence, elle finit par avouer. « C'était atroce... Ils ont... Ils m'ont fait la gueule une bonne partie de la semaine... Je... Je ne parle pas de Sam ou de Quil mais c'est... Je veux dire que... Jake... Je savais qu'il ne le prendrait pas forcément bien... Je ne m'attendais pas non plus à ce qu'il saute de joie... Mais là... Putain... C'était une guerre ouverte entre les membres de la division ! James n'a pris parti pour personne... Jamais je ne lui aurait imposé cela... Il n'y a qu'au moment où nous avons reçu cette mission qu'ils sont redevenus comme avant et encore... Je ne suis pas sûre que... ».

Edward hisse. « Qu'ils aillent se faire foutre. ». Il se redresse un peu, dégouté qu'il soit obligé de relâcher son étreinte autour d'elle afin de récupérer leurs vêtements. « Et je... Je n'ai pas de mal à imaginer quelles choses affreuses ils ont pu déblatérer à mon sujet. ».

La jeune femme répond avec un rire asthmatique. « Tu te trompes... En fait, ils n'ont rien dit sur toi. Rien du tout. Embry et Jake ont tout simplement dit qu'ils ne s'attendaient pas à autre chose venant d'un mec comme toi. Que je ne suis qu'un trophée de plus à ton tableau de chasse déjà impressionnant. ». Elle grimace en remettant sa chemise, la douleur de son épaule la rappelant à son bon souvenir. « C'est... c'est moi qu'ils ont fustigés. Lors de nos disputes... ah ! Comment puis-je appeler cela une dispute sachant que je n'avais pas mon mot à dire... Et tout a été remis en question. Mon intelligence, ma morale, mon intégrité et même ma loyauté vis à vis de l'équipe. ».

Edward sent une douleur qui lui remonte dans la poitrine. La division 13 ne vaut rien. Il n'aurait jamais imaginé qu'elle subirait aussi violemment les conséquences de leurs propres actes. Elle se tourne pour lui faire face alors que la douleur de son épaule refait surface. Bella grimace sous les élancements. Il peigne avec ses doigts ses cheveux rebelles pour en refaire le carré dégradé et demande. « Laisses-moi voir ça. ». Bella s'approche un peu plus de lui alors qu'Edward inspecte le bandage rougit de sang. « Il faut refaire ce pansement. ». Il effleure doucement le contour de la bande, du bout de ses doigts avant de faire de même avec ses lèvres. La jeune femme repousse son contact. « Pourquoi ? Pourquoi me rejettes-tu à nouveau ? ».

Il semble qu'elle soit passée en mode soldat bien plus rapidement qu'il ne l'espérait. « Écoutes Red... J'aime ce que je fais. Je suis ici pour faire mon travail, non pas pour avoir des relations sentimentales ou me trouver un mari. J'aime mon boulot et je compte bien le garder.».

Edward passe sa main dans ses cheveux, n'aimant pas le chemin où risque de mener cette conversation. « Je ne te demande aucun sacrifice ! ».

« Je le sais bien. Puis, je sais que tu n'es pas intéressé par ce genre de relation, ni même par une fille comme moi ».

Edward secoue la tête. « Nous y revoilà. Le fameux retour au point de départ. Mais putain, qu'est-ce que tu en sais ? ».

Le côté défensif de Bella reprend automatiquement le dessus. « Excuses-moi ? ».

Mais ne voulant pas en rester là, il continue. « Je réitère ma question. Comment le sais-tu ? Pourquoi ne serais-je pas sérieux pour nous deux ? ».

« Tout n'est qu'un jeu pour toi Cullen et je le sais mieux que quiconque. Alors, laisses tomber. Putain ! ». Bella va jusqu'au fauteuil pour récupérer ses holsters et les replacent correctement dans son dos. Edward l'observe alors qu'elle fait les cents pas dans le baraquement. Il l'entend marmonner. « Merde... Merde... Merde... ». Une de ses mains passe dans ses cheveux, habitude qu'elle a récupérer de lui, mais y reste pour les tirer doucement montrant bien sa frustration. Comment ce crétin parvient-il à lui pourrir autant la vie. Il arrive à lui faire ressentir des choses... Qui étaient enfouies... Et qui ne devraient pas refaire surface...

« OK. Alors, pourquoi ? Expliques moi... Donnes moi une bonne raison, histoire que je ne meurs pas idiot. ».

Bella prend appui contre le petit bureau. « Hé bien... Regardes moi...Regardes toi… Tout ce que je suis. Et tout ce que tu es…».

Edward gronde en se rapprochant d'elle. « Tu as une putain de misérable opinion de toi même. Ça me gonfle au possible. ». La jeune femme reste surprise.

Elle bégaie. « Pa... Pardon ? ».

« De la part d'une major de promotion, avoir des idées si connes est un délit. ». Il fait encore quelques pas. « Putain, tu es tellement sexy que la seule idée qui me parcoure l'esprit est de te poser, méchamment, sur ce petit bureau et de te prendre jusqu'à ce que le bois craque et cède. J'ai tellement envie de toi que l'idée que tu sortes de cette pièce me donne envie de t'attacher au lit pour te garder près de moi, que je puisse te pénétrer encore et encore jusqu'à ce que tu en puisses plus. Tu mériterais la cour martiale pour me faire te désirer autant. ». Son regard exprime autant de sensualité que ses propos, détaillant chaque partie de son corps et Bella ressent directement le résultat entre ses cuisses.

Elle souffle. « Je risque la cour martiale si on continue. ».

Ce moment est interrompu quand quelqu'un frappe à la porte, qui au grand bonheur de Bella, est verrouillée. La poignée montre que quelqu'un tente de l'ouvrir. Une voix féminine se fait entendre. « Antony ? Antony ? Tu es là ? ». Edward grimace quand il reconnaît la voix perçante de Tanya qui l'interpelle. Surtout qu'elle continue. « Tu sais que je ne peux pas dormir sans toi et... Je suis là comme d'habitude, juste avec une chemise. Mon chéri ? ». Elle tape une nouvelle fois sur la porte. Le bruit métallique résonne à l'intérieur, où un silence de mort s'est abattu. « Bébé ? Antony ? Peut-être est-ce qu'il est encore à l'infirmerie... Je vais aller voir ça... Bon je vais enfiler quelque chose de moins sexy avant... ». Un gloussement. « Avec tous ces mecs, on sait jamais. ». Le bruit de ses pas se fait plus distant à mesure que la jeune femme s'éloigne pour partir à la recherche de son compagnon.

Edward lève ses mains, de manière défensive, laissant échapper un petit rire. La nervosité le gagne et il sait qu'il se retrouve dans une situation plus que périlleuse. Cette conne de Tanya vient de plomber tout ce qu'il a réussi à faire durant la soirée. Merde, tu parles d'un retour de boomerang

Bella murmure. « Putain… Comme je l'avais dit, cette histoire est vraiment clichée. Et merde, quelle conne je fais. ». La colère froide qui l'envahit lui permet d'avoir assez d'énergie pour charger. Ses mains tentent de lui saisir le cou mais il se détourne à temps, lui captant les poignets avant qu'elle ne lance une nouvelle attaque. Edward la force à s'allonger contre le bureau, plaquant ses poignets au-dessus de sa tête. « Swan ! Ecoutes moi ! ».

La jeune femme se défend. Un sentiment de trahison lui bouffe l'estomac. « … ».

« Bella. Calmes toi. ».

Bella se débat, comme une lionne, contre lui et il s'en amuse et rit ouvertement, essayant de dédramatiser la situation. Elle arrête de bouger, la tête tournée à l'opposé de lui, le souffle si rapide qu'elle semble avoir couru un cent mètres. Edward se redresse, la relâche à mesure qu'elle s'apaise et pose sa main, à plat, contre le cœur de la jeune femme, la maintenant fermement contre le meuble. Son cœur bat à 100 à l'heure. L'image qui lui vient en tête est celle d'un félin. Bella est exactement l'idée qu'il se fait de cette race animale. Et comme d'habitude, il sait qu'elle se retient. C'est donc qu'elle a des sentiments pour lui non ? Car sinon, il serait déjà mort. L'absurdité de cette situation le rend nerveux. Le petit rire d'Edward vibre encore sur la corde sensible de l'esprit de Bella. Elle fait la seule chose qui lui vient en tête.

Elle le gifle.

Sans qu'il ait le temps de réagir, elle le pousse prête à filer mais ne bouge pas avant de lui dire. « Tu ne t'approches plus jamais de moi ! Tu as compris ? ».

Le jeune homme reste prostré. Toute trace d'amusement quitte son visage et est remplacé par le choc, puis par la colère. Cette idiote de Tanya, ces débiles de la division 13, les refus de Swan et les doutes de Jasper... Tout cela lui monte à la tête. Edward saisit encore Bella par les poignets, les bloquant d'une seule main, l'autre main appuyant sur sa gorge pour être sûr qu'elle ne résiste pas. Une nouvelle fois, contrainte sur le bureau, la jeune femme enfonce ses ongles dans la main qui lui coupe l'oxygène et le corps qui se presse intimement contre le sien.

Il lui autorise juste assez d'air pour qu'elle ne s'évanouisse pas, mais pas assez pour qu'elle puisse respirer confortablement. La bouche à quelques centimètres de son oreille, il chuchote. « Je pourrais te prendre là, maintenant. ». Elle ressent son sexe, prêt à agir contre son estomac. « Je peux le faire et tu ne serais pas en mesure de te défendre. Je ne suis même pas sûr que tu en ai l'envie. Chérie, en temps normal, je serais déjà refroidi par une de tes lames ou d'un joli trou gros comme ma tête fait par les joujoux que tu caches dans ton dos. ».

Bella gronde. « Tu me dégoutes ! Je te déteste… Je te déteste... ».

Edward pose son front contre l'épaule blessée de celle dont il tente de contenir la violence. « Je le sais bien, cela fait déjà des années que ça dure. Arrête. Calmes toi. Je sais que tu es confuse par de telles mesures mais je suis persuadé que c'est la seule chose à faire pour que tu m'écoutes. ». Il relâche sa gorge, caressant l'endroit où il a dû exercer une pression et blottit sa tête dans le creux de son cou. Sa respiration chatouille doucement la peau de la jeune femme alors que sa langue en teste la saveur. « Je t'ai dit qu'il n'y avait que toi. ».

Bella rit jaune. « Ouais c'est ça. Quelle belle façon de le montrer. Mais, ce n'est que jusqu'à ta prochaine mission avec Tanya... Ou peut-être que tu baiseras plutôt Irina... Je sais que les sœurs Denali ont toujours été tes préférées. ».

Edward sourit. Ses lèvres aspirent la peau au niveau de la carotide palpitante de la jeune femme. « La jalousie ne sied pas à ton langage ma chérie. Je t'ai déjà dit qu'elles ne sont rien pour moi. Que voulais tu que je fasse ? Que je reste seul jusqu'à ce que tu te décides à enfin me regarder comme un petit ami potentiel plutôt qu'avec dégout ? ».

Bella tente une nouvelle fois de dégager ses bras. « Cette situation prouve que ce n'était pas une mauvaise décision. Lâches moi maintenant. Laisses moi partir. ». D'un autre côté, elle sait qu'il a raison. Sur le fait qu'ils ne sont pas mariés ni même en couple et aussi que sa colère n'est que superficielle vu qu'elle pourrait très aisément se libérer.

« Tu n'as pas dit s'il te plait. ». Son sourire narquois réapparait sur son visage angélique.

« Vas te faire foutre ! ». Elle tente encore de se débattre jusqu'à ce qu'il n'exerce plus d'entrave sur ses poignets.

Sa voix est suave, mais teintée d'une sensation froide et létale. « Ça c'est déjà fait ma chérie. Nous revoilà au point de départ, pas vrai ? À cause de cette stupide interruption, ta confiance s'est une nouvelle fois envolée. ». Tout se bouscule dans son esprit. « Quand vas-tu admettre... Elles ne comptent pas... Ce que peux dire ton putain de clébard non plus... ».

Bella reste allongée sur le bureau, haletante, son cœur menaçant de rompre à tout instant. « Lui au moins, je peux avoir confiance… Je donnerais ma vie pour lui… ». Une partie de son esprit sait que Cullen n'aurait jamais tenté quoi que ce soit de physique sans qu'elle ne soit consentante mais une autre partie, saine celle-là, sait que mec est aussi un parfait crétin. Ses yeux verts sombres et profonds semblent la bruler, ils lui offrent à découvert son cœur et sa conscience.

Il murmure, si doucement qu'un instant, Bella se demande si elle n'a pas rêvé. « Je t'aime Bella. ». Le jeune homme relève ses mains pour se frotter les yeux, du plat de ses paumes. « Pourquoi ne peux-tu pas comprendre ça. ». Mais, il sait que c'est déjà trop tard. Il a, encore une fois, raté cette occasion. Combien de temps devra-t-il supporter avant de la revoir ? Avant qu'elle ne cède à cette attirance qui la pousse irrémédiablement dans ses bras ? Avant qu'elle ne comprenne que si elle reste auprès de lui, il sera prêt à se battre pour elle ?

Bella préfère ignorer cette douleur dans sa poitrine et ne prend même pas le temps de répondre. Elle saisit toutes ses affaires et finit de se rhabiller précipitamment. Contre toute attente, elle trébuche presque. Le tumulte dans sa tête, l'empêche de prendre en compte son environnement, Edward la prend dans ses bras avant de poser ses lèvres sur les siennes. Elle s'écarte et essuie sa bouche, dégoutée. Sans un autre regard pour lui... On ne sait jamais, elle pourrait le croire et lui sauter dans les bras... Elle finit par souffler. « Ne fais plus jamais ça ou je te jure que c'est la dernière chose que tu feras. ».

Elle claque la porte derrière elle, et se dirige vers le baraquement qui lui est attribué. A peine entrée, un message lui est apporté. Elle remercie le soldat et verrouille la porte derrière elle. C'est une missive de la Navy mais il n'y a aucun expéditeur. Bella décachète l'enveloppe et se retrouve devant un dossier confidentiel, classifié aAa (against All authority). Fronçant les sourcils, la jeune femme s'installe sur son lit, dévorant les pages tamponnées secret défense.

xoxo

Quelques jours plus tard, Bella est dans la salle des dangers. Cela fait près de 17 heures non-stop qu'elle s'entraine. Bien que son score soit surement phénoménal à l'heure qu'il est, elle ne s'en préoccupe pas. Elle a demandé qu'aucun enregistrement ne soit pris et tout ce qui compte est de réussir parfaitement les missions.

Elle s'accorde finalement un bref répit quand les techniciens prétextant une mise à jour du système l'obligent à sortir de là. Elle finit dans la salle de tirs. Elle recharge rapidement un de ses desert-eagles alors qu'elle s'apprête à tirer avec l'autre, enchainant cible sur cible, sans répit. Cet exercice est un tel automatisme pour elle, qu'il n'exige pas assez de concentration pour que son esprit ne dérive vers les derniers événements.

C'est de ce moment que profite James pour tenter de lui parler. Alors qu'il s'approche, il l'entend marmonner.

BANG ! « … Tellement stupide… Ça doit être un des seuls trucs d'une débilité abyssale que j'ai pu décider de toute ma vie… Mais je suis obligée d'y aller… ». BANG !

« Bella ? ».

BANG ! « … Comment ai-je pu être aussi conne ? Mon père doit faire des saltos dans sa tombe… ». BANG !

« Bella ! ».

BANG ! « … Mon dieu, s'il s'approche encore de moi, je jure que je… je…. Je le tue… ». BANG !

« BELLA ! ».

Elle sursaute et pointe ses deux armes à la tête de la personne qui ose l'interrompre. Elle ne parvient à les baisser que lorsqu'il pose ses mains sur les poignets de son amie. La jeune femme rougit en se rendant compte de sa maladresse. « James ! Oh… Hum… désolée… J'étais… hum… Tellement concentrée tu vois… ». Elle cache ses mains dans son dos, tentant de dissimuler les bandages sur ses poignets, preuve qu'elle a passé bien trop de temps dans cette salle aussi. Le desert-eagle étant une arme de poing bien lourde, pour une telle utilisation et le peu de recul que Bella se permet, il donne énormément de tension dans ses poignets et à force, elle risque toujours gros sur ses tendons.

James lève un sourcil. Son amie d'enfance a les joues écarlates, ses yeux sont cernés et vitreux, et ses cheveux ne sont pas aussi éclatants qu'habituellement. Même ses vêtements semblent froissés. Mais c'est surtout le fait qu'elle tente d'éviter son regard qui l'inquiète. Il demande, en toute franchise. « Qu'est ce qui ne va pas ? ».

Elle rit, légèrement hystérique. « Quelque chose ne va pas ? Tout va bien enfin. Tu me connais ! ».

Il insiste. « Qu'est ce qui ne va pas Bella ? ».

« Pourquoi ça n'irait pas hein ? À part le fait que j'ai le cœur en miettes et que je risque d'être virée pour mon manque de professionnalisme ? Oh putain, je crois que je vais vomir. ».

James la prend par l'épaule et l'invite à s'asseoir dans un coin à l'écart des autres soldats. Après être allé chercher des boissons, il force sa tête à se poser sur son épaule et écarte doucement la frange de la jeune femme. Comme lorsqu'ils étaient petits, il lui caresse doucement les cheveux, l'incitant à se calmer. Les yeux dorés qui clignent près de lui semblent presque opaques tant ils sont vitreux. Sa voix est apaisante quand il l'interroge à nouveau. « Quel manque de professionnalisme ? Qui aurait une idée pareille Bella ? Tu es le soldat le plus performant de cette base et je dirais même de notre catégorie. ».

Contre toute attente, elle pose sa tête entre ses mains et se balance doucement. « James… J'ai quelques difficultés… Et un sacré problème… ».

James passe sa main dans le dos de son amie, faisant de grands cercles pour tenter de la calmer, qu'elle arrête sa crise de panique. « Je suis sûr que ce n'est pas un problème assez gros pour que tu te mettes dans un état pareil. Alors dis-moi ? Est-ce à cause d'une mission ? ». Il finit par réaliser. « … Est-ce que c'est Cullen ? ».

Bella pousse un soupir de détresse. « Oui et oui. ».

« Ben alors, ça ne peut pas être si grave… Tu réussis toujours parfaitement tes missions et pour le rouquin…». Il ouvre sa boisson gazeuse et boit directement une gorgée. « … Tu es assez grande pour être consciente de tes choix. Puis je me ferais un plaisir de lui botter le cul. Alors, dis-moi où est-ce qu'on part cette fois ? ».

Préférant ne pas s'attarder sur sa mission classée secrète, elle avoue soudainement. « Il m'a dit qu'il m'aimait. ».

« Pfffff... QUOI ? ». James essuie sa bouche avec sa manche avant de constater les dégâts causés par le fait qu'il ait recraché tout le contenu de sa bouche. Et hop ! Il a oublié la mission…

« Et je lui ai dit d'aller se faire foutre… ».

Les yeux bleus de James s'agrandissent telles des soucoupes. « … ».

« James ? ».

Il ne parvient toujours pas à dire un mot. « … ».

Bella le regarde affolée. « Ne me fait pas ça. J'ai fait exactement ce que vous vouliez non ? ».

James pose sa canette et souffle bruyamment. « Je ne t'ai jamais dit une chose pareille Bella ! ». Depuis qu'il la connait, jamais il n'aurait pensé qu'un jour, Bella se comporterait comme une fille comment dire… normale ? Car ce n'est pas son genre. Il peut comprendre que son amie soit perdue car jamais auparavant elle n'a eu à penser pour elle. Des mecs elle en a eu, oui c'est sûr. Mais sa priorité a toujours été son boulot et ses deux meilleurs amis. Ce qui convenait parfaitement, autant à Jake qu'à lui, car cela leur évitait d'avoir à menacer ses petits amis. Tout ce qui la préoccupe est la survie de son équipe alors le fait que quelqu'un lui dévoile ses sentiments… Comment ont-ils fait pour en arriver là ? En plus elle a recalé Cullen ! Une sueur froide fait son chemin le long de sa colonne vertébrale jusqu'au bas de son dos.Oh putain de nom de… Victoria va le tuer !

xoxo

Deux heures après sa discussion avec son meilleur ami, une douche et un repas bien mérité, Bella arpente le bureau dans lequel elle a rendez-vous. Elle ne sait comment annoncer la nouvelle sans qu'il y ai de nombreuses conséquences. Tant qu'elle évite d'impliquer qui que ce soit, tout ira bien. La jeune femme saisit le dossier qu'elle a préparé et le pose sur le bureau. Elle finit par s'asseoir, sentant que la trépidation et l'attention exacerbée qui la caractérise ces derniers temps sont prêts à la faire sauter au plafond, mais se relève quand la personne qu'elle attend se fait entendre.

Le Général Cullen finit par entrer dans la pièce et fait le tour du bureau pour s'y asseoir. Il remarque le dossier au nom de Bella et l'ouvre sans attendre, ne levant même pas un œil vers la jeune femme.

Quelque chose ne tourne pas rond. Il y a vraiment quelque chose de pourri au royaume du Danemark. Il est prêt à envoyer quelqu'un pour convoquer, en session d'urgence, le Général Black mais s'abstient à la dernière seconde. Le lieutenant-colonel en face de lui prendrait cela pour une offense. Quand il relève la tête du dossier, Bella n'est plus en face de lui mais il finit par la repérer, grommelant et faisant les cents pas devant la fenêtre.

Le Général Cullen a déjà vu beaucoup de missions dingues ou atrocement dangereuses dans sa carrière mais là, ce que demande le lieutenant-colonel est carrément du suicide. Une infiltration dans le Château de Volterra est la mort assurée pour toute personne représentant l'autorité. Pourquoi veut-elle faire une chose pareille ? « Est-ce que tout va bien Bella ? ».

Pourquoi tout le monde s'entête à lui poser cette putain de question ? « Oh oui, comme vous le voyez, j'ai déjà prévu tous les documents. Et tous mes dossiers en attente seront remis en temps voulu. ».

Carlisle demande plus paternel. « Bella, je ne parlais pas de ton travail. Je sais que tu es capable de mener cette mission. Est-ce que tout va bien pour toi, vu tout ce que ça implique ? ».

Bella reste immobile. Un frisson la parcoure. Est ce qu'il sait ? Il sait pour les informations classées aAa ? Il sait pour ma relation avec Edward ! Oh mon dieu, je deviens dingue !

« Je… Je ne sais quoi dire. ».

Il lui sourit, son regard plein de compassion. « Tu sembles manquer de sommeil, tu ne couves rien, j'espère hein ? ». Son côté amical ressort toujours quand la jeune femme est concernée. Quand elle a décidé de suivre les traces de son père, le général a toujours été présent pour la soutenir et l'écouter en cas de besoin.

« Oh… Hum… Nan je ne pense pas. Carlisle, ne t'inquiètes pas pour moi. ». Bella essaie de se détendre pour qu'il évite de s'inquiéter et, il faut le reconnaître qu'elle soupire de soulagement face à une telle fausse alerte.

Carlisle repose le dossier et dit innocemment. « Edward, aussi, semble en état d'alerte permanent. Il est insomniaque et est constamment sur les nerfs. ».

OK donc ce n'est pas aujourd'hui que j'aurais un oscar…

La voix de la jeune femme tremble à peine quand elle répond. « Ah bon… Hum… Vraiment… Oh. ».

« Oui… ». Il semble inquiet. « Je ne comprends pas d'ailleurs. Il semblait bien ces derniers temps… et soudainement, il est redevenu… j'ai peur qu'il ne fasse quelque chose d'imprudent lors de ses prochaines missions. ».

Bella veut s'asseoir mais s'effondre plutôt sur le fauteuil qui fait face au bureau. Le général enfonce un peu plus le clou. « Il ne dit rien et il ne se lamentera jamais mais je sais qu'il fait tout cela pour supporter l'absence de… quelqu'un. Pour compenser dirons-nous… ».

L'interphone coupe court son plaidoyer. « Général Cullen ?Vous êtes attendu. Votre chauffeur est déjà à l'entrée. ».

« Oh merci, je termine. ». Il se tourne vers Bella, posant, à peine, sa main sur le dossier comme s'il risquait de se bruler. « Je ne sais pas d'où tu tires ces informations, mais… Tu sais que je ne peux accepter cela. Cette mission en Italie est du pur suicide. Partir seule à l'aventure alors que tu as monté cette division et que tu en es la responsable ? C'est trop me demander. ». Le général hoche une nouvelle fois la tête et marmonne. « C'est du suicide. ». Il va pour se relever, espérant mettre fin le plus rapidement possible à cette conversation.

Alors qu'il lui rend le dossier, Bella insiste. « Non, Général… Là, je sature. J'ai besoin de voir autre chose… Je ne serais qu'un danger pour l'équipe et ils peuvent se débrouiller sans moi. James et Sam géreront parfaitement la situation. ». Elle se mord la lèvre. Elle ne voulait pas en arriver à une telle extrémité mais il ne lui reste pas d'autres choix. « Je vous demande cela… Sinon, recevez ma démission. ». Carlisle reste ébahi, devant le courage de la jeune femme car il sait qu'elle tient à son travail plus que tout. Bella soupire et sa voix reste toujours aussi ferme et décidée. « … Ne m'obligez pas à passer par cette extrémité, Général. Je veux y aller… Toutes les réponses sont là-bas. Vous comprendrez donc que je ne veux plus être sur Forks. Autorisez mon transfert et rapidement que je puisse mener à bien cette mission. ».

Sur ces paroles, elle le salue et quitte la pièce sans un autre mot. Le général s'enfonce dans son fauteuil et passe une main lasse sur son visage. Comment ont-ils pu en arriver là et comment sa conscience fera-t-elle pour se remettre d'un tel sacrifice ?

xoxo

à bientôt !

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