Une petite nouveauté dans ce chapitre : il y a le point de vue d'Hermione ainsi que celui de Drago.

J'espère que vous apprécierez !

N'hésitez pas à mettre une review :)


CHAPITRE 4 :

(POV HERMIONE)

Comment ose-t-il me parler de cette façon ?

Je ne peux m'empêcher d'être dévastée par ce qu'il vient de me dire.

Comment ai-je pu croire, ne serait-ce que quelques secondes, que Drago avait changé ?

Un homme comme lui, une ordure comme lui, ne peut pas changer.

Toute la haine qu'il a accumulée pendant sa triste enfance. L'amour parental qu'il n'a jamais reçu, forcement, tout cela, ça laisse des marques. Toutes ces choses changent à jamais une personne et même si en extérieur elle paraît plus agréable, plus honnête, tout ça est faux.

Ce garçon est vicieux, manipulateur, vil et cruel et il le restera toute sa vie.

Je ne vois même pas pourquoi je suis surprise. Un Malfoy reste un Malfoy.

Je nous revois encore là-bas, dans cet étage abandonné. Je le revois me hurler dessus comme si le fait de crier lui redonnait un peu de courage. Comme s'il avait besoin de se prouver qu'il était resté le même, qu'il était resté celui qui était supérieur à moi, celui qui prétendait ne pas avoir de cœur, ne pas avoir de pitié. Je sais très bien que Drago fait ça car il a peur d'être blessé. Il ne veut pas donner d'importance aux gens car, en faisant cela, il donne aux gens le pouvoir de lui faire du mal. Et Merlin sait qu'un Malfoy ne veut pas souffrir et encore moins à cause de quelqu'un.

Soudain, j'ai envie de pleurer, pas quelques larmes non, j'ai envie de hurler à la lune. Je veux pleurer pour ce garçon brisé qu'il restera toute sa vie.

« Tu n'es rien pour moi. Tu es et resteras de la vermine à éliminer. »

Ces deux phrases tournent en boucle dans ma tête. Comment peut-il tenir de tels propos après la guerre ? Comment peut-il penser une telle chose alors que des milliers de personnes sont mortes pour, justement, prouver au monde sorcier que nous sommes tous égaux, que personne n'est supérieur. Je n'arrive pas à me faire à l'idée que Drago puisse continuer à penser ça, des choses aussi absurdes.

Je fais les cent pas dans mon (notre) salon. Pourquoi suis-je dans cet état ? Pourquoi suis-je autant déroutée ? Je commençais à trouver sa compagnie agréable, je ne m'étais pas entichée de lui, et j'étais encore moins amoureuse de lui. Pourquoi le fait de savoir que ce garçon est toujours le même me perturbe autant ?

Est-ce le fait qu'il détienne quelque chose de grave sur moi qui m'agite à ce point ? Non, je ne pense pas car même si nous nous détestons, j'ai l'intime conviction que Drago ne dira rien. Pas par gentillesse mais parce que personne ne le croirait. Sa parole contre la mienne. Je défendrai quoi qu'il en coute que je vais bien et que ce qu'il dit est faux et le tour est joué. Aussi simple que ça. Pourquoi je n'avais pas pensé à ça dès le début de notre conversation ? Peut-être que si j'avais réfléchi comme je le fais maintenant, je serais encore là-bas, à faire ma ronde dans le silence avec un Malfoy ruminant parce que je n'aurais pas réagi à ses attaques. Peut-être quand acceptant directement le fait qu'il sache quelque chose de secret sur moi, toute cette violence aurait pu être évitée. Mais pourtant, dans mon fort intérieur, je sais que partir fut la meilleure solution. Je ne supportais plus de voir toute cette haine dans son regard, je ne supportais plus de voir tout ce mépris. Toutes ces choses qui me rappelaient notre vie d'avant. Une vie où la seule préoccupation était de rendre un parchemin à temps et la seule haine qui existait était celle qui avait entre nos maisons.

Nous méritons le bonheur. Je mérite le bonheur. Toutes les choses que j'ai sacrifiées pour que les autres soient heureux. Toutes les choses que j'ai sacrifiées pour que les gens soient en sécurité une fois pour toute. Mais malgré tout ça, je ne le suis pas. Chaque jour est un combat. Chaque journée est pire que la veille. Mais je ne me plains pas. Je ne dis rien. Je garde tout ça pour moi. « L'enfer est tout entier dans ce mot : solitude. » Ce proverbe correspond à ma situation avec exactitude. Je souffre tellement d'être seule mais je ne veux pas embêter les gens avec mes problèmes.

Je ne suis pas heureuse. Je ne suis pas triste. Je suis vide.

Je m'allonge dans ce canapé si confortable qu'est le canapé en cuir marron, celui où j'ai l'habitude d'être pour lire ou travailler, réfléchissant, me souvenant du passé, me remémorant les moments heureux. Je pense à mes parents, je pense à la vie que j'aurai pu avoir avec mes deux meilleurs amis si cette guerre n'avait pas existé, si Voldemort n'était pas revenu. Ce soir est un soir particulier : cela fait cinq mois que la guerre est finie. Cinq moi que ma vie a définitivement changé. Cinq mois je ne suis plus moi même. Cinq mois que tous mes projets de vie future se sont envolés. Cinq mois que mon cœur s'est brisé, mes rêves se sont évaporés et mon âme s'est dissipée. Je passe ma vie à voir peur.

La grande Hermione Granger a peur du passé, a peur de ses démons.

Tout ceci est tellement pathétique.

Indépendamment de ma volonté, je pleure. Les larmes coulent autour de mon visage comme une libération. Chacune d'elle contient une part de ma tristesse. Je pleure à ne plus m'arrêter. Des larmes libératrices. La brutalité des mots de Drago s'écrasait encore contre mon cœur comme des vagues sur des rochers : avec violence et sans aucun espoir. Toute cette haine réveille en moi des choses sombres, des choses trop sombres et malheureuses pour y penser un soir, seule. Totalement seule.

Je ne sais pas pourquoi la tirade de Malfoy remue tout ça chez moi. Je ne sais pas comment il arrive à me faire ressentir autant de sentiments alors que Harry et Ron ne sont même plus capable de me faire ressentir ne serait-ce qu'une seule petite chose.

Peut-être qu'après tout, Malfoy a raison. Peut-être que je perds mon humanité. Peut-être que j'ai perdu toutes les chances d'être heureuse la nuit du 1er mai. Peut-être que je finirai mes jours en restant comme je suis maintenant : vide.


(POV DRAGO)

Pendant ce temps-là, Drago faisait, lui aussi, les cent pas. Il réfléchissait à ce qu'il venait de se passer, à ce qu'il venait de dire.

Le visage d'Hermione tournait en boucle dans sa tête.

Il n'avait pas le droit de l'apprécier et à défaut de lui faire du bien, de la libérer de ses tourments, de ses démons, il lui faisait du mal. Comme ça, il était sur que lui, comme elle, ressentait quelque chose de fort pour l'autre : de la haine.

La haine, ce sentiment dévastateur qui pousse les gens à commettre des actes qui regretteront tôt ou tard pour la plus part des gens. Drago ne faisait pas parti de ces personnes. Pour lui, la haine était un sentiment habituel. Un sentiment qu'il connaissait par cœur. Pour cause, il avait grandi dedans. Toute son enfance s'était construite sur ce sentiment.

Pourtant, Drago commençait à ressentir un sentiment qui lui était totalement inconnu. Pour la première fois de sa vie, le grand Drago Malfoy, fils de Lucius Malfoy, avait des remords.

Il n'arrivait pas à oublier ce beau visage brisé, déchiré par les larmes.

Cette fille était la cause de beaucoup de ses peines.

Drago revoyait la scène de leur dispute se rejouer devant ses yeux. Il aurait pu faire en sorte de garder quelques petites choses pour lui mais il n'y arrivait plus. Conserver tous ces secrets devenait de plus en plus compliqué. Il avait déjà assez de problèmes, il n'avait pas besoin qu'elle lui en rajoute en plus.

Drago était du genre impulsif. Une fois qu'il était énervé, rien ne pouvait l'arrêter. Il faisait parti de ces gens qui savaient intérioriser les sentiments tels que la joie, la tristesse mais qui avait le plus grand mal à conserver en lui sa colère et sa haine.

Et une fois de plus, c'était Hermione qui en avait fait les frais.

Il se demandait ce qu'elle faisait à ce moment là. Il se demandait dans quel état d'esprit elle était. Il ne pouvait s'empêcher de se poser ces questions.

Tout au fond de lui, Drago menait un combat intérieur. Il s'empêchait de retourner dans leur appartement pour vérifier qu'elle allait bien. Il voulait aller jusqu'à chez eux pour être sur que cette fille était saine et sauve et que ses larmes étaient sèches, qu'à présent, elle était dans son canapé préféré, le marron en cuir, et lisait un livre aussi gros qu'elle pour assouvir sa soif de savoir. Drago souhaitait ça de tout son cœur, de toute son âme.

« Tu es fou mon vieux, «Et je me promets qu'à partir de ce jour, je ne me préoccuperai plus d'elle» c'est déjà du passé ? Ça fait à peine une heure qu'elle est partie que tu veux déjà t'assurer qu'elle va bien. Faut savoir ce que tu veux. »

Mais Drago savait très bien ce qu'il voulait. Même si son lui intérieur lui hurlait de ne pas bouger, de rester là, à finir sa ronde. Drago ne pouvait plus tenir, il devait y aller. Il devait s'assurer qu'elle allait bien. Qu'elle n'allait rien faire de dangereux à cause de lui. Malfoy était un garçon méprisant et égoïste mais jamais, au grand jamais, (du moins depuis quelques semaines) il ne voulait être la cause de la mort de Granger. Il ne pourrait pas vivre avec ça sur la conscience, il n'était pas assez fort, il était déjà trop brisé.

Drago descendait les escaliers à une allure constante, comme cela, s'il croisait un professeur, il n'éveillerait pas les soupçons. Déjà qu'il était seul au lieu d'être avec Hermione, s'il courrait, c'était fini pour lui.

Le jeune homme savait que ses camarades avaient peur de lui, il savait que les deux meilleurs amis de sa colocataire se méfiaient de lui et s'assuraient fréquemment qu'il ne lui faisait pas endurer mille tortures. En même temps, un garçon comme Drago Malfoy, fils de mangemort et mangemort lui même, il était normal qu'il soit le mal incarné. C'était totalement normal de le juger sur des choses qu'il avait faites comme s'il n'était pas plus que les erreurs qu'il avait commises. Non, décidemment, Malfoy ne pouvait pas être un jeune homme normal qui essayait de se remettre comme il pouvait de la guerre et des pertes qu'il avait subit. Non, Drago Malfoy est et restera le garçon froid et impérieux. Si seulement ils savaient que tout ceci n'était qu'une façade. Que tout ce qu'il était, toutes ses idéologies, toutes ses pensées, étaient forgées pour plaire à son père. Que tout ce qu'il lui comptait était de rendre Lucius Malfoy fier de lui, qu'il ne devienne pas la risée de sa famille, la risée des sangs nobles. Drago était juste un garçon qui avait commis les mauvais choix et, à partir de maintenant, un homme qui devra assumer toutes ses erreurs jusqu'à la fin de sa vie.

Perdu dans ses pensées, Drago ne se rendit pas compte qu'il était déjà devant la porte de son logement.

Avec précaution, il ouvrit la porte et ce qu'il vit confirma toutes ses peurs.

Hermione était bien sur le canapé marron mais elle n'était pas en train de lire un ouvrage.

Elle était sur le dos, ses yeux crispés laissait couler des larmes tels des cascades. Ses poings tellement serrés qu'ils tremblaient. Sa bouche alternait entre cris de douleur, gémissement, et hoquets de tristesse. Sa tête tournant de gauche à droite, ses jambes se mouvant dans le vide. Ses bras avaient des spasmes.

Drago se dépêcha de fermer la porte, ne voulant réveiller le château à cause de ses cris, s'avança à grandes enjambées vers le canapé et resta là, à contempler ce spectacle, le même que d'habitude mais en plus violant. On pouvait voir sur sa peau une pellicule de sueur due à l'angoisse. Le jeune garçon continua d'observer ce spectacle, se demandant que faire. Il ne pouvait pas la forcer à avaler une potion de sommeil sans rêve et il ne pouvait encore moins lui jetait un sort, elle allait lui en vouloir et en parler à tous ses amis, il n'avait pas besoin de ça.

Le blond eu enfin une idée, il décida de porter le corps d'Hermione jusqu'à la chambre de la jeune fille comme ça, cette dernière pourrait dormir plus tranquillement.

Choisissant cette option, Drago alla à coté du corps de la jeune et glissa ses bras sous sa nuque et sous ses genoux avec toute la délicatesse qu'il possédait pour ne pas la réveiller. Titubant au début, il constata avec joie que la jeune fille n'était vraiment pas lourde. Il traversa le salon, monta les escaliers qui menaient à la chambre de la préfète avec facilité. Arrivant de la porte, Drago remarqua avec horreur qu'il ne pouvait pas avoir accès à la chambre d'Hermione, étant protéger par des sorts que Dumbledore lui même avait dû mettre pour éviter toute intrusion dans l'intimité de l'autre.

Que pouvait-il faire ? Remarquant que Hermione s'était un peu calmée dans ses bras, il n'allait pas la laisser sur le canapé froid. Soudain, Drago eu une idée aussi folle que grotesque.

« Et si elle dormait dans ma chambre ? Peut-être qu'elle restera calme comme elle est maintenant ? Non Drago, tu ne peux pas faire ça. Que penserait ton père s'il savait ça, qu'est-ce qu'il dirait ? Tu lui ferais honte ! Et imagine si cette sang-de-bourbe commence à raconter aux gens »

Non Hermione ne pouvait pas faire ça. Elle devrait expliquer pourquoi Drago avait du faire ça, et du coup, parler de ses cauchemars.

Drago savait qu'il ne devait pas faire ça. Il savait que ses actes auraient forcement des répercutions. Mais il ne pouvait et ne voulait pas la laisser sur ce canapé froid, seule.

Tout doucement, il descendit l'escalier qui menait aux appartements d'Hermione pour rejoindre ses appartements à lui. Et tout aussi doucement il ouvra la porte et la déposa sur son lit vert, la déchaussa, lui enleva sa chemise pour la laisser en débardeur, la déshabilla de ses collants pour ne lui laisser qu'une jupe. Il souleva sa couverture et son drap et enveloppa le corps de la jeune fille pour qu'elle soit le plus confortablement installée. Et sans faire de bruit, Drago se déshabilla lui aussi et se glissa dans son lit, faisant attention de ne pas trop se coller à elle.

Comment réagira-t-elle demain quand elle se réveillera, dans le lit de son pire ennemi ?

Son sommeil allait-il être paisible ?

Lui en voudra-t-elle ?

C'est avec toutes ces questions en tête que Drago Malfoy s'endormit, au côté d'Hermione Granger.