Voici le chapitre 4

Cela faisait longtemps qu'Oscar et André ne s'étaient pas retrouvés ainsi seuls. Les deux premiers jours qu'ils passèrent ensemble furent agréables : Ils reprenaient leurs activités habituelles hormis les entrainements d'escrimes pour ne pas fatiguer l'œil d'André.

Oscar avait même fait la lecture à son ami. Le temps était couvert mais il ne pleuvait pas, ils avaient donc pu faire quelques ballades sur la plage.

Tout semblait être redevenu comme avant. Ils étaient sur le balcon, assis, profitant d'un rayon de soleil. André s'était assoupi. Oscar le regardait pensive. Leur relation demeurait la même. L'incident paraissait si loin alors qu'il ne datait que de quelques jours. Malgré tout quelque chose avait changé pour elle.

Jamais auparavant, elle n'aurait pu se douter que son ami d'enfance était amoureux d'elle. Elle n'arrêtait pas d'y penser. Il l'aimait . Honnêtement, elle ne savait pas quoi faire de cette révélation. Elle s'interrogeait sur elle-même face à cette nouvelle donnée.

Que ressentait t'elle pour lui ? La réponse vint sans l'ombre d'hésitation : elle l'aimait ; l'avait toujours aimé mais cet amour qu'elle lui portait était t'il le même que le sien ?

Elle n'avait jamais cessé d'aimer André et ne s'était jamais interrogeait sur la nature de ce sentiment. Il ne l'avait jamais quitté…mais cela ne pouvait surement pas être le même amour…Car elle avait aimé Fersen et c'était un sentiment différent. Un sentiment qui, avec le recul, lui semblait ridicule. Pour des raisons, qu'elle ne comprenait pas encore, elle n'était pas encore en paix avec cela. Elle se sentait si stupide. Le résultat était pathétique. Elle ne pouvait plus regarder ni Fersen, ni la Reine en face. Elle détestait sa bêtise. Pourquoi avait t'il fallu qu'elle mette cette robe ? Si seulement, elle pouvait oublier…

Fersen, le beau et courageux Suédois, qui n'avait toujours qu'un seul mot à la bouche « Amour », amour pour sa reine bien sur ,mais tous ses mots , ses gestes, ses paroles… comme elle enviait la Reine d'être ainsi aimer. Elle refusait de l'admettre, n'ayant pas le droit d'aimer ni d'être aimer. Mais l'amour de Fersen, elle le voulait. Etre aimé de cette manière, elle en avait besoin. Quand Fersen venait la voir, même si c'était pour discuter de la Reine, c'était l'accès à l'amour qui débarquait. Ses seuls moments, où elle en entendait parler de ce sentiments tant convoité. Celui-ci était tabou ,sous son propre toit. Personne n'en parlait.

Elle se sentait si proche de lui, tout son être vibré pour l'amour qu'il ressentait , qu'il voulait donner et partager. Seulement, il n'en avait pas le droit comme elle.

Fersen… Ses sentiments étaient encore confus. Il lui semblait l'aimer encore tellement.

André bougea légèrement. Elle crut qu'il allait se réveiller cependant il resta dans les bras de Morphée.

Ses pensées se redirigèrent sur André. Il l'aimait…C'était surréaliste pour elle. Si encore, elle avait pu se douter de quelque chose ? Mais non, André avait toujours été fidèle à lui-même. Comment soupçonnait son amour alors qu'il n'avait jamais varié envers elle ?

Tout cela pour lui « exploser » à la figure un soir. L'amour d'André lui faisait peur. Parfois, elle songeait à s'enfuir loin de lui, ne plus le revoir, retrouver son calme et sa paix intérieure. C'était aussi simple que ça. Oublier les hommes et leurs besoins d'amour. Elle aurait eu le cran de le faire après ses actes violents. Elle était si furieuse. Sa présence était si insupportable. Elle aurait trouver le courage grâce à sa colère de partir. Bravoure qu'elle avait perdue à la minute où elle su ses problèmes de vue. Il était hors de question pour elle de le laisser seul affronter cette souffrance.

Elle le fixait. Il dormait toujours. Elle se sentait si bien près de lui. Comment pouvait t'elle se être si bien avec quelqu'un et en même temps être effrayée par ce qu'il représentait. Désirer partir loin de lui tout en voulant qu'il soit toujours à vos cotés ? Une vie sans André, elle ne pouvait l'imaginer. Il avait toujours été là. Une vie avec lui, son cœur se mit à battre et la panique la saisit.

Elle prit une profonde inspiration. Ne lui avait t'il pas dit qu'il n'attendait rien d'elle ? Alors pourquoi se 

torturait t'elle ? Et pourquoi se posait t'elle la question ? Elle n'avait pas le droit d'aimer non ? De toute façon qu'était l'Amour exactement ? André et Fersen le savaient mais elle ne pouvait pas leur demander. Après tout, peut être que si elle ne savait pas le définir c'était uniquement parce qu'elle ne l'avait jamais réellement éprouvé ?

A voir certaines personnes, cela n'avait rien de compliqué. Tels les amoureux qu'elle avait aperçut au marché hier dans l' après midi. Ils étaient ensemble, main dans la main, se souriaient et s'embrassaient. Des gestes simples fait avec tant de facilité que les deux jeunes gens l'avait laissée muette , pleines d'interrogations. Pendant ce temps, André, lui, choisissait des tomates. Elle souriait à cette pensée : avec son monocle sélectionnant avec tant de sérieux il avait l'air d'un expert en tomate.

Elle se mit à rire en revoyant la scène. Une domestique s'approcha et l'interrompu dans son fou rire .

« Monsieur, deux messagers sont ici pour vous »

« Deux ? Très bien » fit Oscar

Elle se leva.

Il y avait un messager du Roi et l'autre ne lui était inconnu.

Le messager du Roi, l'informa qu'on lui avait attribué un régiment de Gardes Françaises et qu'elle était attendue à son poste dans trois jours. L'autre lui remit un courrier.

Elle proposa aux messagers, une citronnade. Ils acceptèrent.

Oscar était contrariée. Le roi avait été plus rapide que prévu pour lui affecter un nouveau service. Elle venait à peine d'arriver en Normandie qu'il lui faudrait déjà repartir.

Elle ouvrit la lettre. Il s'agissait d'une invitation au bal des fiançailles du fils de leurs voisins et amis de son père. Elle n'avait d'ailleurs pas eu le temps d'aller les saluer . Malgré tout, Ils avaient été mis au courant de la présence du Colonel de Jarjayes et désirait avoir l'honneur de sa présence pour célébrer l'événement.

«Dites leur que Je viendrais avec un immense plaisir» dit t'elle. Cela ne lui plaisait pas tant mais si elle refusait, son père l'apprendrait et ne serait pas content.
Le messager partit sur ses mots en buvant rapidement sa citronnade.

Oscar jetait un rapide coup d'œil à André sur le balcon. Celui-ci, venait de se réveiller et il s'étirait. Son cœur s'emballa. Sans vraiment réfléchir elle s'adressa au messager du roi.

« Pouvez-vous rester encore quelques instants. J'aurai un message à vous remettre ; Pouvez-vous m'attendre dans le petit salon ?» Dit t'elle en montrant la direction.

« Bien sur »

Elle se dirigea vers André. Elle voulait l'éloigner du messager.
« Alors la marmotte ! » dit t'elle

« Oscar, j'ai dormi si longtemps que cela ? »

« J'ai un service a te demander »

« Oui »

« Nous sommes invités chez les de Rolland pour les fiançailles de leur fils ce soir. Pourrais tu demander à Paul de préparer le carrosse pour qu'on aille en ville chercher un cadeau ? »

« C'est comme si c'était fait Oscar »


« Merci »

Oscar rejoignit le messager au petit salon et rédigea une note rapide qu'elle lui remit puis pria au messager de partir rapidement.

Elle referma la porte et regarda le messager s'éloigner. Avec un tel message, elle était sur qu'elle en entendrait des vertes et des pas mures de la part de son père lorsque celui-ci serait au courant. Mais cette fois ci, son devoir se devait d'attendre.

A SUIVRE