Comme chaque matin, Bella se doucha, prépara son sac et déjeuna. Puis elle marcha jusqu'à l'université, son casque sur les oreilles, sa main sur son bracelet, comme chaque matin depuis un peu plus d'une semaine maintenant. Elle eut juste le temps de saluer Alice avant de devoir se rendre à son premier cours. Sa matinée défila à toute allure, les cours s'enchainant, et déjàa elle était attablée avec Alice, son plateau fort peu appétissant devant elle.

"Alors comme je te disais hier soir, pour le shopping, je pensait qu'on pourrait..."

"Autre sujet." Bella n'aimait pas briser l'élan et la motivation de son amie, mais elle n'avait pas vraiment le moral et la force de supporter cette discussion.

"Quoi? Mais atends, je te parle quand même du nouveau..."

"Autre sujet, Alice!" grogna-t-elle un peu plus fort.

"Oula, t'as mal dormi, toi, cette nuit..."

"Si tu savais..." murmura la concernée.

Son amie lui lança un regard intéressée, mai devant les yeux noirs de la jeune fille, renonça à en savoir davantage. "D'accord, d'accord, on se calme...Mais ça ne te dispense pas de shopping!" Elle se tut quelques secondes, et Bella aurait du s'en méfier. Aurait du. Mais ne le fit pas. "Tu savais qu'en fait, la fille avec qui sortait Emmett Cullen, c'était Rosalie Hale?"

Emmett Cullen, comme dans les Knights of Night? "Oh, Alice..." se plaignit-elle à voix basse, avant de reprendre, pour sa propre survie. "Et qu'est-ce que c'est sensé me faire?"

"Tu plaisantes?" Dans un périmètre de trois tables autour de la leur, tout le monde sursauta, affolé, à la recherche de l'origine de ce cri surhumain. "En dehors du fait que c'est LA mannequin du moment, et que ça fait des années qu'ils sont ensemble, sans que personne ne le sache, ça veut dire que le groupe est sur Seattle!" Devant le regard perplexe de son amie, Alice continua. "Voyons, Bella, ne me dis pas que tu ne savais pas que Rosalie Hale était de Seattle? Non, attends, ne réponds pas, c'était une question purement rhétorique - tu sais ce que c'est, non?" Elle sourit à la grimace de la jeune fille avant de reprendre. "Maintenant que j'y pense, j'avais cru lire quelque part que leur père, Carlisle, je crois, était médecin sur Seattle...Ça leur fait donc deux raisons d'être dans le coin... Tu te rends compte, on pourrait les croiser n'importe où, sans le savoir!"

Ce qui était impressionnant avec Alice, en dehors de son goût pour la mode, de son talent artistique, de sa beauté naturelle, de sa réserve d'énergie malgré sa petite taille, de ses goùuts musicaux, et de son étrange don de sixième sens, pour n'en citer que quelques exemples, c'était sa capacité à passer par tant d'émotions différentes en une seule phrase. L'auto-réflexion, l'illumination, le calcul, la joie, la joie voulue communicative, l'excitation pure, et le sens de l'aventure. Bella crut que sa tête allait tourner. Une gorgée d'eau plus tard, elle ne savait toujours pas quoi répondre. Mais c'était maintenant car elle assimilait ce qu'elle venait d'entendre. LEs musiciens, le chanteur, dans sa ville? NON! Il ne fallait pas y penser!

...Trop tard.

"Seattle est une grande ville..." déclara-t-elle d'un voix un peu morte, autant pour convaincre son amie qu'elle même.

"Oh non, pas de ça avec moi, Isabella..." Sa voix était presque menaçante. Bella se concentra donc sur sa pomme, son traditionnel dessert. "Et puis, avec ta maladresse légendaire, tu es obligée de leur foncer dedans dans la rue un de ces jours."

"Parle pas de malheur..." Devant le regard indigné de son amie, Bella changea de sujet. "Et puis, je te signale que je n'ai encore rien fait tombé, au restaurant..."

Alice explosa de rire, et elles passèrent la fin du repas à parler légèrement.

"Médecin à Seattle, tu as dit?" ne put s'empêcher de s'enquérir Bella, peu avant la fin de la pause.

"tiens tiens, mais pourquoi donc? Notre Bella se sentirait-elle patraque?"

"Non!" s'empressa de répondre la jeune fille pour couper court à la voix pleine de malice de son amie. "C'est juste que ça m'intrigue...Il doit être envahi par les fans..."

"Enfin, médecin...urgentiste, je crois." répondit Alice dans un soupir.

"Urgentiste?" toussa Bella "Ca ne doit pas être mieux...Je n'ose pas imaginer le nombre de filles débarquant avec une prétendue foulure à la cheville, demandant à n'être soignée que par le docteur Cullen..." Il y eut un silence, partagé par les deux amies. "N'empêche, les pauvres parents, harcelés pour la célébrité de leurs enfants...Après tout, ce n'est pas de leur faute si leurs fils sont des génies..." Oups, avait-elle vraiment dit 'génies'? Heureusement, Alice ne sembla pas relever.

"Enfin, sur un certain niveau, si, puisqu'ils sont quand même ceux qui les ont éduqués, et créés, d'un point de vue plus..."

La cloche sonna, coupant court à leur discussion.

"Bon, bah, à demain Bella!" cria Alice en partant. "Et ne crois pas que je vais laisser passer ça!"

Ah si, elle avait noté. Bella se frappa mentalement d'avoir fait cette erreur, sachant pertinemment qu'elle allait en baver pour les prochains jours, voire semaines. Le reste de ses cours se déroulèrent comme à leur habitude, et elle se retrouva une fois de plus dans le bus en direction du centre ville. Elle effectua les quelques minutes de marche jusqu'au restaurant de manière automatique, et son manteau se retrouva bientôt sur le banc de l'arrière salle. Elle vérifia que son pantalon tombait bien et qu'aucun bouton de son chemisier n'était ouvert au mauvais avant de rejoindre Angela en salle.

"Alors, bonne journée?"

"Bof...Alice prépare de nouveau mon exécution...Elle programme la prochaine journée de shopping..."

Angela rigola. "Tu as bien survécu la dernière fois, tu devrais pouvoir t'en sortir..."

"Mais à quel prix?"

Les deux jeunes femmes rigolèrent doucement avant de se répartir les tâches. Bella se chargea de la salle tandis qu'Angela s'occupait de préparer les commandes. Leur organisation était efficace, et rapidement, toutes les commandes étaient satisfaites. Elles discutèrent un peu quand la porte s'ouvrit de nouveau.

"Je te l'avais dit...Tous les jours..." murmura Angela, tandis que Bella suivait des yeux, stupéfaite, l'homme au chapeau et aux lunettes s'installer au même siège que la veille. "Heureusement que Jessica a changé d'horaires...Ça serait insupportable, sinon!"

Bella rigola doucement, puis alla débarrasser une table. Elle ramena les assiettes vides, laissant le soin à Angela de les mettre à laver, avant de se diriger vers le mystérieux client.

"Bonjour Monsieur."

"Bella" salua-t-il de sa voix grave, inclinant poliment la tête.

"Que puis-je faire pour vous aujourd'hui?"

"Ce sera un café et ses pâtisseries, s'il vous plaît." demanda-t-il doucement. "Comme hier..."

"Comme hier..." acquiesça-t-elle, avant de sourire et de repartir. Devant le sourcil haussé de sa collègue, la jeune fille répéta, penaude "Comme hier". Angela rigola, pour ensuite se diriger en cuisine, préparant une assiette de pâtisseries. Quand elle revint, le café attendait sagement sur la plateau, la serveuse accoudée au bar, la main sur son bracelet. Angela lui tapa sèchement la main, déposant l'assiette à côté du café.

"Arrête, tu vas l'abîmer à force de le tripoter."

Bella soupira avant d'attraper le plateau et de l'apporter à la bonne table.

"Pas de dame en rouge aujourd'hui?" interrogea curieusement l'homme alors qu'elle disposait les affaires sur le bois verni de la table.

"Non, le chef n'a pas encore pu modifier sa recette suite à vos suggestions, car il est absent. Mais dès qu'il aura régler le problème, vous serez le premier à le savoir" le rassura-t-elle avec un sourire.

"J'espère bien...Je suis pressé d'y regoûter, en tout cas, j'en garde un bon souvenir..."

Ne sachant quoi épondre, le souvenir de la veille lui revenant en mémoire, réchauffant soudainement ses joues, elle lui proposa un énième sourire avant de se rétracter et d'aller e mettre à l'abri près du bar.

"Je ne l'avais jamais vu si bavard" remarqua sa collègue.

"Il demandait des informations quant au dessert de Marcus..."

"Oh, d'ailleurs, il faut que je file en cuisine....Tu vas survivre jusqu'à l'arrivée de Jessica?" Pendant l'absence de Marcus, Angela était chargée de s'occuper de la liaison entre les cuisines et le reste de l'endroit.

"On verra bien." plaisanta Bella, avant d'assurer Angela qu'elle pouvait s'absenter de la salle l'esprit léger. Il n'y avait en effet pas grand monde à cette heure-ci. Elle s'occupa donc en nettoyant des tables, vidant des cendriers, et rangeant une nouvelle fois le comptoir. N'ayant plus rien à faire, elle rêvassa donc de nouveau, ses doigts jouant avec le médiator à son poignet.

"Il est donoc vraiment de retour?" l'interrompit la voix nasale de Jessica. "Je me demande pour combien de temps cette fois-ci..."

"Je peux savoir pourquoi il t'intéresse tant?" demanda Bella après un silence confortable? Elle regretta cependant sa question dès qu'elle lui échappa.

"Tu plaisantes? Non mais tu l'as vu?" La voix de sa collègue était satturéede choc et d'incompréhension.

"Seulement ce que le chapeau et les lunettes ne cachaient pas..." Elle ne retint pas le sarcasme dans sa voix, mais sa collègue ne sembla pas le noter, comme toujours.

"Je suppose que tu n'as pas tort..." Elle fit une pause, comme si elle réfléchissait, puis reprit. " La première année, il n'était pas si camoufflé...Et crois moi, quand je te dis que c'était un dieu, je ne le dis pas à la légère! Il était juste magnifique, quoi. Il est venu pendant... longtemps...deux ou trois ans peut être. Puis il s'est absenté un truc comme six mois...Quand nil est revenu, il portait un bonnet et des lunettes. Depuis, à chaque fois qu'il vient, il est comme déguisé." Elle se tût, comme si elle venait de réaliser quelque chose. "Peut être qu'il a eu un accident, et qu'il est complètement dévisagé?" Ses sourcils de froncèrent sous l'effort de sa réflexion. "Non, ce n'est pas possible, pas quelqu'un de si parfait..."

Bella décida de laisser Jessica réfléchir en paix, préférant faire un premier inventaire, puis, relevant le visage des placard, s'aperçut que Jessica était toujours à rêver. Elle consentit donc à faire un nouveau tour de salle, pour voir que l'homme était parti. Elle ramassa donc la monnaie qu'il avait laissé, et glissa le chèque de pourboire qu'il avait de nouveau déposé dans la tirelire à l'intention d'une association. Dans une pensée aussi brèce que superficielle, elle se demanda à combien s'élevait son budget café pour pouvoir ainsi venir consommer tous les jours au Twilight tout en laissant d'aussi généreux pourboires.

Elle finit par tirer Jessica de son monde lointain des pensées quand sa journée de travail fut finie. Elle prévint Aro de son départ, et rentra tranquillement chez elle. Comme elle n'avait pas de travail ce soir là, s'étant suffisamment avancée la veille, elle passa la soirée confortablement installée dans son lit, à lire et à écouter de la musique.

Le reste de la semaine s'écoula de la même façon, les cours se passant bien, le travail aussi. A la fin de la semaine, elle ne demandait déjà plus à l'habitué mystère sa commande, lui apportant directement son café et ses pâtisseries. De même, ses pourboires diminuèrent au fil de la semaine, pour être inexistant le vendredi. Comme Marcus n'était toujours pas de retour, Angela dut demander à la jeune femme de venir le samedi pour renforcer les équipes de service, occasion sur laquelle Bella se jeta.

"Mais ça fait une semaine que j'avais prévu cette sortie..." gémit Alice à l'autre bout du téléphone.

"Je sais bien Alice, et je suis désolée..." Bella n'était pas désolée le moins du monde, mais avait bien trop d'affection pour son amie pour lui briser ainsi le coeur, et lui avouer qu'elle préférait travailler au Twilight que de faire du shopping. "...mais dis-toi qu'au moins, ça me fera plus d'argent pour la prochaine fois!"

Alice ne sembla pas convaincue, mais dut accepter sa défaite, lui promettant cependant qu'elle ne pourrait y échapper le week end suivant. Bella ne put qu'accepter, sachant trop bien la persistance de son amie. Quand elle raccrocha enfin, elle se glissa rapidement dans son lit, sachant que le samedi était toujours une journée chargée. Et effectivement, elle ne vit pas sa journée passer, ayant juste le temps de prendre conscience que l'habitué mystère ne venait visiblement pas le week end. Quand elle rentra chez elle, elle fut heureuse, exténuée, mais heureuse du travail accompli. Cela était aussi une bonne nouvelle pour son porte monnaie, lui rajoutant quelques heures de salaires en plus par rapport à d'autres mois. Elle se coucha donc le sourire aux lèvres. Son dimanche fut consacré à ses devoirs, qu'elle tenta d'avancer un maximum pour la semaine à venir. Elle entreprit aussi de préparer un programme de révision, ses examens approchant de plus en plus. Le lundi matin fut donc là plus tôt que prévu, son réveil sonnant, annonce d'une nouvelle semaine.