Une demi-heure plus tard, Scott, Isaac, Malia, Stiles et Deaton se retrouvèrent à la clinique. Stiles réexpliqua tout à Deaton. Ce dernier semblait avoir une idée mais il avait besoin de faire des recherches. Pendant que Scott et Isaac se mirent à leur tour à chercher ce qui pouvait bien atteindre leur ami, Malia prit Stiles à part :

- Ca fait combien de nuits que tu souffres ?

- Malia, ça ne…

- Je te pose simplement la question !

- Deux nuits.

- Donc ton dos l'autre matin, ce n'était pas à cause de l'entrainement ?

- Non.

- Mais enfin, je croyais qu'on avait dit plus de secrets entre nous !

- Je sais, mais…

- Bon dieu Stiles, pourquoi tu ne m'as rien dit ?

- Parce que je ne voulais pas qu'il t'arrive quelque chose ! hurla-t-il.

Isaac, Scott et Deaton avaient entendu leur ami hausser la voix. Ils savaient tous pertinemment ce qui mettait Stiles dans cet état. Ils savaient que même s'il n'en parlait pas, cet épisode de sa vie le hanterait pour toujours. Scott et Isaac se rappelèrent très clairement le jour où Stiles leur avait demandé de ne pas le laisser faire du mal à nouveau.

Malia, elle, fut surprise. Depuis qu'ils se connaissaient, jamais elle ne l'avait vu s'énerver de la sorte. Elle comprit qu'elle avait été trop loin en lui parlant sur ce ton. Elle se radoucit alors :

- Je suis suffisamment grande pour me défendre.

- Tu ne pourrais rien faire contre le nogitsune !

- La seule fois où tu m'en as parlé, c'est à Eichen House.

- C'est peut-être parce que je ne veux pas que tu connaisses ce Stiles-là.

- Je t'ai déjà dit que jamais je ne te jugerais.

- Ce n'est pas ça le problème… tout ce que je voulais, c'était d'oublier tout ça.

- Qu'est-ce qui te fait croire qu'il est de retour ?

- Cela ne me touche que pendant que je suis endormi, c'est une sacrée coïncidence tout de même !

- Tu ne dois pas…

- Malia, tu dois me promettre quelque chose.

- Je t'écoute.

- Je sais que Scott ne le fera jamais alors tu es mon seul espoir… Si jamais le nogistune était de retour… je veux que tu m'arrêtes.

- C'est-à-dire ?

- Je veux que tu me tues.

- Stiles…

- S'il est de retour, cela voudra dire qu'on ne peut pas le piéger, que ce qu'on aura fait n'aura servi à rien ! Il faudra alors l'éliminer. Et moi aussi par la même occasion. Dis-moi que tu ne me laisseras pas faire à nouveau du mal à quelqu'un ?

- On va trouver une solution…

- Malia, dit-il en lui prenant les mains. Promets-le-moi.

- Tu ne peux pas me demander ça.

- Si, et je le fais, tu es mon dernier espoir. Je t'en prie !

- Très bien.

- Merci, ajouta-t-il, soulagé.

Stiles, rassuré, serra la coyote dans ses bras puis il l'embrassa tendrement. Elle pria alors pour qu'elle n'ait pas à tenir sa promesse un jour puis Deaton les appela. Ils retournèrent auprès des autres.

- J'ai repris des notes qu'un jour un chasseur du nom de Bobby Singer avait partagé avec moi. Le fait que tu ne sois attaqué que lors de ton sommeil montre qu'une créature veut s'attaquer à ton subconscient, comme si vous étiez dans un autre monde voire même entre deux mondes.

- Vous m'avez perdu là, dit Stiles en s'asseyant.

- Je pense que c'est un djinn qui s'attaque à toi.

- C'est quoi ça ? demanda Isaac.

- Un djinn est comme une entité qui se trouve entre deux mondes. C'est pour ça qu'il est plus facile pour lui de t'atteindre quand tu dors.

- Donc pour vous, ce n'est pas le nogitsune ? dit Stiles.

- Non, ça ne lui ressemble pas du tout, répondit Deaton.

- Bon et comment on fait pour s'en débarrasser ? ajouta Scott.

- Je crains que seul Stiles puisse le faire.

- Et comment ? dit-il, surpris.

- Dans ton sommeil, tu dois l'affronter sinon il continuera de se nourrir de tes cauchemars, de ces « attaques » dont tu es victime et dont il est l'auteur !

- Et si je ne fais rien, ça finira comment ?

- Tu as vu que tu ne te sors pas indemne de tes rêves. Et bien ça ne va pas aller en s'améliorant.

- Mais comment je vais le reconnaître ?

- Soit il aura les traits d'une personne que tu connais, soit il ressemblera à un chien ou un serpent.

- Ca va être simple je sens…

- Tu dois l'arrêter ! dit Malia. Tu dois te battre.

- Bon, et bien je sens que je n'ai pas le choix. Mais bon, maintenant que vous m'avez bien mis la pression, je ne vais pas pouvoir fermer l'œil !

- Je devrais pouvoir trouver quelque chose pour t'apaiser et t'aider à trouver le sommeil, répondit Deaton.

Deaton et Isaac préparaient le léger anesthésiant qu'ils allaient lui injecter. Pendant ce temps, Malia tentait de rendre cette fichue table en aluminium un minimum confortable. Stiles prit alors Scott à part :

- Scott, je le sens pas. Mais je vais le faire quand même.

- Mais pourquoi…

- J'ai besoin que tu me dises que tu prendras soin de mon père et de Malia.

- Mais enfin, il ne va rien t'arriver…

- Qui essaies-tu de convaincre là ? Tu sais comme moi qu'il y ait une grande chance pour que je ne revienne pas indemne voire pas du tout. Tu devras être fort pour mon père, ne pas le laisser sombrer. Quant à Malia, ne la laisse pas continuer aveuglément sa quête à propos de sa mère. Je t'en prie !

- Ok, ok, mais je veux que tu te calmes. On sera tous là avec toi, tu n'es pas seul !

- Merci, répondit-il en souriant nerveusement.

Stiles avait un mauvais pressentiment mais Scott ne semblait pas vouloir le prendre au sérieux, ou bien c'était une façade, pour ne pas montrer toute l'inquiétude et la peur qui l'animait.

- Nous sommes prêts, dit Deaton.

Scott et Stiles revinrent alors dans la pièce. Il vit que Malia avait mis une couverture et un petit oreiller sur la table. Le jeune homme s'installa et il vit Deaton se rapprocher de lui avec une aiguille. Automatiquement, sentant son angoisse, Malia lui prit la main. Il lui sourit :

- Dites-moi Deaton, qu'est-ce que je fais une fois là-bas ?

- Tu devras te battre pour reprendre le contrôle de ton subconscient.

- C'est super clair ça !

- Je n'ai jamais eu d'expérience de ce genre donc je ne peux t'apporter que la théorie.

- Ok.

- A tout de suite, dit Scott, en souriant, se voulant rassurant.

Stiles s'allongea, serrant fort la main de Malia lorsque Deaton lui injecta la substance anesthésique. Scott vit qu'il respirait rapidement, presque autant que lorsqu'il avait une crise de panique. Puis, doucement, sa respiration se fit plus calme et il desserra la main de la coyote mais cette dernière la tenait fermement, afin qu'il sente qu'elle était là, avec lui.