Chapitre 4 : Le rire d'un enfant
- « Non, Hime, ne fais pas ça ! », s'écrie Ichigo en prenant sa sœur par les épaules.
La jeune femme pose un doigt sur la bouche de son jumeau et lui fait un sourire qu'elle veut rassurant, mais qui suinte la tristesse et le renoncement.
- « Ichi, tu ne peux pas te marier avec une femme, alors que moi, j'ai toujours eu l'intention de me marier avec un homme », fait-elle en tentant un peu d'humour, même si le cœur n'y est pas. « Ça arrive juste plus tôt que prévu. Et puis, tu m'as toujours fait passer avant toi. C'est un juste retour des choses, frérot… »
Les larmes commencent à dévaler les joues d'Ichigo. Il a compris qu'il vient de perdre un duel. Il ne s'attendait pas à le perdre face à sa sœur et au détriment de son bonheur à elle. De par derrière, Shûhei pose ses deux mains sur les épaules tremblantes d'Orihime. La jeune femme retourne la tête vers le brun.
- « Ne t'inquiète pas Shû, je suis sûre que monsieur Kuchiki saura être un époux bon et… compréhensif. »
Les iris gris se fixent avec détermination sur les yeux bleus de Byakuya, et celui-ci réalise brusquement que les jumeaux Shiba semblent partager la même fougue. Ce petit point qui lui hérissait le poil chez le jeune homme, le comble chez la jeune femme. Elle est belle et présente bien pour le rang qu'il occupe. Cerise sur le gâteau, elle est en plus dotée d'un caractère bien trempé. Que pourrait-il demander de plus à la vie ?
- « Je vous le prouverai assurément », répond-il en s'inclinant.
Lorsqu'il rejoint son siège, il rencontre pendant quelques secondes le regard lourd de reproches de Rukia. Il appuie un peu le sien, et la jeune femme brune baisse les yeux, abandonnant la rébellion qu'elle semblait vouloir mener.
- « Voilà une décision inattendue mais… », le vieux marque une pause pour choisis ses mots, « … qui convient à toutes les parties. Shûhei Shiba, votre comportement est en totale contradiction avec les règles et le code d'honneur qui régit le clan. Il vous reste des choses à apprendre. Vous avez certes engendré deux héritiers mâles, mais nous ne pouvons pas accepter qu'ils restent sous votre … »
Un raclement de gorge se fait entendre, alors même que Shûhei et Ichigo s'apprêtaient à bondir sur le vieux, ayant compris l'intention de les séparer des deux petits derniers. Yamamoto est surpris que ce soit Sosûke qui ose l'interrompre.
- « Je demande à accueillir au sein du clan Aizen, Shûhei Shiba et ses deux fils. »
- « Et pourquoi donc ? », s'exclame Yamamoto.
- « Simplement parce que je n'ai moi-même aucun héritier et que je n'en aurai jamais. »
- « Sosûke, tu peux encore te marier. D'ailleurs, j'ai pensé à une… »
- « Chef Aizen ! C'est ainsi que je dois être nommé dans l'enceinte de cette pièce. Je ne saurais vous rappeler, maître Yamamoto, les règles et le code d'honneur qui régissent le clan. »
'Mais, c'est que ça devient fort intéressant ! Après le petit Byakuya, voilà que notre petit Sosûke veut aussi sa part du gâteau Shiba !'
Le cerveau de Shunsui marche à plein régime et celui de Yoruichi, en mode écho, lui répond : 'La vache ! Les Shiba font des étincelles. Ils viennent de faire tomber deux des célibataires les plus endurcis du clan. Quoique Bya-bo s'est déjà marié. Mais ça compte pas, ça n'a duré que dix mois.'
Le ton d'Aizen est froid et son grand-père a un mouvement de recul. Pour le moment, cette journée ne lui est pas favorable du tout.
- « Je vous rappelle que je suis gay et que je ne compte pas faire l'autruche en allant épousant une femme. Je conviens toutefois qu'il me faut un héritier et il me semble que je pourrais adopter le plus jeune des fils de Shûhei Shiba… »
- « Mes neveux ont déjà un père, l'auriez-vous oublié ? »
- « Je ne l'oublie pas, Ichigo Shiba. Mais vous-même, auriez-vous oublié où vous vous trouvez et pourquoi ? »
Au petit jeu des phrases assassines, l'habileté d'Aizen surpasse de loin celle d'Ichigo. Shûhei pose une main sur le bras de son frère pour l'exhorter à se calmer. Il a décelé de l'envie dans le regard de cet homme dont il ne se souvient que très peu et cela le dégoûte. Il est loin d'être homophobe, son frère étant attirant par le même sexe, mais il ne s'imagine pas non plus partager des moments d'intimité avec un homme.
- « Et je deviens quoi dans votre merveilleux petit plan ? »
- « Oh, mais vous pourrez vivre avec vos deux fils et les élever dans une maison vous offrant tout le confort nécessaire à leur épanouissement. J'ajoute que rien ne vous obligera à participer à la vie du clan. Du moins directement, puisque vous serez mon compagnon. »
- « J'aime les femmes, monsieur Aizen, c'est la raison pour laquelle, moi, j'ai deux fils ! »
L'insulte fait vriller les iris de Sosûke. Il n'aime pas à être flagorner devant un public.
- « Vous pouvez toujours accepter l'alternative de maître Yamamoto qui vous éloignera définitivement de vos fils et vous apprendra comment obéir aux ordres du clan. »
- « Une alternative qui me parait plus adéquat pour ce jeune impertinent ! Chef de clan Aizen, je ne donne pas mon aval à cette idée ! »
- « Moi, je suis pour », s'invite aussitôt Kyôraku.
- « Je suis d'accord pour ne pas séparer les deux enfants de leur père », énonce lentement Coyote Stark.
- « Moi aussi », renchérit Kuchiki.
Reste deux hommes à se prononcer. Zaraki se souvient que Sosûke n'a pas opposé de veto à ce qu'il récupère son blond. Il sait qu'il est temps de lui renvoyer l'ascenseur.
- « Je vote pour aussi. »
Kûkaku vient serrer l'épaule de Shinji dont le regard est évasif. Que veut-elle au juste ? Qu'il se batte contre ces deux décisions stupides ? Ou qu'il accède à celle d'Aizen, vu que l'autre est manifestement révoltante.
- « Le clan Shiba donne son accord. Néanmoins, nous demandons un droit de visite pour les enfants. Après tout, nous sommes la famille. »
- « Droit que je vous accorderai à ma convenance. »
Un hochement de tête et l'affaire semble entendue, ce qui révolte les deux jumeaux.
- « Vous ne pouvez pas, c'est injuste ! », s'écrie Orihime.
- « Vous n'avez que ce genre d'idée ? Nous coller dans les lits des uns et des autres. Vous nous prenez pour quoi au juste, des objets sexuels ? »
- « Ichigo Shiba, ce n'est pas de ça dont il s'agit », tente de tempérer Shunsui. Inutile, Ichigo est trop remonté pour entendre raison.
- « Vraiment ? Il y a douze ans, nous étions bons pour réchauffer le lit d'un pédophile, et aujourd'hui, rien n'a changé, sauf que nous sommes plus âgés, mais pas plus consentants ! »
- « Exactement, t'as pas ton mot à dire ! » Ichigo se tourne vers la gauche, en direction du type qui se tient derrière Aizen. Des cheveux bleus et des yeux incroyables, l'homme a l'air du genre nerveux, à ne pas réfléchir avant d'agir. Le parfait stéréotype du mauvais garçon. « C'est à ton frangin de décider. Estimez-vous heureux car pour le moment, on vous offre des alternatives. Ç'a pas été le cas des deux autres »
L'allusion faite à Kisuke et Kensei radoucit brusquement Ichigo, qui ajoute en s'adressant à Aizen : « Pourquoi ne pas me choisir moi ? Je suis gay, Shûhei non. »
- « Devrais-je vous expliquer, Ichigo Shiba, que l'attirance ne s'explique pas ? », répond l'autre en posant son menton dans sa main et en fixant outrageusement Shûhei.
Pendant les échanges, Shûhei s'est plongé dans ses pensées. L'idée même de ne plus revoir ses deux fils est insupportable. Il aurait l'impression de les abandonner et il ne pourrait pas y survivre. Et puis, il existe une infime chance que cet Aizen ne soit pas si terrible, non ? Il ferme brièvement les yeux en prenant une grande inspiration. Pas besoin de tergiverser plus encore. La réalité est simple : il n'a pas le choix.
- « Très bien, j'accepte votre proposition, monsieur Aizen. »
- « Je ne suis pas favorable à cette décision ! », s'emporte Yamamoto.
- « Vous l'avez déjà dit, maître Yamamoto. Tout comme nous avons donné notre aval. La majorité gagne », est heureux de lâcher Kyôraku.
- « J'espère, chef Aizen, que vous savez ce que vous faites. Bien, reste le dernier. Lui deviendra un apprenti pour devenir un lieutenant. Il sera sous ta responsabilité, Kenpachi. »
- « J'ai pas envie de prendre de nouvelles recrues, avec toutes celles que j'ai déjà ! »
'Et voilà que ça recommence. C'est marrant que ce soit sa propre famille qui lui mette des bâtons dans les roues', songe Shunsui.
'Pauvre vieux décrépi. Trahi par les siens…', résonne le cerveau de Yoruichi.
Pendant que le père et le fils argumentent et qu'Ichigo est horrifié par l'avenir qui se dessine pour lui, Grimmjow tape sur l'épaule de son cousin. Sosûke lève les yeux vers les iris lagon de son lieutenant.
- « J'le veux », chuchote le bleuté.
- « Tu veux prendre en charge une recrue ? », s'étonne le brun qui sait que ce n'est pas le genre de Grimmjow de jouer les mentors. Il en a une sainte horreur. Dès qu'il le peut, il refourgue cette tâche indigne à Nnoitra ou Yammy.
- « Te fais pas plus idiot que t'es, Sosûke ! J'le veux comme toi tu veux son frère »
- « Grimmjow, je ne te savais pas tourné vers les hommes », rétorque le brun avec un sourire amusé.
- « Ouais, bah t'es peut-être mon supérieur, mais ça veut pas dire que je te raconte toute ma vie ! »
Intrigué et un peu curieux, Sosûke se redresse légèrement et vient murmurer : « Grimmjow, tu l'as déjà fait avec un homme ? »
- « Non, enfin… pas entièrement. »
- « Oh, mon cher cousin, il va falloir être plus clair, parce que je ne vois pas ce que tu entends par pas entièrement. Tu n'as pas mis complètement ta queue ou… »
- « Putain, on est vraiment obligé de parler de ça maintenant ? J'me suis fait sucer par un mec et c'était bien mieux qu'avec une bonne-femme. Voilà, t'es content ! »
- « Pas la peine de t'énerver, je le savais déjà. »
- « Ah parce que toi, une meuf t'as déjà taillé une pipe ? »
- « Une épreuve cauchemardesque dont je me serais bien passé, si tu veux tout savoir », lui répond le brun avec un frisson dans le dos.
- « Si l'on vous dérange, chef Aizen, dites-le nous. »
- « Pas du tout, maître Yamamoto. Grimmjow se proposait justement de prendre en charge le jeune Ichigo Shiba. Ainsi, il ne sera pas trop éloigné de sa famille. Du moins d'une partie de sa famille. »
Ichigo est anéanti, ce d'autant que Grimmjow lui lance un regard triomphant tout ce qu'il y a de plus dérangeant.
'Ce mec a l'air aussi barré que Zaraki !', songe Shûhei en étreignant l'épaule de son frère. Pourtant, il ne peut s'empêcher de voir du bon dans ce choix. Il aura l'occasion de voir son frère, même si le connaissant, il a bien du mal à le projeter dans cette nouvelle carrière, lui qui était promis à si bel avenir en tant que cuisinier.
- « Veuillez m'excuser », interrompt Kyôraku. «... mais nous n'avons pas déterminé chez qui va séjourner Orihime avant son mariage. Elle ne peut décemment pas aller au manoir Kuchiki. Ce serait inconvenant. »
Que Shunsui prononce ce mot est presque à lui seul inconvenant et Yoruichi est incapable de retenir le ricanement qui la secoue. Toutefois, si l'emballage n'est pas adéquat, le contenu se révèle exact. Il a raison, Orihime doit être confiée à une autre famille. Du mois jusqu'au mariage.
- « Je peux la prendre avec nous, le temps des préparatifs », propose Aizen.
Le brun n'est pas fou, il sait qu'il marque des points auprès de son futur compagnon. Tout est toujours bon à prendre lorsque vous devez mener un combat pour conquérir une personne. De plus, il a un cœur et pense qu'au fond, il serait injuste de séparer la fille du reste de la famille. A voir l'espoir dans les yeux de celle-ci, il est sûr que c'est la chose à faire.
- « Chef Kyôraku, ne pourriez-vous pas la prendre chez vous ? Votre femme pourrait ainsi l'éduquer à son futur rôle d'épouse ? »
L'idée est tellement incongrue qu'elle attire immédiatement tous les regards des personnes présentes sans exception. Le fait d'associer dans une même phrase le mot éducation et rôle d'épouse avec Matsumoto Kyôraku est hilarant. Seul hic, c'est Yamamoto qui vient de faire cette proposition et Yamamoto ne donne jamais dans l'humour.
'Heureusement que Matsumoto n'est pas là. Elle se serait pissée dessus. Qu'est-ce qu'elle va se marrer quand je vais lui raconter ça !', pouffe intérieurement Shunsui.
'Mais il lui manque vraiment une case au vieux !', explose d'un rire mental Yoruichi.
'La sénilité semble l'avoir gagné plus tôt que prévu', conclut le cerveau de Byakuya Kuchiki.
- « Le clan Shiba accède à cette autre demande du chef Aizen. Cependant, Kûkaku se chargera de l'organisation du mariage de notre côté et cela implique qu'elle se rendra au manoir Aizen et cela sans restriction ! »
Un duel visuel oppose un instant Shinji et Sosûke.
- « Bien, mais si les intrusions deviennent exagérées, j'y mettrai bon ordre, sois en assuré Shinji. »
Un hochement de tête et l'affaire est entendue. Yamamoto frappe sa canne sur le sol et l'assemblée peut se disperser.
Aussitôt, Kûkaku se précipite sur ses neveux et sa nièce. Elle se stoppe néanmoins à un mètre d'eux, pas certaine d'être accueillie comme elle aimerait. Derrière elle, à bonne distance, Shinji observe la scène, subissant tour à tour les regards peu amicaux des deux frères.
- « Je suis tellement contente de vous revoir », fait-elle les larmes aux yeux.
C'est Orihime qui rompt le silence gênant, permettant à la brune de combler la distance avec eux.
- « Bonjour, tante Kûkaku. »
Les deux femmes s'étreignent chaleureusement. La rouquine se souvient de cette tante un peu loufoque, forte en gueule et aimant les beuveries autant que le shopping. Un membre de sa famille qui était surtout sa marraine.
- « Tu comprendras que nous, nous ne sommes pas ravis de te revoir, Kûkaku. Ça n'a rien de personnel, tu sais », lui explique Shûhei.
- « Je sais, mon grand. » Kûkaku pose sa main contre la joue de son neveu. « Très franchement, j'aurais préféré que vous viviez loin d'ici. »
- « Allons, allons, Kûkaku, ce ne sont pas là des paroles qui siéent au clan. »
- « Si tu savais comme je m'en tape du clan, Sosûke. Mon clan est ce qui m'importe actuellement et je n'oublie pas que tu t'es approprié mes neveux. Tu peux manipuler autant que tu veux, une chose ne changera jamais : ces garçons ont du sang d'Isshin dans les veines et quoique tu fasses, ils resteront toujours des Shiba. Je reconnais cette fierté dans leur regard. Jamais, ni toi, ni ton guignol de cousin ne les soumettra. Tu apprendras qui sont les Shiba, ça je te le jure, Sosûke. »
- « Eh bien, si ce ne sont pas des menaces. Et toi Shinji, qu'en penses-tu ? »
Bien sûr, le blond se serait bien passé de cet éclat, mais maintenant que sa demi-sœur vient ni plus, ni moins que d'agresser verbalement un autre chef, autant aller au charbon.
- « Je ne suis pas d'accord avec la forme, mais pour le fond, Kûkaku a raison. Dans ta famille, Sosûke, on a tendance à sous-estimer les Shiba. Yamamoto et ses descendants ne sont pas au-dessus des lois, que je sache ! Combien aujourd'hui ont été bravées à la seule gloire de ta grande famille ? »
Aizen perd subitement de son entrain. Près de Shinji, sont venus se positionner Kyôraku et Stark. Si ça, ce n'est pas le signe d'une alliance et d'une méfiance vis-à-vis de sa famille, il veut bien être pendu. Quelque chose lui échappe et il n'aime pas ça. Comment les autres peuvent-ils penser qu'il serait de mèche avec son grand-père ? Et de mèche pourquoi, telle est la question.
- « Tout comme toi, je ne pense qu'à l'intérêt de mon clan… »
- « Lequel ? », demande prestement Kyôraku.
- « Serais-je la cible d'une accusation de votre part ? Je ne me rappelle pas avoir forcé la main à qui que ce soit pendant l'assemblée. »
- « Justement, tout ça était drôlement bien rodé », rétorque Shinji avec une certaine aigreur dans la voix. « Trop bien, je dirais. Le vieux qui propose des choses complètement délirantes que nous ne pouvions pas accepter, et toi qui en propose d'autres à la limite de l'acceptable. »
Bien décidé à rester le plus impassible, Sosûke ne peut retenir le froncement de sourcils face à tous ces accusateurs. Allant d'Hirako à Shunsui en passant par Coyote Stark en retrait par rapport à Yoruichi, il finit par se défendre avec tout le calme requis dans une situation aussi inconfortable.
- « Je ne savais rien des propositions qu'allait faire Yamamoto, au même titre que vous. Le fait d'être son petit-fils ne fait de moi son confident, je peux vous l'assurer. Tout comme vous, je n'étais pas d'accord avec les projets qu'il envisageait… Comme je l'ai déjà souligné, je n'ai forcé la main de personne et d'ailleurs, la plupart d'entre vous m'ont appuyé. »
- « Comme si on avait eu d'autre choix ! »
- « Que se passe-t-il ici ? »
Yamamoto vient de s'approcher, Zaraki dans son ombre ou plutôt Zaraki en train de lui faire de l'ombre.
- « L'assemblée est terminée, que chacun retourne à ses occupations. »
Sans attendre, tout le monde obtempère, se dissociant les uns des autres, et se regroupant pour partir. Yoruichi salue chacun des trois jeunes gens d'une bise sonore, leur glissant de ne pas s'inquiéter pour Kensei et Kisuke. Même si concernant ce dernier, elle-même n'est pas rassurée.
- « Shinji, tu viens avec moi voir les petits ? »
- « Une minute, nous rentrons tous de suite au manoir. Je ne vois pas l'intérêt de venir dès aujourd'hui. Nous avions un accord, me semble-t-il ? », s'oppose Sosûke.
S'il y a bien une chose que le brun ne souhaite pas, c'est de se coltiner le clan Shiba. Après leur petite joute verbale, il n'est pas vraiment d'humeur. En plus de ça, il a décelé chez Grimmjow un énervement qui ne promet rien de bon. Le tacle de Kûkaku ne passe pas.
- « Je n'attendrai pas un jour de plus pour les voir. »
La brune est venue se positionner face à Aizen, se collant à moins de cinquante centimètres de lui. Grimmjow se tend aussitôt, prêt à défendre son supérieur, et tous ceux qui les entourent en font de même. Orihime est terrifiée par la tournure que prend la situation. Ces gens sont dangereux et qui sait comment cela va se finir si l'un d'entre eux se décide à attaquer.
- « Je te signale que, moi non plus, je n'ai pas eu le plaisir de faire leur connaissance. »
- « Tu n'es rien pour eux, alors que je suis ce qui reste de la famille de ces enfants ! »
- « Kûkaku, qu'est-ce que tu n'as pas compris dans la proposition que j'ai faite à ton neveu et qu'il a, je te le rappelle, acceptée ? Il est devenu mon compagnon, que cela te plaise ou non. Il est donc de ma famille et par extension, ses fils le sont aussi. Alors recule-toi, je te prie. »
- « Il a raison, Kûkaku, recule-toi », intervient Shinji.
Kûkaku est entrée en résistance. Elle a trop accepté jusqu'à maintenant, cette fois elle refuse de plier. Shûhei pousse un soupir avant d'aller se placer à côté des deux opposants.
- « Kûkaku, il a raison. J'ai accepté sa proposition et je suis sous sa protection. Aizen ? »
Le brun se tourne, heureux que sa proie lui adresse la parole sans être agressif, sans mépris ou sans faire de l'ironie.
- « J'aimerais beaucoup présenter Gabriel et Théodore à ma tante. Ça ne prendra pas longtemps… s'il vous plait… »
Pendant que Sosûke pèse le pour et le contre, perdu dans les obsidiennes de Shûhei, Shinji reste en retrait, vexé de ne pas être englobé dans l'invitation. Nom d'un chien, lui aussi est relié par le sang à ces deux petits !
- « Fort bien. Allons-y, j'aimerais rentrer tôt. »
Alors qu'il commence à bouger, Shûhei sent un bras se mêler au sien. Il essaie de s'extirper de la poigne d'Aizen, mais l'homme est fort et surtout, il vient de lui concéder un souhait. Il cède et accepte l'autre bras avec détachement, amusant le chef de clan par son indifférence forcée.
Ichigo marche à nouveau dans le couloir. Cette fois, il suit sa sœur qui est en grande conversation avec Kûkaku. Il se rend compte qu'une présence féminine a dû beaucoup manquer à Orihime au cours de toutes ces années. Entourée d'hommes, elle n'a pas eu la chance de se lier d'amitié avec beaucoup de filles à l'école, restant assez secrète et dans les basques d'Ichigo. Enfin, lui aussi ne s'éloignait jamais loin de sa sœur. Bien sûr, il y a eu Caroline, mais après sa mort, elle a de nouveau été baignée dans un univers masculin.
Soudainement, il sent une présence à ses côtés. Il tourne légèrement la tête et découvre Grimmjow affichant un sourire carnassier.
- « Moi aussi, si tu me dis s'il vous plait, je pourrais bien me montrer conciliant… »
- « Crève ! », crache le rouquin, faisant exploser de rire le bleuté.
Gabriel et son frère Théo sont restés relativement sages pour des enfants de cet âge. Comme l'avait prévu Restu, les évènements des deux jours précédents les ont marqués, au point de les rendre légèrement apathiques.
Depuis leur réveil, ils n'ont pas mis de temps à se rendre compte de l'absence de leur père, de leur oncle et leur tante. Ils ont commencé à pleurer, puis à crier en réclamant leur papa. Déjà la veille, Gabriel n'avait eu de cesse de quémander après Kensei et Kisuke, sous l'œil étonné de Théo qui n'avait pas vraiment réalisé l'absence de ses deux supers nounous.
La gentillesse et la douceur de la voix de la femme médecin a permis de les calmer. Du moins Gabriel qui a fini par comprendre que sa famille allait revenir. Pour Théo qui n'entend rien aux mots, l'abandon a été plus difficile à digérer. Fort habilement, Restu a proposé à Gabriel de consoler Théo, arguant que c'est une mission qui incombe au grand frère, surtout quand le papa n'est pas là. Fier de pouvoir être utile, le petit brun s'est empressé d'expliquer avec ses mots d'enfants un galimatias que Théo a visiblement compris, puisque les larmes ont cessé de couler.
A partir de là, il a été plus facile à la femme d'amener les deux enfants à oublier pour un temps leurs repères habituels en jouant en leur compagnie. Certes, ce n'est pas l'explosion de joie, mais ils semblent concentrés sur leurs petits jouets de construction depuis près d'une demi-heure.
La porte s'ouvre et c'est ainsi que les trouvent Shûhei, Ichigo et Orihime. Alerté par le bruit, Gabriel relève un instant ses yeux de ses lego.
- « PAPA ! », hurle-t-il en faisant peur à Théo qui commence à pleurer.
Voyant son frère se lever et courir, il le suit du regard et le trouve enlacé dans les bras de son père, sa tante lui faisant un bisou. Le bout de choux commence à chouiner en tendant les bras pour que quelqu'un vienne le chercher. L'émotion l'empêche visiblement de se lever et de marcher comme il en a pris l'habitude deux mois plus tôt.
Shûhei se précipite vers lui, serrant encore Gabriel dans ses bras. Il s'agenouille à ses côtés et le petit bébé de la famille Kurosaki peut enfin se réfugier dans des bras connus. De ses petites mains potelées, il prend le visage de son père en coupe, comme pour s'assurer que c'est bien lui, qu'il ne rêve pas. Shûhei le couvre de baisers et leur murmure à tous les deux des choses que seuls eux peuvent entendre. Ichigo et Orihime les ont laissés quelques secondes seuls, mais ils ne tiennent plus. Bon sang, ils ne sont partis que deux heures au plus, et ils leur ont manqués comme jamais auparavant. A leur tour, ils viennent s'accroupir entre le canapé et les fauteuils, là où les deux petits jouaient ensembles.
Restu s'est relevée et s'est éloignée, donnant à la famille l'espace dont elle a besoin pour se retrouver. C'est une épreuve terrible qu'ils sont en train de vivre. Le déracinement, double si l'on prend en compte celui que les plus vieux ont vécus il y a douze ans, est dur à vivre quand il est subi.
Du seuil de la porte, Kûkaku est figée. Les larmes coulent lentement sur ses joues. L'unité qui règne dans cette famille lui fait chaud au cœur, et puis le fait de voir les petits-enfants d'Isshin est quelque chose d'inimaginable. Il serait fier s'il était là.
- « Pa'ain, z'êtes pa'tis loin ? », fait la petite voix de Gabriel en s'adressant à Ichigo sur les genoux duquel il est avachi.
- « Non, on était juste en bas pour une discussion entre grandes personnes. »
- « Moi et Théo, on était t'istes. »
- « Il ne faut pas, Gabriel », intervient Orihime alors qu'elle caresse doucement ses cheveux corbeau.
- « Gabriel, on ne vous laissera jamais », chuchote le rouquin en embrassant la tempe du petit brun.
- « Tonton Ichi a raison. Comment on pourrait laisser deux petits anges à croquer comme vous ? », le taquine son père en le chatouillant.
- « A'ete, papa ! Ça fait guili guili ! », se tortille le petit.
Soudain, Théo montre du doigt le groupe de personnes debout près de la porte d'entrée. Il fait un « Mum », sa façon de demander qui sont ces gens. Pendant un court instant, Shûhei, Ichigo et Orihime avaient oublié où ils se trouvaient et en compagnie de qui. Ils échangent un regard pour se donner du courage et commence à se lever. Shûhei tient un Théo curieux de s'approcher de tout ce monde. A l'inverse, Gabriel semble apeuré. Il se cramponne à Ichigo, convaincu que ces gens représentent une menace.
- « Gabriel, Théo, je vous présente Kûkaku, notre tante à Ichigo, Orihime et moi. »
- « Huh ? », commente Théo.
- « Bonjour petits angelots », parvient à sortir la brune avec un sourire éclatant.
Alors que Théo gazouille, ravi d'être avec son père, Gabriel est toujours méfiant et sur un air boudeur, il le fait savoir.
- « Non, pas tante ! Hime est tante. »
- « Hime est ta tante à toi », lui explique alors Ichigo en le désignant du doigt. « Kûkaku est notre tante à ton papa, à Orihime et à moi. C'est la sœur de notre papa. »
- « Papi Chin ? »
- « Oui, la sœur de ton papi Isshin », confirme Shûhei.
Le petit réfléchit, scrutant toujours avec scepticisme la femme brune. Derrière elle, Shinji et tous les autres sont surpris que les deux enfants connaissent l'existence de leur grand-père. Ils auraient pensé que ce serait plus facile de ne pas leur révéler leur origine, surtout sachant le décès des parents Shiba. Ils se sont lourdement trompés et Aizen le premier, concède que ses jeunes gens sont décidément des perles rares. Ne pas faire abstraction d'un passé qu'ils ont cherché à fuir, voilà une idée singulière.
- « Kaku soeu de papi Chin ! », décrète soudainement le petit brun aux yeux bleus.
- « Exactement, Gabriel ! », le congratule la brune. « Je suis la sœur de ton papi Isshin et je suis très heureuse de faire la connaissance d'un aussi joli petit garçon. »
Maintenant qu'il a accepté la femme comme un membre de sa famille, le compliment qu'elle vient de lui faire lui fait bomber le torse avec fierté, amusant tous les gens autour d'eux, car autant vous dire que le clan Aizen et le clan Shiba s'est enrichi d'un Shunsui Kyôraku à l'air bêtifiant face à ces deux gamins qui lui rappellent les deux siens.
- « Et eux ? », demande alors Gabriel.
Avec réticence, Shûhei continue les présentations.
- « Le monsieur avec les cheveux blonds est ton oncle Shinji Hirako. C'est le demi-frère de Kûkaku. »
- « Niji est demi-fè de papi Chin? »
- « Shin-ji, Gabriel. »
- « Siji ! »
- « Shin-ji. Et oui, tu as tout compris, mon grand. Il est aussi le demi-frère de ton papi Isshin. »
- « Est quoi demi-fè ? »
- « Ça veut dire que papi Isshin et tante Kûkaku n'ont pas eu la même maman que tonton Siji », explique Ichigo en lançant un sourire railleur à l'intention du blond qui n'apprécie que modérément d'être affublé de ce titre. Que peut-il y faire ? Gabriel lui fait un grand sourire, signe que lui aussi est estampillé membre de la famille honorifique Kurosaki.
- « Gabriel, voici Shunsui Kyôraku », fait ensuite Shûhei, malgré le coup d'œil d'Aizen. Tant pis s'il lui faut affronter plus tard les reproches, mais la vérité c'est qu'il ne sait pas comment présenter cet homme envahissant à ses deux enfants. « Shunsui était un ami de papi Isshin. »
- « Exactement ! Avec ton papi Isshin, on a fait pleins de bêtises lorsque l'on était enfant. On faisait des blagues à Kûkaku », confie-t-il au gamin en mettant une main devant sa bouche pour se cacher du regard sévère de la brune. Le souvenir de ce qu'elle a dû subir par la faute de ces énergumènes lui fait croiser les bras avec sévérité.
- « Dis-donc, espèce d'idiot, tu crois que c'est des choses à dire à des enfants ! », finit-elle par s'exclamer en affrontant son cauchemar d'antan.
Une tape sur la tête de la part de Shinji qui la réprimande sur sa façon de parler guère plus convenable devant des jeunes enfants et voilà les deux gamins à exploser de rire, surtout lorsque Shunsui se met à se moquer ouvertement de la brune qui s'est faite gronder. L'ambiance est meilleure et Shûhei qui ne peut plus retarder l'instant où il va devoir présenter Aizen, se dit que l'atmosphère est peut-être propice. C'était sans compter Grimmjow.
- « J'arrive pas à comprendre comment tu peux être chef de clan. T'es pire que tes deux garnements ! »
Offusqué mais pas vexé par le manque de déférence du bleuté (si vous aviez ce que Shunsui Kyôraku pense du protocole et tout le tralala !), il répond du tac au tac : « Mes deux garnements ? Mais ce sont des petits anges, mes deux fils ! »
- « Vous avez des enfants, monsieur Kyôraku ? »
- « Oui Orihime, des jumeaux de sept ans. Aito et Aoto. Tu pourras jouer avec eux, Gabriel ? »
- « Oui. Moi t'ois ans ! », rétorque le brun en faisant le signe trois avec les doigts de sa main droite, et de la gauche par la même occasion.
- « Qu'il est adorable ! Comme mes deux petits. Et tellement sage avec ça. »
- « Tsst ! Le portrait craché de leur mère, tu veux dire ! Gouailleur et insupportable ! »
- « Grimmjow, ce n'est pas une façon de parler de la femme d'un chef de clan. »
- « Gimjo est fo. »
Voilà un prénom que le petit garçon n'aura pas mis de temps à mémoriser.
- « Il a dit quoi sur moi ? Que je suis faux ? »
- « Non, je pense qu'il veut dire que vous êtes fort », lui répond Shûhei.
- « Ouais, les enfants sont facilement influençables », marmonne Ichigo qui bizarrement, n'aime pas beaucoup que Gabriel fasse un compliment à Grimmjow. Dans sa tête, le bleuté n'a rien d'un super héros. C'est un vulgaire yakuza, et tant pis, si c'est aussi ce que son propre père était.
Malheureusement pour lui, Grimmjow Jaggerjack a l'ouïe fine et il lui réplique avec un sarcasme : « On dit pas que la vérité sort de la bouche des enfants ? En tout cas, c'est ce que dit aussi ma fille que je suis fort et son héros. »
Penaud de s'être fait prendre, Ichigo est aussi abasourdi d'apprendre que Grimmjow est un père.
- « Gimjo a une petite fille ? »
- « Ouais, elle s'appelle Neliel mais tout le monde l'appelle Nel. Elle a trois ans et demi, elle, et c'est ma petite princesse, alors pas touche ! »
Ce n'est pas dit méchamment car Grimmjow vient de faire un clin d'œil au gamin qui s'empresse de sourire. Shûhei est comme sur un nuage de voir son fils aussi heureux. Il ne s'était pas attendu à ce qu'il y ait au sein du clan, des enfants en bas âge comme les siens. Quant à Ichigo, il regarde le bleuté sous un jour nouveau. Il n'est plus ce connard de dur à cuir qui va m'empoisonner sa vie, il est ce connard de dur à cuir qui va empoisonner sa vie mais qui se laisse fondre par sa fille.
- « Moi vais jouer avec Nel, hein papa ? »
- « Oui, mon dragon. Et je suis sûr que tu seras un ami pour elle. »
- « Dragon ? »
- « Oui, moi j'aime beaucoup les d'agons. Comme le d'agon de papa et çui de pa'ain. »
Sosûke se tourne vers le brun, estomaqué que les deux fils d'Isshin aient perpétué cette tradition de la famille Shiba qui veut qu'à l'âge adulte, soit entre dix-sept et dix-neuf ans, les membres masculins se fassent tatouer le dragon de leur choix.
- « Vous vous êtes faits tatouer des dragons ? »
Kûkaku retient son souffle en attendant la réponse. Les deux jeunes hommes hochent la tête avec fierté, face aux larmes de joie de la brune. Ils en ressentent aussi un peu d'embarras. Manquerait plus qu'on leur demande de les montrer !
- « Je peux les voir ? »
- « Oui, papa et pa'ain mont'ez à tata Kaku les d'agons. »
Comment résister à l'enthousiasme de Gabriel quand il est branché sur son sujet de prédilection ? Ichigo rosit de gêne car il ne veut surtout pas se mettre torse nu devant ces pervers sur pattes. Shûhei n'est d'ailleurs pas plus partant. Il n'est cependant pas dit que Kûkaku ne trouvera pas l'argument infaillible.
- « Allez, j'aimerais vraiment les voir. Et puis, Shinji vous montrera le sien. »
- « HEIN ? », fait le concerné.
- « Bah oui, ça me semble un juste retour des choses », argumente la tante sous les regards amusés des deux chefs de clan et de Grimmjow qui ne veut surtout pas en perdre une miette.
- « Je ne vais pas me désaper pour montrer mon tatouage ! »
- « Tonton Siji a un d'agon ? Moi veut voi le d'agon de tonton Siji, tu veux bien ? », demande le petit garçon avec un air de chien battu.
S'ils n'étaient pas obligés eux aussi par cette diablesse de Kûkaku de se déshabiller, les deux frères poufferaient de rire face à la manière avec laquelle Gabriel entortille les gens autour de son petit doigt.
- « Allez Hirako, on l'a déjà vu de toute façon. Te fais pas prier », lance Grimmjow.
- « Siou plait, tonton Siji ? »
Un soupir d'exaspération XXL et voilà le blond parti à dénouer sa cravate et ôter sa veste qu'il pose avec délicatesse sur une chaise. Il s'attaque aux boutons de sa chemise et lance un regard appuyé vers Shûhei et Ichigo. Les deux frères se débarrassent de leur fardeau, respectivement auprès d'Orihime et de Kûkaku qui est plus que ravie d'enlacer Gabriel. Théo peut à loisirs jouer avec le pendentif de la rousse, ce qui lui fait passer un temps qu'il commence à trouver long.
Ignorant Shinji et Ichigo, Aizen a les yeux focalisés sur la moindre parcelle de peau révélée par Shûhei. Lorsque le brun est torse nu, il relève la tête et voit le regard avide sur lui. Incommodé, il lui tourne le dos, révélant ainsi le tatouage qui s'étend de sa chute de reins à ses omoplates. Le dragon est recouvert d'écailles dans les teintes mordorées qui semblent briller. Ses deux ailes sont déployées et sa queue est relativement courte, ce qui lui confère une sorte de mouvement, comme s'il était animé. Le dessin est un véritable chef d'œuvre, très différent de celui de Shinji. Plus coloré, le dragon du blond est aussi beaucoup plus petit, puisqu'il recouvre son omoplate droite jusqu'à l'épaule, débordant sur le haut du bras.
- « Est joli le d'agon de tonton Siji ! Est petit mais est joli aussi ! »
Il est vrai que les deux frères n'ont pas fait dans le minimalisme. Lorsqu'Ichigo est enfin torse nu, il est rouge comme une tomate. Vexé d'être ainsi en position de faiblesse face à ce connard de dur à cuir qui le nargue ouvertement, il se retourne d'un geste sec. Il faut dire que le connard en question s'est régalé les yeux. Si Shûhei est un beau morceau, presque aussi bien bâti que lui, Ichigo est plus fin, mais sacrément bien foutu.
L'assistance est subjuguée car apparaît devant leurs yeux un ouvrage magnifique. Le dragon semble les défier du regard. Il n'ouvre pas grand la gueule comme celui de Shinji, il parait même statique par rapport à celui de Shûhei. Cependant, son regard hypnotique couleur ambre ressort du coloris vert de ses écailles. Comme s'il était au repos, il donne l'impression de les observer avec morgue, attendant la moindre ouverture pour attaquer.
- « Il a les mêmes yeux que lui », marmonne Grimmjow pour lui-même.
Anemone33 : Retsu est un personnage que j'utilise peu. Cette fois, elle jouera un rôle prépondérant dans l'évolution de l'histoire, même si elle restera au second plan. Concernant Orihime, je voulais l'antithèse de la ravissante idiote ou de la midinette. Après tout, cette Orihime-là a été élevée par des hommes et cela se sent dans sa façon d'être. Une touche de féminité et une sacrée dose de détermination.
