Patia patia de l'auteur : Ça y est ! Mon bébé est réparé, de nouveau tout beau tout propre, ça aide des informaticiens pour amis ! Et également tout nouveau tout beau, le nouveau chapitre. Enfin, tout beau, j'espère. Hermione arrive, Luna aussi. J'espère rester cohérente et ne pas vous décevoir. Dites-moi tout ce que vous en pensez et merci à tous ceux qui passent sans lire, à tous ceux qui restent, ceux qui aiment, ceux qui détestent, ceux qui méprisent etc … Merci.

Pour le petit (1) que vous allez trouver au détour d'une ligne, il s'agit de la chanson « Home » des auteurs cités, je vous la conseille, il suffit de taper «home edward sharpe and the magnetic zeros » dans youtube et go ! C'est la première vidéo normalement. Je vais émailler cette fic de ma petite culture musicale, après tout, je ne vis pas sans musique moi, mais je propose et tu disposes cher lecteur, il est évident que ce n'est pas imposé ^^.

Pour AimaiYume : Ravie que tu sois d'accord avec moi, Harry ne peut pas se marier avec une fangirl, aussi Weasley soit-elle. Quant à l'univers, je ne le veux pas triste, plutôt nostalgique je dirais, mais c'est vrai que je ne vois pas les personnages sans « séquelles » de la guerre (attention hein, pas des dépressifs, alcooliques et la vie c'est d'la merde et j'vous emmerde), je ne les vois pas non plus se sauter dans les bras sans adaptations mais merci d'avoir lu, j'espère que tu vas continuer et à bientôt !

Pour Brigitte26 : C'est vrai que je ne prend pas vraiment "soin" d'Astoria, mais ne ten fais pas, Draco et son fils ont un bel avenir devant eux ! Contente que Scorpius te plaise, il est plein de possibilités le minot ! Merci d'avoir lu jusqu'ici et de me suivre.

Général : Merci à ceux qui suivent !

Petit appel : Si vous connaissez une beta qui voudrait revoir tout ça, n'hésitez pas !


Chapitre 3 : Et Draco maudissait …

Les rues étaient surchargées en ce lundi matin de septembre, et avançant dans la foule d'un pas pressé, avançaient un homme de haute stature, tenant par la main un petit garçon blond que le vent décoiffait sans cesse. Arrivés devant l'école, Draco se pencha sur son fils dont le visage reflétait maintenant un mélange d'angoisse et d'excitation.

« Scorpius regarde-moi. » Le cœur de Draco se serra un peu lorsque le regard angoissé de Scorpius se tourna vers lui. « Tout va bien se passer, n'ai pas peur. Sois sage et poli et tout ira bien. Tu vas te faire plein d'amis et ce soir, tu vas tout me raconter par le menu d'accord ? Redresse-toi maintenant, un Malfoy est toujours fier. »

« Oui Père. » Scorpius recomposa son petit visage, se tint droit et dit au revoir à son père avant de se diriger, un peu raide malgré tout, vers le bâtiment lorsque sonna la cloche.

Draco le regardait partir, anxieux malgré tout. Il savait que ça ne serait pas facile, il ignorait cependant ce qui allait primer, l'hypocrisie ou la malveillance … Il n'envisageait pas de troisième option, le nom Malfoy suscitait beaucoup de réactions négatives encore aujourd'hui. A la fin de la guerre, la plupart des Mangemorts avaient été enfermés à Azkaban et les autres étaient morts, la population sorcière avait donc besoin de justice et de bouc émissaire. Il s'était pourtant démené, avait fait quantité de dons à diverses organisations et s'était acharné à redorer le blason de sa famille. Sa carrière politique était bien lancée, son impartialité avait souvent étonné ses collègues et ses supérieurs, et il avait mis du temps à se faire respecter, ignorant les insultes murmurées sur son passage. La situation s'était considérablement améliorée mais il ne pouvait s'empêcher d'être inquiet pour Scorpius. Lorsque celui-ci fut entré dans l'école et hors de sa vue, Draco tourna le dos et reparti, pensif. Il ne se sentait pas d'affronter sa femme et son manoir maintenant. Alors il se décida pour une balade sur le Chemin de Traverse, voulant trouver un cadeau pour célébrer le jour de la rentrée.

Après quelques heures et un certain nombre de boutiques différentes, Draco était fier de lui, il avait LE cadeau. C'était un modèle de train à vapeur miniature, on pouvait le diriger et changer la couleur de sa fumée grâce à la magie. Il l'avait trouvé dans une petite boutique à côté du Chemin de Traverse, elle ne payait certes pas de mine mais recelait de véritables trésors. Si Draco s'était demandé comment son fils pourrait y jouer sans baguette, le jeune homme qui tenait la boutique l'avait rassuré. Il fonctionnait grâce à la magie intuitive que les enfants de 5 à 10 ans savaient maîtriser. Enfin, plus ou moins avait-il ajouté dans un sourire. C'était un curieux jeune homme que ce vendeur. De taille moyenne, des cheveux très longs et noirs, un visage androgyne, doux et un air … serein. Peut-être était-ce cela qui perturbait Draco, un air si paisible sur un visage si jeune. Il n'aurait su le dire, mais ce qu'il savait, c'est qu'il reviendrait ici, cette boutique regorgeait de cadeaux originaux. Et Scorpius allait adorer le sien, il en était certain. Après l'avoir fait emballer et envoyer directement au manoir, il sortit du magasin et fut saisi par le vent. Ce n'était que le début du mois de septembre et pourtant la température chutait rapidement. Il décida donc de partir se réchauffer dans un café quelconque, ne pouvant toujours pas se résoudre à rentrer directement au manoir.

Après quelques minutes, avisant les Trois Balais, il sursauta en apercevant une tignasse blonde du coin de l'œil. Reconnaissant Luna, il commença à l'appeler. Ne recevant aucune, il se dirigea tranquillement vers elle, sachant pertinemment qu'elle n'avait pas du l'entendre, étant probablement dans son petit monde. Arrivé à sa hauteur, il posa doucement sa main sur son épaule, pour la ramener sur Terre sans brusquerie.

« Luna ? »

Ses yeux papillonnant, elle mit quelques secondes à faire le point et à le reconnaître, le sourire venant fleurir ses lèvres minces immédiatement après.

« Draco, comment vas-tu ? Ça doit bien faire des mois que je ne t'ai pas vu, tu exagères, j'étais prête à appeler les Aurors pour les prévenir que les Horidanes t'avaient surement emporté. »

« Tout d'abord, je t'ai vu i jours, je suis venu prendre le thé avec Scorpius, tu te rappelles ? Ensuite … que sont les Horidanes ? »

« Quatre jours tu crois ? J'étais pourtant certaine que cela faisaient plusieurs semaines … enfin peu importe. Les Horidanes sont des créatures magiques, elles tiennent souvent compagnie aux Elfes des Forêts qui les utilisent pour leurs pouvoirs. Si tu es en présence de l'un d'eux, tu deviens immédiatement invisible aux yeux de tous et en plus ta position est incartable. Le seul problème c'est que leur fourrure est toxique, plus elle est colorée et plus elle est dangereuse. Tiens par exemple, il y en avait un vert fluo qui … »

« D'accord d'accord ! » la coupa Draco en levant la main, il sentait poindre une migraine et ne se sentait pas capable de l'écouter pérorer sur ces improbables créatures en plein milieu de la rue et grelotant. « J'étais sur le point d'aller me réchauffer dans un café, tu veux m'accompagner ? Je serai bien plus en mesure d'apprécier les Horidanes et leurs pouvoirs au chaud. »

« Oh ! Maintenant que tu en parles, c'est vrai qu'il fait froid et que je voulais prendre un chocolat chaud moi aussi ! Mais si cela ne t'ennuie pas je voudrais aller ailleurs, j'aime bien Madame Rosemerta mais je préfèrerai aller dans le café d'un ami, un peu plus loin. »

« Peu importe le lieu du moment qu'on est à l'abri du vent ! »

« Hé hé, tu es toujours aussi râleur n'est-ce pas ? Allez viens, je m'en voudrais de te laisser ici, te transformer en Nimaya. »

Renonçant à approfondir le sujet « Nimaya », Draco lui emboita le pas, la regardant sautiller vers une rue transversale, ses cheveux se balançant dans le vent, faisant tomber les perles et les fleurs qui ornaient sa chevelure. En les ramassant au fur et à mesure, il se demandait pour la centième fois depuis qu'il la connaissait, comment elle faisait pour marcher de cette façon sans jamais tomber.

Moins d'un quart d'heure après, ils étaient assis sur des banquettes confortables, regardant la carte de l'établissement. Draco commençait à se détendre malgré la première impression qu'il avait eue de l'endroit.

Il n'avait tout de suite remarqué la porte, assez petite, en bois vert foncé, elle passait inaperçue. Pourtant était plein, l'ambiance feutré de l'établissement était calme, une musique que Draco ne connaissait remplissait l'air doucement, et les arômes qui se dégageait de la cuisine qui était juste derrière le comptoir piquait un peu les narines mais donnait vraiment envie de goûter tout ce qu'il y avait au menu.

« Comment s'appelle cet endroit ? » demanda Draco en relevant la tête de son menu, n'arrivant décidément pas à se fixer.

« Le Tchaï. Le propriétaire est un ami, il vient de France et à fait le tour du monde après ses études. Comme tu peux le voir, il a beaucoup aimé l'Inde. Et si tu n'arrives pas à te décider, je te propose de choisir moi-même. »

« Si tu veux, une boisson chaude, pas de café, mais assez forte tout de même. Qu'est-ce que c'est que cette musique ? Je ne reconnais vraiment pas les voix. »

« (1) Edouard Shape & The Magnetic Zeros, la chanson s'appelle Home » coupa une voix.

Se retournant en sursautant, Draco se retrouva face à face avec l'une des personnes qu'il aurait préféré éviter jusqu'à la fin de sa vie. Hermione Granger, se trouvait là, debout devant lui, le regardant l'air étonné et retenant, sans succès, un petit sourire en coin.

« Granger … » souffla Draco, se crispant soudainement et regardant Luna d'un air accusateur que cette dernière ignora superbement.

« A vrai dire c'est Weasley depuis quelques temps déjà, mais je ne t'apprend rien. Désolée d'être en retard Luna, je n'ai pas vu le temps passer. »

« Ne t'en fais pas, j'ai rencontré Draco sur le Chemin de Traverse et il m'a tenu compagnie. J'allais commander, je prends pour toi aussi ? »

« Oui s'il-te-plaît. »

En regardant Luna s'éloigner et Granger s'assoir face à lui, Draco mesurait ses chances d'esquives sans que Luna ne lui en veuille. Puis se rappelant qu'un Malfoy ne fuyait pas (et que Blaise allait allègrement se foutre de lui si c'était le cas), il profita du silence pour détailler la jeune femme qui faisait face à lui. Granger avait changé, beaucoup même. Elle s'était redressé, avait quelques ridules au coin des yeux, et avait discipliné ses cheveux en les attachant négligemment en chignon, maintenu par un crayon, quelques mèches s'échappaient mais cela lui donnait l'air plus détendu. Elle était belle, et cette constatation étonna Draco. Il émanait d'elle un calme, une sagesse que ses yeux rieurs ne parvenaient pas à masquer.

« L'examen est-il satisfaisant Malfoy ? » demanda-t-elle en riant et en faisant sursauter Draco.

« Tu n'as pas beaucoup changé Granger. »

« Je suppose que non, toi non plus si je puis me permettre. Je suis contente de te voir. »

« Contente ? Allons, je t'en prie, pas de fausses amabilités entre nous. Luna et Blaise sont certes nos amis mais ne soyons pas hypocrites pour autant. Nous nous détestons Granger, et si je ne t'insulte pas ouvertement, ce n'est que par courtoisie envers Luna. » Cracha Draco, mais quelque chose manquait. Les insultes ne lui venaient pas aussi naturellement qu'avant devant cette jeune femme qui ne ressemblait plus tant que ça à l'adolescente qu'il avait appris à mépriser.

« Bien, nous jouons la franchise alors. Et bien ça sonne faux tout ça Malfoy. Et je ne suis pas d'accord. Je ne te déteste plus depuis longtemps, la haine est plus longue à venir et moins virulente quand on vieillit. Et comme tu l'as si bien souligné, Blaise et Luna sont nos amis. Cela ne s'étend pas à nous je suis bien d'accord, mais le respect doit en découler. Je les connais et ils ne seraient jamais proches de quelqu'un de fondamentalement mauvais ou même de désagréable. Alors ton petit rôle de Prince des Serpentard, arrogant et avec un balais coincé dans le fondement tu le ranges au placard, il est obsolète depuis bientôt dix ans. Nos enfants à tous vont dans la même école et il est probable que les rencontres vont se multiplier. Je te propose donc un départ. Pas entièrement nouveau mais neuf tout du moins. Nous nous respectons, nous nous parlons poliment sans avoir l'air de renifler une bouse de dragon et nous nous intéressons un peu aux nouvelles. Et ça voit-tu, j'en avais envie depuis longtemps, donc oui Draco Malfoy, je suis heureuse de te voir. »

Impressionné par une aussi longue tirade et tentant vainement de repousser l'image mentale de lui-même avec un balais dans le fondement, Draco n'eut pas le temps de répondre que Luna revenait déjà, avec un plateau.

« Un Tchaï pour moi et un autre pour Draco, et Yseult dit que la tisane camomille-verveine est bonne pour une femme enceinte. Qu'est-ce que j'ai manqué ? »

« Je ne risque de m'endormir avec tout ça ! Enfin … Et bien tu n'as pas raté grand-chose, je prenais des nouvelles de Draco, après tout, cela fait longtemps » dit-elle, ses yeux plantés dans ceux de Draco, un sourire narquois aux lèvres.

« Granger a raison, je lui parlais des imbéciles du ministère qui nous apportent plus de soucis qu'autre chose, tout en nous suppliant de réparer leurs erreurs. Et je lui demandais à mon tour comment se passait sa grossesse.» lui rétorqua-t-il, un rictus figé sur le visage. Il n'avait pas eu le temps de répondre en refusant sa proposition, mais devant Luna et pour elle, il pouvait jouer le jeu, rien qu'un peu.

Quatre heures plus tard, ils sortirent tous ensemble du café, Luna leur claqua une bise sur chaque joue et transplana dans un « Arc-en-ciel sur vous ! ». Draco sourit et s'apprêta à faire demi-tour lorsqu'une main s'empara de la sienne. Granger lui serrait la main.

« Tu vois que ce n'est pas si difficile, tu n'as pas fait de vannes concernant ma deuxième grossesse alors que je suis une Weasley et je ne t'ai pas giflé. J'irais même jusqu'à dire que c'était agréable et nouveau. A bientôt Draco, passe une bonne fin d'après-midi et arc-en-ciel sur toi. » Et elle transplana elle aussi, le sourire aux lèvres et sans lui laisser le temps de répondre, encore.

Draco la maudissait. Il l'a maudissait pour ce qu'il avait entrevu aujourd'hui, une jeune femme belle, douce, intéressante à écouter parler, qui écoutait attentivement quand on lui répondait, avec de l'humour et terriblement intelligente. Il la maudissait pour le doute qu'elle avait jeté sur lui. Quatre heures ! Il était quatre heures dans ce café mangé aux mites et il avait passé un bon moment. Il la maudissait car il ne se sentait pas prêt pour cela. Pas prêt à remettre en question ce genre de choses. Revoir ses positions et sa manière de penser sur la valeur du sang n'avait pas été si difficile, les preuves étaient sous ses yeux avec des sorciers comme Crabbe et Goyle ou Granger justement. Le sang n'avait rien à voir là-dedans cela crevait les yeux. Et seuls les idiots, attachés à un honneur imaginaire pouvaient se voiler la face avec force. Mais ça, il n'était pas sûr de pouvoir, ni même de le vouloir. Granger était inintéressante et la mépriser faisait partie de sa vie, s'en était même l'un des piliers, avec la haine de Potter. Alors il maudissait Granger. En passant devant l'horloge de la libération (commandé et construite sur l'ordre de Kingsley, c'était une grande tour de pierre, avec des sorciers et des créatures magiques gravées dessus, tout du long, jusqu'au sommet où le cadran en lui-même était entouré de dates et de noms. Tous les noms des combattants et des victimes de la guerre. « Pour ne pas oublier » disait le ministre. Draco trouvait cela stupide de vouloir avoir les ravages de la guerre sous les yeux mais l'horloge était indéniablement belle, et des fleurs jonchaient sa base toute l'année. C'était donc une réussite.) Draco jeta un œil sur l'heure avant de pousser une exclamation. « Milles gorgonnes ! A ce rythme je vais être en retard, et Scorpius va m'attendre, et si l'école s'est mal passée je ne serai même pas là pour l'accueillir avec un câlin ! Maudite Granger ! »

Transplanant aussi vite que possible, Draco atterri à quelques mètres de l'école et se mit à marcher vivement pour ne pas courir. Arrivé au niveau de la cour, il stoppa net, comme si on l'avait stupefixié. Se reculant pour se dissimuler derrière une colonne, Draco avait du mal à respirer. Son cœur cognait contre sa poitrine et il avait l'impression qu'il faisait un bruit assourdissant. Un petit garçon, blond pâle, avec des yeux gris/bleus, discutait et riait avec un autre enfant, de même taille, les cheveux noirs en pétard et des yeux verts immenses, dévorant son visage. Des yeux incroyablement verts. Il voyait la scène avec un filtre devant les yeux, comme une vieille photographie que l'on aurait laissé au fond d'un carton pendant des années. Un fantôme déformé de son passé. Il se revoyait tendre la main à un jeune garçon d'aspect chétif, celui-ci le repoussant, et là son fils riait aux éclats avec un Potter miniature. Draco se surprit à rire nerveusement, de tous les enfants de cette école, pourquoi son fils trainait avec celui du Balafré ?! Il n'en voulait pas par la barbe de Merlin ! Il ne voulait pas de cet enfant dans sa vie, d'aussi loin que ce soit. Draco se redressa, prêts à prendre son fils avec lui, en lui expliquant pourquoi il ne fallait pas être avec ce Potter, lorsque le même modèle en plus grand fit son apparition. Et Draco maudissait son inertie. Il maudissait Potter d'être venu chercher son fils. Et il observa Potter.

Grand, musclé, habillé avec un mélange d'habits moldus et sorciers. Ses cheveux étaient plus longs aussi, mais toujours aussi … mobiles. Il avait quelques rides aux coins des yeux lui aussi, le visage plus net que lorsqu'il était adolescent. Mais ses yeux n'avaient pas changé eux. Des yeux d'un vert illégal, trop rieurs, trop espiègles pour un homme de son âge. Des yeux qui s'assombrirent en voyant Scorpius. Quelques secondes passèrent, à peine, mais Draco eu le temps de tout voir. La surprise, la compréhension, l'amusement et … de la tendresse ? Non Draco avait dû se tromper, Potter était parfaitement conscient de qui il avait en face de lui. Et pourtant … pourtant Potter souriait à son fils.

Et tout lui revint. La haine lui brûlait les veines, comme du métal liquide qui remplacerait son sang, il serrait les mains à en faire blanchir les jointures de ses doigts, le sang lui montait au cerveau. Potter toujours aussi arrogant, voulant se montrer meilleur que lui, Potter était capable de sourire au fils de son ennemi d'enfance lui, Potter était tellement généreux. Draco voulait lui arracher ce sourire, lui fracasser le corps de coups comme avant. Il le haïssait pour cette humilité feinte. Saint Potter. Survivant parmi les misérables mortels qu'ils étaient. Draco ne lui avait jamais fait peur, Potter avait vu des choses pire qu'un Malfoy, Draco en était douloureusement conscient et en cette seconde, il le haïssait encore plus fort. Il haïssait celui qui lui avait vu et lui avait montré combien il était fragile et combien il se leurrait jadis.

Et Potter plia les genoux pour se mettre à hauteur des deux garçons, souriant toujours et serrant la main du petit blond. Et la rage de Draco s'évanouit aussi brusquement qu'elle était venue. Quelles que soient les raisons de son comportement avec son fils, Potter ne lui ferait pas de mal, et ne l'empêcherait pas de fréquenter son propre enfant. Et si Draco était content pour Scorpius, qui n'avait pas beaucoup d'amis de son âge, Draco maudissait Potter en souriant. Il le maudissait comme il avait maudit Granger. D'avoir sauté à pieds joints dans sa vie, sans se préoccuper des réactions des autres, de se montrer si amical avec son fils alors qu'il n'avait jamais été capable de le faire pour lui. D'être Potter enfin. Et Draco souriait, parce que Potter faisait partie de sa vie, qu'il le veuille, il l'avait haï avec force et constance pendant 8 ans et il était, que Draco le veuille ou non, un souvenir qui lui avait manqué. Alors il les regarda partir, Potter tenant la main de son fils, et tous les deux agitaient leurs mains libres en direction de Scorpius, qui agitait carrément le bras lui.

« Alors l'école ? Tu t'ais fais des amis ? Ton silence me surprend. » Demanda Draco sur le chemin du retour. Scorpius lui avait dignement serré la main en le voyant arriver. Le visage sérieux, ne sachant pas que son père l'avait vu saluant les Potter de manière tout à fait non Malfoyenne.

« Oui c'était bien, la maîtresse est gentille et on a pas beaucoup travaillé aujourd'hui. Au début les enfants ne m'ont pas parlé, je ne sais pas pourquoi. Mais … » Scorpius se tortillait en marchant, hésitant visiblement à poursuivre.

« Mais quoi ? Tu n'as pas fait connaissance avec d'autres enfants ? »

« Si, yen a un qui est venu me parler. Il est très gentil et on a rigolé toute l'après-midi, on s'est mis à côté en classe et la maîtresse nous a grondé parce qu'on faisait trop de bruit. »

« Et comment s'appelle-t-il ? » Draco pouvait presque rire en voyant la gêne de son fils. Gêne qui démontrait que lui aussi savait parfaitement avec qui il s'était lié aujourd'hui.

« Albus. … Albus Potter » finit-il par avouer d'une toute petite voix.

« Le fils du Sauveur hein … j'espère que vous allez bien vous entendre. En attendant, tu vas me donner ta liste de fournitures, on va tout acheter aujourd'hui, et on mangera en rentrant. Tu n'as pas trop faim ça ira ? »

Scorpius regardait son père, l'air étonné, la bouche grande ouverte. Puis il finit par dire oui, ne sachant pas pourquoi son père n'était pas fâché mais heureux qu'il accepte son amitié avec Albus.

Plus tard, lorsqu'Albus fut couché, Draco s'installa dans le salon avec Astoria, un verre de whisky l'attendant à côté de son fauteuil. Plusieurs minutes passèrent dans un silence total. Astoria lisait et ne semblait pas vouloir lever les yeux de son ouvrage.

« La journée de Scorpius s'est bien passée, il a très envie de retourner à l'école demain. » Seul le silence lui répondit.

« Pourquoi ne lui as-tu pas posé des questions sur sa journée ? C'était important pour lui. »

Quittant son livre des yeux, sa femme soupira pour enfin le regarder.

« Il me suffisait d'attendre le repas pour savoir ça. Tu n'as pas jugé bon de lui enseigner le silence durant le repas. Je sais donc tout ce qu'i savoir. »

« Il s'est fait un ami aussi. » Avança-t-il pour tester sa réaction.

« C'est bien. Mais cela n'a aucune importance, il n'est pas à l'école pour se faire des amis. »

« C'est le fils Potter. »

Un bruit sourd, le livre qui tombe à terre sans que personne ne se préoccupe de le ramasser, et la colère. La colère dans les yeux de sa femme. Draco était impressionné tout de même, elle qui réagissait si rarement. Comme quoi, Potter était capable de réveiller bien des gens.

« Tu ne vas pas autoriser cela ?! Je ne peux tolérer cette relation dans notre cercle. »

« C'est le fils du Sauveur du monde sorcier pourtant, c'est une relation plus qu'utile. »

« Je refuse. Ce sang-mêlé n'a rien à faire avec un Malfoy. Nos familles ont trop souffert de ses actions pour que notre fils fasse amis-amis avec un Potter ! »

« Je n'obligerai pas Scorpius. Je ne lui imposerai pas ses amis comme les miens m'ont été imposés. Le rang social n'a rien à faire ici, je pensais que tu le savais. Je ne reviendrai pas sur la question et je te conseille de ne pas t'en préoccuper et encore moins de t'en mêler. Scorpius est heureux et cela me suffit. Cela devrait te suffire également. »

Astoria ne lui répondit pas et parti se coucher, sans un mot sans un regard de plus pour lui. Sa colère était visible dans la raideur de son corps. Lorsqu'elle disparut dans le couloir et qu'il n'entendit plus le bruit des pas, Draco soupira et se détendit. Il savait qu'elle était très attachée aux principes d'éducation des sang-pur, et il n'en avait jamais pris compte. Il tenait trop à son fils pour cela. Il savait aussi que l'amitié de Scorpius avec le petit Albus Potter ne passerait pas. Il sentait bien l'indifférence d'Astoria à son égard et à celui de leur enfant aussi, mais il n'avait pas prévu une telle colère. Pour la deuxième fois en quelques jours, Draco faisait face à son mariage qui lui pesait de plus en plus. Et encore une fois il maudissait Potter. Potter, Granger et tous les Gryffondors. Mais surtout Potter. Ce dernier n'aurait pas dû avoir tant d'influence sur sa vie et encore moins sur son mariage. Alors Draco maudissait Potter en buvant son whisky devant la cheminée, sans même se rendre compte que la nuit avançait. Il ne s'en préoccupait pas, il n'avait pas le temps. Il maudissait.


Et hop un de plus. Dites-moi tout ! Je suis toujours impressionnée par le plaisir qu'une review peut apporter. J'ai l'impression d'avoir 5 ans de nouveau, trépidant devant le sapin. J'étais persuadée que si je quittais le sapin des yeux, le Père-Noël en profiterait pour tout faire en douce (comme avec le téléphone en fait). Donc voilà, je vais laisser internet tranquille sinon le sapin ne sonnera jamais ! A bientôt très chers lecteurs ! Et merci (je me suis lancée un défis, vous abreuver de merci jusqu'à la noyade !).

Fin du chapitre 3.