Chapitre 4

Quand Rose pénétra le bar, ses yeux mirent quelques secondes à s'habituer à la forte luminosité du lieu qui contrastait avec la noirceur de la nuit dans laquelle elle avait marché un bon quart d'heure. Rose était habituée à ce sentiment, le lieu était principalement connu pour son excessif éclairage et sa décoration particulière. Et pour l'assiègement qu'il connaissait tous les vendredi et samedi soirs par les étudiants de Poudlard depuis qu'avaient été autorisées les sorties à Pré-au-Lard en week-end pour les sixième et septième années quelques années plus tôt.

- Albus te fait signe, dit Roxane aux côtés de Rose.

Rose hocha la tête et chercha son cousin du regard. Elle l'entrevit dans un coin de la salle, éloigné de la piste de danse improvisée, installé seul dans un canapé qui pouvait accueillir au moins quatre personnes, avec Scorpius en face de lui qui écoutait ce que son ami lui disait, assis nonchalamment dans un large fauteuil. La place que prenaient les deux Serpentards fit lever les yeux au ciel à Rose, ce qu'ils pouvaient être scandalisant parfois.

Finalement, Rose décida de les rejoindre, et alors qu'elle allait proposer à sa cousine de la suivre, celle-ci lui fit un signe de la main pour l'arrêter, lui signalant qu'elle savait déjà ce qu'elle allait lui dire et qu'elle déclinait la proposition. Roxane fit un sourire à Rose et s'en alla retrouver ses amis dans un autre coin du bar. Quant à Rose, elle soupira alors qu'elle s'approchait du comptoir pour commander une bierraubeurre. Sa cousine et son cousin étaient en froid depuis plus d'un mois, et la situation ne semblait pas s'arranger.

Une fois qu'elle récupéra sa bierraubeurre, Rose s'approcha des deux Serpentards qui interrompirent leur discussion pour relever la tête vers la jeune fille, un sourire sur les lèvres en voyant que c'était Rose.

- Vous n'avez pas le sentiment de prendre de la place ? taquina Rose en prenant place à côté d'Albus sur le canapé.

- On n'empêche personne de s'asseoir avec nous, répondit Scorpius dans un sourire.

- Mais on n'invite pas non plus les autres à le faire, continua Albus.

Rose ne put que sourire. Elle était toujours très amusée de voir à quel point les deux sorciers jouaient le chaud et le froid, ils se complétaient tellement. L'enthousiasme et le sourire du Malfoy, le blasement et le soupir du Potter. Qui aurait cru que les deux sorciers deviendraient aussi inséparables ? Certainement pas Rose ou quelconque élève de Poudlard qui avait connu le début d'une relation assez chaotique et rivale au début de leur première année.

- Il semblerait que Roxane t'en veuille toujours, dit Rose à Albus.

- Ah bon, c'est pour ça qu'elle n'est pas venue avec toi ? demanda le jeune sorcier.

- C'est comme ça que je l'ai interprété, répondit Rose.

Albus hocha la tête pour lui-même alors qu'il prenait une gorgée de sa bierraubeurre. Il semblait se faire une réflexion que, ni Rose, ni Scorpius, ne voulut interrompre alors qu'ils échangeaient un regard.

- C'est pas grave, finit par répondre Albus, ça lui passera.

- Ça, mon vieux, réagit Scorpius, j'en suis pas trop sûr. Ça fait déjà un mois.

- Justement, répondit Albus, ça finira par lui passer.

- En même temps, t'as été un bel enfoiré avec elle !

C'était Lily qui avait parlé, un cocktail à la main, et qui avait pris place dans un fauteuil qui se trouvait dans le cercle.

- Retourne avec tes potes, lui dit Albus sur un ton neutre.

- Je ne suis pas venu te voir, rétorqua la jeune fille, je suis venue voir Rose. Quant à Roxane, ça lui passera peut-être quand tu t'excuseras.

S'excuser, Albus en aurait ri s'ils n'étaient pas en train de parler de sa cousine. Roxane lui en voulait depuis cet été, parce qu'il avait dit au sorcier que sa cousine avait rencontré cet été qu'elle se fichait bien de lui vu qu'elle retournait à Poudlard en septembre et que lui était dans une autre école. Il restait bien deux semaines avant la rentrée, et le sorcier avait coupé les ponts avec Roxane par la suite, ce que la jeune fille avait reproché à Albus qui avait levé les yeux au ciel plutôt que s'excuser quand elle le lui avait dit, rétorquant qu'elle n'avait qu'à s'en prendre à elle-même si dire la vérité la dérangeait.

- M'excuser pour avoir dit la vérité ? Irréaliste.

- T'excuser pour t'être mêlé de ce qui ne te concernait pas, répondit calmement Rose.

- Je propose que chacun se mêle de ses histoires, répondit finalement Albus avec impatience, afin qu'on s'en porte tous bien.

- Quelle surprise, soupira Lily. T'es juste trop nul pour admettre que t'es en tort.

- M'emmerde pas Lily, je suis venu passer une bonne soirée.

Le ton d'Albus fut soudainement froid, et Lily savait qu'elle ferait mieux de ne pas insister sur le sujet. Elle connaissait son frère, si ses soupirs et son ton blasé étaient habituels, son ton froid montrait qu'il commençait à s'irriter et faire face à un Albus en colère n'était certainement pas un programme qui pouvait l'enchanter pour son vendredi soir. Alors Lily ne dit rien, se tournant vers Rose.

- Alors, avec Eric ?

- Ca allait, répondit simplement Rose, consciente que sa réponse susciterait d'autres questions.

- Tu ne lui as rien dit ? demanda Lily.

Rose ne répondit pas, jaugeant d'un regard si elle devait répondre à sa cousine ou non. Elle croisa le regard presque curieux de Scorpius, et le regard neutre d'Albus qui attendait qu'elle réponde, et finalement, la Gryffondor soupira.

- On va discuter ailleurs ? proposa-t-elle à Lily.

Cette dernière hocha avec un sourire et elles s'excusèrent auprès des garçons qui se contentèrent d'un signe de la main. Les deux Serpentards observèrent les deux jeunes filles partir, Scorpius se contentant de les dévisager tandis qu'Albus fronçait les sourcils alors que son regard croisait celui coupable de Rose.

- Elle a quoi ta cousine, avec son mec ? demanda Scorpius nonchalamment une fois qu'elles furent parties.

- Elle sait pas comment rompre avec son mec sans le blesser.

Scorpius hocha la tête, conscient qu'il n'avait pas à insister. Il se fit cependant la remarque que c'était ironique de voir qu'il ne se permettait jamais de poser trop de questions quand les réponses concernaient Rose. Autant il n'avait aucune gêne quand il s'agissait de Lily, qu'il considérait presque comme sa petite sœur, autant Scorpius avait le sentiment que s'il voulait savoir quelque chose à propos de Rose, il n'avait qu'à lui demander et ne pas passer par son cousin. De toute façon, Albus n'était jamais très expressif quand il s'agissait de Rose. Scorpius soupçonnait son ami de savoir qu'il la trouvait jolie et donc ne parlait pas d'elle. Cette pensée fit sourire Scorpius.

- J'espère que tu ne souris pas en pensant à ma cousine, fit la remarque Albus.

- Je pense à ta sœur, répondit Scorpius avec provocation.

Albus rigola, il ne s'était pas attendu à cette réponse. Il n'y avait définitivement que Scorpius qui se permettrait de lui faire une telle blague. Et il n'y avait définitivement qu'avec Scorpius qu'Albus aurait rigolé. Il fallait dire qu'aux yeux d'Albus, rien n'aurait été plus absurde que d'imaginer Lily et Scorpius ensemble. Quoique, maintenant qu'il se faisait la réflexion, Lily avait un caractère fort, tout comme Morgane qui avait intéressé Scorpius. Albus préféra ne pas continuer sa réflexion, conscient qu'il pourrait arriver à des conclusions qui ne lui conviendraient pas.

- Tu trouves que je suis en tort avec Roxane ? demanda finalement Albus après une bonne minute.

Scorpius eut un sourire. Il savait qu'Albus cogitait sur la question depuis un bon moment, même s'il ne voulait pas le reconnaître, parce qu'au fond de lui, il n'aimait pas que sa cousine lui en veuille, ni qu'elle soit triste à cause de lui. C'était peut-être bien ce qui dérangeait le plus Albus, que cette histoire ait attristé la jeune fille et qu'elle le cache sous sa colère.

Scorpius connaissait les liens qui unissaient Albus à sa famille. Il savait que son ami avait beau être fier, rien ne comptait plus que ses cousins et ses cousines, en plus de Morgane et lui. Cependant, il savait que son ami n'aimait pas devoir se sentir en tort d'avoir dit la vérité et dans le fond, Scorpius était d'accord avec lui. Albus n'arrivait juste pas à comprendre la notion qui était qu'il n'avait pas à se mêler d'une histoire qui ne le concernait pas. Mais Scorpius savait ce que se disait Albus, que s'il avait été le protagoniste de l'histoire, il n'aurait pas reproché à quelqu'un d'être allé voir Oriane pour lui dire qu'Albus ne lui accordait pas tant d'intérêt. Après tout, il le pensait alors il ne pouvait que l'assumer, et Albus restait fixé sur cette idée.

- T'avais peut-être pas à t'en mêler, répondit Scorpius.

- A la rigueur, mais…

- Ce n'était pas ton histoire Albus, l'interrompit Scorpius qui savait déjà ce qu'il allait dire, ce n'est pas une question de sincérité ou d'assumer ses propos. C'est simplement l'idée que tu n'as pas à dire des choses qui ne sont pas tes pensées à toi.

Albus hocha la tête, perdu dans ses pensées. Il écoutait ce que lui disait Scorpius, il essayait de l'assimiler. Il n'y avait que les propos de son meilleur ami qu'il ne balayait pas d'un revers de main, ou ceux de Morgane. Et Albus savait que Scorpius avait raison, mais il ne voulait pas admettre qu'il était en tort. Il leva la tête, à la recherche de sa cousine, et la vit, entourée de son groupe d'amis de Serdaigle, principalement composé de filles. Roxane dut sentir un regard sur elle, car elle releva la tête et croisa le regard d'Albus. La jeune rousse fixa son cousin quelques secondes, puis détourna la tête aussitôt vers une amie qui s'était adressé à elle. Quant à Albus, il continua de fixer sa jeune cousine du regard. Il fallait qu'il lui parle.

- Ca va les gars ?

C'était Kilian qui s'était approché, un mélange d'une étrange couleur à la main, les yeux à moitié fermés. Il tapa dans la main de Scorpius puis dans celle d'Albus avant de s'asseoir là où se trouvait Lily un peu plus tôt.

- C'est quand que vous vous sociabilisez un peu ? demanda Kilian avec un sourire.

- Dit-il alors qu'à part Antoine, il n'a que nous comme potes, répondit Albus en levant les yeux au ciel avec un sourire.

- Je te ferais dire, Potter, que si t'enlèves ta famille, t'as pas non plus grand monde, rigola Kilian.

- Vrai, mais au moins j'ai une meuf dans mes potes.

Face à ça, la seule réponse de Kilian fut la moue quand il se rendit compte qu'il ne savait pas quoi répondre alors qu'Albus affichait un faux-air fier de sa répartie. A côté d'eux, Scorpius ricanait depuis le début de l'échange.

- Et puis, sexy la meilleure pote, ajouta Scorpius qui rigola un peu plus quand Albus le fusilla du regard.

- C'est vrai qu'elle est pas mal, Niget, insista Kilian.

Scorpius et Kilian lancèrent un regard à Albus qui commençait à être mécontent qu'on parle de son amie de cette façon, et les deux Serpentards éclatèrent de rire. Finalement, Albus lâcha un sourire avec ses amis.

- N'empêche, reprit Kilian, c'est vrai qu'on n'a pas beaucoup de potes.

Scorpius se contenta d'un sourire carnassier alors qu'Albus se moquait de Kilian en lui disant qu'au lieu de penser à se faire des potes, il devrait penser à se faire des filles, et cette fois, Scorpius éclata de rire tandis que Kilian tapait dans la main d'Albus pour lui dire que la répartie était bien trouvée.

Il était vrai que les quatre Serpentards de septième année avaient un entourage très restreint. S'il n'y avait pas la famille d'Albus, Scorpius et lui ne parleraient vraiment pas à grand monde, mais c'était un choix. Kilian et Antoine étaient comme eux, deux meilleurs amis qui avaient le sentiment qu'ils pouvaient refaire le monde à deux. Ils ne cherchaient pas à créer plus de relations que ça, même s'ils s'entendaient avec pas mal de monde.

C'était probablement pourquoi ils s'entendaient si bien tous les quatre. Nombreuses de leurs visions des choses convergeaient. Il fallait dire que Kilian et Antoine faisaient partie des rares personnes avec qui Scorpius et Albus étaient naturels.

- Je te ferais dire, Potter, que moi je ne me tape pas des meufs plus jeunes ! répondait Kilian.

Quand Scorpius sortit de ses pensées, Kilian et Albus n'avaient pas terminé leur joute verbale, et il n'aimait rien de plus qu'une joute verbale dans laquelle se trouvait Albus. Cependant, un groupe de jeunes filles attira son regard. Elles étaient cinq et discutaient en jetant des regards dans leur direction. Le regard de Scorpius croisa celui d'une petite brune, et celle-ci rougit, ce qui fit sourire Scorpius sournoisement.

- Les gars, j'crois qu'on nous a repérés.

Pas besoin de plus de précisions pour attirer l'attention des deux Serpentards qui suivirent le regard de leur camarade.

- La petite brune est pas mal, commenta Albus.

- La grande blonde est pour moi, les gars, dit Kilian.

Il s'était déjà levé, et Scorpius leva son regard vers Kilian en rigolant.

- T'es chaud, dis-donc Rosto. Tu passes direct à l'attaque.

- Histoire de montrer au jeune Potter comment je gère de la beauté plus âgée, répondit Kilian avec un clin d'œil alors qu'il s'approchait du groupe.

Ni Albus, ni Scorpius ne doutait que Kilian réussirait son coup. Grand et fin, le jeune métis attirait facilement le regard, et son caractère joueur et bon enfant charmait toujours les filles. Ils regardèrent Kilian s'approcher du groupe en levant son verre alors qu'il proposait aux filles de trinquer à l'amitié, ce qui fit rire certaines tandis que d'autres échangeaient des regards amusés.

- Il est déjà sûr de réussir son coup, l'enfoiré, dit Scorpius.

- Comment il arrive à charmer avec ses techniques, je comprends pas, commenta Albus.

- C'est le sourire, vieux.

- Ca, je sais pas faire, répondit Albus.

Scorpius tourna la tête vers Albus puis rigola quand il vit l'air sérieux de ce dernier. Il fallait dire qu'il n'avait pas totalement tort, mais Scorpius se contenta de rire alors qu'Albus lui rendait un sourire amusé.

- Je crois que Rosto s'est chargé du boulot à notre place, dit Albus.

Scorpius comprit quand il vit deux filles du groupe s'en détacher et s'approcher d'eux. Il croisa le regard de Kilian qui lui faisait un clin d'œil, lui avait déjà passé un bras autour des épaules de sa proie et semblait la faire rire ainsi que ses deux autres amies.

- Votre ami nous a dit que cherchiez un petit peu de compagnie, une des deux filles dit avec un sourire et les deux Serpentards échangèrent un sourire qui voulait dire la même chose, que c'était déjà dans la poche.

- Et il nous a ôté les mots de la bouche, répondit Albus avec ironie.

Les deux filles échangèrent un regard un peu surpris, et Scorpius retint un sourire, se disant qu'il était temps qu'il entre en scène avant qu'Albus ne les fasse fuir, et leur proposa de s'asseoir, ce qu'elles firent.

Scorpius et Albus se connaissaient, ils avaient chacun leur technique de drague. Scorpius était mystérieux, et Albus distant. L'un comme l'autre finissait toujours par avoir ce qu'il voulait. Alors que Scorpius demandait à la jeune fille ce qu'elle faisait dans la vie et qu'elle commençait à lui parler de l'école de Médicomagie, Scorpius dériva son regard vers Albus.

Le jeune homme faisait un sourire charmeur à la jeune fille qui rougissait en lui expliquant quelque chose. Albus passa sa main sur la joue de la fille pour replacer une mèche de cheveux, et Scorpius sut qu'elle était déjà conquise par son ami. En même temps, si Albus y mettait la forme, ce n'était pas compliqué de tomber sous son charme.

Le temps d'un instant, Scorpius se demanda si le sorcier aurait l'audace de tromper sa petite-amie s'il en avait l'occasion, mais aucune réponse ne s'imposa de manière sûre au sorcier. Il n'en savait juste rien.

- Tu es joueur, n'est-ce pas ? demanda la fille qui se trouvait avec Scorpius, et ce dernier reporta son attention sur elle alors qu'il commençait à parler de Quidditch.

De son côté, Albus se demandait combien de temps il jouerait la drague jusqu'à qu'il se lasse. Pas très longtemps, il ne trouvait pas la jeune fille très intéressante. Elle lui parlait depuis cinq minutes de comment ses amies et elle s'étaient retrouvées à l'Horcruxe, et Albus décida d'embrayer sur un autre sujet en coupant court à celui-là, et lui demanda ce qu'elle faisait dans la vie.

- Je suis à l'Académie de Juristes, en deuxième année.

Le regard d'Albus changea du tout au tout quand il entendit ça. Son visage se ferma et la jeune fille dut le remarquer, car elle fronça les sourcils.

- Tu connais ? demanda-t-elle.

- Plutôt, oui. L'école m'intéresse.

- Je te la conseille, c'est la meilleure et ils ne prennent pas n'importe qui.

Ils ne prennent pas n'importe qui. Cette phrase tourna plusieurs fois dans la tête d'Albus et tout d'un coup, le sourire de la jeune fille l'irrita, et l'intérêt qu'il aurait pu lui porter disparut. Scorpius, qui avait posé son regard sur son ami en entendant la jeune fille, lui fit un signe de tête pour demander si tout allait bien, et Albus ne se sentit pas de mentir. Il porta sa main près de sa joue et tapa son majeur et son pouce plusieurs fois, ce qui était leur code pour signaler à l'autre qu'ils avaient besoin de temps seul, avant de se lever et sortir du bar.

Il se fichait bien de la jeune fille, de toute façon, Albus savait que Scorpius reprendrait la situation en main pour rattraper son comportement. Il se sentait ridicule, mais Albus eut le sentiment que l'air frais lui faisait du bien alors que ses yeux commençaient à s'habituer à la noirceur de la nuit. Le bruit se faisait entendre depuis l'extérieur et la joie de vie qui se dégageait de ce bar contrastait avec le changement d'humeur soudain d'Albus.

De toutes les filles qu'il aurait pu se mettre à draguer, il avait fallu que celle-ci se trouve dans l'école de ses rêves. Il avait l'impression que son échec le poursuivait. Mais quel échec, Morgane avait raison. Pourquoi restait-il fixé sur le fait qu'il avait été refusé alors qu'il n'aurait jamais dû être accepté de base ? De la jalousie, de la frustration, de la colère, tout un mélange qu'Albus ressentait et qui lui donnait envie de péter les plombs.

En fait, Albus avait honte. Il avait réfléchi depuis qu'il avait reçu sa lettre de refus, les propos de Scorpius et Morgane avaient tourné dans sa tête, et il avait compris ce qui le dérangeait. Sa volonté d'intégrer l'école avait noirci sa vision des choses, et la fin avait justifié ses moyens. Il n'avait pas réellement réfléchi et s'était pensé meilleur que les autres parce que son nom pouvait lui concéder plus de choses. Et ce n'était pas comme ça que réfléchissait Albus, il n'était pas ce genre de personnes. Ou peut-être qu'il l'était, ses actes le montraient bien.

Il avait tenté sa chance pour les mauvaises raisons et s'était persuadé qu'elles suffiraient. Pour une école où l'on n'était pas autorisé à postuler plus de deux fois, ce n'était pas la chose la plus maline à faire, Albus le concevait enfin. Après tout, ce n'était rien, qu'une petite erreur. Cependant, quand on était le fils de Harry Potter, ces petites choses n'avaient pas la même ampleur.

Scorpius lui dirait qu'il était trop dur envers lui-même, qu'il s'en demandait parfois trop en tant qu'héritier Potter. Albus, lui, avait l'impression de ne pas se comprendre. Il était tiraillé entre son envie d'être une personne indépendante, qui n'était pas le fils de, ou le frère de, et son envie de rendre son père fier et d'être considéré le digne fils de son père. L'enfant parfait. Une idée qui avait hanté l'enfance de James et Albus. Une idée qui…

- Tes pensées ont l'air de te ronger, Potter.

Albus sortit de ses pensées en entendant qu'on s'adressait à lui. Il releva la tête et constata que face à lui se trouvait la préfète de Serdaigle. Castier, s'il ne se trompait pas. Albus ne savait même pas en quelle année elle était. S'il se souvenait bien, Scorpius lui avait dit qu'elle était en cours avec eux. Peu importait, elle se tenait devant lui, un verre vide à la main.

- C'est ne pas me connaître, se contenta-t-il de répondre.

En prononçant ces mots, Albus avait planté son regard dans celui de la jeune fille et la défiait du regard. Celle-ci tint le regard quelques secondes, puis détourna la tête alors que sur ses lèvres se formait un sourire moqueur.

- Qu'est-ce qu'il y a, Potter, c'est aussi dérangeant que cela de reconnaître que tu te poses des questions ?

Albus ne répondit pas, se contentant de fusiller la jeune fille du regard. Elle le provoquait, et il savait que si elle ne s'arrêtait pas de suite, il ne se retiendrait pas d'être blessant. La Serdaigle ne rangea pas son sourire moqueur, elle le fixait de ses yeux clairs et semblait l'inciter du regard à se montrer blessant justement.

- Tu ne me connais pas, se contenta de répondre Albus.

- En effet, mais ça ne m'empêche pas de comprendre comment tu marches.

- Et ça m'enchante au plus haut point, répondit Albus avec ironie, si tu pouvais me laisser seul maintenant, ça ne me dérangerait pas.

Le ton d'Albus était dur, il le savait et le faisait exprès, tout simplement parce qu'il n'y avait qu'en étant blessant que les gens le laissaient tranquille. Il suffisait de blesser un petit peu une personne pour que celle-ci se renferme sur elle-même et s'en aille, comme il le souhaitait à chaque fois. Albus savait que cette méthode n'était pas vraiment correcte, mais le résultat qu'il obtenait était toujours celui qui lui convenait.

En face de lui, la Serdaigle mit ses mains dans les poches de sa veste en levant les yeux au ciel, et Albus eut le sentiment qu'elle le trouvait ridicule. C'était la deuxième fois qu'ils interagissaient en sept ans, et Albus ne pouvait enlever ce sentiment que la jeune fille ne l'aimait pas.

- Je vais te laisser, Potter. Pas parce que tu le demandes SI gentiment, répondit la Serdaigle avec ironie, mais parce que, niveau compagnie, il y a plus agréable.

- Je prendrai des cours d'amabilité pour la prochaine fois qu'on discutera, si tu le souhaites.

Albus était plein de dédain. Il se sentait grincer des dents et la présence de la jeune fille commençait réellement à l'irriter. Il n'était pas amusé par la répartie de la Serdaigle, ni par le fait qu'elle lui tienne tête. Tout ce dont il avait envie était qu'elle s'en aille, et que disparaisse ce regard qui semblait lui dire qu'elle voyait à travers l'air qu'il se donnait.

- La première étape pour faire disparaître ses doutes, Potter, c'est d'accepter d'en avoir.

Sur ces mots, la jeune fille tourna les talons et rentra dans le bar. Il pouvait voir à la façon dont elle avait ouvert la porte qu'elle était tout aussi irritée que lui, mais Albus s'en fichait. La jeune fille l'avait interrompu dans ses pensées, mais finalement c'était peut-être pour le mieux. Celles-ci n'étaient de toute façon pas très joyeuses.

Des doutes, lui avait-elle dit. C'était comme si la Serdaigle en était arrivée à cette conclusion simplement en l'observant. Albus Potter avait-il des doutes ? Il aimait à penser que non, mais la vérité était bien tout autre. Des doutes, il en avait eus toute sa vie. Et Albus aimait à penser que personne ne pouvait le comprendre. C'était faux, bien sûr. Il avait pour simple exemple Morgane ou Scorpius pour affirmer que chacun avait ses doutes et avait connu ses horreurs. Sur ce dernier point, Albus avait été privilégié, il n'avait pas connu l'horreur. Simplement des doutes.

- Tu veux rentrer au château, vieux ?

Scorpius était apparu à ses côtés, les mains dans les poches et l'air préoccupé pour son ami. Et comme toujours, la présence de Scorpius rassura Albus. Des doutes, Albus en avait, et il avait l'impression que la mission de Scorpius Malefoy dans ce monde était de les faire disparaitre dès qu'il se mettait à y penser.

- Et pour la fille ? demanda Albus.

- Quel intérêt ? se contenta de répondre Scorpius avec un sourire alors qu'il mettait une tape amicale sur l'épaule d'Albus et se mettait à marcher en direction du château.

Albus emboita le pas, constatant à sa montre qu'ils rentraient bien tôt par rapport au couvre-feu autorisé en week-end pour les sixième et septième années, mais Albus ne put que sourire. Il avait l'impression qu'à chaque fois qu'il se posait des questions ou doutait, son meilleur pote était là pour lui rappeler qu'il n'était pas seul. Et en effet, Scorpius n'avait pas hésité à tourner court la discussion qu'il avait avec la jeune fille qu'il draguait quand il avait vu au bout de dix minutes qu'Albus n'était pas revenu. Qu'est-ce qu'il se fichait de cette fille alors qu'il savait qu'Albus devait être en train de ruminer de mauvaises pensées seul ?

- T'aurais dû leur proposer un plan à trois, fut tout ce que répondit Albus avec un petit sourire alors que Scorpius éclatait de rire.


- Ouvre les yeux, Rosto. On a entrainement cet après-midi.

Pour simple réponse, Kilian leva un doigt en direction de Scorpius sans dire un mot alors que ce dernier éclatait de rire. A côté de lui, Albus eut un petit rire moqueur en regardant Kilian attraper le pichet de lait alors que ce dernier détestait le lait. Il se demandait à quel moment le jeune homme réaliserait que ce n'était pas le jus de citrouille qu'il avait attrapé.

- T'es tellement pas frais, vieux, se moqua Antoine à côté de qui Kilian s'était assis. J'espère que ta nuit a valu le fait que tu m'aies abandonné dans le bar !

- Qu'est-ce que tu me chantes, répondit Kilian, c'est toi qui as disparu le premier avec une fille.

- Pas faux, mais on n'a pas tous eu la chance de conclure !

Antoine rigola alors que Kilian reposait le pichet et posait sa tête entre ses mains.

- J'ai une sale gueule de bois.

- Alors, hier ? se contenta de demander Antoine avec curiosité.

A cette question, Kilian releva la tête avec un sourire sournois sur les lèvres, et ce simple sourire suffit à Antoine pour éclater de rire et taper dans ses mains en félicitant son ami. En face d'eux, Scorpius et Albus souriaient, le premier demandant des détails aussitôt.

Albus écoutait Kilian parler jusqu'à qu'un hibou se pose avec grâce devant son assiette. La prestance avec laquelle l'oiseau se posa faisait toujours sourire Albus. Il était bien à l'image de sa tante Hermione. Albus attrapa la lettre et caressa l'oiseau qui s'envola aussitôt. L'écriture était celle de son père, et Albus savait déjà ce qu'il trouverait dans cette enveloppe en l'ouvrant.

« Fiston,

Ton frère m'a informé que tu avais postulé à l'Académie de Juristes, et que tu venais de recevoir une réponse négative qui t'avait déplu. Es-tu surpris ? Je le suis, moi, que tu aies postulé en ayant connaissance des conditions d'entrée et en sachant pertinemment que tu n'as pas encore le profil requis pour pouvoir être accepté. Si tu avais l'intention d'entrer à l'Académie, pourquoi as-tu refusé l'offre de stage que je t'ai proposée durant les vacances d'été ?

Je pensais que tu avais refusé parce que tu ne voulais pas être favorisé en portant mon nom et donc faire un stage que tu aurais eu par mon intermédiaire. Ton comportement me montre que ça ne peut être la raison, vu que tu as misé sur ton nom pour être pris à l'Académie. Est-ce bien cela, Albus, ou ai-je tort ?

Je reste perplexe quant à tout ça. Je pensais t'avoir inculqué la valeur du mérite. Pourquoi as-tu refusé l'idée de faire un stage en sortant de Poudlard, qui te permettait d'intégrer par la suite l'Académie alors qu'à côté, tu tentes ta chance en souhaitant être pris pour quelque chose que tu ne mérites absolument pas, au vu des conditions d'acceptation ?

Il est temps de réfléchir en adulte, Albus, car c'est ce que tu deviens cette année. Ce n'est pas à toi de choisir les avantages et les inconvénients que peut t'apporter ton nom. Autre chose, Albus, n'as-tu pas le sentiment que tu peux me parler ? Ce n'est pas par ton frère que je devrais apprendre de telles choses, et tu le sais.

Je souhaite une réponse de ta part, Albus, ta mère et mois t'aimons. »

Lorsqu'il finit de lire la lettre, Albus était crispé. Tout son corps était sous tension, et une boule s'était installée dans sa gorge. Il sentait la déception dans les mots de son père, et rien ne pouvait plus attrister Albus que ce constat. Il aimerait répondre à son père que c'était une action bête de sa part, qu'il n'avait pas suffisamment réfléchi et que finalement, ce n'était pas grave, mais il savait ce que son père lui répondrait. Qu'il était temps qu'il apprenne à mesurer la portée de ce qu'il faisait, même si ses actions n'avaient pas de conséquences. Albus savait qu'il lui dirait ça car c'était déjà ce qu'il lui disait toujours quand il voyait la nonchalance et le dédain du comportement de son fils envers les gens qu'il n'appréciait pas plus que cela.

A côté de lui, Kilian continuait de parler, et Albus sentait les regards furtifs que lui lançait Scorpius. Le mieux à faire était de les ignorer pour le moment. Sauf qu'on avait décidé de ne pas l'ignorer, Albus vit un vif d'or en papier voler vers lui, qu'il attrapa et déplia.

« Viens me dire bonjour, Bibi. »

Bibi. Il n'y avait qu'une personne qui se permettait de lui donner un surnom aussi ridicule, et il n'y avait qu'une personne qu'Albus laisser utiliser un surnom aussi ridicule, et c'était Morgane. Albus releva la tête vers la table des Poufsouffle, et son regard croisa celui de sa meilleure amie qui lui fit un grand sourire en lui disant de venir d'un geste de la main.

Albus n'hésita pas, il fit un signe de la tête à Scorpius et se dirigea vers la table des Poufsouffles où on le regarda arriver. Il se dirigea vers un groupe de filles en particulier, et chacune se déplaça un petit peu quand il arriva pour lui faire de la place auprès de Morgane qui passa son bras autour des épaules d'Albus aussitôt qu'il s'assit à côté d'elle.

- Je n'aime pas te voir comme ça, se contenta de dire Morgane.

Il savait qu'un geste valait mille mots, alors Albus tendit la lettre de son père à la jeune fille qui la prit et la lut. Elle mit un peu de temps à la lire, et quand elle finit, Morgane la plia et la rendit à Albus en lui tapotant l'épaule.

- Tu vas survivre au sermon de papa Potter ?

- Il me dit ce que tu m'as dit, toi, répondit simplement Albus.

- C'est vrai, mais on sait tous les deux que quand c'est Harry qui le dit, ce n'est pas la même chose que quand c'est moi.

Un sourire doux de la part de Morgane qui réchauffa quelque peu le cœur d'Albus. Son amie pouvait être dure avec lui, mais elle savait mieux que personne à quel point l'avis de son père importait à Albus, à quel point il n'aimait pas le décevoir. L'enfant parfait, comme il le pensait hier, oui, et surtout pour son père.

- J'ai été bête, affirma Albus.

- Maintenant que t'en prends conscience, je peux enfin te dire que ce n'est pas grave, répondit Morgane avec un petit sourire.

Albus planta son regard dans celui de sa meilleure amie. Elle le regardait avec douceur, et finalement, il se dit qu'elle devait bien avoir raison. Albus savait que l'important pour Morgane était qu'il prenne conscience que la méthode qu'il avait employée n'était pas la bonne, et c'était tout. Morgane servit un verre de jus de citrouille qu'elle tendit à Albus, l'obligeant à boire.

- J'ai déjà mangé, ne t'inquiète pas.

- Peut-être, mais c'est histoire de dénouer un peu l'estomac.

Albus remercia son ami d'un regard avant de le balader à la table des Serdaigles, à la recherche d'une tête en particulier, qu'il finit par trouver. Oriane rigolait avec une de ses amies qui semblait lui raconter une histoire en montrant son verre de jus de citrouille avec insistance. Les quatre filles étaient mortes de rire, et Albus eut un sourire en voyant sa petite-amie rigoler. Il n'avait tellement pas l'habitude de la voir rire, il fallait dire qu'il n'était certainement pas celui qui la faisait rire, Albus en avait conscience, et Oriane avait un très beau sourire.

Son regard dévia sur la table des Serdaigles, et son regard croisa celui de Ludivine Castier qui le fixait d'un air neutre. Elle maintint le regard quelques secondes avant de le détourner pour le reporter sur ses camarades.

- Tu échanges des regards avec Ludivine Castier, toi maintenant ? demanda Morgane sur un ton amusé.

Albus reporta son attention sur sa meilleure amie qui semblait avoir suivi son regard. Morgane semblait sourire de quelque chose, mais il ne savait pas de quoi.

- Tu la connais ?

- La vraie question est, tu ne la connais pas ? demanda Morgane sur un ton surpris. Quoique, finalement, ce n'est pas surprenant. Tu vis vraiment dans ton monde, Albus.

- Je ne fais juste pas spécialement attention aux gens que je ne connais pas.

- Castier est une des meilleures élèves en Défenses, se contenta d'expliquer Morgane. L'année dernière, elle faisait partie des assurés qui entreraient en formation d'auror en sortant de Poudlard.

- Ce n'est plus le cas ? demanda Albus par curiosité mal placée.

- Il semblerait que non, elle s'est désinscrite cette année des cours intensifs de Défenses, qui sont obligatoires pour être accepté en formation d'auror en sortant de Poudlard.

Albus ne répondit pas, analysant ce que lui disait son amie. Son regard se posa une nouvelle fois sur la Serdaigle qui discutait avec un jeune homme, le même jeune homme avec lequel Albus l'avait vue dans la salle commune des Serdaigles la veille. Il n'aurait jamais pensé que la jeune fille était forte en Défenses, physiquement elle n'avait pas la carrure. Ce qui ne voulait absolument rien dire, bien évidemment.

Finalement, Albus détourna le regard. Il ne connaissait pas la jeune fille, et outre la curiosité, rien ne le motivait à en apprendre plus sur elle, alors il reporta son attention sur Morgane qui l'observait d'un air carnassier.

- Elle t'intrigue, constata Morgane.

- Elle ne m'aime pas, répondit simplement Albus.

- Comme beaucoup de monde dans cette école, tu sais.

- Elle n'a pas peur de me le dire, continua Albus.

- Alors ça, c'est vrai que c'est nouveau.

Bien sûr que Morgane se moquait d'Albus, il le savait mais s'en fichait. Finalement, Albus décida qu'il retournerait à la table des Serpentards où Scorpius l'attendait sûrement. S'il se souvenait bien, il avait un travail de groupe cet après-midi alors que son ami avait entrainement de Quidditch. Morgane retint son bras alors qu'il se levait.

- On peut se voir à un moment dans ce week-end, juste toi et moi ?

- Tout va bien ? demanda Albus en fronçant les sourcils

- Oh, comme tout le monde, Potter, répondit Morgane avec un petit sourire. Alors ?

- Quand tu veux, se contenta de répondre Albus en répondant au sourire de son amie.

Morgane fit un clin d'œil à Albus et relâcha son bras alors que ce dernier retournait en direction de la table des Serpentards. Il préférait ne pas poser de questions maintenant, parce qu'il savait qu'il s'inquiéterait et que Morgane ne lâcherait aucune information tant qu'ils ne seraient pas tous les deux installés à l'abri d'autres oreilles.

- Potter !

Albus s'arrêta en voyant le petit-ami de Rose se diriger vers lui. Le jeune homme salua Albus d'un hochement de tête et jeta un œil autour de lui avant de commencer à lui parler.

- Dis-moi, Potter, Rose va bien ? Je la trouve un peu distante ces derniers temps.

Le regard peu assuré, Eric devait savoir qu'Albus ne l'aimait pas beaucoup, et ce simplement parce qu'il était le petit-ami de sa cousine. Albus était très protecteur envers Rose, même s'il ne le montrerait jamais, mais il était un grand frère, et il se préoccupait qu'on soit correct envers Rose autant qu'on le soit envers Lily. Albus hésita quelques secondes avant de répondre, mais finalement il se dit qu'il ferait mieux de ne jamais se mettre à dos Rose Weasley

- Je ne sais pas moi, vois ça directement avec Rose plutôt.

Il avait essayé de ne pas se montrer trop froid, mais Albus devait admettre qu'il avait un côté Serpentard qu'il ne pourrait jamais faire partir. En face de lui, Eric hocha la tête. Il voulait insister, mais il n'osait tout simplement pas.

- Je ne veux juste pas créer de conflit avec elle, tu sais, dit Eric.

- Je t'assure que venir vers moi est la dernière chose dans ce cas, je suis sujet aux conflits, répondit Albus en cherchant Scorpius du regard à la table des serpents.

Une nouvelle fois, Eric hocha la tête. Quant à Albus, il fit un sourire neutre à Eric et lui souhaita une bonne journée sans plus de manière. De toute façon, c'était de renommée qu'il n'était pas très gentil, alors pourquoi faire semblant.

Albus s'installa à côté de Scorpius qui parlait encore avec Kilian et Antoine, mais le blond se tourna immédiatement vers son ami quand il le vit.

- Tout va bien ? demanda Scorpius.

- A toi de me le dire, j'ai vu l'oiseau de ta mère se poser tout à l'heure.

Le visage de Scorpius se figea aussitôt. Il n'aurait pas pensé qu'Albus aurait vu l'oiseau et se sentait pris en flagrant délit. Seulement, Scorpius n'avait pas envie de parler.

- Mon père te salue, répondit-il.

- Et ta mère ? insista Albus.

La seule réponse de Scorpius fut un sourire qu'Albus savait forcé. Scorpius n'avait pas envie de parler, et Albus le concevait, alors il n'insista pas. Son ami lui parlerait quand il en sentirait l'envie.

- Quand tu veux, si tu le veux, se contenta-t-il de dire à Scorpius.

Le blond fit un sourire à son Albus avant de taper l'épaule de son ami et reporter son attention sur Kilian et Antoine qui parlaient de l'entrainement de Quidditch de cet après-midi. Quant à Albus, il tendit à peine l'oreille, il n'avait jamais été un grand fan de Quidditch. Il se contenta de jeter des regards en biais à son ami pour s'assurer que tout allait bien. Seulement Albus le savait, que ce n'était pas le cas.


Coucou, j'espère que ce chapitre vous a plu. Personnellement, je ne sais pas vraiment quoi en penser, mais l'important est qu'il vous plaise, à vous. Pour le moment, on reste très centré sur Albus, mais les histoires de chacun vont venir se redécouper un peu plus, on va en apprendre plus sur la vie de chacun.

Je vais essayer de poster un nouveau chapitre de We all tried dans la semaine prochaine parce que ça fait un petit moment, mais pour ceux qui suivent cette histoire-là, sachez que la moitié du prochain chapitre est déjà écrite, le reste viendra facilement.

Voilà, bon week-end à vous (et prenez soin de vous, personnellement entre la fièvre et un accident, 2016 commence sur les chapeaux de roue niveau santé).