Salut ! Ce chapitre était quasiment fini depuis plus d'un mois, et puis zoup j'ai glissé dans une faille spatio-temporelle si si même que c'est vrai.
Bonne lecture.
Chapitre 3 (1999)
Cling, cling. Le tintement caractéristique du verre poli sur le cirage du bois. Dans le brouhaha ambiant, la mousse accrochée aux parois transparentes était à sa pensée ce que de l'ouate serait pour ses oreilles.
« … m'entends ? »
« Sam, vous m'écoutez ?
- Hm, pardon ?
- Vous devriez peut-être arrêter de boire pour ce soir.
- Ce n'est que de la bière Daniel, je ne vais pas me transformer en épave avec cela » souligna Carter en portant le liquide ambré à ses lèvres sous l'air désapprobateur de son ami.
Sam et Daniel s'étaient rendus dans ce bar dans l'intention de se détendre. Enfin, Daniel avait plutôt exigé que Carter émerge de son bureau et se change les idées en ville, décidant que la laisser se tuer la santé ne leur serait en aucun cas bénéfique. Teal'c avait décidé de rester au complexe pour pratiquer son Kel'no'reem, et Jack… Jack n'était plus là.
Alors, ils n'étaient que deux de leur joyeuse petite bande de drilles et aligner bière sur bière n'était au final pas ce que l'archéologue avait désiré. Surtout qu'elle s'en repentirait lorsqu'elle serait obligée de se lever trois fois dans la nuit pour se rendre aux toilettes. Décidément que des inconvénients, conclut-il en remarquant que Sam sombrait plus dans l'introspection morose que l'allégresse portée par l'alcool.
Ce n'était pas ce bar où ils avaient pris l'habitude d'aller tous ensemble. Non, c'en était un autre plus animé et impersonnel. Peut-être aurait-ce été une trahison autrement.
« Écoutez » reprit Daniel en posant une main pleine de tact sur l'épaule de sa coéquipière, « ce n'est pas en vous épuisant dans votre labo' ou en vous noyant dans votre verre que vous pourrez le ramener Sam. On est tous… on espère tous, mais il va peut-être falloir se faire une raison. Cela fait déjà deux mois.
- De quoi vous parlez Daniel ? Je fais juste mon travail, il n'y a aucune implication plus… personnelle dans mes recherches. » Un demi-mensonge, elle en était consciente. A dire vrai, elle n'avait pas fait grand-chose qui concerne cette SG1 dernièrement.
« Oh Sam, vous n'allez pas me faire croire cela ! » argua l'archéologue en levant les yeux aux ciel en se voulant moralisateur. « C'est normal que vous…
- Vous n'y êtes pas du tout » le coupa simplement Carter. « Je suis préoccupée par des soucis d'ordres personnels, pas par l'incident de la Porte. Le Colonel est un militaire, il connaissait les risques. Et je suis une militaire, c'est mon devoir de chercher à secourir mon supérieur. Mais je n'irai pas jusqu'à broyer du noir personnellement. Le travail doit rester ce qu'il est : du travail.
- Vous ne le considérez pas comme votre ami ?» s'étonna Daniel, sceptique, un sourcil en l'air.
Ne laissant pas place à la moindre investigation de la part du docteur, Sam pivota sur le haut tabouret de comptoir pour s'en extirper avec vivacité, signifiant pat là-même que la discussion était avortée dans l'œuf. Ses bonnes intentions étaient si ennuyantes.
Malheureusement son mouvement inopiné la mit directement sur la trajectoire d'un homme du type bûcheron, pas bien grand mais carré, heurtant irrémédiablement la main porteuse du verre dont le breuvage se déversa sur son abdomen.
Elle s'excusa par automatisme sans s'attarder, mais le grand brun lui barra la route l'air passablement énervé. Apparemment, c'était trop honteux à endurer pour cet homme. Ou bien, il voulait juste l'intimider pour sauver la face devant ses amis qui se marraient du fait que le gros de l'humidité était, disons, placée au niveau de ses parties intimes.
« Tu ne vas pas t'en tirer simplement comme cela ma belle » grinça-t-il tandis que des rires gras et des sifflements fusaient autour d'eux. Bon, c'était donc un habitué du lieu connu de tous. Super.
- Je pense que si » argua Sam sans sourciller en le dépassant par la droite. Elle n'avait pas fait exprès, s'était excusée, elle ne comptait pas se mettre à ramper et faire l'effarouchée soumise pour le salut de l'ego de ce mec face aux autres consommateurs.
La main de l'homme s'enroula prestement autour de son poignet la figeant sur place. Daniel fendit la foule et s'arrêta indigné près du major.
« Sam vous…
- Sam vous » ricana le dénommé Tony, ou bien Tommy, Sam n'avait pas vraiment compris lorsque les murmures avaient parcouru la foule. Sa voix avait été aiguë et juste ce qu'il fallait de sarcasme pour que Carter ne puisse laisser passer cela.
Posant la main sur le torse de Daniel, elle le repoussa gentiment avec un clin d'œil rassurant de la catégorie "tout va bien se passer je contrôle la situation".
« Je n'ai vraiment pas envie de me battre aujourd'hui, en plus j'ai mal à la tête » soupira-t-elle platement et avant que quiconque n'ait réalisé la signification de ses mots, elle s'était retournée en tapant durement sur le coude de l'homme là où elle savait que l'impulsion nerveuse le forcerait à relâcher ses doigts.
Ce qu'il fit sans faute, autant par douleur que par surprise. Il n'avait rien d'un combattant aguerri. Les quolibets et autres moqueries ne manquèrent pas de fuser depuis l'attroupement, tandis qu'un cercle d'un diamètre plus respectable se formait autour d'eux.
La rage déformait les traits de son adversaire et Sam fut prise de fascination pour cela. La colère, la haine, ce genre de sentiments. Si elle pouvait les extérioriser… Serait-elle ainsi ? L'était-elle déjà intérieurement ? Ouais, il fallait qu'elle se défoule songea-t-elle en arborant un léger sourire sarcastique.
L'homme le prit visiblement tout aussi mal que les sifflements de la foule et sauta sur elle, furieux. Mais là ou son poing s'arrêta la place était déjà vide, Sam s'étant avancée en pivotant pour lui caler son genou dans le ventre. Ce qu'elle n'avait pas prévu, c'est qu'un homme de sa corpulence savait encaisser les coups à partir du moment où leur adversaire faisait la moitié de leur stature.
Il lui renvoya son coude en pleine figure ce que Sam évita avec peine, le sentant heurter sa pommette ainsi que son épaule, l'envoyant à distance respectable.
S'il avait été coutumier des affrontements, il en aurait profité pour enchaîner directement. Or il la laissa se redresser à l'écart, trop fier du revirement de situation. Le vrai petit Paon de la basse cour. Ce n'était clairement pas un guerrier… son expérience héritée de peut-être un voire deux affrontements de bar. Mais il se débrouillait, il avait même une partie de son respect. Et de sa colère aussi.
C'était au tour de Sam de bouillonner de rage. Sa joue lui cuisait. Ses scrupules à l'idée de s'en prendre à moins qualifié qu'elle s'évaporèrent. De quel droit se servait-il d'elle pour asseoir sa réputation. Il aurait pu passer son chemin, lui faire des réprimandes, accepter son sourire désolé et se taire. À la place il avait posé la main sur elle... S'il voulait une fessée ce soir, il allait réellement être servi.
Elle s'approcha, sur ses gardes, avec ce genre de gars il n'y avait qu'une tactique à préconiser : être rapide et mobile, et taper aux endroits les plus fragiles. C'était Jack qui lui avait apprit cela, lui expliquant qu'elle devait compenser son sexe et donc sa propre carrure ainsi face aux hommes, bien sûr cela elle le savait, mais il lui avait aussi apprit que dans ce genre de cas le fair play ne comptait pas plus qu'un fétu de paille en plein ouragan.
Alors elle frappa dans la réelle optique, pour la première fois, de faire mal. Se baissant jusqu'à poser une main à terre, elle tacla intentionnellement dans la cheville de son adversaire.
C'était méchant, c'était fourbe. Ça lui faisait tellement de bien.
« Je voudrais savoir ce qui vous est passé par la tête Major ? » Claqua la voix sèche du Général se répercutant entre les murs gris de son bureau. Chouette, cela devait s'entendre jusqu'au bout du couloir… enfin, tout le monde devait déjà être au courant de toute manière.
- J'ai perdu mon sang froid Monsieur, cela ne se reproduira plus.
- J'y compte bien. C'est une honte pour le projet d'avoir un de ses plus brillants officier au casier terni par un rapport de police sur une… rixe de bar. Peu importe que cela ait été justifié ou non. » Voyant que la jeune femme faisait profil bas, droite comme un piquet, Hammond continua d'une voix plus modérée. « Daniel a certifié que le fait de lui casser la jambe était un accident et que vos intentions n'avaient jamais été autres que lui rendre quelques bleus… vous avez de la chance d'avoir un coéquipier aussi fidèle.
- Je sais Mon Général. »
Sam avait gardé la tête haute tout au long de l'entrevue. Elle était assez grande pour accepter et reconnaitre ses torts avec dignité. Tout comme la veille lorsqu'elle s'était fait embarquer par les autorités. Elle avait calmement levé les mains en évidence, s'était laissée attacher et emmener au poste sans un mot mais le menton droit.
Daniel l'y avait rejoint avec sa propre voiture dans l'idée de la soutenir et d'être le garant de sa bonne conduite après avoir payé la caution.
Calme, sure d'elle, en extérieur. En réalité, elle se sentait un peu retournée par ce qu'elle avait trouvée en elle la nuit précédente. Mais l'afficher devant les autres serait une erreur, aussi resta-t-elle stoïque. Après tout, ce qui était fait, était fait.
« ...'passe par l...»
Sam porta la main à sa tempe tandis qu'une sensation aussi étrange que fugace s'y manifesta. Le regard sévère que le général posait sur elle s'adoucit et il décida de conclure son sermon.
« Prenez du repos Major, mais avant passez à l'infirmerie, vous avez l'air d'avoir pris un sacré choc au visage ».
Hammond avait toujours eu un faible pour Samantha. Pas le genre de faible qui donne envie d'entamer une relation amoureuse avec quelqu'un, non, celui d'un père qui voit grandir une enfant qui aurait pu être la sienne. En tant qu'ami de Jacob Carter, il avait vu la petite fille devenir une adulte sans qu'il ne puisse jamais la voir autrement qu'avec ses petites couettes blondes dans un bac à sable, et avait donc un sentiment de familiarité protectrice plus forte qu'avec un quelconque autre jeune soldat.
Sam le salua avant de tourner les talons. Aussi droite que lorsqu'elle avait été convoquée dans le bureau de son supérieur, elle le quitta pour se rendre aux étages inférieurs et rejoindre le quartier des blouses blanches.
« Major Carter, si vous voulez bien me suivre » l'enjoint la femme au caducée lorsqu'elle la vit pousser la porte, une lueur amusée dansant au fond de ses prunelles. « Alors, il paraît que tu t'es bien amusée hier soir ? »
Sam s'était laissée entraîner entre deux lits, protégée des regards par les hauts rideaux blancs les séparant. L'infirmerie était assez silencieuse à cette heure, troublée uniquement par le bruit des appareils médicaux ainsi que d'un pharmacien rangeant du matériel sur les étagères du débarras à l'autre bout de la pièce.
« Alors ça y est, toute la base est au courant ? » soupira-t-elle tragiquement devant son amie.
- Oh, pas encore, j'ai juste été avertie par Daniel. Apparemment, il voulait que nous en parlions. Quelque chose à propos d'y prêter une "oreille féminine" » commenta Janet distraitement tandis qu'elle palpait rapidement les os du crâne ainsi que le haut de la nuque de Sam. « Pas de douleur ? »
Cette dernière secoua négativement la tête devant le docteur, laquelle inspecta également le roulement de son épaule touchée.
« Bon, juste quelques hématomes… bien moins que ton adversaire à ce que j'ai saisi. Je me demande pourquoi... »
Subtile, très subtile, vraiment. Carter resta silencieuse un moment. Pouvait-elle se défiler avec Janet ? C'était sa meilleure amie, la seule qu'elle avait eu et aurait. Bien qu'elle ait adoré Vala, leur rapport n'était pas les mêmes. Après tout, elles avaient une fille et ça ce n'était pas rien, ironiquement. Cela aurait été facile de mentir… mais c'était Janet, et Sam l'aimait.
« Eh bien, fais-moi part de tes hypothèses, Docteur.
- Je jouerai bien la carte : la disparition du Colonel O'neill ? » Devant le manque flagrant de réaction chez Sam, le médecin continua ses spéculations ?
« Le fait d'échouer à trouver la solution ? » Non définitivement ce n'était pas le problème de Sam.
« Les longues heures passées ici ? » Ah… légère tension. Mais bon, rien de mystérieux vu le nombre d'heure que le Major passait dans son labo' jugea-t-elle, sans savoir que la nature de la réaction de Sam n'était pas réellement dirigée vers les heures supp'.
« Bon… Le sentiment du survivant ? Abandonner les recherches ? » Rien.
« Devoir l'annoncer à Sarah ? Sarah ? » répéta Janet pour confirmer qu'elle avait réussi à toucher dans le mille. Comme si la grimace sur les lèvres de Sam et son regard oblique n'était pas assez criant. « Ce qui te tracasse est de l'annoncer à sa famille ?
- Non, Janet, je suis déjà allée les voir pour leur annoncer sa disparition. J'ai dû leur dire toutes les sommités d'usages, que nous faisions de notre mieux etc.
- Et c'est vrai Sam, tu n'as pas à t'en vouloir » la rassura Janet, oubliant que cela ne collait pas avec la culpabilité du survivant. Le major pinça ses lèvres, clairement pas convaincue, et à raison. Mais comment le dire ? Si elle ne voulait pas avoir à mentir, il allait falloir cesser ce sujet séant.
- J'ai eu des sortes de… migraines, fréquemment » confia-t-elle pour rediriger le sujet. Et parce qu'après tout, qui ne tente rien n'a rien.
- Avec le manque de sommeil ? Tu devrais mettre un frein aux heures folles que tu passes dans tes recherches.
- Non. Avant cela. Enfin, tu as raison, avec du repos cela va vite s'arrêter ». Le moment des confidences fut clôt sur ces mots.
C'était une très mauvaise idée d'avouer que ses maux de crâne qu'elle avait qualifié de migraine n'en étaient pas. C'était une douleur vive et poignante, qui ne durait jamais plus d'une fraction de seconde. Durant ces moments, Sam avait l'impression de "voir noir". De plus, elle entendait brièvement des sons fantômes.
Cela avait commencé progressivement. La première "crise" était survenue un an plus tôt, puis une autre après quelques mois. Et encore après quelques mois. Cela était inquiétant en le fait que dans son autre vie, Sam n'avait jamais vécu cela. La machine ? Le fait de ne pas y avoir son âme d'origine aurait-il altéré son corps ? Une sorte de tumeur cérébrale..?
Si Carter passait autant de temps dans son laboratoire à mener des expérimentations compliquées auxquelles au final personne ne saisissait rien, ce n'était pas pour ramener le colonel O'neill d'Edora. Planète sur laquelle il était resté coincé, séparé du reste de son équipe et de la terre, suite à une pluie de météorites ayant enseveli la porte des Étoiles. Oh bien sûr, elle avait des projets en couverture pour le sauver. Rien de bien folichon auquel elle n'avait pensé la toute première fois. Non, elle aurait pu le ramener bien plus tôt cette fois-ci.
Mais mettons que cela change le cours des choses. Dans sa première vie, SG1 était restée bouclée au QG : elle dans son laboratoire à chercher une alternative au dysfonctionnement de la Porte, Daniel à décoder des dialectes rapportés par les autres expéditions, et Teal'c a renseigner les chercheurs du SGC au mieux sur les Goa'ulds.
Si elle ramenait le colonel maintenant et qu'une mission qu'ils n'avaient jamais eu sonnait leur fin à tous ? Elle avait été tentée, vraiment, d'enfin vivre quelque chose de réel, de neuf. Mais son côté petite fille sage l'avait emporté.
Quoique, pas seulement cela. Un désir malsain avait pesé pour beaucoup dans la balance de sa décision. L'envie de savoir si malgré Sarah, Jack se lierait avec Laira. Sam avait besoin de savoir, tout en craignant de savoir. Ne sachant même pas ce qu'elle voudrait qu'il fasse… qu'il prouve son attachement envers sa femme sans un regard pour une autre tout en ignorant s'il la reverrait un jour ?
Voulait-elle cela, ou voulait-elle l'inverse. Était-ce le désir de se flageller elle-même en constatant à quel point Jack tenait à Sarah, ou était-ce le désir de laisser Sarah souffrir de son absence ne serait-ce que trois mois, alors qu'elle en pâtirait toute une vie ?
Elle se donnait envie de vomir. Depuis quand s'abaissait-elle à cela ? Depuis quand était-elle si faible ?
Il avait grandi. Vraiment grandi, et un peu vieilli. Se fut la première constatation de Sam lorsque la porte s'entrouvrit devant elle, lui dévoilant un jeune garçon plus élancé que dans ses souvenirs. L'air plus grave, mais qui lui sourit néanmoins.
« Bonjour Major »
Elle blessait Charlie. Ce fut la seconde constatation qu'elle fit. En gardant le colonel sur Edora, elle lui faisait volontairement du mal, le condamnant à la sensation de perte, de désespoir et de résignation.
« Salut. Comment vas-tu ?
- Physiquement mieux que vous, que vous est-il arrivé. La télémétrie radar de l'espace profond est-elle un domaine si dangereux ? » s'enquit Charlie, acide, en adressant un signe du menton en direction de la joue endolorie de Sam.
- Beaucoup d'escaliers... » grimaça le major, sentant la morsure du reproche de l'enfant. Elle était militaire et c'était ce boulot qui lui avait enlevé son père. Temporairement certes, mais cela elle seule le savait. En attendant, c'était deux mois d'incertitude qu'il vivait.
Charlie soupira avant de libérer le passage derrière l'entrée, lui signifiant par-là même qu'elle y était conviée. Il bailla et elle remarqua ses yeux marqués.
« Ta mère n'est pas là ? » S'enquit-elle. Plus par politesse que parce que cela l'intéressait particulièrement, d'un autre côté elle se sentait si mal à l'aise en compagnie de l'autre femme que cela l'aurait arrangée.
- Pas encore revenue des courses. » Charlie haussa les épaules avant de poursuivre. « Vous vouliez lui parler ?
- Pas particulièrement. Je m'étonnais juste. » À vrai dire, elle ignorait ce qu'elle faisait ici. Peut-être se racheter une bonne conscience en se préoccupant de la famille de son supérieur abandonné sur une planète à des milliers d'années lumières de la Terre. « Je venais juste… prendre des nouvelles.
- Vous excuser, blablabla. Vous êtes déjà venu faire cela avec le Général Hammond il y a deux mois Major. »
Dans les premières 24h de disparition, le général avait naturellement appelé Sarah pour la prévenir qu'ils avaient perdu le contact avec son époux, lui faisant part des formalités d'usage comme quoi ils faisaient tout leur possible, etc. Après une semaine non concluante à essayer de ramener O'neill, il s'était rendu plus officiellement chez eux et elle avait voulu l'accompagner. Parce qu'elle était la seule militaire de SG1 et que c'était aux militaires et non aux civils de s'excuser.
Sam ouvrit la bouche mais fut surprise de ne pas trouver ses mots, décontenancées par le ton mordant adopté par l'adolescent. Celui-ci remarqua alors ses propres cernes et tourments et sa colère s'atténua.
« Si cela vous ronge tant, peut-être devriez-vous lâcher prise »
La maturité de la remarque contrasta avec la candeur de son jeune âge, et ce fut au tour de la jeune femme d'hausser des épaules.
« Je venais juste dire que ça n'a jamais été mon intention. Je vais le retrouver Charlie. »
« Allez, acceptez Carter ! Vous me devez bien ça. »
Agaçant, vraiment. Elle en venait à se demander pourquoi ce gars n'avait pas encore fini étouffé par Teal'c, sérieusement. Peut-être parce qu'il n'osait pas trop titiller le jaffa maintenant qu'elle s'en faisait la réflexion.
« Pardon ? » s'offusqua-t-elle, rentrant encore et comme toujours dans son jeu. De toutes façons, qu'elle l'ignore ou se laisse embobiner, elle finissait toujours par perdre avec lui.
- Euh Jack, c'est Sam qui vous a sauvé » argua Daniel avec sa voix spéciale enseignant du primaire devant un élève plus que récalcitrant.
- Justement, j'étais en vacances de... »
Rendue à ce stade de la conversation, le major n'écoutait plus du tout. Cela faisait minimum une heure que son supérieur serinait la même rengaine, à savoir qu'il désirait l'inviter boire un verre chez lui pour la remercier de l'avoir ramené. Il avait invité Teal'c également, mais ce dernier avait refusé avec un énorme "pas envie" scintillant dans ses yeux, alors O'neill s'était couché.
Il ne harcelait plus qu'elle, ayant tiré la langue à l'archéologue en lui notifiant expressément que lui n'était pas convié car il avait dû se "dorer les miches au coin du feu avec ses bidules Anciens", pour le citer correctement, tandis qu'elle s'était creusé la tête pour trouver une solution et que le jaffa avait creusé littéralement pour la mettre en application.
Joker, dernière carte.
« Je n'ai pas envie de faire jaser la base entière, Monsieur.
- Allons Carter, que craignez-vous ? » se moqua Jack en inclinant la tête et pointant son index en l'air afin de souligner son point de vue. « Je suis marié.
- Justement. » Avant qu'une mauvaise interprétation de sa réponse n'ait le temps de voir le jour sous son petit crâne de colonel, Sam cru juste d'ajouter « vous devriez penser à votre femme, Sarah est géniale mais je pense que cela ne justifie pas que vous invitiez d'autres femmes chez vous sans arrêt.
- C'est vrai… alors elle vous plaît à vous aussi ? » la taquina le colonel d'un air narquois. Oh ouais, il adorait voir son major la reine de l'Imperturbable s'agacer. C'était encore plus drôle qu'avec Daniel.
- Vous êtes vraiment impossible... »
« …e plaît. »
