Voilà un nouveau chapitre! J'espère qu'il vous plaira également! Laissez-moi une petite review pour que je puisse connaître votre avis! Ça fait toujours plaisir!

ENJOY!


John ne se présenta pas une seule fois au travail. Pour une raison qu'il ignorait, il ne le pouvait pas. Quand bien même il pouvait y mettre toute la volonté du monde, rien n'y faisait, il se retrouvait irrémédiablement coincé à la sortie de l'appartement. Il devait attendre ses filles. Il savait qu'elles allaient revenir et qu'il devait être là pour leur retour. Le poulet d'une semaine moisissant peu à peu dans le frigo, les bouteilles de Whiskey jonchant le plan de travail depuis deux jours. Lorsque Mrs, Hudson monta voir son état, elle était presque heureuse de le voir assoupi, tenant encore une bouteille en main. Elle s'arrangea pour faire le moins de bruit possible, tout en gardant un œil sur lui. Elle rangea les affaires en désordre, jeta le-dit poulet, entassa les bouteilles dans un coin le temps que la tempête passe. Puis elle redescendit à son appartement. Elle n'avait aucune nouvelle de Sherlock, cela faisait deux jours qu'il n'était pas rentré. Deux jours qu'il n'avait pas donné signe de vie.

Alors qu'elle s'asseyait pour enfin prendre un peu de repos après sa longue journée, des larmes vinrent humidifié ses joues, des tressautements secouèrent son corps vieillissant. Cela faisait à peine une semaine que Rosie était portée disparue, mais à son âge, cela lui semblait être une éternité. Ses garçons le vivait plus que mal, et malheureusement elle ne pouvait rien faire afin d'apaiser leurs maux. Elle n'était qu'observatrice de la descente aux enfers de John, elle ne se doutait pas de celle de Sherlock, alors en proie à ses pires démons.

En effet, si le détective londonien ne rentrait pas, c'était pour une raison des plus simples. La même raison qui l'avait poussé à fuir le domicile familiale dans sa jeunesse tandis que ses études le poussait à bout. Il était dans un squatte, se droguant pour garder la forme, pour échapper à la faim et la fatigue, pour garder son esprit éveillé. Il ne trouvait pas d'autres solutions afin de continuer son investigation. Il se fichait éperdument de ce que la police penserait, mais Greg avait de plus en plus de mal à cacher sa prise de drogue. Il se laissait couler dans les abysses de son Mind Palace, tentant en vain de se souvenir, de reprendre le dessus. Mais c'était peine perdue, la drogue l'en empêchait, ses neurones ne fonctionnaient plus, leurs connexions se retrouvaient bloquées par ces substances illicites qu'il ingérait, qu'il fumait. Il sortait rarement de sa planque, quand bien même Wiggins essayait de l'en sortir pour rejoindre une piste tangible.

Il perdait peu à peu les pédales, se rendant compte de son erreur quant à la publication de son numéro de téléphone. Il était sans arrêt harcelé d'appels, de messages sur des informations erronées qui ne lui laissait pas l'opportunité de se reposer tant il cherchait Rosie par tous les moyens possible.

Une nuit, alors qu'il prenait son énième dose de cocaïne, il reçu un appel : John. Il ne savait pas quoi faire. Devait-il répondre ? Pour lui dire quoi ? Qu'il n'avait pas retrouvé Rosie, que tout était parfaitement de sa faute ? Il hésita, longuement. Un appel, puis un deuxième et un troisième. Cela devenait urgent. Il décrocha finalement.

« Je suis un père indigne, Sherlock.

- John.

- Quel modèle puis-je être à ses yeux, si je suis constamment au travail où à t'aider dans tes enquêtes ? Je passe très peu de temps avec elle.. dit-il d'une voix mal assurée.

- John ! Tu n'y es pour rien ! C'est moi qui l'ait perdue. Elle était sous ma responsabilité. Veux-tu que je vienne ? Dit-il très rapidement.

- Non, reste où est-ce que t'es. Répondit John de manière sèche.

- T'es complètement bourré ?

- T'es complètement défoncé ? »

Ni l'un ni l'autre ne su quoi répondre, si bien que d'un commun accord, ils raccrochèrent pestant l'un contre l'autre.

Le médecin ne se rendait pas compte de la tournure des choses. Où peut-être s'en rendait-il trop compte qu'il préférait encore l'ignorer. Non seulement était-il un père indigne, mais un ami des plus misérable qui soit. Il se retrouvait seul dans cet appartement bien vide. Aucun son n'en sortait, ce lieu où rires et joies étaient partagés. Souffrances et peines également. Aujourd'hui ne résonnait que l'absolu silence d'un homme endeuillé. Les cadavres de bouteilles s'entassaient de plus en plus dans le salon, dans la cuisine. Il y en avait même dans la salle de bain, remplaçant gel douche et autres shampoings. Dans la chambre, il persistait un semblant de sobriété qui n'allait pas survivre longtemps.

Le détective dans son squatte, n'avait que très peu d'affaire si ce n'est sa cocaïne qu'il portait toujours sur lui en toute circonstance. Telle était la loi de la rue, la loi de jungle. Son nez étant devenu rouge et irrité, ses lèvres asséchées dévoilaient les premiers symptômes de déshydratation. Bientôt on ne distinguerait plus ses courbes sous sa chemise devenue trop large. Sa grande silhouette se transformait au fil des jours pour finalement devenir fantomatique. Il n'avait jamais atteint un tel point, même lors de l'affaire de Culverton Smith. Pourtant il avait là risquer sa vie, mais quelqu'un était là pour le rattraper, pour le sauver. Cette nuit là, dans ce squatte personne ne viendrait le sauver, car personne ne se souciait de son état pensant qu'étant Sherlock Holmes, il saurait endurer cette épreuve.

La perte d'un être cher est déjà quelque chose de bien difficile à vivre, certains vivent endeuillés pendant quelques mois, d'autres des années, une décennie, d'autres ne s'en remettent jamais. Chacun réagit de la façon qui lui semble la plus facile. Mais qu'en est-il de la disparition d'un enfant ? De la chaire de sa chaire, de la chaire de celui que l'on aime ? Perdre un être cher, c'est se rendre compte qu'il n'y a plus d'espoir de revoir un jour cette personne. Perdre un enfant, une jeune être humain qui a encore toute une vie à vivre, à apprendre, découvrir et expérimenter, c'est garder un espoir qui nous semble vain. Nombre de personnes sont toujours dans l'attente de retrouver leur enfant. Nombre de personnes ont abandonné l'idée de le revoir un jour. Nombre de personnes continuent les recherches jours après jours parce que vit en eux un espoir inextinguible.

Mais que faire lorsque cet espoir s'est retrouvé bafoué à plusieurs reprises ? Lorsque son cœur fut mis à l'épreuve deux fois par le passé ? Après autant de souffrances et de deuil, peut-on réellement être capable d'endurer la disparition de son enfant sans que cela ne nous atteigne ? Certains deviennent insensibles, d'autres hypersensibles, jusqu'à quel point ?

Malgré tout ce que la presse a bien pu dire sur les habitants du 221B Baker Street, il se trouve que John Watson ainsi que Sherlock Holmes soient réellement humains.

« Disparition de Rosie Watson : Sherlock Holmes camé jusqu'à l'os, John Watson au bord du gouffre !» titrait le Sun avec un photo montage digne d'un adolescent de 13 ans.

« Se pourrait-il que nous perdions le duo le plus célèbre d'Angleterre ? » enchérissait le Daily Mail.

Aucun journaliste ne se posait la vraie question, celle que tout être humain devrait se poser naturellement : si j'étais à leur place, comment est-ce que je réagirais ? Malheureusement l'être humain est devenu bien égoïste et préfère se dire qu'il est heureux puisque ça ne lui arrive pas et ne considère aucunement la douleur que pourrait subir ceux de son espèce, du moment qu'il est à l'abri. Personne ne l'est, ça pourrait très bien vous arriver demain, dans trois mois, dans un an. Personne n'est à l'abri pas même le plus grand cerveau de Londres.

Bien entendu, les exceptions confirment la généralité et certains citoyens voulurent venir en aide à ces deux hommes dans la tourmente. Une bonne partie de Londres s'activa, créant des affiches, des regroupements afin de chercher la petite Rosie. Une ville toute entière fut touchée. Une capitale. La maîtresse de l'école de Rosie demanda aux enfants qu'ils ne l'avaient pas vu, leur expliqua ce qu'ils devaient faire si jamais il la voyait. Greg constitua une nouvelle équipe destinée à guider les riverains dans leurs recherches. La Reine en personne ne semblait pas indifférente à l'entraide qui se déroulait dans les rues, selon certains dires. Cela suffirait-il ? Qui savait où se trouvait la petite Watson désormais, au bout de deux semaines et demie de recherches intensives…