Le plus blond des fils Potter

Tous les droits sont à l'auteur d'Harry Potter. Sauf pour l'intrigue.

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Merci à tout le monde et particulièrement à :

- dragoncelte, fidèle au rendez-vous. Et voilà la suite ! En espérant qu'elle te plaira :D

- lupina, en espérant que tu trouveras la réponse à tes questions...

- Nunki, avec un gros bisou de ma part (et, si tu veux des petits-neveux avec des noms pareils, il faudrait que tu demandes aux autres, parce que pour ma part c'est hors de questions :) )

(Maigre retard de publication non-prémédité (enfin pas totalement…) )

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Enjoy yourself !

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1989 - Septembre

Le vieil homme se pencha entre les cendres et saisit le paquet de langes qui hurlait. L'adolescent à ses côtés examina la frimousse blanche avec une horreur soudaine.

- Professeur, ces cheveux...

- En effet oui... Pour ce qu'elle a de cheveux, les reflets sont d'un blond...

- Mais ? Ne devrait-elle pas être r...

Le vieil homme se tourna et le scruta par-dessus ses demi-lunes avec une légère insistance. Amusé malgré la situation.

- Allons, mon garçon ; ne me dites pas que vous en aviez jamais douté.

Silence dubitatif et au final légèrement dégoûté.

- A vrai dire... Non.

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2007

"Je ne suis pas amoureux de ma sœur ! Je ne suis pas amoureux de ma soeur ! Elle est moche, plate, prétentieuse, colérique, incontrôlable, emmerdante, contrariante, adorable, joyeuse, vivante... Non ! Moche, plate, prétentieuse..."

Térence Potter, aîné d'une famille de dix frères et sœurs, meilleur élève de septième année à Poudlard, capitaine de l'épique de Quiditch de Serpentard, préfet en chef de la même maison (bien que théoriquement, il n'ait pas le droit d'accumuler ainsi les titres et fonctions) et garçon très couru du beau sexe, fixait le plafond de sa chambre avec une insistance maladive.

Quelques heures plutôt, il était rentré avec ces parents de cette soirée tant attendue du "Solstice d'hiver" de la Grande et malheureusement tout aussi Glaciale Narcissa Malfoy. Il y avait eu du beau monde, du beau linge et une désagréable sensation de connu, venu de nul part.

Pour l'heure, seul dans la cave de la maison de ses parents, devenue depuis peu sa propre chambre, il voyait autre chose dans cette soirée qui l'avait troublée et ne cessait de serrer les dents au souvenir de sa soeur.

Garence Potter, respectable jeune demoiselle bourgeoise, élève brillante elle-aussi du non-moins renommé collège Poudlard, préfète en chef et capitaine de la glorifiée équipe de Gryffondor, ce soir-là avait ébloui. Droite, élégante et souriante, elle était entrée sous des révérences gracieuses au bras de son petit frère Théodore.

Dans sa robe rien de spécial, sur son visage rien de remarquablement, mais dans l'ensemble un charme fou.

Elle avait ébloui beaucoup de gens, mais avant tout elle avait ébloui Térence, son frère et son jumeau.

Le jeune homme se maudit une fois de plus ! Non, il n'était pas amoureux de sa soeur !

Elle avait parlé, concédé, approuvé, réfuté, appuyé et dansé avec talent. Rien que d'y repenser, il ne sentait plus le bout de ses doigts. De toutes, elle avait été celle qui avait brillé le plus.

Et pourtant, en y réfléchissant bien, elle avait été comme toutes les autres. Il n'y avait rien eu de spécial dans sa robe, rien de remarquable sur son visage, et de finesse pas plus que d'autres. On l'avait vu danser, mais comme toute demoiselle respectable et respectée. Les voiles de soie, dans la réalité n'avaient que reflété la lumière des bougies.

Mais Térence, ce soir-là, n'avait pas vécu dans la réalité. Il savait, il savait qu'en jouant à ce jeu-là, il allait se perdre. La prendre dans ses bras, l'embrasser et la faire rougir. Depuis le début de l'année, il s'était corrompu à ne plus la voir comme une soeur. Depuis cette histoire de charmes d'illusion.

Mais ce soir, bel et bien, il avait du se rendre à l'évidence. Elle était sa soeur. Le même sang, la même origine, le même sein. Et un homme ne pouvait aimer sa soeur.

Et pourtant, il en mourrait, il aimait sa soeur. Il se persuadait de tout. Qu'elle n'était pas vraiment sa vraie soeur et que les liens de familles n'avaient pas leurs mots à dire dans les histoires d'amour.

Pourquoi il était dans cet état ? Parce que ce soir, elle l'avait embrassé. Elle l'avait embrassé. Comme lui l'avait embrassée auparavant. Pour rire. Pour lui rendre la monnaie de sa pièce. Seulement, l'un des deux se serait-il douté qu'il ressente cela avec tellement de vigueur, d'enthousiasme et de plaisir? Il se persuadait que lui non.

Elle l'avait embrassé, et il avait dit oui à Malfoy. Pour se persuader qu'il n'était pas amoureux. Il ne pouvait l'être. Elle était sa soeur.

Et tout à coup, en plein milieu de ses pensées, dans la noirceur de la nuit :

- Cache ta joie surtout Granger !

- Oh ! Ça va, la fouine, je ne t'ai pas sonné! A cause de toi on a faillit se faire repérer, abruti !

- Regardez-moi cette chochotte ! C'est bon, les mioches Potter sont couchés depuis bien longtemps et Madame Rouge-Carotte aussi à l'heure qu'il est.

- Arrête de l'appeler "Madame Rouge-Carotte" ! Est-ce que je t'appelle "Monsieur Citron", moi ?

- Alors-là je ne vois pas du tout le rapport, Granger!

Ces voix s'élevaient du perron qui donnait tout près de sa chambre. Tout d'abord pétrifié, le jeune homme ne bougea, surpris et mal assuré.

Et puis quelque chose le troubla. Il connaissait ces voix. Il ne savait pas d'où, mais il les avait déjà entendues. Il aurait soudain aimé voir leurs visages, mais le moindre mouvement aurait alerté de sa présence.

Peu à peu alors, il attendit que les silhouettes viennent d'elles-mêmes dans son champ vision. A droite, l'homme était grand. Sous couvert d'une cape noire, il dissimulait une carrure d'homme d'arme. Son visage était caché sous un masque blanc.

Il eut à nouveau un mouvement de peur. Il fallait qu'il prévienne son père.

La femme à sa gauche était nettement plus mince. Elle avait ôté une seconde son masque. On distinguait les traits osseux de son visage. La silhouette anguleuse et maigre, elle n'avait pas dormi depuis longtemps. Avec une certaine grâce néanmoins, elle remit son masque.

Alors, Térence se reprit et se concentra sur l'esprit de son père.

- Potter ! Beugla-la première voix.

La jeune femme fit volte-face et lui balança une baffe sur le crâne.

- La ferme, sale fouine ! J'ai dit !

- Arrête de m'appeler "sale fouine" et ça ira sûrement mieux !

Harry Potter était devenu un puissant sorcier et ses pouvoirs en occlumancie avaient considérablement augmenté avec les besoins du combat et de la guerre. Il avait atteint un tel niveau maintenant, qu'il était capable de fermer son esprit à l'ennemi, tout en l'ouvrant complètement pour sa femme et ses enfants. Térence tout naturellement depuis qu'il avait l'âge de comprendre cette science utilisait ce canal comme tous ses frères et sœurs pour entrer en contact avec son père.

La voix qui lui répondit ce soir là était absente et distraite. Il insista.

"Y a deux mangemorts sous ma fenêtre."

"Qu'est-ce que tu racontes ?" se réveilla la voix.

"Je te jure ! Ils ont des capes noires et des masques de mangemorts. Je n'arrive pas à voir s'ils ont la marque..."

"C'est pas vrai... Ne bouge surtout pas ! J'arrive..." Et le canal fut coupé.

A l'extérieur maintenant, on entendait juste le bruissement calme des capes au sol.

Le jeune homme, loin d'écouter son père, allongea le bras pour saisir sa baguette, puis la jambe pour se tirer de son lit. Côte à côte, les silhouettes remontaient tranquillement le perron, muettes.

Doucement, il avança jusqu'à sa fenêtre. Dans un éclair de lucidité, le jeune homme se demanda si ces deux personnages étaient de vrais mangemorts. Techniquement, les mangemorts avaient peur d'Harry Potter et ne discutaient pas de banalités dans le jardin d'un ennemi. Mais la curiosité était trop forte.

Sans faire le moindre bruit, il saisit la poignée et lentement la fit tourner pour se retrouver dehors.

Les mangemorts avaient disparu. Plus de bruit de capes, plus de bruit de pas, hors de vue. Térence avança prudemment de quelques pas.

Paf !

D'un coup, il ne put plus faire un seul mouvement. Stupéfixé en plein sur la terrasse. Et tomba raide au sol.

- Ça ne va pas chez toi la fouine ! C'est un des fils Potter.

- Du calme ! Je ne pouvais pas savoir. Et puis, il est brun.

- Abruti...

Dans un bruissement de capes, les deux silhouettes réapparurent dans le halo de la lune et s'approchèrent du jeune corps inanimé jusqu'à lui cacher le ciel.

- Je ne savais pas que Potter ou l'un des Rouge-Carottes avait des épaules aussi carré. On dirait presque les miennes, hé !

La jeune femme leva les yeux au ciel tout en serrant les dents, puis se pencha sur le jeune homme afin le détailler.

- Ce doit être le plus grand des jumeaux. Térence.

- Enchanté Térence, lança l'homme encore encapuchonné en lui tendant la main pour le saluer.

Froid devant le masque, déconcertant derrière.

- Tu ne vois donc pas qu'il est stupéfixé, imbécile!

- Ça va l'rat de bibliothèque ! Si on ne peut même plus faire de l'humour maintenant...

La sorcière sortit alors sa baguette de sous sa cape et la pointa calmement sur Térence. Le jeune homme eut un mouvement de recul intérieur, pas très optimiste. Pourquoi avait-il quitté sa chambre déjà ? Ah oui ! Pour jouer les héros... Finalement, il aurait pu tout aussi bien y rester et laisser son père s'occuper de ses mangemorts.

- N'y pense même pas, sale fouine ! Menaça une voix dans leur dos.

Les deux mangemorts firent volte-face. Térence aurait bien voulu faire pareil, mais, il était, comment dire... coincé.

- Potter ! S'exclama la première la jeune femme. Absolument sans crainte.

Contre toutes attentes, loin de s'inquiéter, elle se dirigea vers le père de Térence avec un certain soulagement, et pour ce que pouvait voir le jeune homme, le prit dans ses bras. Harry lui rendit son étreinte avec une chaleur que son fils ne lui connaissait guère. L'autre mangemort resté près de lui dévisageait les deux jeunes gens avec méfiance avant de marmonner dans sa barbe :

- Pourquoi c'est toujours moi qu'on accuse en premier...

La jeune femme libera son père.

- On est tombé sur ton fils en arrivant. Malfoy l'a stupéfixé.

Malfoy ?

- Oui, c'est Térence, expliqua-t-il en s'approchant de son fils et souriant calmement. Sa chambre donne sur la passerelle que vous avez traversée. Ne t'inquiète pas ! Un sort d'oubliette, et demain il aura pour seul souvenir celui d'avoir parfaitement dormir.

- Tu uses de ce genre de magie avec tes propres enfants, Potter ? Tu me déçois de plus en plus.

- Oh ça va, Malfoy ! Ne me fais pas la morale ! Tu as fait pire. Vraiment pire.

Malfoy ? Comme Draco Malfoy ? Draco Lucius Malfoy ? Le pire mangemort que le monde des sorciers est un jour connu?

- Harry, calme-toi, il n'en vaut pas la peine, tempéra la sorcière, une main sur son épaule.

- Je ne te le fais pas dire... grogna-t-il.

Pour la première fois, Térence vit pour la première fois un certain dégoût dans le regard de son père.

Néanmoins, Harry continua de s'approcher de lui pour lui ôter ce peu de mémoire et le renvoyer se coucher sans discussion, quand tout à coup :

- Harry ?

La voix claire de sa mère résonnait tout près, au détour du coin. Ce fut la panique à bord. Où se cacher ? Ginny ne devait pas les voir.

- Sur le toit, murmura Harry.

- Tout va bien, Harr... ?

Trop tard. Ginny Weasley avait déjà tourné le coin de la maison.

Les deux mangemorts se figèrent avec une suspension impressionnante à bout de bras entre la gouttière et les premières tuiles. A découvert. Ginny Weasley pointa sans attendre sa baguette sur les deux silhouettes noires. Ils ne firent aucun mouvement pour l'éviter. Tout au plus, ils échangèrent un regard, amusé pour l'homme d'arme et fatigué pour sa partenaire. Térence serra les dents, cette fois la peur au ventre. Harry ne bougea plus non plus. Fini la recherche de la cachette pour échapper à la furie aux cheveux rouges ?

La jeune mère avança vers eux, sa baguette toujours fermement pointée tour à tour sur leur poitrine d'agresseur. Peu à peu, les deux corps encapuchonnés relâchèrent leurs prises et se tinrent en équilibre sur le rebord de la balustrade. Pas un mouvement brusque. Térence toujours au sol.

- Descendez !

Harry restait toujours aussi muet et figé. Les deux autres obéirent.

- Posez vos baguettes au sol !

Pourquoi obéirent-ils à nouveau ? Parce qu'elle était Ginny Weasley, femme au foyer autoritaire et femme à avoir toujours affronté de sang froid la guerre au côté de son mari? Peut-être aussi, parce qu'une rumeur courait qu'elle avait tué un des plus puissants mangemort lors de la Bataille. Rumeur d'ailleurs qu'elle avait rapidement démenti. Le jour de la Bataille, elle était restée au QG de l'ordre, enceinte des jumeaux. Fixant, Harry Potter, ils s'exécutèrent et posèrent leur baguette au sol. Elle se rapprocha encore d'eux. Son mari murmura enfin d'une voix grave et assurée :

- Calme-toi Ginny... Ce ne sont pas ceux que tu crois...

- Il est quatre heures du matin, mon fils est stupéfixé en plein jardin, ils portent des habits de mangemorts et tu voudrais que je ne crois pas ce que je crois ?

Léger silence.

- Sans vouloir te vexer, Weasley, si on avait été de vrais mangemorts, ton fils ne serait pas stupéfixé mais mort.

Vrai silence. De mort celui-là.

Le visage de la jeune mère se crispa tant que presque il se tordit. Blanche, glacée et terrifiée. Hors d'elle aussi, au profond du profond. Son mari, apparemment désespéré, enfouit son visage dans ses mains et se lamenta de la stupidité d'un certain "décoloré", tandis que la jeune partenaire de l'orateur éminent se frappa la tête et lui balança violemment un coup de poing dans l'épaule, furieuse.

- Eh ! Bien ! Vas-y, abruti ! Donne-lui nos prénoms tant qu'on y est !

Puis, elle se tourna vers Ginny Weasley et retira son masque avec élégance admirable et des traits toujours aussi usés et blasés.

- Her...

Révérence.

- Hermione Granger, oui. Avec dix-sept ans de plus et des rides au coin des yeux.

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1989 - Septembre

- Il est bien évidement que je requiers ton silence absolu pour cette mission. Avec tout le soin que Voldemort a pris pour s'en débarasser, il va de soi que sa vie est en danger si Voldemort venait à apprendre qu'elle était toujours en vie.

L'adolescent acquiesça gravement et prit avec délicatesse le paquet de lange calmé dans ses bras. Il entreprit de défaire les couvertures afin revêtir la jeune enfant d'habits plus conformes. Mais soudain alors, il devint pâle. Confus même. Et il se tourna vers le vieil homme, lui désignant pudiquement ce qu'il venait de découvrir.

- Professeur, il semble que nous ayons un autre problème...

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See you soon !

Reviews pour la suite - et si quelque chose vous échappe bien entendu xD (sinon, pas d'inquiètude, des scènes entre Hermione et Draco ne vont pas tarder. Patience... Patience...)