Yop ! Nouveau chapitre de fic ! Celui-là, je me suis particulièrement amusée à l'écrire, j'espère que vous prendrez plaisir à le lire.

Ah, et je voudrais m'excuser des faux espoir que j'ai fait aux amateur(e)s de Royai. J'ai pas pu m'empêcher de foutre le doute au début de cette fic, je sais que c'est pas sympa pourtant ! Jle frais plus (enfin j'essayrais de plus le faire en tout cas)

Sur ce bonne lecture à toutes et à tous (au cas ou y'a des mecs qui passent par là ce qui est peu probable)


J – 7 Où les convictions d'Edward Elric en prennent un sacré coup.

Réveillé à six heures et quart par son réveil matin, Roy se redressa, les yeux dans le vague, puis tourna les yeux vers son calendrier. Dans une semaine, jour pour jour, il était censé se marier. L'idée lui arracha un sourire. Faire semblant de se marier avec le Fullmetal… une idée fumeuse avec laquelle il était sûr de faire scandale, a défaut d'échapper aux petites fleurs et à la cérémonie.

Il se leva, lança son café et alla prendre une douche. En ressortant, presque frais et dispo, il prit sa chope et s'assit sur la seule chaise de l'appartement qui n'était pas couverte d'une pile de paperasses (ou d'autres choses bien pires). Une fois encore, il se dit que c'était un peu too much, et songea à l'opportunité de ranger son appartement. Mais il n'avait pas le temps de faire maintenant, tandis qu'il savourait son café en se préparant à sa journée, la dernière avant son jour de repos. Il se sentait d'une indécrottable bonne humeur. Il regarda le téléphone trônant par terre au milieu du bazar ambiant, et un sourire lui vint.

Oh oui, ce serait une douce vengeance.

O¤O¤O¤O¤O

- Edward… Edward réveille-toi, murmura Al en le secouant doucement.

- Mmmm…

Des coups étaient frappés à la porte avec une régularité policée.

- Edward Elric est demandé en bas, annonça la voix de l'hôtelier.

- Mais quoiiiiiii ? grogna-t-il en se redressant brusquement.

- Ils te demandent en bas.

- Kissa ? demanda le petit blond d'une voix pâteuse.

- Je sais pas moi ! Faudrait aller voir pour le savoir.

C'est ainsi qu'Edward Elric descendit les trois étages totalement au radar en essayant de remettre en place son débardeur totalement tirebouchonné. Etant donné le standing de l'hôtel, son arrivée à l'accueil en caleçon et débardeur, pas coiffé et pas réveillé resta dans les annales pour tous les témoins de la scène.

- On vous demande au téléphone, expliqua simplement la femme de l'accueil en désignant la troisième cabine.

- Je vois… grogna-t-il.

Il y a une seule personne pour me pourrir la vie aussi tôt, pensa-t-il en claquant la porte de la cabine.

- Allo ? grogna-t-il.

- Allo, Fullmetal ! fit une voix joyeuse. Quel plaisir d'entendre ta voix douce et mélodieuse…

- Qu'est-ce que vous me voulez ?

- Oh, tu as l'air de t'être levé du pied gauche… Tu as mal dormi ?

Tu parles, j'ai fait une nuit blanche, grâce à ce que tu m'as balancé hier soir.

- J'ai connu des nuits plus longues, répondit-il simplement.

- Au fait, ce que j'ai dit hier soir… C'était une blague.

- Hein ? Z'auriez pas pu le dire plus tôt ?

- Tu as raccroché trop vite pour ça, mon petit…

- QUI EST TELLEMENT PETIT QU'IL A BESOIN D'UN ESCABEAU POUR ATTEINDRE LE TELEPHONE ? !

- Mais toi, voyons ! répondit l'homme d'un ton d'évidence.

JE VAIS LE TUER…

- Plus sérieusement, ce n'était pas vraiment faux, mais nous n'en arriverons jamais là. Ne t'inquiètes pas, ta virginité sera préservée.

- Mais… CONNARD ! TU SOUS ENTENDS QUE JE SUIS PUCEAU, LA ? !

- Parce que ce n'est pas le cas ? demanda-t-il d'un ton innocent.

Je le hais, je le hais, je le hais.

- En tout cas, c'est bien, tu t'habitues vite à me tutoyer. Peut-être même que nous serons convaincants ce soir !

- Ce soir ?

- Et oui, je t'invite au restaurant, expliqua-t-il. Cuisine de Xing.

Et là, fait physique totalement indépendant de sa volonté, Edward se mit à saliver. Une invitation au restaurant alors qu'il est à jeun était le meilleur moyen connu de se mettre le Fullmetal Alchemist dans la poche, et si ça n'était pas de notoriété publique, un certain nombre de militaires le savait.

- Si nous nous donnons rendez-vous, même endroit, même heure, ça te va ?

- Vous tenez vraiment à se qu'on se revoie ?

- Il le faut, fit-il d'un ton solennel.

En cet instant, le petit blond se demandait surtout comment il réussirait à le revoir sans céder à la pulsion irrépressible de lui donner un coup de poing dans la gueule.

- Donc, je résume : vous m'avez traité de nabot et de puceau, juste pour me dire que le rendez-vous serait le même ?

- Et que tu t'habilles bien, c'est un restau chic.

- Chuis toujours bien habillé, gronda-t-il.

En cet instant précis, il manquait cruellement de crédibilité.

- Et bien, que tu t'habilles encore mieux, fit la voix narquoise de son supérieur.

- C'est tout ?

- Oui.

- ALORS POURQUOI TU M'APPELLES A SIX HEURES DU MAT ?

- Petite vengeance pour hier, pourquoi ?

Edward bafouilla, cherchant une insulte suffisamment forte pour exprimer son ressenti, puis lui raccrocha au nez sans trouver.

- Alors, c'était qui ? demanda Alphonse d'un ton inquiet.

- Je retourne me coucher, grogna son frère en guise de réponse.

O¤O¤O¤O¤O

Intérieurement ravi d'avoir mis Edward en pétard, Roy finit de se préparer et profita des minutes restantes pour mettre un peu d'ordre dans sa salle de bain (qui, comme tout son appartement, en avait grandement besoin.) puis il parti à son bureau, gai comme un pinson. Le regard peu aimable d'Hawkeye et la pile de dossiers qu'elle amena dans son sillage n'entamèrent en rien sa bonne humeur. Cela laissa tout le bureau perplexe. Havoc et Breda se comportèrent en parfaite commères à cette occasion, passant autant de temps devant la machine à café que derrière leur bureau.

- D'habitude, il fait cette tête-là quand il a un rendez-vous galant.

- Mais… j'avais pourtant l'impression qu'il avait la phobie des femmes depuis l'annonce de son mariage.

- Je sais pas… ça voudrait dire qu'il fréquente une fille dont il est amoureux ?

Il y eu un silence éloquent.

- Naaaan, pas possible… fit Havoc en riant nerveusement. On tombe pas amoureux comme ça… en plus il disait encore hier qu'il se marierait avec personne !

Ils changèrent de sujet et lâchèrent l'affaire. Pour eux, Mustang amoureux, c'était comme un Kimblee gentil : une situation contre-nature. Et parler de trucs aussi anormaux les mettaient cruellement mal à l'aise.

- A moins qu'il se prépare à se déclarer à Hawkeye, lâcha Breda en revenant sur le sujet.

- Kewa ? croassa Havoc.

- Ben oui, si, comme on le pense, elle en est amoureuse, proches comme ils sont, il l'a surement deviné. Il se dit sans doute que c'est la seule personne qui puisse le supporter au quotidien, puisque c'est déjà le cas…

- Oui mais non ! L'aider à remplir ses paperasses n'a aucun rapport avec une quelconque relation amoureuse…

- Moi je dis que c'est la partie visible de l'iceberg.

- Non, je ne peux pas les imaginer ayant une relation…

- Je peux savoir ce qui vous passionne au point que vous délaissiez votre travail si longtemps ? murmura une voix glaciale.

Oh merde ! Hawkeye !

J'espère qu'elle ne nous a pas entendu, parce que sinon on est bon pour devenir des passoires !

- Retournez bosser, fit-elle d'un ton inflexible.

Ils détalèrent sans demander leur reste, et se plongèrent fébrilement dans leur travail, trop heureux de ne pas avoir à se justifier. Mais quand elle revint dans la pièce avec un café et qu'elle l'amena dans le bureau du Colonel ou elle passa plusieurs minutes, les deux hommes échangèrent un regard éloquent.

O¤O¤O¤O¤O

- Bonsoir Edward, fit poliment Roy en arrivant à la fontaine, ou il se trouvait justement assis, exactement au même endroit et dans la même posture que la veille, à cela près qu'il était beaucoup plus loin dans sa lecture.

- Bonsoir Colonel, fit-il d'un ton neutre.

Il se redressa, fermant son livre après y avoir glissé un marque-page, puis le glissa dans une besace en cuir qu'il ne lui connaissait pas et se leva. A ce moment-là seulement il pu évaluer sa tenue, qui était sobrement composé d'une chemise rouge et d'un jean noir.

- Tu ne résistes pas à la tentation de porter des couleurs vives, n'est-ce pas ? fit simplement Roy qui portait une chemise blanche, tenant à la main sa veste noire.

- C'est grave ? grogna-t-il.

- Non, c'est pratique pour te repérer.

Et ça te va bien.

Ils se mirent à marcher, sans un mot de plus, trainant dans les rues encore animées. L'un comme l'autre rechignait à parler, faute d'avoir l'énergie de se disputer une fois de plus. D'autant plus que Roy était fatigué par sa journée de travail, et les coups de téléphones de sa famille qui tenaient à faire un double menu pour ne pas gêner les végétariens lui avait un peu pompé l'air. Tout à ses réflexions, il lui fallu cinq mètres pour s'apercevoir qu'Edward n'était pas à sa gauche comme il le pensait. Il se retourna avec un sursaut pour s'apercevoir qu'il s'était arrêté net devant une vitrine. Le beau brun fit demi-tour pour le rejoindre et voir ce qui avait provoqué cette réaction. C'était un magasin vendant toutes sortes de pierres, grès, diamants.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

La devanture est jolie, mais pas de quoi s'extasier non plus pendant des heures…

Mais le petit blond restait figé, dans un air de profonde réflexion.

… non ?

- Tu veux qu'on y entre ? finit-il par dire.

Il hocha la tête et poussa la porte sans attendre, partant fureter dans les rayons, fouinant dans les bacs et tiroirs contenant les pierres qui semblaient être les plus banales. Les diamants et autres pierres précieuses étaient bien évidemment sous clé. Roy jeta un coup d'œil à celles-ci, particulièrement fasciné par ces pierres nommées œil de tigre qui avaient des reflets moirés couleur or et terre de sienne, et découvrant des pierres éclatantes. L'amusant était qu'à chaque fois, une seule pierre par bac était ouverte ou polie, les autres étant à l'état de pierre brute, mais une pierre au cœur duquel dormait un rubis ou une émeraude. Il y avait effectivement quelque chose de magique la dedans. Puis il rejoignit Edward qui était accroupi dans un coin obscur, en train de fouiller le tiroir le plus bas, sortant différentes pierres pour les regarder à la lumière et les reposer. Il en sortit une, cubique et grosse comme son poing et se précipita à la caisse avec un cri de victoire.

- Excusez-moi monsieur, pourrais-je vous acheter ces pierres ?

- Evidemment.

- Un aussi beau pyrite à se prix, c'est une aubaine ! Et vous avez des pierres contenant du platine, de l'autre côté !

- Oh, je vois que vous êtes un connaisseur !

- Ehehehe… fit fièrement Edward en sortant l'argent. Vous aussi, vos rayonnages sont impressionnants. Vous faites aussi dans les métaux rares ?

- Pas vraiment, nous vendons généralement des pierres brutes mais certaines en contiennent comme vous l'avez fait remarquer… C'est rare de voir un jeune homme comme vous s'intéresser à des pierreries, vous faites dans la joaillerie ?

- Pas du tout, je suis alchimiste. Mais j'ai une amie qui serait très intéressée.

- Elle est joaillère ? tenta-t-il de nouveau.

- Non, elle fabrique des automails.

- Oh, voila qui est intéressant !

Sentant qu'il risquait de rester coincé longtemps dans cette boutique poussiéreuse pendant un long moment s'il laissait les choses se faire, Roy s'autorisa un toussotement.

- Hum, je suis désolé, fit le petit blond à contrecœur, nous sommes assez pressés.

- Vous n'avez qu'à prendre ma carte de visite, fit le vieil homme avec un sourire édenté. Revenez quand vous voulez !

- Merci beaucoup ! Bonne soirée !

Edward ferma la porte derrière lui avec un sourire.

- Je ne pensais pas te voir un jour acheter des cailloux, commenta simplement Roy tandis qu'ils se remirent à marcher.

- Ce ne sont pas des cailloux, corrigea Edward, les sourcils froncés. Ça c'est un cristal de pyrite, ici, un fragment de quarts rose, cette pierre contient du bismuth, et celle-là de la platine. C'est un petit trésor !

- Mais tu va en faire quoi ?

- En faire collection.

- Pour ?

- Offrir à Winry des échantillons de métaux. Ca fait un moment qu'elle veut essayer tester de nouveaux alliages pour ses automails.

- C'est trop technique pour moi, avoua Roy.

- Oh allez, vous n'êtes pas si stupide !

- Et toi, tu n'es pas un cinglé pour aller fureter dans ce genre de magasins ?

Edward lui jeta un regard noir, renonçant à répondre, mais visiblement vexé. Mustang poussa un soupir, las de devoir affronter son mauvais caractère. Pourtant, il avait été tellement aimable avec le vendeur…

- Je m'intéresse à l'alchimie, c'est tout, marmonna le petit blond.

- Désolé…

Une fois encore, l'homme fit plusieurs mètres avant de s'apercevoir que son compagnon s'était figé. Il se retourna et lui jeta un coup d'œil interrogateur.

- Genre… vous vous êtes excusé, là, ou j'ai rêvé ?

- Non, tu as bien entendu, grogna Mustang en regrettant déjà d'avoir laissé échapper ce tic de langage qu'Edward ne méritait décidément pas. Qu'est-ce que tu fais ?

- Je note la date et l'heure dans mon carnet, répondit-il non sans cynisme. Ce genre d'évènement est suffisamment rare pour qu'il faille l'immortaliser.

- Je suis capable d'être aimable, je te signale ! cria-t-il avec humeur pour couvrir les quelques mètres qui les séparaient.

- Je suis pas convaincu !

- Tu n'as pas de leçons à me donner !

- Et vous encore moins ! s'exclama-t-il en refermant son calepin pour le remettre dans son sac. En plus, vous manipulez les gens dans votre intérêt personnel.

- C'est faux !

- Alors qu'est-ce que vous avez fait en me forçant à devenir votre petit copain de paille ? grogna-t-il en arrivant à sa hauteur.

Touché.

- Tu n'aurais pas été si insupportable…

- Vous ne m'auriez pas donné envie de me venger...

- Tu ne vas pas dire que c'est de ma faute en plus !

- Bien sûr que si ! Vous êtes un tel emmerdeur !

Roy s'arrêta pour se pincer la base du nez. Ils étaient à quelques mètres à peine du restaurant, mais ce n'était même pas la peine d'y entrer maintenant. Ils ressemblaient bien plus à un couple en plein divorce qu'à deux jeunes amoureux sur le point de se marier. Et, soyons honnêtes, c'était compréhensible. Et c'était un peu le but aussi, en choisissant quelqu'un de détestable, d'éviter à coup sûr que les choses dérapent. Mais là, il n'était même pas possible de faire illusion.

- Bon, Edward, tu n'es définitivement PAS convainquant, fit-il franchement.

- Vous non plus. Je me demande sérieusement comment vous arrivez à séduire les femmes.

- Simple question de volonté.

- Alors débrouillez-vous ! s'exclama Edward en partant. Vous devez être assez fort pour vous passer de moi.

-Tu renonces à mon invitation au restaurant ? fit le Colonel, conscient de frapper un point sensible.

- Oui, fit-il fermement.

Cela laissa Roy soufflé, quelques secondes.

- Et pourquoi ? parvint-il à demander.

- D'une part, vous êtes taré, d'autre part… Vous connaissez beaucoup de gens qui seraient prêts à faire semblant d'être amoureux d'une personne qui les méprise à ce point et à accepter d'être humilié en permanence, juste pour de la bouffe ?

- Mais je ne t'humilie pas !

- Tu parles !

- Edward, je suis dans une merde noire si tu me lâches.

- Bah restez-y !

La porte du restaurant s'ouvrit alors qu'Edward passait à côté, et une odeur littéralement divine vint lui chatouiller les narines. Il ralenti, légèrement mélancolique à l'idée d'abandonner ce repas.

- Tu es sûr que tu ne veux pas y entrer ? demanda insidieusement Roy une fois à sa hauteur.

- Pas tant que vous êtes aussi condescendant avec moi.

- Alors j'arrête d'être désagréable.

- On ne peut pas changer sa nature profonde, fit-il en le regardant d'un œil torve.

- Alors j'imagine que tu ne peux pas arrêter d'être un petit teigneux.

- Je ne suis pas PETIT !

- Ecoute, faisons un marché, proposa l'homme à voix basse. A partir du moment où on aura passé cette porte, on arrête de se balancer des vacheries, tous les deux.

- C'est duuur… grogna Edward, visiblement peu enthousiaste.

- Mesure le sacrifice que je fais pour toi, répondit-il du tac au tac.

Edward lui lança un coup d'œil comme pour juger de son sérieux. Puis il regarda l'entrée du restaurant avec des yeux presque larmoyant d'envie.

- Marché conclu, marmonna-t-il en lui tendant la main.

Après une poignée de main qui scella leur accord, ils firent les quelques pas qui les séparaient de l'entrée. Edward écrasa soigneusement les orteils de son supérieur d'un coup de talon juste avant de passer le seuil.

- Tricheur… marmonna l'homme entre ses dents, tout en lui tenant galamment la porte.

Edward répondit par un sourire aimable. Roy poussa un soupir et sourit à son tour, d'un air un peu plus forcé toutefois. Puis lui tendit le bras et tous deux se dirigèrent vers le serveur avec la même expression vertueuse sur le visage.

O¤O¤O¤O¤O

Une fois installés en bonne place et carte en main, ils gardèrent un silence méditatif, feuilletant les menus avec soin. Edward l'avait prit par la fin, sautant la carte des vins pour arriver directement aux menus les plus chers et chercher dans ceux-ci le premier qui lui plairait. Il sauta le menu aux fruits de mer et se laissa tenter par un poulet à l'impériale, précédé d'une double assiette d'assortiments en guise d'entrée et accompagné de riz cantonnais. Il allait se faire plaisir, il le sentait. Les odeurs qui flottaient autour de lui réveillaient son estomac déjà très attentif.

Quand le serveur vint prendre la commande, le petit blond annonça le menu choisi tout en jetant un coup d'œil à son supérieur qui eu le sourire triste de ceux qui savaient déjà ce qui allait arriver mais le prenaient avec philosophie. Il annonça aimablement sa propre commande au serveur, à laquelle il ajouta une bouteille de vin. Puis il y eu un silence calme à leur table. Ils n'avaient plus de cartes derrière lesquelles se cacher, mais faute de savoir commencer une conversation autrement que par un sarcasme, ils étaient condamnés à se regarder droit dans les yeux en silence, et sans animosité (apparente, du moins).

Edward s'y exerça avec une belle sérénité. Il faut dire que le Colonel lui paraissait toujours plus agréable lorsqu'il était silencieux. Et puis, ses yeux plantés dans les siens, il avait l'impression de mener une joute silencieuse, comme si l'homme pouvait capter toutes ses pensées d'un seul de ses coups d'œil aux yeux sombres… L'idée le réjouit, étant donné qu'il était encore en train d'en penser beaucoup de mal. Il continua à scruter ses yeux, admiratif malgré lui, happé par leur opacité presque effrayante. Parce qu'il était impossible de deviner ce qui se passait derrière ce genre de regard, Edward se sentit peu à peu mal à l'aise, glacé par l'impression que son propre regard trahissait la moindre de ses pensées. Il fut donc terriblement soulagé quand son assiette d'entrées arriva sous ses yeux et qu'il eu un prétexte pour fuir ses orbes sombres. Il posa sa main gauche, s'attendant à trouver le contact familier d'une fourchette, qui se fit irréparablement absente. Il ne pu réprimer complètement une espèce de couinement de désespoir.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Roy d'une voix douce en prenant les baguettes qui se trouvaient à sa droite.

- Les couverts…

- Il n'y en a pas.

Ca y est, il a trouvé le moyen de me rendre ridicule sans que je puisse l'accuser.

Edward était furieux. Il le regarda prendre les deux baguettes dans sa main droite d'un geste expert et commencer à manger sa propre assiette d'entrées. Puis il baissa les yeux vers sa propre assiette avec une expression de désarroi profond. A tel point que Roy releva les yeux vers lui avec un soupir.

- Edward ?

- Oui ?

- Ne t'inquiètes pas, ce n'est pas si compliqué. Tu prends la première comme ça, fit-il en lui montrant comment coincer la baguette de bois entre deux doigts, puis tu tiens la deuxième par-dessus, un peu comment on tient un crayon.

- Comment vous tenez votre crayon, vous… marmonna-t-il en bataillant le plus discrètement possible avec les deux baguettes, jusqu'à les tenir comme le faisait Mustang.

Celui-ci ne releva pas la remarque et attendit tranquillement qu'il ait réussi à tenir ses baguettes correctement.

- Maintenant, il suffit de baisser celle du haut pour pincer ce que tu manges pendant que cette du bas reste immobile, comme ça, continua-il en le faisant avec une facilité écœurante. Pour le reste, je pense que tu connais la méthode.

- Merci, marmonna le petit blond d'un ton gêné avant de s'attaquer à son assiette.

Roy resta silencieux, surpris de l'entendre le remercier, et regarda ses baguettes faire leur premier pas dans l'assiette comme le ferait un faon aux jambes flageolantes. Enfin, il parvint à attraper une boulette de viande qu'il happa du bout des lèvres. Il savoura sa victoire, fermant les yeux en sentant la bouchée fondante, parfumée bien au delà de ses espérances. Après avoir avalé la première bouchée de se repas, émerveillé, il rouvrit les yeux et attaqua le plat avec un enthousiasme redoublé, dévorant peut-être encore trop vite pour savourer les plats dans toute leur splendeur. Une fois moins affamé et un plus gourmet, il leva les yeux pour savourer son beignet de crevette et s'aperçu que Roy le regardait avec une lueur narquoise.

- Qu'est-ce qu'il y a ? souffla-t-il, sur la défensive.

- Oh rien.

- Alors pourquoi vous me regardez comme ça ?

- Difficile de résister à la tentation d'admirer d'aussi beaux yeux.

L'effet fut immédiat : les baguettes lui échappèrent des mains tandis que le rouge lui montait violemment au joues. Il savait bien que son supérieur n'en pensait pas un mot, mais personne n'avait jamais eu l'idée de lui dire un truc pareil, même pour rire. Et ça le prenait terriblement au dépourvu. Il passa bien une minute à patauger seul dans son malaise pour reprendre contenance sous l'œil pétillant d'un Mustang intérieurement ravi de l'avoir perturbé avec cette efficacité.

Enfin, Edward retrouva le courage d'épiloguer et de reprendre son repas, tandis que ses pensées moulinaient énergiquement.

Ok, j'ai pris l'engagement d'arrêter d'être sarcastique. Il en profite pour se foutre de moi en me draguant.

Je me ferais plus avoir à ce jeu-là.

Maintenant que je le sais, rien ne me surprendra de sa part.

Fort de cette résolution, il reprit son assiette, se promettant de foncer dans le tas à la prochaine occasion. Puis il perdit son enthousiasme quand il se rappela qu'il ne savait même pas par quoi débuter une conversation posée. Il lui fallu le temps de finir son assiette pour trouver une phrase anodine.

- Alors, quoi de nouveau au QG ? fit-il tandis qu'un serveur leur enlevait leurs plats.

- Pas grand-chose pour tout dire… Toujours autant de paperasses, quelques nouveaux militaires, et toujours le même genre de potins…

- Je vois… ça doit être assez ennuyeux tout de même, comme travail, fit Edward avec une certaine sincérité.

- Oh, ça va, cette affaire de terrorisme nous donne tout de même suffisamment de fil à retordre pour qu'on ne s'endorme pas dans nos dossiers… Et la nouvelle bibliothécaire est extrêmement sympathique.

- Celle à qui vous avez fait visiter tout le quartier général ?

- Oui, tout à… Comment es-tu au courant de ça ? !

- J'ai mes sources, répondit le petit blond avec un sourire serein.

Et pan ! Dans les gencives !

- Je vois… répondit Roy, tenant élégamment son verre de vin à la main. Que veux-tu, dans ce genre de travail, il faut perpétuellement briser la routine en s'inventant quelques fantaisies…

Comme draguer les collègues ?

Oh bon sang, qu'il est difficile de tenir une conversation sans être cynique ! pensa le petit blond avec un soupir.

- C'est vrai que je n'ai pas ce souci, continua-t-il tout de même. Les missions que vous m'attribuez sont en général assez sportives pour que je ne m'ennuie pas.

- C'est vrai que ne te donne pas les missions les plus faciles.

- Vous l'avouez vous-même.

- Mais je ne connais personne d'autre qui serait capable de régler cela de manière aussi spectaculaire.

Je sens une connotation très désagréable dans ce mot, allez savoir pourquoi…

- Lire tes rapports est toujours tellement… Tiens, voila la suite ! s'exclama-t-il après être resté en suspens, renonçant visiblement à trouver un mot suffisamment équivoque pour le satisfaire.

Edward renonça à savoir l'adjectif qualifiant ses rapports en se disant qu'il ne l'aimerait probablement pas, et préféra faire honneur à son poulet à l'impériale. Il savoura paisiblement son orgasme gustatif, se disant que finalement, ça valait largement la peine de faire semblant d'apprécier la compagnie de son supérieur pour avoir le privilège de goûter à ces plats.

- Entre nous, je ne comprends pas trop l'intérêt que vous trouvez à lire mes rapports… fit-il d'un ton radouci. Il n'y a pas beaucoup de quêtes plus hasardeuses que celle de la pierre philosophale.

- C'est ce qui en fait tout le charme.

- Pour vous peut-être… Mais j'aimerais surtout trouver un moyen de rendre un corps à mon frère.

- Entrer en possession d'une pierre, autrement dit ?

- Je connais mon frère… il ne supporterait pas que son corps soit recréé à partir de la vie d'innocents… Si nous trouvions un autre moyen…

- Je vois… Tu penses qu'il existe une autre solution ?

- Non, marmonna le petit blond en fixant son verre. Je l'espère, mais sans trop y croire.

- Alors tu es prêt à utiliser la pierre pour lui rendre son corps ?

- J'aimerais que ça soit aussi simple.

Discuter de ça lui avait coupé l'appétit. Il avait suffit de trois questions pour mettre à nu l'impasse de ses recherches. Et penser à Al comme étant condamné à rester dans cette armure lui semblait encore plus insupportable maintenant qu'il avait avoué ce paradoxe.

Et voila, il m'a déprimé !

- Oh, je ne m'inquiète pas trop, tu es assez intelligent pour trouver une solution, fit son voisin de table d'un ton tranquille.

Attends, mais… Je parle à Roy Mustang, là !

Une lumière d'alarme s'alluma dans sa petite cervelle. Il se redressa brusquement, faisant de nouveau face à son interlocuteur, qui mangeait ses brochettes comme si la conversation était parfaitement anodine. Ce qui était loin d'être le cas pour Edward.

Je suis con ou quoi ? Qu'est-ce qui m'a prit parler de ça à ce type ? !

- J'vous permets pas, grogna-t-il avec une indignation réflexe.

L'homme releva la tête, surpris cette fois-ci.

- Eh bien… Tu tiens réellement à ce que je dise que tu es stupide, pour une fois que je ne le pense pas ?

Le petit blond leva vers lui un regard de chouette, surpris par sa réflexion et obligé par la même occasion de rembobiner le dialogue. L'espèce de compliment qu'il venait de faire le laissa tellement perplexe qu'il resta silencieux, la bouche entrouverte.

- Tu devrais manger ton poulet à l'impériale avant qu'il refroidisse, fit simplement remarquer son supérieur.

Après cela, le repas se passa dans le calme. Edward avait enfin réussi à dompter son agressivité, et quand Roy entama une discussion à propos de Xing, il se fit très intéressé. Parler de la bouffe ne manquait jamais d'intérêt à ses yeux, et quand le sujet dériva sur l'élexirologie, il n'en était pas moins ravi. Il était suffisamment captivé par la discussion pour oublier pour de bon à qui il avait affaire, et se retrouva même à raconter ses premiers essais d'alchimie, alors qu'il était un simple écolier. Ce fut l'occasion pour Mustang de lui parler à son tour de son maître, le père d'Hawkeye, qu'il décrivit comme étant un homme extraordinaire.

- Alors c'est par son intermédiaire que vous avez connu le lieutenant ?

- Eh oui…

- Vous avez de la chance d'avoir rencontré une femme aussi épatante !

- Je trouve aussi. Mais ton maître à dû te faire rencontrer des gens extraordinaires, non ?

La référence à son maître eu un effet immédiat. Edward se glaça sur place et devint littéralement bleu. Roy le regarda, légèrement perplexe.

- Non ?

- Elle se suffit à elle-même…

- C'est un beau compliment pour elle, commenta l'homme tout en notant dans un coin de sa tête que son maître était une femme.

- C'EST PAS UN COMPLIMENT ! J'AI JAMAIS VU QUELQU'UN D'AUSSI FLIPPANT !

- Ca doit être une qualité de sa part.

- Pourquoi vous dites ça ?

- Vu le niveau auquel elle t'a porté, elle doit être extrêmement forte.

- C'est pas faux, avoua Edward en détournant les yeux sans relever le compliment induit. Mais si elle me revoit, elle m'étripera.

- Pourquoi ça ?

L'adolescent tira sa montre à gousset de la poche pour la montrer à Roy Mustang avec un soupir. L'homme hocha la tête, signe qu'il avait compris et qu'il n'y avait pas besoin d'en dire plus.

- Les alchimistes d'état sont des chiens au service de l'armée, marmonna le petit blond. Le nombre de fois ou je me suis fait virer des auberges à coup de pieds quand ils apprenaient que j'en étais un…

- Ils ont raison de nous détester : Nous sommes tous les deux des traitres, fit remarquer Roy. La seule différence entre toi et moi, c'est que j'ai été assez naïf pour espérer changer les choses en entrant dans l'armée.

Edward jeta un coup d'œil à son supérieur dont le regard s'était perdu dans le vague. Pour un peu, il lui aurait tapoté l'épaule avec compassion. Il ne le fit pas, retenu par il ne savait pas trop quoi (et surtout parce que son geste pouvait être compris comme étant très ironique alors que pour une fois ce n'était pas le cas), mais cet instant de silence provoqua en lui un fort élan de sympathie. Qui disparu brusquement lorsqu'il vit qu'on apportait des couverts normaux à une table voisine.

Je suis sûr qu'il le savait. Il a fait exprès de ne pas le dire pour se foutre de moi.

Soudainement grognon, il regarda le serveur retirer leurs assiettes pour leur amener du thé accompagné d'une paire de petits gâteaux ayant vaguement une forme de croissants.

- Mais qu'eeeest-ce que c'est ? fit Edward d'un ton suspicieux.

- Fortune cookies, répondit Roy en sirotant son thé. Ce sont des beignets creux avec un message porte bonheur à l'intérieur.

- Quelle idée stupide… répondit simplement le petit blond en prenant à son tour son bol.

Mustang eu un sourire amusé et cassa son gâteau pour en sortir le ruban de papier.

- « Ne croyez pas une chose parce qu'une opinion générale la croit vraie ou parce qu'on en parle beaucoup. » de quoi méditer toute une soirée, commenta-t-il joyeusement.

- Trop cool… commenta ironiquement le petit blond.

- Et toi, quel est ton message ?

Edward haussa vaguement les épaules tout en buvant tranquillement son thé, signe qu'il se désintéressait totalement de son gâteau porte bonheur. Voyant l'absence de réaction de son subordonné, l'homme l'attrapa et le brisa en deux, récupérant le papier qu'il lu en haussant un sourcil, avant de réprimer un fou rire.

- Qu'est-ce qu'il y a ? j'ai une malédiction ?

- Au contraire : « Ne cherchez pas l'amour, il est déjà sous vos yeux. » Tu es chanceux ! commenta-t-il non sans ironie.

- C'est quoi ce message crétin ? grogna le petit blond en rougissant irrépressiblement. Et c'est MON gâteau, le bouffe pas !

- Je croyais qu'il ne t'intéressait pas, fit-il en lui tendant la coupelle contenant les miettes.

Edward le récupéra, le couvant avec un regard noir avant d'avaler les miettes.

- J'ai l'impression que tu manques un peu d'autodérision.

- Effectivement… C'est peut-être moi qui devrais épouser Black Hayatte, réflexion faite.

Roy le regarda avec des yeux ronds, amenant un rire victorieux dans la bouche d'Edward.

- On dirait que j'ai réussi à vous surprendre ! s'exclama-t-il joyeusement.

- Tant mieux si ça te réjouit.

Ils finirent de boire leur thé, bercés par cette espèce de complicité moqueuse qui était née peu à peu. A moins qu'elle ait toujours été là. Après tout, le Colonel avait toujours adoré être cynique avec Edward. Maintenant qu'il apprenait à se défendre, le jeu n'en était que plus intéressant. Il paya le serveur et tous deux sortirent dans l'air maintenant frais de la nuit d'été.

- Oh bon, sang, il fait déjà nuit ? s'exclama Edward.

- Eh oui, le temps passe vite quand on s'amuse, répondit Roy en glissant un bras sur son épaule.

Ils traversèrent la rue puis remontèrent le trottoir qui menait à leurs chemins respectifs.

- Alors, conquis par la cuisine de Xing ?

- Et comment ! Ce restaurant est fabuleux !

- Ce que j'aime bien avec toi, c'est que ça se voit quand tu es content.

Edward ne sut pas quoi répondre et continua à marcher en silence, vaguement troublé.

- C'est bien d'être avec quelqu'un qui sait apprécier la bonne cuisine, repris l'homme. Généralement les femmes picorent dans leur assiette et traquent les matières grasses.

- C'est dire si elles sont stupides !

- Tout à fait d'accord avec toi, avoua-t-il en pouffant de rire.

Ils arrivèrent à un carrefour qui signalait que leurs chemins se séparaient. Les rues étaient encore animées, et Edward sentit soudainement une pointe d'angoisse lui titiller l'estomac en devinant ce qui allait arriver. Il redoutait tellement ce moment qu'il ne fut même pas surpris quand Roy se pencha vers lui et lui offrit presque ses lèvres. C'était un baiser doux, qui avait le même charme que ces soirées d'été ou la moiteur écœurante de la journée disparaissait pour laisser place à un moment parfaitement harmonieux. Résolu à ce que les gens aient le temps de les voir, Mustang n'hésita pas à faire durer ce contact gênant un peu plus longtemps que nécessaire. Puis il se redressa avec un sourire affectueux qui ne prenait pas en compte le regard fuyant de son complice.

- J'ai passé une excellente soirée, souffla-t-il avant de reprendre sa route.

Une fois encore, Edward le regarda partir, le regard noir et les joues rouges.

- Putain… je peux pas dire que c'était désagréable, marmonna-t-il, plus perdu qu'il ne le laissait voir.

Il se remit en marche vers l'hôtel ou son frère l'attendait sans doute avec une pointe d'inquiétude. Malgré sa tentative pour ne pas arriver trop vite, flânant dans les rues sous prétexte d'admirer les façades pourtant familières et se laisser le temps de se remettre les idées en place, il était encore mal à l'aise en arrivant à l'hôtel. Il gravit les trois étages menant à sa chambre puis frappa avant d'entrer.

- Désolé d'avoir été si long…

- Pas de soucis… Tu m'avais prévenu que tu irais au restaurant.

- Hum… fit simplement l'adolescent avant de se débarrasser de sa chemise et de son pantalon.

Il bailla plus que nécessaire et s'allongea sur son lit, signifiant clairement qu'il voulait dormir rapidement et n'était pas disposé à bavarder. Comprenant le message, Alphonse stoppa rapidement sa lecture et éteignit la lumière, ce qui ne l'empêcha pas d'entendre son frère pousser un soupir. Celui-ci se mordillait machinalement la lèvre inférieure, perdu dans ses pensées. Il ne savait pas ce qui le mettait le plus mal à l'aise : découvrir qu'effectivement le Colonel pouvait être une compagnie agréable quand il l'avait décidé, ou réaliser qu'il le trouvait plus agréable qu'il ne le devrait.

Bah, si je suis vache avec lui, il recommencera à être cynique et je n'aurais plus à me poser de questions.

De toute façon, on se déteste, c'est bien connu.

- Al… ? marmonna-t-il d'une voix un peu rauque.

- Oui ?

- Tu pourras me réveiller à six heures, demain matin ?

- Mais c'est dimanche !

-Justement, répondit le petit blond avec un sourire carnassier.