Coucou et voui, je ne suis pas morte même si c'est mon premier chapitre de posté depuis un peu plus d'un mois mais bon je commence une thèse, tout en travaillant à temps plein et en plus j'ai un gros rhume. (Fin du 3615mylife)
Alors la dernière fois, il y avait eu un cours très difficile entre nos deux héros. Alors va-t-il y avoir des répercussions ? Et puis vu leur départ, les deux peuvent-ils se rapprocher ?
En tout cas, j'espère que cette suite vous plaira.
Juste en ce moment, ce n'est pas la grande forme, comme je l'ai dit et c'est bête mais les reviews sont un remède très efficace et donc si ce chapitre vous a un tant soit peu plus, laissez-moi une review, si vous avez le temps. Je suis sûre que j'écrirai plus vite la suite de l'homme qui murmurait.
A bientôt et bonne lecture
Chapitre 4 : Choix
Une voiture rouge de sport se gara en trombe, devant les portes de l'un des lycées les plus huppés de Londres. A sa vue, un jeune homme brun, particulièrement énervé écrasa sa cigarette en quatrième vitesse et ouvrit violemment la portière. Il jeta son sac sans ménagement avant de prendre place dans le véhicule.
« Harry, tu as déjà fini ? J'étais persuadé d'avoir encore quelques minutes. Tu ne t'es pas fait virer de cours au moins !
- La confiance règne. Je me suis arrangé avec Lupin pour finir plus tôt, c'est tout. Tu peux aller le voir, pour vérifier, si tu veux. Il doit être encore dans sa salle de cours, le connaissant, il doit y passer la nuit.
- Harry, ne sois pas médisant envers tes professeurs, s'il te plaît. »
L'unique réponse du brun consista en un regard froid, pour ne pas dire glacé. Sirius souffla et préféra redémarrer l'aston martin sans un mot ni même un regard en direction du garçon. Depuis l'arrivée d'Harry dans sa vie, il avait appris à détecter sa mauvaise humeur et là, il en était sûr, il était absolument furieux, ses yeux verts auraient pu foudroyer n'importe qui. Le gamin boudait et boudait depuis plusieurs minutes déjà, il regardait la ville défilée sous ses yeux avec rage et rancoeur, sans prêter le moins du monde attention à son parrain qui tentait tant bien que mal de faire la conversation. En vérité, tout son esprit n'était plus que tourner vers un seul problème : LUPIN ! Il se demandait bien ce qu'il pourrait inventer à présent, pour se faire virer. Comment était-ce possible que cet idiot de Lupin ait pu garder son calme après cette histoire de questionnaire ? Harry était persuadé que jusqu'à ce jour, il ne s'était jamais moqué autant de qui que ce soit et l'autre s'était contenté de lui faire un cours des plus rasoirs sans se départir de son sourire, sans revenir sur l'incident en début d'heure, il ne l'avait même pas renvoyé chez le vieux fouineur. Harry commençait à croire que Lupin n'était pas humain mais seulement un être amorphe, incapable de la moindre réaction humaine, à côté Weasley ferait presque sain d'esprit.
« Harry, tu m'écoutes à la fin ? »
Le garçon pris en faute leva seulement un sourcil étonné. Il était tellement absorbé par Lupin et son envie de lui crever les yeux qu'il n'avait pas écouté un traître mot du monologue de Sirius.
« Hum ? marmonna Harry. Qu'est ce que tu disais ?
- Je répète donc. Au travail, aujourd'hui on m'a invité à une soirée chez Peter Pettigrow dans deux semaines et j'ai accepté… Pour nous deux.
- Quoi ? Il en est hors de question.
- Tu n'as pas le choix. Je sais moi aussi, j'ai tout tenté pour y échapper mais sans succès, tous les autres y seront. Cela fait près de deux mois que je me défile par n'importe quelle excuse, cela ne peut plus durer !
- Je n'irai pas !
- Harry, nous en reparlerons plus tard. »
Sirius avait accéléré la voiture, faisant fi des radars qui parsemaient la ville entière. Il ne voulait pas se disputer avec son filleul, il préféra donc se taire et ne pas envenimer la situation. Comme le jeune homme refusait obstinément de parler, Sirius avait mis la radio en marche, les nouvelles sur une éventuelle attaque terroriste ne lui permettaient pas de se détendre mais il devait faire avec. Pour l'instant, il n'avait pas d'autre choix. Il aurait tant préféré discuter avec Harry, se comporter comme un père ou comme un grand frère avec lui, lui demander par exemple comment la journée s'était déroulée, si les cours étaient intéressants, enfin bref le genre de banalités qui fait le quotidien d'une famille normale. Sirius tenta de se concentrer sur le trajet mais sans grand succès. Il repensait à ce qu'il avait fait aujourd'hui, il n'en avait encore rien dit à Harry mais il avait rencontré Albus pour enfin savoir ce qui se passait à Poudlard et si Harry avait une chance de réussir son année.
Le vieil homme avait été affable comme à son habitude et surtout, il s'était montré très confiant. Ils avaient longuement discuté devant une tasse de thé fumant. Apparemment, Harry avait un niveau excellent en musique et en dessin, tous les professeurs s'accordaient à le dire. Certes, Albus n'avait pas caché que Severus Snape, le Professeur en sciences d'Harry émettait quelques réserves quant aux capacités de son élève dans sa discipline mais selon les dires du vieil homme, guère d'étudiants ne trouvaient grâce aux yeux du professeur Snape. Par contre, Albus semblait plus réservé quant à l'adaptation sociale d'Harry. Il ne paraissait guère s'intéresser aux autres, le plus souvent, il était seul, taciturne ou entouré de personnes qu'Albus avait qualifiées de peu recommandables.
Sirius accéléra à nouveau la voiture, rêvant à un jour où il pourrait parler sans heurts avec Harry de son amitié avec James, de sa vie new-yorkaise. Lorsqu'il tourna la tête en direction du brun si en colère, il prit conscience que ce jour était encore très loin et ne viendrait peut-être jamais.
Remus essuyait lentement le tableau, totalement absorbé dans ses pensées, il avait perdu son temps pour rien, pour un peu plus de regards noirs et mauvais de son élève. Ce dernier cours avait été littéralement un cauchemar. Remus avait fait comme si de rien était, mais il avait été perturbé par les réponses du jeune homme. Quelle était la part de vérité dans ce qui avait été écrit ? Voulait-il lui signifier qu'il avait tout entendu de la conversation entre Remus et Bill ? Soudain, le professeur entendit quelqu'un frapper à la porte de la salle de cours. Instinctivement, Remus se retourna et inspecta le dessus de son bureau. Il rangea très vite le questionnaire de Potter qui trônait sur le bureau, au fond de son sac. Pendant un court instant, Remus avait été tenté de le jeter à la poubelle mais il avait été pris de scrupules insensés, il avait mis quinze jours pour avoir ses réponses et même si ce n'était absolument pas ce à quoi il s'attendait, il ne pouvait se résoudre à faire disparaître le papier.
« Vous pouvez entrer. »
La porte s'ouvrit doucement, laissant passer la tête malicieuse d'Albus Dumbledore.
« Albus, quelle surprise ! Je pensais que vous aviez déjà quitté les lieux.
- Hélas, non, mon ami, le travail s'accumule et malheureusement, il ne peut pas toujours être reporté. »
Remus se demandait s'il devait croire l'autre homme, d'aussi loin qu'il se souvienne, il n'avait jamais vu Albus en retard dans son travail et puis ce regard pétillant de malice qui semblait lire au travers du professeur de littérature ne lui disait rien qui vaille. Le directeur de Poudlard mijotait sûrement quelque chose.
« Avez-vous le temps de prendre un thé avec moi ou est-ce trop tard ? »
Remus ne souhaitait qu'une seule chose, partir au plus vite mais il avait l'habitude, Albus avait une façon de demander qui ressemblait plutôt à des ordres, alors il répondit simplement, résigné :
« J'ai quelques minutes devant moi, mais je ne pourrais pas rester trop longtemps, sinon mon fils risque de m'attendre.
- Parfait, parfait. Et ne vous inquiétez pas, votre petit Teddy ne se rendra même pas compte du retard de son papa. »
Moins de dix minutes plus tard, les deux hommes devisaient paisiblement dans le bureau de directeur devant une tasse de thé et des petits gâteaux secs. Le vieil homme souffla sur le liquide avant de boire une gorgée puis il finit par se lancer.
« Est-ce que tout va bien, pour vous, Remus ? Nous nous sommes guère vus ces derniers temps.
- Je… Oui, Albus, il n'y a aucun souci.
- Très bien. Et avec le nouvel élève ? »
Le regard d'Albus derrière ses lunettes en demi-lune se fit plus acéré et Remus bougea légèrement sur sa chaise, mal à l'aise. Le directeur ne l'avait donc fait venir que pour parler du cas de Potter. Le professeur de littérature préféra cependant ne rien faire, il se contenta de rester silencieux et de laisser le proviseur continuer.
« Tous les autres professeurs m'ont déjà longuement entretenu à propos d'Harry Potter. Apparemment, il est le genre d'élève que l'on remarque.
- Effectivement mais pourquoi voulez-vous me parler de lui maintenant ?
- Eh bien, aujourd'hui, j'ai rencontré son tuteur.
- Il s'appelle Sirius Black, si je me souviens bien ?
- Exactement, il voulait savoir comment cela se passait avec son filleul. Je lui ai donc dit que d'après Mr Weasley et votre femme, Harry semble avoir de grandes facilités dans leur domaine respectif. J'ai aussi préféré ne pas lui avouer mais je peux vous dire que selon eux toujours, il pourrait très largement être classé parmi les meilleurs élèves de leur classe s'il s'en donnait les moyens. »
Remus écoutait attentivement, croisant ses doigts devant son visage, il avait comme un mauvais pressentiment.
« Et vous, mon ami, que pensez-vous d'Harry Potter ?
- Hum ?
- Lors de ma rencontre avec Sirius, je me suis rendu compte que vous étiez le seul professeur à ne pas s'être présenté à mon bureau pour me dire comment se déroulent vos cours avec Harry Potter.
- Eh bien, comme vous l'avez dit, M. Potter est un élève que l'on remarque. »
Cette phrase sonnait particulièrement faux à ses oreilles et Albus ne devait pas être dupe.
« Ah, bon ? Est-ce bien tout ? Même s'il est vrai qu'Harry se révèle un élément perturbateur la plupart du temps, il semblerait aux dires de certaines personne que vos cours soient particulièrement touchés. »
Qui avait pu dire cela ? Un élève ? Un autre professeur ? Remus n'en avait absolument aucune idée et il ne fallait pas attendre de réponse de la part d'Albus. Le professeur se sentait pris au piège et ne savait que répondre. S'il avouait tout au directeur, il était probable que même avec toute sa bonne volonté, Dumbledore devrait sévir et renvoyer Harry Potter et que le garçon gagnerait comme il le lui avait annoncé. Remus se contenta donc de se murer dans un silence bienfaiteur. Le vieil homme sourit et reprit, toujours aussi énigmatique.
« Parfait. Mon ami, vous agissez toujours comme il faut. Bon, je vais vous raconter quelque chose. A plusieurs reprises, j'ai déjà convoqué le jeune Harry Potter mais à chaque fois, il a invoqué ses cours pour ne pas venir dans mon bureau. Je voulais le conseiller, essayer de mieux le cerner mais jusqu'à aujourd'hui, je n'en ai pas eu l'occasion. »
Le vieil homme semblait assez affecté par son échec, son regard avait perdu un peu de son brillant.
« Pourquoi me dites-vous tout cela, Albus ? Il n'y a aucun rapport avec moi.
- Certes, certes. »
Albus balaya de la main la dernière phrase.
« Ce n'est pas le plus important. Vous l'ignorez peut-être mais je connaissais très bien les parents d'Harry Potter, ils ont étudié à Poudlard, il y a à peu près une vingtaine d'années. Je peux même vous dire que Lily Evans fut l'une de nos plus brillantes étudiantes, une violoniste hors pair.
- Le talent est donc bien héréditaire, souffla Remus.
- Dans leur cas, sans l'ombre d'un doute. Remus, je veux vraiment aider ce gamin. C'est moi qui ai dit aux autorités de confier le jeune Potter à sa tante après la mort de ses parents, je me sens responsable de sa situation actuelle. Je leur ai fait entièrement confiance et ils l'ont lâchement abandonné et voilà, à présent, il est devenu amer, rancunier, en un mot : incontrôlable. »
Le vieil homme qui paraissait encore plus fatigué, une énorme ride barrant son front, il finit après plusieurs secondes par murmurer.
« Pour tout vous dire, mon ami, je me suis trompé, je ne crois pas être en mesure de l'aider.
- Je…
- Je pense qu'il ne me fera jamais confiance, je fais après tout partie de la longue liste de toutes les personnes qui l'ont déjà trahi.
- Voyons, Albus, tous les élèves vous adorent et Potter ne dérogera pas à la règle.
- Vous vous trompez et c'est pour cela que je vous ai fait venir, je voudrais que ce soit vous qui veniez en aide à M. Potter.
- Je ne pense pas être en mesure de l'aider ou même d'avoir une quelconque influence sur lui. Vous venez de le dire, je suis le professeur le plus visé par Potter.
- Je suis parfaitement au courant que c'est difficile entre vous deux mais je suis sûr que pour vous deux, ce n'est pas irrécupérable.
- Pas irrécupérable ! Vous voulez que je vous montre son questionnaire ! »
Remus commençait à s'énerver. Bien sûr, il s'était promis d'aider le gamin mais il avait l'impression de se faire manipuler et il n'aimait pas cette sensation. Albus se racla la gorge avant de reprendre.
« J'ai juré à Sirius Black de faire en sorte que tout se passe au mieux pour Harry et je pense que vous serez parfait pour l'aider. Je ne doute pas que vous avez déjà eu maintes occasions de le faire renvoyer déjà et pourtant vous n'avez absolument rien fait dans ce sens. »
Albus se servait du fait qu'il n'est rien fait contre Potter. Remus n'en croyait pas ses oreilles. Surtout, il ne pourrait jamais être quelqu'un à qui s'adresserait Harry en cas de besoin. Le garçon le détestait cordialement et sans doute encore plus que tous les autres réunis.
« Voyons, Albus, je souhaite moi aussi qu'Harry Potter s'ouvre plus aux autres et qu'il ne soit plus aussi enragé mais tout comme vous, je ne suis pas le plus apte. Je peux seulement faire en sorte qu'il s'intéresse plus à la littérature.
- Remus, je ne suis pas d'accord avec vous. Je ne vous demande pas l'impossible juste d'essayer de créer une relation de confiance entre vous ainsi il s'ouvrira de nouveau aux autres. De toute manière, je suis déjà persuadé que c'est ce que vous faites. Mais s'il vous plaît, n'abandonnez pas de suite, si vous n'avez pas encore des résultats.
- Et vous alors, n'est-ce pas ce que vous venez de me dire ? Que vous allez arrêter de vous mêler de sa vie ?
- Nous sommes très différents et si vous stoppez tout, je crains qu'il ne s'enferme un peu plus dans sa rébellion, poussé par d'autres lycéens, en tête par Blaise Zabini. Et quand cela arrivera, personne, pas même moi, ne pourra empêcher son exclusion de Poudlard. Je suis même prêt à augmenter les heures supplémentaires pour que vous le voyiez encore plus, pour créer un vrai lien.
- Je suis professeur, je ne suis pas psy, répondit Remus instantanément. Et j'ai mon fils à élever, je ne peux pas passer toutes mes journées ici avec Harry Potter pour lui rappeler que le monde des adultes n'est pas aussi pourri que ce qu'il s'imagine. Pourquoi ne pas avoir conseillé à Sirius Black de l'envoyer consulter un médecin ?
- Remus, Harry a déjà refusé. Sirius m'a avoué qu'il le lui avait déjà proposé mais que le garçon aurait alors parlé de retourner à l'orphelinat au cas où il l'y obligerait. La seule concession qu'Harry lui ait accordée très difficilement c'est de venir à Poudlard jusqu'à la fin de l'année scolaire. Il faut l'aider, je ne vois que vous, je ne pense pas que Severus, Bill et même Tonks puissent l'aider. Tenez. »
Le vieux monsieur sortit du tiroir une chemise jaune qu'il posa juste à côté de Remus. Le professeur leva les yeux vers l'autre homme :
« Je… hésita Remus.
- S'il vous plaît. »
La lumière se reflétait dans les lunettes du vieil homme. Lentement, Remus tendit la main en direction de la chemise. Grâce à un trombone, était accrochée une photo d'identité de l'élève, Harry Potter avec son regard vert, si fermé qui semblait fusiller Remus.
« C'est son dossier scolaire, je pense que cela pourrait vous être utile pour plus tard. »
Remus devait retourner chez lui et retrouver Teddy, il se contenta de prendre le dossier avec lui et de s'en aller. Il préféra ne rien répondre quand il entendit Albus dire.
« Je savais que vous feriez le bon choix. Bonne soirée, Remus. »
Une semaine qu'Albus avait demandé à Remus d'aider Harry Potter et pour l'instant, absolument rien n'avait changé ; Harry était toujours aussi désagréable et furieux et lui toujours aussi souriant en apparence. Remus n'avait toujours pas donné de réponse officielle à Albus, il n'arrivait toujours pas à savoir si c'était une bonne idée d'accepter des heures particulières supplémentaires pour créer un véritable lien avec Potter et le directeur de Poudlard semblait être passé à autre chose. Remus ne put retenir un soupir, Harry le regardait dans le blanc des yeux depuis bientôt un quart d'heure, sans prêter la moindre attention à son livre de cours.
« Monsieur Potter, pourrais-je savoir pourquoi vous n'étudiez pas le texte de Joyce comme je vous l'ai demandé.
- Professeur, vous connaissez mes goûts en terme de littérature, me semble-t-il et pourtant vous n'avez pas jugé utile d'adapter vos cours en conséquence, je ne vois donc aucune raison pour que j'étudie ce texte plus que les autres. »
Le regard vert était plein de morgue et de suffisance. Remus se refusait à tout autre commentaire qui pourrait mettre le feu aux poudres. Alors que le silence régnait en maître depuis déjà plusieurs minutes, le professeur de littérature finit par reprendre :
« Potter, si vous voulez vraiment étudier des livres qui ne font pas partie du programme, cela ne tient qu'à vous mais, dans ce cas, il faudra montrer un peu plus d'enthousiasme et d'entrain dans mon cours. Dans ces conditions et seulement ces conditions, nous en reparlerons.
- Tant pis, je n'étudierai rien d'autre alors que le programme traditionnel… »
Potter tourna nonchalamment la page de son livre, il commençait à connaître les réactions de son professeur, ces quatre heures en tête à tête par semaine lui avaient permis de détecter d'éventuels signes d'énervement chez son professeur même si, jusqu'à aujourd'hui, Lupin ne s'était encore jamais laissé happer par ses émotions. Pourtant avec cette fin d'après-midi triste et grise, Harry avait vraiment le sentiment de toucher au but ultime. Bien sûr, il ne le ferait pas renvoyer de l'établissement mais Harry ne désirait pour l'instant qu'arrêter toutes les heures supplémentaires surtout que Snape en avait fait autant en début de semaine. L'esprit du jeune brun vagabonda, il repensait à la vieille chauve-souris qui l'avait renvoyé. Harry n'avait pas tout bien compris, il n'avait pas eu l'impression d'être plus insupportable qu'à l'ordinaire. En tout cas, il était toujours moins désagréable que lors de ses cours avec Lupin et pourtant cela n'avait pas empêché Snape de lui annoncer sèchement, après une heure aussi assommante que d'ordinaire qu'à présent, Harry avait rattrapé une grande partie de son retard et qu'il ne jugeait plus utile de continuer ses heures supplémentaires. Il ne faisait aucun doute au garçon que Snape avait ouvertement menti, ils n'avaient pas encore revu la moitié du programme que lui avait indiqué le professeur de science à son arrivée. L'élève avait logiquement supposé qu'il avait eu la vieille chauve-souris à l'usure. Il s'imaginait déjà Snape demander sa tête au vieux fouineur. Il supposait qu'Albus avait refusé de renvoyer le brun, le lot de consolation de Snape étant l'arrêt de leurs heures particulières. Le raclement de gorge de son professeur de littérature le sortit momentanément de ses pensées.
« Monsieur Potter, dois-je vous rappeler que vous êtes sensé étudier et pas rêvasser ?
- Aussi étrange que cela puisse paraître, je réfléchissais à vous, ou plutôt à vos cours particuliers. Je me demandais juste pourquoi vous persistiez alors que Snape…
- Le Professeur Snape, corrigea instinctivement Remus.
- Si vous préférez, alors que le Professeur Snape vient de suspendre ses heures supplémentaires… J'ai beau essayé, je ne vois pas à moins que… »
Harry avait pris son menton entre ses doigts, ses yeux pétillaient de malice.
« … vous ne seriez pas masochiste par hasard ? »
Remus ne répondit rien à la dernière pique lancée par Potter, il s'était arrêté une réplique plus tôt, lorsque le gamin lui avait annoncé l'arrêt des cours particuliers avec Severus. Le professeur de science ne lui en avait absolument rien dit. Serait-ce l'œuvre d'Albus ? Il lui avait proposé plus d'heures, lors de leur dernière rencontre. Le vieil homme aurait-il fourni un alibi à Snape ? Remus avait été surpris qu'Albus n'insiste pas plus mais, à présent, il commençait à entrevoir le stratagème du vieil homme. D'ici, quelques jours, le directeur le ferait venir dans son bureau pour l'amadouer et pour jouer avec sa conscience professionnelle, lui répétant qu'il ne peut laisser un élève en état d'échec, sans aucun soutien. Inconsciemment, il serra son poing droit, il avait pris sa décision et en aviserait Albus Dumbledore. Lui aussi allait tout arrêter, il comprenait parfaitement que le vieil homme veuille aider Harry Potter mais ce n'était pas une raison pour se comporter de façon aussi déloyale. Il faisait déjà glisser sa chaise sur le carrelage en damier de la salle.
« Potter, je crois que vous… »
Il ne put malheureusement pas finir sa phrase. Quelqu'un venait de frapper contre le montant en bois un coup sec et ferme. Tout de suite, après il entendit la voix de sa future ex-femme.
« Remus, es-tu là ? C'est urgent.
- Tu peux entrer. »
La voix du professeur semblait beaucoup plus lasse, Harry ne put s'empêcher d'en rajouter lorsqu'il entendit la porte grincer.
« Eh bien, elle vous mène à la baguette.
- Taisez-vous. »
L'ordre de Remus était si brusque et si peu habituel qu'Harry fut tout décontenancé et ne sut quoi répondre. Son professeur de dessin était là, debout, elle tenait par la main un petit garçon blond. Le visage de ce dernier s'éclaircit lorsqu'il vit Lupin, il se mit aussitôt à courir dans leur direction et à crier.
« Papa ! Papa ! »
L'heureux père serra son fils qui s'était précipité sur lui et finit par tourner la tête en direction de sa femme qui n'avait pas encore franchi le seuil de la porte.
« Bonjour. Nymph. Que se passe-t-il?
- Lavande est malade, elle ne peut pas garder Teddy et j'ai un rendez-vous ce soir. Pourrais-tu garder Teddy ? »
Lupin ne put s'empêcher et jeta un regard en direction de son élève. Ce geste involontaire n'échappa pas à Nymphadora.
« Dis-le si ton fils te gêne !
- Ce n'est pas le cas, ne dis pas de sottise, Nymph. Je suis occupé pour l'instant, laisse-moi le temps de finir mon cours avec Monsieur Potter.
- Evidemment. »
Le regard peu amène de l'enseignante contredisait ses paroles. Remus lâcha son fils qui semblait désemparé. Il prit le bras de son épouse et l'éloigna loin du regard curieux de son élève.
« Potter, surveiller Teddy quelques instants, s'il vous plaît. J'ai deux mots à dire à ma femme.
- Ex femme, reprit Nymphadora.
- Pas encore. »
Harry aurait voulu être aussi mordant qu'à l'accoutumée, mais le petit garçon à ses côtés regardait ses parents avec une telle tristesse qu'il hocha simplement la tête. Remus ferma la porte derrière eux deux. Il existait une telle tension entre les deux professeurs que même une personne ne les connaissant pas comprendrait immédiatement que leur relation est très compliquée.
« Pourquoi tu te comportes ainsi ?
- Je croyais que tu serais heureux d'avoir ton fils pour la soirée !
- Ce n'est pas le problème, je te l'ai déjà dit. Mais tu débarques comme ça, sans aucune explication… Je te demandais juste d'attendre trente, non vingt minutes que je termine mon cours avec M. Potter.
- J'aurais dû m'en douter qu'un jeune homme à problème t'intéresserait plus que ton propre fils.
- Arrête de dire n'importe quoi, s'il te plaît. Tu débarques ici, comme si tout t'appartenais. Tu ne cherches pas à savoir si je fais quelque chose et pour quoi ? Un rendez-vous ?
- Cela ne te regarde pas, il me semble. Tu as perdu ce droit depuis bien des années et crois-moi, si maman n'était pas partie pour les canaries, tu n'en aurais rien su ! »
Remus ne cessait de se demander si Teddy et Harry pouvaient entendre leurs éclats de voix à travers les murs. Il ne faisait plus vraiment attention aux paroles de sa femme mais, par contre, il devait de suite mettre un terme à cet entretien.
« … Et comme d'habitude, tu ne m'écoutes pas. Je devrais être habituée, cela fait plus de cinq ans que c'est le cas.
- Nymph, arrête ! Tu as gagné, je vais demander à M. Potter de raccourcir notre cours et de le reporter à une date ultérieure. Tu es contente, j'espère ? »
Remus avait soufflé sa réponse de dépit, il avait apparemment oublié que dix minutes plus tôt, il cherchait une excuse pour arrêter leurs cours particuliers. Nymphadora arborait son air le plus triomphateur. Sans rien ajouter de plus, elle tourna les talons et retourna dans la salle de cours. Elle se figea à l'entrée, tout comme Remus. Leur fils était assis sur une chaise, à côté d'Harry Potter, dessinant très sagement. Par contre, l'adolescent tourna la tête en direction des deux adultes et il les fusilla du regard. Remus se sentit très mal à l'aise, Potter semblait tellement écoeuré par leur attitude, nul doute qu'il avait parfaitement profité de l'altercation entre Nymphadora et lui. Le jeune homme se contenta de parler au creux de l'oreille du petit garçon et les deux professeurs ne purent entendre ce qu'il lui disait mais ils virent leur fils arrêter de dessiner et se précipitait dans leur direction. Remus le prit dans ses bras, comme à son habitude :
« Nous allons y aller tous les deux, terreur. Maman est occupée ce soir. Tu es d'accord ? »
Teddy se contenta d'hocher la tête avec force. Remus continua :
« M. Potter, cela ne vous dérange pas ?
- Je ferai avec. J'arriverais à m'en remettre… »
L'adolescent souriait narquoisement et Remus se crispa.
« Comme vous m'avez gentiment appris que le professeur Snape a arrêté ses cours supplémentaires, nous verrons si nous le rattraperons.
- Comme vous voudrez. »
Le brun commençait déjà à rassembler ses affaires pour partir au plus vite. Le lycéen n'avait même pas pris la peine de dire au revoir à ses deux professeurs en quittant la salle, il sourit fugacement à Teddy.
« Teddy, tu n'oublieras pas ce que je t'ai dit tout à l'heure, n'est-ce pas ?
- Oui, Monsieur.
- Parfait. Rentre bien avec ton père alors et à une autre fois. »
Juste avant de quitter la salle, le jeune homme lança un sourire ironique et énigmatique à Remus très inquiet. Le professeur se demandait bien de quoi les deux garçons avaient bien pu parler durant son absence. Il n'osa cependant poser la question à Teddy lors du retour dans leur appartement.
Remus s'était servi un verre de whisky, il faisait tourner le glaçon, machinalement, il venait de coucher Teddy et avait donc le reste de la soirée pour lui. Il avait posé sur la table basse le dossier jaune. Le visage d'Harry semblait le narguer, déjà plus de deux semaines. Il aurait déjà dû tout laisser tomber, mais, non, il se demandait encore s'il devait ouvrir ce foutu dossier et se laisser convaincre. Machinalement, il se leva et alla chercher la télécommande pour allumer sa chaîne Hi-fi. S'il devait vraiment lire le dossier scolaire d'Harry Potter autant le faire dans une atmosphère la plus légère et la plus agréable possible. Il avait mis en fond sonore de la musique douce et reposante, un vieil album de Nat King Cole. Il allait enfin s'y attaquer, lorsqu'une petite tête blonde apparut dans l'encadrement de la porte. Teddy tenait sa peluche préférée, un petit lapin que Remus lui avait offert pour son premier anniversaire.
« Mais pourquoi t'es-tu levé, chéri ?
- J'arrive pas à faire dodo. Y a un méchant monstre dans le placard et j'ai peur.
- Viens là. »
Remus avait ouvert les bras et le garçon, les yeux ensommeillés, se dirigea vers le fauteuil de son père. Il se blottit directement dans les bras de Remus. Il aimait tant son odeur forte. Il se sentait en sécurité et il savait que rien de mal ne pourrait jamais lui arriver. Le professeur de littérature berçait son fils. Il avait l'habitude des cauchemars nocturnes de Teddy depuis sa rupture avec Nymphadora et sans nul doute, que la scène d'aujourd'hui avait dû marquer le garçon. L'enfant releva légèrement la tête et marmonna :
« Papa, c'était qui le garçon ?
- Hein ?
- Ben, oui, quand maman m'a emmené te voir.
- Ah ! Tu veux parler d'Harry, le jeune homme brun. C'est ça ?
- Hum, hum. Il est gentil. »
Remus s'était légèrement tendu. Il n'aurait jamais qualifié Potter de 'gentil'. Il laissa échapper presque malgré lui :
« Vraiment ?
- Ben, oui. Il a été gentil quand maman et toi êtes sortis. »
Remus regardait la photo de Potter, il attendait que son fils continue.
« On… on vous entendait et il m'a dit de ne pas faire attention.
- Ah bon ?
- Oui, il m'a demandé si je voulais un beau dessin et j'ai répondu 'oui, un beau dessin de mon papa.' Il me l'a donné avant que vous ne reveniez, tu veux voir, dis ?
- Evidemment, mon lapin. Il est dans ta chambre. »
Le garçon secoua énergétiquement la tête, il prit son lapin et descendit la fermeture éclair. Remus savait que son fils cachait ses secrets les plus précieux dans sa peluche fétiche. Il en ressortit divers trésors ainsi qu'une feuille de papier blanc et la tendit à son père. Remus l'ouvrit légèrement anxieux, il repensait au regard sans concession de son élève. En vérité, c'était un portrait crayonné, une simple esquisse sans nul doute rapidement exécutée mais les traits demeuraient fins et précis. Vu le temps passait, le dessin était une vraie réussite et c'était indéniable, Harry avait du talent. Mais surtout, Remus n'aurait jamais cru que cet adolescent perturbé ait pu se comporter de façon aussi intelligente et compréhensible envers son propre fils. Il s'était occupé de Teddy avec attention et c'était si loin de l'image qu'il lui avait donnée depuis le début. Dumbledore avait encore raison finalement, ce garçon méritait vraiment toute l'aide possible pour qu'il ne se gâche pas.
A suivre…
