Note : Alors voilà, pour ceux qui ont des souvenirs plus clair de tout ce que j'avais pu mettre à la fin du chapitre précédent, vous vous souviendrez clairement que j'en avais fait crié plus d'un/une. Notamment toi, Dulanoire, à qui je dédicace ce chapitre maintenant édité (parce qu'elle avait bien failli m'étrangler à l'époque). ;)

Pour tous les autres, merci encore de suivre et puis voilà la suite ! Je ne garantie pas de grande baston mais au moins, il y a aura de l'action (en tous cas, j'espère) et du suspens. ^.^


Sur l'honneur des Serpentards

ou

Tous les Serpentards sont des menteurs

Chapitre 4 : Les conversations qu'on n'aurait jamais dues écouter.

Harry enfonça un peu plus ses mains dans les poches de sa veste et leva les yeux au ciel. Entre deux toits, il apercevait la voûte céleste, sombre et parsemée d'étoiles, la Lune n'était pas encore levée. L'air était pur et glacial comme toutes ces soirées d'hiver où le ciel était dégagé. Le brun frissonna, il avait beau être chaudement habillé, il attendait dans la nuit et le froid en plein mois de janvier depuis plus de vingt minutes. Ses joues commençaient à picoter et ses doigts étaient complètement engourdis.

« S'ils ne se bougent pas un peu, je vais finir en glaçon humain, moi, lâcha-t-il entre ses dents. »

Harry observa la ruelle où il était censé retrouver Ron et Hermione pour la soirée. C'était une contre-allée du Chemin de Traverse qui, sur sa gauche, bouillonnait de vie et de lumières. Il jeta un coup d'œil à sa montre et considéra la possibilité que ses amis lui aient mis un lapin, trouvant quelque chose de bien plus intéressant à faire de leur soirée. Il finit par soupirer résigné et se mit à danser d'un pied sur l'autre dans l'espoir de se réchauffer un peu. Encore dix minutes et il rentrait sans remord.

Plus loin dans le dédalle de ruelles, résonnèrent soudainement quatre 'bang' caractéristiques des transplanations. Le tumulte du Chemin de Traverse avait presque coupé tous sons de cette arrivéemais Harry avait l'oreille fine. Bientôt, il put distinguer des voix se disputer. D'abord simple murmures puis de plus en plus claires à mesure que le groupe avançait dans sa direction. Reconnaissant ces voix entre milles, il se cacha dans l'ombre avant même d'avoir pu y penser.

« C'est à sérieusement n'y plus rien comprendre ! »

La voix de Blaise fut la première chose qui lui parvint clairement.

« C'est un honneur ! S'exclama Pansy. Tu n'as pas à discuter. Bien au contraire, tu devrais être reconnaissant même !

- Ce qu'il essaye de te dire, c'est que c'est louche qu'on nous confit quelque chose d'une telle importance à nous

- Théo a raison, Pansy, approuva Blaise. Ça sent presque le piège pour celui qui osera prêcher par ambition. Je n'en suis pas pour autant moins honoré, juste méfiant. »

Blaise, Pansy, Théodore et Drago filèrent en rang serré dans l'Allée des Embrumes, ne prêtant pas attention à ce qui les entourait et encore moins à Harry qui était caché dans l'ombre. Le brun resta immobile quelques instants après leur passage, sa curiosité piquée à vif. Sans plus attendre, il leur emboîta discrètement le pas. Finalement, le cortège s'arrêta face à une boutique parfaitement à l'image de l'Allée des Embrumes, poussiéreuse et exiguë, des objets divers et non identifiés s'entassaient sur les étagères parmi les toiles d'araignées. Drago s'approcha de la porte, donna un léger coup de baguette sur la poignée puis recula d'un pas, s'en suivit une série de cliquetis, comme des clés qu'on tourne dans une serrure.

Harry qui s'était attendu à tout sauf à ça ne put s'empêcher de se pencher un peu plus en avant, essayant au passage d'entendre les murmures de Pansy dans l'espoir d'avoir une explication. Il avait bien senti que la soirée de samedi que les autres Serpentards lui proposaient était louche mais il n'aurait jamais imaginé qu'ils iraient magouiller dans l'Allée des Embrumes. S'avancer un peu plus se révéla être une bonne idée jusqu'au moment où un morceau de verre craqua sous sa chaussure.

Il réalisa soudain ce qu'il était en train de faire. « Et qu'est-ce qu'il m'a pris de venir avec eux ?! » Pensa-t-il en colère contre lui-même, « Faire baisser la mauvaise réputation de Serpentard ! Mon cul ! Comment t'es sensé t'y prendre alors que toi-même tu deviens un délinquant ?! ». Mais il était trop tard, Pansy avançait déjà menaçante dans sa direction. Et, à mesure que ses options se limitaient, il finit par faire un pas hors de l'ombre. Pansy stoppa tout mouvement, le considérant de la tête au pied avec une expression indescriptible. Blaise affichait un demi-sourire traduisant sa surprise et son respect pour Harry qui avait eu le courage de les suivre. Théodore et Drago conservaient des expressions plus neutres, infiniment plus calculatrices.

« Qu'est-ce qu-

- Pansy, coupa Drago avant que la brune n'ait le temps de dire quoi que ce soit de plus. »

Elle se figea sur place alors que le blond fit signe à Harry de les suivre à l'intérieur. D'un autre coup de baguette, Drago alluma toutes les bougies du magasin et ralluma les braises dans la cheminée derrière le comptoir. Harry hésita, entra puis regarda alors la ruelle par la vitrine, regrettant déjà de les avoir filés avec aussi peu de discrétion.

« Et on ne risque pas de nous voir ? Dit-il sur un ton proche du constat. »

Drago donna un dernier coup de baguette en direction de la porte. La serrure magique se referma derrière les trois autres compagnons dans un nouveau concert de cliquetis.

« Maintenant non, conclut-il. »

Ils se fixèrent alors tous les cinq en silence. Harry se retint de demander comment Drago avait eu connaissance des sortilèges qui fermaient la boutique, se disant qu'il ne voulait pas savoir. Sa curiosité s'était avérée suffisamment néfaste pour toute une journée. De plus, il est parfois préférable ne pas être au courant de tout si l'on tient à ne pas avoir de problèmes. Ou plus de problèmes, en l'occurrence.

« On fait quoi de lui maintenant ? Demanda Pansy en agitant sa baguette en direction du brun.

- J'ai bien une idée… Offrit Théodore, les yeux pétillants comme Harry ne les avait jamais vu auparavant.

- Tu sais ce que je pense de tes idées, Théo, répondit calmement Drago. Pas de ça tant que c'est moi qui commande.

- Ça avait au moins le mérite d'être efficace, soupira Nott en poussant une statuette du bout du pied.

- Donc quoi ? Insista Blaise. On avise plus tard ?

- Le coffre avant tout, confirma Drago. On parlera du reste après. »

Les trois autres approuvèrent d'un signe de tête et se dispersèrent dans la boutique, inspectant les étagères.

« Bilan ? Questionna finalement Harry.

- Tu te la fermes et tu cherches, Potty, répliqua froidement Pansy.

- Pardon, madame, ironisa-t-il. Et peut-on savoir ce qu'on est sensé trouver ou c'est trop demander ?

- Un coffret, répondit simplement Blaise. Probablement de petite taille et de belle manufacture. Fermé par magie.

- Et pas la peine de demander ce qu'il y a dedans, avertit Drago. Aucun de nous ne le sait.

- Ça tombe bien, répliqua Harry. Je n'avais pas l'intention de demander.

- Je vais voir dans la remise, proposa le jeune Nott, l'ignorant complètement. »

Harry se tut et, préférant éviter d'attirer une attention supplémentaire, commença à chercher autour de lui quelque chose qui ressemblait à un petit coffre. Après un moment, ils avaient fouillé le magasin de fond en comble, et rien. Pas la moindre trace de ce fichu coffret magique. Drago jeta un œil à sa montre.

« Merde ! Lâcha-t-il en frappant le comptoir du poing. On n'a plus de temps à perdre. »

Harry lut alors sur son visage que quelque chose n'allait pas. Ses traits étaient tendus, ceux des autres également. Pourtant les jours précédents, ils semblaient tous plutôt impatients à l'idée de cette soirée, les règles du jeu avaient-elles changées ? De ce qu'Harry avait compris, l' « honneur » qui leur était fait s'était avéré être une pomme empoisonnée.

« On fait quoi maintenant ? Tenta Blaise, un soupçon d'appréhension dans la voix.

- Le ménage, proposa Pansy. »

Elle tira sa baguette sans plus attendre et la pointa sur l'étagère face à elle. Un sourire naquit sur les lèvres de Théodore. La brune prononça alors une formule et l'étagère vola en éclats en un instant. Le bruit assourdissant fut suivi par d'autres jusqu'à ce que le magasin soit en partie devenu un champ ruines poussiéreuses jonchées de bois, de verre brisé et d'objets cassés. Les échos des chutes résonnèrent longtemps dans la tête d'Harry abasourdi.

« Stop ! S'exclama finalement Blaise. »

Pansy qui allait exploser une autre étagère s'arrêta, le sourire de Théodore fana aussitôt. Tous se rassemblèrent autour de Balise qui avait repéré quelque chose dans le mur. Il arracha la tapisserie, découvrant une boîte encastrée entre les briques. Ils l'ouvrirent, non sans mal, et poussèrent un grand soupir. Harry en déduisit qu'ils venaient de trouver le coffret magique ce qui, contrairement aux autres, ne l'apaisa en rien. La tension qui était née chez lui depuis le moment où il était sorti de l'ombre monta soudainement d'un cran. Si leur attention n'était plus focalisée sur le coffret, elle allait éventuellement se tourner vers lui.

Après une minute de soulagement, le brun était devenu une pile électrique, son cerveau fonctionnant à cent à l'heure. Pour que la pression soit aussi grande chez les autres jeunes, Harry en était venu à se dire qu'ils n'agissaient évidemment pas seuls, opérant pour le compte d'un autre. Peu probablement un simple gang, non, l'estime qu'il avait de Drago Malefoy était bien plus grande. Donc qui, Odre ou… Mangemort ? Ils sortirent finalement de la boutique. Et le fait qu'Harry soit toujours ignoré n'aida en rien son anxiété grandissante.

« A toi l'honneur, Théo, soupira Drago sous le regard implorant de son ami. »

Théodore eut alors un sourire carnassier et se fit le plaisir de jeter une boule de feu par la porte. Harry fut alors forcé de constater que le jeune Nott semblait en extase totale face à la destruction, quelles qu'en soient les formes. Il jubilait à la vue des flammes dévorant les décombres du magasin comme un brin de paille. Le brun les regarda faire avec un goût amer dans la bouche. Que venait-il faire ici déjà ? Il regarda les flammes grandirent à vue d'œil dans la boutique. Pourquoi ? Ou surtout, pour qui ?! Presque sans s'en rendre compte, il s'approcha de Drago. « Certainement pas l'Ordre. » Songea-t-il.

Soudain, Harry attrapa le bras gauche du blond et remonta la manche de son manteau jusqu'au coude. Drago essaya de retirer son bras mais il l'en empêcha en resserrant sa prise. Le blond regarda alors rapidement la marque du Lord Noir qui s'agitait sur son avant-bras puis fixa le brun droit dans les yeux. Harry avait les oreilles bourdonnantes et la tête qui tournait. Et maintenant quoi ?

Il sonda le regard de Drago, comme pour y chercher une raison, une excuse, quelque chose qui le rassurerait. Mais il ne vit rien. Rien à part le reflet cruel des flammes dansant dans cet océan de nuages. Un mangemort se tenait face à lui. C'était tout bonnement ridicule. Le brun éclat de rire, un rire froid, sans joie, un rire presque nerveux.

« Pathétique, soupira-t-il. Les Malefoy se ressemblent décidément tous. »

Harry sentit alors un sortilège lui frôler le visage. Il se tourna vers Pansy, cette dernière avait les yeux emplis d'une rage certaine et sa baguette était pointée sur lui. Le brun ramena son regard sur Drago mais le visage de ce dernier ne laissait toujours rien transparaître.

« Potter ! Cria-t-elle pleine de haine. Tu es un homme mort ! »

A peine avait-il tourné la tête qu'un sortilège le percutait de plein fouet. Harry fut projeté en arrière et passa à travers la vitrine du magasin. Il s'effondra au milieu du verre brisé et des flammes avant de tenter de se relever, les oreilles sifflantes, essayant de se souvenir de comment transplaner. Pansy s'apprêtait à lui lancer un autre sort lorsque Drago la força à baisser sa baguette, Blaise abaissant celle de Théodore. Une fois sur pied, Harry réalisa qu'il fallait qu'il échappe aux flammes. Mais sa tête tournait à cause du choc, sa vision se troublait, et la formule de transplanation ne lui revenait toujours pas. Il perdit l'équilibre, tenta de se rattraper à une étagère mais elle céda sous son poids. Il s'écroula sur le sol froid et poussiéreux de la boutique une nouvelle fois.

Lorsqu'Harry releva légèrement les yeux, tout ce qu'il vit était en flamme puis il vit Drago au loin, impassible, immobile. Pansy lui cria quelque chose mais seul un bruit flou parvint à ses oreilles.

« On se retrouvera en enfer, Potter ! »

Puis plus rien, le noir. A l'extérieur, Drago et les autres transplanèrent, laissant la ruelle vide et froide derrière eux. Le rire glacial de Pansy remplissait encore la nuit.

.o0°0o.

Lorsque Drago s'éclipsa par une porte dérobée du salon, il pouvait toujours entendre les rires de la soirée que ses parents donnaient dans les pièces voisines. Pièces remplies de gens pompeux aux allures d'aristocrates forcées cherchant désespérément à se donner des grands airs parce qu'ils étaient prétendument des Sang-Purs reconnus par le Lord Noir. Un ramassis de conneries. Pas un seul d'entre eux n'était considéré par les mangemorts comme une réelle menace. Et le fait qu'ils n'étaient pas au courant de leur impuissance était la preuve même qu'ils n'étaient pas en position de force.

Drago ravala son dégoût alors qu'il parcourait les couloirs vides du manoir. Il arriva finalement dans une petite antichambre ronde, parfaitement isolée phonétiquement du reste de la maison par de lourds drapés de velours rouge bordeaux. Le mobilier de la petite pièce s'accordait parfaitement à l'ambiance épaisse et feutrée qu'il y régnait.

Ses yeux tombèrent rapidement sur le petit coffret qui trônait sur la table. Il l'ouvrit alors en silence.

« Peut-on savoir ce que tu fais ici ? »

Drago avait tout juste eu le temps de refermer le coffret quand deux mangemorts convaincus entrèrent dans la pièce.

« J'admire ce chef-d'œuvre, répondit-il en serrant discrètement le poings sur son pendentif de Salazar Serpentard.

- C'est vrai que c'est une pure beauté, avoua l'un des deux hommes en ouvrant le coffret à son tour.

- Satisfait, Lucifer ? Appela alors l'autre avant de désigner la porte d'un signe de tête. Le pendentif est toujours à sa place, retourne à la tienne. Dégage. »

Ledit Lucifer partit en silence, non sans un regard noir pour l'homme qui se permettait de lui donner des ordres.

« Que puis-je faire pour toi, Stradamus ? Demanda alors Drago une fois seul avec l'autre mangemort. »

Sa voix était restée calme, son ton froid, mais le blond avait les mains moites et la mâchoire serrée. Oh qu'il haïssait cet homme. Il sentit ses ongles s'enfoncer dans sa paume où reposait le collier, s'y accrochant de toutes ses forces pour garder la raisons.

« Qu'est-ce que tu dirais d'une petite conversation ? Offrit le mangemort sur un ton doucereux. Juste entre toi et moi… »


Voilà, fini ! J'espère que vous salivez déjà à l'idée de la suite, ça me ferait plutôt plaisir. Huhuhu... ^.^

Merci d'être arrivés jusque là et puis, du coup, je ne sais pas si je reprends un chapitre tous les samedis ou si je les avance au mercredis... Huummmmm... (Signes d'une grande réflexion.) Vous en pensez quoi ?