Hello ! Comment allez-vous ? Je publie aujourd'hui le chapitre 3 (très en retard, je m'en excuse…) de Mission Impossible. En espérant qu'il vous plaira ;-)
Bonne lecture !
Chapitre 3 : Another face
Dans les rayons frais du supermarché, un écouteur dans chaque oreille, Kise faisait tranquillement quelques courses matinales. Son frigo se vidait toujours trop vite. Pas qu'il mangeait plus qu'il ne le devrait. Non, disons qu'il grignotait beaucoup. Voilà le résultat pour avoir fréquenté Murasakibara pendant cinq ans.
- Des glaces en forme de fusée ? Tu es sur d'avoir vingt ans, gamin ?
Le blond sursauta, lâchant le paquet qu'il tenait entre ses mains. Aomine. Décidemment, il le croisait toujours là où il s'y attendait le moins.
- La-La ferme ! Ce sont mes goûts, j'y peux rien ! Et puis d'abord, j'ai vingt et un ans !
- Ouais, ouais. Vingt et un ans et des goûts de môme.
- Mêlez vous de vos affaires ! Franchement, vous n'avez rien de mieux à faire que venir me charrier ?
- Bof. Je m'ennuyais alors…
Il ouvrit la porte coulissante du congélateur et en sortit une canette de bière toute fraîche. La chaleur des débuts de septembre n'épargnait personne. Tous les moyens étaient bons pour tenter de se rafraîchir un petit peu.
- Ça c'est une boisson d'homme !
- Vous ne devriez pas boire autant. C'est mauvais pour la santé.
« Qu'est ce que je raconte moi ? s'insulta mentalement Kise. Sa santé ? Sérieux ? Il ne survivra pas assez longtemps pour se préoccuper de ça de toute façon ! ».
Aomine ricana.
- Tu as parlé avec Tetsu c'est ça ? Il ne faut pas le croire sur parole. Il exagère toujours tout.
- Et pourtant il a plus de crédibilité que vous.
- C'est toi qui es trop naïf pour croire tout ce qu'on te dit, saleté de gamin.
- Je vous ai déjà dit de ne pas m'appeler comme ça !
- Et je me rappelle t'avoir déjà demandé de me tutoyer. J'arrêterais quand tu arrêteras.
- Vous êtes vraiment…
Le blond était tellement énervé qu'il ne finit pas sa phrase. Il partit en direction de la caisse sans un mot de plus pour l'autre homme qui se fichait clairement de lui. Il n'avait pas finit la totalité de ses achats mais il s'en fichait éperdument. Tout ce qu'il voulait, c'était s'éloigner de ce gars. Jamais personne ne l'avait autant exaspérer que lui.
Il attendit patiemment dans la petite file. Mais quand vint son tour de payer, il entendit encore cette maudite voix grave dire aux gens derrière lui :
- Excusez-moi ! Je suis avec lui.
- Attendez votre tour comme tout le monde, grinça Kise entre ses dents.
- Oh, la flemme. Je n'ai que deux trucs, et puis vu que t'es là autant en profiter. Ça ne te dérange pas de les payer à ma place ?
- Quoi ?!
- Allez, j'ai oublié mon argent. Je te rembourserai plus tard.
Qu'est ce qu'il sera heureux quand il tiendra enfin le cadavre de l'autre dans ses mains ! Il n'attendait que ça ! Il le voyait baignant dans son sang, son petit air supérieur totalement disparu. Patience. C'est ce que se dit Kise en sortant une carte bleue de son porte monnaie. Il ne donnerait pas satisfaction au bleu en s'énervant. Il se l'était promis, il ne referait pas d'erreur.
- Thank you ! Tu m'a bien aider, lui dit Aomine alors qu'ils sortaient du magasin.
- Comme si j'avais eu le choix ! Et puis arrêtez de me suivre, c'est agaçant !
- On habite juste à côté je te rappelle. Pourquoi je suivrais quelqu'un comme toi ?
Là, Kise se sentit bête. Il avait oublié qu'ils étaient voisins.
Le trajet se fit en silence. Le bleuté sirotait sa bière et le blondin avait sorti une de ses glaces, s'attirant un regard moqueur. Vraiment, ce gars remettait même en cause ses préférences en matière de nourriture. Oui, il aimait les glaces avec des formes, les saucisses en forme de poulpe et les bentos colorés. Il trouvait ça mignon et amusant et personne ne lui avait fait de remarque là-dessus. Ce sont ses sœurs aînées qui l'avaient influencé. Elles l'emmenaient souvent faire du shopping et la plus douée en cuisine lui préparait de magnifiques repas autrefois. Puis avoir été mannequin lui avait donné le goût des belles choses. C'était aussi simple que ça. Il assumait totalement.
Mais c'était cet homme. Ses remarques le déstabilisaient. Il n'accordait aucune importance à son avis, bien sur ! Malgré tout, un sentiment de honte lui brûlait l'estomac. C'était étrange, incompréhensible, mais le blond décida de ne pas y accorder d'importance.
Kise jeta un nouveau coup d'œil au bleuté, puis soupira. Il devait faire un effort, et lui parler. N'importe quoi ferait l'affaire. Akashi lui avait confié une mission : se rapprocher de cet individu. Quoi qu'il arrive il la mènerait à bien.
- Sinon… Kurokocchi m'a dit que vous étiez policier. C'est comment ?
Bon, ça il le savait depuis le début. Mais il ne disait pas non à quelques infos supplémentaires.
Aomine lui jeta un coup d'œil blasé.
- Ma vie t'intéresse maintenant ?
- Pas… pas du tout ! Je demandais juste par curiosité…
- Tu sais petit, tu n'as pas à te sentir obligé de maintenir la conversation. Je déteste les gens qui parlent pour ne rien dire. Et toi, tu me déteste tout court, nan ? Pas la peine de le nier.
Kise resta silencieux. Il comprenait vite pour un homme qui ne semblait faire aucune attention aux choses qui l'entouraient. Cependant, il continua :
- Mon boulot, c'est d'arrêter les petits imbéciles qui fument des joins, qui s'échangent des paquets de drogue entre eux et de patrouiller dans les rues. Rien de bien palpitant.
- Mais vous avez choisi de faire ça non ? Pourquoi vous vous plaignez ?
Le bleuté lâcha un bref rire. Il n'était pas moqueur comme ceux que Kise avait entendu jusqu'à maintenant, mais presque… nostalgique.
- J'étais heureux de ce job avant. J'avais des ambitions, des rêves pleins la tête, et surtout j'étais assez idiot pour croire qu'ils se réaliseraient. Puis la réalité m'est tombée dessus. La vie est plus dure que ce qu'on croit.
- Vous…
- Bref. On est arrivé. A plus, gamin.
- A… Attendez ! Vous me devez de l'argent je vous rappelle !
- Ah, ouais. Je vais être à la bourre si je ne pars pas maintenant, une prochaine fois.
Il avait croisé les doigts, Kise l'aurait juré ! De toute façon, il s'était douté qu'il ne récupérerait jamais ses trois cent yens…
Il rangeait ses affaires dans le frigo quand il entendit la porte d'en face claquer violemment. Aomine était sortit en courant de chez lui, habillé de son uniforme de policier. C'était la première fois que le blond le voyait comme ça et il mentirait en disant que ça ne lui allait pas. Il rentra dans sa voiture ; le bruit du moteur allié à la cassette du deuxième album des Beatles se faisaient entendre depuis sa cuisine. Mais la mustang grise partit bien vite et le son se dit de plus en plus lointain, jusqu'à disparaitre. Kise jeta un coup d'œil à l'horloge. Dix heures. Tout comme la semaine dernière. Si ses informations s'avéraient exactes, il devrait être de retour vers dix sept heures.
Il sortit une clé en argent de sa poche et ouvrit la porte caché sous la rampe d'escalier. Difficilement repérable pour un étranger qui entrerait dans la maison. Car à l'intérieur, il y avait des choses que personne à part lui ne devait voir.
Des photos, des morceaux d'articles, des post it noircis de notes. Le visage d'Aomine s'étalait sur les murs de la petite pièce. Même Kuroko avait sa place sur la paroi glacée, sa tête entourée avec un surligneur rouge et un point d'interrogation à côté. Le meilleur ami pouvait aussi très bien être le meilleur ennemi, tout comme l'avait prouvé sa précédente mission avec Teppei et Hyuuga. Il ne connaissait toujours pas l'identité de son employeur. Ce pouvait être n'importe qui. Et les soupçons se tournaient en général sur les proches.
Le tueur à gages alla comme d'habitude vérifier que son petit calibre était toujours à sa place. Il souleva l'unique dalle rouge de son parquet blanc et entreprit de nettoyer le pistolet. Il devait garder son efficacité quoi qu'il arrive.
Kise nota sur un papier l'horaire désormais confirmé du bleuté le mardi. Ces petits détails d'apparence insignifiants pourraient se révéler vitaux dans le futur. Ça faisait une semaine qu'il l'espionnait discrètement, observant ses habitudes et ses fréquentations. Mais à part le fait qu'il courrait fréquemment pour ne pas arriver en retard à son travail et qu'il n'adressait la parole qu'à Kuroko (et au blond lui-même quand ils se croisaient, mais c'était plus pour le narguer qu'autre chose), il n'avait rien. Rien du tout. Il devait sérieusement envisager de devenir… ami avec ce type. Sauf qu'il n'avait jamais eu affaire à ce genre de personne auparavant et qu'en plus de détester sa personnalité, il ne savait pas du tout comment s'y prendre avec lui. Sa présence l'exaspérait, il avait du mal à garder son calme. Et puis surtout, il ne le supportait pas.
Il maudissait Akashi d'avoir toujours raison. Cette mission était un véritable challenge !
Il soupira, passant une main dans ses beaux cheveux blonds. Jeta un coup d'œil à sa montre. Il devait partir maintenant s'il ne voulait pas arriver lui-même en retard.
- Tu es en avance aujourd'hui, lui fit remarquer Izuki tandis qu'il rentrait dans l'arrière boutique pour se changer.
Kise sourit.
- J'ai failli me faire tuer par le patron la dernière fois que je ne suis pas arrivé à l'heure. J'ai encore la marque de son pied dans mon dos !
- Haha, il fait ça avec tout le monde ! Ça veut dire qu'il t'aime bien. Allez, enfile ton uniforme et viens m'aider, j'ai du mal à gérer les femmes tout seul.
Kise se changea rapidement, troquant son survêtement contre un costume blanc et noir lui donnant l'air du parfait majordome. Ça plaisait énormément aux clients, en particulier aux filles. Les gérants n'en n'ont pas crus leurs yeux quand une horde de lycéennes avaient envahies avaient débarqués dans leur modeste restaurant après qu'elles aient vus Kise sortir les poubelles dés son premier jour. L'ancien mannequin avait du succès, c'était évident, et les chiffres montaient grâce à lui. Izuki Shun, son collègue de travail, l'accusait depuis gentiment de lui avoir volé la vedette.
Il était pourtant loin d'être moche. Ses cheveux étaient noirs et lisses, ses yeux en amande possédaient une étincelle de malice semblable à celle de son meilleur ami Takao. Si l'on exceptait son humour de très mauvaise qualité, il avait une personnalité agréable. Lui et Kise avaient très vite sympathisés.
- Il faudrait juste mettre les bols dans l'évier de la cuisine, précisa Izuki en montrant un plateau avec la vaisselle sale. Pas de bol, c'est toi qui t'y colle. Oh ! Il faut que je la note celle là !
- Tu es ridicule, soupira Kise.
Mais le noiraud avait déjà sorti un calepin de sa poche et y écrivait sa soi disant blague dedans. Six jours que Kise supportait ses vannes à deux balles : il avait tué pour moins que ça !
Pour ne rien arranger, Izuki paraissait de bonne humeur. Ses blagues de niveau carambar s'enchainaient les unes après les autres.
« Eh, Kise ! Qu'est ce qui est vert, qui monte et qui descend ?
Ecoute celle là Kise ! J'ai trois poussins, mais je veux en garder que deux : qu'est ce que je fais ? Eh ben j'en pousse un. Poussin ! T'as compris ?
Un de mes potes s'est pris un râteau hier soir. Mais pas l'objet pour jardiner hein. Haha ! »
Le gros couteau de cuisine était posé sur le coin de la table, là, à quelques mètres de lui. Il n'avait qu'à faire un pas et tendre la main…
- Kise-kun, minauda une jeune fille assise avec ses copines à une table près de la fenêtre. Tu peux venir prendre notre commande ?
- J'arrive tout de suite ! leur assura t-il avec un sourire dont il avait le secret, heureux d'être débarrassé d'Izuki.
Elles rougirent aussitôt. Kise, à défaut de ne pas pouvoir tuer le casse pied qui lui servait de collègue, lui donna une tape sur l'épaule et utilisa la formule magique :
- Si Kasamatsu-senpai te voit encore avec ce bloc note dans les mains, il va te le confisquer.
- Ah, je l'avais oublié ! Merci Kise, t'es un vrai poteau ! Enfin, pote, au cas où tu n'aurais pas compris ! Il faut que-
- J'entends Kasamatsu arriver…
-Compris ! Je vais voir ailleurs si j'y suis !
Il fila aussitôt. Utiliser la menace de leur supérieur sévère et un peu violent sur les bords était la seule solution pour le faire taire. Même si ce dernier semblait n'être nulle part à l'horizon.
- Kise-kuun ?
- Oui, oui, je suis à vous dans un instant.
Kise soupira de mécontentement. Il rentrait chez lui après une nouvelle journée barbante et ce n'était pas peu dire. Il n'en pouvait plus ! Le quotidien, la petite vie tranquille, ce n'était pas fait pour lui. Il avait l'impression d'être inactif et il détestait ça. Par exemple, que ferait-il en rentrant chez lui ? Manger, regarder la télé, aller se coucher. Et demain il repartirait au restaurant, rempli de clientes stupides et superficielles et supporterait son imbécile de collègue.
Peut être devrait-il rendre visite à Kuroko, histoire de ne pas se faire oublier ? Il l'aimait bien ce petit gars, malgré sa constante impassibilité. Il ferait un bon tueur, se dit Kise en riant intérieurement.
Il alla chercher un milkshake pour le turquoise. Kise le connaissait assez bien maintenant pour savoir qu'il le mettrait à la porte s'il arrivait les mains vides. Passant d'abord chez lui pour aller déposer ses affaires, il croisa le chemin d'une jeune femme aux longs cheveux, très belle, mais l'expression de son visage semblait agacée. Il ne fit pas vraiment attention à elle sur le moment. Quand il ressortit de sa maison, il fit face à un spectacle assez… intéressant.
La fille était devant la porte d'Aomine, tapant du pied, signe évident de son mécontentement. Son portable collé à l'oreille, semblant attendre qu'on lui réponde. Kise hésita. Devait-il aller lui parler ? Il savait que le policier était absent. Mais avant qu'il ait pu faire quoi que ce soit, la jeune femme rangea son téléphone dans sa poche et introduisit une clé dans la serrure. Puis elle rentra dans la maison du basané comme si elle lui appartenait, refermant tout naturellement la porte derrière elle.
Kise n'en revenait pas. Qui était-elle ? Comment se faisait-il qu'elle possédait un double des clefs de sa cible ? Il n'avait jamais entendu parler d'une compagne où d'une petite amie, Midorima l'aurait mentionné dans son rapport. Alors quoi ? Quelqu'un de la famille ? Une voleuse ? Paniqué, le blond composa aussitôt le numéro d'une personne en qui il avait une totale confiance pour ce genre de situation. Bien sur, il pourrait s'occuper seul de cette femme, mais rien ne garantissait qu'il puisse la garder en vie si elle commençait à se défendre. Mieux valait être sur qu'elle n'était pas dangereuse.
- Qui a-t-il Kise-kun ?
- Kurokocchi ! C'est affreux ! Il faut que tu m'aide !
- Calme-toi. Qu'est ce qui se passe ?
- On essaie de cambrioler Aomine !
Silence à l'autre bout de la ligne, ponctué seulement par des cris d'enfants en arrière plan. Puis son interlocuteur reprit :
- Un cambrioleur ?
- Oui ! Enfin je ne sais pas elle est entrée comme ça… Oh Kurokocchi il faut que tu viennes ici maintenant !
- Je suis à la maternelle. Désolé mais tu vas devoir te débrouiller tout seul.
- Mais… !
- Et puis tu ne t'es pas dit qu'elle était peut être une connaissance ?
- Si bien sur…
- Est-ce qu'elle est habillée en noir, avec une cagoule ? Avait-elle un comportement suspect ?
- Euh… Non. Mais je l'imagine mal être avoir une copine avec son caractère de-
- Kise-kun, l'interrompit sèchement Kuroko, à quoi ressemble cette personne ?
- Ben… Elle avait de longs cheveux roses, et… une petite robe simple. Elle était super jolie aussi !
- C'est bien ce que je pensais.
- Tu la connais Kurokocchi ?
- Oui.
- Alors qui… ?
- Monsieur, monsieur ! Crièrent des petites voix du côté du turquoise. Anna est tombée dans le bac à sable et elle s'est fait mal !
- J'arrive tout de suite, leur assura Kuroko avant d'ajouter pour le blond : A plus tard Kise-kun.
- Ah ! Attend !
Trop tard, il avait déjà raccroché. Kise soupira, dépité, tout en rangeant son téléphone. Bien sur, ce n'était pas son problème. Et il ne s'inquiétait absolument pas pour Aomine où son mobilier, ça jamais ! Il était curieux, c'est tout ! Il alla frapper à la porte, des questions plein la tête. C'est vrai quoi, comment ça se faisait que l'autre connaisse un canon pareil ?
Avant même d'avoir touché le battant, Kise entendit le moteur ronronnant de son voisin derrière son dos. Il trouvait encore le bon moment pour faire son apparition celui là ! Le blond se retourna pour lui faire face, sa salive glissant difficilement contre sa pomme d'Adam. L'autre sortait de sa voiture, toujours vêtu de son uniforme. Ses yeux se plissèrent quand ils l'aperçurent, trainant sur son palier. Il se dirigea vers lui d'un pas impérieux, comme s'il espérait l'intimider. Le blondinet soutint son regard, jusqu'à ce qu'il soit en face de lui et là, il se mit à maudire ses 189 centimètres qui ne faisaient pas le poids à côté de ce grand baraqué plus haut que lui.
- Qu'est ce que tu fiche ici ?
- Euh…
Oui, d'abord qu'est ce qu'il faisait là ? Il aurait très bien pu rentrer chez lui et observer depuis sa fenêtre. Ça lui faisait penser qu'il serait temps d'installer des caméras et des micros chez le bleuté dés qu'il en aurait l'occasion… Demain, peut être devra t-il essayer ? Il pourrait échapper à la surveillance de Kasamatsu-senpai et partir un peu plus tôt de son travail. Si son ainé ne le trouvait pas avant bien sur. Aomine avait croisé les bras, décidé à ne pas bouger avant d'avoir eu une réponse concrète. Cerveau appelle Ryota. Cerveau appelle de toute urgence Ryota.
Sauf que celui-ci semblait avoir du mal à aligner deux mots.
- Dai-chan ! Ce n'est pas trop tôt !
« Aie ! » fut la première réaction du blond quand la porte d'entrée heurta brusquement son crâne après s'être ouverte à la volée. La fille était sortit comme une furie, les bras croisés sur son opulente poitrine et la voix boudeuse. Son attitude changea cependant quand elle remarqua qu'elle avait blessé le jeune homme (Mais chut ! Pas un mot à qui que ce soit de cet accident ! La fierté de tueur de Kise serait en jeu…), et en oublia aussitôt sa colère pour le bleuté.
- Oh ! Je suis désoler, je ne savais pas qu'il y aurait quelqu'un derrière…, bredouilla t-elle, confuse.
- Ce n'est pas grave, marmonna Kise en se frottant la nuque.
« Dangereuse… mais pas de la manière dont je me l'étais imaginer », se dit-il tandis que la rosée se confondait en excuses.
- N'exagère pas Satsu, il a que dalle ! répliqua Aomine visiblement agacé.
- Ne dis pas ça ! J'ai vu des patients blessés pour moins que ça ! Vous vous sentez vraiment bien ?
- Oui, oui, ce n'était pas…
- Vous êtes sur ? Pas de saignements ? Je devrais peut être vérifié que vous n'avez pas d'ecchymose où d'hématomes…
- Ça va, le bassine pas avec ton charabia d'infirmière. Il n'est pas en sucre à ce que je sache ! S'énerva le bleu. Qu'est ce que t'es venu faire la ?
- Tu ne répondais à aucun de mes appels ni aux SMS depuis des jours. Je m'inquiétais ! Te connaissant, tu n'as surement rien mangé de correct cette dernière semaine. Je t'ai apporté un plateau entier de lasagnes. Je les ai fais moi-même, avec tout mon amour !
- Non merci. Je veux pas de ta bouffe dégueulasse.
- Dai-chan ! Sois un peu plus poli ! Que dirais ta mère si elle t'entendait parler comme ça ?
- T'as pas intérêt à cafter, la prévint Aomine d'un ton menaçant.
La dénommée « Satsu » haussa les épaules.
- Ce n'est pas dans mes intentions. Comparer à d'habitude, ce que tu me dit là sont des mots doux.
Kise étouffa un rire, se cachant derrière sa main. Aomine le fusilla du regard et rentra sans un mot de plus. La rose soupira puis se tourna vers Ryota avec un grand sourire.
- Je vous offre à boire ? Histoire de me faire pardonner.
- Eh bien c'est très gentil à vous mais…
- Nous ne dérangerons pas Aomine. Au contraire, un peu de compagnie ne lui ferait pas de mal.
- Ne prends pas de décisions à ma place ! s'écria ce dernier.
Trop tard, Kise avait déjà été entrainé à l'intérieur. L'antre inconnu de sa proie si intrigante et sauvage. C'était plus ordonné qu'il ne se l'était imaginé. Bien sur il y avait quelques affaires qui trainaient ici et là, comme des vêtements entassés près d'une machine à laver ou des magasines éparpillés sur la table basse du salon (majoritairement avec des filles posant à peine vêtues…). Cette atmosphère négligée lui était familière et le rendait un peu plus à l'aise. Il secoua brusquement la tête. Non, il ne devait pas relâcher sa vigilance, surtout s'il se trouvait dans le camp adverse… !
- Un problème ?
… Et que son ennemi avait une copine assez collante. Et observatrice.
- Aucun.
La jeune femme le fit s'assoir sur le canapé principal tandis qu'elle-même s'installait sur une chaise.
- Où sont nos boissons Dai-chan ?
- T'as cru que c'était un room service ici ? râla l'interpellé qui revenait avec deux tasses dans les mains.
- Tu dis ça mais tu nous apporte ce qu'on veut quand même. C'est tellement gentil de ta part !
- La ferme !
Le policier se laissa tomber sur le canapé après avoir déposé de mauvaise grâce les verres sur la table, à quelques centimètres de là ou était posé Kise. Il s'empara ensuite d'une bouteille de bière et but ce qu'il restait en quelques gorgées, comme s'il n'avait pas bu depuis des jours. Irrécupérable.
- Je ne reste pas longtemps, je ne voudrais pas vous déranger…, prévint le blond.
- Mais non voyons ! Et puis ce n'est pas tous les jours qu'on croise quelqu'un comme vous par hasard.
- Quelqu'un comme moi ?
- Vous êtes Kise Ryota non ? L'ancien mannequin ?
Aomine sembla enfin s'intéresser à la conversation, observant ses deux invités à tour de rôle. Kise sentait sur lui son regard perçant. On ne l'avait plus reconnu depuis un moment. Les jeunes stars en vogue s'oublient vite si elles s'absentent trop longtemps. Et cinq ans suffisaient amplement.
- Je suis étonné qu'on se souvienne encore de moi après tout ce temps.
- J'étais une grande fan ! Collégien et déjà si populaire… Vous aviez beaucoup de talent.
- Ça fait plaisir à entendre.
- Pourquoi vous avez arrêté aussi soudainement ?
Le silence se fit ressentir. Pourquoi hein ? Il trouvait cette petite vie de modèle aussi ennuyante qu'insipide, un jeune PDG psychopathe l'avait sortit de sa routine et il était devenu tueur à gages. Rien que ça. Et maintenant, sa mission était de tuer ce policier qui se trouvait dans la même pièce que lui. Comme s'il pouvait leur dire un truc pareil !
- Eh bien, j'ai décidé de tourner la page en quelque sorte. Je suis parti quelques temps à l'étranger et… je suis revenu ici. Hehe… c'est un peu compliqué.
- Oh, bien sur, désoler si j'ai été indiscrète…
- Ne vous inquiétez pas pour ça.
Kise sourit.
- Enfin voilà, maintenant je suis serveur et j'habite la maison d'en face. Rien de bien excitant comparer à avant.
- Je suis sure que vous avez encore un grand succès auprès des filles.
- Haha, c'est vrai que c'est dur de ne pas se faire remarquer dans les rues. Mais c'était bien pire quand je bossais encore dans le mannequinat ! Pas un jour je ne me faisais pas harceler par des fans qui voulaient un autographe où prendre des photos. J'imagine qu'au bout d'un moment, j'en ai eu assez.
- C'est compréhensible. Les femmes deviennent folles quand il s'agit d'amour, rit-elle.
Ils papotèrent beaucoup, comme des amis de longue date. Kise revivait sa courte carrière de mannequin chaque fois qu'il évoquait des anecdotes sur les soucis qu'il avait connu au travail où sur les marques saugrenues pour lesquelles il avait posé. La jeune femme, Momoi Satsuki, lui racontait également ses histoires de jeunesse, qui impliquaient Aomine pour la plupart : Kise apprit par exemple que plus jeune, le basané rêvait de devenir un joueur de basket professionnel et qu'il avait été le plus doué de sa génération dans ce sport. Ce dernier les écoutait d'une oreille, l'air de s'ennuyer profondément. Mais Kise cernait assez le personnage maintenant pour savoir que si leurs bavardages le dérangeait vraiment, il aurait déjà quitté la pièce pour vaquer à ses occupations. Momoi se leva pour lui montrer de vieilles coupes qu'il avait gagnées avec son équipe et une photo froissée les représentant à l'époque du lycée. Kise s'étonna :
- Kurokocchi aussi est un de vos vieux amis ?
- Tu connais Tetsu-kun ? Oui, nous l'avons rencontré au collège et nous ne nous sommes plus quitter depuis. Avec Dai-chan c'est différent, lui et moi devons avoir grandis ensemble depuis la maternité !
- Ça doit faire un moment que vous êtes en couple alors, lança Kise.
- Quoi ? Oh mon dieu non ! Nous…
Aomine fut pris d'un fou rire, si puissant qu'il le fit se plier en deux, se tenant les côtes tellement ça lui faisait mal. Momoi se tourna vers lui en gonflant ses joues, ce qui redoubla son hilarité. Kise, bien que dans l'incompréhension la plus totale, se sentait fasciner par le son qui sortait de la bouche du bleuté. Jusqu'à présent, il n'avait essuyé que des ricanements moqueurs et des rictus malsains. Alors même s'il se fichait ouvertement de lui, voir ce rire franc sortir du fond du cœur était étrange. Kise se sentait étrange. Et il se sentait encore plus confus car il ne comprenait pas ce qu'il lui arrivait.
- Mon gars, t'es vraiment incroyable ! souffla t-il dés qu'il fut calmé, une larme rieuse perlant à son œil gauche.
- Je ne vois pas ce que j'ai dis de si drôle.
Aomine rigola encore une minute et Momoi dut lui donner une tape sur la tête, assez forte pour qu'il s'arrête enfin.
- Espèce d'idiot.
- Désoler mais… ça faisait trop longtemps qu'on me l'avait pas sortit celle là. Elle et moi, sérieux ? Cette fille est bavarde, capricieuse, dépensière pour des choses complètement inutiles, mauvaise cuisinière, susceptible et j'en passe.
- Et ce type est odieux, immature, pervers, et il ne sait rien faire convenablement tout seul ! rétorqua la jeune femme.
- Je vois…
- Mais, reprit-elle, il est comme un grand frère pour moi. Je ne saurais pas dire combien de fois il m'a sauvé quand je me suis retrouvé dans des situations difficiles. Hein Dai-chan ?
- Hm.
Elle lui ébouriffa gentiment les cheveux, comme si leur petite dispute n'avait jamais eu lieu. Amis d'enfance alors. D'un côté, Kise trouvait ça touchant. Une amitié qui durait depuis des années malgré les différents et les disputes. Ayant plaqué tout son passé du jour au lendemain et reconstruit sa vie, les seuls personnes en qui il pouvait avoir confiance, qui le connaissait vraiment et sur qui il pouvait vraiment compter étaient ses amis du manoir. Il n'avait pas à se plaindre d'eux, non il les adorait : Takao, son meilleur ami, avec qui il partageait tant de choses. Midorima qui prenait soin de lui à sa façon, et ce depuis le premier jour. Murasakibara, dont il aimait tant le côté enfantin et tendre qu'il réservait à ceux qui méritaient son attention. Et puis Akashi, aussi protecteur qu'une mère avec ses enfants envers les membres de sa chère équipe. Ils étaient sa vraie famille. Les gens de son passé ne lui manquait pas le moins du monde. Où peut être que si. Quelquefois. Alors voir ses deux là agir comme frère et sœur, ça le rendait nostalgique. Juste un peu.
- D'ailleurs Dai-chan, je voulais te proposer quelque chose.
- Je le savais. Tu peux pas venir ici sans avoir quelque chose derrière la tête !
- Voyons, tu me fais passer pour quelqu'un d'horrible devant Kise-kun ! Il y a les soldes en ce moment et aucune de mes amies n'est libre pour y aller avec moi.
-Ouais. En gros je sers de bouche-trou.
- Mais non !
- Va demander ça à Tetsu ! Qu'est ce que tu veux que ça me fasse tes activités de nana ?
- Mais il a du travail…
- Parce que tu crois que moi j'en ai pas ?
- Si ça te dis, je pourrais me libérer plus tôt demain dans l'après midi et y aller avec toi, proposa Kise. J'ai quelques courses à faire alors ça m'arrange.
- Faire du shopping en compagnie d'un ancien mannequin ? Je ne peux pas dire non ! s'enthousiasma la rose en sautillant sur place, surexcitée.
- Quoi, tu m'abandonne aussi facilement ? s'indigna Aomine.
La jeune femme ne l'écoutait déjà plus. S'échangeant leurs numéros respectifs, ils se mirent d'accord sur l'heure et le lieu du rendez-vous avec le sourire aux lèvres. Le bleuté n'aimait pas ça. Il les regarda d'un air mauvais, claqua sa langue contre son palais et quitta la pièce. Kise le suivit des yeux jusqu'à ce qu'il ait disparu. Ses yeux étincelaient d'une lueur presque malsaine. Il en apprenait de plus en plus sur son passé, et avoir réussi à sympathiser avec cette Momoi constituait une sorte de mini victoire pour le blond. Elle était plus bavarde que Kuroko, et surtout moins méfiante. Il lui redonna la photo qu'elle lui avait montrée d'eux au lycée, notant au passage la présence d'un quatrième adolescent aux cheveux rouges vifs et aux épais sourcils. Il ne devait pas être important si les deux amis n'avaient pas mentionnés son nom. Alors Kise ne lui prêta pas attention.
Les choses commençaient enfin à bouger. Le lendemain serait une véritable collecte aux informations. Peu importe Aomine et le regard d'avertissement qu'il lui avait jeté. Il ne manquerait pas une occasion pareille !
Voili voilu c'est tout pour aujourd'hui ! J'essaierai de poster le prochain dans deux semaines, mais je ne promets rien… Avec les TPE qui approchent et tous les devoirs que les profs nous donnent c'est dur d'avoir du temps libre, sans parler de la connexion Internet qui lâche toutes les deux minutes TwT
Sinon ne m'en voulez pas pour le niveau extrêmement bas des blagues d'Izuki, on me les a faite il y a pas longtemps et je n'ai pas résister à l'envie de les inclure dans le chapitre xD
Réponse aux reviews :
Laura-067 : Merci ! Oui pour le métier de médium tu devrais y réfléchir xD Huhu ce sont des théories très intéressantes… Je ne peux rien te dire de plus là-dessus pour ne pas gâcher la surprise, mais tu es sur la bonne voie ! Mais je pense que même toi tu seras surprise quand nous saurons enfin qui es le client ;3
Inuko : Merci pour ton commentaire ! En effet le contexte n'est pas original mais il m'inspirait énormément et comme tu l'as dit Kise dans la peau d'un tueur c'est… c'est… hum je vais éviter d'activer mon mode fangirl ici. Je suis contente que ça t'ai plu ;)
A la prochaine !
