Le mois de septembre s'achève doucement, tandis que les profs nous avaient déjà donné des tonnes de devoirs, auxquels James faisait semblant de ne rien comprendre pour que Rose les lui fasse en essayant de lui expliquer. Je ne sais même pas pourquoi elle faisait ça. Parce qu' évidemment, elle se rendait compte que James le faisait exprès, qu'il n'avait pas besoin d'aide mais qu'il se servait d'elle pour ne rien branler. Si ce n'était pas la plus observatrice de la famille, c' était la plus vive de réflexion et la plus intelligente ; de plus, elle connaissait suffisamment James pour avoir percé a jour son petit jeu. Mais le fait est qu'il est là, a se tourner les pouces, somnolant a moitié tandis qu'elle lui explique tout à haute voix. Je m'efforce de faire attention mes centres d'intérêts habituels - ma famille - tout en caressant les cheveux d'Hugo, vautré sur le canapé et sur moi par la même occasion. Il parle avec Fred, et j'essaie de me mêler de leur conversation, ce qui d'habitude ne me pose pas de problème. Mais rien à faire.

Ce qu'il se passe, c'est que Sadonie est sortie de la salle il y a un quart d'heure, un éclat victorieux au fond de ses prunelles. Il faut croire que je l'ai quand même impressionnée, puisque ça fait un mois que le pari a été lancé et que je ne l'ai jamais vue lui parler. Moi non plus, je ne lui ai pas parlé , à Lysandre. On s'adresse quelques sourires dans les couloirs, je l'observe à la dérobée tout en surveillant l'autre pétasse, mais je ne suis pas allée le voir. Pourquoi ? Je crois que j'ai espéré qu'elle oublie tout a, que ce pari ne soit jamais réalisé et que Lysandre soit et reste le fils de l'amie de la famille. Mais il faut croire que Sadonie a finalement décidé de passer à l'attaque. Prise d'un sursaut d'angoisse, je me lève brusquement, manquant d' éclater le crâne de mon cousin, et me penche l'oreille de James.

- Je t'emprunte la carte.

Il n'a pas le temps de donner son accord que je suis déjà partie dans son dortoir. Il y a deux mecs de son année assis sur leurs lits en train de bavarder, qui me regardent avec surprise et intérêt, mais je ne leur adresse pas un regard, fouillant dans les affaires de James sans honte. Au pire, que je trouve quelques photos porno ne m' étonnerais même pas, venant de lui. Je finis par attraper la carte et sors de la salle commune sans regarder ma famille. Je pense que Rose comprendra ce qu'il se passe aussi. Je n'ai pas mis les autres au courant de ce pari débile. James, Albus et Lily l'auraient très mal pris, parce que pour eux les Scamander sont comme leurs autres cousins. Ils ont déjà été surpris que leur presque-frère, Teddy, sorte avec Victoire, alors ils penseront qu'on a des penchants pour l'inceste, et je ne veux pas les mettre mal à l'aise. Quand à Fred et Hugo, mes acolytes habituels, je préfère ne rien leur dire pour le moment. La vérité , c'est que, pour une fois, je n'ai aucune idée de leur réaction. Je pense qu'ils m'en voudront de m' être abaissée a ce genre de pari avec une pauvre fille comme Sadonie, mais aussi qu'ils essaieront de m'aider. Ou au contraire, ils me laisseront tomber et feront la gueule. Je murmure le mot de passe de la carte. Teddy, James, Rose, Hugo, Albus et Lily ont toujours connu l'existence de cette carte puisque leurs parents l'utilisaient. Donc, si Hugo l'a connue, Fred l'a connue. Par conséquent, j' étais aussi au courant, ainsi que Victoire et Roxanne, la soeur de Fred, qui l'a dit Lucy, qui l'a dit Molly. Mais personne d'autre que nous ne le sait, c'est un pacte qu'on a fait. Ce qui est Weasley reste Weasley ( Teddy tant bien sur inclus dans le lot puisque la carte a été créée par son père et le grand-père de James ).

Quand je prononce le nom de Lysander, je grimace légèrement, pas vraiment surprise. Le nom de Sadonie Devonshire apparaît clairement à côté de lui, dans un couloir pas désert, mais presque, à l' écart des autres. Ils sont arrétés, et je prie pour qu'ils ne fassent que parler. Je prépare mentalement la gifle verbale que j'adresserais l'affreuse, tout en pressant le pas. Je tiens à préciser que tout ce que je dis - sauf en cas d'urgence extrême ou exception, comme un sauvetage de cousins farceurs nommés Fred et/ou Hugo - n'est que pure vérité . Je finis par les apercevoir. Il faut croire que même les escaliers ont remarqué que je ne suis pas d'humeur, puisqu'ils m'ont directement emmenée où je voulais, sans trop de voyages. En même temps, on a la classe, ou on ne l'a pas. Je replie la carte et la glisse dans ma poche, m'approchant avec un sourire léger. Lysander me tourne le dos, mais Sadonie, par dessus son épaule, m'aperçoit et fronce les sourcils.

- Saddie! je lance avec une hypocrisie qui ne trompe personne. Piper était furieuse de savoir qu'elle était la dernière de l' école a être au courant que tu t'es fait Stevenson dans le bureau de Longdubat ; je crois qu'il vaut mieux que t'aille la voir.

Elle me lance un regard furieux. Tiens! elle semble s' être acheté un "décodeur de Domie" depuis le début de l'année. Pour ceux qui n'ont pas compris, je viens juste de dire à Lysander qu'elle est une salope complètement déloyale et infidèle qui prend sa soi-disant meilleure amie pour un chien.
Elle rougit ; de colère surement, cette fille n'a pas de honte. C'est mignon! Je pose une main sur le bras de Lysander, envoyant un regard assassin à la blonde au cas où elle chercherait lui coller un baiser n'importe où avant de partir.

- Oh, salut, Lysander! je dis, feignant de remarquer que c'est lui, et lui collant deux bises sur les joues.
- Ouais, euh, a plus tard; bafouille Sadonie avant de tourner les talons en un dernier mouvement de cheveux mal étudié .
- A ce soir! je lance, faussement mielleuse.

Quand elle a enfin tourné au coin du couloir, je pousse un soupir exaspéré . le beau blond me lance un regard inquisiteur ; j'ai l'impression d' être devenue transparente et qu'il peut lire en moi. Je me perds un instant dans ses yeux bleus, notant pour le première fois qu'ils ne sont pas teintés uniformément : il sont plus clairs l'intérieur, ce qui lui donne un regard hypnotisant.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? finit-il par demander, ne doutant pas une seconde que cette petite scène n' était pas innocente.
- Fais gaffe tes fesses, elle s'est mise en tête de coucher avec toi.

Je me retiens bien de préciser que c'est aussi mon cas. Je décide à cet instant que je ne ferais pas ce pari. Après tout, ça sera beaucoup plus amusant de voir Sadonie s'esquinter le gagner alors que mes seuls efforts seront pour lui ruiner toutes ses chances. Comme ça, j' évite de blesser qui que ce soit ; sauf elle que je compte bien ridiculiser.
Bah, je vous avais bien dit que j'ai failli atterrir a Serpentard...
Je commence a tourner les talons, lui adressant un petit sourire entendu, quand sa voix grave me rappelle.

- Et ça te dérange ?

Je me tourne vers lui, intriguée. Dois-je comprendre par là que ça ne lui déplairait pas de coucher avec Sadonie ? Je déglutis, ça me dérange qu'il puisse penser ça. Tout le monde sauf elle!
Aussi, je retiens un soupir de soulagement en croisant son regard amusé , amusement qui m'est totalement dédié . Il se joue de moi, surpris de ma réaction. Je ne sais d'abord pas quoi répondre. Je souris en coin, un peu gênée, puis décide d'opter pour la franchise.

- Oui.

Il fronce les sourcils, sans se départir de son - magnifique - sourire à fossettes. Il fait un pas vers moi.

- Pourquoi ?

Inspire. Ne réfléchis pas à ses questions et réponds simplement. Ne cherche pas analyser ce flot d' émotions qui résonnent en toi et reprend le contrôle de la situation.

- Parce que c'est une pauvre conne, et même pour un coup d'un soir, tu mérites mieux.
- Tu as dit la même chose James, quand il est sorti avec elle ?

Je tique. Est-ce qu'il est obligé de me rappeler qu'elle s'est déjà fait mon cousin, sous mes yeux, qu'elle s'en est vantée dans notre dortoir alors que Rose et moi avions la gerbe ? Je soupire et lève les yeux au ciel.

- James sort avec tout et n'importe quoi ; il serait même prêt a se faire une prof. Non, je ne lui ai pas dit a parce que je savais très bien que si ils restaient une semaine ensemble, ça serait un exploit.
- Et tu surveilles tous ses plans elle.
- Oui. Non. ça dépend, je grimace.

D'un mouvement de tête, il m'invite m' étendre sur le sujet. Je soupire de nouveau. Pourquoi notre conversation tourne autour d'elle, et pas de la dernière découverte que sa mère a faite sur les maladies des dragons ?

- Disons qu'elle s'est mise en tête de coucher avec Fred et Albus, et j'ai un peu peur qu'elle ait juste "oublié " de mentionner qu'elle voulait se faire mon Louis aussi parce que j' étais à côté . Tu sais, c'est le genre de fille qui parle tout haut tout fort pour que tout le monde l'entende, alors même si je ne surveillais pas ses plans, je serais au courant.

- C'est mignon.
- De quoi ? je demande, un peu interloquée par sa remarque.
- Tu maternes tout le monde.

Je le dévisage un instant. Bon sang, Domie! reprends-toi, ma fille! Stupide Scamander. Il peut pas être normal comme tout les autres mecs, sans surprises, que je me sente l'aise, que je m'ennuie un peu a force de lui parler, qu'il soit totalement prévisible et que je m'en amuse ? Mais non. Il semblerait, que, pour une fois, les rôles soient inversés. En un sursaut de lucidité , j'arrive a sortir une phrase qui redonne la conversation un côté moins psychologique.

- Et ? Tu as a peur que je te surveille comme ton ombre ; genre chaque fois que tu te retournes, oh! Domie est derrière toi!

Il rit et je le regarde avec une petite moue mi-moqueuse mi-amusée.

- Bah, personne n'a l'air traumatisé , dans ta famille.
- En fait, on l'est tous, c'est pour ça que ça se voit moins.

Il continue de rire et je le dévisage, me demandant un instant ce que ça serait de le couver comme les autres. Je me rends compte que ça ne me dérangerais pas. Autant Lorcan me fait un peu flipper sur les bords, Lysander est attachant et plein de vie, ce qui me donne envie de le serrer dans mes bras et de prendre soin de lui. Bon, d'accord, je suis un peu trop mère poule. Ma tante Ginny a déjà dit en riant que c'est moi qui aurait dû m'appeler Molly II, et pas ma cousine, parce que je fais attention à chacun, un peu trop, même. ça commence par la tenue de Louis, ça passe par les repas de Roxanne - qui est entrée dans l' équipe de quidditch et qui maigri doucement, ce qui ne me fait pas encore flipper, mais je sais que ça viendra - et ça finit par les conquêtes de James. Si lui ne se souvient pas des noms de ces filles, je connais l' âge, la maison et le nom de chaque - bien que je ne sois pas au courant de toutes, apparemment.
Lysandre redevient brusquement sérieux, regardant dehors a travers une fenêtre; mais j'ai plutôt l'impression qu'il fuit mon regard.

- Bah, d'habitude on dit que c'est ma mère, qui a un grain...

Il l'a prononcé du bout des lèvres, un peu à contre-coeur, et si mon attention n'avait pas été entièrement focalisée sur lui, je ne l'aurais surement pas entendu. J'hausse les sourcils, sentant qu'il a besoin de se faire rassurer.

- Ta mère ? Elle super fun, et puis c'est une grande sorcière, c'est tout ce qui compte, pour nous. Enfin, c'est sur que nous, on vous connaît plus vous, avec ton frère, mais bon...

C'est vrai que sa mère est totalement excentrique. Elle parle de choses improbables que j'adore écouter. La plupart du temps, elle parle d' êtres invisibles qui nous jouent des mauvais tours. Avant, je n'y croyais pas. Mais depuis ma quatrième année, je vois les sombrals, et si je n'ai pas réfléchis à toutes ces histoires, peut- être qu'elles ne sont pas si fausses que ça. Lysander m'adresse un sourire doux et reconnaissant. Je m'avance encore plus vers lui, le regardant dans les yeux et avançant ma main pour caresser son bras en signe de réconfort.

- C'est pas toujours facile, d'être les descendants d'héros, hein ?

On doit s'avouer chanceux, au fond. Mes parents sont toujours ensembles, ils se sont mariés pendant la guerre, et en ont subi les séquelles. Mon père, surtout. Suite l'attaque de Greyback, il a une cicatrice qui lui barre le visage et des envies sanguinaires qui contrastent beaucoup trop avec l'homme doux et aimant qu'il est. Maintenant qu'il a vieilli, on entend souvent des remarques dans son dos du genre "pourquoi une femme aussi belle qu'elle peut rester avec un mec aussi hideux ?". Quand j'entends ça, moi aussi, je deviens moche aussi, mon côté vélane se manifestant sous l'effet de la colère, et des envies sanguinaires me prennent mon tour. Lysander a déjà été témoin d'un de mes coups de colère, et il sait surement que je pense ça en ce moment. Il hausse les épaules.

- Ouais.

Ses yeux rencontrent les miens et je me dis qu'il faudrait que je retire ma main de son bras avant que je ne commette l'irréparable et me jette sur lui. Mon cerveau met quelques secondes a envoyer l'information jusqu'à ma main. Je lui fais une dernière caresse en lui souriant, avant de me reculer, par précautions.

- Bon.

Il déglutit, semblant lui aussi reprendre contact avec la Terre.

- Je vais y aller.

Intéressant, je me dis. Et flippant, aussi. Pour moi comme pour lui.

- Fais gaffe à Devonshire, hein.

Je me détourne après un dernier sourire, et j'ai envie de me foutre des baffes. Super.
Je suis attirée par Lysander et lui aussi, apparemment.
Alors pourquoi il a fallu que je fasse ce stupide pari, hein ?


Bonjour/Bonsoir

Ah! j'ai réussi a faire avance l'histoire dans le temps (un mois, wouaaaaaais *out*) et a parler un peu de leurs parents ; je suis contente parce que je compte faire durer leur histoire jusqu'à la septième année (vous inquiétez pas, j'ai prévu des rebondissement;) ) ; BREF.

N'hésitez pas a laisser une petite review & a donner vos avis!