Chapitre 4 : Jalousie ?

Ryoma marchait à présent en direction du club qu'il fréquentait régulièrement. L'air qu'il affichait était plutôt sombre et celui qui lui aurait cherché querelle à cet instant, l'aurait certainement amèrement regretter. Malgré tous ses efforts, il ne pouvait retirer de son esprit, l'image d'une Sakuno, rougissante et souriante devant Eiji. Sur le coup, il avait eu envie de faire du mal à Kikumaru, pour lui effacer l'air serein et le sourire qu'il affichait. Il n'avait pas compris cette drôle d'émotion et il ne la comprenait toujours pas. Que signifiait ce mélange de tristesse et de colère qu'il ressentait ? Pourquoi ne pouvait-il chasser le visage de Sakuno de ses pensées ? Il secoua la tête aussi fortement qu'il le put, il ne voulait plus la voir, il ne supportait plus les visions qui l'assaillaient : Sakuno en train de rire avec Eiji, Sakuno enlaçant Eiji ! Le prince du tennis tint sa tête entre ses mains, pour se ressaisir puis après quelques minutes, ouvrit les yeux. Il se sentait trahi, il l'avait crue, il avait vraiment espéré que l'amour de Sakuno était sincère, et même s'il n'était pas encore prêt à lui donner de réponse, il devait avouer que cet amour lui réchauffait le cœur. Il rentra au club, prit sa raquette, et commença à renvoyer les balles, de plus en plus fort. Après une vingtaine de minutes, il était essoufflé. Etrangement, il sentit son cœur se serrer, et ses yeux commencèrent à le piquer. C'étaient des sensations qu'il éprouvait pour la première fois et Ryoma était complètement perdu.

Il prit une gourde et s'en aspergea le visage, quand il releva la tête, Sakuno lui tenait une serviette.

Il cligna des yeux plusieurs fois, se demandant s'il ne rêvait pas. Elle lui souriait, et rougissait en même temps, tout en lui tendant de ses bras hésitants, cette serviette dont s'échappait une douce odeur de lessive. Il resta immobile pendant quelques instants à l'observer, et il remarqua qu'elle s'était changée, elle portait sa mini jupe de tennis et il vit ses affaires à côté d'elle. Il se détourna d'elle et reprit son entraînement.

« Ryoma-kun… commença-t-elle » .

Ryoma ne fit pas un geste, ni ne répondit. Elle aurait dû se douter que leur relation ne pouvait qu'empirer mais était-il vraiment si aveugle, que croyait-il ? Qu'elle lui avait menti sur ses sentiments ? Elle ferma les yeux en soupirant, se préparant au long combat qu'elle devrait mener, elle savait combien Ryoma était borné en tant normal alors si elle l'avait fait souffrir, lui parler serait encore plus difficile.

« Ryoma-kun dit-elle un peu plus fort

-Mhh

-Je voudrais te parler onegai

-mhhhh »

Elle rentra dans le box et tira Ryoma par la manche afin qu'il soit en face d'elle. Puis elle le regarda dans les yeux.

« C'est important Ryoma-kun »

Encore une fois il se déroba, détournant le regard et alla s'asseoir sur un petit banc. Sakuno le regarda.

« Il n'y a rien du tout entre Kikumaru-Senpai et moi !

-Ce ne sont pas mes affaires, ta vie privée ne m'intéresse pas Ryuzaki !

Le ton glacé et cassant avec lequel il avait prononcé son nom la choqua. Elle eut envie de partir loin, de s'enfuir, sentant les larmes envahir ses yeux et brouiller sa vue. Mais cela, c'est ce qu'aurait fait l'ancienne Sakuno, aujourd'hui elle n'était plus la même. Elle renifla bruyamment, respira un bon coup et s'avança vers Ryoma qui semblait s'obstiner à détourner son regard d'elle.

« Echizen, je ne t'aurais jamais cru aussi stupide. Je me demande comme tu peux être aussi doué au tennis tant je te trouve aveugle ! »

Sur ces mots, elle saisit son sac et s'apprêta à repartir quand elle fut surprise d'entendre un rire. Elle se retourna et vit qu'elle ne rêvait pas, Echizen Ryoma savait rire ! C'était un rire assez surprenant, enfantin qui contrastait avec sa maturité. Elle sentit comme une chaleur se diffuser dans ses veines, en se disant combien il pouvait être beau ainsi.

« Je peux savoir ce qui te fait rire comme ça Echizen ? »

Il releva la tête et la regarda dans les yeux avec un sourire arrogant flottant sur ses lèvres

« Toi… »

On aurait dit un murmure tant le ton de Ryoma était doux. Sakuno sentit ses joues s'empourprer et elle se mit à bafouiller.

« Et…je ne vois.. mais pourquoi ?

-Tu es la première personne que je connaisse à me dire que je suis stupide, et aveugle par contre tu me l'avais déjà dit »

-

-Mhhh

- Je te parle Echizen

Oui Ryuzaki ? » dit-il avec une lueur espiègle dans les yeux

Elle se pencha pour pouvoir plonger ses yeux dans ceux du prince du tennis. Leurs visages étaient tellement proches que son cœur se mit à battre plus fort. Ryoma quant à lui, bien qu'il soit agité intérieurement n'en laissa rien paraître.

« J'ai un prénom Echizen, donc tu peux m'appeler Sakuno

-Non… va plutôt pour Ryuzaki-chan,.

Il se leva brusquement, manquant de renverser Sakuno, et reprit ses affaires.

« Tu es venue pour jouer, non ?

-Oui mais je ne fais pas le poids face à toi, tu le sais bien. »

Le jeune garçon se contenta de hausser les épaules et prit la direction de la sortie suivi de Sakuno.