London, Angleterre.
Sunday, July 21, 2013
01 : 49

Point de vue : Caitlyn A.

Le monde semblait s'écouler différemment dans ces yeux... Comme si la souffrance du monde qui va mal, et la douleur des gens qui se meurt avec lui n'existait pas. Un paradis à elle, à nous. Je crois que personne n'avait vraiment du la regarder, comme moi, je la regardais, parce qu'ils se seraient noyés à coup sûr. J'avais déjà un mal fou à garder les pieds sur terre, alors un autre, ce n'était pas la peine d'y penser. Pour la regarder ainsi, aussi profondément, j'avais mis des années, avant, j'étais mal à l'aise, je détournais forcément le regard, puis avec le temps, j'avais fini par contrôler cette drogue et m'y habituer. Quoique non, on ne s'habitue pas au regard d'Emily. Ce genre de regard qui aurait pu me tuer si elle me les refusait encore. Cette fille était un mystère à elle toute seule, et responsable de la plupart de mes questionnements, mes doutes et mes incertitudes. Même à l'instant présent, je vivais dans un paradoxe horripilant. J'étais très bien, là. Nous étions allongés, tête vers le plafond, la musiques'écoulant de ma chaîne Hifi. Je la tenais dans mes bras, comme souvent, et caressaient distraitement ses cheveux blonds, en plongeant son visage dans son cou. C'était ça, ma vision du paradis à moi, et pourtant, j'avais cette peur dévorante qui me tordait l'estomac. La peur que tout s'arrête en une fraction de seconde.

- Je n'aime pas cette fille.

Sa voix me provoqua un long frisson le long de mon échine, et je dus relever la tête à contre cœur, quittant la chaleur de sa peau que je rêvais d'embrasser, pour comprendre, parce que j'avoue être complètement déconnecté. J'étais toujours déconnecté lorsqu'elle était contre moi. Surtout dans ce genre de position, tous deux allongés de tout notre long sur mon lit, elle légèrement entre mes jambes pour appuyer sa petite tête sur ma poitrine en fixant le plafond de ma chambre, pendant que j'avais baissé la tête pour profiter de l'odeur de ces cheveux. Mais voilà que la voix la plus douce au monde, venait m'arracher de mes rêves éveillés. Énième paradoxe auquel je ne m'habituerais jamais avec elle.

- Beverly ?
- Mmh...
- Pourquoi ?

Un soupir lasse et presque fatiguée s'échappa de ces lèvres, mais elle garda le silence. Heureusement, parce que j'étais perdu dans la contemplation de ses longues jambes, qu'elle venait de replier sur le matelas. Il faut dire que son pyjama, même court, laissait place à mon imagination la plus débordante. Je crois que j'aurais pu passer la nuit à rêver d'elle, à fantasmer de la manière dont j'aurais pu lui retirer, mais il fallut vite que je me calme, en déposant un léger baiser sur sa tête. Je ne pouvais pas me laisser partir dans toutes les directions, ainsi. C'était tout simplement impossible. C'était parfaitement incorrecte et pourtant tellement tentant.

- Elle est tellement surfaite...
- N'importe quoi, elle est très talentueuse, et drôle en plus de ça ! riais-je au ton qu'elle avait employé pour la qualifier.

Aussitôt que j'eus refermé la bouche, je la vis croiser les bras, et prendre sa petite mine boudeuse habituelle. De celle-ci, adorable, qui me faisait toujours craqué. Capricieuse, ça elle l'était. Je l'avais toujours connue ainsi, mais ça faisait partie des choses pour lesquelles j'avais succombé. Avant de laisser échapper un nouveau rire qui la ferait bouder davantage, je m'écartais pour inverser nos positions, passant au-dessus d'elle. Je tentais de capter son regard, mais, toujours bras croisés, elle semblait bien décidé à continuer de bouder, regardant partout sauf vers moi. Alors j'essayais de nouveau de croiser ces superbes prunelles abysses. En vain. Je n'avais, avant elle, jamais rencontré une fille aussi chiante. Parce que oui, elle l'était tellement que ça en devenait insoutenable, et adorable à la fois, mais je n'abandonnais pas. Mes mains étaient posées sur le matelas de chaque côtés de son visage, alors, de toute manière, elle ne s'échapperait pas, elle ne manquerait pas à mon interrogatoire. J'attrapais ces poignets, non sans mal, parce qu'Emily n'était pas une fille pourvue de beaucoup de force, au contraire, c'était une fille fragile et sensible. Ce genre de fille, si innocente, qu'on meurt d'envie de la protéger, en permanence. C'était l'innocence de l'enfance que les gens gardaient parfois quand il n'avait jamais souffert, et je m'étais promis de tout faire pour qu'elle garde cette innocence le plus longtemps possible. Tant que je serais là, il ne lui arriverait jamais rien, je m'en étais fait la promesse. Toutefois, j'avais réussi à attraper ces poignets fin et délicat et à l'empêcher de croiser les bras, pour bouder davantage. J'avais réussi à les maintenir contre le matelas, et j'avais réussi à même la faire rire, pendant qu'elle avait tenté de se débattre. Néanmoins, je n'avais pas réussi à tenir. Je m'étais, moi aussi, perdu dans son regard océan. Même plus que ça, j'étais en train de m'y noyer, et d'y prendre plaisir. Et même moi, je me demandais, à l'instant, comment Emily faisait-elle, pour ne pas s'apercevoir à quel point je la désirais. Je la dévorais littéralement du regard, chaque parcelle de son visage, alors que nous étions si proches que je pouvais sentir son souffle sur mes lèvres. Ces moments-là arrivaient tellement souvent, que même moi, à la place, je me serais aperçu de l'amour que me portait cette autre personne.


Bournemouth Beach Holidays, Angleterre.

Wednesday, July 24, 2013

10 : 23

Point de vue : Caitlyn A.

Comment est-ce que j'en étais arrivé là ? C'était une merveilleuse question. Les jours qui avaient défilés avaient pourtant été banales. Beverly était resté dormir à la maison, dans notre chambre d'amie, parce qu'elle habitait relativement loin, et bien que nous soyons toutes majeures, ou presque, elle avait demandé à ses parents, qui avaient été ravis d'accepter. J'avais continué mon footing chaque jour, et chaque jour, je m'étais un peu mieux entendu avec cette fille, au détriment d'Emily, qui semblait elle, de plus en plus la haïr sans que je n'en comprenne la source. Puis, nous voilà. Toutes les cinq assises sur la plage. Ou plutôt, toutes les quatre, à attendre ma sœur qui n'en finissait plus avec ce coup de téléphone de ma mère. De loin, je lui fit signe de la tête de raccrocher, c'était insupportable. Mes parents, n'étaient jamais à la maison, mais il fallait que ma sœur garde ce besoin de les appeler, au moins tous les deux jours. Elle avait toujours été la plus sentimentale de nous deux. Du moins... avec eux. Personnellement, j'avais très vite compris qu'on ne pourrait jamais compter sur ces sois-disant parents. Je continuais de jouer, en l'attendant, la fixant de temps à autre. Elle était maintenant assise sur un rochet et fixait le téléphone, l'air tellement blasé. Encore une fois, ma mère ne l'avait probablement pas écouté et avait dû, encore, ne parlez que d'elle, encore et encore. Je chantais alors légèrement plus fort, sans la lâcher des yeux. Nous étions notre propre famille, toutes les deux, et il fallait se soutenir, c'était le plus important. Enfin, elle posa son regard sur moi, et me lança un mini sourire. Je savais parfaitement que je la couvais trop, et que, en revanche, parfois, j'étais trop dure. Finalement, c'était moi qui étais remplis de paradoxe. Seulement moi, et je ne pouvais m'en prendre qu'à ma petite personne. J'avais un mal fou à montrer de l'affection, alors je me débrouillais comme je pouvais. Preuve : Nous étions toutes là, sur la plage, en maillot de bain, sur nos serviettes, pour elle. Du moins, moi, j'étais là pour elle, parce qu'elle était ma sœur, et que mon devoir était de la suivre quelle que soit cette idée folle. Il fallait que je sois là, pour m'assurer que son rêve se réaliserait, et après, je me retirerai. C'était pour ça, finalement, que j'en étais arrivé là, pour elle.

Finalement Amber se redressa, glissa son téléphone dans le haut de son petit bikini rouge, et vint nous rejoindre, alors, je posais ma guitare sur le côté, et lorsqu'elle s'assis à mes côtés, je posais ma main sur la sienne en la serrant doucement, et elle me sourit, tout naïvement, tout simplement, que comme deux sœurs que nous étions.

- Alors, nous en étions où ? Demanda-t-elle en reportant son regard sur sa meilleure amie, premièrement, puis chacune d'entre nous.

- Il faut qu'on trouve des noms qui s'accordent... Comme pour Liam, il nous faut une Lia, pour Niall, une...
- C'est hors de question ça, coupais-je Daisy, en lui lançant un regard noir.

Cette fille avait beau être la meilleure amie de ma sœur, je ne la portais pas spécialement dans mon cœur, pour la simple et bonne raison qu'elle était d'une immaturité profonde. Gentille, mais idiote. Ce n'était pas contre elle, loin de là. Elle m'avait toujours semblé être une fille généreuse, souriante, et aimante, mais elle avait le don incroyable de me taper sur le système. Je ne comprenais même pas comment ma sœur pouvait bien la supporter. Elle ouvrit la bouche comme, surement, pour exprimer comme son idée débile lui semblait juste, mais elle fut bien vite coupée, et heureusement.

- Caitlyn a raison. Faire un groupe, c'est une idée géniale. Les dépasser, les surpasser même, c'est fabuleux. Mais on ne peut pas s'identifier à eux, les gens croiront que sans eux, on n'existerait pas...
- C'est le cas, trancha Émily en lançant le même regard noir que moi, mais à Beverly, qui avait pris ma défense.

Je toussotais légèrement en lançant un regard semblable à Émily, parce qu'elle venait légèrement de plomber l'ambiance, néanmoins, Beverly ne semblait pas l'avoir pris personnellement, et j'en remerciais le ciel qu'elle soit si mature pour passer au-dessus, ou bien qu'elle s'en fiche royalement. L'un ou l'autre, elle reprit comme si Émily n'existait pas, et je la connaissais si bien que je pouvais assurer qu'elle bouillonnait de l'intérieur.

- On est unique, il faut garder nos noms, mais ce qu'il faut, c'est trouvé un nom de groupe, tout aussi unique que nous.


Bournemouth Beach Holidays, Angleterre.

Wednesday, July 24, 2013
23 : 48

Point de vue : Caitlyn A.

Finalement, nous n'avions toujours pas trouvé de nom de groupe. Nous avions cherché tellement longtemps que ma tête avait fini par me faire mal, oui oui, je vous jure, mal. Même mes cours de philosophie ne m'avait pas autant donné la migraine. Nous avions cherché tout l'après-midi, sans succès... Mais nous avions fait tellement de route pour venir ici, deux heures à vrai dire, qu'il était hors de question de repartir le soir même. En fait, nous avions pris nos sacs de couchage et nous comptions bien dormir sur la plage. Bon, bien sur, c'était illégal, mais discrètement... Peut-être que ça passerait, dans un coin tranquille, et puis, nous nous étions actuellement glissé avec un groupe de jeunes qui faisait la fête sur la plage. Un beau feu de camp, l'alcool qui coulait à flots, lamusique et l'amusement. Tout semblait parfait, et finalement, toutes les cinq nous étions très bien.

Nous nous amusions toutes comme des folles, et après avoir passé un après-midi à profiter de ce soleil brûlant et des vagues, quoi de mieux qu'une soirée entre amies. Ma sœur et Beverly avaient suffisamment dragués de garçon dans l'après-midi, pour que certains nous invitent à la fête et même nous prêtent leur maison le temps que l'on se prépare. Même si, pour dire vrai, j'avais fait dans une rapidité absolue. Comme souvent, si ce n'est tout le temps. Je n'étais pas la fille la plus féminine au monde, il fallait bien l'avouer. Mais au moins, j'avais un moment abandonné mes baskets et mes chemises, pour une tenue un minimum adéquat. Bon, bien sur, face à celle d'Émilyou même Beverly, elle était complètement fade et basique. Il fallait d'ailleurs avouer que cette fille n'avait vraiment peur de rien. Elle osait parfois porter des vêtements à la fois sexy et provocateurs, qui lui allaient à merveille. Même ma sœur était incroyablement belle, dans une tenue pourtant des plus simples. En réalité, il n'y avait que Daisy qui faisait aussi tache que moi, ce qui expliqué finalement, que nous avions parlé un bon moment. Cette fille était tout simplement d'une timidité incroyable. Ce qui fait que je m'étais même excusé d'être aussi désagréable avec elle. Une première. Sérieusement, j'avais peut-être été trop dure avec elle. Quoi qu'il en soit, nous avions passé tout le long de nos préparatifs ensemble, et je l'avais accepté maintenant, avec un peu de regret de l'avoir traité si durement.

Quoi qu'il en soit, la soirée se passait bien, ma sœur avait complètement adopté Beverly qui s'amusait comme une folle avec elle, tandis que je discutais, malgré le son, avec cette Daisy, en jetant de temps à autre un regard mauvais en direction d'Émily qui s'amusait tout autant avec un pauvre inconnu sans intérêt. Mon Dieu non, je n'étais pas jalouse... Il était tellement fade et... Et sans intérêt bon sang ! Pourquoi ce type avait-il se droit de poser ses mains, un peu tout partout sur elle.

- Donc, tu vas en école musicale ?

Je reportais mon attention sur mon interlocutrice pour me concentrer sur ma conversation ennuyeuse à mourir. Enfin, c'est ce dont il me paraissait. Elle, semblait complètement ébahie par le moindre de mes propos.

- Effectivement oui, j'aurais dû y aller avant le lycée mais je tenais tout de même à avoir un diplôme... Où est-ce que tu vas ?

- Enfaîte, je n'en sais trop rien, parce que...

La pauvre ne put finir sa conversation puisque ma sœur et Beverly revenaient, en riant, s'écroulant presque sur la table, ce qui nous fit échanger un rire à nous aussi. Je lui fis un petit signe pour lui signaler que nous reprendrions cette conversation, parce qu'il était clair que cette fille n'avait pas souvent beaucoup d'attention, c'était le risque à prendre quand on était la meilleure amie de ma sœur, qui prenait souvent toute l'attention, et heureusement pour moi, parce que je préférais être discrète et de loin. Je n'eus pas plus le temps de réagir que je vis ma sœur tirer Daisy sur la piste, même si cette dernière semblait plutôt rechignée. Beverly, elle, prit la place de mon ancienne interlocutrice et fit signe au barman de s'approcher, avec un sourire éblouissant. Même morte de fatigue, elle continuer de sourire. Incroyable. Cette fille était increvable, tant bien que j'avais presque oublié de jeter un coup d'œil vers Émily. Je l'a regardais un moment, sans qu'elle ne me prête la moindre attention, jusqu'à ce qu'un petit coup de coude me tape dans le bras, pour que je reporte mon regard sur ma petite brune, qui souriait toujours grandement...

- Va virer ce mec.
- Je m'en fiche.
- N'importe quoi, tu... commença-t-elle avant de regarder le serveur qui venait d'arriver, deux Cosmopolitan, a-t-elle commandé avant de me regarder de nouveau, : tu la dévores des yeux depuis tout à l'heure, c'est limite si tu vas pas le faire griller sur place à force de le foudroyer du regard comme ça.


Bournemouth Beach Holidays, Angleterre.

Thursday, July 25, 2013
15 : 26

Point de vue : Emily T.

J'étais pathétique, regardais moi, là, à chanter pour prouver à une peste, que je valais tout aussi bien qu'elle. La soirée avait été un calvaire, et bien que nous n'ayons finalement pas dormi sur la plage, j'aurai peut-être préféré. Des garçons nous avait invité à finir la soirée avec eux, et finalement, nous avions dormi dans la villa de leurs parents. Lorsque le soleil s'était levé, j'avais fait un café, tout en me remémorant la soirée d'hier. Dieu que je détestait cette fille, corps et âme, même. Elle était le portrait typique de l'arrogance, et de l'hypocrisie, et Caitlyn n'y voyait rien. Ou si, elle n'y voyait que du feu et marchait pied joint dans tous les plans de cette pauvre fille, sans la moindre importance. La preuve formelle était qu'elle avait passé la soirée à me regarder jusqu'à ce que cette Beverly n'arrive et ne devienne le centre de son attention. J'avais beau eus faire n'importe quoi avec ce type, elle n'avait plus posé les yeux que sur elle, buvant à tout va, chaque verre que lui payer cette pauvre brune. Non vraiment, si j'aurais pu lui faire tomber une enclume sur la tête comme dans les dessins animés, je ne m'en serais pas gardé. J'avais tenu le plus longtemps que j'avais pu, mais voir cette autre fille devenir le centre de son attention m'était insupportable, seulement, au moment même, ou je m'étais décidé à les rejoindre, elle n'avait fait que la prendre par la main pour la tirer sur la piste, sans manquer de m'adresser un sourire. Je m'étais figé sur place. Elle l'avait rendu complètement saoul, et elle avait réussi à m'éradiquer de la surface de la terre dans son esprit, et contrairement à ce qu'on avait pu penser, ça faisait un mal de chien, parce que c'était ma faute. J'avais toujours été une peste incroyable avec Caitlyn. Elle passait son temps à prendre soin de moi, et je restais aussi froide que possible, mais peut-être aurais-je du réagir avant. Peut-être oui. Seulement, il était hors de question que je la laisse tomber avec cette fille qui n'avait aucun sens de l'humanité. Elle n'était qu'une peste qui ne pensait qu'à s'amuser, et qui n'irait pas bien loin. Elle n'avait aucune idée de se que Caitlyn avait dû traverser, elle n'avait pas été là pour lui remonter le moral, pour la pousser à suivre ces rêves, et la faire sourire. Elle ne gâcherait pas notre lien si unique, je m'en faisais la promesse. Il fallait voir, comme elle m'avait dévisagé. Dès mon café fini, j'avais doucement frappé à la porte de la chambre où dormait Caitlyn, plus pour voir si elle dormait encore ou non, qu'autre chose, mais ce n'était que cette peste, qui avait retiré ma main de la poignée avec force lorsque j'avais voulu ouvrir.

Flash Back :

- Laisse la dormir.

Si j'avais pu je lui aurais arraché les yeux de la tête, c'était plus fort que moi, je l'aurais fait sans me contrôler. Au lieu de ça, j'avais retiré ma main, et je ne l'avais pas foudroyé du regard pendant qu'elle , me lançait un regard, elle, des plus déplaisants, comme si je ne valais même pas la peine qu'elle m'adresse la parole. Elle avait tourné les talons lorsque j'avais baissé les yeux, puis, j'avais changé d'avis, il était hors de question que je baisse les yeux. Alors, je l'avais suivi à mon tour, jusqu'à la cuisine, pendant qu'elle récupérait un café, qu'elle venait surement de faire.

- C'est quoi ton problème ? M'énervais-je, en claquant finalement la porte derrière nous.

Elle reporta enfin son regard sur le mien, en portant son café à ces lèvres. Son calme était horripilant. Comme si elle avait déjà prévu que ça arriverait. Pour ma part, j'étais hors de moi, impossible de me calmer. Je ne devais pas faire partie de ces filles qui pouvaient se permettre d'avoir un calme à toutes épreuves. Elle me tapait bien trop sur le système. Enfin, elle décrocha sa tasse de ces lèvres, trop bien dessiné, et m'accorda un de ce sourire hypocrite horripilant, tout en se rapprochant de moi. D'un geste lent, elle passa un doigt sur ces lèvres, pour essuyer une petite goutte de café, et me sourit de nouveau, tout proche de moi. Trop même, si bien qu'elle me mettait complètement mal à l'aise. J'aurais presque pu sentir son souffle sur moi, comme ces moments réservés seulement à Caitlyn. Mais je ne bronchais pas. Hors de question de lui donner davantage de pouvoir.

- Toi, souffla-t-elle en battant de ces longs cils, et de passé à côté de moi, l'air de rien, en ouvrant la porte pour ressortir de la cuisine.

Je mis quelques secondes avant de réagir, et je sortis à mon tour, la suivant une nouvelle fois. Elle pouvait fuir autant qu'elle voudrait, elle n'aurait pas le dernier mot, et ce n'était pas seulement une question de fierté.

- Je te demande pardon ?
- Toi, oui. C'est toi mon problème, a-t-elle craché en se retournant face à moi avant de reprendre : Qu'est-ce que tu as de spécial ? Rien. Tu n'es qu'une fille banale, qui a grandi dans une parfaite petite famille , en tant que fille unique, centre de l'attention, avec une parfaite vie de famille, une maison parfaite, et des parents parfaits. Je connais plus que bien ce genre de fille auquel tu appartiens. Tu as surement l'habitude que tout te tombe entre les mains, d'avoir les plus beaux mecs du lycée à tes pieds, d'avoir tout ce que tu désires sans le moindre talent, rien qu'avec ta jolie petite gueule. Tu m'horripiles. Chacune de tes manières surfaites, et chacun de tes gestes sonnent faux. On dirait presque une Barbie. Faite entièrement de plastique et complètement vide de l'intérieur. Tu n'as pas une once de talent, et tu ne mérites pas ta place ici. Voilà, mon problème.
- Dans ce cas, c'est toi qui as un problème. Je suis désolé que tu es surement eu une minable petite vie, mais j'ai tout autant ma place que toi. Tu ne me connais pas, tu n'as aucune idée de ce que je vaux, et je vaux probablement mieux que toi, qui as besoin d'éliminer les autres, pour exister. C'est quoi ton réel problème ? Moi, ou un problème affectif, dû au fait que tout le monde se désintéresse de toi ? La seule fille qui n'a pas sa place ici, c'est toi. Nous, ça fait des années qu'on se connaît. Tu crois pouvoir arriver et faire ta loi. Tu n'es pas talentueuse, tu es agaçante, arrogante, et superficielle. Je vaux mieux que n'importe quelle fille dans ton genre et je n'ai aucunement besoin de ton avis.
- Prouve-le, lâcha-t-elle d'un ton froid et glacial, en s'appuyant contre le mur.

Voilà comment je m'était retrouver à chanter, du mieux que je pouvais, de toute mes tripes pour lui prouver que je valait mieux qu'elle. C'était horripilant, frustrant, et surtout blasant. Mais, elle l'avait cherché, et j'aimais cette musique, plus que n'importe là quelle. Elle ne prendrait pas ma place, parce qu'elle ne la méritait pas, et qu'il était hors de question que je la lui laisse.


London, Angleterre

Wednesday, August 15, 2013
18 : 19

Point de vue : Caitlyn A.

Je n'en revenais, pas, il fallait nous y voir. Nous étions là, à chanter, dans un petit salon d'enregistrement, que nous avions loué à pas cher, pour enregistrer quelques chansons que nous posterions sur YouTube. Nos voix ensemble, étaient simplement parfaites. Il fallait l'avoué. Moi qui n'étais complètement pas pour, j'étais même charmé. Je m'amusais comme une folle. Cela faisait un moment maintenant que nous étions rentré de la plage, et je ne sais pas comme ça c'était produit, mais une sorte de compétition secrète c'était formé entre Émily et Beverly. Si bien, qu'elles me tapaient sur le système. C'était limite si elles ne se battaient pas pour tout. Qui faisait les meilleurs repas, qui passerait le plus de temps avec moi, qui chanterait la mieux... Ça en devenait insupportable. Mais nous voilà. Nos premières vidéos avaient explosé le nombre de vue, et bientôt nous gagneront même de l'argent tant les vues avaient été nombreuses. Je n'en revenais pas. Nous avions un succès fou, et même moi, je ne comprenais pas comme cela pouvait être possible. Dans quelques jours, nous avions rendez-vous dans une maison de disques qui nous avaient vues et qui voulait nous écouter en direct. C'était tellement magique, tellement irréel. Nous chantions presque tout le temps, et nous avions même quelques petits contrats non réguliers dans des bars, ou quelques petits cafés.