Je m'excuse auprès de tous ceux qui ont laissé une review et à qui je n'ai pas encore répondu, je n'ai pas eu le temps, mais je vais le faire.

Bonne lecture!


Chapitre 4

Arthur ne savait pas depuis combien de temps Merlin dormait contre lui lorsqu'il entendit quelqu'un frapper à la porte. Il hésita à se lever, ce n'était après tout pas son appartement, mais il savait que Merlin avait besoin de repos, et ne voulait pas prendre le risque que les coups le réveille. Il se dégagea alors des bras de son ancien serviteur et se dirigea vers la porte, qu'il ouvrit doucement.

L'homme qui se tenait devant lui plissa les yeux.

- Qui êtes-vous ?

- Euh… Je m'appelle Arthur.

- Où est Merlin ? David m'a dit qu'il avait changé d'adresse, mais je ne suis pas débile.

Arthur se mordit la lèvre. Il n'aurait jamais du ouvrir la porte. Il n'avait aucune idée de qui était l'homme, ni de pourquoi Merlin lui avait fait croire qu'il n'habitait plus là, et il ne savait surtout pas ce qu'il devait faire, ce que Merlin voudrait qu'il fasse.

- Il n'est pas ici, finit-il par dire.

- Sa voiture est en bas, il est là. Je veux juste lui parler.

- Bon, écoutez, il dort, alors repassez plus tard.

- Il dort ? En plein milieu de l'après-midi ? Arrêtez de vous foutre de moi. Et d'ailleurs, qu'est-ce que vous faites là ?

- Je vis ici.

- Vous… Quoi ? Merlin n'a jamais parlé de vous…

Arthur cherchait quelque chose à répondre lorsque la voix de Merlin leur parvint.

- Arthur ? A qui tu… Oh.

- Oh ? C'est tout ce que tu as à dire ? Merlin, c'est qui ce type ?

Arthur commençait à se sentir mal à l'aise, mais il ne bougea pas pour autant. Il n'était pas sûr de savoir si c'était la curiosité ou la jalousie qui le poussait à rester, mais il savait qu'il ne bougerait pas.

- C'est un vieil ami, répondit Merlin sans même regarder Arthur. Je l'héberge. Et ça ne te regarde pas, de toute manière.

- Un peu que ça me regarde ! C'est à cause de lui que tu m'as plaqué, c'est ça ?

- Pas du tout. Il n'a rien à voir là-dedans alors fous-lui la paix et vas-t-en.

L'homme voulut protester, mais Merlin le poussa dehors et ferma la porte avant qu'il n'en ait eu le temps.

- Qui c'était ?

- Personne. Juste un ex.

Arthur ne connaissait pas certains mots, mais il était à peu près sûr d'avoir compris. Il tenta de cacher la jalousie qui grandissait en lui, menaçant de le dévorer.

- Tu étais avec lui ?

Merlin hocha la tête et s'apprêtait à dire quelque chose lorsqu'il remarqua la bague au doigt d'Arthur.

- Où as-tu trouvé ça ?

Arthur commença à balbutier quelque chose, mais Merlin le coupa.

- Tu as fouillé dans mes affaires ?

- Non ! Enfin… Un peu, mais…

- Mais quoi ? Ce sont mes affaires, Arthur, tu n'avais aucun droit de fouiller !

- C'est toi qui a sorti le carton et t'es endormi ! Il fallait te douter que je serai tenté de regarder ce qu'il y avait dedans !

- Oh, bien, sûr, c'est ma faute !

- Pourquoi tu l'as gardée ?

- De quoi ?

- La bague. Et le sigil de ma mère. Tu les as gardés.

- Tu peux les reprendre, si c'est ça que tu veux.

Merlin commença à s'en aller, et Arthur se retint pour ne pas hurler de frustration. Il en avait plus qu'assez de l'attitude de Merlin, et était bien décidé à ne pas le laisser s'en aller avant qu'ils aient parlé, vraiment parlé. Il le rattrapa alors.

- Mais bon sang, Merlin, je ne veux pas les récupérer !

- Alors qu'est-ce que tu veux, hein ?

- Comprendre ! Je veux comprendre, Merlin ! Comprendre ce qu'il t'est arrivé après ma mort, comprendre pourquoi tu es comme ça avec moi, sur la défensive, méfiant !

- Et je t'ai déjà dit que je ne voulais pas en parler, alors laisse-moi tranquille !

- Non. Parce que tu es mon ami, et il est hors de question que je te laisse alors que tu ne vas pas bien !

- Je vais très bien.

- Merlin !

- Bon, d'accord ! Si je réponds à tes foutues questions, tu me laisses tranquille ?

Arthur considéra la question pendant quelques instants avant de répondre par l'affirmative.

- Tu as vingt minutes, déclara Merlin.

Arthur l'attira dans la chambre, où il sortit à nouveau le carton.

- Pourquoi tu as gardé tout ça ?

- Ce sont des choses de mon passé, mais tu devrais le savoir vu que tu as fouillé.

Arthur ne releva pas l'attaque, et sortit les différents objets. Il mit de côté le collier d'Hunith et le sigil de sa mère, puisqu'il savait déjà ce que c'était. Il agrippa le petit dragon en bois, et le tendit à Merlin.

- Pourquoi tu as gardé ça ? Je sais que ça vient de Camelot, mais…

- C'était à mon père. C'est lui qui l'a fait.

Arthur fronça les sourcils.

- Je croyais que tu ne le connaissais pas.

Merlin sembla soudain triste, et Arthur s'en voulut presque d'avoir posé la question, mais il voulait savoir.

- Je l'ai rencontré, une fois. C'était Balinor.

- Le seigneur des Dragons ? Merlin, je… Je suis désolé. C'est toi qui as tué le dragon, n'est-ce pas ?

- Je ne l'ai pas tué, je l'ai laissé partir.

- Quoi ?!

- Il n'est jamais revenu ! Et de toute manière, ses raisons pour attaquer Camelot étaient plus que valables !

- Merlin !

- Il n'aurait jamais du blesser des innocents, je suis d'accord, mais il avait raison d'en vouloir à Uther ! Et c'était mon ami, alors je te conseille de ne pas l'insulter !

Arthur ne répondit pas, et ravala les mots qui lui venaient, n'ayant pas envie que Merlin se braque et décide de ne plus répondre à ses questions.

- Qu'est-ce que tu as fait d'autre ? Avec la magie, à Camelot ?

- Ca va prendre bien plus que vingt minutes, ça.

- Merlin…

- Je te l'ai déjà dit. J'ai passé ma vie à sauver la tienne, à quoi bon revenir sur chaque détail ? Ce n'est pas comme si je me souvenais de tout, de toute manière.

Arthur soupira et décida de changer de sujet. Camelot était un sujet dont ils parleraient plus tard, lorsque leur relation serait redevenue comme avant. Il mit alors de côté toutes les questions qu'il avait sur le sujet, et retira les photos et le casque du carton.

- Qu'est-ce que c'est ? Demanda-t-il en désignant le casque.

Le visage de Merlin s'assombrit à nouveau, et il lui prit le casque des mains, le fixant tristement.

- Un casque.

- Pourquoi il est troué ?

- C'est un casque de guerre, Arthur. On le portait pour se battre, et ça, c'est un trou d'obus.

- Obus ? Qu'est-ce que c'est ?

- Une arme. On ne se bat plus avec des épées depuis longtemps.

- Pourquoi tu as gardé ton vieux casque troué ?

- Ce n'était pas le mien. C'était…

Merlin se pencha et récupéra une photo dans le tas. Arthur sentit sa gorge se serrer en reconnaissant la photo qu'il avait remarqué avant, celle où un homme entourait Merlin amoureusement. C'était de toute évidence le casque de cet homme.

Merlin passa son doigt sur la photo, et Arthur décida de mettre sa jalousie de côté autant que possible.

- Il est mort pendant la guerre, c'est ça ?

Merlin acquiesça lentement, et Arthur remarqua une larme qui perlait au coin de son œil. Il songea à changer de sujet pour éviter de rendre Merlin encore plus triste, mais décida finalement de poursuivre la conversation. Jusqu'à présent, les seuls moments où Merlin lui avait parlé et l'avait laissé se rapprocher de lui étaient quand il était triste, et même si Arthur sentait son cœur se briser à chaque fois que des larmes envahissaient le visage de Merlin, il décida que c'était nécessaire. Merlin avait besoin de faire face à ses émotions, et non pas de les refouler.

Arthur tenta alors de poser une main sur son bras, et soupira de soulagement lorsque Merlin ne le repoussa pas.

- Tu l'aimais ?

- C'est du passé.

- Merlin… Ce n'est pas parce que c'est passé que tu n'as pas le droit d'être triste.

- Vraiment ? C'est toi qui me parles de montrer mes émotions ?

Arthur ne put s'empêcher de sourire, et haussa les épaules. Son regard se déplaça vers les autres photos, et, comme s'il avait lu dans ses pensées, Merlin les saisit. Il se laissa tomber légèrement et s'appuya contre Arthur. Arthur tenta de ne pas laisser son cœur s'emballer à ce contact. Il savait que Merlin avait besoin de réconfort, et qu'il ne s'était mis dans ses bras que pour avoir du contact humain. Cela ne voulait en aucun cas dire qu'il ressentait la même chose que lui. Mais Arthur ne put s'empêcher de l'entourer d'un bras, et se détendit lorsque Merlin ne le repoussa pas.

- Ce sont des gens auxquels je tenais. Des amis, pour la plupart.

- Elles sont toutes sans couleurs. Les photos. Ca veut dire qu'elles sont vieilles ?

- Ca dépend de ce que tu appelles vieilles, mais oui. La plus récente date de 1919.

- Et on est en quelle année ?

- 2016.

- C'était il y a presque cent ans !

- Je sais.

- Pourquoi tu n'as pas de photos plus récentes ?

- Parce que j'en ai assez de m'attacher à des gens, puis de les voir mourir. J'ai passé les premiers siècles à vivre comme ça, et puis j'ai abandonné. J'ai fini par réaliser que je souffrais moins en restant seul. Et puis dans les années 1900 j'ai rencontré des gens, un peu malgré moi. Et après leur mort, je suis revenu à ma vie de solitaire.

- Je croyais que tu sortais avec le type qui est venu tout à l'heure.

- Pas vraiment. Je ne voulais pas créer de liens.

- C'était quand ? La guerre qui a tué…

- James. Ils 'appelait James. C'était la première guerre mondiale, entre 1914 et 1918. Je te ferai un cours d'histoire plus tard, il y a des choses qu'il vaut mieux que tu saches si tu ne veux pas passer pour un inculte.

Arthur savait que Merlin tentait de faire de l'humour, mais ne parvenait pas à cacher ses vrais sentiments. Quoiqu'il en soit, Arthur ne pouvait s'empêcher de penser que tenter de faire de l'humour était un progrès. Après tout, Merlin n'en avait pas fait depuis qu'Arthur était revenu.

- Merlin… Je sais que tu me rejettes parce que tu ne veux pas me voir mourir encore une fois, mais… S'il te plaît. Arrêtes. Arrêtes de tout faire pour que je m'en aille, ou pour me garder à distance. Je sais que ça ne t'aide pas à te sentir mieux. Alors laisse-moi rester. Si tu me repousse, et que je meure sans qu'on ait été proches, tu le regretteras. Et tu le sais. Je ne veux pas que tu souffres, Merlin. Je veux… Je veux que tu sois toi-même. Celui que tu étais à Camelot, celui qui était heureux. Pas celui qui passe son temps à rejeter les autres et à se morfondre.

Merlin resta silencieux quelques instants, puis se dégagea des bras d'Arthur et se dirigea vers la porte.

- Je vais faire un tour.

- Merlin…

- Je ne suis pas en train de te rejeter, Arthur. Il faut vraiment que j'aille faire des courses, on n'a plus rien à manger.

- Je peux venir avec toi.

- Tu veux venir au supermarché avec moi ?

- Oui. C'est quoi, un marché géant ?

- En quelque sorte.

Merlin lui tendit la main, et Arthur l'attrapa joyeusement, avant de le suivre hors de l'appartement et jusque dans la voiture.


- Tu m'apprendras à chevaucher les voitures ?

- Conduire, Arthur, on dit « conduire une voiture ». Et je ne peux pas t'apprendre, il faut que tu le fasses avec un professionnel, pour avoir un permis, le droit de conduire.

- Ah. Et où est-ce que je vais trouver un professionnel ?

- Il y en a plein. Mais avant, il faut qu'on te fasse une carte d'identité.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Un papier qui prouve ton identité, et qui dit que tu existes vraiment.

- Mais je n'existe pas. Plus maintenant.

- On va t'en créer une, je le fais régulièrement pour moi.

- D'accord. Mais… Il n'empêche que je n'existe pas ici, Merlin. Je ne comprends rien à ce monde.

- Je sais. Mais tu vas t'y habituer.

Arthur haussa les épaules.

- Pourquoi je suis revenu, à ton avis ?

- Je ne sais pas, Arthur. Kilgharrah disait que tu reviendrais le jour où Albion aurait besoin de toi, mais je ne sais pas ce que ça veut dire.

- Kilgharrah ?

- Le dragon.

Arthur retint une remarque sarcastique sur le dragon, conscient que ça énerverait Merlin.

- On arrive bientôt ?

- On y est.

Arthur et Merlin sortirent de la voiture, et Arthur fronça les sourcils en suivant Merlin dans le grand bâtiment qui se situait en face d'eux.

- Je croyais que c'était un grand marché.

- Je t'ai dit en quelque sorte. C'est comme un marché, mais couvert, et tu ne payes qu'une fois.

- Avant, je ne payais pas, j'étais roi.

- Oui, eh bien tu ne l'es plus, alors arrêtes de te plaindre et suis moi.

Merlin avait presque fini de remplir son caddie lorsqu'il se retourna et vit qu'Arthur n'était plus derrière lui. Il soupira, agacé, et revint en arrière en espérant le récupérer avant qu'il ne fasse quelque chose de stupide. Il l'aperçut près des fruits, et retourna vers lui.

- Arthur, qu'est-ce que tu f… Arthur, bon sang, poses cette pomme !

- Quoi ? J'ai faim !

- Tu ne peux pas manger ce qui est là !

- Pourquoi ? C'est bien pour les manger qu'on les achète, non ?

- Oui, mais pour l'instant on n'a pas payé, alors ne touches à rien !

- Oh… D'accord.

Arthur poussa discrètement les noyaux des fruits qu'il avait déjà mangés et rejoint rapidement Merlin. Il demanda ce qu'était certains aliments, et pourquoi ils étaient gardées dans des sachets, et comment le tapis roulant de la caisse fonctionnait, et finit par se taire en voyant que Merlin était sur le point d'exploser, ou de le frapper.

Ils rentrèrent à l'appartement dans le calme, laissant du temps à Arthur pour faire le point. Il était perdu. Il avait passé tout son temps depuis qu'il était arrivé à penser à Merlin et à essayer de le faire réagir positivement, de le rendre lui-même à nouveau, et désormais qu'il se voyait approcher du but, qu'il voyait Merlin sourire un peu plus, et surtout arrêter de le rejeter, il pensait à lui-même. Il venait d'arriver dans un nouveau monde, et il ne se sentait pas à sa place. En dehors de Merlin, il ne connaissait rien ni personne. Il n'avait rien.


Le reste de l'après-midi et la soirée se passa également dans le calme, Merlin montra à Arthur comment préparer un nouveau plat, et lui fit goûter à ce qu'il appelait de la pizza. Puis Arthur demanda s'ils pouvaient regarder la télé, mourant d'envie d'utiliser cet objet qui le fascinait, et Merlin lui montra ce qu'était un film, mais Arthur trouvait l'histoire ennuyante.

Merlin soupira et décida de lui montrer un film d'animation à la place, supposant qu'Arthur trouverait plus d'intérêt dans « Merlin l'enchanteur ». Il n'avait pas pensé que l'ancien roi en profiterait pour lui poser un milliard de questions. Pourquoi il était représenté comme un enfant, pourquoi il n'était pas le fils légitime d'Uther, pourquoi Merlin était un vieil homme, etc.

Finalement, à la fin du film, Arthur était excité comme une puce et Merlin avait l'impression qu'on l'avait vidé de son énergie.

Ils finirent par aller se coucher, et Arthur fut tenté de se rapprocher de Merlin, de reprendre la position dans laquelle il s'était réveillé. Après avoir passé la journée à se rapprocher de lui, il avait envie de la finir dans ses bras. Mais il n'osa pas, ayant peur de la réaction de Merlin. Il ne voulait pas l'entendre lui dire qu'il ne l'aimait pas, qu'il ne voulait rien de romantique avec lui. Arthur savait qu'il ne le supporterait pas.

Il se tourna alors de l'autre côté et attendit que le sommeil vienne l'emporter.

Lorsqu'il se réveilla, le lit était vide. Arthur se leva et appela Merlin, sans réponse. Il se dirigea vers le salon et trouva un papier sur la table. C'était un mot de Merlin. Il était chez la voisine, qui avait besoin d'aide avec Dieu sait quoi.

Arthur soupira et décida de se laver en attendant. Enfin, s'il arrivait à se souvenir de comment faire fonctionner la douche. Il tentait de se rappeler de ce que Merlin lui avait dit, mais rien ne lui revenait.

Il entra dans la salle de bains en soupirant lourdement, puis ouvrit de grands yeux en voyant que des petits papiers carrés étaient disséminés dans la pièce. Sur le lavabo, deux papiers disaient « eau chaude » et « eau froide » derrière chaque robinet. La douche était également décorée d'informations, et Arthur ne put réprimer le large sourire qui apparut sur son visage.

Merlin avait placé les papiers pour qu'il ne soit pas perdu et puisse s'en sortir sans lui. Merlin avait fait ça pour qu'il se sente mieux. Merlin tenait encore à lui.