Bonjour à tous ! Je suis contente de vous poster la suite dans les délais !

Il y a eu une pénurie de commentaires sur le chapitre précédent, j'espère que ce n'est pas parce que l'histoire perd de son intérêt, et j'espère que ce n'est pas non plus à cause des "spoilers" saison 05 présents dans l'histoire. N'hésitez pas à me faire part de vos remarques !

J'espère que la suite vous plaira ! Bonne lecture !


Ils avaient profité de la pause près de la rivière pour se rationner en eau, remplissant toutes les bouteilles en leur possession. Maggie s'était éloignée avec Beth, pour l'aider à se rafraîchir à l'abri des regards. Beth se laissait faire, tel un automate. Elle n'avait pas réagi aux retrouvailles avec sa sœur et le reste du groupe, elle était éveillée mais son esprit semblait ailleurs. Plus loin, le reste du groupe cherchait à comprendre ce qu'il venait d'arriver.

- Tu crois vraiment que Daryl cherchait à... demanda Carl sans réussir à finir sa phrase.

- Je crois qu'on a tiré des conclusions un peu rapide, lui répondit Michonne, si Daryl et Beth sont ensemble depuis qu'on s'est enfui de la prison, il ont du passé par pas mal d'épreuves, qu'on ne peut pas imaginer, c'est à eux de nous expliquer ce qui était en train de se passer quand on est arrivé.

- Mais, elle était nue, elle se débattait, et Daryl … Daryl était sur elle...

Michonne ne répondit rien. Elle imaginait mal Daryl être coupable de ce qu'on l'accusait. Il avait toujours pris soin de tout le monde à la prison, s'assurant que chacun avait le nécessaire. Elle savait qu'après la mort de Merle, le petit groupe qu'ils formaient était devenu sa nouvelle famille, et Beth en faisait partie. Elle n'imaginait pas qu'il puisse faire du mal à un membre de sa famille.

Elle tourna le dos à Carl, lui montrant qu'elle n'avait pas de réponse à lui apporter, et elle vit Rick et Carole revenir vers eux. Glenn se redressa aussitôt, se précipitant vers Rick.

- Alors ? Qu'est-ce qu'il a dit ?

Rick haussa les épaules, gardant le silence.

- Où est-il ? Demanda Glenn en jetant un coup d'œil derrière eux.

- Il est parti. Répondit simplement Carole.

- Quoi ! Vous l'avez laissé partir ? Putain mais qu'est-ce que je vais dire à Maggie ? Ce sale type essayait de violer sa sœur.

Rick se précipita sur lui, le regard noir, il l'attrapa par le col et approcha son visage du sien.

- Ça tu n'en sais rien, Glenn ! Alors ferme là !

Les autres membres du groupe s'étaient redressés, prêts à intervenir. Rick semblait fou de rage et prêt à défendre l'honneur de Daryl coûte que coûte. Il avait la mâchoire serrée, se retenant de frapper le coréen pour lui faire ravaler ses accusations. Personne ne bougea, la main de Rick serrée autour du col de Glenn.

- Qu'est-ce qui se passe ? Demanda une voix derrière eux.

Maggie était revenue auprès d'eux, tenant Beth contre elle, la couvrant toujours avec la chemise de Daryl. Elle resserra son emprise autour des épaules de sa sœur, tout en essayant de comprendre ce qui se passait devant ses yeux. La question de Maggie avait fait réagir Rick qui relâcha sa prise et éloigna Glenn de lui.

- Où est-il ? Demanda Maggie, où est cet enfoiré de Daryl Dixon ?

- Parti, marmonna Rick qui n'avait pas envie de rendre des comptes à cet instant.

Maggie regarda Beth un instant, l'éloignant d'elle et s'assurant qu'elle pouvait tenir debout sans qu'elle ait besoin de la tenir. Beth avait toujours le regard perdu dans le vide, et ne sembla pas remarquer que sa sœur ne la soutenait plus. Maggie se précipita alors vers Rick, arma son poing et le frappa au visage. Celui-ci reçu le coup sans broncher. Elle allait le frapper une seconde fois, mais Glenn lui attrapa les bras, l'empêchant de recommencer.

- Arrête ! Il n'y ait pour rien.

- Tu l'as laissé s'en aller ! Hurla Maggie en tentant de se dégager de l'emprise de Glenn, tu l'as laissé prendre la fuite ! Il a violé ma petite sœur !

Rick se redressa en entendant les dernières paroles de Maggie, il jeta un coup d'œil à Beth qui n'avait pas réagi aux paroles de sa sœur.

- Elle te l'a dit ? Demanda Rick.

- Non... Elle n'a pas dit un mot depuis qu'on les a trouvé. Je ne suis même pas sûre qu'elle réalise qu'on est là. Mais merde Rick ! C'était ton rôle de l'empêcher de partir ! Ton rôle de découvrir ce qu'il s'est passé !

- Chut ! Les interrompit Michonne.

Elle pointa du doigt un couple de rôdeurs qui marchait dans leur direction, attiré par le bruit des cris. Elle s'élança vers eux, et leur coupa la tête avant qu'ils ne soient trop proches.

- On va camper ici cette nuit, on a tous besoin de repos, annonça Rick d'une voix qui n'acceptait aucune discussion, on reprendra la route demain matin.

Personne n'osa demander s'il allait attendre que Daryl revienne ou non pour reprendre la route. Tout le monde s'affaira pour établir un camp sûr pour la nuit.


Rosita regarda Maggie préparer sa sœur pour la nuit. Elle lui avait retiré ses chaînes grâce à la pince coupante, et elle avait pu passer les manches de la chemise sur ses bras. Mais même si Beth était petite et que le vêtement était bien trop grand pour elle, la chemise ne la couvrait pas suffisamment et Maggie était sans cesse en train de tirer dessus pour essayer de couvrir davantage les jambes de Beth. Rosita sourit face à ses gestes protecteurs et s'approcha des deux sœurs.

- Maggie, dit-elle arrivée près d'elle, j'ai deux débardeurs sur moi, j'ai l'impression que ta sœur fait à peu près ma taille. Tu pourrais lui passer mon haut et te servir de la chemise pour lui faire un genre de jupe. En attendant de lui trouver mieux.

- C'est gentil Rosita, mais je ne voudrais pas...

- Y'a pas de problème, répondit-elle en commençant à se déshabiller.

Elle retira sa veste militaire, et enleva un des débardeurs qu'elle portait sur elle. Maggie récupéra le vêtement et lui adressa un sourire de gratitude. Maggie se déplaça pour s'installer entre le feu de camp et Beth, de sorte que son corps protège sa sœur de la lueur des flammes, afin de la déshabiller dans l'intimité de la nuit tombée.

Rosita retourna auprès d'Abraham, Eugène et Tara, avec qui elle s'était installée pour passer la nuit. Abraham la regardait, un sourire moqueur sur les lèvres.

- Tu te cherches de nouvelles copines ? Demanda-t-il.

- Oh tais-toi, faut qu'on soit sympa avec eux si tu veux qu'ils nous accompagnent à Washington.

- Je veux oui ! C'est un groupe fort et soudé, ils nous protégeront, et ils protégeront Eugène s'ils décident qu'on fait partie de leur groupe nous aussi.

- Alors il vaut mieux compter sur ma sympathie plutôt que la tienne pour qu'ils nous acceptent.

Abraham répondit par un grognement mais il savait qu'elle avait raison. Les membres du groupe de Rick se faisaient confiance les uns les autres, et si Rosita arrivait également à gagner leur confiance, ils accepteraient plus facilement l'idée de les accompagner à Washington.


Beth avait passé une nuit agitée. A chaque fois qu'elle fermait les yeux, les visages de Ned, Joe et les autres s'imprimaient sur ses paupières. Leurs regards sadiques la dévisageaient, leurs bouches tordues en un sourire malsain, leurs esprits imaginant déjà tout ce qu'ils allaient lui faire. Elle tournait et se retournait sur elle-même dans l'espoir de chasser ces sombres souvenirs, et à chaque fois elle sentait la main de Maggie se poser sur son dos pour la consoler.

Elle était restée dans un état léthargique toute la journée, mais elle savait que sa famille était autour d'elle, ils les avaient retrouvés, mais elle ne se sentait pas capable de leur parler, de les serrer dans ses bras, c'était trop tôt. Elle avait préféré feindre l'état de choc, afin que personne ne cherche à lui parler, ne cherche à l'approcher. Maggie s'était bien occupée d'elle sans chercher à la brusquer et elle lui en était reconnaissante. Beth ne se sentait pas assez forte pour affronter la réalité. Elle était redevenue la jeune fille faible de la ferme.

«t'as changé »

Beth tenta d'ignorer la voix bourrue qui résonnait dans son esprit. Elle n'avait pas changé, elle était faible, elle n'avait pas prêté attention et elle s'était faite attraper par ces odieux pervers. Et elle l'avait entraîné avec lui, il s'était fait torturé en essayant de la sauver.

« t'as dit qu' tu pouvais te débrouiller toute seule, c'est le cas »

C'était faux. Beth secoua vivement la tête pour faire taire la voix de Daryl. Il avait eu tord, elle n'avait pas réussi à s'en sortir seule, il avait dû risquer sa vie pour la sortir de cette enfer. Elle avait eu besoin de lui. Elle avait toujours eu besoin de quelqu'un pour survivre, et elle n'aurait jamais pu rester en vie si longtemps si elle n'était pas restée avec lui après avoir fui la prison.

« J' crois pas qu' les gens bien survivent »

Il avait eu raison, et elle avait été naïve. Croire qu'il y avait encore des gens biens, en dehors de leur groupe, avait été une erreur. Et la réalité lui avait montré ce qui arrivait de croire de telles choses. Elle se traita d'idiote d'avoir tenté de convaincre Daryl qu'il y avait encore de bonnes personnes sur Terre. Mais Daryl, était définitivement une bonne personne. Il l'avait protégé, il lui avait montré comment chasser, comment traquer, comment survivre en forêt. Et si elle avait réellement changé, comme il lui avait dit, c'était grâce à lui. Elle avait besoin de lui, plus que de n'importe qui d'autre. Elle ouvrit les yeux, sachant qu'elle allait rencontrer les siens. Il dormait moins longtemps qu'elle, et à chaque fois qu'elle se réveillait, elle le surprenait en train de l'observer.

La lumière du matin lui brouilla la vue un instant, mais elle se rendit vite compte que les yeux de Daryl n'étaient pas tournés vers elle. Il n'était même pas là. D'autres corps étaient allongés près d'elle, et elle se rappela : la cabane, la fuite, les cauchemars, le groupe, Maggie. Elle se redressa pour observer les alentours. Il n'était pas là.

- Daryl, chuchota-t-elle, Daryl...

Il ne l'aurait pas laissé, pas après ce qui leur était arrivé. Il ne l'aurait pas quitté des yeux. Où était-il ? Elle aperçut Michonne au loin qui montait la garde et qui avait tourné la tête dans sa direction, en voyant qu'elle commençait à s'agiter.

Beth se leva, et observa chacun des corps allongés en rond autour de ce qui restait du feu de camp. Il était forcément là, en train de dormir pour récupérer du peu de sommeil qu'il s'était accordé ces derniers jours.

– Daryl ? Daryl ?

Elle parlait plus fort, et son inquiétude se ressentait au son de sa voix. Les premiers visages émergèrent, alertés par les appels de Beth. Elle commença à s'affoler et elle s'éloigna du groupe, cherchant un peu plus loin après lui. Etait-il allé chasser ? Sans lui dire ? Les questions s'accumulaient dans son esprit. Elle ne comprenait pas, elle avait juste besoin de lui, maintenant.

– Daryl ! Hurla-t-elle pour le ramener près d'elle.

– Beth vient ici, cria Maggie derrière elle.

– Daryl ! Da...

Son cri fut étouffé par l'épaule de Maggie après que celle-ci ait plaqué Beth contre elle pour la rassurer. Tout le monde était levé désormais.

– Chut. Beth, je suis là.

Contre toute attente, Beth repoussa violemment sa sœur et fit un pas en arrière. Elle observa les autres membres du groupe, un par un, afin de trouver une réponse sur leur visage. Elle se tourna vers Rick et marcha vers lui à grand pas.

– Où est-il ? Où est Daryl ? Cria-t-elle.

– Il est parti, répondit-il simplement.

– C'est impossible, pas sans moi. Il ne m'aurait pas laissé.

– Beth... chuchota Maggie en tentant de s'approcher d'elle.

Beth leva une main pour arrêter Maggie, elle n'avait pas besoin d'être réconfortée à cet instant, elle avait besoin de réponse.

– Il a du lui arriver quelque chose, il ne serait jamais parti si longtemps. Il faut aller à sa recherche.

Beth attendit, souhaitant que quelqu'un fasse un geste dans son sens, prêt à aller chercher Daryl, prêt à aller l'aider, peu importe où il était parti ou pourquoi il était parti. Mais personne ne bougea.

– Rick, commença Abraham sur un ton prudent. On doit reprendre la route maintenant, on a perdu assez de temps.

Beth fusilla l'homme du regard. Elle ne le connaissait pas mais elle le détestait déjà. Elle sentit la colère monter en elle rien qu'à l'idée de partir sans Daryl. Elle avisa le couteau de Rick, accroché à sa ceinture, et avant qu'il ait pu réagir, elle se précipita sur lui et saisit le couteau. Elle se tourna vers Abraham, et marcha vers lui, le menaçant avec l'arme dans sa main.

– N'imagine même pas partir sans Daryl, enlève cette idée de ton esprit, où je t'empêcherai moi-même de reprendre la route.

– Beth ! Cria Maggie, choquée.

– Et puisque personne ne semble décidé à aller l'aider, j'y vais !

Beth serra le couteau de chasse un peu plus fort dans sa main pour se donner du courage. Daryl était si souvent venu à son secours, c'était à elle d'y aller désormais. Elle ne l'abandonnerait pas, pas après tout ce qu'il avait fait pour elle.

– Beth non, finit par dire Rick, j'y vais, je vais le chercher.

– Je viens avec toi, répondit aussitôt Carole.

– Je vous accompagne, répondit Beth, déterminée.

– Non Beth, hurla Maggie, c'est hors de question ! Je viens de te retrouver, je ne risquerai pas de te perdre à nouveau.

– Je ne l'abandonne pas, répondit Beth avec force.

Rick s'approcha d'elle lentement, et lui enleva le couteau des mains. Il posa une main réconfortante sur son épaule.

– Tu ne l'abandonnes pas, lui dit-il, mais tu n'as pas encore récupéré toutes tes forces. Daryl préférerait que tu sois là. Je te promets qu'on va le retrouver.

Beth l'observa en silence, cherchant la moindre trace de mensonge sur son visage. Mais il avait l'air de croire ce qu'il disait et semblait déterminé à le retrouver. Elle finit par hocher la tête et elle le regarda s'enfoncer dans la foret, Carole à ses côtés.


La rage intense qui l'habitait depuis des heures semblait enfin s'estomper. Elle avait pris possession de son corps, et il l'avait laissé s'exprimer, sans aucun remords. Il laissait maintenant le calme reprendre sa place dans son esprit, les bruits de la forêt le berçant tranquillement.

Daryl se laissa tomber au sol, insensible au sang qui coulait le long de son visage. Il savait qu'il en était recouvert depuis qu'il s'était occupé d'eux. Il sentait la chaleur des flammes dans son dos, et la sensation lui apporta une satisfaction immense. Il avait mis le feu à la cabane dans laquelle ils avaient été enfermés, théâtre des atrocités dont ils avaient été les victimes.

Il essaya du mieux qu'il put de chasser les images qui hantaient son esprit, sans succès. Il revoyait sans cesse son corps nu suspendu au plafond par les poignets, les mains de ce gros dégueulasse sur elle, les larmes sur ses joues. Daryl voulait se claquer la tête contre un arbre jusqu'à ce que ces visions d'horreur disparaissent. Mais il savait que c'était inutile, elles resteraient là, à jamais.

– Daryl !

Le cri venait de plus loin dans la forêt mais il n'y prêta pas attention. Il voulait juste rester là, à attendre que les flammes emportent avec elles la totalité de cette maudite cabane. Et il n'avait toujours pas décidé de ce qu'il allait faire des corps.

– Daryl !

Il secoua la tête, comme si ce geste permettait de chasser la voix qui se rapprochait de lui. Il n'était pas prêt à affronter qui que ce soit. L'espace d'un instant, il aurait voulu redevenir le plouc qui ne se souciait de personne et que tout le monde détestait afin qu'on le laisse tranquille. Il était capable de se débrouiller seul et il aurait eu probablement moins d'emmerdes que tout ce qu'il avait traversé depuis que Merle et lui avaient rejoint le groupe.

« Qu'est-ce tu fous ici, pauvre abruti ? »

Il était revenu, et sa voix semblait plus réelle qu'elle n'avait jamais été. Merle. Ses paroles raisonnaient dans sa tête sans que Daryl ne puisse rien faire pour le faire taire. Merle n'aurait jamais compris la vendetta qu'il avait mené contre Joe et son groupe, il n'aurait jamais accepté que son petit frère joue au héros pour sauver l'honneur d'une demoiselle en détresse.

« Tu sers de larbin à ta petite blondasse et à ta bande de tarlouzes. T'es qu'un pauv' taré à leur yeux. Un pauv' taré de raclure de cul terreux. Voilà ce que t'es. »

Daryl se frotta le visage pour essayer de chasser l'image de Merle lui disant ces mots qui le poignardaient comme des lames de couteau. Il avait toujours fait du mieux qu'il pouvait pour préserver son groupe, sa famille, afin qu'on le voit autrement que le trou du cul qui n'avait jamais rien fait de sa vie.

« J' vais t' dire une bonne chose mon p'tit gars, c'est pas ta famille, t'es pas de leur sang »

Merle le ramenait à la réalité, il ne changerait jamais. Et ce qu'il avait fait à Joe et à sa bande en était la preuve. Il était violent, dangereux, incapable de vivre en société. Il n'était pas bon pour Judith, sa petite dure à cuire, pas bon pour Carl, pas bon pour aucun d'entre eux.

« Tu t'en es sorti »

La douce voix trouva son chemin jusqu'à son esprit, et il se rappela de la conversation qu'ils avaient eu la nuit où ils avaient brûlé la maison. Beth. C'était pour Beth qu'il était là, le cul par terre, la peau recouverte de sang. C'était pour Beth qu'il avait retrouvé Joe, Ned et les autres et qu'il les avait massacrés. Il aurait voulu que Merle soit physiquement là, avec lui, afin de lui mettre une raclée et lui faire comprendre que Beth n'était pas juste une blondasse.

C'était une femme pleine de courage et d'espoir, une femme forte qui savait se défendre et qui lui avait donné la force de continuer quand il avait été habité par le désespoir, le lendemain de la fuite de la prison. C'était pour Beth qu'il allait continuer à se battre pour ne plus être le cul terreux qu'il avait été depuis sa naissance.

– Daryl !

La voix était toute proche désormais, on l'avait retrouvé. Daryl se redressa sur ses pieds, prêt à continuer à se battre pour sa famille, pour Beth. Il hésita un instant avant de répondre, par sûr que ses amis soient capables d'endurer la vision d'horreur qui les accueillerait en arrivant près de lui. Il se mordit la peau du pouce un moment avant de répondre.

– J' suis là.

Carole et Rick suivirent le chemin qui les amenait à l'endroit d'où provenait la voix qui leur avait répondu, nul doute qu'elle appartenait à Daryl. Rick écarta les branchages d'un arbre et il le vit. Il était assis devant un grand brasier, de ce qui devait être une petite cabane en bois. Son visage était rouge de sang, ainsi que son torse. Il était toujours torse nu, et pourtant Rick avait du mal à discerner la couleur de sa peau, parmi toute l'hémoglobine qui le recouvrait. Il avait le visage baissé, une main portée à ses lèvres, l'autre posée au sol, son couteau de chasse entre les doigts.

Rick observa les alentours et ce qu'il vit lui retourna l'estomac. Il avait l'habitude du sang, du spectacle horrible des rôdeurs dévorant des corps sans réussir à assouvir leur faim, mais ce qu'il avait sous les yeux était au delà de ce qu'il avait imaginé.

Daryl les avait retrouvé, et semblait avoir pris un malin plaisir à se venger. Il les avait suspendu les uns à côté des autres à la branche d'un arbre, les bras au-dessus de la tête, comme Joe les avait suspendus, lui et Beth, à l'intérieur de la cabane. Ils étaient nus, le torse scarifié, mais surtout, Daryl leur avait coupé le pénis et les testicules. Il ne restait qu'un trou béant entre leurs hanches, et le sang continuait de s'y écouler. Ils avaient dû mourir après plusieurs heures de supplice.

– Daryl... Murmura Rick sans vraiment savoir quoi dire.

– Tais-toi, répondit-il sans relever la tête, tu sais pas ce qu'ils lui ont fait, ce qu'ils nous ont fait. Ils le méritaient, y'a rien à dire de plus.

Carole s'avança prudemment, en s'efforçant de ne pas regarder le massacre derrière lui. Elle s'agenouilla devant Daryl, et il redressa la tête pour la regarder. Il avait les yeux grand ouvert, son regard était fou, et Carole aurait pu le comparer à un animal sauvage prêt à sauter sur sa proie à tout moment. Elle posa lentement une main sur son épaule, prête à arrêter son geste à tout moment, attentive à la réaction de l'homme face à elle. Il ne dit rien, et continua de la fixer sans ciller.

– C'est fini, dit-elle calmement, viens, Beth te cherche.

Le prénom de la jeune femme le fit réagir. Daryl battit des paupières et passa sa main sur son visage ensanglanté. Carole l'aida à se redresser.

– Y'a des trucs à récupérer.

Daryl remit la main sur son arbalète et sur ses vêtements, repassant sa veste en cuir sur ses épaules. Il récupéra également ses chaussures et repéra celles de Beth. Pendant qu'il lassait ses bottes, Rick et Carole récupérèrent les armes et le reste des vivres du groupe. Sans échanger un mot de plus, ils reprirent la route vers le camp. Daryl ne jeta pas un seul regard en arrière, déterminé à tirer une croix sur ce qui s'était passé dans ces bois.