Disclaimer : Les personnages de Square Enix et leur monde ne m'appartiennent pas...
Houlà ça fait aussi longtemps OMG ? Désolé pour le retard ! T_T
Merci à Nied pour ses corrections !
J'espère que vous aimerez et que vous trouverez que je ne suis pas trop tombée dans la mièvrerie ! Mais j'ai fait de mon mieux ! Merci à tous pour votre suivi !
Je vous souhaite une bonne lecture ! ^_^
CHAPITRE IV
UNE JOURNÉE TRÈS SPÉCIALE
Le lendemain matin, Seifer entra dans sa salle de classe. Dehors, la pluie tambourinait suffisamment fort sur le toit de l'université pour que le cours n'ait pas lieu à l'extérieur. Proche d'un élève au dernier rang, l'instructeur lui donna un paquet de feuilles.
« Prenez-en une et faites passer ! précisa-t-il au jeune homme qui discutait avec son voisin. Vous avez une demi-heure pour répondre ! informa-t-il ses étudiants qui s'étaient retournés avec une certaine inquiétude.
- Quoi ? s'indigna Zell. Mais nous n'avons encore rien appris ?
- Et le cours d'hier, ça comptait pour du beurre peut-être ? Pour moi c'est suffisant pour vous interroger ! Ça me permettra d'ailleurs de savoir qui bâille aux corneilles en cours ! » acheva Seifer en s'asseyant à son bureau.
Dix minutes plus tard, Squall fut le premier à se lever et à remettre sa copie.
« Eh bien vous êtes rapide, vous êtes sûr de vous ? » questionna le professeur, sarcastique.
Squall garda le silence et se tourna résolument vers la sortie.
« Eh ! Où allez-vous comme ça ?
- J'ai terminé, non ? rétorqua l'élève, prêt à ouvrir la porte.
- Je ne vous ai pas donné l'autorisation de sortir, retournez vous asseoir ! » lui ordonna l'enseignant.
Squall retourna à sa place, croisa ses bras puis s'obstina à dévisager son instructeur. Seifer, sans se démonter, commença à corriger la copie rendue. Il était content, le brun avait réussi à déjouer les pièges qu'il avait vicieusement tendus à l'intérieur de son test surprise. Néanmoins un élément le contrariait : Irvine était absent.
« Leonhart, vous n'avez rien de mieux à faire que me contempler ? » ironisa encore Seifer en constatant que son élève le regardait fixement depuis plusieurs minutes.
Le brun interpellé se mit à rougir tandis que les autres le regardèrent en gloussant. L'instructeur détourna leur attention :
« Est-ce que l'un d'entre vous a vu Kinnéas ce matin ?
- Il est sûrement parti se plaindre au commandant ! médit un élève. Le pauvre il avait l'air traumatisé hier soir ! continua celui-ci en se moquant. Qu'est-ce que vous lui avez fait subir avec Squall ? tenta-t-il de savoir.
- Je n'ai pas à vous relater leur colle ! le rabroua Seifer. S'ils ne vous ont rien raconté, c'est qu'ils n'en ont pas eu le désir ! Mais je suis tout à fait partant pour vous fixer deux heures à vous aussi si vous voulez vraiment vous rendre compte par vous-même!
- Non merci ! répondit l'étudiant en alliant un geste d'abdication à sa parole.
- Bon, il vous reste moins de vingt minutes, ne traînez pas tout le monde ! Leonhart, vu que vous avez terminé, filez voir ce que fabrique Kinnéas puisque personne ne daigne nous informer de sa disparition ! »
Squall, mécontent, se leva rudement de sa chaise jugeant qu'il ne s'était pas inscrit dans cette école d'élites pour partir à la recherche d'un félon comme Irvine.
Une voix railleuse qu'il commençait à bien connaître l'interpella :
« Toujours à sa recherche !
- Pff ! Comme si vous vous attendiez à ce que je le retrouve ! Si vous m'aviez demandé de chercher un fantôme, c'aurait été du pareil au même ! » répliqua agacé, le plus jeune.
D'abord le campus était immense, ensuite Squall suspectait le play-boy d'être hors des bâtiments. De plus, malgré qu'un nouvel accrochage à la gunblade ne lui aurait pas déplu, il savait pertinemment que son instructeur n'aurait pas pris ce risque s'il avait eu ne serait-ce qu'une toute petite chance de dénicher son ancien compagnon.
Squall changea de sujet et adopta une attitude malicieuse :
« Alors qu'avez-vous pensé de ma performance d'hier après-midi ?
- Pas mal ! Tu as une bonne endurance ! reconnut Seifer en souriant légèrement.
- Vous allez l'avouer ou non que vous en pincez pour moi ?
- Tu es obstiné hein ! Je te l'ai déjà fait comprendre, je ne sors pas avec mes étudiants ! »
Les interlocuteurs entrèrent dans l'ascenseur qu'ils attendaient tandis qu'une secrétaire, qui s'était introduite de justesse avant la fermeture des portes, appuya sur un des boutons, Seifer ayant déjà requis un étage plus haut que cette dernière.
Les deux hommes se retrouvèrent presque face à face derrière l'employée de bureau qui ne put s'empêcher de les épier de temps à autre tant leur charme l'attirait. Seulement elle ne s'attendait aucunement à remarquer Squall faire un clin d'œil à l'instructeur. Elle se mit à rougir, et devint cramoisie lorsque ledit élève lécha délicatement le pourtour de ses lèvres à l'adresse du professeur qui se retenait de le dévisager. Quand l'ascenseur s'ouvrit, la femme déguerpit en vitesse sans ne demander son reste.
Une fois seuls, Seifer réprimanda son étudiant qui ne manqua pas de rire à gorge déployée :
« Ça ne va pas non ? Qu'est-ce que tu crois qu'elle va s'imaginer ?
- Que j'ai envie de vous ? » proposa Squall en le dévorant des yeux avec convoitise.
Heureusement ils arrivèrent à destination, Seifer réussissant à cacher son trouble à son protégé qui avait réussi à le déstabiliser.
« Ne me dites pas que l'autre idiot en classe avait raison et qu'Irvine est allé se plaindre au commandant ?! s'étonna Squall.
- J'ai à faire ici, figure-toi ! » précisa l'instructeur.
Cependant Seifer se ravisa, resta donc dans l'ascenseur et pressa sur la touche ''descente''. Squall ne put s'empêcher de commenter en ricanant :
« Vous ne savez pas ce que vous voulez !
- Je ne souhaite pas que tu m'accompagnes à mon bureau. Tu aurais dû sortir avec la secrétaire… Ne te rendais-tu pas au service des absences ?
- Pour quelles raisons ? Ils n'en sauront pas davantage sur Irvine !
- Alors que faisais-tu à attendre devant l'ascenseur avant que je n'arrive ? Bon j'ignore où tu te dirigeais mais tu redescends, c'est l'heure pour toi de vaquer à d'autre occupation ! » décréta le professeur en jetant un coup d'œil à sa montre.
Squall ne le contredit pas. L'appareil reprit sa course vers le bas cette fois. Les occupants demeurèrent silencieux. Seifer dévisagea avec sérieux son étudiant qui l'imita. Puis sans qu'ils s'en aperçoivent vraiment, au fur et à mesure de la descente, leurs visages se rapprochèrent progressivement si bien que lorsqu'ils parvinrent au rez-de-chaussée, leurs lèvres étaient à quelques centimètres l'une de l'autre, presque à se frôler. La sonnerie indiquant qu'ils étaient arrivés ramena Seifer sur terre, il se reprit et recula précipitamment d'un pas quand il aperçut l'ombre d'une personne qui patientait de l'autre côté de l'élévateur.
L'enseignant demeura dans l'habitacle exhortant au visiteur d'entrer après que le jeune homme soit sorti.
Squall partit en se demandant à quoi pouvait bien jouer son instructeur : à quelques secondes près ils allaient s'embrasser. Il aurait bien remonté quatre à quatre les escaliers sachant pertinemment que Seifer retournait à l'étage du commandant mais un autre cours allait débuter et il n'avait pas l'intention d'arriver en retard.
En fin de matinée dans leur salle de classe, la porte grande ouverte, les étudiants laissés seuls accomplissaient consciencieusement des exercices théoriques de combat.
S'étant permis de rentrer, Seifer se déplaça discrètement entre les rangées en vue d'examiner les réponses des jeunes gens par-dessus leurs épaules pour leur prodiguer de temps à autre certains conseils judicieux.
Arrivé à la hauteur de Squall, il ne manqua pas d'interrompre celui-ci :
« Êtes-vous vraiment certain de vouloir procéder de cette façon dans la réalité ? » questionna-t-il avec malice en désignant le devoir.
Squall leva la tête de sa copie pour dévisager avidement son professeur comme il commençait à en avoir l'habitude depuis qu'il l'avait rencontré :
« Bien sûr ! s'exclama le brun satisfait de son écrit.
- Vous n'avez pas peur d'une échauffourée de l'ennemi ? » le titilla l'instructeur.
Squall moqueur changea de sujet :
« Vous avez retrouvé Kinnéas ?
- Vous vous inquiétez pour lui ? » le nargua aussitôt Seifer.
Après s'être assuré que personne ne leur portait aucune attention, d'un signe de la main, Squall enjoignit son interlocuteur de s'approcher davantage de son visage :
« Vous m'invitez à dîner ce soir ? lui chuchota Squall d'une manière des plus séductrice.
- Tu n'arrêtes jamais toi ! constata l'enseignant à mi-voix.
- Je jure de ne plus abîmer Kinnéas si vous m'invitez chez vous ! murmura ironiquement l'étudiant.
- Si tu avais vraiment voulu te venger une seconde fois, tu l'aurais fait hier. Et puis le chantage ne fonctionne pas avec moi !
- Allez, juste pour voir comment c'est chez vous ! insista le plus jeune.
- Pas d'élèves dans ma maison ! soutint catégoriquement le professeur.
- Je vous raconterai comment on fait pour terrasser son ennemi à la gunblade… Vous êtes peut-être irréprochable niveau stratégie mais maintenant que vous êtes instructeur vous avez dû pas mal vous ramollir au combat !
- Ah-ah ! réagit ce dernier.
- Et vous ne m'avez pas dit quelle était votre spécialité ?! se fit curieux Squall.
- Tu n'as pas encore cherché ? » s'étonna l'instructeur.
Seifer se saisit d'une feuille sur la table, y griffonna quelques mots puis la tendit à Squall qui la parcourut goulûment des yeux :
''12 h 45 sans faute, 18 Ocean's Street.
Une minute de retard et tu peux dire adieu à cette opportunité
de déjeuner avec moi !''
Squall, content, afficha un grand sourire à son instructeur qui lui, parut soudainement soucieux. Ayant repéré deux trois élèves qui les observaient, Seifer formula à voix haute avant de continuer son tour de tables :
« Ne te repose pas sur tes lauriers ! »
Quand le professeur fut assez éloigné, un des étudiants railla Squall :
« Ma parole ! Almasy n'arrête pas de vous coller toi et Irvine ! Tu devrais aller te plaindre comme Irvine puisque tout le monde pense qu'il l'a fait !
- Occupe-toi de tes affaires, imbécile ! » le rembarra froidement le brun.
Squall sonna à la porte ; il était midi quarante-trois à la montre de Seifer.
« Pile à l'heure ! l'accueillit l'instructeur.
- Hum ça sent bon, qu'est-ce que vous préparez ?
- Tu verras bien, entre ! » le convia son hôte.
Le jeune homme pénétra dans l'entrée qui donnait directement dans la cuisine où mijotait une casserole sur le feu avec le four allumé en dessous. Seifer lui fit traverser la pièce, tira une cloison coulissante révélant la salle de séjour dont l'intérieur était ouvert sur le jardin.
« C'est pas mal chez vous ! observa Squall.
- Merci ».
Comme ils étaient arrivés sur la terrasse, des couverts étaient disposés de chaque côté d'une table de jardin en bois sous des tonnelles recouvertes de glycines roses en fleurs courant tout le long de la façade. Seifer invita son convive à s'asseoir puis il apporta leurs assiettes.
Squall, n'arrêtant pas de suivre du regard son hôte, s'interrompit dans sa contemplation quand son instructeur revint avec leurs repas. S'apercevant en quoi consistait la nourriture que Seifer déposa devant lui tandis que l'assiette de son vis-à-vis comportait un tout autre contenu, son humeur se dégrada.
« Qu'est-ce qu'il y a ? Tu as un problème avec la nourriture ? s'enquit Seifer comme son élève faisait la moue en découvrant le met qui lui avait été attribué. Je n'allais pas te servir des restes de mon déjeuner d'hier ! se justifia-t-il.
- Pourquoi pas ? Au moins vous n'auriez pas eu à composer ce plat pour… enfants !
- Tu es encore un gamin non ? s'amusa-t-il. Je ne sais pas ce que tu aimes, j'ai choisi ce qu'il y avait de plus simple en faisant en sorte que ce soit exotique ! expliqua-t-il ensuite.
- La dernière fois que j'en ai mangé, je devais avoir six ans ! Vous auriez pu au moins vous abstenir de dessiner un cœur dessus avec le ketchup ! commenta Squall boudeur.
- Allez, mange au lieu de ronchonner, ça va refroidir ! Bon appétit ! lui souhaita Seifer enthousiaste.
- Si vous m'aviez demandé, vous auriez su que j'apprécie aussi la cuisine épicée ! Pff de l'omurice* ! Il n'y a que Zell pour en ingurgiter ! grommela Squall en lui jetant un regard nébuleux.
- On ne t'a jamais dit qu'il était malpoli de critiquer la nourriture qu'on t'offrait ? » lui fit remarquer l'instructeur.
Refusant de l'admettre le jeune homme resta sans rien dire alors que son hôte commença à servir la boisson, du café noir glacé dans des tasses en céramique et du Calpico Mango dans des grands verres.
« J'espère que tu apprécieras au moins les rafraîchissements ! » ajouta Seifer en s'asseyant.
Squall déclara à son tour, mais vexé, un ''bon appétit'' avant de goûter son repas. Seifer commença à manger tout en guettant l'humeur de son invité.
« C'est bon ? finit par demander le professeur amusé par l'attitude grincheuse de son convive.
- Encore heureux que vous n'ayez pas mis de jouet à côté de mon assiette ! bougonna une nouvelle fois Squall.
- Oh tu en aurais désiré un ?! plaisanta Seifer. Profite donc au lieu de chicaner » lui recommanda-t-il enfin.
Comme il n'avait pas l'air de vouloir lâcher son air renfrogné, Seifer tenta une autre tactique.
« Tu veux tester le poulet curry ? » lui proposa-t-il bienveillant alors qu'il lui tendit sa fourchette.
Squall, ne sachant pas si Seifer se moquait de lui, hésita à accepter.
« Merci bien, je ne veux pas en plus être nourri comme un bébé !
- Ne fais pas la fine bouche et goûte-moi ça, tu te rendras compte que réchauffé une deuxième fois, ce n'est pas terrible !
- Et quand bien même je ne l'aurais jamais su !
- Il n'y en avait pas assez pour deux !
- Je ne suis pas un gros mangeur !
- Si tu n'es pas content tu peux toujours retourner au self de la BGU je ne vais pas te retenir ! Je n'ai pas envie de me chamailler avec toi durant tout le repas ! le réprimanda-t-il.
- Vous traitez toujours vos invités de cette manière ?
- Tu n'en es pas vraiment un !
- Oh je me serais donc fourvoyé concernant l'interprétation du coeur sur l'omurice, vous l'avez dessiné exprès parce que pour vous je suis plus qu'un simple invité ! conclut-il dignement, retournant la situation en sa faveur. Je vous pardonne de me traiter comme un gamin alors ! déclara-t-il séducteur en se penchant légèrement pour atteindre le niveau de la fourchette de Seifer ; il enfourna délicatement dans sa bouche la portion qui y était déposée puis finit en suçant sensuellement le couvert.
- Bon ça va maintenant ! » s'exclama l'instructeur qui s'était donné un air agacé pour dissimuler sa gêne.
Squall se sépara de la fourchette et finit de déglutir le mets.
« Effectivement l'omurice est meilleure, admit-il.
- Évidemment que ça l'est ! Je ne souhaite pas que tu aies une mauvaise impression sur ma façon de cuisiner ! lâcha son hôte.
- Ainsi mon avis compterait-il ? » sonda Squall avec malice.
Pour ne pas montrer son embarras, Seifer aborda un tout autre sujet qui le tourmentait depuis sa discussion avec le play-boy à la piscine :
« Bon alors comment es-tu entré à la BGU ? Irvine m'a expliqué que ton père n'aspirait pas à ce que tu l'intègres !
- Quel cafteur celui-là !
- Comment as-tu fait pour en payer la préparation ?
- Le père de Zell m'avait offert l'argent, je lui rembourserai quand je serai devenu un pro !
- Zell et toi vous connaissez depuis si longtemps pour que son père te propose cet arrangement ?
- Amis d'enfance pourquoi ? répliqua-t-il pour essayer de le rendre jaloux.
- Pourquoi ton père ne désirait pas que tu rejoignes…
- Ça suffit les questions ! le coupa Squall à l'évocation de son paternel. On ne pourrait pas plutôt passer aux choses sérieuses ? Si on en reprenait là où en était dans l'ascenseur ?
- De quoi tu parles ? feignit de ne pas comprendre l'instructeur.
- Du baiser de ce matin !
- Il ne s'est rien passé !
- Vous avez failli ! assura Squall.
- C'est toi qui t'es rapproché avec je ne sais quelle idée en tête !
- N'empêche que vous alliez répondre à ce baiser si j'avais pu continuer !
- Non ! s'opposa l'hôte.
- Non ? Vous en êtes sûr ? »
Afin d'esquiver, Seifer se leva pour enlever leurs assiettes.
« Eh ! Il m'en reste encore deux bouchées ! protesta le brun.
- Pourtant tu n'avais pas l'air content de ta nourriture tout à l'heure !
- Je termine. » indiqua ce dernier catégorique.
Seifer commença à débarrasser la table.
« Vous avez besoin d'aide ? le questionna ensuite Squall aguicheur quand Seifer lui ôta son assiette.
- Non, toi tu restes ici ! » lui ordonna son hôte qui repartit à la cuisine.
Quelques minutes plus tard, Seifer entendit du bruit dans son dos.
« Qu'est-ce que tu fais là, ne t'avais-je pas dit de rester à ta place ? l'interrogea Seifer surpris.
- Je m'en vais ! décréta le jeune invité.
- Et le dessert ? l'interrogea son professeur déconcerté.
- Excusez-moi de vous avoir forcé la main pour l'invitation ! » reconnut Squall éprouvant des regrets.
Tandis qu'il s'était avancé vers la porte, le jeune homme fut étonné que Seifer le retienne par le bras.
« Tu es encore vexé que je t'aie cuisiné de l'omurice ? se renseigna l'instructeur. Saches que tu ne m'as pas forcé la main ! J'ai opté pour ce plat selon mon stock et le temps imparti ! Désolé pour le petit cœur… conclut-il en le relâchant.
- Désolé pour m'être comporté comme un enfant ! » acheva l'étudiant en se rapprochant dangereusement de Seifer dans le but de déposer délicatement ses lèvres sur celles de son instructeur pour se faire rapidement plus exigeantes.
Le blond, sous l'effet de surprise et mettant toutes ses réticences d'ordre moral de côté, répondit au contact intense de son élève. Toutefois quand Seifer ouvrit davantage sa bouche, Squall suspendit son baiser.
Content d'avoir marqué un point et fier de laisser son professeur sur sa faim, le jeune homme proclama d'une voix suave à un Seifer désorienté :
« Je me suis bien amusé ! Merci pour ce déjeuner. J'espère cependant que j'aurai l'occasion de revenir afin de déguster un repas plus… adulte avec vous ! À plus tard, monsieur l'instructeur ! »
« Alors c'est ici que tu te caches ? s'exclama Seifer à l'étudiant assis dans un des fauteuils de l'accueil, face au bureau de la secrétaire travaillant pour une bonne partie des employés administratifs de l'étage, en ce début d'après-midi. J'espère que ça te gêne pas que je te tutoie après ce que je sais sur toi et Squall.
- Je ne me cache pas… répliqua farouchement Irvine qui hocha la tête pour répondre à la dernière phrase de Seifer.
- Mais tu sèches mes cours !
- Je ne fais plus partie de la BGU !
- Tu n'as pas encore eu l'accord du commandant ! Je le sais parce qu'il est absent ! Qu'est-ce que tu fiches devant mon bureau ?
- J'attends son retour ici ! C'est le seul endroit où personne ne sera susceptible de me poser des questions.
- Amène-toi ! Puisque tu es là autant discuter à l'abri des oreilles indiscrètes ! » l'enjoignit Seifer.
Irvine s'installa sur le même siège que la veille.
« Tu comptes vraiment démissionner ?
- En quoi ça vous regarde ?
- Tu es prêt à mettre en l'air ta carrière pour une mauvaise histoire de sexe ?
- Ce ne sont pas vos affaires !
- Quand ça implique un de mes élèves, si ! Ça a dû changer tous tes plans que Squall ait été admis ici, hein ? Tu l'imaginais si naïf au point d'abandonner son inscription parce que son père n'allait pas l'aider financièrement ? »
Irvine leva les yeux au ciel, agacé de cette discussion.
« Bon tu ne t'attendais pas à ce qu'il fasse sa rentrée ici, d'accord mais il est là et toi aussi, il faudra vous y faire tous les deux ! Maintenant, si tu n'assumes pas le fait de l'avoir lâchement abandonné, sûr que l'école n'a pas besoin de toi.
- Eh bien voilà au moins on est d'accord là-dessus !
- Mais quoi… après l'affront qu'il t'a fait à l'épée tu ne t'es pas enfui, alors pourquoi disparaître maintenant, c'est idiot ! »
Seifer s'empara de son téléphone :
« Betty amenez-moi Squall Leonheart je vous prie, vous serez un ange ! »
Il raccrocha sous le regard médusé d'Irvine qui protesta :
« Vous n'allez pas le faire venir ici ?
- Et pourquoi pas ? Ce sera l'occasion d'en finir avec cette histoire, non ?
- Je me tire, vous vous êtes assez payé nos tronches hier !
- Rassis-toi ! »
Le silence s'établit. Voyant que son élève ne désirait pas plus discuter, Seifer entreprit de ranger des papiers traînant sur sa table de travail en attendant l'élève sollicité.
Quelques minutes plus tard, Squall entra à l'intérieur du bureau par l'intermédiaire de l'assistante. Il fut surpris de découvrir Irvine mais ne broncha pas. Il s'installa froidement à côté du fugitif.
Seifer poursuivit :
« Irvine, Squall t'écoute !
- Quoi ? s'affola le play-boy.
- Puisqu'il est devant toi, exprime-lui ce que tu gardes au fond de toi ! » expliqua le professeur.
Irvine pensa à décamper mais il désirait effectivement se libérer la conscience. Sa gorge s'était nouée et embarrassé qu'il était, il ne savait pas comment amorcer son discours…
Quelques secondes passèrent durant lesquelles Squall, furieux, observait méchamment son instructeur. Il en avait plus qu'assez de se retrouver aux côtés de son ancien compagnon.
« Très bien, je vais donc t'aider, reprit l'enseignant. Squall, Irvine s'en veut terriblement de ce qu'il t'a fait ! Entre autre, t'avoir lâchement abandonné… C'est bien ça Irvine ? »
Squall fixait toujours l'instructeur dont le regard alternait entre ses deux élèves tandis que l'interpellé soupira et finit par se tourner vers son ex :
« Je me suis comporté comme le pire des salauds. Oui je t'ai lâchement abandonné ! Et je suis vraiment désolé pour tout ça Squall seulement tout était devenu si sérieux entre nous que j'ai eu peur de la tournure de notre relation. Je te demande pardon bien que mon attitude est inexcusable mais ne t'inquiète pas, tu ne verras plus ma tronche puisque je démissionne…
- Oh là, Oh là ! Ta démission n'est pas encore effective Irvine ! contesta l'instructeur. Squall tu souhaites réagir par rapport à ce qu'il vient de te confier ? »
Ce dernier répliqua toujours de marbre :
« Je peux partir ? Vous avez fini avec vos trucs de psychologie à la noix, y' en a plus qu'assez de ces conneries ! »
Toujours énervé, le brun se leva. Cependant qu'il avait la main sur la poignée de la porte, un détail et non pas des moindres, l'arrêta sur sa gauche. Il observa davantage la photographie encadrée qu'il avait à peine aperçue la veille. Puis, il sortit en claquant la porte.
Seifer ordonna au play-boy de rester assis tandis qu'il se dépêcha de rejoindre Squall, lequel ayant déjà atteint l'ascenseur appuya rageusement sur le bouton d'appel.
« Squall quelle mouche t'a piquée ? C'est l'entrevue avec Irvine qui te met dans cet état ?
- Entre autre ! Je ne savais pas que vous étiez proche à ce point ! lâcha Squall.
- Avec Irvine ?
- Qu'est-ce que c'est que cette putain de photo à l'entrée de votre bureau !? invectiva-t-il en montrant avec son bras la pièce citée.
- Tu es énervé à cause de ça ? s'étonna Seifer moqueur.
- Vous m'avez caché que vous connaissiez réellement mon père !
- Tu ne m'en as pas posé la question !
- Vous ne m'en avez pas laissé le temps ! Vous êtes abject ! Il y a autre chose que vous me dissimulez ?
- Calme-toi ! Tu vas ameuter tout l'étage.
- Rien à foutre ! Il était quoi pour vous ?
- Mon instructeur et chef de mission…
- Oh non non non, pas sur cette putain de photo ! ne décolérait-il pas. Vous n'avez l'air ni l'un ni l'autre d'avoir un rapport chef/subordonné !
- Qu'est-ce que tu vas t'imaginer ? Il était juste mon prof Squall ! Je pose en souriant pour une photographie avec ton père après avoir réussi une mission, je ne vois pas où est le problème ?
- Vous en étiez amoureux ?
- Bien sûr que non ! Je n'ai jamais eu ce genre de sentiments vis-à-vis de lui !
- Cette complicité dans vos yeux à tous les deux, ça me dégoûte ! Et votre comédie avec Kinnéas a assez duré ! Je ne vais pas le trucider si ça peut vous rassurer ! Il n'est plus qu'un mauvais pion dans ma vie que je vais ignorer autant que possible ! »
L'ascenseur mettant trop de temps à parvenir, Squall finit par prendre les escaliers. Le brun, un étage plus bas, détectant l'ouverture de la lourde porte du dessus puisque Seifer s'était avancé devant la rambarde de sécurité, continua son chemin en regrettant de ne pas entendre l'écho des pas poursuivre leur descente.
Seifer n'aurait jamais cru que cette photo aurait déclenché autant de courroux chez son élève. Le thème de son père était un sujet bien plus sensible qu'il ne l'aurait imaginé. Il retourna à son bureau où Irvine l'attendait toujours. Celui-ci ne manqua pas de réagir quant aux quelques bribes de l'altercation qu'il avait réussie à saisir malgré la distance qui le séparait du hall. Seule la voix de Squall lui avait été quelque peu audible.
« Vous étiez amoureux de son père ? ricana Irvine.
- Tu écoutes aux portes ? Ça ne me surprend pas !
- Ce n'était pas très difficile !
- Eh bien non ! Désolé de te décevoir je n'en étais pas amoureux ! »
Irvine se retourna et désigna le cadre accroché derrière lui.
« Je comprends pourquoi Squall était furieux mais vous, vous ne le savez pas !
- Oui et je remarque que ça t'amuse…, ton idée de démissionner s'est complètement volatilisée tout à coup !
- Non, bien sûr que non ! s'opposa le play-boy.
- Informe-moi plutôt des rapports qu'entretiennent Squall et son père alors !
- Monsieur l'instructeur n'a pas assez potassé ses leçons ? Je vous attribue un zéro pointé pour ne pas vous être assez informé sur le fils du si prestigieux Laguna Loire ! clama-t-il théâtralement avec une pointe d'ironie... C'est d'ailleurs très regrettable ! termina-t-il narquoisement.
- Au lieu de faire le malin, expose-moi le problème ! »
Irvine adopta un ton plus tragique :
« Absent ! Tout ce que vous devez savoir est dans ce mot, avec tout ce qu'il représente ! »
Seifer resta quelques secondes déconcerté par la révélation.
« Je peux disposer maintenant ? questionna Irvine en ramenant son instructeur à la réalité.
- Tu entends quoi exactement par absent ?
- Squall a été élevé par une étrangère payée par son père durant toute son adolescence. Je suppose que vous êtes au courant concernant la mort de sa mère ».
Seifer hochant la tête en signe de confirmation, le play-boy continua :
« Enfant, ils ne se voyaient quasiment pas. Son père rentrait trop tard le soir et le matin, il partait tôt. Le peu de fois où ils étaient ensemble, ils ne se parlaient pratiquement pas et le sujet de conversation tournait toujours autour des notes de Squall au collège. Et je ne vous raconte même pas tous les anniversaires qu'il a dû louper ! Bien qu'il lui offrait des cadeaux de temps en temps, ils ne remplacent pas une présence paternelle. Et vous voir tous les deux si joyeux a dû lui rappeler combien il ne comptait finalement pas dans la vie de son père !
- Alors tu aurais réellement dû t'abstenir de lui infliger autant de souffrances en sachant son histoire !
- Bien sûr que j'aurais dû rompre dans les règles ! Cependant la panique a pris le dessus !
- J'espère que ça ne t'arrivera pas en mission !
- Les lâches n'ont pas leur place dans cette école, vous l'avez certifié tout à l'heure.
- Oh allez, tu ne vas pas te faire prier pour rester !
- C'est trop tard, vous m'avez entendu, j'ai garanti à Squall que je démissionnerais ! Il sera écœuré si je ne tiens pas parole.
- Je ne pense pas que Squall soit étonné par ton revirement, il ne se fait plus d'illusion sur ton compte. De toute façon je m'y opposerai, si tu te retires tu seras considéré comme un déserteur.
- Vous ne pouvez pas !
- Je vais me gêner !
- On ne vous refuse jamais rien ? l'observa étrangement le rouquin.
- Arrête de blablater. Tiens je veux que tu planches là-dessus, ça te changera les idées, tu as une demi-heure comme pour les autres ce matin ! »
Résigné, Irvine prit la feuille d'évaluation reposant sur le porte-bloc qui lui était tendu avec un stylo, puis se concentra sur les réponses à rédiger.
À suivre !
Vous pouvez envoyer les comm' et les critiiiiques ! Yattaaaaaa !
Je suis preneuse de tous les avis ! ^_~
Hihi, je remercie aussi Neko-kun pour ses conseils sur la cuisine japonaise ! ^_^
Yep l'omurice est comme de l'omelette mais en mieux !
*Omurice : Plat japonais, omelette contenant du riz frit habituellement accompagné de ketchup et habituellement servi aux enfants.
