Chapitre 3
Réception
Cinq jours étaient passés depuis les retrouvailles d'Emil et de ses aînés, et ce furent les cinq jours les plus éprouvantes pour le jeune roi. Il n'avait plus une minute à lui. On l'interpellait par-ci, par-là, courant dans tout le château. Tantôt c'était pour répondre aux problèmes de quelques villageois ayant peinés à faire le trajet jusqu'à la cour pour obtenir une aide, tantôt pour les quelconques réunions administratives, auquel s'ajoutaient les préparatifs de la fête à venir. L'arrivée des nombreux invités royaux rendait la chose plus difficile. Tout devait montrer la grandeur du Nord.
Même dans la capitale tout devait être parfais. Les rues avaient été nettoyées de fond en comble, et les maisons joliment décorées de petits pavillons de velours offert par le conseil du roi, sur lesquels étaient représentés le blason royal. Tous les gens du royaume pouvant se déplacer s'étaient rendus à Winternorth, espérant admirer les différentes parades qui auraient lieu dans la journée. Les auberges affichaient complet. On sentait au dehors des odeurs grasses, et on entendait les musiques que jouaient les bardes. Il y avait une ambiance assez bonne enfant. On y rigolait, on y buvait, on y dansait. Les chevaliers contaient aux plus jeunes leurs exploits passés, tandis que les petits bourgeois parlaient commerce avec les nobles, espérant quelques gratitudes et quelques affaires alléchantes. Et tout ceci ne faisait qu'embellir les journées des aubergistes. Ils remplissaient leurs caisses à une vitesse folle. On entendait dans leurs bourses le tintement des pièces d'or se cognant les unes aux autres.
Il était à peine 7h et tout un brouhaha emplissait les murs du château. Le jour-J était enfin arrivé, et tout le personnel s'affairait aux dernières tâches. Rien ne devait être laissé au hasard. Que ce soit les décorations, les lustres, les tapisseries ou les meubles. Aucune poussière ne devait traîner, et chaque bibelot devait être parfaitement posé. Une délicieuse odeur s'échappait des cuisines. Le chef était levé depuis déjà trois bonnes heures. Il mijotait les derniers plats qui seraient servit au repas royal, et il avait opté pour des spécialités de chaque royaume. Pour représenter la nourriture de son pays, il avait choisi les côtelettes d'agneau et de mouton salées, fumées par la suite, puis séchées et réhydratées qu'il cuisit ensuite à la vapeur sur des baguettes de bois de bouleau (1) . Et il les réussissait merveilleusement bien. Quant à la fameuse pièce monté de choux à la crème et de coulis de fruit rouges, elle reflétait une couleur attirante qui donnait envie de la dévorer.
Du côté des gardes, on s'entraînait pour la parade militaire du soir. Tous les costumes avaient été taillés sur mesure par Vash, mêlant harmonie et élégance. Les cavaliers voyaient leurs beaux chevaux à la crinière joliment tressée être revêtus de tapis brodés aux couleurs du royaume. Le chef des armées, tout aussi élégamment vêtu que ses congénères, rappelait pour la énième fois toute la chorégraphie aux différents groupes de soldats. Une musique d'orchestre remplie d'instruments typiques du royaume accompagnait les mouvements de ceux qu'on pourrait nommer ''danseurs armés''. Tout ceci s'alliait fort bien. Eduard, réveillé depuis peu, admirait la prestance de ces hommes, les enviant d'être aussi magnifique.
Quand au roi, il essayait de profiter d'un maximum de repos. Ce qui n'était guère chose aisée. On pouvais entendre les serviteurs et dames de chambre s'empresser dans les couloirs. Mais lui, dormait profondément. De ces cinq jours passés, il n'avait put fermé l'œil ne serait-ce que pour un simple instant. Dès que tout le monde regagnait son lit, lui se glissait hors de sa chambre et se rendait à la crypte rejoindre ses frères. Ils passaient des nuits entières à se parler de tout et de rien, essayant de rattraper le temps perdu. Et évitant toutefois de toucher au sujet tabou de la triste époque de ''Matthias le tyran''.
Vers 9h, on vint frapper à sa porte. Le jeune souverain ouvrit avec difficulté ses paupières lourdes de fatigue, et se redressa sur son lit. Il avait d'énormes cernes sous les yeux. Il bailla un long moment, tout en étirant ses bras encore engourdit.
Il se plaça sur le bord du lit à baldaquins de velours azur, et chercha avec ses pieds ses chaussons bien chaud. Puis, après s'être levé à l'aide d'un ultime effort de ses membres, il se dirigea vers l'entrée de la pièce, traînant lourdement ses pas dans un crissement strident. Il ouvrit d'un grand geste la porte massive, et tomba nez à nez avec Vash, qui avait encore l'air bien énervé :
« Je ne sais pas ce que fabrique votre ahuri de valet, mon cher roi, mais sachez que les premiers invités ne devraient arriver que d'ici une petite heure ou deux. Alors, aillez la gentillesse de vous bouger l'arrière train et de vous préparer pour tout à l'heure. Et comme l'autre imbécile n'est pas là, vous serez aimable de vous débrouiller comme un grand garçon. » grogna le couturier, un sourire narquois pointant au bout de ses lèvres.
Qu'est-ce qu'Emil pouvait le trouver chiant par moment ! Toujours fourré dans ses affaires quand il ne le fallait pas. Et puis il pouvait très bien s'habiller tout seul ! Quant à Eduard… il était partit où, lui ?
Emil soupira profondément, avant de répondre assez sèchement à son… ami :
« Merci, Vash de m'avoir réveillé. Mais la prochaine fois, aurais-tu le gentillesse d'aller chercher mon valet, plutôt que de venir t'en plaindre ? Et si à présent tu pouvais me laisser seul. »
Il claqua la porte, sous le regard noir d'un Vash qui avait à peine bougé. Puis, il se décida à faire sa toilette. Il alla chercher ses nouveaux habits et se dirigea dans la salle d'eau.
Pendant son sommeil, on avait déposé sur le feu de la cheminé, qui crépitait dans la petite salle de bain, de l'eau fraîchement recueillie, qu'Emil plaça dans la baignoire en ivoire. Il déposa ses affaires sur une commode, puis se laissa glisser dans l'eau chaude jusqu'à que le liquide lui recouvre le menton. Il profita de la tranquillité du lieu, barbotant comme un gamin, jusqu'à ce qu'un fracas à sa droite le fit sursauter, le faisant vivement détourner la tête. Il se retrouva nez à nez avec...
« Matthias ! Que fais-tu dans ma salle de bain ? Tu n'es pas censé être dans la crypte avec les autres ? »
Son frère se tenait droit comme un i, à côté de la baignoire, et l'air bien embarrassé. Il avait un de ses bras caché dans son dos, dissimulant un flacon de parfum à moitié cassé, répandant une fraîche odeur de miel citronné. Il déposa la fiole sur un petit meuble en bois où d'autres nécessaires de toilette avaient été posés. Puis, sous les regards noirs de son cadet, une moue déforma son visage, affichant une grande déception.
« On voulait te faire la surprise de notre visite. On a enfin réussit à sortir de cet endroit glacial qui, je l'avoue, me donne des sueurs froides. Mais je crois que c'est raté... »
Le grand soupira, tandis que son frère réfléchissait à ce qu'il venait de dire.
« Attends… On ? Les autres sont là, eux aussi ? » Demanda le plus jeune, les yeux écarquillés.
« On dirait bien que oui. » répondit une voix lumineuse. « Mais seul Matthias a eut la mauvaise idée de se rendre dans la salle d'eau. »
Tino, qui venait de traverser le mur, se retrouva sur le pas de la porte, toujours avec son immense sourire habituel.
Dérangé pendant un moment de plénitude, Emil sortit de la baignoire en bougonnant, et récupéra une serviette propre placée non loin qu'il attacha à sa taille. Il se tourna vers les deux intrus, qui arboraient tous deux un sourire angélique et leur demanda assez froidement de l'attendre dans la chambre, le temps qu'il puisse s'habiller.
Il n'eut aucun mal à enfiler ses sous-vêtements, et son costume. Mais ce fut autre chose pour le manteau. Il regretta de l'avoir emmené dans la salle d'eau. Il s'était à plusieurs reprise gamelé, et parfois il gardait la tête coincé dans l'habit. Il mit un certain temps avant d'abandonner, et de sortir de la pièce rejoindre ses frère.
Tous les quatre se tenaient aux abords du lit. Le plus jeune balança son manteau sur la tête de Matthias, pour se venger de l'intrusion dans ses appartements pendant l'heure de sa toilette. Ce dernier le laissa tomber par terre, comme une vieille loque.
« Merde, Emil ! Ne me prend pas pour un porte manteau ! Pas ma faute si on t'as surpris dans le bain. »
Pas sa faute. Il en avait de bien bonnes lui. Comme si il n'avait pas fait exprès de se retrouver là. Il connaissait pourtant très bien les appartements royaux.
Mis à part ce petit incident, le jeune roi était tout de même ravit de voir ses aînés, autre que dans la crypte. Il voulait leur demander comment étaient-ils parvenu à sortir de cet endroit, mais il ne put ouvrir la bouche qu'on revint frapper à sa porte.
«Votre majesté. Je suis désolé de n'arriver qu'à une heure aussi tardive. »
C'était Eduard. Ce dernier rentra doucement dans les appartement de son roi. Il avait comme le sentiment qu'il n'était pas seul avec le souverain. Il gloussa à cette idée.
D'un coup sec, la porte se referma, faisant sursauter le pauvre binoclard qui en perdit ses lunettes. Il se pencha et les ramassa, puis les remit maladroitement sur son nez. Tout en se relevant, il interrogea du regard son roi, qui ne fit que hausser les épaules, et de murmurer :
« Il a toujours été chiant. »
C'est alors qu'il compris que les spectres, qui à la base résidaient dans la crypte, étaient sortit. Et en plus, l'aîné s'était amusé à lui faire peur.
« Votre majesté, dîtes à votre admirable grand frère que son coup à bien réussi. Vous avez vu comment j'en ai sursauté ? Mais, parlons-en plus tard. Je suis navré de vous décevoir, mais vous devez me suivre dans la grande salle. Les premiers invités viennent d'arriver en ville : Ses majestés du royaume des vents, et des neig... neiges éternelles...» Il baissa la tête après un court moment d'hésitation. Il était devenu livide, et son regard était devenu vide.
« Qu'as-tu, mon ami ?» Questionna Emil, surpris par la réaction de son valet, pourtant toujours souriant. Ce dernier sorti de ses pensé. Il secoua alors la tête avant de répondre :
« Rien. Je n'ai rien.»
Ils arrivèrent peu de temps après dans la salle du trône, où les invités royaux devaient se rendre en premier. Et déjà du monde était présent. Valets de pieds, dames de chambres, et autres membres du personnel saluèrent profondément le roi à son entrée.
Un riche lustre de cristal illuminait chaleureusement la pièce de ses milles bougies. Les statues de glace, arrivées le matin même, avaient été placées aux abords des murs de pierres gris clair. Emil ne put s'empêcher d'aller dévisager les représentations de ses prédécesseurs.
Il y reconnu son père, son grand-père, et d'autres personnages dont il avait entendu parler. Il resta plus longtemps sur celle de son frère, qui avait été magnifiquement bien représenté. On y retrouvait dans cette statue le Matthias du début de son règne, et non le dénommé ''Tyran fou''. Ses traits fins, son corps musclé, ses cheveux flottant dans le vent de l'hiver éternel du royaume. Tout était parfait.
Des souvenirs lui revinrent en mémoires. Ce jours où Matthias était revenu d'un voyage plus dans le nord. Ce jour, où tout avait basculé.
Il était rentré d'un long séjour sur son fier destrier, bombant fièrement le torse. Mais il n'y avait plus ce bon roi aimé de tous. À la place, il y avait un fou. Dès le début, ça s'était vu sur son visage. Tout en lui avait changé, même sa voix qui se faisait plus perçante. Ses yeux étaient devenu plus rouges. Et un sourire diabolique se dessinait sans cesse sur ses lèvres. Il s'amusait à effrayer la population, et à tuer les innocent pour son désir personnel. On s'était mit à le haïr.
C'était à ce moment qu'Emil s'était enfuit. Il avait rejoint la rébellion. C'était la seule solution pour sauver ceux qu'il aimait. Mais le jours de l'attaque, le jour où le tyran allait tomber, tous se rendirent compte qu'il était trop tard. Dans le château, on ne retrouva que quelques soldats et servants ayant survécu au massacre. Tout le reste était mort. Le roi, ses frères, ses sujets. Ce jour là, le visage de Matthias avait retrouvé un air paisible.
« Emil ? Euh… Vous allez bien ? »
Eduard se tenait face à son roi, indécis. Il ne savait comment s'y prendre pour sortir le souverain de ses pensées. Et pourtant, Emil posa son regard mauve sur lui, avec une grande gentillesse.
« Excuse-moi. J'étais dans mes pensées… Bon, c'est pas tout, mais je vais m'asseoir. Que diraient les invités si leur hôte n'était pas prêt à les accueillir ? »
À peine le roi se fut-il installé sur son trône, dont les couleurs or et bleu n'avaient pas changés depuis des années, qu'un garde annonça les premiers arrivés, parlant aussi fort que possible pour que sa voix puisse porter assez loin :
« Sa Majesté Wang Yao ! Souverain des Royaume des vents ! La reine Mei-Lin, et leurs enfants le prince Kiku et la princesse Lei ! Accompagnés de leur suite ! »
Entra alors par la grande porte un homme à la peau plus jaunie que les habitants des autres royaumes, aux cheveux ébènes attachés en catogan, et aux yeux plissés. Il était richement vêtu de soie rouge où des fils d'or dessinaient diverse figures harmonieuses. Son âge devait tourner autour de quarante ans. À ses côté se tenait sa femme, qui devait avoir cinq années de moins que lui. Elle était magnifique, portant une robe pourpre et argent qui mettait en valeur ses longs cheveux aussi noirs que ceux de son mari, dans lesquels étaient accroché une broche en or formant une délicate fleur. Derrière eux se tenait le prince de dix-huit ans, et sa sœur de quinze ans. Ils avaient tous deux les mêmes yeux, et les même cheveux que leurs parents.
À leur suite, on trouvait leur fou Im Yong Soo, qui n'arrêtait de gesticuler dans tous les sens, la dame de chambre de la reine, Minh Tâm, et le valet personnel du roi, Kla, ainsi que d'autre personnes ayant le même teint et les mêmes yeux que la famille royale.
Depuis que la princesse Lei était entrée, Emil ne la lâchait des yeux, la dévorant du regard. Il la trouvait magnifique, et fort à son goût.
« Mon cher Emil ! » s'écria joyeusement Yao. « Comment allez-vous mon ami-aru ? Je voulais tellement vous rencontrer-aru.
– Tout le plaisir est pour moi. Avez-vous fait bonne route ? » répondit avec sourire le blond, serrant la main de Yao.
« Très bien. Votre pays est en tout cas magnifique-aru. Une belle neige, de beaux paysages, de beaux habitants. Et en temps que Royaume voisin, laissez-moi vous proposer quelque chose-aru.
– Dîtes, je suis tout ouïe.
– Des fiançailles. Avec ma fille. »
Il déglutit. Se marier ? C'est vrai qu'il n'y avait jamais pensé. Et cette demande de fiançailles entre lui et la princesse des vents l'avait fait devenir rouge. Tout rouge. Il entendit à sa droite son valet pouffer de rire. Il aimerait bien le voir à sa place, cet imbécile.
« Des… des fiançailles... » bégaya le jeune roi. « Je… Je….
– Vous n'êtes pas obligé de répondre de suite-aru. Mais sachez que ce serait une excellente nouvelle si vous acceptiez. En attendant, je ne suis pas venu les mains vide-aru. »
Le brun tapa deux coup dans ses mains. On amena alors une grande cage dans laquelle se trouvait un bien étrange animal semblable à un ours, mais au pelage blanc tacheté de noir. La créature était adorable, assise au milieux de plantes à observer les personnes se trouvant autour d'elle, et mâchouillant son bambou. On amena en prime diverses plantes guérisseuses qui laissaient s'échapper un doux parfum.
Emil était sur le point de remercier son invité de ces présents ravissants, lorsqu'on annonça les nouveaux arrivants.
« Sa Majesté Ivan ! Souverain du Royaume des Neiges éternelles ! Et ses sœurs Nathalya et Katya ! »
Un armoire à glace blonde aux yeux mauve, fit son apparition dans l'entrée. Le roi Ivan portait un long manteau de fourrure blanche, sous lequel il portait une tenue atypique vert sombre. Il avait aussi une écharpe assez pâle. Il devait avoir la vingtaine, et son visage enfantin arborait un sourire angélique qui, au lieu de rassurer, terrifiait le personnel du château. Se dressait derrière lui sa sœur aînée, aux cheveux blond court, et aux yeux bleu, qui portait une robe moulante turquoise mettant en valeur ses formes envoûtantes, et sa sœur cadette, dont les longs cheveux de la même couleur que ses aînés étaient retenus par un serre-tête violet, de la même couleur que sa robe simple. Cette dernière, pourtant belle, avait un regard terriblement glacial.
Derrière ces trois personnes se tenait un garçon, qui ne devait pas avoir plus de quinze ans, tout aussi blond, qui tremblait de tous ses membres. C'était le jeune valet du roi des neiges éternelles. Il se nommait Raivis, et il était de petite constitution.
Pauvre enfant pensa Emil, qui se leva, et salua poliment son invité.
« Bienvenu dans mon Royaume, Ivan. J'espère que ce séjour parmi nous vous sera agréable. »
Il en avait entendu parler, de ce roi. Il ne savait pas si on pouvait le considérer comme un tyran, mais une chose était sûre, c'est qu'il effrayait son peuple. L'état du valet en était la preuve.
« Je vous remercie pour votre invitation, Emil. Je pense que je vais bien me plaire ici, pendant les jours à suivre. »
Son sourire angélique ne l'avait toujours pas quitté, comme son écharpe. Un courant d'air glacial passa dans la pièce. Le jeune roi déglutit. Il ne voulait l'avouer, mais cet étrange homme l'intimidait. La chose qu'il espérait, c'était qu'il s'en aille vite dans la grande salle, où un buffet d'attente avait été installé.
« Mais avant tout, laissez-moi vous offrir ces présents. »
Le jeune garçon tout tremblant s'approcha du roi avec dans les bras un grand carton, enrobé dans du papier cadeau vert et argent. Emil le récupéra et l'ouvrit. Dedans se trouvait des… préservatifs ! Et de la Vodka !
« Me… Merci mon cher Ivan. Ce présent est tout à fait… inattendu... » balbutia Emil.
« Kolkolkolkol...Je savais que cela vous ferait plaisir. Bon, à part ça, où devons nous nous rendre pour patienter ? Je ne pense pas que tout le monde arrivera de sitôt. » demanda impatiemment le roi des neiges éternelles. « J'ai faim, après ce long voyage. »
– Tout est prêt dans la grande salle pour vous accueillir. Le buffet a fini d'être garnit il n'y a pas si longtemps que ça. La nourriture est de première qualité, et j'espère qu'elle vous ravira le palet. Mon valet va vous y conduire… Où est-il passé ? »
En effet, Eduard avait disparu. Emil le chercha du regard, mais en vain. Aucune trace du binoclard. Il n'eut d'autre choix de demander à un pauvre valet de pied d'emmener, dans la pièce adjacente, les deux autres souverains et leurs familles qui suivirent leur guide sans rajouter quoique ce soit. C'est alors que le jeune roi sentit le trône trembler.
Il s'installa sur les genoux, face au dossier, et se pencha pour observer l'arrière de son siège. Là il découvrit un Eduard qui tremblait autant que le jeune valet d'Ivan. Il était livide, et son habituel sourire avait disparut.
« E… Eduard… Qu'as-tu ? » questionna le monarque, peu sûr de lui.
Le valet, dont les yeux s'étaient mis à tourbillonner, essaya de répondre, d'articuler ne serait-ce qu'une bribe de phrase. Mais ce qui sorti de sa bouche fut inaudible, un mélange de sons sans aucun sens. Emil soupira. Son ami semblait vraiment mal en point.
« Dis-moi si je me trompe, mais j'ai l'impression que tu es effrayé par Ivan. »
Le pauvre Eduard acquiesça, et essaya avec difficultés de reprendre sur lui. Le travail d'un valet n'était en aucun cas d'inquiéter son roi. Alors pourquoi agissait-il ainsi, comme un faible ? Du cran ! Il se devait d'être un exemple.
Il se releva, plus sûr de lui. La personne qui le terrifiait n'était plus dans la pièce, alors il n'y avait aucune raison de s'inquiéter. Il inspira une bonne bouffée d'air frais. Son sourire refit surface, ce qui rassura le plus jeune.
« Navré si je vous ait fait peur, votre Majesté, mais cela ne se reproduira plus ! Je suis votre valet, et je vous servirait jusqu'à la mort ! » Répliqua-t-il, le regard plein d'assurance.
« J'y compte bien ! Et arrêtes de me vouvoyer ! »
« C'est magnifique. »
Les deux familles royales venaient d'entrer dans la grande salle. Le long du mur de pierres gris-bleuté se trouvaient de longues tables nappés d'un drap blanc écru. Dessus étaient posés quelques mets divers, allant de petites verrines à des sandwichs joliment préparés. Au centre de la pièce, en dessous d'un immense lustre en or argenté, se trouvait une pile de centaines de coupes remplies de champagne. De nombreuses chaises avaient été installés, permettant aux voyageurs de se reposer. De grandes fenêtres donnaient sur le parc enneigé à l'arrière du château.
Fatigués, les invités ne tardèrent à s'asseoir, discutant de tout et de rien. Les deux roi se mirent l'un à côté de l'autre. Ce fut Ivan qui engagea la conversation :
« Alors, mon cher. Votre pays se porte-t-il bien ?
– Je pourrais vous répondre oui, mais malheureusement, on peut dire que la présence de vos commerciaux gène la vie de la population. Certain s'amusent à voler quelques braves bêtes qu'ils trouvent sur leurs passages, ou encore, il ne se privent pas de partir d'une auberge sans payer.
– Kolkolkolkol… Que cela est regrettable. Mais je ne puis rien faire pour empêcher cela. La seule solution que je vois serait de suspendre nos échanges commerciaux. Comme ça vous ne vous plaindrez plus de mes hommes. Malheureusement, vous savez ce que cela signifie. »
Yao dégluti. Cela faisait des années que les échanges commerciaux entre les royaumes des neiges éternelles et des vents existaient. Mais ils avaient déclinés il y a cela quinze ans, depuis que le père d'Ivan était au pouvoir. Et le pire fut il y a quatre ans, quand le fils récupéra le trône. De nombreux problèmes commencèrent entre les commerciaux des neiges éternelles et les habitants du royaume des vents, et le nombre de plainte envers le roi ne faisait qu'augmenter. Mais il ne pouvait rompre le marché. Le roi Ivan s'en prenait à quiconque le défiait, et les souverains d'autres pays ne faisaient pas exception. Au moindre faux pas, une guerre risquait d'être déclarée.
« Je plaisante mon ami. » Ajouta le blond, en tapant amicalement le dos du plus vieux. « J'essayerais de calmer mes hommes. Après tout, que nous apporterait un guerre ? Des morts, et c'est tout. »
Le brun se força à sourire. Mais il avait peur. Cet homme était un monstre.
« En attendant, je me demande où mon ancien ingénieur est parti. Bientôt un an qu'il s'est enfuit. Et le fait qu'il soit absent me remplie de mélancolie. Quel tristesse de ne plus l'avoir avec nous. Nous nous entendions si bien. N'est-ce pas Raivis ? Ne te manque-t-il pas ? »
En entendant son nom, le jeune garçon sursauta. Sa tremblote augmenta, tandis qu'il essayait d'acquiescer les dires de son maître.
« Oui, monsieur » réussit-il à articuler. « Mon frère me manque. »
Plusieurs minutes s'écoulèrent avant l'arrivée des autres monarques. Sur les dix attendus, seulement deux étaient présents.
Emil s'ennuyait, sa tête appuyé sur son bras. Il laissa échapper un long bâillement, et se frotta les yeux. Eduard aussi en avait assez d'attendre. Il n'arrêter pas de gigoter dans tous les sens. Ses jambes commençaient à lui faire mal. C'est qu'il aurait bien voulu s'asseoir, lui. Mais en tant que valet, il se devait de se tenir debout aux côtés de son roi.
« Sa majesté Sadik ! Souverain du Royaume des Terres Arides ! Et sa femme, Hera, du Sud ! »
Le roi, un grand homme brun à la peau bronzé remplie de tatouages, marchait d'un air sûr. Il portait un vêtement rouge ornementé d'or et de parures, accompagné d'un sarouel plus sombre. Un turban tout aussi rouge que son haut, d'où une plume s'échappait, était posé sur sa tête. Sa femme portait quand à elle une longue robe bleue, accompagnée de nombreux accessoires en or sertis de pierres précieuses. Ses longs cheveux bruns étaient attachés en une tresse accompagnée de broches dorées.
Emil se releva pour accueillir le couple royal, puis alla serrer la main de son invité. Quelques politesses furent échangés, puis on vint apporter au jeune roi un présent magnifique : une épée dont la poignée avait été taillée superbement dans de l'ivoire. Une touche de magie l'avait rendue indestructible, et sa lame grandissait ou rétrécissait en fonction des volontés de son propriétaire.
Le blond se vit émerveillé par une telle splendeur. Il remercia fortement le roi Sadik, lui promettant de prendre bien soin d'une telle œuvre. Après tout, la meilleure épée qu'il avait eut ne fut qu'une simple lame assez vieille et une poignée à moitié rouillée.
Le valet de pied ayant accompagné le roi Ivan et Yao se vit confier la tâche de faire de même avec les autres monarques. Il emmena donc Sadik et sa femme dans la grande salle.
À peine avaient-ils passés la porte qu'Eduard se saisie de l'épée (avec l'autorisation d'Emil) et l'admira. Il essaya quelques mouvements qu'avaient fait les soldats pendant leur entraînement de la parade le matin. Seulement, le binoclard n'était pas fait pour le combat. Et ça se voyait. Tout ce qu'il entreprenait été saccadé, et il manquait fortement d'assurance. Le jeune roi dû reprendre son présent avant que le valet ne blesse quelqu'un.
« Sa majesté Roderich ! Souverain du Royaume de l'Est ! Sa femme Elizaveta ! Leur fils le prince Ludwig ! Et leur suite ! »
Entra un homme aux cheveux bruns plaqués en arrières, et aux lunettes derrière lesquelles brillaient deux yeux violets. Il portait des vêtement qui étaient plus ceux d'un aristocrate qu'un monarque. Sa femme, châtain aux yeux verts, était d'une grande beauté. Sa robe émeraude vaporeuse la mettait en valeur. Accroché à ses jambes se tenait le petit prince, blond aux yeux bleus. Il ressemblait à son grand-père, et il ne devait pas avoir plus de sept ans. À leur côté se tenait le fou du roi, qui n'était autre que le frère de ce dernier, ainsi que l'ami des monarques du Sud et de l'Ouest : l'awesome Gilbert.
Emil fit comme avec le roi précédent, suivant le protocole à la lettre. Serrage de main, quelques politesses, puis vint le moment des présents : un violon magique, qui pouvait interpréter n'importe quel morceau de musique. Et il était beau, l'instrument, dont le bois vermeille avait été tellement bien astiqué qu'on pouvait se refléter dedans. Au plaisir de toutes les personnes dans la salle, le violon se mit à faire vibrer ses cordes, et une douce mélodie résonna dans l'enceinte du château. À la fin de la partition, il s'arrêta et se posa tranquillement dans les mains de son nouveau propriétaire.
Avant même que la famille de l'Est ne se rende dans la pièce où se trouvaient les autres monarques, on annonça les invités suivants.
« Sa majesté Antonio ! Souverain du Royaume de l'Ouest ! Sa femme Emma ! Et leurs enfants Lovino et Feliciano. Et l'ancien toi, Romulus ! »
Le roi et la reine entrèrent main dans la main. Le premier, dont les cheveux chocolats étaient en bataille, portait une tenu de corrida rouge et orange vif. Quand à la deuxième, blonde avec les même yeux verts que son mari, avait une robe avec un corset beige, et une longue jupe verte. Leurs petits jumeaux étaient tous deux en blanc. La seule chose qui pouvait les distinguer étaient leurs yeux, vert pour l'un, ambre pour l'autre. Derrière eux suivait un vieil homme aux cheveux semblables à ceux de son fils . Il regardait vicieusement les quelques femmes de chambre, qui semblaient dégoûtées. Il semblait bien pervers, l'ancien roi.
« Tonio ! Ça fait longtemps ! »
L'albinos, qui se tenait en retrait depuis le début, se jeta sur son ami et l'étreignit si fort que le pauvre Antonio cru étouffer. Gilbert lâcha alors son emprise et s'en alla ébouriffer la tignasse des deux petits. Lovino ronchonna tandis que son jumeau riait aux éclat. Emma dû toussoter pour ramener l'attention des deux hommes vers le jeune roi du Nord qui souriait.
On apporta à ce dernier un grand panier d'osier remplie de tomates mûres bien juteuses, et dans une cage de fer, un taureaux noir aux yeux rouges qui fonçait dans les barreaux de sa prison. Quelle belle bête ! Emil s'empressa de les remercier, le regard toujours attiré vers l'étrange créature.
Quand les deux amis et leurs familles disparurent derrière la grande porte amenant à la grande salle (Romulus ayant voulu rester pour courtiser des jeunes femmes de chambres), le monarque aux cheveux couleurs platines prit un des délicieux fruits rouge gorgés de soleil, et mordit dedans à pleine dents, faisant couler le jus sucré sur son menton. Il en proposa une à Eduard, qui refusa par principe. De nouveaux, on annonça l'arrivé des invités suivants :
« Sa majesté Francis ! Souverain du Royaume du Sud ! Sa femme Alice, de l'île unique ! Et leurs enfants Alfred et Matthew ! Sa majesté Allister ! Souverain du Royaume de l'Île unique ! Et sa femme Nessie ! »
Un bel homme aux yeux bleus, aux cheveux blond attaché en catogan, et à la barbiche de trois jours, entra en premier, sa femme, aux long cheveux de la même couleur que son mari et aux yeux verts émeraude, ainsi que leurs deux petites têtes blondes de huit ans sur les talons. Derrière eux se trouvait le frère aîné d'Alice, qui était vite reconnaissable par ses cheveux rouges. Sa femme Nessie, une mi-humaine, mi-dragonne, avait de longs cheveux verts dans lesquels quelques mèches avaient été attachées en tresses. Quand à sa peau, on retrouvait des semblant d'écailles par-ci, par-là.
« Emil ! » s'exclama le barbu, qui fit l'accolade au plus jeune. « Cela faisait si longtemps ! La dernière fois que je t'ai vu, tu avais à peine dix ans. Tu as bien grandis.
– Je ne me souviens plus très bien, mais je suis ravi de vous revoir. »
Tout en desserrant son étreinte, le barbu demanda à ce qu'on apporte les présents pour le jeune roi, de sa part, ainsi que de son beau-frère. Il découvrit de grands tonneaux du meilleur vin du Sud, ainsi qu'une cape créée spécialement par Alice, permettant de stopper toutes attaques sur le corps, et une servante ayant les mêmes origines que Nessie, aux yeux noirs en amande, des cheveux de jais, et au teint légèrement plus verdâtre que la normale. La vitesse de ces ''créatures'' était inimaginable. Et leur capacité à voir dans le noir les rendaient encore plus extraordinaire.
« Je vous remercie très chers de ses merveilleux cadeaux. Rien ne pourrait me faire plus plaisir. »
Puis ont fit place aux invités suivants. On n'eut à peine le temps de les annoncer, que la reine du royaume des plaines, qui était en réalité un homme blond travesti, déboula sur un poney rose flashy, et à la crinière jaune poussin. Le garde, qui depuis le début faisait l'appel, eut du mal à retrouver son sérieux. À la vue du canasson et de son cavalier, il avait explosé de rire, sous les regards noirs d'un roi du Nord qui lui aussi se retenait de pouffer.
« Sa… Sa majesté Toris ! Pfffff… Haha ! Souverain du Royaume des plaines ! Hahaha ! Et sa femme, Feliks ! … HA ! HA ! HA ! HA ! »
On dut le faire sortir pour qu'il puisse enfin se calmer. Mais ce n'était pas le seul qui s'amusait de cette mascarade. Le pauvre roi Toris se sentait mal à l'aise. C'était un homme fin de vingts ans environ, aux cheveux châtain qui lui arrivaient jusqu'aux épaules, et aux yeux verts. Il n'était à peine plus grand qu'Emil, et lorsque ce dernier vint à lui pour se pardonner de cet accueil, il répondit gentiment :
« Vous inquiétez pas. C'est ça à chaque fois que l'on va quelque part. »
Puis, se tournant vers sa femme :
« Feliks ! Peux-tu apporter le présent à notre hôte ? »
La reine, toujours sur son poney, alla chercher un Pottok pie baie pour l'attelage. C'était un bel animal bien musclé et bien vif. Quel chance ! Un des chevaux de sa condition était mort la veille, et on n'avait put trouver de quoi le remplacer. Et le box était donc libre à tous poneys.
D'un coup, toutes lumières s'éteignirent. Tout le monde fut plongés dans l'obscurité. Feliks s'était jeté dans les bras de son époux, qui avait faillit finir renversé. Des bruits de pas se firent entendre. Et quand la lumière réapparut...
« GROAAAR ! »
Vladimir, le roi du Centre, apparut juste devant Emil. Ce dernier avait fait un bon de plusieurs mètres, effrayé par la vue des canines bien pointues de son invité, qui s'esclaffa devant l'air médusé du plus jeune.
« Sa majesté Vladimir ! Souverain du Royaume du Centre ! Et sa femme, Boyana»
La reine avait justement rejoint son mari pendant qu'on les présentaient. Une brune aux yeux noirs, habillé tout en vert, qui affichait un air sérieux. Elle posa sa main sur l'épaule de son époux, blond aux yeux sang.
« Arrête, Vlad. Ce que tu fais est immature. Va plutôt lui chercher son cadeau au lieu de faire des âneries. »
Il acquiesça, toujours le sourire aux lèvres, et à son rire diabolique. Quand il revint dans la salle, il portait dans ses bras un grand arc, et des flèches qui, grâce à un sortilège du roi du centre, pouvaient se régénérer à volonté. Emil remercia ses invités, et demanda à ce qu'on les accompagne tous dans la grande salle, ainsi que les époux des plaines.
Enfin il pouvait se reposer. Il ne restait qu'un seul royaume absent, et il ne tarderait pas à arriver. Mais ces quelques minutes de tranquillités lui faisait un bien fou. Eduard en avait même profité pour aller saluer le cuisinier, ainsi que chaparder un délicieux choux à la crème qui traînait sur une table et qui le faisait envier depuis le matin de bonne heure. Quand il revint aux côté de son roi, ce dernier s'était endormit. Mais au moment où le binoclard voulu le réveiller :
« Sa Majesté Merlin ! Souverain du Royaume de la Magie ! Directeur de l'école de magie de Magicdream ! Sa femme Viviane, fée du monde des créatures magiques ! Et leur fille, Louna !
Personne n'entra. Une minute. Deux minutes. Puis…
« LOUNA ! ARRÊTE DE METTRE LE FEU À MA BARBE ! »
Ce cri eut comme effet de réveiller l'endormi, qui se frotta les yeux à vive allure pour voir ce qui se passait.
Apparut alors à la porte un homme d'un certain âge, habillé d'une longue robe de sorcier blanche et bleue, avec des fils d'or brodés, aux yeux marrons, aux long cheveux blanc, et à la barbe… cramée. Il tenait dans sa main le col de la cape verte d'une fille de six ans, chemise blanche, corset et jupe verte, aux cheveux châtains, à la limite du brun, et aux yeux bleus très clair. Les même que sa mère, une belle femme aux cheveux de couleur écume. Cette dernière essayait en vain de calmer à la fois le père et la fille qui passaient la plupart de leur temps à se chamailler. Et ce n'était pas chose aisé. Surtout quand l'activité préférée de la gamine était de mettre le feu à n'importe quoi.
Lorsque Merlin vit que le jeune roi le regardait, il lâcha le cape de sa fille, qui se vautra lourdement sur le sol, puis s'inclina profondément, s'excusant d'un tel comportement indigne d'un monarque.
« Ce n'est rien. » répondit Emil. « Vous n'êtes pas le seul dont l'enfant fait des siennes.
– Oh, vous ne savez pas de qui vous parlez mon bon Emil. Cette gamine est une calamité. »
Ladite gamine donna un grand coup de pieds dans la jambe de son père. Viviane l'attrapa par le col et l'enguirlanda. Se massant la jambe là où avait été porté le coup, il continua :
« Qui qu'il en soit, permettez-moi de vous offrir ce…
– Ce flambeau dont le feu reste éternel ! » coupa Louna, qui tendit ledit flambeau au jeune souverain. « C'est moi qui ait eut l'idée ! »
Emil hocha la tête pour remercier la petite, qui lui offrit en prime un immense sourire. Il récupéra l'objet, et ébouriffa les cheveux de l'enfant.
« Louna ! » la réprimanda Merlin.
– Quoi ! J'ai juste continué ta phrase, le vieux. » rajouta-t-elle en tirant la langue à son père.
Le blond laissa échapper un rire nerveux. Elle en avait du culot, la gamine. Elle lui rappelait en quelque sorte Matthias, quand ils étaient jeunes.
« Bref, Emil. En plus de ce flambeau (il jeta un regard noir à sa fille), laissez-moi l'honneur de vous donner ce ''pendentif des spectres''. »
Le plus âgé sorti de sa robe un pendentif représentant une tête de mort d'un noir bleuté. Il en émanait une chaleur peu commune, ainsi qu'une profonde magie. Le jeune roi lança un regard interrogateur à son invité. Pourquoi lui offrir un tel objet ? Il n'avait pourtant jamais pratiqué la magie, contrairement à Lukas.
« Je sais ce que vous pensez, mon cher. Mais sachez que vous en aurez plus besoin que moi. Votre château grouille de fantômes. Je suppose que vous l'avez remarqué. Mais ce n'est que d'ici plusieurs jours que l'utiliser sera nécessaire. Et quel secret cache-t-il ? Et bien vous le verrez au moment propice. »
Il ne comprit pas ce que voulait dire Merlin. D'ici plusieurs jours ? Quelque chose de grave allait-il se passer ? Sa tête était remplies de question.
« Votre majesté. Comme tous les invités sont présents, nous devons rejoindre les autres dans la grande salle. »
Coupé dans sa réflexion, Emil acquiesça. Il se rendit, accompagné de la famille de la Magie, dans la pièce où tous les autres les attendaient. Quand les portes s'ouvrirent sur la grande salle, tous les brouhaha qui s'élevaient durant les secondes précédentes se transformèrent en un silence de mort. Alors, le jeune roi ouvrit grand les bras de manière théâtrale, et s'exclama :
« La fête peut maintenant commencer ! »
Il soupira.
Depuis une heure déjà aucun petit poisson n'avait été attrapé. L'eau de la rivière restait calme. La fine couche de neige sur laquelle il reposait craquait à chacun de ses mouvements. Et il avait froid. Non loin de lui gambadait joyeusement un lapin des neiges.
Il soupira un nouvelle fois.
Âgé de douze ans, Peter était un gringalet aux cheveux blond sales et aux yeux bleus surplombés d'épais sourcils. Il ne venait pas d'un famille bien riche. Au contraire, il était pauvre. Son manteau, pas bien épais, était remplit de trous de différentes tailles. Dessous se trouvait un vieux pull jaunâtre à l'odeur de moisi. Quant à son pantalon de toile et ses bottes trop grandes ayant appartenu à son père, ils étaient constellés de tâches. Sur sa tête reposait un bonnet tout aussi minable que le reste de ses vêtements.
Tremblant de froid, il fixait toujours le bout de sa canne à pèche. Mais rien à l'hameçon. Encore une fois. Il se pinça les lèvres. Il ne supportait pas l'idée de rentrer bredouille chez lui. Père allait encore le gronder, mère pleurerait dans sa tombe, et sa sœur viendrait le consoler, lui rappelant qu'il n'était qu'un faible gamin.
« Alors ? Ça mord ? » l'interpella une voix féminine.
Son aînée de 15 ans était là, derrière lui. Oh, elle était belle Aisling. Ses longs cheveux roux clair attachés en chignon, ses yeux d'un vert lumineux, un grain de beauté sur le coin de la lèvre, et une silhouette parfaite. Elle faisait beaucoup d'envieux. Mais son père s'était mis dans l'idée de la marié à un gentilhomme. Elle avait refusé. Son père refusait de l'entendre. Seulement, qui voudrait pour femme une pauvre fille qui s'habille d'une vieille robe brune, d'une veste sombre recousue de tous côtés, et un simple paire de soulier ?
Elle se plaça à droite de son petit frère et lui ébouriffa les cheveux. Il bougonna tandis qu'elle lui souriait.
« Alors ? » redemanda-t-elle « Quelque chose d'appétissant ce matin ?
– Rien. Aucun poisson aujourd'hui. Père va encore s'en prendre à moi.
– Ne soit pas si pessimiste. On pourra toujours attraper un autre animal sur le chemin du retour. »
Il acquiesça, la moue au visage. Il se releva et aida par la suite son aînée.
« Merci, mon blondinet.
– Arrête avec ce surnom. On y va ? J'en peux plus de pêcher. »
Ils partirent sur le chemin enneigé, en route pour retrouver leur vieille maison, tournant le dos à la rivière.
À quelques centimètre de la surface, deux yeux injectés de sang les fixaient. Quand les deux jeunes gens disparurent de leurs visions, une grosse masse sombre s'enfouit dans les profondeurs de l'eau.
Le prochain repas allait être succulent.
(1) Vrai nom : Pinnekjøtt med kålrotstappe. Spécialité norvégienne.
Chaitre 3 à présent terminé... Et la suite n'est toujours pas commencé... J'y plancherai pendant les vacances :p
Et remerciement à ma correctrice Aerin, qui malgré deux mois passé en correction, à toujours supporté mon sacré caractère. Et même si nos disputes se répètent ainsi, notre amitié n'en sera que renforcé. Et Rosavy, j'adore ton caramel beurre salé (bah oui, fallait pas t'oublier :p)
- Rappel :
Mathias le tyran : Danemark
Berwald: Suède
Tino: Finlande
Lukas : Norvège
Emil : Islande
Eduard : Estonie
Vash : Suisse
- nouveaux personnages : (attention, c'est long)
Wang Yao : Chine
Mei Lin : Taïwan
Kiku : Japon
Lei : nyo! Hongkong
Im Youg So : Corée du Sud
Minh Tâm : Vietnam
Kla : Thaïlande
Ivan : Russie
Katya : Ukraine
Nathalya : Biélorussie
Raivis : Lettonie
Sadik : Turquie
Hera : nyo! Grèce
Roderich : Autriche
Elizaveta : Hongrie
Gilbert : l'awesome Prusse
Ludwig : Allemagne
Antonio : Espagne
Emma : Belgique
Lovino et Feliciano : Italie du Sud et du Nord
Francis : France
Alice : nyo! Angleterre
Alfred : États-Unis
Matthew : Canada
Allister : Écosse
Nessie : Nessie, le monstre du Loch Ness (j'ai même un peluche Nessie à la maison... Je sors)
Toris : Lituanie
Feliks : Pologne
Vladimir : Roumanie
Boyana : nyo! Bulgarie
Merlin et Viviane : merlin et Viviane de la mythologie celte
Louna : Ille-et-Vilaine
Peter : Sealand
Aisling : Île de Man (OC appartenant à Rosavy, que je remercie)
Normalement je n'ai oublié personne... j'espère ^^
