Auteur : asrial

Genre : cross over / POV / Angst / Drama

Base : Dragonlance / Shadowrun / Highlander / Cyber City Oedo 2808

Rating : PG-13 pour l'instant

Note : Je sais qu'Oedo c'est en 2808 et pas en 2050 et des papillons, m'en fou.

Pour le prologue et les chapitres pairs, c'est raistlin qui parle, pour les chapitres impairs, c'est Dalamar



Chronique d'un Retour

Chapitre 3





Je fait preuve d'une éloquente maturité et tire la langue au shaman qui s'éclipse de ma chambre.ma prison.puis vais bouder, assis sur mon lit.

Tout au moins, c'est l'impression que je donne à mes gardiens.

Les yeux fermés, je laisse mon esprit aller là-haut. Là où rien ne me retient. Là ou les couleurs sont si différentes et les gens pas toujours ce qu'ils sont en réalité.

Je suppose que les Aînés doivent avoir un nom pour designer cet endroit où je me réfugie de plus en plus souvent, lorsque la douleur est trop forte.

Je commence à parler l'elfique, ou plutôt, à le comprendre. Il parait que c'est en allant là-bas que j'ai survécu lorsque les barrières mystiques m'ont frappées dans le conduit d'aération.

Ne me demandez pas ce qu'est une barrière mystique. je n'en ai pas la moindre idée.

Lorsque j'ai demandé à Besserel, le vieux Shaman, il a éclaté de rire et a refusé de me répondre.

Comme d'habitude, remarquez, ça ne change guère.

Je me demande encore pourquoi le vieux est venu me parler cet après-midi. Sois disant pour m'informer de mon futur emploi du temps.

Pff, comme s'il espérait vraiment que j'allais accepter ses ordres. Par reconnaissance pour m'avoir sauvé peut-être ?

Ne pas pleurer. Pleurer est une faiblesse que je ne dois pas laisser voir.

Les larmes brûlent mes yeux et je ferme plus fort les paupières pour les retenir.

Kivan, Annia, Kerkan, Sain, Mélia et tous les autres. Tous morts.

Mes larmes coulent finalement sans que je parvienne à les retenir et j'enfonce mon visage dans mon oreiller pour étouffer mes sanglots et ma rage.

Je ne vois pas les fins éclairs bleus courir le long de mon échine.

Ceux là même qui m'ont sauvé la vie lorsque les Aînés m'ont trouvé dans le conduit d'aération.

Ils disent que c'est la preuve que je suis un sorcier, un mage, ou je ne sais quoi. Les différences sont trop subtiles pour ma cervelle d'adolescent sous-éduqué et stupide.

Stupide, peut-être, mais idiot, certainement pas.

Je suis certain que tous ces évènements ne sont pas sans raison. je suis certain que quelqu'un s'amuse de moi, quelque part.

Comment je le sais ?

Une impression de déjà vu peut-être.

Des évènements différents mais une même impression d'être surveillé.

Ah, ne faite pas l'imbécile, bien sûr que je sais qu'il y a des caméras et des micros dans cette foutue chambre ! Ce n'est pas de cela que je parle, voyons ! Je suppose que les Aînés ont autre chose à faire que de jouer à Loft Story avec des pauvres gosses tirés des ruines.



Il est minuit passé lorsqu'un bruit me réveille en sursaut.

Je doute que quiconque n'ayant pas grandit dans la rue puisse se rendre compte que quelque chose se prépare.

La brusque montée de la pression atmosphérique dans ma chambre m'indique que les niveaux inférieurs ont été ouverts.

Je n'y suis pas retourné depuis que les Aînés m'ont trouvé l'autre jour. C'est aussi bien !

Tout au moins si j'en crois les rumeurs qui circulent parmi les autre jeunes.

Ha oui, voilà quelque chose dont j'ai oublié de faire mention. Je ne suis pas le seul gamin ici.

Nous avons tous environ entre 15 et 18 ans je pense.et je dois être le seul à savoir que nous sommes dans une mouise noire.

Bah, ils comprendront vite.pauvres petits agneaux sacrificiels bêlants de peur en appelant un berger qui les a vendu pour rien.

Je suis cynique ?

Meuh non voyons. juste terrifié.

Le bruit dans les couloirs se rapproche et je m'habille rapidement.

Le petit couteau à beurre que je suis parvenu à voler il y a deux jours puis soigneusement aiguisé sur les montants de métal de mon lit ne fait pas une arme formidable, mais c'est mieux que rien.

Je le camoufle dans la masse noire de la natte qui me tombe sur les reins et m'accroupit dans le coin le plus sombre de la pièce.

La porte de la chambre s'ouvre brutalement à la volée et la lumière m'éblouie une seconde.

Sans vraiment m'en rendre compte, je passe là-haut. Je peux voir ce qui se passe de là-haut.

Les médecins me cherchent un moment avant de me trouver, recroquevillé dans un coin.

Je revient dans mon corps et me lève souplement.

Ils n'ont pas besoin de me traîner de force hors de la pièce.

Je préfère conserver un petit peu de contrôle sur les évènements.

Les gardes nous font ranger dans le couloir, deux par deux. Nous somme une trentaine et la moitié des chambres n'a pas été visité. Au final, nous seront une petit centaine je pense.

Je reviens sur ce que j'avais dit.

Il y a des enfants de tous âges. Les plus jeunes doivent avoir trois ans, certains, une petite peluche ou une poupée serrée entre leur bras, piétinants sur le sol glacé, pieds nus.Je suis le seul à être habillé, tous les autres sont en pyjamas.

Je grimace.

Je suis repérable.

C'est donc dangereux.

Les gardes nous poussent vers les sous-sols après nous avoir attachés en couple.

Plusieurs glissent sur les marches de plasbéton, manquant faire tomber toute la colonne.

Sur le premier palier, les gardes nous font stopper et réordonnent la colonne.

Un grand avec un petit. que le premier soutienne le second.

La menotte en métal urticant me fait grimacer et je doit faire un effort de volonté pour me retenir de me gratter vigoureusement, sachant très bien pour être tombé une fois dans un filet de même matière que me gratter ne ferait que décupler la démangeaison.

Je censure résolument toute sensation montant de mes poignets. J'ai toujours été doué pour ça. Je ne sais pas où je l'ai acquis, mais même bébé, la douleur ne m'a jamais fait peur. Elle est toujours restée plus une focale qu'une gène.Je ne me rappelle guère de mes parents mais je sais que cela les effrayait. Une fois, je m'étais ouvert le bras sur trente centimètres. Je ne sentais pas la douleur. Comme si j'avais appris à la dominer il y a.longtemps ???

Pourquoi cette soudaine prise de conscience me glace-t-elle de cette façon ?

Je ne comprends pas et repousse la panique qui me monte dans la gorge en même temps qu'un flot de bile, laissant sur ma langue un acre goût amer et acide.

Je me détourne de ces pensées déprimantes.

Le petit garçon avec lequel je suis attaché pleure en silence en se grattant les bras où apparaissent déjà des griffures sanglantes.

Sans rompre la vitesse de progression le long des escaliers, je soulève le petit et le prend dans mes bras.

Il me jète un regard éperdu de désespoir et de peur.

J'ai déjà vu ce regard.

Souvent.

Trop.

Mais je ne parviens pas à m'en blaser.

Peut-être parce que c'est le même regard que j'ai lancé à Kivan lorsqu'il m'a recueillit dans les ruines.

Je me secoue.

Je ne dois pas tomber dans une mièvrerie sentimentale inutile. Il est probable que les heures à venir ne seront pas réjouissantes et que j'aurais besoin de toute ma force de caractère pour y survivre.

Je ne peux m'empêcher de ricaner, son incongrus et infiniment renvoyé vers moi comme une gifle en pleine face par les murs de plus en plus étroits nous entourant.

Les gardes me surveillent depuis un moment, visiblement mal a l'aise. Je ne comprends pas pourquoi avant de me rendre compte que c'est moi qui produis la faible lueur bleutée qui éclaire notre descente.

Je me concentre sur le phénomène tandis qu'une partie de mon esprit reste ouvert au petit que je porte, me laissant lui parler pour calmer ses pleurs et l'empêcher de se mutiler à force de griffures inutile.

Nous parvenons enfin à notre destination.

Je ne sais pas a quelle distance de la surface nous somme mais j'ai compter pas loin de trente paliers différents.

Bien sur, les écarts entre eux ne sont pas égaux, aussi suis-je bien en peine pour déterminer la profondeur ou nous sommes.

Bah. a mi-chemin entre Les Chaudières et le Tartare, ou pas loin.

D'accord, d'accord, j'arrête de faire des phrases.en plus, ce n'est guère le moment de faire assaut d'esprit.

J'aime de moins en moins les salles que les gardes nous font traverser.

Nous arrivons à une rangée de minuscules cellules où l'on nous pousse par couple.

Le bout de chou s'est endormi contre mon épaule et je n'ai pas le c?ur à le réveiller.

Je le pose sur le lit et un garde vient ouvrit nos bracelet avant de refermer la porte sur nous.

Je frémis.

La cage ne doit pas faire plus de deux mètres sur un cinquante, le plafond ne doit pas dépasser le mètre quatre vingt et je me sent content d'être aussi petit.

Le bout de chou pleure dans son sommeil et tremble de froid. Je m'allonge contre lui sur le fin grabat de toile, le serrant contre moi pour le réchauffer.

Je veux rester éveillé au cas où nos geôliers se décident à quelque chose d'exotique pendant ce qu'il reste de nuit mais finit par m'endormir.



Je frissonne

Mon petit camarade de cellule vient de mourir.

Ce n'est pas le premier.

Je me demande fugitivement lequel de nous deux est le plus chanceux.

J'essuie les larmes qui coulent sur mes joues d'un geste rageur puis englouti la ration de nourriture abandonnée du petit.

Elle ne lui sera plus utile et me servira peut-être à quelque chose

Je m'étais attaché a lui. Petit bout de chou vendu pour quelques piécettes dans les rues de Seattle par sa mère droguée. Il a survécu longtemps par rapport a certains autres. Les premiers se sont mis a mourir des les premières minutes de test.

Je ne sais pas ce que les Aînés nous font mais cela nous tuent tous a plus ou moins long terme.

Je sais que j'ai les yeux rouges comme un lapin myxomatosé. Ma gorge me fait mal et je tremble convulsivement de la tête aux pieds. J'ai de la fièvre et désespérément soif.

Je me traîne jusqu'au robinet dans le mur et tente d'étancher la pépie qui me martèle les tempes d'assauts furieux.

J'ôte ma chemise et la range sous le lit.

Me recroquevillant du mieux que je peux, je reste sous le mince filet d'eau glacé dans l'espoir d'endiguer les vagues de chaleur qui m'étreignent régulièrement le c?ur.

J'essuie mes yeux, trouvant ma main tachée de sang.

Mes yeux saignent.

Avec un intérêt clinique, je me demande ce qu'il va m'arriver maintenant.

Je n'ai encore vu aucun des autre enfant se mettre a saigner comme ça..La plupart meurt dès les injections ou de leur fièvre.

Je regarde le petit cadavre sur le lit.

Il a déjà prit une teinte noirâtre.

Je fronce les sourcils.

Je ne sais pas depuis combien de temps je suis enfermé là. Ici, il n'y a pas de soleil pour nous indiquer la marche du temps. Peut-être des semaines ou des mois. des jours ou juste quelque heures ???

Mon esprit dérive a nouveau.

Lorsque je reprends conscience de mon environnement, trois plateaux de nourriture sont par terre et le cadavre de mon petit compagnon dont je n'ai jamais su le nom a disparu.

Je renifle puis suis trahis par d'une quinte de tout douloureuse qui me laisse épuisé, vomissant les restes de mon dernier repas.

J'ai un pauvre sourire.

Bon. J'ai a moitié comaté pendant douze heures environ.

Je me lave puis me traîne vers les rations.

Je les renifle prudemment, sachant parfaitement qu'elles sont assaisonnées de drogues diverses.

Je n'en ai cure.

Je vais de toute façon mourir dans ce trou a rat ou y pourrir je ne sais combien de temps.

J'avale la viande avec frénésie puis me roule en boule dans le nid de couverture où je dors quand je peux.

La porte de la cellule ne tarde pas à se rouvrir.

Deux gardes s'approchent de moi et me traînent l'extérieur.

Une pointe de curiosité que je pensais ne plus posséder m'effleure doucement, aussi fraîchement qu'une plume. C'est stupide, mais cela me fait du bien.

Mon esprit attiré par l'extérieur se déplie du cercle de souffrance et de peur dans lequel il s'était recroquevillé et je comprends soudain ce qui a tué la plupart d'entre nous.

Un sourire sadique affleure à mes lèvres comme je repousse la nausée qu'une nouvelle piqûre dans mon bras fait monter.

Une nouvelle douleur se met a sourdre dans mes veines, enflammant chaque nerf au delà de tout ce que j'ai connu. Même ce que j'ai subit dans la bouche d'aération n'est rien en rapport.

Je m'évade encore comme je le peux.

Je suis de nouveau la-haut.

Je vois mon corps s'arquer dans les affres de convulsions brutales que les médecins et les mages tentent de contenir.

Mes voisins s'agitent autant que moi puis se calment doucement.

Je les imite rapidement.

Une douce torpeur m'enveloppe.

Je vois une ligne continue s'étirer sur mon moniteur cardiaque mais je ne parvient pas a savoir a quoi cela correspond.

Les médecins me lâchent.

Tous les moniteurs émettent le même cri strident qui me déchire les oreilles.

Je suis fatigué.

Mes yeux se ferments tous seuls.

Je me dis que je ferais aussi bien de laisser tomber lorsqu'un miaulement doux attire mon attention.

Assis au pied de la table où je suis allongé, une petit boule de poils ébènes et pourpres me fixe.Non, non, il ne fixe pas la table. il me fixe là haut..

Les yeux de la petite chose brillent une seconde et je me retrouve dans mon corps.

Une brûlure fulgurante me fait arquer le dos avec un hurlement atroce.

Je hurle comme je n'ai jamais hurlé pendant ce qui me semble être des heures, je me débat dans mes liens.

Fugitivement, je vois les Aînés reculer devant mon brusque retour à la vie avant que leur attention ne soit détournée par la porte blindée volant au travers de la pièce.

Joli.

Des gens s'engouffrent dans la pièce, causant une authentique panique parmi les scientifiques et une fureur noire chez les mages.

Un homme se penche sur moi et pose une main fraîche sur mon front. Il me murmure quelque chose que je ne comprends pas et la douleur reflue comme une marée d'équinoxe, me laissant épuisé et fiévreux.

Je ne sais pourquoi mais je sais que sa peau sur la mienne devrait me paraître brûlante.

Elle ne l'est pas.

Elle est fraîche.

Elle est apaisante.

Elle est.Confiance.

Je ferme les yeux en toute sécurité tandis que mes liens sautent et que je m'agrippe aux vêtements de mon sauveur.

Ses yeux d'or me fixent avec angoisse pendant que je m'endors contre lui.

Un seul mot que je ne puis retenir monte à mes lèvres avant que je ne sombre dans le gouffre béant de mon épuisement.

Je ne sais ce qu'il veut dire. juste qu'il est au centre de mon existence.

Shalafi.

A suivre