Blabla : Aaaaah, les descriptions... Mon péché mignon n_n

Blabla 2 : je ne m'excuserai pas pour l'attente è.é c'est dans ma nature de trainer, même si je coupe à des endroits tactiques pour vous faire languir :p

Lela26 : Merci, c'est gentil :3


L'amour est aigre-doux


Auberge du Papillon de Nuit*, 12 Septembre

Il lui restait encore deux heures avant qu'elle ne doive partir. Elle ne savait pas quoi faire. Jasper était déjà parti depuis au moins deux heures et demie et elle n'arrêtait pas de cogiter. Qu'est-ce qu'il avait voulu lui dire ? Pourquoi devrait-elle lui pardonner ? Elle avait envisagé tout un tas de choses et cela ne faisait qu'augmenter son stress.
Peut-être était-il marié. Il avait dit ne pas être fiancé, pas ne pas être marié ! Peut-être que cela avait un rapport avec Emmett. Ou encore avec son métier, après tout il avait dit que l'argent ne manquerait pas. Et s'il était un voleur ? Un tueur à gage ? Un vendeur de drogues ? Un vendeur d'esclaves peut-être. Ou patron d'une maison de...enfin, pas besoin d'un dessin. Peut-être que pour vivre là-bas elle devrait..non, non, c'était hors de question et puis, ça ne ressemblait pas à Jasper de toute manière. Inutile de s'inquiéter, il lui avait dit travailler dans la gestion une fois. Oui mais la gestion de quoi ?

Elle n'en pouvait plus. Deux heures et demie qui était partit et autant de temps que ces questions et ces hypothèses tordues tournaient sans arrêt dans sa pauvre petite caboche. Elle ne tiendrait pas plus longtemps.
Elle se laissa tomber en arrière sur le lit, à la manière d'un morse échoué, en étoile. Est-ce qu'un morse pouvait faire l'étoile ? Pas vraiment. Elle laissa ses jambes pendre dans le vide. Mais qu'avait-elle fait ? Pourquoi n'avait-elle pas réfléchi plus longtemps avant de partir sur un coup de tête ? Parce que sinon il aurait été trop tard. Jasper ne lui avait pas vraiment laissé le temps de réfléchir. Mais avait-elle eu vraiment besoin de réfléchir ? Soit elle avait envie de rester avec lui, soit non. Point. Elle se redressa, pensive. Que ferait-elle à partir de maintenant ?

Elle allait vivre avec Jasper. Et ses parents. Et d'autres personnes apparemment. Il était visiblement riche. Alors ils devaient tous être bien élevés chez lui, ce qui n'était pas du tout le cas d'Alice. Elle était timide en général. En théorie elle devrait perdre de son répondant face à ces gens, donc tout irait bien. Mais pour qui allait-elle passer ? Habillée comme ça, sans éducation. Une fille facile peut-être, puisqu'elle avait suivi un homme qu'elle connaissait à peine. Mais elle n'y pouvait rien, elle, si elle avait eu un coup de foudre. Ah, ça y était. Elle l'avait pensé. Elle l'avait dit tout haut dans sa tête -Alice disait souvent des choses à voix hautes dans sa tête. Elle l'avouait enfin. Elle se l'avouait enfin. Il fallait se rendre à l'évidence. Elle était amoureuse. Amoureuse de quelqu'un dont elle ne connaissait même pas la date de naissance, les goût, et pire : le nom de famille. En fait, ce qu'elle savait de lui se résumait à son apparence et son prénom. Et qu'il était très gentil. Et qu'accessoirement c'était un excellent cavalier.

Et après ? Que ferait-elle une fois chez lui ? Et si il se lassait d'elle ? Après tout, elle n'avait rien d'intéressant. Ni de particulier. Elle n'était même pas bonne ménagère ! Et de toute façon, ils n'avaient aucun futur, n'est-ce pas ? Une fille comme elle, de la campagne, non, de la forêt, ne pouvait pas se marier avec un homme riche et de bonne famille ! ... Et voilà qu'elle pensait déjà au mariage. Dieu, s'il avait été dans sa tête il aurait pris ses jambes à son cou. Et pourquoi était-il partit plus tôt? Et sans elle ? Peut-être qu'il voulait que tout soit parfait pour son arrivée. Idiote ! Elle se faisait des films. Pourquoi irait-il penser à ça. De toute façon il ne l'aimait sûrement pas. Il jouait avec elle, dans le meilleur des cas. Quand il en aurait marre, il la chasserait. Bon. Respirer, il lui fallait res-pi-rer. Elle racontait n'importe quoi.
Elle se relaissa tomber et serra l'oreiller qui sentait si bon contre elle. Rien de grave ne lui arriverait. S'il ne tenait pas à elle, il ne l'aurait pas emmené, n'est-ce pas ? Et puis, si elle faisait tout pour lui plaire, peut-être qu'elle arriverait à...lui plaire. Encore plus. Toujours plus. Elle serait parfaite. Elle ferait tout pour.

Que lui plaisait-il tant chez lui ? Tout. Ok, question plus facile : qu'est-ce qui ne lui plaisait pas ? ... Vraiment rien. Si, éventuellement, la place qu'il prenait en dormant. Et surtout ce secret qui l'angoissait tant !

Et si elle pensait à quelque chose de plus plaisant ? Comme... Ses enfants. Oui, oui, c'était un peu précipité, mais rien ne l'empêchait de rêver.

Il ressembleraient à Jasper. Grands, blonds, beaux. Des yeux noisettes, un air sûr d'eux... Ou à elle. Petits, tous frêles, pâles comme des cadavres, maladroits. Ou au deux. Petits et robustes, les cheveux noirs et bouclés, un oeil marron un oeil gris. Ou grands et frêles, avec les cheveux blonds et indisciplinés, le teint cadavérique et maladroits, bien que sûrs d'eux. Avec des yeux violets. Ok, ne pas penser aux enfants, ceux-ci ne seraient beaux que s'ils ressemblaient à leur père. Roh, et puis, pourquoi pensait-elle à ce genre de trucs, elle ? Elle était vraiment un cas désespéré.

Et si elle en revenait au mariage... S'il était si riche que ça et qu'il connaissait le roi ! Il lui faudrait demander son accord, c'était la coutume, non ? Pourrait-elle se montrer devant lui ? Elle lui avait pardonné, certes, mais il était quand même la cause de tous ses malheurs. Même si, accessoirement, il avait permis à Alice et Jasper de se rencontrer. Mais tout de même, c'était un homme cruel et dépourvu du moindre sentiment. Et puis, il dirait non à tous les coups. En fait, personne n'accepterait, elle avait quoi à lui apporter, à Jasper ? De l'amour ? Bah, on n'allait nulle part avec ça. Elle, elle s'en foutait de l'argent, de la notoriété, la preuve : sa vie n'avait pas vraiment été aisée et l'argent n'avait jamais coulé à flot. Ce n'était pas pour ça qu'elle avait ces idées bizarres et précipitées. S'il l'aimait, peut-être que Jasper la suivrait dans la forêt. S'il l'aimait. Haha, vraiment n'importe quoi.

Elle se tourna, se retourna, se reretourna sur le lit et finalement, au bout de ce qui lui paru être plusieurs jours, quelqu'un frappa à la porte, mettant fin à la torture psychologique qu'elle s'infligeait elle même.

Elle ouvrit et décida d'être aimable. Du moins, elle ferait des efforts. A part Jasper, elle n'avait pas côtoyé un être humain depuis longtemps. Pour acheter à manger, ou récupérer les demandes de robes à faire, il y avait ces espèce de casier, à la sortie du village. Comme une sorte de consigne. Il n'y avait personne à l'accueil. Il y avait bien des clefs, par principe, mais tout le monde se faisait confiance dans ce village. On déposait ce qu'on avait à donner dans un casier, on écrivait le nom du destinataire sur un papier collé dessus et puis voilà. C'était totalement déshumanisé mais c'est comme ça qu'on fonctionnait, là-bas. Elle fit face à un homme.

- Bonjour !

Elle lui fit un sourire éclatant.

- Bon-bonjour mademoiselle. Vous êtes Ali-Alice, n'est-ce pas ?

- Euh...ben oui.
Elle était étonnée : l'autre paraissait mort de peur, il bégayait et était droit comme un piquet. Pourtant, à première vue, elle n'avait pas l'air effrayante. Quand elle commençait à parler c'était autre chose...

- Vous...voulez bien ve-venir avec moi ?

- Bien sûr.

Elle enfila ses chaussures, récupéra son manteau et ferma la porte à clef. Quand elle s'approcha de lui, l'homme recula. Elle le regarda bizarrement. Quoi ? Elle avait des boutons sur le nez ? Elle n'était pas supposée être effrayante, surtout pour lui ! Il était grand - au moins trois têtes de plus qu'elle -, et particulièrement musclé. Il avait des tâches de rousseur mais qui n'ôtaient rien à sa carrure et à sa prestance. Des yeux bleus perçants et des épaules carrées, au moins la trentaine. Vraiment, Alice ne voyait pas pourquoi il était si apeuré. C'était presque si elle pouvait voir des gouttes de sueur perler sur son front.

- Vous...n'avez pas peur ?

- De ?

-eh bien, de...voir le... Jasper !

Elle plissa les yeux. Ca devenait de plus en plus bizarre. Pourquoi aurait-elle peur ? Il était vraiment tueur à gage ? Genre...il gérait les morts du pays, en fait. Non, non, ça ne pouvait pas être ça. Il était trop doux, trop affectueux pour ça. Ou alors elle embellissait le tableau, vu qu'elle avait craqué.

- Je devrais ?

- Mais il est l...

Il s'arrêta net, semblant se souvenir de quelque chose d'important.

- Oh non, j'en ai trop dit, j'avais juré de me taire !

Il se retourna vers Alice, se mit à genoux et la regarda d'un air suppliant.
- Je vous en supplie ne leurs dites rien ! Ne dites à personne que j'ai trop parlé.

Ok, alors là c'était carrément flippant.

- Non, non, mais détendez-vous, bon sang ! Vous me faites peur ! Ce...ce qui m'attend est si terrible que ça ?

- Non, non. Allons-y maintenant.

Il la traita avec un respect infini durant tout le voyage, s'assurant qu'elle ne manquait de rien, s'inquiétant de son confort. Jasper devait vraiment être quelqu'un de très influent, quel genre d'homme traitait ainsi une femme ? A part un homme transi d'amour, bien sûr. Mais là, ce n'était clairement pas le cas. Elle avait l'impression d'être un monstre qui allait lui sauter dessus pour lui arracher les yeux, les griller et les manger avec une tartine de saumon ! Ou une personne très importante, à qui on devrait respect et obéissance, mais elle était juste... Alice. Sérieusement, elle faisait moins d'un mètre soixante cinq, elle n'allait pas le manger.

Environ sept heures après, alors qu'ils étaient de plus en plus près du lieu d'arrivée, ils descendirent de cheval et l'homme brun, qui s'appelait en fait Felix, confia la monture d'Alice à un autre homme, tout aussi apeuré et impressionné par elle. Quand à son cheval, il le donna à un troisième homme qui sortait d'une voiture. Felix ouvrit la porte et invita Alice à entrer, puis il monta à l'avant, prenant les rennes. A l'intérieure, il y avait une femme, brune avec les cheveux noués en une longue natte sur le coté. Elle devait avoir passé les quarante ans et semblait très gentille. Elle, en revanche, ne semblait absolument pas impressionnée par Alice. Cette dernière hésita un instant, mais cette femme n'était clairement pas la mère de Jasper, elle ne lui ressemblait pas du tout.

- Bonjour Alice, je suis ravie de vous rencontrer. Alors c'est vous qui avez soigné Jasper ? Il n'a pas mentit, vous êtes très belle.

Elle sentit ses joues s'empourprer. Quand avait-il pu lui parler d'elle ? Ah oui, la lettre !

- On se faisait tous du souci pour lui. Merci, mille mercis de l'avoir sauvé !

Cette femme devait faire partie de ces trois ou quatre personnes qui tenaient à Jasper.

Elle lui tendit la main.

- Je suis Renée, la gouvernante de Jasper.

- A-Alice.

Elle était intimidée. Bien qu'elle ai l'air gentille et heureuse qu'Alice soit... Alice – soit dotée d'un caractère à faire pâlir les cochons-, cette dernière devait à tout prix être irréprochable. Cette femme était forcément la personne à avoir passé le plus de temps avec l'homme qu'elle aimait, maintenant il n'y avait plus de doutes, et si elle ne lui plaisait pas, tous ses espoirs étaient vains.

- Détendez-vous, ma princesse, j'ai entendu du plus grand bien de vous. Je ne vais pas vous chercher le plus de défauts possible, je suis contente que mon Jasper vous ait trouvé. Si vous saviez à quel point il avait besoin de quelqu'un comme vous. Non...de vous. J'ai pu, par chance, le voir rapidement entre le moment où il est revenu et celui où je suis partie. Il n'était pas le même. Personne ne le reconnaissait. Je ne sais pas ce que vous lui avez fais, mais il faudra m'apprendre.
Elle lui sourit encore. Alice regarda par la fenêtre. La voiture avançait rapidement.

- Puis-puis-je vous poser une question ?

- Bien sûr, ma belle.

Renée était douce avec elle alors qu'elle ne la connaissait même pas. Elle avait ce côté si...maternel qui étonnait Alice, elle aurait tellement aimé avoir un mère comme elle.

- Pourquoi...pourquoi Felix et les deux autres hommes avaient l'air si angoissés ?

- Oh, ma chérie, j'ai promis de ne rien dire. Oh, s'il vous plait... n'en voulez pas à Jasper. Vous savez, il n'a jamais eu une vie facile, le pauvre enfant. Beaucoup de responsabilités, un stress énorme. Je sais qu'il ne vous a pas dit qui il est en réalité, que vous ne le connaissez pas sous son vrai jour. Oh, n'ayez pas peur, je le connais assez pour savoir qu'il ne vous fera jamais aucun mal, du moins, pas intentionnellement. Promettez-moi de ne pas le blâmer. Si...si vous veniez à le détester et à refuser de rester avec lui, ce serait terrible. Surtout pour lui ! Il ne s'en remettrait pas de si tôt.

Elle se tut. Comment ça "surtout pour lui" ? Pourquoi serait-ce si dramatique pour les autres ?

Alice et Renée parlèrent pendant encore plusieurs heures. Alice remarqua qu'à chaque fois, elle en disait le moins possible sur Jasper. Au début, Alice se dit que cette femme voulait qu'elle découvre tout par elle même, mais quelque chose clochait. Elle allait finir par mourir d'une crise cardiaque. Au début, elle voulait vraiment savoir. Mais maintenant qu'elle se rapprochait de plus en plus de sa destination, une boule se formait dans son ventre, et elle n'était plus trop sûre de vouloir savoir ce qu'il y avait de si terrible. Et si elle ne savait rien ? Vivre dans l'ignorance serait-mieux, non ? Elle n'était pas obligée de savoir ce que Jasper faisait ! Si ?

Elle finit par s'endormir, et son sommeil fut agité de cauchemars cauchemardesques. Elle se réveilla au moment même où la voiture s'arrêtait. Felix l'aida à sortir et Alice n'en cru pas ses yeux. Pour tout dire, elle croyait encore rêver. Elle était à peine sortie, Felix tenait encore sa main, et elle encore le bas de sa robe. Elle était dans une allée gigantesque, de graviers blancs, bordées d'arbustes parfaitement taillés. Elle était à côté d'une grille noire surmontée de flèches dorées. A sa droite et à sa gauche s'étendaient des jardins parfaitement tondus et fleuris, ou s'activaient une demie douzaine de jardiniers. Elle était surtout et par dessus tout, en face du château, du château du roi d'Hytanica.

Elle...Elle allait vivre au château ? Maintenant elle n'en pouvait plus d'attendre : quel était le métier de Jasper, qui était-il vraiment ? Un gestionnaire, mais de quoi ? Un ministre ? Non, il était trop jeune pour cela.

- C'est beau, n'est-ce pas ?

La voix de Renée la sortit de sa léthargie.

- Ma-magnifique.

- Dépêchons nous, je suis sûre que Jasper meurt d'impatience en ce moment.

Elle prit la main d'Alice et la tira vers le château. Elle s'émerveillait devant les statues, les fleurs, les jardins. Elle vit trois, non, quatre fontaines plus belles les unes que les autres. Le soleil entamait sa descente derrière le château, et les dernières femmes en robes somptueuses, et les derniers homme tout aussi élégants qui les accompagnaient se dirigeaient soit vers le château, soit vers la grille de sortie. Alice était abasourdie. Jamais elle n'aurait pensé voir un endroit si magnifique.
Elle sentit tous les regards peser sur elle. Quoi ? Tout le monde savait qui elle venait voir ? Jasper était-il connu ici, au château ? Oh non, ses chances de se marier avec lui un jour diminuaient encore et encore. Déjà qu'elles étaient bien minces. Et voilà qu'elle repensait, déjà, au mariage. Puis elle se rendit compte qu'en fait, elle avait l'allure d'une va-nus pieds, d'une pauvre fille. Elle était mal coiffée, une robe tâchée et beaucoup trop simple. En lin, bleu ciel, à peine bouffante. Alors que toutes les femmes présentes étaient parées de bijoux (elle, n'avait que son médaillon en or), des robes aux couleurs chatoyantes, cousues d'or et d'argent, des coiffes de perles, un maquillage irréprochables, de grands chapeau ornées de plumes resplendissantes, des manches bouffantes en satin, des décolletés impressionnants bordés de paillettes, des chaussures aux talons vertigineux, sertis de pierres précieuses. Mais où s'était-elle encore fourrée ? Elle aurait voulu mourir, là, tout de suite maintenant.

- Ne vous en faites pas, ignorez ces gens prétentieux. Ils ne savent pas encore à quel point vous êtes importante. Venez, je vais vous préparer.

Alice hésitait entre la panique et le soulagement. La panique parce qu'elle ne savait vraiment pas à quoi s'attendre, le soulagement parce que qui disait la préparer, disait qu'elle ne resterait pas dans cet accoutrement. Vraiment, il n'y avait pas d'autre mot, après avoir vu les parures extraordinaire des femmes dans les jardins.

Elles longèrent le mur pendant cinq minutes et entrèrent par une petit porte qui donnait sur les cuisines.

- Je suis désolée, je vous promet que c'est la dernière fois que vous mettrez les pieds ici. Mais nous sommes bien obligées. Vous avez vu comment les gens vous regardaient dehors ? A l'intérieur c'est pire. Place, place, voici Alice ! La Alice !

Tout le monde dans la cuisine s'arrêta de bouger et se tut. Le brouhaha précédent disparu en moins d'une seconde, ce qui fit encore plus paniquer Alice. Tout le monde la dévisageait et pencha la tête, en signe de respect. Euh...

Elle dut gravir quelques marches et passer une autre porte. Aussitôt celle-ci franchie, elle entendit les gens chuchoter. Elle savait qu'elle ne ressemblait à rien. Elle avait honte, elle n'était vraiment pas à la hauteur.
Elle croisa peu de personnes. Que des servantes et des serviteurs en fait. Tous firent une révérence et personne ne fit de remarque sur sa tenue.

Renée sortit une clef de sa manche et ouvrit une porte ornée. Alice avait à peine remarqué qu'elle avait quitté les couloirs sombres au profit d'un couloir illuminé et paré de miroirs.

Elle ne se rendait pas vraiment encore compte de là où elle était. La chambre dans laquelle elle entra eu vite fait de le lui rappeler.

Elle était...gigantesque. Un énoooorme lit trônait au milieux. Il était à baldaquin, de fins rideaux beiges tirés et attachés pas des cordelettes dorées. Le couvre-lit, et les coussins, étaient en satin, rouges sang, comme les rideaux. Il y avait un miroir absolument géant sur un mur, à côté. De l'autre côté, près de la table de chevet qui devait coûter aussi cher que la maison dans laquelle elle avait vécu avec ses parents adoptifs, il y avait une chaise, couverte de velours du même rouge que les rideaux, et une bibliothèque remplie de livre à la tranche aussi belle qu'un diamant.

La descente de lui était elle aussi somptueuse, les placards et armoires, n'en parlons pas. Sur le mur de droite, il y avait une autre porte, plus simple que celle de l'entrée de la chambre. Ne parlons pas de la hauteur du plafond qui devait avoisiner les cinq mètres. Derrière cette porte marron clair, il y avait la salle de bain. Gigantesquement immense. Plus grande que sa maison dans la forêt. A elle seule, cette salle d'eau devait faire approximativement deux ou trois fois le prix du village entier d'Alice.

Elle était pourtant d'un style beaucoup plus simple que la chambre, mais elle était si somptueuse... Une très grande baignoire blanche au milieu, tout un mur couvert de miroirs, des meubles, des lavabos, tout, tout, tout était parfait. Ce devait être un rêve. Où était-elle ? Ce n'était sûrement pas la chambre du roi ou de ses parents, alors que devaient être les leurs !

- C'est magnifique, n'est-ce pas ?

- J'ai l'impression d'être une princesse.
- Haha, vous pouvez. Tenez, j'ai sortit votre robe.

Alice se tourna, vit la robe, pâlit et en tomba presque à la renverse. Jamais elle n'avait vu quelque chose d'aussi beau.

- Comme vous pouvez le constater, votre bain est prêt. Ne vous en faites pas, vous rejoindrez Jasper dans moins de deux heures. De toute façon, il est très occupé pour l'instant. Sa disparition à fait s'accumuler son travail. Détendez-vous.
Elle se dévêtit, ne ressentant aucun malaise à laisser sa robe froissée tomber par terre, si ce n'est que cela noircissait le tableau de la somptueuse salle d'eau dans laquelle elle était. Rapidement, plusieurs femmes entrèrent dans la salle de bain. Alice fut à peine étonnée, tout était si étrange, si irréel depuis qu'elle avait quitté l'auberge.

Elle eu le droit à tout : manucure, pédicure, lavage de cheveux, épilation -aïe !-, tout. Quand elle fut sortie, elle n'eut pas le temps de souffler ! Entre les crèmes, le maquillage, la coiffure et le parfum, elle avait la tête qui tournait. On lui mit un corset splendide qui fut serré, serré, serré jusqu'à ce que ses intestins s'échappent. Du moins, c'est l'impression qu'elle avait. Pourtant, elle n'était vraiment pas large ! Finalement il fut un peu désérrée. S'il était resté tel quel, de côté sa taille aurait été invisible !

Ensuite on lui enfila la robe, qui fut longuement lacée dans son dos. Puis on lui mit un collier, des bagues, des boucles d'oreilles et des bracelets qu'elle osait à peine regarder. Or, diamant, argent, pierres précieuses, elle aurait pu ouvrir une bijouterie, rien qu'avec ce qu'elle portait.

Une longue chaine de perle lui fut accrochée dans les cheveux, qui étaient noués de façon indescriptible et pourtant tellement belle.

On lui mit des chaussures à talon, mais elle n'arrivait pas à marcher avec. Comme sa robe lui cachait les pieds, on lui amena des chaussures plates, dans lesquelles elle se sentait beaucoup mieux. Les femmes partirent, et Renée revint. Elle s'émerveilla devant Alice.

- Vous êtes...époustouflante.

- Quelle femme ne le serait pas ainsi vêtue ?

- Aucune femme ne serait aussi belle que vous. Cette tenue vous était destinée. Vous allez faire fondre tous les hommes du château, le...Jasper va être jaloux.

Elle prit Alice par la main et l'entraina dans la chambre.

- N'oubliez pas, tenez vous droite et sortez la poitrine. Regardez-vous...
Alice se regarda dans le miroir mural. Elle cru s'évanouir sur le coup.

La robe était elle aussi rouge sang, en soie, en satin, en tous les tissus précieux inimaginables.
Elle avait un décolleté rectangulaire qui lui faisait avoir une jolie poitrine (vraiment, c'était un exploit !). Le haut des manches démarrait juste en dessous ses épaules. Elles descendaient de façon serrée jusqu'aux poignets et tombaient jusqu'aux genoux d'Alice, beaucoup plus larges. Tout le haut jusqu'à la taille était en velours, à l'exception d'un triangle, de la poitrine jusqu'au ventre d'Alice, plus clair et en elle ne savait trop quoi. Il y avait aussi un laçage sur le "triangle". Ensuite, une jupe cachant de nombreux jupons, descendait somptueusement jusqu'au sol. Dès qu'elle esquissait le moindre mouvement, la jupe scintillait et reflétait la lumière d'une manière presque féérique. Sans parler des bijoux qui brillaient de mille feux. Le collier et les boucles d'oreilles étaient en diamant, simplement -aussi simplement que des diamants puissent êtres- attachés avec de l'or. Les bagues et les bracelets regroupaient des nombreuses pierres violettes, bleus, roses et rouges. Elle était très peu maquillée. Un rouge à lèvre de la couleur de la robe et du noir à cils, avec une ligne noire au dessus de ceux-ci. Et pourtant, elle se trouvait magnifique. Quand à la coiffure ! Des perles partout, savamment entremêlées aux mèches de geai, parfois nattée, parfois torsadées, ramenées sur le haut de la tête comme pour un chignon, mais ce n'en était pas un, enfin, c'était magique.
Ce n'était pas elle qu'Alice voyait dans le miroir. Elle voyait...un ange, une reine, une impératrice ! Une peau d'albâtre et à l'air si doux, si blanc, si pur ! Une allure, une prestance impressionnante.

On était bien loin de la jeune fille frêle pâlotte et mal habillée avec les cheveux en paille qu'elle avait l'habitude de voir dans le miroir. Tout était allé si vite, elle ne s'était rendue compte de rien.

- Non, non, Alice ! Ne pleurez pas, surtout pas !


* La personne concernée par ce délire se reconnaîtra ;)