Résumé : Tim passe la pire journée de sa vie... pour notre plus grand plaisir ! Découvrez les résultats calamiteux de son écriture libre, le complot Abby/Tony contre Vance ou bien le contrat qu'il a dû passer avec Ziva.
Une journée avec l'agent McGee
A touché le fond et pourtant creuse toujours.
Professeur vis à vis d'un élève
.
Les chanceux sont ceux qui arrivent à tout ; les malchanceux, ceux à qui tout arrive.
Eugène Labiche
.
Il y a des jours comme ça où tout va de travers. Il y a des journées où rien ne va, des journées qui sont avec ou sans chance. Et l'agent spécial du N.C.I.S. Timothy McGee commençait à se dire que c'était un jour sans.
Il y avait d'abord eu son réveil qui n'avait pas sonné. Il s'était donc levé à l'heure où, d'habitude, il partait au bureau. Il avait les yeux bouffis de sommeil d'avoir veillé, jusqu'à une heure avancée de la nuit, pour continuer son nouveau roman. Son éditrice le harcelait au téléphone depuis maintenant deux semaines pour qu'il lui fasse parvenir son nouveau chapitre. Il avait dû se résoudre à se mettre au travail, la veille au soir, pour clore ledit chapitre.
Après avoir vainement écouté du jazz et fait de l'écriture libre, dont il avait d'ailleurs détruit le résultat au vu de ce à quoi il avait abouti, il avait tourné en rond pendant plusieurs heures, dans son appartement, à la recherche de l'inspiration. Il s'était résolu à aller se coucher, sans avoir avancé son texte d'une seule ligne, lorsqu'il s'était rendu compte que ses idées sur les personnages de l'agent McGregor et de la laborantine Amy finissaient invariablement d'une façon qui aurait fait pâlir d'envie DiNozzo ou bien d'ahurissement Abby. Bien qu'il soupçonna qu'avant d'avoir eu le temps de le découvrir, de réagir et de faire disparaître son corps, Gibbs se serait chargé de lui à sa manière, certainement aidé de Ziva qui avait plus d'expérience et d'idées sur la façon de tuer quelqu'un avec tout et n'importe quoi. Au mieux, Ducky aurait réussi à le faire interner, et il aurait terminé sa vie bourré de médicaments à chanter en boucle la chanson de Tom Lehrer sur les éléments.
C'était à ce moment là qu'il s'était juré de ne plus boire aucune boisson caféinée après 19H, l'issue étant plus ou moins synonyme de "mort prochaine" dans la plupart des cas. Hors, il tenait à conserver ce qui lui restait encore d'intégrité physique et mentale.
.
Il pensait à cela en s'habillant. Il avait tendance à attirer les "soucis" depuis hier soir. Il n'aurait pas le temps de prendre une douche ni un petit déjeuner. Mais il se dit que, de toute façon, qu'il se soit levé à l'heure n'aurait rien changé au vu du continu goutte à goutte qui lui parvenait aux oreilles de la salle de bain, et de la sensation d'humidité qui ne le quittait pas depuis qu'il avait ouvert les yeux. Il retint un juron en découvrant son appartement en partie inondé et maudit le plombier qui devait passer depuis une semaine pour la "légère fuite" de son lavabo.
Il prévint le concierge de l'immeuble du dégât des eaux en allant vers sa voiture, priant pour qu'elle démarre sans problème, que tout soit réglé à son retour et que Gibbs ne le tue pas à son arrivée. Il demandait un miracle et Dieu était donc le mieux placé pour qu'il l'obtienne.
Il eut envie d'éclater de rire lorsque le moteur rugit et qu'il s'engagea dans le trafic, plutôt conséquent à cette heure, sans rencontrer d'obstacles. Il revit ce jugement à la baisse dès qu'il eut dépassé le bout de la rue et qu'il fut arrêté par un embouteillage monstre de voitures encastrées les unes dans les autres, causé par un dérèglement des feux de signalisation. Il n'était alors qu'au deuxième carrefour.
Dans l'impossibilité de bouger, il envoya un message au bureau pour dire qu'il serait en retard. Il savait qu'en arrivant il aurait droit au regard lourd de sens de Gibbs et aux reproches d'Abby, qu'il devait aider le matin même pour une histoire de logiciel informatique dernier cri qu'elle n'arrivait pas à installer. Le pire restant les moqueries ininterrompues de Tony auxquelles il ne couperait pas. Le tout mis l'un dans l'autre étant vraiment ce qu'il appréhendait le plus.
Quand la route fut enfin dégagée et qu'il put repartir, il osa jeté un œil au tableau de bord afin de consulter l'heure. Il le regretta amèrement et se dit que le temps d'arriver il pourrait directement repartir si la journée continuait ainsi. Il aurait sans doute mieux fait de rester chez lui et de trouver une quelconque excuse pour ne pas venir au boulot.
.
Il arriva enfin au NCIS, et fut aussitôt demandé dans le bureau du directeur pour réparer son ordinateur, qui plantait pour la troisième ce mois-ci. Il supposait qu'Abby n'était pas étrangère à cela. Elle n'avait toujours pas digéré le fait qu'il est séparé l'équipe -c'était dix-huit mois auparavant- et le lui rappelait régulièrement. Tony n'avait vu aucune difficulté à l'aider dans sa démarche et Vance devait encore se demander qui avait acheté cent boites de cure dents à son nom et les avaient fait livrer au bureau.
Ils avaient ralenti après que Gibbs leur ait fait la leçon quand il avait découvert qu'une bimbo siliconée avait demandé à Mme Vance à voir "Léontounet" à son domicile. Sa femme avait alors fait chambre à part pendant plusieurs jours, avant qu'il ne réussisse à la convaincre que tout n'était qu'un coup monté. Il avait ensuite gardé un œil sur DiNozzo, mais n'avait jamais eu de preuves contre lui, ni aucun soupçon envers Abby.
Quand il termina enfin, il était deux heures de l'après-midi et il n'avait toujours rien mangé. Il dut se contenter d'un sandwich acheté au distributeur. À noter qu'il avait dû supplier Ziva de lui faire de la monnaie. Elle n'avait pas appréciée ce qui arrivait à son personnage dans son livre et il avait eu le malheur de dire qu'il avait travaillé dessus en prévenant de son retard. Elle était la seule avec Tony à en avoir et il était totalement proscrit de lui demander quoique ce soit. Il avait déjà de la matière pour ses moqueries, pas la peine d'en rajouter. Avant qu'elle le dépanne de quelques dollars, il avait tout de même dû promettre à la jeune femme de lui faire lire ses prochains chapitres, pour qu'elle l'autorise, ou non, à les inclure dans la version définitive de son prochain roman.
.
En arrivant au labo, un coup de poing dans l'épaule l'accueillit, tandis que la voix d'Abby résonnait dans ses oreilles en le menaçant de tous les maux du monde pour arriver seulement maintenant. Là, il commit la pire erreur de sa vie en lui reprochant d'avoir planté le PC de Vance, et par conséquent de l'avoir obligé à le réparer. L'arrivée impromptue de Gibbs lui sauva la vie et, accessoirement, lui permit de changer de sujet. Le patron n'avait réprimandé la jeune femme que pour la forme, il aurait menti en prétendant ne pas agréer aux frasques des deux compères.
Il passa le reste de son après-midi à installer le logiciel récalcitrant et diverses mises à jour. Chacune nécessitait plusieurs essais car tout ce qu'il tentait avait une fâcheuse tendance à se solder par un échec. Abby en vint même à déclarer qu'il avait le mauvais œil, il fut alors convaincu que c'était désespérément une journée sans.
Il fut infiniment soulagé lorsque Gibbs les autorisa à partir. Il avait le moral frisant le zéro absolu, le dernier acte de cette tragédie étant la somme astronomique qu'il allait devoir débourser, non pas pour réparer, mais pour changer la totalité de la plomberie de son appartement.
Il ouvrait sa voiture lorsque une tornade brune se jeta sur lui et l'enlaça. Claquant deux bises sonores sur ses joues, Abby lui glissa "un merci pour ton aide" à l'oreille et s'éloigna en lui laissant un sourire béat sur les lèvres. Finalement ce n'était peut-être pas une si mauvaise journée que ça...
