Titre : Douleurs et amour
Genre : UA, angst (pour le début de l'histoire uniquement), romance, mignon et… Yaoi !
Rating : M
Paring : RoyEd.
Résumé : Edward est un enfant de 11 ans heureux et plein de vie. Ses parents lui ont dit, comme les parents des autres enfants l'ont dit aux leurs, qu'il ne faut pas quitter leur village caché dans les montagnes car des « méchantes » personnes vont les emmener dans un autre pays, peut être même sur un autre continent.
Mais Ed étant Ed, il n'écoute rien et va jouer dans la plaine. Et là évidement il se fait prendre par les marchands d'esclaves dont les chefs sont Archer et Kimbley.
Disclaimer : Pas à moi mais à la petite vache !
Commentaire : Eum... Petit oublie de la semaine dernière que je répare maintenant... Je voulais être sûre de l'orthographe avant xD
Réponse aux commentaires :
Melli-mello : Et oui ! La patience est récompensée :D Pour savoir ce qu'il arrive à Edward, il faut lire ce chapitre !
Sabine02 : Il n'y aurait pas d'histoire sinon =)
Matsuyama : Aussitôt demandée, aussi tôt postée (même s'il y a une semaine de retard !)
Lovnis : J'adore coupé dans les moments intéressants, ceux qui vous tiennent en haleine (on me le fait tout le temps alors je me venge sur vous xD) Beaucoup de fautes parce que je l'ai rapidement écrit et posté, sans prendre la peine de le relire =) Voilà pourquoi ce chapitre a une semaine de retard !
Manaji : Contente que tu raffoles toujours autant :D Voici la suite !
Basilic-Edofanart : Ho, nouveau lecteur ! (ou bien lectrice ?) Contente que cette fic te plaisent ! Pourquoi ils le maltraitent à ce point ? Tu trouveras la réponse à ta question dans ce chapitre !
LicyLie : Il va te falloir lire ce chapitre pour savoir !
Mama : Voilà la suite !
Anamaelia : S'il ne s'en sortait pas, quel serait l'intérêt de l'histoire ? =D
Chapitre 3 : Les lettres
Quand il s'était réveillé, Edward s'était longuement demandé où il se trouvait : tout était complètement différent de sa cage miteuse. Tout d'abord, il était dans un lit. Un lit chaud et moelleux. Il se trouvait dans une jolie chambre aux murs clairs, une chambre d'enfant.
« Se pourrait-il que tout n'ait été qu'un rêve ? », songea l'enfant.
Mais les douleurs qui lui vrillèrent le corps lui firent rapidement comprendre que non, tout avait été réel.
« Aurais-je été vendu sans m'en rendre compte ? », Edward ne se souvenait que de très partiellement du client dont il avait du s'occuper avant… Il tressaillit, comme de légers souvenirs des violents coups subits avant de sombrer dans l'inconscience lui revinrent en mémoire.
Un bruit le fit soudain sursauter et, tournant sa tête en direction de l'unique porte de la chambre, il constata avec effroi qu'elle s'ouvrait, laissant place à une jeune femme blond aux yeux ambre.
« Ho, tu es enfin réveillé ! Quelle peur tu nous as fait mon petit. », sourit-elle.
Edward garda le silence. Il ne savait comment agir. Était-ce son nouveau maître ? Qu'attendait-elle de lui ? Et s'il faisait la moindre bêtise, recevrait-il le fouet ? Lorsqu'il la vit s'approcher, ses yeux s'écarquillèrent d'effroi et son pouls s'accéléra. Il ne se souvenait même pas avoir fait quoi que ce soit de travers ! Où alors le silence était le problème… Il sentit soudain une main se posa sur le haut de sa tête, et commencer de douces et apaisantes caresses.
« Tu n'as rien à craindre. Mon ami, Roy, t'as sauvé. Plus jamais tu ne subiras ça. Plus jamais. »
« Est-ce une nouvelle tactique ? », Edward se raidit dans l'étreinte que lui donna la jeune femme. Et si c'était un jeu où elle savourerait lui donner le fouet par la suite ?
Le cinglant souvenir du fouet sur sa peau le fit tressaillir et des larmes perlèrent au coin de ses yeux. La jeune femme le vit et s'empressa de les essuyer rapidement, le forçant à relever la tête par la même occasion. Une fois fait, elle sourit tristement à l'égard de l'enfant :
« Je te le jure. Tout ce cauchemar est terminé. Plus jamais tu ne recevras le fouet… Plus jamais tu ne seras traité comme un esclave. C'est une promesse. »
Les yeux d'Edward se remplirent à nouveau de larmes, mais cette fois elles étaient dues à la joie. Il ne savait toujours pas dire si elle était sincère mais ses mots… Il avait décidé de les apprécier, d'y croire, et tant pis s'il s'avérait, plus tard, que tout n'était que copieux mensonge : il aurait eu, pour la première fois en un an, le premier rêve de sa vie.
Un nouveau bruit se fit entendre du côté de la porte et un homme blond aux yeux bleus, vêtu d'une blouse blanche entra. « Tant pis ! », se dit Edward, « Le rêve aura été bien trop court… »
« Bonjour mon petit. », salua l'homme, « Je suis Jean Havoc, le mari de cette charmante dame et celui qui te soignera jusqu'à ce que tu sois prêt à travailler pour Roy.
« Ho, suis-je bête. Je ne me suis pas présentée ! Riza Hawkeye. Et toi ? », demanda gentiment la blonde.
« E-Edward… »
Alors ils lui expliquèrent tout. Ce qui lui était arrivé, qui l'avait sauvé, ce qu'il allait maintenant lui arrivé, sa faible condition.
« Alors… Jusqu'à ce que j'aille bien, je vais rester avec vous avant d'aller à mon maître ? »
« Pas ton maître, Edward. Ton employeur. C'est une grande différence. Tu comprendras plus tard », ajouta-t-elle en riant, face au visage confus de l'enfant.
« Tu ne partiras pas auprès de lui tant que tu ne seras pas complètement soigné. Tu es malade et lui comme nous, on veut t'aider à guérir et à oublier ce que tu as subi. »
Le petit blond fronça à nouveau les sourcils. Plus de fouet ? Plus de coups et de gros mots à son égard ? Il se pinça le bras, histoire de s'assurer qu'il ne rêvait pas. Jean et Riza le virent et rirent silencieusement.
Les jours qui suivirent, Ed resta dans une constante méfiance. Un rêve, un cauchemar, il ne savait encore dire. Mais bientôt, les mois passèrent et Edward finit par comprendre que jamais, ô plus jamais il ne sentira le fouet sur sa peau ni les insultes et les coups. Ce temps était révolu : il cédait désormais sa place à un bonheur sans pareil.
Alors il apprécia chaque moment : les leçons d'écriture, de lecture et de calcul de Riza, les leçons d'équitation de Jean, l'apprentissage des corvées quotidiennes (« Un garçon qui sait faire le ménage attirera beaucoup de femmes ! », lui avait-il dit en riant).
Bien évidemment, il lui était difficile d'oublier ce qu'il avait subi. La première fois qu'il vit le fouet dans l'écurie, il hurla de terreur et ce ne fut que lorsque Jean brûla l'objet devant ses yeux que ses larmes cessèrent de couler.
Et alors, un jour, elles débarquèrent… Les lettres de Roy Mustang.
Chaque mois, il en arrivait une nouvelle. Chaque mois, elle était accompagnée d'un cadeau. Cela pouvait aller du simple stylobille aux plus beaux vêtements.
Dans ces lettres, l'homme, son sauveur, lui demandait de ses nouvelles. Il lui racontait tout : son ambition, ses rêves, ses longues et ennuyeuses journées et, surtout, la nouvelle secrétaire qui changeait chaque mois.
« Mais pourquoi est-ce qu'il n'engage que des pimbêches, aussi ? », se demanda l'adolescent, désormais âgé de seize ans.
Il s'était aussi demandé comment un homme aussi important que Roy Mustang, aux ambitions aussi hautes, pouvaient se permettre de parler librement de ce pourrait être considéré comme ses points faibles si une personne malhonnête mettait la main sur ces lettres.
Il avait alors appris de Riza et de Jean, le couple qui prenait soin de lui, que le Général de Brigade Roy Mustang ne s'entourait que de gens de confiance. Qu'il n'y avait donc aucun risque pour les lettres.
Alors Edward répondait. Il lui racontait tout, comme l'homme le faisait avec lui : au début, il lui parlait de ses cauchemars, de ce qu'il l'effrayait. Par la suite, l'homme lui demandait de lui parler de sa famille et, bien que très triste, Edward lui racontait avec joie tout ce dont il se souvenait, particulièrement ses bêtises d'enfant.
Ensuite, comme l'adolescence arrivait, les conversations étaient devenues plus intimes. L'amour était particulièrement un sujet qu'ils évoquaient souvent. Surtout depuis cette fois où…
x-X-x
« Cher Roy,
Aujourd'hui, à l'école, une fille est venue et m'a tendu une lettre. Je ne savais vraiment pas quoi faire. Alors je l'ai lu et j'ai rougi comme j'ai compris : elle m'aimait bien et voulait sortir avec moi. Mais moi, je ne la connais pas. Comment puis-je savoir si je l'aime de cette manière ? […] »
x-X-x
« Cher Edward,
Aurais-tu enfin grandi ? (le blond avait poussé un grand coup de rage quand il avait lu ça). Tu vas avoir quinze ans bientôt, alors je suppose que ce ne devrait pas être étonnant. Tu es devenu un très beau jeune homme, d'après la photo envoyée le mois dernier. Il est donc normal que les filles s'intéressent à toi, même si elles ne te connaissent pas. Tu ne sauras jamais si tu l'aimes à moins d'essayer, Edward. Par la suite, seul l'expérience et la connaissance des filles te permettront de savoir… »
x-X-x
A l'évocation de cette lettre, Ed sourit, amusé. Riza avait téléphoné à Roy le jour même. Beuglant, elle lui interdisait formellement d'essayer de transformer 'son garçon' en véritable coureur de jupons.
Mais Ed, lui, avait malgré tout tenté le coup. Il avait accepté de sortir avec la jeune fille en question. Et les mois s'écoulèrent paisiblement, sans qu'Edward ne puisse trouver réponse à sa question.
Jusqu'au jour où…
x-X-x
« Cher Roy,
Aujourd'hui, je vais à la plage avec Rose (la fille qui m'a donné sa lettre). Je pense pouvoir affirmer avec certitude que je l'aime beaucoup. Elle est très gentille et nous passons beaucoup de bons moments […]
x-X-x
[…]Roy… Rose ne veut plus me voir. Elle m'a dit qu'elle ne voulait plus que nous restions ensemble. Elle m'aime bien, elle me l'a dit. Mais elle a rajouté qu'elle ne sortait qu'avec de beaux et gentils garçons. Honnêtement, je ne comprends pas. Tout se passait très bien, pourtant. On est partis à la plage, on s'est mis en maillot pour pouvoir aller dans l'eau… Et c'est là qu'elle m'a dit ces choses étranges. Je suis retourné à la maison, confus. Et c'est quand je me suis souvenu de ses paroles, de ce qu'elle avait voulu dire, ainsi que de ses paroles à lui. Et tous ont raison. Je ne suis pas beau, ni ne suis gentil. Maître Archer avait raison : seuls les méchants méritent qu'on les marque au fouet…
x-X-x
Ed ne se rappelait que trop bien de cette journée. C'était à partir de ce jour-là que ces cicatrices, présentent particulièrement dans le dos, lui étaient devenues insupportables. Ses cauchemars, qui s'étaient apaisés avec le temps, étaient revenus en force, le rendant incapable de dormir.
A l'époque, Jean avait fermement interdit Edward de toucher aux somnifères. « On ne réglait pas les mauvais souvenirs par des médicaments ! », avait-il déclaré d'un ton ferme.
Seule la réconfortante lettre de Roy avait pu aider le blond à se sortir de sa dépression. Il avait appris à ignorer les regards et que si une fille n'était pas capable de voir sa beauté intérieure, alors cette fille n'était absolument pas faite pour lui.
Les cauchemars s'étaient alors estompés à nouveau et Edward n'avait gardé comme séquelles que le refus de montrer son corps à quiconque, même à Jean lors des occasionnelles visites de contrôle.
L'adolescent chérissait vraiment les lettres qu'il recevait, même s'il appréciait moyennement l'idée d'appartenir à quelqu'un. Elles étaient sources de réconfort et, en plus, elles lui permettaient de mieux apprendre à connaître son employeur, comme Roy aimait se faire appeler.
Le blond se rappelait aussi de ça. Au début, il commençait toujours ses lettres par « Maître Mustang ». Ensuite, il en était arrivé à « Maître Roy » et, enfin, « Roy », tout court. Et ce changement n'avait rien à voir avec les nombreuses 'menaces' du brun. Il avait juste appris à lui faire de plus en plus confiance, à considérer l'homme comme… comme un ami.
« Edward ! Une nouvelle lettre pour toi ! »
Ed sortit de sa transe et s'élança rapidement en dehors de sa chambre. Il dévala les escaliers et, une fois en bas, il s'arrêta pour reprendre son souffle. Ensuite, il se dirigea vers le salon où Riza l'attendait.
« 15 secondes et 27 centièmes… Un record. », sourit-elle avec une grimace moqueuse.
Le blond rougit.
« Ce-c'est pas comme si j'attendais les lettres de ce bâtard avec impatience ! »
« Et d'une telle mauvaise foi, aussi. », elle partit d'un grand éclat de rire, agitant la lettre sous le nez de l'adolescent, « Et bien, puisque tu n'es pas intéressé, je peux tout aussi bien la jeter, non ? »
« NON ! Euh… Je veux dire… Je.. », dépité, le blond baissa son visage, laissant ses longs cheveux dorés recouvrir ses joues rouges.
Riza sourit tendrement avant de lui donner la lettre. Immédiatement, les yeux dorés du garçon s'émerveillèrent. Jamais il n'avouerait combien recevoir ces lettres lui faisait plaisir, il était trop têtu.
« Ca tombe bien. », pensa-t-elle, « Lui aussi est très têtu et refuse d'avouer que les lettres d'Edward lui font tout autant plaisir ! »
Ravie, elle voulut cependant taquiner le garçon mais celui-ci, trop absorbé dans l'observation de sa lettre, ne la vit pas venir. Ce qui devait arriver… se produisit !
« NOOOON ! », il la repoussa violemment et la blonde s'écrasa lourdement au sol, trop surprise que pour se réceptionner correctement. Elle se releva tant bien que mal et dut se tenir le poignet gauche, une légère grimace de douleur s'affichant sur son visage.
« J'ai du me le fouler… », pensa-t-elle.
« Je… Je ne voulais pas… », Edward était effrayé. Ses yeux se perlèrent de larmes et il commença à hoqueter.
« Ce n'est rien, Edo. », sourit doucement Riza, « Je n'aurais pas du te surprendre. Ce n'était pas malin de ma part. »
Mais rien ne put enlever la culpabilité dans les yeux dorés du garçon.
« Je suis désolé ! », et Edward se tourna avant de détaler dans sa chambre, claquant violemment la porte.
Riza soupira et se releva, se tenant toujours le poignet. Son mari entra à ce moment-là.
« J'avais bien prévenu Roy… Malgré tout l'amour qu'on pourra lui apporter, les souvenirs de cette année passée auprès de ses monstres sont encore bien trop présents dans sa tête.
« Ca ne fait que quatre ans qu'il a été sortir de ce calvaire, Jean. Il faut savoir laisser le temps au temps. »
« Mais Roy viendra le chercher le jour de son dix-septième anniversaire. C'est dans six mois, Riz'. »
« Même trente ans ne serait pas suffisant pour lui faire oublier, Jean, et tu le sais. C'est ta faute que d'avoir dit à Roy qu'Edward était prêt ! »
« Physiquement, il l'est ! Mentalement aussi. Ce sont juste les gestes brusques et tout ce qui ressemble de près ou de loin à un fouet qui l'effraie. », rétorqua le médecin.
« Mais tu oublies les cicatrices sur son corps, Jean. Il ne les supporte pas ! »
« De toute façon, Roy ne peut plus attendre longtemps et tu le sais. Il a déjà accumulé beaucoup de retards. Il ne peut plus se le permettre. Il a besoin d'Edward. Sois déjà chanceuse que j'ai pu retarder l'échéance pour le jour de ses dix-sept ans ! »
« Excuse-moi, Jean… Je sais que Roy le traitera bien, comme une personne libre : il aura un travail, il sera payé… Il sera aussi nourri et logé. Mais je le vois bien, tu sais, qu'Edward n'est pas heureux. Sa famille lui manque. Souvent, quand il pense que personne ne le regarde, il s'accoude à la fenêtre et son regard se perd dans le vide... »
« Et que veux-tu y faire, Riza ? Sa famille vivait dans un village caché dans les montagnes, à l'Est. Roy s'est renseigné grâce à Maes. »
« Que veux-tu dire… vivait ? Ils sont partis ? »
« Je ne sais pas, Riz'. Il n'y a aucune trace d'eux nulle part. C'est comme si…. Comme si ils avaient disparus de la circulation. »
Riza soupira. Et Ed, maintenant… Le jour de son quinzième anniversaire, il avait reçu la promesse de Roy qu'il pourrait revoir sa famille. Et quotidiennement, le blond demandait des nouvelles des avancées des recherches. Et quotidiennement, il était déçu.
« Allons te soigner ça, Riza. » Jean lui prit délicatement le poignet blessé et encercla sa taille de son autre main. Il l'amena dans son cabinet médical qui contenait tout le matériel nécessaire.
De son côté, Edward, haletant, les joues parcourues de larmes, s'adossa contre la porte. Il l'avait encore fait…
Ce n'était pas la première fois qu'il blessait Riza dans un geste inné d'auto-défense. Et à chaque fois, il était pris d'horribles remords. Il avait tout essayé pour oublier. Mais il lui suffisait d'être pris par surprise ou bien qu'un geste brusque soit fait à son encontre pour que les cauchemars de cette année passée auprès des marchands d'esclaves ne remontent à la surface, l'opprimant dans une terreur sans fin.
« Même de simples cravaches me terrifient… », le blond eut un sourire amer à cette pensée.
Prenant son courage à deux mains, il inspira un grand coup, voulant taire le hoquet qui le prenait chaque fois qu'il pleurait. Il effaça ensuite les trainées de larmes de ses yeux et attarda son regard sur la lettre encore enveloppée et cachetée à la cire rouge.
« Mon seul réconfort… ». Il bénit encore une fois Riza et Jean de lui avoir permit de réapprendre à lire et à écrire. Les lettres de Roy étaient son seul salut, la seule chose qui lui permettait de cesser de penser à ce qu'il avait subi.
La première année qui avait suivi son arrivé en ces lieux, Edward avait passé énormément de temps couché dans un lit. Sûr, de temps en temps, Riza ou Jean l'emmenait prendre l'air mais ce n'était pas assez pour le garçon qui avait toujours eu la bougeotte. Alors, ils avaient commencé à l'enseigner sur diverses choses.
D'abord, ils lui avaient réappris à lire, à écrire et à calculer. Et quand le blond avait finalement pu quitter son lit, ils lui avaient appris à soigner et à montrer les cheveux qu'ils possédaient. Cela avait beaucoup amusé le garçon : les chevaux lui avait véritablement permis de penser à autre chose, de se sentir véritablement aimé. Il avait donc pu, dès lors, se rapprocher du couple et leur faire de plus en plus confiance.
Et ensuite… Ensuite les lettres de Roy étaient arrivées. D'après Riza, il avait attendu un an pour lui écrire car il voulait être sûr qu'Edward soit en état de les lire tout seul, sans aucune autre présence.
Et ici, quatre ans plus tard, les lettres arrivaient toujours mensuellement. Parfois, cependant, il arrivait qu'Edward reçoivent deux lettres au lieu d'une sur le mois. Tout dépendait des événements qui avaient eu lieu autant chez Roy que chez Edward.
Et même lorsqu'Ed avait pu aller à l'école, qu'il avait été fort pris dans ses études… Les lettres du Général de Brigade Roy Mustang étaient restées son occupation première, l'amenant parfois à délaisser ses devoirs et ses leçons.
Il s'assit sur son lit, calant son oreiller entre son dos et le mur fort proche. Il décacheta précautionneusement l'enveloppe, l'ouvrit et extirpa délicatement la lettre.
Hoquetant encore légèrement, ses yeux parcoururent avec intensité le contenu du papier. Par moment, ses lèvres s'étirèrent en un sourire. Il y eut également un moment où ses yeux s'emplir de douleurs. Edward dut alors suspendre la lecture, pensant douloureusement à sa famille qui, d'après la lettre, il ne reverrait probablement plus jamais. Ensuite, la curiosité l'emportant sur la douleur, il reprit la lecture.
Quelques minutes plus tard, la lecture finie, ses lèvres s'étirèrent en un grand sourire. Enfin, il allait pouvoir rencontrer son sauveur.
Edward avait énormément de questions concernant l'homme. A quoi ressemblait-il ? Qu'aimait-il ? Que détestait-il ? Sûr, Jean lui avait, une fois, montré une photo de l'homme mais c'était il y a quatre let la photo datait depuis un moment aussi…
Six mois… il ne restait plus que six mois avant qu'il ne puisse le rencontrer. En attendant, Edward avait beaucoup de choses à faire. En commençant par se faire pardonner de Riza même s'il savait que c'était déjà fait.
Il plaça la lettre sous son oreiller avec grand soin : il la lirait encore ce soir et écrirait alors une réponse demain.
Il quitta ensuite sa chambre avant qu'une douce odeur ne l'extirpe de ses pensées.
« Du poulet rôti ! », pensa le garçon avec ravissement.
Celui qui, un jour, avait écrit que le bonheur d'un homme commençait avec son estomac recevait quotidiennement la bénédiction totale d'Edward…
x-X-x
« Cher Edward,
Comment vas-tu depuis ta dernière lettre ? Je m'excuse du retard. Un Général est beaucoup demandé. Particulièrement ces derniers temps à cause de… Je m'égare.
Comment tu t'en doutes, je suis actuellement à la recherche d'une nouvelle secrétaire. La dernière, Rose-Marie, est partie hier. Cette fois, je jure que je n'y suis pour rien : elle n'était même pas jolie donc, je n'ai eu aucune raison de la draguer. Ou alors, peut-être était-ce le souci, justement… Je ne saurai sans doute jamais. Et puis, c'est pas comme si j'allais parcourir tout Central pour la retrouver et avoir ma réponse : nous ne sommes pas dans un film romantique, que Diable…
Mais cessons un peu de parler de moi et revenons-en à toi. Manges-tu correctement ? Et ton lait quotidien ? J'espère que, cette fois, tu auras réussi à grandir de 2mm. Seigneur, ça doit te paraître bien grand.
Pour revenir sur un sujet plus sérieux.. J'ai, comme promis, mené des recherches pour prendre contact avec ta famille et leur dire que tu vas bien. Honnêtement, je ne sais pas comment m'y prendre avec ce genre de choses alors ma prochaine phrase va être très maladroite à dire… J'ai retrouvé le village et y ai envoyé des hommes. Mais ceux-ci me sont revenus bredouille. Le village est, pour une raison que j'ignore encore, complètement à l'abandon. Il ne reste plus personne. Et sans témoins… Je ne peux garantir de retrouver la trace de ta famille, Edward. Mes plus sincères excuses.
Bien sûr, cela ne veut pas dire que j'abandonne les recherches. Là où il y a de la vie, il y a de l'espoir. Nous les retrouvons, Ed, alors ne désespère pas.
En attendant, et histoire de finir sur une note plus joyeuse, je t'annonce que, suite à un accord avec Jean, je viendrai te chercher dans six mois, à l'occasion de ton dix-septième anniversaire.
Soit donc prêt, Edward.
Amitié,
Roy Mustang. »
