Hiiiiiiiii biiiiiiitcheeeeeeees (hm. Je devrais arrêter de dire ça tout le temps. Irl et ici. Well...)

Je suis un peu en retard ('fin techniquement on est toujours lundi, mais il est tard, quoi), mais je tiens à remercier tout le monde pour vos merveilleuses reviews. Argh je vous aime. Je vais donc, parce que apparemment je ne suis pas encore assez en retard, répondre individuellement à vos reviews au début de ce chapitre. Pour avoir moins l'air de les considérer comme acquises. Je ne les considère pas comme acquises, et vos compliments me touchent toujours énormément.

Wymo : Divinité? Sérieusement? Je suis juste un humain très paresseux et trop passionné. Mais merci^^ Ouaaaayyyy, j'ai hésité aussi à mettre "Sherlock émotif" dans le résumé, précisément parce que je craignais de repousser des lecteurs (ou de décevoir ceux qui viendraient jeter un œil avec dans l'idée de trouver de l'eau de rose?). Je prends bonne note de ton conseil (ne fais pas de mal à mes feeeesses T.T).

Mégara : Je comprends ton hésitation à commenter (j'ai moi-même connu ce drame :p ) et je suis d'autant plus contente d'avoir mérité ton commentaire^^ Merci d'avoir remarqué le soin que je porte à écrire ce que tu appelles des "phrases choc". Je cherche en effet à atteindre un style minimaliste. Des fois ça marche, des fois pas. Sherlock est un super matériau pour développer ce style parce que, avouons-le, ça lui va tellement BIEN. Pour la forme (petits paragraphes nombreux), je dois avouer que ça s'est fait tout seul : au départ, cette fic devait simplement être une mise à l'écrit de petites idées éparses. Une idée en appelait une autre, mais comme mon imagination gambadait gayment je n'avais pas vraiment l'envie de relier les épisodes les uns aux autres. Ce ne devait pas être une histoire. Puis ça a donné un truc pas mal, que j'ai un peu retravaillé et posté ici^^ Quand tu dis "ton Sherlock est un martyr", j'ai juste envie de crier "OUI". He's a fucking genius, a hero, a freak, a drama queen, a martyr. Il est tant de trucs et on l'aime pour tout ça ! Et je suis contente que ma promesse d'happy end t'a encouragée à lire ma fic ! Je précise toujours ce genre de choses, je sais à quel point ça fait mal des fins dramatiques imprévues :/ Eeeeet je clorais cette longue réponse par : tu n'as peut-être pas tort, peut-être que Sherlock idéalise Julia. Je n'y ai pas vraiment pensé. A méditer...

Naamyon : On peut techniquement parler d'intrigue. Même si tout le monde sait qu'il ne se passe pas grand chose xD Merci beaucoup pour ta review, j'espère que la suite te plaira tout autant :D

1 : Merci (ou plutôt "de rien" puisque tu me remercies... :p) J'espère que la suite saura répondre à tes questions de manière satisfaisante... et j'espère que si ce n'est pas le cas, tu auras au moins apprécié le voyage ^^

Glasgow : De rien, tout le plaisir est pour moi :p Et j'assume totalement mon amour de la lenteur en ce qui concerne les descriptions des relations humaines^^

Clelia Kerlais : J'hésite entre être contente de savoir susciter ce genre d'émotions seulement grâce à l'écriture et être désolée de faire du mal aux gens comme ça... hm, non en fait je suis contente. Héhéhéhé.

Lyra64 : Des fois, gagatiser c'est bien tu sais^^ J'aime que tu aimes ma façon de décrire la psychologie des personnages, et j'aime que tu penses comme moi que le soutien de Sherlock au mariage cache quelque chose... huhuuhuhu. C'est assez marrant, plusieurs personnes ont identifié le fait que John rie avec des personnes autres que Sherlock comme une "façade" qu'il ne laisserait tomber que face à Sherlock. Je n'y avais pas pensé. C'est un point de vue intéressant, mais ce n'était pas ma volonté première. Je ne pense pas que ce soit une façade complète : il ne "ment" pas, il rit sérieusement, il commence réellement à redevenir heureux. Juste pas avec Sherlock, pour des raisons que j'essaie vaguement de préciser par la suite. Comment dire... il se remet doucement, parfois il va bien, parfois pas. S'il n'est "que" triste lorsqu'il est avec Sherlock, c'est probablement parce qu'il lui rappelle Mary. Ou pour d'autres raisons. Et dans ces raisons, il pourrait y avoir une part de "sincérité. Il ne parvient pas à laisser les moments où il se sent redevenir courageux cacher ceux où il se sent mal, parce que face à Sherlock il est incapable de dissimulation. Je ne sais pas. J'avoue que dans ce genre de situation, j'écris souvent à l'instinct sans tout analyser. En gros, interprète comme tu veux, moi-même je sais pas trop ce que John ressent. Haha, so not serious. Pour Stairway, et pour expliquer les choses simplement, je l'ai retirée pour éviter d'attirer de nouveaux lecteurs vers une histoire incomplète. Sorry D: Mh, par rapport à ta dernière remarque... la fic ne devient pas plus sympathique tout de suite... mais ça viendra, promis, garde-moi dans tes favoris pliiiiize !

Eimtivy : Je fais partie de ceux qui croient que Moffat et Gatiss ne font pas du gaybaiting en restant ambigus, mais font en fait du straightbaiting. Je crois qu'ils vont nous surprendre à un moment donné, en reprenant tous ces éléments qui étaient ambigus et en faire quelque chose de pas ambigu du tout. Johnlock sera canon, et ceux qui disaient "non, c'était pour rire" seront déçus en voyant que non, ils n'étaient pas hétéros. Et c'est peut-être une illusion, mais je pense qu'ils ont plus à gagner en agissant de la sorte qu'en continuant à l'infini à jouer sur ce ressort ridicule et vaguement homophobe de "hahaha but NO HOMO". Je m'emporte... Mais j'aime ton analyse, et de ma fic, et des autres ("Oh mon dieu John je t'aime depuis le premier jour où tu m'as prêté ton téléphone portable, marrions nous et ayons 56 enfants ensembles !" haha). Brefeuh merci :D

Sanashiya : Oh god. Ta review est tellement longue. En vrac : merci, pardon, oui il faudrait clairement que John VOIE ce qu'il se passe dans la tête de Sherlock (tant dans cette fic que dans la série), euh non y a pas de lien entre Julia dormant et Mary morte (quoique je me rends compte que ma formulation était très maladroite. Hm. C'était censé être une image positive...). Ne sois pas jalouse, je suis une grande fan de ton style o/ Bref on se reverra quand on se reverra, bonnes vacances sans moi snif snif...

Shirayuki san : Reine? Hahahahahahano. Tu me fous la pression, tu le sais? Mais merci -^^- J'adore ton analyse de mon texte parce qu'il montre à quel point j'ai su me faire comprendre. Je crois que c'est un des trucs les plus satisfaisants, pour un auteur, que de voir que les efforts qu'on a déployés pour travailler la forme, le fond, la structure d'un texte, ses personnages et ses ambiances, que tous ces efforts sont récompensés. Merci. Et n'hésite pas à reviewer à nouveau, j'aime les stalkers, mais j'aime aussi les fans avec qui on peut discuter :p

Miss Osaki : Hihi merci^^ On a tous envie de le serrer dans nos bras, je crois...

Mino Mistake : Ah. Londres. J'y suis allée aussiiiii :D Merci pour ton commentaire, et désolée de t'avoir rendue triste (ou pas trolololo). J'espère que la suite te sortira un peu des ténèbres de ta perplexité. Un peu. Héhé.


Bonne lecture mes poulets o/

Chapitre 4

Colder

Un matin, Sherlock s'aperçut que Mary était morte depuis un an. Il enfila un costume, acheta des lilas et prit le chemin du cimetière.

Les lilas avaient une existence qu'on pouvait considérer comme tragique : des fleurs à l'espérance de vie très courte qui commençaient déjà à se flétrir avant d'avoir atteint leur pleine maturité. La minuscule part irrationnelle qui survivait parfois en lui regretta d'avoir placé le mariage de John et Mary sous le signe d'une fleur si pathétique.

Il retrouva sans difficulté la tombe de Mary, bien qu'il n'y soit plus venu depuis un an.

John y était déjà, avec Julia, adorable dans une robe rouge. C'était presque l'été.

Il se plaça à côté d'eux sans un mot, maladroit et encombré avec son bouquet qu'il posa contre la pierre tombale.

-Papa je m'ennuie, chuchota Julia.

John ne répondit pas. Sherlock se chargea de prendre la main de Julia pour se promener avec elle entre les tombes et les ifs.

Lorsqu'ils furent suffisamment loin, elle commença à parler.

-Elle était comment, ma maman ? Papa il en parle jamais.

-Elle était comme toi. Blonde, intelligente. Charmante, d'une certaine façon. Drôle.

-Pourquoi elle est morte ?

C'était la première fois qu'il entendait ce mot prononcé par Julia. C'était triste.

-Elle est tombée malade. Ça arrive souvent.

Il se rendit compte que ce n'était pas les mots les plus délicats à dire à une fillette. Mais il semblait que Julia avait compris que si elle voulait la vérité brute, c'était à lui qu'elle devait s'adresser. Elle ne paraissait pas bouleversée par son manque de tact.

Il s'accroupit face à elle, pour être au même niveau que ses yeux. Elle réfléchissait. Elle était étonnamment intelligente pour son âge.

-Elle aimait Papa ?

-Oui. Beaucoup. Elle aurait fait des folies pour lui.

-« Folies » ?

-Des… grosses bêtises. Elle en a fait.

-Elle était méchante ?

-Non.

La réponse avait fusé plus vite qu'il ne l'aurait voulu. Non. Non, elle n'était pas méchante. Elle était perdue et paniquée, elle avait fait beaucoup d'erreurs, et il en avait fait autant qu'elle. Parce que l'amour rend idiot et imprudent.

-Elle m'aimait ?

-Plus que tout.

-Tu l'aimais ?

La question de l'amour semblait prépondérante dans l'esprit de Julia. Une sorte d'obsession, de quête de sens. Une quête que lui-même avait abandonnée à peu près au même âge.

Il ne savait pas quoi répondre.

-… oui.

-Et elle-

-Tout le monde s'aime, d'accord ? s'impatienta-t-il.

Elle sourit, ravie.

-Alors, Papa, il t'aime ? demanda-t-elle avec ferveur.

Il sentit son visage se décomposer brièvement. Il ne s'y attendait pas réellement.

-Probablement pas.

-Ça veut dire quoi « pobalement » ?

-Probablement. Ça veut dire que les probabilités sont plus fortes pour qu'il ne m'aime pas que pour qu'il m'aime.

Il s'aperçut qu'elle n'avait sans doute toujours pas compris. Il sortit une pièce d'une livre de sa poche.

-Quand tu lances une pièce, il y a autant de probabilités pour qu'elle retombe sur le côté face que sur le côté pile. La tête de la vieille dame, c'est si ton père m'aime-

-C'est la reine Elizabeth, t'es bête ! s'esclaffa Julia.

En voyant le regard noir de Sherlock, elle se tut et continua de l'écouter.

-L'autre côté, c'est s'il ne m'aime pas. Quand je lance la pièce, soit elle tombe sur un côté, soit sur l'autre. Il n'y a que deux côtés, donc il y a autant de probabilités pour qu'il m'aime que pour qu'il ne m'aime pas.

Elle acquiesça.

-Dans la réalité, ma pièce est truquée et elle ne tombe jamais du côté de la reine.

-Moi je t'aime.

Il posa la main sur son crâne en se forçant à sourire et lui donna la pièce. Elle la lança aussitôt dans les airs. Il ne vit pas sur quelle face elle était tombée.

-Et toi ? Tu aimes Papa ?

Il était de nouveau debout et il regardait John au loin.

-Oui.

.

.

.

.

.

L'anniversaire de John se rapprochait. Il n'était plus venu à Baker Street depuis trois semaines. Lestrade avait forcé Sherlock à prendre quelques jours de congé après un « incident ». Un suspect avait failli l'égorger.

Y était plus ou moins parvenu.

Une nouvelle cicatrice soulignait sa pomme d'Adam.

Il la regardait dans le miroir de la salle de bain et la trouvait moins terrible que celle sous son sternum. Il ressemblait de plus en plus à un vieux pirate.

Il était vrai qu'il se faisait vieux. La quarantaine pardonne rarement aux hommes pratiquant activement tabagisme, cocaïnomanie, insomnies, troubles alimentaires, altercations à armes blanches et à armes à feu… La liste était longue, la vie était courte, et il s'aperçut que son désir de survivre était beaucoup plus faible qu'il ne le pensait.

Il repensa au Major Sholto. A Moriarty qui hurlait des insanités depuis le fond de sa chambre matelassée.

Il devait trouver un cadeau d'anniversaire. C'était l'été. John ne partait jamais en vacances. Un billet pour l'Italie, Venise. John aimait Venise, comme tous les romantiques. Deux billets. Julia aimerait. Mary aurait aimé.

Il imprima les deux billets d'avion et la réservation pour la chambre d'hôtel. Les glissa dans une enveloppe. Sur la cheminée. Pour ne pas oublier de la prendre avec lui lorsqu'il irait chez John. Il faisait toujours une petite fête le jour de son anniversaire – à l'exception de l'année précédente, quand cette date était encore trop proche de celle de l'enterrement.

Il ne l'avait pas encore invité, mais il n'était pas trop tard.

Le jour de l'anniversaire, il se réveilla vers les trois heures du matin, arraché de son sommeil par un cauchemar dont il ne pouvait se souvenir. Il ne sortit pas de chez lui, tournant en rond dans la cuisine, le regard aimanté par l'enveloppe sur la cheminée.

Vers onze heures, estimant que John allait l'appeler d'une seconde à l'autre pour l'inviter en dernière minute, il s'habilla avec soin. Il joua un peu de violon. Pendant longtemps. Il oublia de manger et il essaya d'oublier l'enveloppe et son téléphone injustement silencieux au fond de sa poche.

A minuit et quelques secondes, il se déshabilla et retourna se coucher. C'était trop tard, maintenant.

Le lendemain, il écrirait d'une main ferme et sans tremblement l'adresse de John sur l'enveloppe, qu'il demanderait à Mrs. Hudson de poster.

.

.

.

.

.

Sherlock était allongé devant la cheminée de son palais.

Les lettres gravées dans le marbre scintillaient légèrement. La poussière ne parvenait pas à se déposer sur Mary.

Redbeard était couché sur lui, grand et réconfortant.

Pas assez pour apaiser la douleur glacée sous son sternum.

Je suis un homme ridicule, seulement racheté par la chaleur et la constance de ton amitié.

Ces lettres tremblantes, écrites par une main d'enfant le long d'un mur, se décoloraient et s'effaçaient peu à peu.

Plus rien ne le rachetait à présent.

Moriarty l'appelait depuis les sous-sols. Sirène mortellement séduisante.

Tout autour de lui, éparpillées, des photos de Venise où John et Julia étaient heureux.

Il pleurait comme si la blessure de son torse était ouverte et ensanglantée.

Il criait en silence.

Redbeard était raide et glacé.

Mary apparut, accroupie à ses côtés, en robe blanche et en voile de tulle.

-Je suis la seule qu'il ait jamais aimée. Ce n'est pas de ta faute. Ni de la sienne. Il ne peut pas t'aimer. Tu n'es pas humain. Je suis désolée. Il n'y avait que moi qu'il pouvait aimer.

-Pourquoi j'ai toujours mal ?

-Parce que tu es toujours vivant.

Elle plaça le canon de son revolver contre sa tempe et pressa la détente, le tirant définitivement de ce monde où rien n'existait que souffrance et ennui.

.

.

.

.

.

Mais Sherlock ne mourait pas. Il résolvait les affaires de Lestrade, accomplissait les missions de Mycroft, réglait les problèmes de ses clients.

John avait essayé de l'appeler, sans doute pour le remercier pour son cadeau. Il l'avait ignoré, il ne savait pas pourquoi.

Il continuait de frissonner d'adrénaline lorsqu'il résolvait un mystère, mais c'était une sensation probablement comparable à celle d'un courant d'électricité qui traverse un cadavre et le fait sursauter malgré la mort. Il valait mieux ce tremblement vide que l'ennui désespérant de l'oisiveté.

Son violon l'irritait au plus haut point.

Il avait cru que la situation revenait à la normale entre John et lui, mais c'était faux. C'était le dernier soubresaut avant le décès.

Mrs. Hudson ânonnait des absurdités sur les cœurs brisés, l'amour à sens unique et le deuil à chaque fois qu'elle le voyait broyer du noir.

S'il descendait dans la chambre matelassée et s'il libérait Moriarty, il ressentirait enfin la chère indifférence qui lui manquait.

Abandonner tout contrôle.

Qui cela intéressait-il réellement qu'il soit quelqu'un de bien ?

.

.

.

A suivre...


Aloreuh? :3 (ce smiley est un peu inapproprié... haha nevermind). Dites-moi ce que vous en pensez, j'ADORE recevoir vos reviews. Capricieuse? Nan... ou si?

(et il est minuit moins cinq, on est toujours lundiiiiii~)