Salut à tous :) j'enchaine les OS cette semaine lol

Voici une autre basée sur la suite du 7x05. Jon est parti pour le mur et Dany est inquiète pour lui à Dragonstone.

PS : j'ai vu le 706, mais j'ai écrit cette fic AVANT de le voir ! :O


Voilà des semaines qu'ils étaient partis pour le Nord et toujours aucun corbeau à l'horizon. Fixant le ciel, la jeune Reine soupira. Elle n'aurait jamais dû accepter qu'il parte pour cette mission suicide. Bien sûr, elle avait été inquiète pour Sir Jorah, il échappait à la mort pour sans doute en affronter une nouvelle, mais son angoisse avait été d'autant plus grande lorsque le Roi du Nord avait annoncé son départ…

Elle se rappelait sa réaction, usant de son titre, lui rappelant qu'il était un peu son prisonnier à Dragonstone, chose qui n'avait jamais été le cas et comme toujours, il s'était rebellé contre son autorité… Il était un des seuls hommes à lui tenir tête… Elle l'admirait, il l'intriguait et davantage depuis que son propre fils, Drogon avait accepté qu'il le touche…

—Ils reviendront ma Reine. Ce sont des soldats et ils connaissent le Nord mieux que personne.

Elle remarqua finalement la présence de sa Main, Tyrion Lannister et inclina brièvement la tête, pensive. Les mains jointes, elle essayait de canaliser sa frustration.

—Je n'aurai jamais dû les laisser partir…

—Ils seraient partis quand même, ma Reine.

Elle esquissa un sourire amer. Tyrion disait vrai. Pourtant, cela ne calma en rien son inquiétude.

—Sir Jorah ne m'aurait jamais désobéi, argua-t-elle.

—Je ne parlais pas de Sir Jorah, Altesse…

S'approchant d'elle, il se plaça à ses côtés, ses yeux à son tour braqués sur l'horizon.

—Il reviendra.

Tyrion faisait mention d'une seule personne, il savait sur qui ses pensées étaient focalisées. Toutefois, elle ne laissa rien paraître.

—J'ai vu comment vous le regardiez, Ma Reine… Vous l'aimez, je me trompe ?

Le cœur de la Mère des Dragons fit une embardée, elle darda un regard sur son conseiller et ami.

—Je suis votre Main, il est de mon devoir de tout savoir sur ma souveraine, expliqua-t-il, un sourire en coin.

—J'ai une Main bien curieuse, je dirais plutôt.

—Peut-être bien, mais…

—C'est un trait de caractère que j'apprécie chez vous, mon ami, n'en doutez jamais, assura-t-elle, avec un petit sourire.

Tyrion éclata de rire puis brandit sa coupe devant sa Reine.

—Et je pense qu'il éprouve la même chose, ajouta-t-il, buvant une gorgée de son vin.

La jeune femme sonda Tyrion.

—Peut-être serait-il bon d'envisager une forme d'alliance entre vous, non ?

—Et quel genre d'alliance me préconisez-vous ?

Echangeant un regard avec sa souveraine, la Main arbora un sourire.

—Le genre qui scellerait définitivement le Nord et le Sud ensemble, Majesté.

Daenerys approuva d'un signe de tête et Tyrion déclara :

—Bâtard ou non, Jon Snow est un bon Roi et vous ne pouviez trouver meilleure partie, Altesse.

Daenerys ne dit mot, mais son cœur s'accélérait à tout rompre à la perspective de cette future alliance. Elle ne savait pas comment elle pourrait aborder le sujet avec lui, ni la façon dont elle exprimerait ses sentiments, mais savoir que son propre conseiller était favorable à cette union la réconforta dans son choix. Elle pouvait enfin laisser libre court à ses émotions.

Soudain, au lointain, ils aperçurent un corbeau. L'engouement naissant de la jeune Reine s'arrêta et c'est fébrile qu'elle s'empara du message du volatile qui se posa à ses côtés. Voyant sa réaction, Tyrion lui prit des mains et le déroula pour lire à voix haute :

—Invasion au Mur. Nous avons besoin de renforts, le Roi est blessé… Davos

L'angoisse de la Reine ressurgit subitement, ses yeux s'écarquillèrent d'effroi . Jon Snow était en danger, il était parti là-bas pour prouver à Cersei mais aussi à elle-même la vérité sur les marcheurs blancs ! Elle avait été stupide et égoïste, elle aurait dû accepter de lui donner des hommes… Pensant à la vie du jeune Roi, elle prit une décision. Elle commença à s'éloigner vers la sortie, affolée. Tyrion la rattrapa et lui saisit le bras.

—Où comptez-vous aller ?

—Au Nord, avec Drogon, Viserion et Raeghal. C'est ce que j'aurai dû faire depuis le début ! s'écria-t-elle.

—Vous ne pouvez pas, c'est trop dangereux, vous êtes notre Reine et…

—Je pars, Mon Lord. Vous ne m'arrêterez pas.

—S'il arrive quelque chose, nous sommes perdus….

Dany se tourna complètement vers Tyrion et assura :

—Je serai prudente.

Tyrion opina du chef, sachant qu'il ne pourrait pas la faire changer d'avis.

—Faîtes préparer les bateaux, vous prendrez la mer dans deux heures. Nous nous retrouverons là-bas, ordonna-t-elle.

—Faîtes attention à vous, Ma Reine.

—Mes fils me protégeront.

Il l'observa brièvement avant qu'elle ne parte en courant, en direction d'un de ses gardes pour l'avertir du départ imminent pour le Nord. Soupirant, il termina sa boisson puis s'en alla vers la garnison de la Reine pour donner les ordres.

Arrivant vers ses enfants, elle caressa leurs museaux à tour de rôle, y déposant un baiser. Drogon la fixa avec intensité et elle hocha la tête avant qu'il ne l'autorise à monter sur son dos.

—Vol, Drogon. Vol aussi vite que tu le peux, je t'en supplie.

L'animal s'exécuta suivi de ses frères et Tyrion, Varys, Missandei et quelques soldats la regardèrent s'éloigner, le cœur plus inquiet que jamais pour leur jeune Reine.

Elle remarqua rapidement la différence de température. Le froid glacial, les bourrasques de vent qui la frappaient à chaque avancée, ses cheveux d'or revêtus d'un manteau blanc et cristallin. Les dragons peinaient, ils avaient déployés leurs ailes au maximum, mais la tempête faisait rage. Daenerys les rassura par des paroles et ils continuèrent d'avancer péniblement. Depuis son départ de Dragonstone, elle n'avait cessé de penser à Jon Snow. Ses sentiments étaient grandissants pour le Roi et sa peur augmentait de plus en plus à mesure qu'ils approchaient du mur…

Bientôt, elle vit des ombres se profiler plus en aval. Téméraire, elle commanda à ses enfants de descendre. Ses yeux s'écarquillèrent face aux créatures semblables à celles dessinées dans la grotte… Drogon sembla sentir la détresse de sa maîtresse et battit des ailes, repoussant les monstres en arrière, ses frères l'imitèrent à leur tour.

—Dracarys, hurla-t-elle.

Les dragons s'exécutèrent, brûlant les morts vivants sur leur passage. Aux aguets, elle chercha du regard une troupe d'hommes et finit par les apercevoir rapidement entourés d'une centaine de créatures de glace. Son cœur manqua un battement lorsqu'elle vit le jeune Roi du Nord, l'épée à la main face à face avec un monstre. S'il était blessé, il ne laissait rien paraître… Mais cela ne l'empêcha pas d'être effrayée pour lui. Il tourna soudain la tête vers elle et leurs regards s'accrochèrent. Ses prunelles se firent plus intenses et Daenerys en oublia un bref instant la menace.

Analysant la situation, elle réfléchit à la meilleure offensive pour ne pas blesser les hommes. Fixant Viserion, elle lui donna un ordre et la créature de feu fondit en piquet en direction du sol, ses griffes acérées détruisirent la bête puis il se posa au pied de Jon, rugissant. Rapidement ses deux frères fondirent sur les monstres, les déchiquetant, les brûlants vifs, créant un cercle de glace fondue tout autour des valeureux guerriers.

Drogon se posa à terre et Daenerys descendit. Jon et les hommes s'avancèrent vers elle.

—Que faîtes-vous ici, Khaleesi ? s'enquit Sir Jorah.

—Nous avons reçu la missive de Sir Davos et… elle disait que vous étiez blessé, Jon Snow, déclara-t-elle, faisant un pas dans sa direction.

Il se perdit dans ses prunelles si intenses et hocha la tête.

—C'est une blessure sans conséquence, ma Reine, tenta-t-il de la rassurer. Sir Davos n'aurait pas dû vous en parler... Où est votre armée ?

La jeune femme se tut et il combla le vide les séparant.

—Ils sont en chemin. Je suis partie seule.

—Khaleesi ! C'était une folie de…

D'un geste elle fit taire son ami.

—Mes fils m'ont protégée, Sir Jorah.

Le soldat se tut et baissa les yeux, réalisant qu'il avait dépassé le stade accordé par la Reine à son égard. Jon la fixa de longues minutes puis avoua :

—Vous auriez pu vous faire tuer, Majesté.

Elle resta muette, continuant de l'observer tendrement.

—Nous n'avons pas réussi à capturer un des leurs et…

Elle le fit taire en prenant sa main dans la sienne. La chaleur se répandit en Jon et il réalisa qu'elle en était la responsable. Comment son corps pouvait-il être aussi chaud ?

—Ca n'a plus d'importance, Mon Lord. Mes dothrakis nous rejoindront bientôt et nous les combattrons ensemble.

Il esquissa un bref sourire, serrant un peu plus les mains de la jeune femme. Troublée par son regard, elle fixa l'horizon : D'autres créatures arrivaient. Réalisant le danger imminent, elle scanda :

—Viserion, Raeghal !

Les deux Dragons se redressèrent et elle échangea des paroles avec eux puis les deux fils se positionnèrent face à la menace, tous crocs sortis. Drogon fit un pas vers sa maîtresse et la protégea de son aile. Libérant les mains du Roi, elle caressa son dragon, plus inquiète que jamais pour ses fils.

—Pas le temps de parler, on va se faire tuer si on reste ici, marmonna Tormund. Toi, la Reine des dragons, fais cramer les hommes morts et on y va !

Surprise d'une telle familiarité, Daenerys écarquilla les yeux. Jon posa une main sur son épaule et assura :

—Il faut s'habituer, votre grâce.

—Vous avez vraiment de curieux amis, mon cher Lord…

Jon ne put qu'approuver d'un signe de tête. Daenerys se colla à Drogon et lui parla dans une langue inconnue. L'animal s'envola subitement au-dessus d'eux et elle s'exclama :

—Dracarys !

Les trois créatures créèrent un mur de feu, permettant au petit groupe de s'éloigner. Jetant un regard en arrière, la Reine avança parmi les hommes.

Rapidement, ses dragons s'envolèrent au-dessus d'elle comme pour les protéger d'une attaque.

Ils finirent par rejoindre le Mur assez rapidement et Daenerys leva les yeux en haussant un sourcil.

—Je connais cet endroit…

Jon l'observa intrigué et elle répondit avant qu'il ne l'interroge.

—Il y a quelques années, j'ai eu des visions et je me suis vu franchir un mur semblable à celui-ci. Faisant un pas en avant, elle posa la main sur la surface, nostalgique. Tournant brièvement la tête dans l'espoir de voir apparaître à nouveau son Khal et leur fils.

—Rentrons, Khaleesi, proposa Jorah en la rejoignant.

Elle lui sourit tristement et elle posa sa main sur son épaule, le remerciant.

Le froid environnant surpris la jeune Reine qui réalisa soudain qu'elle n'avait pas de vêtements adéquats pour le Nord. Elle s'éloigna en direction d'une fenêtre pouvant apercevoir ses enfants voler tranquillement derrière le mur, à l'abri des marcheurs blancs. Un frisson l'envahit en revoyant le visage de ses créatures… Jon Snow disait vrai et la menace était beaucoup plus grande que sa guerre contre Cersei…

S'éloignant de l'endroit, elle quitta la pièce pour arpenter les lieux, sa curiosité prenant le dessus. L'endroit semblait étrangement vide, mais à la fois paisible, comme si aucun monstre n'était présent derrière le Mur…

Elle sentit soudain se poser sur elle un manteau de fourrure et leva les yeux vers Jon Snow.

—Vous devez mourir de froid, votre grâce.

Daenerys le remercia d'un faible sourire puis ils marchèrent côte à côte dans le long corridor.

—Vous avez risqué votre vie pour nous sauver.

Elle se tut, faisant mine de ne pas l'avoir entendu alors Jon s'arrêta face à elle et plongea ses iris dans les siens.

—Je ne l'oublierai jamais, Majesté.

Son cœur s'accéléra et elle s'approcha de lui, ses mains se saisissant des siennes.

—Appelez-moi, Daenerys, Jon Snow, chuchota-t-elle.

Il haussa un sourcil étonné et voulut argumenter qu'il n'était pas digne de le faire, mais elle ajouta :

—Vous êtes un homme courageux. Je vous y autorise, Mon Roi.

C'était la première fois depuis qu'ils se connaissaient qu'elle le nommait ainsi, comme une marque de respect à son égard. Il opina du chef.

—Cette guerre que vous menez contre ces monstres….Je veux vous aider à les combattre.

—Et votre trône ?

—Cela attendra. Vous aviez raison depuis le début, je vous prie d'accepter mes excuses, Jon Snow.

Son regard fut comme hypnotisé par celui de la Reine et sans s'en rendre compte, il se pencha pour déposer un léger baiser sur ses lèvres. L'instant fut bref, mais il réalisa soudain son geste et tenta de s'excuser, elle le coupa d'un autre baiser, l'attirant à elle avec plus de fougue. Un ballet s'engagea entre leur bouche, réveillant un désir qu'ils ressentaient l'un pour l'autre depuis le jour où ils se sont rencontrés. Il l'enserra de ses bras, elle glissa ses mains dans sa chevelure, gémissant entre ses lèvres, ne désirant qu'approfondir davantage cet échange. Elle pourrait se donner à lui contre ce mur, oubliant qui elle était, qui ils étaient et surtout chassant la perspective qu'ils pourraient se faire surprendre à tout moment… Ce fut pourtant Jon qui brisa l'instant, ils s'observèrent en silence, complétement perturbés par les émotions qu'ils ressentaient l'un pour l'autre.

—Est-ce votre façon de me remercier ? murmura-t-elle.

Il resta silencieux et Daenerys posa sa main sur sa joue, la caressant délicatement ses yeux toujours braqués sur lui.

Brusquement, Davos et Tormund apparurent dans le couloir et elle recula, les joues en feu. L'homme les observa à tour de rôle puis s'inclina devant les deux souverains.

—Un corbeau vient d'arriver de la part de votre Main, Ma Reine.

Il lui tendit et elle le déplia, un sourire satisfait accroché aux lèvres.

—Ils sont en chemin.

—Il faut prévenir le Nord, nous avons besoin de tous les hommes possibles pour affronter la menace qui nous attend, ajouta Jon.

—Moi je pars à Winterfell, retrouvez ma Brienne, j'ai un bébé à lui faire ! Tu peux rester à baiser la mère des dragons.

Davos ricana alors que les deux jeunes gens restèrent sans voix. Tormund s'éloigna et le conseiller du Roi s'inclina avant de partir à sa suite. Un ange passa puis Daenerys expira un bon coup et déclara en le regardant droit dans les yeux :

—Si vous désirez me montrer à nouveau ma reconnaissance, Mon Lord… N'hésitez pas…

Elle s'en alla et il la suivit du regard, esquissant un sourire.