Me revoilà avec un nouveau chapitre un peu plus long cette fois.

Pour répondre au commentaire d'un guest, happy end ou pas ? Héhé, ce serait pas drôle si je vous le disais ^^

Bonne lecture !


Pitié pas encore. Elsa essaya d'ignorer la lesbienne qui faisait une sorte de striptease au coin à droite de son navigateur, concentrant son attention sur la fenêtre de chat à la place. Ses doigts volait sur son clavier, guidés par le désespoir et – bien qu'elle ne l'admette jamais – une insatiable frustration sexuelle qui ne pouvait être guérie que par une seule personne, et elle le savait. J'emmerde ce rêve.

C'est comme ça qu'elle avait trouvé cet espace de chat en premier lieu. Tombant sur un topic créé par des 'femmes qui aiment les femmes', comme l'une des membres l'avait si éloquemment nommé, Elsa se retrouva impuissamment collée aux topics de camaraderie que les –supposées – femmes lui offraient. Je suis presque sûre que cette membre de merde qui continue à demander pour un plan à trois est un gars. Lorsque le lien du chat avait surgit, elle avait secrètement espéré qu'une rousse mignonne lui sorte Anna de l'esprit, mais trouva…peu importe ce que c'était, à la place.

Attrapant un post-it et le plaquant par-dessus la fille dorénavant nue tournoyant dans le coin en haut, elle se confia aux femmes sans visages ni noms, déplorant le fait qu'elle soit tombée amoureuse d'une 'franche, qt3.14* déesse rousse' pour qui elle ne devrait pas avoir de sentiments. Jamais.

Wow, quel moyen d'expliquer clairement que tu es une putain de siscon, demeurée. Elle pouvait pratiquement sentir la pitié goutter des mots qui apparaissaient en réponse à sa diatribe virtuelle. Puis soudainement une brunette incroyablement attirante exhiba ses nichons, et Elsa était oubliée, des commentaires à propos de tétons et de taille de bonnet noyant ses mots de peine. Elle regarda la fille pas moins de deux secondes, avant que ses yeux ne se braquent sur l'horloge au bas de son écran, les petits nombres blancs déclarant qu'il était déjà plus de deux heures. Son estomac gronda, et elle se leva, jetant un regard ennuyé à la poitrine qui s'agitait sur son écran. Merde, ces anonymes ont des goûts de chiotte. Qui préfère les blondes aux rousses de toute façon ?

Regardant l'écran, elle se glissa hors de sa chambre, marchant à pas de loup jusqu'aux escaliers, essayant de ne pas réveiller Anna ou ses parents. Elle pouvait sentir quelque chose de suspicieux comme des snickerdoodles, et elle fronça les sourcils lorsqu'elle remarqua de la lumière se répandant dans le salon depuis la cuisine. Qui diable fait des cookies à 2 heures du mat' ? Est-ce que Maman a encore oublié de prendre son Xanax ? Doux Jésus.

Réticente d'avoir à expliquer à sa mère pourquoi elle était toujours réveillée, elle se recula en rampant vers les escaliers, confrontée au fait qu'elle allait devoir continuer à chatter l'estomac vide. Probablement une bonne chose, si ce striptease continue. Mais elle fut stoppée dans son élan lorsqu'elle entendit la douce voix de sa sœur chantant calmement.

« - You better not pout I'm telling you why. Santa Claus is coming to toooown! » Elsa ne put s'empêcher de sourire. Anna était adorable à l'approche de Noël. Elle aimait la saison plus que la plupart des enfants, et profitait pleinement de l'entrain général qui flottait dans l'air à cette époque de l'année, souhaitant de joyeuses fêtes à tous les inconnus dans la rue et chantant les chants de Noël à pleins poumons.

La faim l'emportant sur le désir de rester invisible, Elsa entra furtivement dans la cuisine, sa vue d'Anna bloquée par la porte du frigo, la fille fouillant dedans.

« Ah ! Enfin ! » Elle se leva, tenant un carton d'œufs. « Oh, salut Elsa ! »

Elsa lui fit un petit signe. Ou tu pourrais dire salut, espèce de grinch. Elle se força à sourire, toujours silencieuse. Presque.

« Désolée, est-ce que je t'ai réveillée avec mon chant ? Je suis juste super excitée pour Noël. » La cadette ferma la porte du frigo, et Elsa s'étrangla presque avec sa langue. Anna ne portait rien à part un T-shirt rouge étroit et une petite culotte avec des arbres de Noël dessus. « Je voulais faire des cookies pour le Père Noël, » bredouilla-t-elle. « Je veux dire, Je sais qu'il n'est pas réel, mais c'est toujours amusant de le prétendre, tu ne penses pas ? »

Elsa approuva sans dire un mot, essayant de ne pas fixer les jambes nues de sa sœur. Des flashs de son rêve de la nuit dernière se répercutaient dans son crâne, et elle sentit son visage devenir chaud.

« Les snickerdoodles sont tes favoris, vrai ? » dit-elle, pointant les ingrédients qui jonchaient le comptoir. Anna n'était pas consciente du conflit intérieur de sa sœur. « Puisque le Père Noël ne va probablement pas les manger tous, toi et moi pourrions les partager, alors j'ai voulu faire ceux que tu aimais » Elle est trop bien pour toi. Tu ne la mérite pas. « Elsa ? »

L'aînée réussit à donner une réponse affirmative, et Anna sembla satisfaite. Se détournant de la table pour faire face à sa sœur, la fille donna à Elsa un aperçut de sa poitrine, et il était évident qu'elle ne portait pas de soutien-gorge…et fouillait dans le frigo depuis un moment. Elsa voulut que le sol l'avale, ses joues rouges étaient sûrement visibles depuis l'espace.

« Qu'est-ce que tu as fait ? Je ne t'ai pas vue du tout aujourd'hui. » dit Anna, une pointe de déception dans sa voix. Elsa avait intentionnellement évité sa sœur, sûre que si la fille l'avait aperçu, elle aurait été capable de lire l'esprit d'Elsa et saurait tout à propos de chaque image obscène qui l'avait traversé.

Elle haussa les épaules en direction d'Anna. La fille avait l'air un peu blessée. Elle essaye de faire la conversation, crétine. Répond simplement avec quelque chose.

« Euh, je me suis fait des amis, j'imagine. » Non ! Tout mais pas ça !

Le visage d'Anna s'éclaira. « Tu l'as fait ?! Ohmondieu, Elsa, c'est super ! » Elsa voulut se frapper. Elle se mordit la langue, essayant de ne pas dire quelque autre mensonge complet. « J'aimerais les rencontrer. Tu devrais les inviter ! » La jeune fille haleta. « Non attend ! Tu devrais les inviter à venir faire du patin à glace ! J'y vais avec Rapunzel demain. Son petit ami connaît un super petit étang qui est vraiment isolé dans les bois derrière sa maison. On pourrait amener des cookies et des sandwiches. » Elle gloussa, chuchotant avec un air de conspirateur, « et peut-être même chiper un peu du whisky de Papa. »

Meeeeeerde. Bonne chance pour te sortir de celui-là. Elsa commença à bégayer une excuse. « Euh- ils, euh, bien, ils peuvent pas…à cause de ce, truc de famille qu'ils ont. Pas comme, la même famille pour tous. Des familles différentes. Mais en même temps. Ils ont un truc… » sa voix s'estompa, sans conviction. Anna la regardait d'un air narquois, mais ensuite son visage se transforma en celui de la compréhension.

« Oh, c'est bon, Elsa. Peut-être que quand tu les connaîtras un petit peu mieux, tu pourras me les présenter, » elle lança un sourire triste à sa sœur. « Je sais que je peux être un peu autoritaire des fois. Je ne voudrais pas leur faire peur ou quoi que ce soit. »

Non non non, c'est pas ça. Tu es parfaite. Dieu, tu es si parfaite, tu ne pourrais jamais leur faire peur. Elsa ouvrit la bouche pour essayer de sauver la situation, mais elle ne pouvait pas former une phrase qui pourrait exprimer précisément à quel point Anna avait tort sans qu'elle ait l'air d'une tarée entichée de sa petite sœur. Alors elle bégaya quelque chose sans aucun rapport à la place.

« Je n'ai pas mangé de Snickerdoodles depuis une éternité. » Elle le voulait comme une tentative de remerciement envers sa sœur de lui faire quelque chose qu'elle aimait, mais n'avait pas été assez chanceuse pour en manger récemment. A la place, cela sortit plus comme une réprimande, comme si elle n'aimait plus ce genre de cookie.

Bon Dieu tu es littéralement autiste. Sort de là avant de la faire pleurer. Anna se retourna vers le bol, et Elsa l'utilisa comme une opportunité pour sortir en un éclair de la cuisine, prenant les marches deux par deux jusqu'à ce qu'elle soit saine et sauve dans sa chambre. Elle s'effondra sur sa chaise de bureau, pressant les paumes de ses mains sur ses yeux, la culotte aux arbres de Noël et l'expression triste de sa sœur gravées sur ses paupières.

« Putain-de-merde ! »


*En anglais 'Cutie Pie', ce qui veut dire jolie fille, ou mignonne en équivalent français. Ou jolie tarte.