Note de l'auteur: Je tiens à remercier Guest et Cherry qui m'ont laissé une review mais à qui je n'ai pas pu répondre en MP. Cela me fait très plaisir de voir que vous aimez mon histoire. Soyez patient(e)s pour les questions que vous vous posez. Vous aurez vos réponses au fil des chapitres. Suspens, suspens...

Merci aussi à Kyomi-hime, une revieweuse assidue (c'est quand même la deuxième fois qu'elle me laisse une review) et ça fait réellement chaud au coeur.

Bonne lecture!


Partie 3

Et ça commençait plutôt bien. Deux semaines qu'elle pratiquait ce nouveau mode de vie et elle se sentait moins oppressée par l'image de Sasuke. Alors, certes, il y avait de petites entorses, des petits regards feutrés lancés discrètement par exemple mais rien de bien méchant ni d'insurmontable. Elle avait une volonté de fer, Hinata. Le sport l'aidait toujours autant à décompresser, à se vider la tête. Mais elle avait trouvé une autre activité lui procurant les mêmes sensations. La peinture.

Elle s'y était mise sur un coup de tête après avoir trouvé des gouaches dans son tiroir à bureau. Elle avait alors pris une feuille de canson et un pinceau et s'était mise à dessiner. Dessiner ne serait peut-être pas le bon mot. Barbouiller serait le terme plus juste. Elle avait, en effet, à la fin de l'exercice, sorti un croquis avec plein de couleurs et de gribouillis qui ne représentait aucune chose ni aucune personne. Il n'y avait pas plus de symbolisme caché derrière ce dessin. Elle s'était juste assise, s'était concentrée à ne rien penser et avait laissé sa main faire le reste. Le résultat lui avait plu aussitôt. Elle trouvait que ça reflétait bien son caractère. Gaie. Passionnée. Elle l'avait aussitôt accroché au mur de sa chambre. Elle avait prit une autre feuille et avait recommencé. Et ainsi de suite. De sorte qu'à la fin de la soirée, elle avait accumulé près de trente croquis. Après cela, elle était tombée comme une masse sur son lit et avait sombré dans un sommeil profond, sans rêves.

Le lendemain matin, elle s'était réveillée avec le sourire. Elle était heureuse d'avoir trouvé une autre échappatoire. Elle ne pensait qu'à une chose. Renouveler l'expérience. Pourtant, le soir en rentrant chez elle, elle était plutôt d'une humeur maussade. La raison était simple. Elle n'avait plus d'argent de poche pour ce mois-ci. Et plus d'argent de poche, pas de nouvelles gouaches (elle les avait toutes utilisées la nuit précédente), pas de nouvelles feuilles au format plus large et pas de nouveau pinceau. Et puis, arrivée dans sa chambre… Le choc.

Tout un arsenal de choses destinées à la peinture était disposé sur son lit. On y trouvait des tonnes d'aquarelle, de nombreuses toiles à peindre, des pinceaux de toutes sortes. Elle trouva un petit mot sur le lit :

« Pour ma sucre d'orge que j'aime. Une artiste en devenir. Une future Picasso ».

Un petit cadeau de sa mère. Une mère géniale en somme, capable de déceler les moindres envies, les moindres désirs de ses enfants et de les apporter sur un plateau d'argent. Ce soir, elle essaiera de faire plaisir à celle-ci. Elle fera la cuisine (qui normalement était dévolue à sa mère suite au concours au restaurant) et lui préparera son plat préféré : le riz cantonais. Une fois le repas terminé, elle se dirigea dans sa chambre d'un pas léger et commença à peindre sur une des toiles. Hinata ressentit les mêmes sensations qu'hier. En beaucoup mieux même puisqu'elle avait désormais un support plus grand pour déployer toute son imagination. Désormais, elle en était certaine. La victoire était proche.

Courageux ou intrépide. Voilà ce que se disait Hinata en assistant à cette scène. Sasuke qui défiait, à lui seul, six féroces délinquants en dehors de l'enceinte du lycée. La raison était simple. Sasuke était venu récupérer l'argent qu'ils avaient dérobé à son ami Choji. Il parla d'un ton calme mais résolu:

- Rendez-moi l'argent et je vous laisserai partir sans aucun problème.

- Désolé mais on a d'autres projets en tête. Cet argent, on l'a durement gagné, tu vois. Et on veut pouvoir en profiter pleinement, répondit l'un des membres du gang. Sûrement le chef.

- Vous êtes sûrs que vous voulez aller sur ce terrain avec moi?

- Nous allons sur notre propre terrain. Et, à mon humble avis, tu devrais en faire autant si tu ne veux pas avoir de sérieux ennuis. Si tu vois ce que je veux dire.

- Oh! Je vois très bien. Mais je crois que c'est vous qui n'avez pas compris le danger dans lequel vous vous êtes mis en me tenant tête.

- Danger, tu dis ! s'exclama-t-il tout en le fixant dans les yeux avec animosité. Je ne vois pas ce qu'un caniche pourrait faire à six pitbulls enragés. Mais tu vas sûrement nous le dire.

- Je vais surtout vous le montrer.

Il posa son sac. Enleva son tee-shirt. Leva ses deux poings à hauteur du menton. Comme un boxeur. Il était prêt pour le combat. Devant une telle attitude, les délinquants étaient forcément étonnés. Habitués à faire plier leur victime d'un simple regard, voilà qu'ils se trouvaient face à une personne qui avait décidé de leur tenir tête. Mais forts de leur nombre, ils commencèrent à rigoler. Sasuke ne leur laissa pas le temps de finir. Il décocha une droite qui arriva pile à la pointe du menton du chef de la bande. Celui-ci s'effondra direct au sol. K.O...

Les autres membres de la confrérie regardaient ce qui venait de se passer d'un air ahuri. Mais voir leur ami à terre leur fit vite reprendre leurs esprits. Ils se jetèrent alors sur Sasuke, bien décidés à lui mettre la raclée de sa vie.

S'engagea alors une lutte féroce mais pour le moins inégale où un individu tentait de défaire cinq autres. Hinata regardait la bagarre, comme beaucoup d'autres d'ailleurs, avec curiosité. Mais elle était aussi inquiète. Très. Elle avait peur pour Sasuke, peur qu'il soit blessé, peur pour sa vie. D'autant plus que Sasuke ne combattait pas de manière habituelle. Pas de doigt dans l'œil, de coup de pied dans l'entrejambe ni de morsure. Sasuke se battait de manière loyale, honnête face à plusieurs ennemis. Et bien évidemment, il fut mis en difficulté. Elle regarda autour d'elle mais personne ne fit mine de vouloir venir en aide à celui-ci. Le cœur battant à tout rompre, elle prit alors une décision irréfléchie. Une action spontanée. Elle se jeta dans la bagarre.

Hinata rentra chez elle essoufflée. Après le combat, elle s'était mise à courir comme une dératée vers sa maison. Elle avait, en effet, peur que les flics se pointent et l'arrêtent. Et ils en avaient tout à fait le droit. Après tout, avec Sasuke, ils avaient mis K.O six garçons. Elle n'avait même pas pris le temps de voir comment ce dernier allait ni de discuter avec lui. Elle voulait maintenant se regarder dans un miroir. Elle avait pris des coups, Hinata. Des vrais, pas avec des gants de boxe. Elle était surprise de sa résistance. Jamais, elle n'aurait pensé pouvoir rester debout après avoir reçu un coup de poing d'un mec qui lui rendait facilement vingt kilos. Mais elle avait tenu bon et des coups, elle en avait surtout donné. Portée par l'adrénaline, elle s'était déchaînée. Elle avait donné un récital dédié au Muay-Thai. High-kick, coups de coude, uppercuts, etc...

Sa mère était déjà à la maison, s'affairant à préparer le goûter. Hinata alla à sa rencontre. Sa mère se retourna, laissa tomber sa cuillère et jeta un petit cri.

- Oh, Mon Dieu! Fit Yume, ahurie.

- Ne t'en fais pas maman, je n'ai rien de grave, répondit Hinata d'un ton calme.

- Tu te fiches de moi ! Ce que je vois devant moi me dit clairement le contraire. Tu as le visage complètement défiguré !

- Défiguré, quand même pas. Je me suis vue dans une vitrine d'un magasin en rentrant. Je n'ai juste qu'un œil au beurre noir, la lèvre inférieure ensanglantée et les cheveux un peu en désordre.

- C'est déjà beaucoup, surtout pour une fille qui est censée rentrer de l'école. Dis-moi ce qui s'est passé.

- Une simple bagarre.

- Tu t'es bagarrée?! Tu es d'une nature pacifique pourtant ! s'étonna sa mère.

- Je le suis toujours. Sauf si on s'en prend à l'un de mes amis.

- Bon, maintenant tu vas arrêter d'être circonspecte. Et tu vas me révéler dans les moindres détails ce qui s'est passé, ordonna Yume.

- En fait, l'un de mes camarades de classe s'est fait agresser par plusieurs délinquants à la sortie des cours. Voyant qu'il était en difficulté et m'apercevant qu'aucune personne présente comme spectateur ne voulait l'aider, je suis intervenue.

- Tu as pris des risques inconsidérés. Je sais que tu pratiques un art martial mais se jeter comme ça dans une bagarre contre des garçons, qui plus est plus nombreux que vous ne l'étiez, cela relève tout bonnement de la folie !

- Je sais mais je ne pouvais tout de même pas regarder mon ami se faire massacrer !

- Ne t'en fais pas, je te comprends parfaitement. C'est pour ça qu'au fond de moi, je ne peux t'en vouloir totalement d'avoir accompli un acte aussi idiot. Bon, maintenant ce qu'on va faire, c'est t'emmener à l'hôpital.

- A l'hôpital? T'es sérieuse là? Il ne m'est presque rien arrivé, maman. Seulement quelques égratignures.

- De l'extérieur peut-être mais moi j'ai besoin de savoir que tout se passe aussi bien au niveau interne. Je veux que tu fasses des examens complets et qu'un vrai médecin me dise « no problem ». C'est seulement à cette condition que je pourrai être soulagée... Alors, tu veux bien me faire plaisir, mon petit sucre d'orge?

- Bien sûr, maman. Tout ce que tu voudras, soupira Hinata.

Le lendemain, elle se rendit au lycée. Sa mère avait beau lui dire de prendre un jour de repos, elle ne voulait pas. C'était faire preuve de faiblesse. Elle voulait montrer aux autres, à ces lâches qui n'avaient fait que regarder la bagarre d'hier, ce qu'étaient que la vraie force, l'honneur et la dignité. Elle avait toujours la pommette gauche un peu violacée. Elle n'avait pas honte de la montrer au lycée. Elle en était plutôt fière. C'était son trésor de guerre.

Comme d'habitude, sur le chemin de l'école, elle fut rejointe par sa meilleure amie, Ino. Après les formalités habituelles, «bonjour», «comment ça va», «il fait beau aujourd'hui», elles sont passées aux événements d'hier. Ino lui fit part de toute l'admiration qu'elle avait pour elle. Elle fut impressionnée par sa vélocité, son agilité, sa grâce. Et cette manière qu'elle avait eu de tenir tête aux garçons, de les mettre K.O. Jamais, elle n'avait assisté à un spectacle aussi violent mais si spectaculaire. Bien sûr, elle était inquiète pour sa copine. Elle avait même crié et avait pleuré. Elle avait été secouée de spasmes durant toute la durée du combat et avait cru qu'elle allait tomber en syncope. Mais tout s'était finalement bien passé pour son amie.

Elle était si heureuse qu'Hinata ait pu gagner, si heureuse qu'elle soit vivante alors que tous les pronostics étaient contre elle. Ino lui dit qu'elle serait désormais son modèle, son idole, qu'elle accrocherait son poster ou une photo d'elle dans sa chambre et que chaque jour elle méditerait sur ses qualités (belle, intelligente, courageuse, forte, généreuse...) afin de les acquérir.

Mais une question la taraudait depuis hier. Et elle en fit part à Hinata.

- Tu es amie avec Sasuke? La questionna-t-elle.

- Non, pas que je sache, répondit alors Hinata.

- As-tu déjà discuté avec lui?

Elle repensa à la scène du « je t'aime bien ». Elle rougit.

- Non, du moins ce n'était pas une véritable conversation.

- Es-tu...?

- Oui, insista Hinata pour qu'elle continue.

- Amoureuse de lui?

Cette question la prit complètement au dépourvu. Elle ne s'attendait pas à cela. Elle reprit contenance et dut répondre vite pour ne pas éveiller les soupçons.

- Mais bien évidemment que non. Pourquoi me poses-tu cette question?

- En fait, je cherche à savoir pourquoi tu es intervenue hier pour l'aider?

Cette question, elle se l'était posée des centaines de fois hier. Était-elle intervenue parce-qu'elle était attirée par Sasuke? Parce qu'elle l'aime? Cette réponse ne l'avait pas plu hier et ne la plaisait pas plus aujourd'hui. Elle préférait voir son intervention comme une leçon que lui avaient apprise ses « pères », les samouraïs. Servir son seigneur et maître de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa force. Elle n'avait pas de maître physique. Elle servait plutôt un concept, un principe. La justice. Et la justice imposée hier : empêcher qu'une personne ayant agi pour la bonne cause se fasse massacrer par plusieurs autres. C'était sûrement ça qui l'avait poussé instinctivement à agir. Elle fut fière de sa trouvaille, heureuse.

- En fait, je n'ai pas vraiment réfléchi. J'ai vu un camarade de classe se faire tabasser, et je suis venue l'aider, répondit Hinata d'un air détaché.

- Wow! Alors là, tu m'épates une fois de plus. T'es un genre de superwoman !

- Sans les super pouvoirs.

Et elles rirent toutes les deux. Bien sûr, leur gaieté se fana quand elles arrivèrent près de l'enceinte du lycée. Une autre journée de torture allait bientôt commencer.

- Merci, dit Sasuke.

On était à la récréation du matin. Sasuke avait demandé à parler seul à seul avec Hinata, celle-ci étant entourée de ses amis. Hinata s'était demandée la veille s'il oserait lui parler, l'approcher. Elle pensait, en effet, qu'être sauvé d'une correction certaine, qui plus est par une fille, l'aurait offensé au plus haut point et qu'il en aurait eu honte. Pourtant, Sasuke se tenait debout devant elle, pas du tout gêné ou embarrassé. Il respirait la confiance comme à son habitude.

- Merci pour hier. Tu m'as vraiment sauvé la vie sur ce coup.

Hinata avait le cœur qui battait la chamade. Après tout, elle était face à ce garçon qui l'avait fait tant chavirer. Pourtant, alors qu'elle aurait dû être mal à l'aise, elle se sentait plutôt sereine. Sasuke semblait avoir cette qualité de mettre tout le monde dans de bonnes dispositions. Elle sentit qu'elle n'avait pas à être gênée devant lui. Les mots sortirent alors sans encombre, naturellement.

- Tu n'as pas à me remercier. Je n'ai agi qu'en pensant à ce qui était le plus juste à faire dans une telle situation, répond Hinata.

- En agissant ainsi, tu m'as quand même permis d'éviter de subir des dommages qui auraient pu être très graves. Je le confesse, malgré toute mon assurance au début du combat, j'ai rapidement été débordé. J'étais vraiment en difficulté avant que tu n'arrives.

- C'est bizarre. Je n'aurais jamais cru que tu te montrerais aussi honnête. Je croyais que tu allais fanfaronner et dire au monde entier que tu n'aurais eu besoin de personne pour défaire ces garçons.

- C'est mal me connaître. Il n'y a pas plus honnête que moi. Je dis toujours tout haut ce que je pense vraiment. Mes actes sont toujours en parfaite concordance avec ma pensée. Je suis comme le David de la Sainte Bible qui, dans l'un de ses psaumes, déclara : « ma pensée n'est pas autre que ce qui sort de ma bouche ».

- ça doit quand même être difficile d'entretenir de bonnes relations si tu ne sais pas garder ta langue quand il le faut.

- Oh! Ça, je m'en fiche complètement. Peu importe si ma franchise ne plaît pas. Je ne suis pas là pour plaire à tout le monde, de toute façon. Tant que je serai droit, honnête, juste envers moi-même, je serai heureux. Et je n'ai pas besoin des autres pour l'être.

- Belle philosophie. Tu es vraiment un garçon original, dit-elle en tentant de rester la plus neutre possible.

- Ce n'est pas vraiment difficile de l'être. Quand je vois les garçons de mon âge, je ne vois que des clones élevés dans le même moule. Ils aiment et détestent les mêmes choses. Ils sont accros à internet, adorent regarder des séries, jouer aux jeux vidéos. Ce sont des être immatures, des personnes sans aucune personnalité. Ils ne sont d'aucun intérêt à mes yeux.

- Tu as pourtant des amis de ton âge. Tu ne dois pas les trouver si inintéressants que ça, non?

- En effet. Mais tu as sans doute vu avec quel genre de personne je m'entoure.

- Les exclus. Les mal-aimés.

- Oui. Pour moi, ce sont des personnes à part. Ils n'ont pas choisi d'être seuls. On va dire que c'est leur destin. Leur croix. Ils souffrent, cela est certain. Pourtant, ils ont un pouvoir, une force intérieure qui leur permet de supporter cette souffrance. Et c'est cette force qui fait leur charme. Oui, j'aime les personnes fortes, celles qui ne se laissent pas briser par le destin.

- C'est dommage que la plupart des gens ne pensent pas comme toi. Il n'y aurait alors plus de personne seule, souffrant de la solitude.

- Que veux-tu ? Nous vivons dans l'âge sombre ou l'âge de fer, le Kali yuga, selon la cosmogonie hindoue. Les hommes sont devenus plus vicieux, plus pervers, plus centrés sur l'extérieur et le paraître au lieu de se tourner vers leur cœur intérieur. Ils sont égoïstes et donc la place de l'autre dans leur existence est restreinte. Et bien évidemment, il n'y a plus de place pour le spirituel, la foi. Dieu, l'enfer, le paradis n'existent pas pour eux. La mort n'est qu'un long sommeil éternel à leurs yeux. Pascal leur a pourtant montré tout l'intérêt de miser sur l'existence d'une divinité suprême mais rien à faire, ils restent incroyants.

- Et toi, tu es croyant?

- Bien sûr. J'ai été baptisé, enfant. Je suis chrétien et j'en suis fier. D'ailleurs, je vais à la messe tous les dimanches. Cependant, malgré le fait que je sois catholique, je m'intéresse aussi aux autres religions. J'ai une telle soif de connaître le seigneur mon dieu que je ne me prive pas de lecture qui pourrait m'éclairer davantage à son sujet. J'ai lu le Coran, les 108 Upanishads qui forment la base théorique de la religion hindoue, tout ce qui a trait au soufisme, la métaphysique arabe, comme les livres d'Ibn Arabi ou de Rûmî, le bouddhisme, le taoïsme également. La lecture des sages est donc importante pour connaître Dieu mais je pense qu'il faut aussi fournir un travail plus personnel. La connaissance de sa propre personne, de soi est nécessaire. « Celui qui se connaît soi-même connaît son seigneur » disait le prophète Mohammed dans un hadîth, ou encore « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l'univers et les dieux » qui est une variante de la célèbre phrase « Connais-toi toi même » qui était inscrit, selon la légende, sur le fronton du temple d'Apollon à Delphes. Il faut savoir que se connaître va au-delà de ce que nous pensons être en tant que personne avec nos défauts et nos qualités. Cette recherche doit être poussée beaucoup plus profondément dans le cœur et dans l'âme. Cela demande beaucoup de travail sur soi-même et exige de longs moments passés dans la solitude, loin du bruit et des gens. C'est pour ça que je fais beaucoup d'exercices de méditation. Padre Pio disait que « La méditation est la clé du progrès dans la connaissance de soi et dans celle de Dieu» (note de bas de page : Padre Pio, le stigmatisé d'Yves Chiron). J'en fais donc beaucoup. Deux heures par jour. Une le matin, avant de partir à l'école, et une autre le soir en rentrant.

- Moi aussi, je…

La cloche sonna à ce moment-là. L'interrompant instantanément. Elle voulait dire qu'elle aussi méditait. Alors certes, sur un thème complètement différent. Mais ça leur faisait quand même un point commun. Elle s'en réjouissait. Elle voulait continuer de discuter avec lui. Elle sentait qu'elle pouvait parler des heures avec Sasuke, de tout et de rien, sans jamais s'ennuyer. Il était tellement intéressant. Dommage. Ils furent rejoints par leurs amis respectifs et partirent pour le prochain cours.