Chapitre 4 – Gardes du corps
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Deux semaines qu'il était là, une éternité.
Après avoir appris l'essentiel sur le fonctionnement du royaume, il était passé à la pratique. Affronter le parlement, une dizaine de personnes, avait été terrible. On l'attendait au tournant, le premier ministre le premier. L'aide de Lady Silviana avait été salutaire. On l'avait pris au sérieux et pas pour un incapable, ce qu'il était plus ou moins en réalité à ce moment là et qu'il était encore dans une moindre mesure.
Il s'était aussi rendu à l'hôpital où il avait fait connaissance du roi. Il l'avait trouvé sympathique. Richard O'Connor n'était pas homme à se prendre la tête pour un oui ou pour un non. Il l'avait rassuré plus efficacement que tout les autres jusque là. Il avait même réussi le tour de force de faire sourire Ethan. Il les avait laissés discutés entre eux et, quand l'adolescent était sorti de la chambre, il était devenu gentil à son égard. Ils étaient même devenus amis. Ethan l'aidait à présent à assurer sa charge. Heureusement pour lui, il n'avait rien eu à s'occuper de particulièrement difficile jusque là.
Quant à Clara, elle lui faisait découvrir le château. Aidé de Shaun, elle lui enseignait tout ce qu'il fallait savoir lorsque on était de la famille royale : comment se tenir à table, assis ou debout, à cheval... ce dernier point ne lui avait que moyennement plu. Il se demandait encore s'il pourrait se rasseoir un jour.
Il avait eu ses proches au téléphone et par webcam. Sa sœur voulait savoir quand elle pouvait le rejoindre, ses parents s'il s'en sortait, Abby et Tony s'il avait des domestiques, Ziva si ce n'était pas trop dur, Ducky comment était le paysage et Gibbs s'il voulait partir (un mot de sa part et il le faisait rentrer). Cela rendait les choses plus faciles à supporter. Car, bien qu'il aimât les O'Connor, sa famille à lui était de l'autre côté de l'Atlantique et elle lui manquait.
« Timothy ! » le salua chaleureusement Lady Silviana dès qu'il entra dans son bureau.
Il lui rendit le bonjour et s'installa dans le bureau face à elle. Shaun prit place sur le côté pour les avoir tous deux dans son champ de vision.
« Comment allez-vous ? s'enquit la dame.
- Bien, répondit-il. Quel est le programme du jour ? »
Elle sourit de le voir entrer dans le vif du sujet aussitôt.
« Vous devez retrouver monsieur Deming cet après-midi pour discuter du projet de lotissement. »
Il acquiesça. Ils en avaient déjà discuter plusieurs fois, il ne restait que quelques formalités à remplir afin d'autoriser le début de la construction.
« Pour ce matin, nous avons un point capital à régler.
- Lequel ?
- Votre protection rapprochée. »
Il jeta un œil à Shaun. Il s'était habitué à lui, que quelqu'un d'autre prit sa place le gênait. Il savait pourtant que cela arriverait.
« Après bien des palabres, il a été décidé que vous n'en auriez pas.
- Vraiment ?
- Oui.
- Mais je croyais que...
- On a su me convaincre.
- Qui ?
- Un de mes cousins et moi-même, répondit Shaun. »
Son air intrigué amena un sourire sur le visage de Silviana.
« La famille de Shaun s'occupe de la sécurité de notre famille depuis des générations. C'est à elle que revenait cette décision et je l'accepte. »
Il avait du mal à croire que toute la famille puisse avoir un tel rôle.
« Nous n'avons jamais souhaité détenir un pouvoir quel qu'il soit sur le royaume, expliqua le garde du corps. Nous apprécions le rôle qui nous a été dévoué à l'origine et en tirons une grande reconnaissance.
- Sa famille est la plus importante après la nôtre à Orb et une des plus reconnues d'Irlande. La loyauté et la fidélité dont elle fait preuve, en plus de son efficacité, lui valent l'admiration de tous. Chacune de nos familles reconnaît et estime l'autre.
- Être au service de la famille O'Connor est le rôle le plus gratifiant qui soit pour les miens.
- Vous êtes nombreux dans ce cas ? demanda Tim.
- Mon neveu Julian est en charge de la sécurité du suzerain, ma fille, Maurine, de celle de la princesse et un de mes jeunes cousins, Dimitri, à celle du prince.
- Votre neveu doit avoir du travail, ne put s'empêcher de remarquer Tim.
- Le pire ennemi du roi est lui-même, il a donc fort à faire. Julian n'est cependant pas le plus reconnu d'entre nous.
- Alors qui est-ce ?
- Shaun, répondit la Lady à sa place, et un de ses cousins.
- De nous deux, objecta Shaun, ce n'est pas moi le plus reconnu. Mon cousin m'a détrôné si je puis dire. Je suis à la seconde place maintenant.
- Mais il ne sert à rien de nous attarder sur le sujet. »
Elle lui jeta un regard entendu. Tim assista à l'échange silencieux, perplexe. Il avait le sentiment qu'on lui cachait quelque chose.
« Donc, reprit Silviana, vous n'aurez pas de garde du corps. Vous avez l'autorisation de porter votre arme pour compenser. De plus... »
Elle marqua une pause, lui sourit.
« D'autres tiendront cette fonction durant les deux prochains mois. »
Il n'était pas sûr de voir où elle voulait en venir.
« Vos collègues et amis du NCIS ont demandé à passer leurs vacances au palais. J'ai accepté. »
Il était abasourdi par la nouvelle.
« Mais... je... »
Il secoua la tête pour se remettre les idées en place.
« Quand arrivent-ils ?
- Ils sont déjà là. »
Il bondit de sa chaise.
« Vous les trouverez dans le hall. » rit-elle à sa réaction.
Il était prêt à partir en courant les rejoindre, mais se ravisa.
« Lady Silviana... » commença-t-il.
Elle le coupa d'un geste de la main.
« Allez les rejoindre. » commanda-t-elle.
Il ne se fit pas prier. En quelques secondes, il avait quitté la pièce et courait dans les couloirs, familiers à présent. Il arriva rapidement en haut du grand escalier, se figea. Ils étaient tous là, Abby, Gibbs, Tony, Ziva et Ducky.
La gothique fut la première à le voir.
« Tim ! » s'écria-t-elle avec joie.
Un sourire étira ses lèvres et il entreprit de les rejoindre. Rapidement il se retrouva dans les bras de la laborantine, proche de l'étouffement.
« Alors le bleu, on t'a manqué ? »
DiNozzo disait ça d'un ton légèrement moqueur.
« Tu n'as pas idée ! » répliqua-t-il en le saluant.
Dans le bureau, la reine mère restait pensive.
« Shaun ? appela-t-elle.
- Oui, ma Dame ?
- Avouez que vous l'avez fait exprès.
- Je ne vois pas de quoi vous parlez.
- Votre discours sur le plus reconnu.
- Eh bien ?
- Mon cousin m'a détrôné si je puis dire. Vous étiez obligé de dire ça ?
- C'est la vérité.
- Timothy ne doit pas savoir.
- Je n'ai rien dit.
- Vous avez sous-entendu beaucoup de choses. C'est une chance qu'il n'ait pas compris. Nous pouvons remercier son côté naïf.
- S'il avait voulu comprendre, il aurait compris.
- Comment ?
- En me demandant mon nom.
- Ce qu'il n'a pas fait car j'ai coupé court au sujet.
- Je ne lui aurai pas dit de toute manière.
- Et il se serait posé encore plus de questions !
- Je ne vois pas où est le problème.
- Il a imposé le silence. Je trouve cela stupide, mais...
- Je ne suis pas d'accord.
- Pardon ?
- Ce n'est pas stupide. C'est parfaitement réfléchi au contraire.
- Peut importe. Cela ne change rien. Nous devons garder le silence.
- Sincèrement, ma Dame, vous pensez que cela sera difficile ?
- À vous de me le dire.
- Il ignore depuis des années que l'on veille sur lui. C'est ce qui a mis mon jeune cousin au plus haut niveau. Il n'a jamais compris.
- Je ne vois pas comment il aurait pu. Il ignorait tout de ses origines et c'est pour lui un ami.
- Il a veillé à ce qu'il en soit toujours ainsi. Vous ne le comprenez sans doute pas mais, pour nous, c'est lui le meilleur.
- On dirait un concours.
- Je n'ai pas utilisé le bon terme, veuillez m'excuser.
- J'avais compris.
- Le sujet est donc clos ?
- Shaun Paddington, vous me rendez folle !
- Et vous adorez ça. »
Alors, votre avis sur ces chapitres ? Sur cette fin et ce qu'elle sous-entend ?
Souhaitez-vous que je continue ?
