Et voici venir le dernier chapitre de Logique Psychologique. Ce chapitre ne fait pas vraiment partie de l'histoire, on peut le considérer plus comme une séquelle qu'autre chose.

Enfin, bonne lecture


Six mois s'étaient écoulés. Ce jour-là, Zack avait accompagné Sweets chez lui. Comme d'habitude, ils avaient diné rapidement et comme d'habitude, Sweets avait emmené Zack jusqu'à sa chambre à coucher. Ils étaient à présent étendus sous les fins draps de coton beige. Zack, écarlate et haletant, gémissait doucement en sentant sur sa peau pâle les mains et les lèvres de son amant. C'était le premier homme devant lequel il se montrait de cette façon et, même si ça l'embarrassait, il était heureux. Il se sentait vivant, plus vivant que jamais quand Sweets l'embarrassait, le touchait. Les divines caresses cessèrent un instant et Sweets vint poser ses lèvres sur celles de Zack, qui ferma doucement les yeux quand leurs langues se rencontrèrent , glissèrent l'une contre l'autre. Ils avaient dû répéter ce geste des centaines, voire des milliers de fois mais c'était toujours aussi nouveau, presque magique. Mais Zack ne croyait pas à la magie alors il se disait que c'était autre chose. Peut-être de l'amour ou désir, peut-être les deux à la fois ou rien de tout ça. Ils se séparèrent finalement et Sweets laissa errer ses lèvres dans le cou de Zack, lui laissait des marques qu'il se fichait bien d'avoir à expliquer le lendemain. Les mains de Zack, quant à elles, parcouraient le dos de son amant. Les lèvres de Sweets quittèrent la gorge de Zack pour se perdre un peu plus bas, s'arrêtant au dessus du nombril un court instant avant de descendre encore. Zack devint aussi rouge et haletant qu'il humainement possible de l'être. Des frissons lui secouaient l'échine, lui arrachaient des petits cris de plaisir. Il se tortillait lascivement, voyait de petites étoiles s'agiter devant ses yeux comme s'il était sous l'emprise d'une drogue hallucinogène. Ses membres étaient engourdis comme jamais, il aurait voulu que cette sensation se prolonge jusqu'à l'infini. C'était bien sur sans compter sur le téléphone qui sonna à cet instant, les sortant tous deux de leur transe. Sweets émergea de sous les draps, hésitant à décrocher. Il se tourna vers Zack :

« Je décroche pas, hein?

-Non... On l'emmerde, répondit Zack avec un sourire amusé

Sweets étouffa un rire et embrassa son brun sur le front. Au bout de quatre sonneries, le répondeur s'enclencha et une voix qu'ils connaissaient bien emplit la pièce.

-Sweets? C'est l'agent Booth. Je sais que vous êtes là alors je vous somme de répondre ou je vous promet de m'occuper de votre cas!

Sweets poussa un soupir sonore et s'empara du combiné.

-Agent Booth, il est trois heures du matin... Je ne sais pas pour vous mais j'ai mieux à faire que de répondre au téléphone...

-Écoutez, je me fous de savoir avec qui vous vous envoyez en l'air mais vous allez dire « A bientôt » à votre chérie -qui, entre nous, a des goûts plus que douteux- et ramener vos fesses à l'Institut en vitesse...

-Et je peux savoir en quel honneur?

-On a vraiment besoin de vous pour la victimologie.

-Et ça peut attendre à demain?

-J'imagine que oui, mais...

-Alors à demain!

A ces mots, il raccrocha et embrassa à nouveau Zack. Il lui murmura :

-Alors, où on en était déjà?

-Devine...

Zack tendit le bras, cherchant l'interrupteur de la lampe de chevet. Quand il l'atteignit enfin, le noir se fit dans la pièce.

Le lendemain, tout le monde était sur le pied de guerre à l'Institut Jefferson. Les fouines, comme Booth aimait tant les appeler, s'échinaient à identifier un squelette et y peinaient horriblement, c'était peu de le dire. De son côté, le « grand-agent-du-FBI-qui-se-donne-le-droit-de-tirer-sur-des-clowns-si-ça-lui-chante » discutait de tout et de rien avec le docteur Sweets.

-Je peux savoir pourquoi vous m'avez raccroché au nez hier? demanda Booth

-Je vous l'ai déjà dit : j'étais occupé...

-C'est pas vraiment une excuse. A moins que la fille dans votre lit n'ait été magnifique -ce qui n'est évidemment pas le cas puisque c'est avec VOUS qu'elle couche...

Il y eut un petit silence de quelques secondes.

-Elle travaille ici?

-Voui.

-C'est une fouine?

-Aussi...

Booth lança un regard méfiant au psychologue :

-Ce n'est pas Bones, quand même?

-Non, rassurez-vous, je ne vous ferait pas cet affront...

-De quoi vous parlez?

-Oh, de rien...

Puis il s'éloigna, prétextant un rendez-vous et descendit rapidement l'escalier. Arrivé en bas, il se tourna vers la table d'autopsie et fit un petit signe de la main à quelqu'un mais Booth n'arriva pas tout de suite à identifier le destinataire. A son grand étonnement, ce fut Zack qui répondit d'un autre signe de la main. Il leva un sourcil interrogateur mais ne chercha pas plus que ça la signification de ces gestes, se disant que la fouine est une créature bizarre aux mœurs toutes aussi étranges comme il le faisait à chaque fois que quelque chose l'intriguait.

L'attention de Booth se porta soudainement sur Zack quand celui-ci vint pianoter sur le clavier d'un des nombreux ordinateurs. C'est à ce moment qu'il réalisa que la plus jeune des fouines -Zack, donc- travaillait comme un aliéné depuis quatre longues heures et qu'il semblait branché sur du 220 V. Dans un grand élan de galanterie, Booth lui lança :

-Ho, du calme, vous me donnez mal à la tête. Vous voudriez pas vous poser un instant. Asseyez-vous, quoi...

Hodgins, en mode « glamour », un bocal rempli d'asticot, chantonna en lançant un regard amusé à Zack et Booth.

-C'est pas qu'il veut pas s'assoir, c'est qu'il peut pas... Hein, Zack?

Le susmentionné Zack tira la langue à son compère, et ceci dans les règles de l'art. Hodgins, fidèle à ses habitudes, décida d'embêter un peu plus son collègue et murmura, un doigt devant la bouche, l'air faussement mutin :

-Oh, recommence! T'es trop mignon quand tu fais ça!

Zack fit mine de bouder et se repencha sur son clavier, laissant Booth sur ses interrogations. Une heure passa ainsi sans qu'il y ait d'incident particulièrement notoire. Hodgins lançait de temps en temps des regards amusés à Zack qui se contentait de les ignorer. Au bout d'une heure et quatre minutes exactement, Sweets réapparut dans le labo sans que personne ne le remarque. Personne sauf Zack :

-Salut, Lance, dit-il discrètement mais suffisamment fort pour que Booth l'entende, se retourne et s'étonne :

-Lance... Vous vous appelez Lance?

L'interressé haussa les épaules et se dirigea vers Zack, en demandant au docteur Brennan.

-Je peux vous l'emprunter?

Elle hocha la tête et Sweets conduit Zack dans l'escalier pour pouvoir lui parler tranquillement. De son côté, Booth se tourna vers Hodgins.

-Ils ont l'air de bien s'entendre, ces deux-là...

-Ça, c'est le cas de le dire, ricana le barbu.

Booth n'eut pas le temps de réclamer une explication que déjà Zack revenait. Hodgins l'observa un instant et, s'arrêtant sur son cou, vit trois ou quatre petites marques rouges. Des marques qu'on ne pouvait clairement pas se faire tout seul. Il avança vers lui, écarta légèrement le col de sa chemise et soupira :

-Hmm, il devrait faire ça dans des endroits encore moins discrets...

Booth se retourna, intrigué :

-Il?

Zack et Hodgins se regardèrent, le deuxième tenant toujours le col du premier :

-Personne! S'écrièrent-ils simultanément

Booth les dévisagea un instant et haussa les épaules.

Quand Zack eut fini sa journée, le soleil était presque couché et répandait ses derniers rayons dans le ciel de septembre, à présent teinté de rose vif et d'orangé. Le jeune homme s'arrêta un instant sur les marches de marbre blanc de l'Institut Jefferson, inspira profondément, se souvenant qu'il s'était trouvé là six mois auparavant, en toutes autres circonstances. Alors qu'il restait immobile, savourant cet instant de flottement qu'était le crépuscule, il reçu un message sur son portable. C'était Sweets qui lui donnait rendez-vous au Royal Diner, en espérant qu'ils y aient la paix. Zack eut un sourire sarcastique. S'ils pouvaient avoir la paix ce soir, ce serait une très courte paix, vu que l'on était vendredi et que ce jour était pour Booth et « ses » fouines, une soirée dans ce restaurant précis. Qu'il neige, qu'il vente ou qu'il pleuve des grenouilles, jamais ce rituel n'avait été manqué. Mais dans un espoir, il se dirigea tout de même vers le Royal Diner d'un pas léger et rapide, à la limite du sautillement. Il avait un sourire un peu niais accroché aux lèvres et l'air d'un parfait idiot, avec son expression d'imbécile heureux.

Il était vingt heures trente quand Zack arriva au lieu du rendez-vous. Sweets était assis à une table au fond de la salle, les mains posées en coupe sous son menton. Il regardait la rue à travers la vitrine , la mine songeuse. Quand il aperçut Zack, il se leva, l'embrassa doucement puis ils s'assirent face à face. Zack remarqua alors l'air soucieux de Sweets.

-Quelque chose ne va pas?

-Écoute, Zack... J'aurais quelque chose à te demander...

C'est ce moment que choisirent Hodgins, Angela Booth et Brennan pour arriver. Ils demandèrent au couple si ça ne les gênait pas de se voir rejoindre, ce à quoi ils répondirent un machinal « Non, faites donc... » qu'ils regrettèrent par la suite.

Les discutions battaient leur plein quand Hodgins toussota en regardant Zack, un grand sourire aux lèvres.

-Herm, Zack, si c'est volontaire, je suis flatté mais dans le cas contraire, un peu plus à gauche, c'est MA jambe, ça!

Suivit un gros blanc où l'on entendait que Booth qui s'étouffait avec sa part de tarte. Il se ressaisit et se tourna vers le reste du groupe :

-Pa...Pardon?

Brennan et Angela le dévisagèrent, effarées :

-Quoi? Vous ne saviez pas?

Zack se tourna vers Hodgins avec au visage une expression qui semblait vouloir dire « Tu vois que j'avais raison... ». Hodgins grogna un peu et sortit vingt dollars de sa poche avant de les tendre à son collègue. Ce dernier s'en saisit avec un sourire satisfait et le rangea rapidement. Il se tourna ensuite vers Booth :

-Tout de même, c'est étonnant que vous ne soyez pas au courant. Ça fait six mois que nous sommes ensemble, vous n'êtes pas très observateur...

Booth se contenta de hausser les épaules. Sweets, quant à lui, lançait des regards à Zack puis dirigeait ses yeux vers la porte, lui indiquant que c'était le bon moment pour s'éclipser. Ils s'excusèrent donc et sortirent rapidement. Dehors, la nuit était déjà bien tombée. Ils n'étaient qu'à quelques pas de la porte quand Zack attrapa Sweets par la main, le forçant à le regarder dans les yeux :

-Tu avais quelque chose à me demander, je crois...

-Ah oui... Tu viens dormir chez moi, ce soir?

-Bien sûr.

-Et demain?

-Si tu veux...

-Et tous les autres soirs?

Zack écarquilla les yeux sous l'effet de la surprise. Il finit par embrasser Sweets en chuchotant « Oui ».